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samedi 20 juillet 2013

Allemagne : 1,5 million d'euros pour la recherche sur le traitement de l'image

Une reconnaissance d'images performante permettrait, dans un avenir proche, de capturer l'environnement en une fraction de seconde, et d'identifier et interpréter les mouvements rapidement. Pour permettre cette avancée grâce au traitement de l'image, il est nécessaire d'avancer fondamentalement dans la recherche sur la reconnaissance d'images. Christian Theobalt, professeur d'informatique à l'Université de la Sarre, mènera ce projet avec une bourse pour jeune chercheur du Conseil européen de la recherche ("ERC Starting Grant") à hauteur de 1,5 million d'euros sur trois ans.

C'est principalement grâce aux yeux que l'homme est en mesure d'avoir des informations détaillées sur l'espace et le déroulement des actions autour de lui. Même si les ordinateurs ou les téléphones disposent d'un équivalent, la caméra, il est encore difficile pour un système d'interpréter un environnement réel à partir d'images capturées. Saisir la géométrie et les mouvements dans une scène est un problème encore plus complexe.

C'est sur ce sujet que travaille Christian Theobalt, chef du groupe "Graphismes, vision et vidéo" à l'Institut Max Planck pour l'informatique de Sarrebruck (Sarre). Basé sur des enregistrements vidéo, les ordinateurs doivent pouvoir reconstituer des scènes et reconnaître les surfaces des objets filmés. "Bien que la reconnaissance d'image ait fait de grands progrès vers cet objectif, de nombreuses méthodes en sont encore à leurs balbutiements et ne peuvent pour le moment être appliquées que dans des conditions spécifiques", explique le chercheur. Le niveau de détail est par ailleurs insuffisant.

Le projet, baptisé "CapReal - Capture performante du monde réel en mouvement", a pour objet de mettre en place la base théorique de nouvelles méthodes pour permettre la reconstruction dynamique de scènes. Ces méthodes devraient permettre de saisir la géométrie, les mouvements et les propriétés des matériaux (comme la déformation) jusqu'à un niveau de détail sans précédent. Et ce, quelles que soient les conditions d'enregistrement, à savoir en studio ou en pleine nature, où les scènes sont plus complexes. "Au lieu d'utiliser un système lourd et sensible, nous souhaitons parvenir à notre objectif avec peu de caméras, par exemple celles de téléphones portables", indique Christian Theobalt.

Cet objectif nécessite toutefois de revoir les approches de base de la reconnaissance d'images. "La lumière façonne la scène. Sa modification rend la perception de celle-ci très différente et complexifie largement les algorithmes à mettre en place. Afin de toujours être en mesure de reconstituer les scènes, nos programmes ont besoin de mieux évaluer les conditions d'éclairage par une description mathématique adaptée". C'est ainsi que les informaticiens vont utiliser des méthodes d'infographie utilisées actuellement par les scientifiques afin de produire des illustrations réalistes. En outre, ils mettront au point de nouvelles méthodes pour calculer les propriétés des matériaux et des surfaces d'objets en mouvement.

Afin de commercialiser les résultats préliminaires des travaux de recherche, l'équipe a fondé l'entreprise "The Captury". La technologie proposée permet de saisir le mouvement de personnes à partir de caméras vidéo classiques. Cela simplifie par exemple l'ajout d'effets visuels, ou l'analyse par les biomécaniciens des mouvements de sportifs. Un médecin pourra suivre non seulement le mouvement d'un patient, mais également apprécier la déformation des muscles dans le corps pour déterminer si une thérapie a un effet positif. Le champ des applications restant très large, il est par ailleurs possible d'imaginer le contrôle d'un ordinateur par le mouvement, voire des applications dans la robotique ou les transports.

dimanche 11 septembre 2011

Comme les empreintes digitales, les traces de pas sont uniques

Comme les empreintes digitales, les traces de pas renseignent sur la démarche et l’identité des individus avec une efficacité permettant d’envisager des applications industrielles.

Comme les empreintes digitales, les traces de pas sont uniques CAVALLI/SIPAComme les empreintes digitales, les traces de pas sont uniques CAVALLI/SIPA

Chaque individu a un style de marche unique et les humains comme les ordinateurs peuvent reconnaître sans trop d’efforts les différents modèles de démarche. .Il n'est donc pas surprenant que la dynamique des pressions du pied, qui reflète indirectement les accélérations de toutes les parties du corps, soit également unique. De précédentes études ont déjà prouvé que l’analyse de la variation des pressions du pied, la pédobarographie, permet d’identifier les individus avec un succès dans environ 90% des cas. Le petit nombre d’individus impliqués dans ces études ne permettait cependant pas de valider cette méthode.

Dans le Journal of the Royal Society Interface, des chercheurs de l’université de Shinsu ont mené des tests sur plus de 100 personnes et ont montré que le score de reconnaissance pouvait atteindre 98%. Ils ont utilisé un logiciel de traitement d’image en 3D permettant d’extraire les caractéristiques des pressions dynamiques du pied. Ils ont notamment analysé l’impact du talon, le glissement de l’avant-pied et la pression des orteils sur le sol.

Dans leur article, les chercheurs estiment que leur protocole pourrait servir dans les secteurs ou des systèmes automatisés de reconnaissance des personnes sont nécessaires, notamment la sécurité. Néanmoins, à l’inverse des empreintes digitales qui sont difficilement falsifiables, la démarche peut être bien plus facilement modifiée. La pédobarographie ne pourra fonctionner que dans les situtaions où les individus veulent être reconnus, pour passer un contrôle de sécurité à l’embarquement par exemple.

J.I.
 

Sciences et Avenir.fr

08/09/2011

http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/high-tech/20110908.OBS9992/comme-les-empreintes-digitales-les-traces-de-pas-sont-uniques.html