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samedi 21 avril 2012

l'ECE va déployer la "valorisation des projets des étudiants"

Dépasser l’exercice pédagogique et contribuer à développer des innovations : tel est l’enjeu de la "valorisation des projets des étudiants" que l’ECE a commencé à mettre en place à la rentrée 2011. Portée devant le jury international des "Initiatives d’excellence en formations innovantes" (Idefi), la démarche de l’école d’ingénieurs fait partie des 37 lauréats retenus. Une distinction qui s’accompagne d’une dotation en capital de 1,5 M€.

Depuis cette année scolaire 2011-2012, les projets réalisés par les étudiants de l’ECE en quatrième et cinquième année doivent comporter une dimension valorisation.

Six axes possibles sont proposés : innovation en partenariat avec une entreprise ou un laboratoire de recherche, publication scientifique dans une revue à comité de lecture ou communication lors d’une conférence internationale donnant lieu à des actes, participation à un concours national ou international, dépôt d’un brevet ou création d’une start-up.

L’objectif de cette démarche, baptisée "Valorisation des projets étudiants" (VPE) ? "Inciter les étudiants à quitter le cadre d’un simple exercice pédagogique" et 'sortir de l’école', explique Pascal Brouaye. Pour le directeur général de l’école d’ingénieurs, "la valorisation est possible car il existe un vrai terrain de jeu dans nos domaines : des capteurs ou des systèmes intelligents permettent d’inventer des solutions nouvelles et l’on peut encore innover dans un garage !"

1,5 M€ pour professionnaliser la démarche

Chaque projet, réalisé par une équipe de cinq élèves, a deux "mentors" : un pour le versant technologique, l’autre pour les aspects de valorisation. "L’Idefi va nous permettre de professionnaliser le système", se réjouit Pascal Brouaye qui entend faire intervenir des experts de laboratoires publics ou d’entreprises pour accompagner les élèves sur certains aspects pointus de leurs projets, en plus du cours général dont ils bénéficient sur les différents types de valorisation.

Le million et demi d’euros en capital obtenu dans le cadre de l’appel à projets Idefi permettra aussi de financer des plateformes techniques, la prise de brevets ou encore les missions des élèves qui iront présenter leur sujet à un colloque. L’ECE va par ailleurs nommer un chef de projet pour coordonner l’ensemble des équipes étudiantes et s’attacher à réaliser un guide méthodologique expliquant la démarche VPE afin que celle-ci puisse être mise en place dans d’autres établissements, "comme cela s’est fait pour la démarche compétence".

Un projet fédérateur et ambitieux

Au sein de l’école elle-même, la valorisation des projets des étudiants commence en outre à avoir "un impact sur la mobilisation du corps enseignant : les professeurs sont vraiment partie prenante des projets, constate Nelly Rouyrès, directeur général adjoint de l’ECE. Quant aux élèves, cela aiguise leur ambition et tire l’ensemble de la promo vers le haut".

"Notre objectif, poursuit Pascal Brouaye, est que 100 % des projets soient valorisés. Cependant, nous avons une obligation de moyen, pas de résultat : il se peut que des élèves présentent un concours et ne remportent de prix, soumettent une publication sans que celle-ci soit forcément acceptée. L’essentiel est de repérer des potentiels d’innovation."

Sophie Blitman

http://www.educpros.fr/detail-article/h/28058eb48e/a/idefi-ece-va-deployer-la-valorisation-des-projets-des-etudiants.html

lundi 10 octobre 2011

Évaluer et valoriser les enseignants

Un sondage nous révélait récemment que 67 % des Québécois croient que la performance des enseignants devrait être évaluée et que les meilleurs d’entre eux devraient être mieux rémunérés que leurs collègues moins performants. Certaines craintes ont été exprimées quant à la manière de mener une évaluation juste du travail des enseignants.


