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samedi 6 juillet 2013

Comment travaillerons-nous demain?

A quoi ressemblera la travail demain ? Quelles places occuperont les nouvelles technologies ? Comment notre lieu de travail aura-t-l évolué ? ou encore qui seront nos interlocuteurs ? Toutes ces réponses avec Sandra Enlart et Olivier Charbonnier, auteurs de « A quoi ressemblera le travail demain ? ».


En 2012, l'étude du Ministère de l'Économie, des Finances et du Commerce extérieur évalue à 12,4 % la proportion de salariés français pratiquant le télétravail plus de 8H par mois dans les grandes entreprises. Photo : Matthew Bowden


Le lieu de travail devient une ressource plus qu'une contrainte

C'est là un changement majeur de paradigme.On viendra à son travail d'abord parce que ce sera un moyen – un bureau, une salle de réunion, un équipement bureautique, une convivialité... – dont on aura besoin pour produire, et non pour se conformer aux horaires stipulés dans le règlement intérieur, à l'injonction de son manager ou au contrôle de la pointeuse.

Pour continuer à attirer ceux qu'elles veulent recruter, les entreprises devront comprendre, et c'est là une évolution importante, que l'environnement de travail deviendra une préoccupation majeure. Le déplacement vers son lieu de travail étant perçu comme coûteux – temps perdu insupportable dans un monde où l'on cherche constamment à gagner du temps, transport de plus en plus mal considéré sur le plan environnemental, activités sociales qu'on ne sait plus gérer si elles ne sont pas diluées dans l'espace-temps professionnel –, il faudra de solides raisons pour s'y rendre.

Tout comme le dress code, en s'assouplissant, est venu marquer un rapprochement entre sphère privée et sphère professionnelle, les espaces de travail offriront donc davantage de confort, de proximité avec des environnements plus familiers, plus chauds, plus détendus.Les entreprises qui le pourront (surtout les PME et TPE) préféreront le cœur de la Cité aux atmosphères froides des zones d'activité commerciale. Les espaces de travail seront également conçus, c'est là une seconde évolution, pour renforcer la création de valeur (au sens économique du terme).

Si l'on attend de ses collaborateurs qu'ils fassent preuve de concentration, de polarisation mentale, de capacité à traiter un projet, un dossier, une situation avec rigueur et précision, l'aménagement de leur espace, les couleurs, le mobilier, etc., seront nécessairement différents d'une situation de travail exigeant de la créativité, de l'ouverture, de l'intuition... De fait, il n'y aura pas d'espace de travail type tout simplement parce qu'il n'y aura pas un modèle type de création de valeur. Les formes d'organisation et d'aménagement du travail varieront d'une entreprise à une autre en fonction des choix que chacune aura faits. Au sein d'une même entreprise, ces formes seront plurielles en fonction des métiers concernés. Troisième évolution, les espaces de travail devront être conçus en tenant compte des possibilités qui s'offrent aux collaborateurs à l'extérieur de l'entreprise.

La concurrence avec des lieux de travail alternatifs sera rude : possibilité de travailler chez soi, de se poser quelques heures, quelques jours dans des espaces de type e-cool, de travailler pour une PME à l'atmosphère chaleureuse, créative... Si par exemple un espace de coworking est facilement accessible aux salariés dont on attend une capacité de créativité, d'ouverture, l'entreprise aura intérêt à l'investir pleinement pour concentrer ses efforts en interne sur des besoins qui ne trouvent pas de réponse à l'extérieur.

Quatrième évolution consacrant le lieu de travail comme une ressource, l'aménagement d'espaces éphémères. L'enjeu sera de concevoir des espaces facilement modifiables, avec des coûts d'investissement contenus, pour permettre un renouvellement rapide en fonction de l'évolution des orientations stratégiques, des métiers et de l'environnement. À l'image des ambiances de tournage, des plateaux de production seront installés dans les entreprises de façon à pouvoir reconfigurer les lieux en fonction des besoins de la scène à tourner.

Client, investisseur, producteur ou le « tout en un »

On est tour à tour investisseur, producteur, client dans des configurations peu prévisibles, non programmatiques, aléatoires. Cette mutation est déjà à l'œuvre dans certains secteurs d'activité comme la banque ou la grande distribution.

