Affichage des articles dont le libellé est partis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est partis. Afficher tous les articles

samedi 24 août 2013

Les partis sont morts, vive les partis !

Tiounine

Les protestations de ces dernières semaines en Bulgarie démontrent une fois de plus que Internet et les réseaux sociaux sont devenus un lieu de débat politique et de formation de l’opinion publique incontournable. Mais lorsqu’il s’agit d’agir concrètement au niveau politique, rien ne peut remplacer les partis politiques — pour le moment.

Dimitar Ganev

Ce n'est pas la première crise de légitimité à laquelle se confrontent les partis. Le rejet de ce type d'organisation politique est riche d'exemples au cours de l'histoire. En 1919, Benito Mussolini qualifie son mouvement fasciste d'"antiparti". Mais tout le monde, y compris Mussolini, a beau s'y opposer, il finit toujours par créer un parti. En fin de compte, elle demeure le seul instrument qui permet de participer réellement à l'exercice du pouvoir.

Ces dernières années, nous nous sommes retrouvés dans une nouvelle réalité technologique : l'accès à Internet d'un nombre grandissant de personnes dans le monde et l'émergence des réseaux sociaux rend les parallèles historiques caducs. On peut mentionner les conclusions de certains experts en politique qui ont étudié l'énorme influence d'Internet et des réseaux sociaux sur le printemps arabe. C'est toute une région du monde qui a changé de physionomie en quelques. On peut également citer le mouvement Occupy Wall Street aux Etats-Unis, les violences en Turquie, et beaucoup d'autres.

Une image archaïque

Les nouveaux vecteurs de la discussion politique au sein des réseaux sociaux nous éloignent des forums classiques et bien connus. Essayons d'imaginer combien de jeunes membres des réseaux sociaux préfèreraient se rendre à un évènement politique plutôt que de mener une discussion informelle sur Facebook. C'est cela qui rend archaïque l'image du parti en tant que modèle d'organisation politique.
La confrontation des idées politiques n’est pas morte ; elle est en transition

Pour leur part, les partis perçoivent ces nouveaux espaces de discussion avec peur et méfiance plutôt qu'avec espoir. La confrontation des idées politiques n’est pas morte ; elle est en transition. Il semble que les partis eux-même ne puisent pas assez dans ces ressources qui permettent de générer des idées "par le bas". Ils prennent beaucoup de retard dans leur prise de conscience de cette nouvelle réalité.

La méfiance envers les partis politiques, leur éloignement de plus en plus évident de l'ordre du jour de la société ainsi que ces nouvelles formes de discussion politique met dans une situation délicate les médiateur traditionnels entre le pouvoir et les gens. Ce n'est pas un hasard si ce manque de légitimité donne naissance à de nouveaux modèles qui permettent aux citoyens de faire pression.

Ils portent des noms différents selon le pays, et ils luttent pour des objectifs différents : ce sont les Indignés en Espagne, Occupy Wall Street aux Etats-Unis, ou l'opposition au système en Russie. Ce qu'ils ont en commun en revanche, c'est leur structure horizontale, leur utilisation des réseaux sociaux et leur position contre les partis du statu quo, voire leur désir de changement du système, quoi que cela signifie.

Le risque de l'illusion

La bonne nouvelle, c'est que la Bulgarie ne prend pas de retard sur ce qui se passe dans le monde. La contestation qui a commencé depuis plus d'un an déjà, a donné naissance à ce type d'organisation. La comparaison de l'échelle et de l'étendue n'est pas en notre faveur, mais on fait nos premiers pas dans cette direction. Au cours des derniers mois, beaucoup de groupes ont été créés sur Facebook, qui se transforment maintenant en de véritables portails de discussion politique. Il y a aussi le "réseau protestataire" d'une activiste.

Les discussions confinées à l’Internet cachent cependant des risques réels dont le plus important est celui des illusions. Les opinions qui se font entendre dans les forums en ligne, sont loin d'être représentatives de l'ensemble de la société. En demeurant confiné à ce cercle social fermé et à ce milieu positif, il est facile de se mettre à penser que tout le monde partage ces opinions et ces valeurs. Loin s'en faut. C'est une petite partie de la société qui a trouvé un moyen de faire accepter ses idées en cherchant à les confirmer.
Pour pouvoir réellement changer quoi que ce soit dans le pays et dans l’exercice du pouvoir, il faut avoir le soutien de la majorité des citoyens

Pour pouvoir réellement changer quoi que ce soit dans le pays et dans l’exercice du pouvoir, il faut avoir le soutien de la majorité des citoyens. Il faut ensuite disposer d'un instrument législatif pour participer aux élections, pour prouver qu'il ne s'agit pas de quelques milliers de gens sur Internet mais d'une majorité des Bulgares. Mais il n'existe jusqu'à présent qu'un seul moyen de le faire dans ce cadre législatif : créer un parti et participer aux élections.

Si un de ces mouvements nouvellement créés s'agrandit et gagne en popularité, il aboutira à la création d'un parti pour participer aux élections législatives. S'il échoue, il sera enterré au cimetière politique, comme tant d'autres avant lui. Pour cette raison, les leaders de ces nouvelles organisations politiques feraient bien de ne pas s'empresser à condamner les partis. Si leurs mouvements atteignent leurs objectifs, ils auront recours à ces vieilles organisations que l'on connait tellement bien : les partis politiques.

