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mercredi 18 septembre 2013

La discipline en classe et la question de la taille des classes

L'étude Pisa 2009 sur l'influence du désordre en classe sur les performances scolaires repose indirectement la question de la taille des classes comme facteur de réussite scolaire. Une question urgente en France.

"Les classes et les écoles où il y a davantage de problèmes de discipline sont moins propices aux apprentissages", affirme, preuve à l'appui, Pisa 2009. L'enquête internationale de l'OCDE a pu calculer l'impact du bruit en classe sur les résultats des élèves. On ne sera pas surpris d'apprendre que celui-ci est négatif et qu'il affecte particulièrement les élèves des milieux populaires. La conclusion de l'OCDE est sans ambiguïté : assurer le calme en classe n'est pas seulement propice aux apprentissages. C'est aussi un moyen efficace de lutter contre les inégalités scolaires. Ce que ne dit pas l'OCDE mais qui saute aux yeux de l'enseignant de terrain c'est que cette constatation pose à nouveau la question du nombre d'élèves en classe.

A l'OCDE comme à l'éducation nationale, la question de la réduction du nombre d'élèves par classe est devenue un véritable tabou. On s'appuie sur des études de l'OCDE et une expérience menée en 2002 pour en contester l'effet. " Les effets de la variation de la taille des classes sur la performance des élèves ne sont pas étayés par des éléments probants", écrit " Regards sur l'éducation", une publication de l'OCDE en 2011 . "Les recherches menées dans ce domaine controversé n’ont pas permis de tirer des conclusions cohérentes, même s’il apparaît que les classes moins peuplées pourraient avoir un impact sur des groupes spécifiques d’élèves, notamment les élèves défavorisés". Des études françaises vont dans le même sens. Ainsi, en 2001, une étude de Denis Meuret pour le Haut Conseil à l'évaluation de l'école avait conclu en insistant sur les limites de la réduction de la taille des classes et vivement critiqué les dédoublements. "Les recherches ne justifient donc certainement pas une réduction de la taille des classes (RTC) “ au fil de l’eau ” qui procède du fait qu’il est difficile de retirer un poste ou de fermer une classe lorsque les effectifs baissent, ni une baisse générale de deux ou trois élèves par classe. C’est le résultat le plus clair des études menées en France", écrivait-il. Le raisonnement de l'OCDE ou de Denis Meuret c'est qu'il ne suffit pas de réduire le nombre d'élèves pour que la pratique pédagogique de l'enseignant change. Ainsi l'essai des CP dédoublés en 2002 avait été évalué négativement. On avait allégé les effectifs mais les enseignants avaient enseigné comme avant et l'effet du dédoublement sur les résultats des élèves avait été à peu près nul. En 2012, la concertation a à nouveau écarté cette possibilité. Et le ministère a fait le choix, avec l'agrément des syndicats du "plus de maîtres que de classe", une formule qui impose de changer les pratiques pédagogiques.




Pourtant la France a des classes particulièrement chargées. Pisa montre aussi que la France a un nombre d'élèves par classe supérieur à la moyenne de l'OCDE aussi bien au primaire qu'au collège. Parmi les pays développés, seuls la Corée du Sud et le Japon ont plus d'élèves par classe. Mais ces moyennes cachent deux particularités françaises. La France est un des rares pays où la taille des clases a augmenté entre 2000 et 2010 (+3,4%). A l'exception de l'Italie et des Pays-Bas, tous les autres pays développés ont diminué le nombre d'élèves par classe en moyenne de 7%. La France a aussi un des taux d'encadrement (nombre d'adultes pour 100 élèves) les plus bas. C'est vrai au collège et encore davantage au primaire.