Quand nous gérons nous-mêmes notre compte sur Internet, nous « travaillons » gratuitement à la place de notre banque quand nous passons nous-mêmes nos articles à une caisse électronique, nous « travaillons » à la place de la caissière. Mais l'exemple qui peut nous amener le plus loin pour analyser cette confusion des positions et les ressorts sur lesquels elle se fonde est sans doute celui d'organisations telles que WikiLeaks. Ce type de structure propose d'agir en mettant à la disposition du public un ensemble de moyens sans présager de ce qui sera produit si ce n'est l'objet même pour lequel l'association s'est constituée. Nous sommes loin d'une production planifiée avec ses actions prescrites, ses ressources encadrées, ses résultats contrôlés...

Bien sûr, la comparaison entre ces nouvelles formes d'entités et les organisations marchandes est limitée par des finalités et un système de contraintes très différent. Mais ce qui nous intéresse avant tout avec ces organisations d'un genre nouveau ou des formes analogues de production telles que les logiciels en open source, c'est que ces modèles proposent des systèmes de coopération ouverts, souples, agiles, rigoureux, associant plusieurs milliers de personnes... et qui marchent ! L'éphémère devrait devenir, sinon la norme, du moins une tendance montante des organisations de demain. On produira selon des configurations d'équipe ad hoc, des temporalités et des modalités nouvelles.

Première caractéristique de cette mutation, celle d'être construite autour d'interconnexions non maîtrisées a priori: une chaîne d'individus agissant en dehors de tout process global cohérent, prédéfini, maîtrisé par quelques-uns. Les maillons s'articulent les uns aux autres alors même que ce maillage n'a pas été programmé. Il devient possible de travailler (mais est-ce le bon terme ?) à plusieurs sans se connaître, depuis n'importe quel endroit, sans prescription ni supervision. Chacun configure sa place en fonction d'espaces laissés vacants ou d'actions nouvelles à construire.

Seconde caractéristique, la dispersion (géographique, culturelle, fonctionnelle) des contributeurs. Elle ne sera plus un problème car il existera de plus en plus de points d'ancrage commun matérialisés ici par des espaces numériques (plateforme, réseaux, géolocalisation) mais également par des espaces physiques (espaces de coworking, espaces e-cool...).

Troisième caractéristique, ce ne sont pas les processus (de décision, de production, de gestion...) qui primerontmais bien les moyens mis à la disposition de qui souhaitera s'en emparer. À la différence d'une organisation classique, les moyens donnés aux contributeurs l'emporteront sur les process, réduits à leur strict minimum. À charge pour chacun – et cela pose clairement des régulations à mettre en œuvre pour que ce « chacun » soit tout le monde et non une élite de privilégiés – de les repérer, de s'en saisir et de les valoriser au mieux.

Quatrième caractéristique, l'engagement de ces contributeurs sera d'une durée et d'une étendue variable, sans que des cadres préétablis ne viennent fixer de façon claire et partagée les choses. Plus précisément, il est probable que des contrats-cadre de forme multiples émergent pour fixer, dans les grandes lignes mais en conservant toute la souplesse nécessaire, les principes de la collaboration. Chacun composera entre les besoins de l'organisation et son propre système de contraintes.

Cinquième caractéristique enfin, le bénéficiaire du système pourra aussi être son contributeur. C'est même là une caractéristique majeure car elle fonde largement l'engagement, l'aisance et la souplesse nécessaire aux quatre premières caractéristiques. Une impression de « confus » pourra donc naturellement se dégager de ces nouvelles formes de production collective, mais en fait, ces positions se « confondront », voire se co-fonderont.Les sphères privée et publique se recouvreront jusqu'à ne plus avoir beaucoup de sens ni même seulement d'intérêt.

Le couple « contribution/rétribution » se complexifiera

Une rétribution élevée pourra être le fruit d'une contribution faible (et inversement) si on la regarde à un instant dans un périmètre étroit. Mais si on reconstruit le chemin qui a conduit à cette rétribution, on découvrira des contributions qui n'ont donné lieu à aucune rétribution au moment où elles étaient produites, si ce n'est celle de pouvoir continuer à « jouer » en misant sur le fait que « ça paiera un jour », sans bien savoir ni quand ni quoi ni comment. On comprend mieux pourquoi les notions de planification, de répartition stable du travail, de mesure, de contrôle risquent de se vider de leur sens, voire de devenir contre-performantes.