23 août 2013

vendredi 5 juillet 2013

Pour financer les partis en toute transparence, il existe un moyen : les "chèques démocratiques"

La décision du Conseil constitutionnel d'invalider les comptes de campagne 2012 de Nicolas Sarkozy met l'UMP dans une situation financière délicate. Le parti veut lancer une souscription nationale, relançant la question du difficile financement de la vie politique en France. 

La décision du Conseil constitutionnel de rejeter les comptes de campagne de l'UMP met en lumière la situation problématique du financement de la vie politique en France. Situation problématique en France, mais aussi dans les autres démocraties, car elle met en jeu des principes difficiles à concilier. 

Tout d'abord, l'activité politique - les campagnes, l'animation d'un parti - coûte de l'argent, et les partis politiques doivent bien se financer. 

Il existe un consensus pour penser qu'il faut limiter l'influence des “plus gros”, c'est-à-dire, pour résumer, les riches et les grandes entreprises, dans la politique, influence qu'ils peuvent obtenir grâce aux “dons” nécessaires pour financer la vie politique. 

Cela étant dit, il y a un autre droit fondamental en jeu, qui est celui de la libre expression : chacun peut avoir le droit d'exprimer son soutien à un parti ou à un mouvement politique. Et l'argent est une forme d'expression : des sociétés comme Médiapart, Le Monde ou Atlantico dépensent de l'argent pour exprimer des points de vue, ce qui est un droit fondamental. 

Il y a donc là un équilibre à mettre en place, toujours difficile. Un système trop restrictif peut avoir l'effet inverse de celui attendu, en poussant des hommes politiques à accepter de l'argent “sous la table” pour financer leurs campagnes. On sait le rôle que l'argent joue dans les campagnes électorales aux Etats-Unis. En Grande-Bretagne, la classe politique a été secouée par le scandale “cash for peerages”, où le Parti travailliste au pouvoir a “vendu” des honneurs symboliques à des personnalités contre des grosses donations au parti. 

Un des universitaires les plus engagés dans le “nettoyage” de l'influence de l'argent dans la vie publique est Lawrence Lessig, professeur de droit à Stanford, et il propose une solution, dénommée “democracy vouchers,” qu'on pourrait traduire par “chèque-démocratie.” 

L'idée est toute simple : chaque électeur reçoit un “chèque” de 50 dollars (considéré comme la somme minimum d'impôt payée par chaque citoyen), financé par l'Etat, qu'il peut attribuer au candidat qu'il désire. En échange, le candidat ne peut accepter aucune autre forme de financement. Si le citoyen ne verse pas son chèque à un candidat, celui-ci est versé au parti auquel il appartient ou, s'il n'appartient à aucun parti, à une caisse centrale de financement des campagnes. 

Dans ses détails, le système devrait être adapté à la France. Le système de Lessig ne s'applique qu'aux élections fédérales, car les élections au niveau des états fonctionnent avec des systèmes différents, contrairement à la France : il faudrait peut être un chèque par “niveau” d'élection pour nous. Aux Etats-Unis, il y a beaucoup plus d'inscrits aux partis politiques, car l'inscription est gratuite et faite au moment de l'inscription aux listes électorales. 

Mais le principe est bon : il permet un vrai financement transparent de la vie politique, et ce de manière décentralisée et déconnectée de divers lobbies. Avec la mise en place de vrais groupes de réflexion, il semble que cette idée pourrait vivifier la vie politique en France.

Publié le 5 juillet 2013

Read more at http://www.atlantico.fr/rdv/nettoyeur/pour-financer-partis-en-toute-transparence-existe-moyen-cheques-democratiques-pascal-emmanuel-gobry-777841.html#jpT1vDzE0pcPSCa5.99

mardi 6 septembre 2011

Qui sont les (nombreux) partis politiques tunisiens ?

...
Comment classer les partis tunisiens ?

Il n'est pas forcément pertinent de classer les partis selon un axe gauche-droite. Le nationalisme peut être une valeur ambivalente. Une orientation économique de gauche peut être associée à une vision identitaire conservatrice, des partis auto-proclamés centristes sont des avatars de l'ancien régime. Un programme économique libéral peut aller de pair avec une volonté de rupture marquée avec l'ancien régime. La référence à l'islam peut, a priori, se combiner avec toute sorte d'orientation économique…
 
Un chercheur a tenté une cartographie de la centaine de partis existants selon différents axes (nationalistes, libéraux, socialistes…) Œuvre utile et effort louable, mais qui construit une image statique du paysage partisan. Il laisse de côté deux aspects : d'une part le caractère multidimensionnel de chacun des partis, et d'autre part la dynamique de la vie politique. (Voir la capture, cliquer pour agrandir)
 
Des rapprochement inattendus peuvent se nouer, non seulement en raison de considérations tactiques, mais surtout en fonction des clivages qui structureront la vie politique tunisienne :
  • la rupture avec l'ancien régime et la protection de la Révolution,
  • l'inclusion ou l'exclusion de l'islamisme dans le jeu politique, et la place de l'islam dans le socle des valeurs fondamentales
  • les orientations économiques,
  • les options constitutionnelles, etc.
 
Les Tunisiens vont devoir devenir des experts en manœuvres partisanes pour décrypter leur vie politique.
 
Illustrations : les logos des partis tunisiens ; cartographie des partis tunisiens (Fhimt.com).
 
Par Thierry Brésillon | Journaliste | 06/09/2011 | 13H04

http://www.rue89.com/tunisie-libre/2011/09/06/qui-sont-les-nombreux-partis-politiques-tunisiens-220493