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lundi 19 août 2013

Des chercheurs envoient des données sans pile et sans émetteur

Les signaux transmis par voie hertzienne
peuvent recharger un petit condensateur
qui agit comme une batterie.
(Crédit photo : Université de Washington)
Le système détaillé la semaine dernière à Hong Kong par des ingénieurs de l'Université de Washington pourrait servir de base pour faire communiquer entre eux des terminaux électroniques portables.

Des ingénieurs de l'Université de Washington ont réussi à faire communiquer entre eux, sur de courtes distances, et sans transmission de signaux, des appareils fonctionnant sans piles. Les terminaux mis au point par les chercheurs sont capables d'échanger des données à des vitesses allant jusqu'à 10kbits/s à une distance de 1 mètre. Cette technologie pourrait avoir des applications variées, avec des appareils portables ou des réseaux de capteurs.

Le principe de ce mode de communication pour le moins inhabituel repose sur les signaux de télédiffusion qui couvrent d'ondes les villes et les villages à peu près partout dans le monde. Ces signaux sont parmi les plus puissants présents dans l'air, mais leur réception peut être dégradée par les réflexions des ondes sur les bâtiments, les arbres et même les avions, qui peuvent affecter le niveau du signal reçu par une antenne. C'est sur le différentiel de réflexion qu'ont travaillé les chercheurs pour mettre au point leur système. Ils ont développé plusieurs petits appareils capables de communiquer en renvoyant ou en absorbant les signaux de télévision. « Les deux appareils sont réglés pour fonctionner sur les canaux 22 à 29 de la bande TV UHF et les signaux de télévision sont utilisés de deux façons », a déclaré Joshua Smith, professeur agrégé à l'Université de Washington et co-auteur d'un article sur le système.

Un dispositif absorbe ou réfléchit le signal TV

Joshua Smith a expliqué que les signaux transmis par voie hertzienne (« over-the-air ») sont capables d'induire quelques dizaines ou quelques centaines de microwatts, de quoi recharger un petit condensateur qui agit comme une batterie pour alimenter un petit circuit. Ensuite, pour la transmission des données, « un dispositif absorbe ou réfléchit le signal TV reçu, tandis que l'autre regarde comment varie le signal de télévision reçu ». Quand le premier appareil réfléchit le signal, le niveau de l'onde reçue par le second dispositif doit être plus élevé et quand le premier appareil absorbe le signal, le niveau doit baisser. « Si l'on peut détecter la différence entre les deux, on a tous les éléments pour créer un système capable de transmettre des données binaires », a-t-il ajouté.

Les données peuvent être envoyées à une vitesse de 10kbits/s maximum quand les deux appareils sont situés à 30 centimètres l'un de l'autre environ. Le débit tombe à environ 100 bits/s si les appareils sont situés à un mètre. Mais les chercheurs pensent qu'il est possible d'augmenter la vitesse et la distance en améliorant la détection d'erreur. Et parce que les appareils cherchent à détecter les variations momentanées et rapides du niveau du signal qui se produisent des centaines de fois par seconde, ils ne réagissent pas aux variations du niveau du signal qui ont lieu à des vitesses plus lentes.

Des applications dans les communications NFC

Selon les ingénieurs de l'Université de Washington, leur système pourrait servir dans les communications à courte distance entre appareils électroniques portables ou pour les réseaux de capteurs dans les domaines de la construction ou de l'agriculture. Cette technologie pourrait aussi trouver des applications dans les communications sans contact (NFC). Les détails de leur recherche ont été rendus publics lors de la conférence ACM SIGCOMM 2013 (Association for Computing Machinery's Special Interest Group on Data Communication) qui s'est tenue à Hong Kong du 12 au 16 août, où leurs travaux ont remporté le prix du meilleur article.




Article de Jean Elyan avec IDG News Service

Le 19 Aout 2013

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