Suivre par Email

mardi 9 juillet 2013

En Espagne, les universités tentent de se différencier

Certaines facultés espagnoles se fixent des objectifs stratégiques pour attirer les meilleurs élèves.

Les grandes écoles à la française n’existent pas en Espagne. Tout au plus trouve-t-on deux grandes écoles de commerce privées très réputées pour leurs masters. Du coup, les filières d’excellence passent par les universités, publiques et privées. « En France, on identifie plus facilement les différences de réputation. En Espagne, en apparence, toutes les universités se ressemblent, mais elles se différencient pourtant », assure Francisco Perez, directeur de recherches de l’Institut des recherches économiques de Valence (Ivie), qui vient de présenter une étude sur le classement des universités espagnoles, le projet « U-Ranking ».

Les doubles diplômes se sont, par exemple, bien développés, comme ceux d’administration des entreprises et de droit, de marketing et de business international, d’ingénieur et de gestion d’entreprise, de médecine et d’ingénierie biomédicales. « Et lorsque les universités captent des étudiants pour ces cursus, ce sont des élèves brillants », ajoute Francisco Perez. Certaines universités se sont lancées aussi dans les intermasters, entre facultés espagnoles ou avec une faculté étrangère. « Dans certains cas il s’agit de produits attractifs », estime le directeur de recherches de l’Ivie.

UN EXAMEN D’ENTRÉE

Les facultés se différencient également grâce à l’examen d’entrée. Contrairement à la France, les étudiants doivent passer un examen, dont la note leur permettra d’entrer dans telle ou telle filière. La note attribuée est déterminée par le nombre de places disponibles, comme dans un concours. « Cette information nous donne déjà une piste sur le niveau et la stratégie de l’université », estime Francisco Perez.

Mais dans les classements internationaux, la première faculté espagnole n’apparaît que vers la 200e place. « Effectivement, il n’existe pas d’université célèbre, connue, malgré les efforts », regrette Francisco Perez. Pour parvenir à des pôles d’excellence, il faut aussi des investissements. Encore plus difficiles à obtenir en période de crise.

Pourtant, dans ce panorama, certaines facultés tentent de se différencier, en se dotant de plans stratégiques et en créant des pôles d’excellence. La formation de diplômés, en tout cas, résiste bien à la crise. Par rapport à 2007 et en dépit d’un chômage record de 27 %, aujourd’hui 125 000 universitaires supplémentaires possèdent un travail et le quart des actifs proviennent d’une université.

Valérie Demon

9/7/13

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire