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jeudi 26 septembre 2013

Lecture-écriture numérique

Publié par Gildas Dimier sur 
le site (CC) Cactus Acide
"Je viens clore la quinzaine d’articles que j’ai écrite sur le thème de la lecture-écriture numérique (ici,ici et ) par un schéma dont j’espère qu’il est lisible alors que le sujet est d’une véritable complexité.

Je vous dois à cet effet quelques explications sur une représentation graphique forcément discutable. Je l’ai imaginée comme un « réseau conceptuel » (Britt-Mari Barth) dont la lecture se fait à deux niveaux.

L’un horizontal, non hiérarchique, caractérisé, dans l’accomplissement d’une tâche, par les va-et-vient et les interrelations entre des éléments de contexte (en bleu) et des cultures (en vert clair).

L’autre vertical, hiérarchique, qui propose une distinction entre des notions organisatrices (en orange) et des notions essentielles (en jaune).




Afin de gagner en simplicité je me suis employé à décomposer ce qui se veut être, dans mon esprit, un modèle opérationnel. En particulier pour la partie haute du schéma qui traduit l’idée d’un cheminement dans l’activité menée par l’élève. Celui-ci est matérialisé par les éléments de "contexte" selon l’intention originale et le dispositif technique (cadre de la lecture-écriture numérique). Mais aussi par les cultures informationnelle, générale et-ou professionnelle qui influencent les stratégies cognitives mises en œuvre par les élèves. Par culture générale et-ou professionnelle je pense au type d’établissement (collège, LGT, LP, LDM) qui peut influer sur le type d’activité proposé aux élèves.

Dans ce travail de simplification, j’ai par ailleurs cherché à matérialiser des liens directs entre les éléments de contexte et de culture avec les notions organisatrices. Pour ce faire, j’ai mis en avant ce qui me semblait être la relation la plus forte. Par exemple, la "navigation hypertexte" peut procéder d’une "intention", mais celle-ci découle des connaissances (générales, professionnelles) que nous avons d’un sujet. Cependant, je ne suppose pas que cette répartition ait une quelconque valeur définitive. Dans la même logique, j’ai privilégié les correspondances uniques des notions organisatrices avec les notions essentielles. De plus, j’ai fait le choix de ne pas multiplier les occurrences pour une même notion essentielle. Il me semble néanmoins que, selon l’approche et le type d’activité, des corrélations existent. L’interrelation forte entre écriture et lecture numérique est en la matière particulièrement féconde.

Je précise, avant de conclure, que ce corpus de notions organisatrices et de notions essentielles est extrait des articles que j’ai rédigés sur le sujet. Or, si je souhaite que ce corpus soit exhaustif, il se peut qu’il soit à compléter. Quant aux notions "information" et "validation de l’information" dont vous aurez observé qu’elles sont peu développées, je vous renvoie vers cet autre schéma conceptuel où ce à quoi elles se réfèrent est détaillé.

Pour terminer, j’aimerais insister sur les interrelations entre les éléments de contexte, de culture et les notions qui se rapportent à la lecture-écriture numérique. Il me semble que les activités qui pourraient être construites à partir de cet objet, gagneraient à l’être selon une approche analogue aux "milieux associés" imaginés par Gilbert Simondon. Ce serait là se porter sur le terrain fertile d’une complémentarité entre savoirs procéduraux et savoirs déclaratifs. La translittératie, construction intellectuelle émergente, pourrait s’y prêter..."

parAn@é(son site)jeudi 26 septembre 2013

lundi 1 juillet 2013

Et si l'écriture manuscrite disparaissait ?

Depuis combien de temps n'avez vous pas rédigé une lettre ou un texte à la main ? Si vous faites partie de la majorité des gens, vous ne touchez plus un stylo quotidiennement. Alors quel avenir pour l'écriture cursive dans cette ère du tout numérique ? 

Alors qu'aux États-Unis l'apprentissage de l'écriture cursive ne sera plus obligatoire sur la majorité du territoire (45 États) d'ici à 2014, le problème de la persistance de cette forme de savoir se pose avec acuité. 

R.I.P la carte postale 

L'écriture, support de la vie et de l'histoire des hommes depuis près de 6 000 ans, serait sur le point de disparaitre. C'est en effet le constat qui ressort de cette vie axée de plus en plus sur l'informatique et le numérique. L'utilisation de l'écriture cursive et des stylos ne cessent de diminuer. 

En dehors de l'école, quand avons-nous absolument besoin d'un stylo ? Les lettres se tapent à l'ordinateur, les cartes postales ont été remplacées par les mails, la liste de course se note sur le smartphone. Entourés d'écran et de claviers, le retour à l'écriture manuelle est souvent difficile pour beaucoup d'entre nous. Alors qu'en sera-t-il pour nos enfants ? 

La signature, dernière survivante 

Une des dernières formes de persistance de cette écriture est l'usage de la signature. C'est elle qui nous définit pour des actes importants. Contrat, transaction, plainte ou cadeau, la signature est encore présente dans nos vies, mais pour combien de temps ? D'une part, le nombre d'identifications en ligne ne cessent d'augmenter, remplaçant la signature manuelle par des suites de chiffres et de lettres, qui ne nous correspondent plus vraiment. D'autre part, il apparait que de plus en plus d'enfants ou d'adolescents américains ne sont pas capables de signer leur passeport, tout simplement parce qu'ils n'ont jamais eu à utiliser l'écriture cursive. 

Bien-sûr il faut savoir vivre avec son temps, l'apparition et l'utilisation de plus en plus poussée de la technologie numérique n'est pas forcément à voir d'un mauvais œil ... tant qu'elle ne met pas en danger l'existence d'un des arts fondateurs de l'humanité. 

Le devoir de mémoire 

Mais plus que des préoccupations historiques ou esthétiques, cette disparation suscite des questions quant à nos capacités d'assimilation. La perte de cet usage pourrait réduire sensiblement notre potentiel d'apprentissage car la pratique de l'écriture a un impact important sur le développement de notre cerveau. 

Et ce n'est pas tout, sans apprentissage obligatoire de l'écriture cursive, comment apprendre à déchiffrer des textes écrits à la main ? La perte de cette compétence pourrait nous couper de notre histoire familiale, mais également de toute la production manuscrite humaine de ces derniers millénaires. 
 
Publié par Ségolène Rogie, le 01 juillet 2013

lundi 30 juillet 2012

Écrire et publier à l’heure des écrans

Écrire et publier sur Internet ? Un exercice motivant pour les élèves de seconde du lycée Alphonse-Benoît de l’Isle-sur-la-Sorgue que deux enseignants ont souhaité mettre en place. Retour sur cette expérience.

De l’atelier d’écriture en classe… à la publication en ligne

Dès la rentrée, les élèves d’une classe de seconde générale et technologique du lycée Alphonse-Benoît, de l’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, participent en cours de français à des ateliers d'écriture. L’enseignant-documentaliste et l’enseignante de lettres ont en effet décidé de collaborer ensemble avec le projet de publier les créations des élèves sur Internet. Cet objectif est valorisant pour ces derniers qui voient ainsi leur travail mis en avant en devenant visible pour leurs proches. C’est un exercice motivant qui a montré que l’utilisation du numérique facilite l’adhésion des adolescents au projet, et permet d’utiliser dans le cadre scolaire les nouvelles possibilités induites par les évolutions technologiques du Web 2.0. C’est aussi pour les élèves une belle occasion de valider plusieurs items du B2I.

La Souris à Plumes, blog littéraire du projet

Pour publier les travaux des élèves, c’est l’outil « blog » qui a été choisi. En l'absence d'un site web d'établissement, il fallait mettre en place un support technique facile à administrer, capable d'accueillir plusieurs dizaines de textes. Le blog répond à cette exigence : ce type d’outil permet la publication aisée de textes courts qui peuvent être ensuite classés par catégories, en fonction des thématiques d’écriture. La majorité des productions littéraires à publier est autobiographique ou à la première personne, en phase avec l'esprit « journal intime » des premiers blogs. En outre, il reste l’un des médias les plus utilisés par les adolescents sur le Web (notamment au travers de la plate-forme Skyrock Blogs), même s’il a, depuis quelques années, perdu son hégémonie dans les pratiques, détrôné par le réseau social Facebook.Emblématique des nouvelles possibilités d’expression du Web, son utilisation scolaire peut donc être envisagée sous l'angle de l'éducation à l'information et du développement d'une publication adolescente éclairée. La création du blog a été négociée avec le proviseur, responsable juridique de tout contenu publié dans le cadre de l'établissement.

Sur le plan technique, choisir l’outil s’est fait en fonction de critères éducatifs : la gratuité, l'absence totale de publicité, le caractère non commercial de la plate-forme ; sans oublier les possibilités d'organisation de l'information (création d’un menu notamment) et le contrôle des commentaires ajoutés. L'aspect graphique, important pour les adolescents, n’a pas été oublié. La plate-forme d’hébergement de blogs Wordpress[1]remplit ces conditions, et permet en outre une gestion avancée des droits d'utilisation (les élèves mettent ainsi en ligne leurs textes en autonomie, bien que les enseignants valident ou non chaque publication), tout en offrant une prise en main facile.

Une nouvelle culture de l’écrit est nécessaire

Le blog, et plus généralement l’usage en classe des outils numériques, met en avant la question du rapport à l’écrit des élèves, dans un monde où le livre ne bénéficie plus de son aura passée. Doit-on en effet voir les pratiques numériques (associées dans l’imaginaire aux écrans, aux clics et aux icônes) comme opposées à l’écrit ? Ne faut-il pas plutôt envisager la fameuse « révolution numérique » avant tout comme une évolution de l’écrit ? En effet, le Net, depuis sa naissance, est marqué par l’usage de la langue écrite : courriel, messagerie instantanée (chat), blogs, réseaux sociaux… Même si la dimension multimédia est là, ces outils sont d’abord des médias où l’on lit, où l’on écrit. On sait que les pratiques de loisirs des adolescents sont de plus en plus liées au numérique.

Nos élèves, que certains qualifient de « natifs du numérique », ont toujours massivement recours à l’écrit pour communiquer (SMS, messages sur les « murs » Facebook, etc.). La question essentielle n’est-elle donc pas plutôt celle des registres et du niveau de langue utilisés, en même temps que celle de la maîtrise du contexte dans lequel l’élève lit ou écrit ? La culture de l’écrit transmise à l’école doit, selon nous, s’adapter à ces contextes nouveaux et complexes. L’écriture comme la lecture ne se limitent pas à l’émission ou à la réception d’informations via des signes graphiques.

Le message s’inscrit dans un contexte culturel où sont mobilisés des codes intériorisés, des pratiques, dont la maîtrise de la langue ne peut pas faire abstraction. De Wikipédia aux Skyblogs, en passant par Twitter, tous ces médias plébiscités par les jeunes passent par l’écrit mais en modifient les formes (blog, wiki, tweet…) et l’écriture devient alors interactive, collaborative… Mais si à l’heure où l’écrit a conquis le numérique, publier en ligne devient aussi facile que d’emprunter un livre au CDI, l’exigence de formation est primordiale.

Une séquence pédagogique pour former à ce qu’est publier aujourd’hui

En classe, on peut utiliser l’écrit numérique comme n’importe quelle forme d’écrit, les possibilités de valorisation du travail des élèves par la publication sur un intranet ou sur Internet en plus. Dans le cadre du projet mené, nous avons choisi d’en envisager les spécificités : qu’est-ce que l’écrit numérique change, en termes de publication, d’écriture, qu’est-ce qu’il conditionne dans notre façon d’écrire ou de lire ? Nos élèves vivent dans un univers hybride marqué à la fois par l’imprimé et le numérique. En effet, une fois déconnectés de leur réseau social favori, ils sortent de leur sac le roman étudié en classe, et iront bientôt avec leurs enseignants rencontrer auteurs et éditeurs au salon du livre local, d’où ils « tweeteront » leurs impressions. Il s'agit donc de partir des pratiques des élèves, et d'en extraire des éléments significatifs sur lesquels travailler : qu’est-ce qu’un auteur, un éditeur ? Est-ce la même chose dans l’univers de l’écrit imprimé que dans celui de l’écrit du Web ? Quel impact le choix de la technologie utilisée pour publier peut-il avoir sur le contenu et la façon d’écrire ? La finalité : que chaque élève puisse resituer la publication des textes sur le blog dans un contexte plus large et utiliser les possibilités offertes par le Web de façon plus éclairée.

Cyril BLANC,
professeur-documentaliste

Pour en savoir plus :

La séquence pédagogique est disponible sur :

http://eprofsdocs.crdp-aix-marseille.fr/Transmettre-une-culture-de-l-ecrit.html?var_recherche=transmettre

Le blog réalisé est en ligne sur :

www.plumesdulab.wordpress.com

[1] Plusieurs académies mettent à disposition des équipes enseignantes des plates-formes de blogs pédagogiques.

http://www.cndp.fr/ecolenumerique/toutes-les-actualites/actualite/article/ecrire-et-publier-a-lheure-des-ecrans.html

mercredi 28 septembre 2011

L’informatique, une révolution de l’écriture

Après avoir approché « l’aventure de la lecture numérique »… voici celle de l’écriture numérique, grâce à une heureuse coïncidence calendaire, la conférence « Préparés à Internet » organisée par la Société Européenne de l’Internet qui s’est tenue le 22 septembre à l’Ecole Mines-Paris Tech (dont le CIGREF était partenaire). Cette conférence accueillait notamment Gérard Berry pour répondre à la question « qu’est-ce que le numérique », et a donné la parole à Clarisse Herrenschmidt, chercheur (laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France), auteur de « Les Trois écritures – Langue, nombre, code ».

Ce qui m’a intéressé dans ma vie de chercheur, c’est l’histoire des signes écrits. Etant philologue de formation, mais également linguiste et archéologue, j’ai été confrontée aux découvertes de l’Antiquité du premier millénaire avant notre ère en Asie antérieure (définition géographique du plateau iranien). Pour des chercheurs comme moi, il fallait apprendre les langues, les écritures fort nombreuses, et en général on prenait cela comme une sorte de destin un peu lourd, voire tragique. Je me suis demandé pourquoi ne pas faire de ce malheur documentaire, une question : pourquoi tant d’écritures ? A partir de là, j’ai travaillé sur la naissance de l’écriture en Iran et en Irak et puis il m’est arrivé quelque chose…

Pour lire la suite de l’article publié sur le site du Cigref


mardi 27 septembre 2011

http://www.infodsi.com/articles/123651/informatique-revolution-ecriture.html