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mercredi 18 septembre 2013

Sur le plateau de Saclay, l’ambition de bâtir une "Silicon Valley" à la française


Devenir Harvard, la Silicon Valley et la Sorbonne réunies... Le projet de l’université de Paris-Saclay (UPS), qui ouvrira officiellement ses portes en 2014, est l’exemple le plus emblématique et le plus ambitieux de la stratégie universitaire française.

Lancé en 2008, il consiste à regrouper, sur le plateau de Saclay, à 20 kilomètres au sud de Paris, des grandes écoles, une université, des organismes de recherches et des entreprises. Le club réunit la crème de la crème : Polytechnique, HEC, l’université Paris-Sud, le CEA, le CNRS...

"Pendant les "trente glorieuses", explique Dominique Vernay, président de la Fondation de coopération scientifique, qui pilote le projet, l’économie française était dans une phase de rattrapage, comme la Chine aujourd’hui vis-à-vis de l’Occident. Nous bénéficiions alors des avancées scientifiques américaines." L’époque a changé, assure M. Vernay : "Nous sommes sur un pied d’égalité, et donc en compétition dans le cadre de l’économie de la connaissance. Celui qui est le plus avancé scientifiquement, qui sait exploiter le plus rapidement le résultat de la science, est celui qui obtient le meilleur impact socio-économique. Nous voulons être leader, pas suiveur."

De Harvard, Paris-Saclay retient l’idée de créer une université pluridisciplinaire particulièrement exigeante. L’UPS sera constituée de neuf collèges ("droit et sciences politiques", "sciences fondamentales", "économie et sciences sociales", "biologie, médecine, pharmacie", etc.).

L’objectif à dix ans est de figurer parmi les dix premiers mondiaux. Certes, regrouper des établissements aussi anciens et prestigieux n’est pas allé de soi, loin s’en faut. D’ailleurs, les résistances perdurent. Mais, à terme, tous les masters et les écoles doctorales seront bel et bien pilotés par l’UPS.

RECHERCHER L’EXCELLENCE

Silicon Valley ? L’un des objectifs de Paris-Saclay étant que les avancées scientifiques irriguent immédiatement l’innovation technologique et le développement économique, tout sera mis en oeuvre pour faire travailler ensemble les chercheurs de différentes disciplines et les entreprises. Autour de questions précises. "Aujourd’hui, précise M. Vernay, la plupart des grandes questions sociétales font intervenir plusieurs disciplines. Qu’il s’agisse, entre autres exemples, d’accompagner au mieux le vieillissement de la population ou de développer une agriculture respectueuse de l’environnement. Ce n’est pas une découverte en mathématiques qui permettra de régler ces problèmes, mais le fait d’agglomérer un grand nombre de compétences."

La Sorbonne, enfin. Le projet cherche une voie moyenne entre élitisme et élévation des masses. Le pari est de rechercher l’excellence, mais il est aussi, assurent les promoteurs du projet, de tirer tout le monde vers le haut.

De fait, l’UPS comptera des établissements à effectif réduit trié sur le volet (comme Polytechnique), mais également des universités accueillant un grand nombre d’étudiants : Paris-Sud, Evry-Val d’Essonne et Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

A terme, l’UPS devrait regrouper 70 000 étudiants, quand Harvard n’en compte que 20 000... Bref, ce n’est pas une navette que la France veut propulser vers les étoiles, mais un supertanker.

Benoît Floc’h, Le Monde, 12 septembre 2013

vendredi 13 septembre 2013, par PCS (Puissante Cellule Site !)

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article6269

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