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jeudi 8 août 2013

Pour General Electric, l'énergie solaire c'est fini


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Deux ans après avoir annoncé des investissements massifs dans le solaire, le conglomérat industriel américain jette l'éponge définitivement en revendant à First Solar ses brevets pour des technologies permettant de produire des panneaux solaires reposant sur la un film fin en tellure de cadmium. Ceci alors que le secteur va mieux.

L'énergie solaire, c'est fini pour General Electric (GE). Alors que le marché va mieux, le conglomérat industriel américain jette définitivement l'éponge, deux ans seulement après avoir annoncé des investissements massifs. En avril 2011 en effet GE avait annoncé en grandes pompes qu'il allait investir 600 millions de dollars dans le solaire et construire "la plus grande usine de panneaux photovoltaïques aux Etats-Unis" pour capitaliser sur son rachat de PrimeStar Solar, société établie dans le Colorado. Mais dès 2012 face à la chute mondiale des prix en raison d'une très forte concurrence des fabricants chinois, le projet d'usine était abandonné.

Coûts trop élevés
Ce mercredi, ayant pris trop de retard dans la course a annoncé mardi la revente à l'américainFirst Solar (le premier fabricant américain et deuxième mondial) de ses brevets pour des technologies permettant de produire des panneaux solaires reposant sur un film fin en tellurure de cadmium. "Nous avons décidé de ne pas poursuivre" le projet de fabriquer des panneaux solaires vu la chute de 50% des prix et la surcapacité" du secteur, a expliqué à l'AFP une porte-parole de GE, Lindsey Theale. Hérité de PrimeStar dans le Colorado, le bureau va être fermé avec 50 emplois touchés. "Nous allons nous focaliser sur les systèmes annexes", notamment les convertisseurs d'énergie photovoltaïque en énergie électrique fabriqués en France par la filiale Converteam, a précisé la porte-parole du groupe. En contrepartie de ses brevets, GE va obtenir des actions qui représentent près de 2% de First Solar, soit une valeur de 82 millions de dollars au cours de clôture de mardi. Il conserve aussi des investissements directs dans plusieurs projets solaires dans le monde.

Le marché s'améliore
La décision de GE intervient alors que le secteur va mieux. "Les fondamentaux s'améliorent beaucoup", remarque Angelo Zino, analyste de S&P Capital IQ. La hausse de la demande de la Chine et du Japon (qui dans la foulée de la catastrophe de Fukushima réduit sa production d'électricité nucléaire et développe ses énergies renouvelables) a entraîné une stabilisation des prix. "Le Japon représente désormais 20% du marché du solaire mondial contre seulement 8%" il y a deux ans, remarque Steve Simko, analyste de la maison de recherche Morningstar. Ce dernier estime que la demande nippone, tirée par des subventions gouvernementales, pourrait retomber brutalement.

Consolidation
En outre, le nombre d'acteurs a diminué. Le marché s'est consolidé avec la disparition de nombreuses sociétés trop petites ou pas assez compétitives face à la concurrence chinoise. Cela a été le cas de Solyndra, qui avait été largement subventionnée par l'administration Obama, et qui a fait faillite en 2011. "Le secteur est arrivé à un point où il comporte 8 à 10 acteurs de large échelle" à l'instar de First Solar et Sunpower aux Etats-Unis, de groupes chinois en tête desquels Suntech, ou encore de Sharp au Japon, "et cela devient difficile de se faire une place sur le marché", remarque Angelo Zino.
"GE a la même technologie que First Solar" et parvient en laboratoire à fabriquer des panneaux solaires générant plus d'énergie "mais avec des coûts de production beaucoup plus élevés". Ils ne sont donc pas compétitifs sur ce marché ultra-concurrentiel, poursuit Steve Simko.
Par ailleurs, l'accalmie dans la guerre commerciale participe à la stabilisation du marché. Les Etats-Unis avaient annoncé des taxes dissuasives sur des produits chinois accusés de dumping sur les panneaux solaires. "Ca n'a pas empêché les produits chinois d'entrer aux Etats-Unis mais ça a aidé les autres fabricants asiatiques, et cela a aidé à créer un plancher pour les prix, qui se sont stabilisés ces derniers trimestres", estime Angelo Zino.
L'Union européenne a à son tour annoncé des mesures face aux fabricants chinois: un prix plancher et un plafond aux importations en provenance de Chine, avec la menace d'une taxe à 47% si ces limites sont dépassées.

Solarworld sous l'aile du Qatar
En Europe, Solaworld a franchi une étape importante pour assurer son redressement. Les actionnaires du fabricant allemand de panneaux solaires ont approuvé mercredi un plan d'assainissement des finances du groupe qui fait fondre leurs parts au capital de l'entreprise, mais qui assure la survie de celle-ci. Lundi et mardi, ce grand nom du secteur sérieusement mis à mal par l'environnement très concurrentiel, avait obtenu lundi et mardi l'accord des ses créanciers pour restructurer sa dette et de son capital.
Cette mesure entre dans un projet d'entrée du Qatar au capital de Solarworld, annoncée fin juin, qui était la dernière chance du fabricant de survivre. Après la réduction du capital, le Qatar participera à une augmentation de capital qui lui permettra d'en détenir 29%, tandis que le fondateur et patron de la société, Frank Asbeck, prendra 19,5% des parts. Les anciens actionnaires n'auront plus à terme que 5% du capital

F.G. | 08/08/2013, 08:58

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