Il s'agira au contraire d'évoluer dans un espace aux contours mouvants, de ne pas programmer (ce qui ne veut pas dire de ne pas se fixer des caps), de se réajuster en permanence, d'être dans une économie du temps fluctuante, d'accepter de contribuer sans bien savoir ce que ça rapportera et si même seulement ça rapportera, de développer les responsabilités pour permettre au contrôle de s'auto-administrer dans une certaine mesure.

Bien sûr, ce mouvement ne touchera pas tout le monde de la même manière mais il s'agira d'une tendance forte.Rappelons-le, nous ne voyons pas dans ce système un modèle qui remplacerait l'actuel et serait celui que devrait suivre nos organisations demain. Nous y percevons en revanche des caractéristiques nouvelles susceptibles de préfigurer de nouvelles formes de système de production et imposant une approche organisationnelle et managériale radicalement différente. WikiLeaks a sa propre logique qui n'est certes pas celle d'un fabricant de chaussures ou de médicaments. Mais il invente et démontre sous nos yeux que les rôles et fonctions auxquels nous sommes habitués depuis la révolution industrielle sont en train de bouger.

Les technologies ont permis ces changements, mais c'est la société dans son ensemble qui leur donnera sens.

Ecrit par Rédaction Économie Matin - publié le 06/07/2013

http://www.jolpress.com/livre-a-quoi-ressemblera-le%20travail-demain-sandra-enlart-olivier-charbonnier-article-820570.html

vendredi 5 août 2011

Les différentes formes de télétravail

travail à domicile
Le télétravail est un nouveau système d'organisation du travail dans lequel le travailleur développe une partie importante de leur travail en dehors de l'entreprise par voie électronique. En voici les principaux types.


Télétravail à domicile
La maison est le principal objectif du télétravailleur individuel, agissant pour son compte et au nom d'une autre. Une partie de l'adresse est spécifique aux fonctions du bureau, les ressources d'habitude dans un bureau comme un bureau, un téléphone d'affaires, fax et ordinateur ainsi qu'un accès au réseau de télécommunications.


Télétravail de voyage
Les télétravailleurs qui n'ont pas de bureau clairement identifié. Équipés d'un téléphone mobile et/ou un ordinateur portable, votre bureau est là où la connexion téléphonique est adéquat (ou n'importe où si elles utilisent des communications sans fil). Leur travail est indépendant de l'endroit où ils sont enregistrés.


Le télétravail dans des bureaux distants
Le télétravail est effectué dans un bureau loin du lieu de travail habituel. Les activités se présentent à la fois sous forme de travail individuel et de travail en équipe. Dans ces cas, les télétravailleurs possèdent un accès à distance aux ordinateurs du siège de la société afin qu'il n'y ait pas de différence entre le travail dans l'entreprise ou réalisé à partir de bureaux distants.


Télécommerce
Il s'agit essentiellement de faire des affaires via le réseau. Utilisez des technologies de pointe (par exemple Internet) pour vendre et acheter des produits ou des services, pour renforcer les relations clients et atteindre des marchés géographiquement éloignés sans avoir à être présent localement. Même si le concept a de nombreuses similitudes avec le commerce électronique, ce dernier se réfère plus à des opérations réelles, tels que le fait de recevoir ou de gérer une commande.

Le télécommerce, cependant, couvre tous les aspects du cycle de vente et la relation acheteur-vendeur. Il comprend, par exemple, l'annonce de nouveaux produits et services à des clients potentiels via l'Internet; le fait de fournir différents moyens de paiement et de permettre de régler ses commandes via les réseaux électroniques, tout en offrant un soutien en ligne et une meilleure relation client (par e-mail ou par le biais des communications électroniques).

Par :

http://www.les-experts.com/article-383843-les-differentes-formes-de-teletravail.html

vendredi 29 juillet 2011

Comment développer le télétravail ?


localtis illustration article du jour
© G. Rolle / Rea
En déplacement à Mende ce 28 juillet, le ministre de la Fonction publique a annoncé l'ouverture à la rentrée 2011 d'une concertation avec les syndicats de fonctionnaires afin de développer le télétravail. "Une modalité de travail transitoire" préconisée par de hauts fonctionnaires dans un rapport remis au ministre à cette occasion. Elus, agents intéressés et DRH parfois réticents y trouveront de nombreux conseils pratiques.