Par Jasmin Guénette (*), depuis Montréal, Québec
Un article de l’Institut Économique de Montréal

La qualité du système d’éducation primaire et secondaire est un sujet qui, avec raison, préoccupe beaucoup de parents, particulièrement en période de rentrée scolaire. Ces dernières semaines, le Québec s’est adonné à un exercice de remue-méninges par rapport à l’évaluation des enseignants et à la possibilité de mieux rémunérer les meilleurs d’entre eux pour valoriser l’excellence. Il est rafraîchissant de constater que même sans l’organisation officielle d’un sommet, plusieurs acteurs de la société, ainsi qu’une excellente série d’articles dans La Presse, ont partagé des pistes de solutions.

Certaines voix se sont élevées afin de souligner la complexité, voire l’impossibilité d’une telle entreprise. La Fédération des syndicats de l’enseignement affiliée à la CSN va même jusqu’à prétendre qu’il s’agissait « d’une insulte au travail des enseignants et enseignantes œuvrant dans les écoles du Québec ». En quoi le fait de reconnaître et de récompenser le travail extraordinaire accompli par les enseignants constitue-t-il une insulte à la profession? Ce genre de réaction sans nuances contribue malheureusement à alimenter le désabusement de la population face à ses institutions publiques.

Des enseignants ont émis des réserves sur la façon dont l’évaluation pourrait s’effectuer. Voilà un apport pertinent, constructif et beaucoup plus réfléchi qui s’inscrit dans la recherche de solution. Ils ont raison : l’évaluation ne doit pas se limiter à un seul critère comme les résultats scolaires, mais doit plutôt être composée de plusieurs critères qui reflètent les multiples facettes de leur travail. C’est d’ailleurs précisément ce qu’expliquent mes collèges de l’IEDM dans une Note économique publiée il y a un mois qui relève les « conditions gagnantes » en matière de rémunération au rendement dans un contexte scolaire.

La plupart d’entre nous sommes d’ailleurs soumis à des évaluations plus ou moins fréquentes dans le cadre de notre travail. À la base, l’idée d’évaluer le travail et d’y lier une partie de la rémunération vise à introduire une incitation à se dépasser, à faire davantage que le strict minimum prévu au contrat. Pour la majorité des Québécois (67 % selon un sondage Léger Marketing publié il y a quelques semaines), il semble normal qu’un enseignant obtenant de meilleurs résultats soit récompensé par un salaire global supérieur à celui de ses collègues moins performants.

Les incitations ont un effet motivant. Les gens, comme les institutions, y réagissent et adaptent leur comportement. À cet égard, l’exemple des commissions scolaires est assez révélateur. Sans une pression politique grandissante (le risque de voir son entité abolie est, semble-t-il, une puissante incitation), il aurait été impensable que la présidente de la Fédération des commissions scolaires opère un virage à 180 degrés pour promettre de remettre dorénavant l’enfant au centre des priorités et de gérer avec plus de modération l’argent public.

En somme, sous sa forme actuelle, la rémunération des enseignants, basée sur l’ancienneté et le nombre d’années de scolarité, est simple et facile à administrer. En revanche, elle ne crée pas d’incitation à l’excellence et peut être démotivante pour les bons enseignants, qui sont nombreux dans nos écoles. La complexité d’un projet ne devrait jamais être un critère pour le rejeter d’emblée. Même si l’élaboration et la mise en œuvre de ce genre de programme exigent des efforts, on devrait envisager une formule pour le Québec. Notre système d’éducation a bien besoin de solutions innovantes et il est à souhaiter que les politiciens québécois travaillent à la mise en œuvre de propositions concrètes qui vont dans le sens d’une plus grande reconnaissance envers le travail des enseignants.

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Sur le web

(*) Jasmin Guénette est vice-président de l’Institut économique de Montréal.


Posté par Contrepoints le 10/10/2011

http://www.contrepoints.org/2011/10/10/49887-evaluer-et-valoriser-les-enseignants