Le ministre de la Fonction publique, François Sauvadet, a annoncé le 28 juillet, à Mende en Lozère, qu'il allait lancer après le 15 septembre une concertation avec les organisations syndicales de fonctionnaires sur le développement du télétravail. Cette concertation pourrait porter en particulier sur l’élaboration d’un accord-cadre pour "offrir des garanties" aussi bien aux employeurs qu’aux agents. Le ministre a annoncé, par ailleurs, qu’il allait charger le député de la Lozère, Pierre Morel A l'Huissier, d’étudier l’opportunité de mesures législatives visant à permettre le développement du télétravail dans la fonction publique.

Ces annonces reprennent directement quelques-unes des recommandations du rapport du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies qui a été remis au ministre, ce même 28 juillet. Cette étude, commandée au début de l'année, fournit de nombreux éléments de méthode pour le développement du télétravail dans les administrations publiques.

Ainsi, affirment les hauts fonctionnaires qui en sont les auteurs, le télétravail doit être considéré comme une "modalité de travail (...) transitoire dans une vie professionnelle". Il ne doit pas constituer "un régime de travail permanent et de droit". La convention conclue entre l’employeur et l’agent doit donc être d'une durée limitée. Il doit par ailleurs s’exercer "à raison de un ou deux jours par semaine, trois pour les personnels les plus expérimentés". Cette modalité de travail "offre le plus grand potentiel, permet de répondre à plus d’agents et présente peu de risques de coupure avec le service". Ces risques de relâchement des liens entre l’agent et son service sont pris très au sérieux par les organisations syndicales et motivent parfois leur réticence vis-à-vis du télétravail. Le soutien des syndicats n’est donc pas acquis d’avance.

"Des objectifs clairs et mesurables"

Pour que la greffe prenne bien, il faut surtout travailler la communication interne. Fondamentale, celle-ci pourra, par exemple, s’appuyer sur des témoignages de télétravailleurs et manageurs pour clarifier dans l’esprit des agents "ce que c'est concrètement que d’être en télétravail". Dans le même souci de communication, l’employeur doit afficher ses motivations et ses objectifs (qui, pour des collectivités locales, peuvent être le développement durable et l’aménagement du territoire). Enfin, retenons parmi les conditions indispensables à la mise en place du télétravail, l’importance de l’autonomie de l’agent en situation de télétravail et la capacité de la hiérarchie à fixer des objectifs "clairs et mesurables".

Le rapport recommande à l’employeur de fournir le matériel informatique - c’est systématiquement le cas aujourd’hui - et d’indemniser l’agent travaillant à domicile pour l’occupation de la pièce qu’il consacre à son activité. Mais, de ne pas prendre en charge les coûts de connexion à internet (sauf s’il impose un accès internet spécifique). Pour le téléphone, il est recommandé de recourir à une solution de voix sur IP intégrée au poste de travail, comme l’a fait la ville de Paris pour ses télétravailleurs. Au total, le télétravail représenterait un surcoût annuel de 3.000 à 4.000 euros.

Amélioration des conditions de travail

Selon le rapport, 50.000 agents de l’Etat, 8.000 agents des hôpitaux (auxquels il faut ajouter 20.000 médecins) et 12.000 agents des grandes collectivités pourraient télétravailler si "une action de développement structurée" était impulsée. Dans un premier temps, des "initiatives pilotes" pourraient être lancées. Dans certaines agglomérations urbaines, comme en région parisienne, les collectivités locales pourraient créer des télécentres administratifs, où certains de leurs agents travailleraient à distance.
Ces actions permettraient de développer modestement le télétravail, qui est aujourd’hui marginal dans la fonction publique. Le contexte semble être favorable. En effet, les agents manifestent un intérêt croissant à l’égard du télétravail, voyant dans ce mode d’organisation le moyen de ne pas perdre de temps dans les transports, d’être moins stressés, ou encore de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. Cependant, les DRH sont souvent réticents, ne voyant pas bien quels sont les gains pour l’employeur. Des études ont pourtant évalué les gains de productivité à 10 ou 20 % et constaté une réduction de l’absentéisme.

Thomas Beurey / projets publics

Publié le jeudi 28 juillet 2011