Pourtant d'autres travaux ont montré l'effet positif de la réduction de la taille des classes. A la fin du 20ème siècle, l'enquête américaine STAR, s'appuyant sur des échantillons, avait mis en avant l'efficacité de la réduction de taille des classes mais sans montrer d'effet durable. En 2006, la célèbre étude de Thomas Piketty a calculé l'effet qu'aurait une réduction du nombre d'élèves sur la réussite scolaire. Ce travail est repris et développé par Mathieu Valdenaire dans sa thèse soutenue en juin 2011. La grande force de ce travail c'est de s'appuyer sur une méthode incontestable. Elle joue sur les effets de seuil qui font que de façon aléatoire certaines classes sont éclatées en deux groupes classes. A l'école primaire, aujourd'hui, l'écart entre une école prioritaire et une non prioritaire est de deux élèves, 21 élèves par classe dans l'une, 23 dans l'autre. M Valdenaire a calculé l'effet d'une diminution de 5 élèves par classe en zep. "La diminution de 5 élèves des tailles de classes de ZEP conduirait dans notre hypothèse basse, à une réduction des inégalités de 37% au primaire, 13% au collège et seulement 4% au lycée". Si l'impact est faible au lycée, il est majeur à l'école. M. Valdenaire posait la question de la faisabilité et il proposait de financer l'augmentation des postes en zep par leur réduction dans les écoles de centre ville, l'impact sur les résultats du passage de 23 à 24 élèves dans ces écoles non zep étant d'après lui infime. Autrement dit, pour lui, on peut diminuer significativement le nombre d'élèves par classe à coût constant en réaffectant des enseignants moyens entre écoles populaires et écoles plus favorisées. Plus récemment, en avril 2013, une étude de Peter Fredriksson (Université de Stockholm), Björn Öckert (Uppsala University) et Hessel Oosterbeek (Université d'Amsterdam) sur le devenir de jeunes suédois âgés de 10 à 13 ans entrés à l'école entre 1967 et 1982 a mis en évidence l'effet durable de la réduction de la taille des classes par les mêmes effets de seuil. D'après les auteurs, "réduire la taille des classes est bénéfique dans les tests cognitifs et non cognitifs à l'âge de 13 ans et 16 ans... Plus important, nous trouvons que des classes plus petites augmentent la durée de l'éducation, les salaires et les revenus à 27 ans et 42 ans". Autrement dit l'effet est durable à 16 ans, trois ans après la sortie du primaire en Suède, et bien au-delà. L'effet est permanent. Pour les auteurs, "réduire d'un élève par classe dans les 3 dernières années du primaire (de 10 à 13 ans) augmente la durée de l'éducation de 20 jours". Cela augmente donc la probabilité d'accéder à l'enseignement supérieur. La même réduction se traduit par une hausse de 1,2% du revenu. Ils calculent aussi le rapport coût / bénéfice pour monter que le rapport est positif pour l'Etat. On notera au passage l'effet sur les tests non cognitifs.

Or réduire le nombre d'élèves en classe a un effet certain sur le climat de la classe. Il est possible que l'enseignant ne soit pas capable de personnaliser davantage son enseignement. Mais tout enseignant sera plus à même d'établir un climat plus propice aux études dans une classe à effectifs réduits. C'est encore plus vrai dans les établissements populaires qui sont les plus touchés par le désordre scolaire et où il faut de grandes capacités pédagogiques pour assurer un climat favorable aux études. Si assurer un bon climat en classe est un gage de réussite scolaire, alors réduire le nombre d'élèves par classe significativement est un bon levier pour la réussite scolaire, particulièrement pour les jeunes des milieux populaires. En faisant le choix du "plus de maîtres que de classes", le ministère a préféré un dispositif ambitieux qui suppose d'élever le niveau de formation pédagogique des communautés éducatives pour être efficace. Peut-être aurait-il été plus simple de cibler l'amélioration du climat scolaire par la réduction du nombre d'élèves par classe.

Sur l'étude suédoise et la réduction du nombre d'élèves par classe

Voir aussi

Par fjarraud , le mardi 17 septembre 2013.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/09/17092013Article635150008869358283.aspx

lundi 26 août 2013

Teaching entrepreneurship with discipline

New book by MIT lecturer Bill Aulet focuses on bringing innovations to market through disciplined planning and experimentation.

Discipline may not be the first quality people associate with entrepreneurship. But according to Bill Aulet, senior lecturer and managing director of the Martin Trust Center for MIT Entrepreneurship, discipline is paramount when starting a firm. Moreover, he says, entrepreneurship is a discipline unto itself, and can be taught through a series of steps — many of them involving hands-on experimentation.

This is the approach to entrepreneurship Aulet emphasizes in his new book, “Disciplined Entrepreneurship” (Wiley), which is based on his teachings at MIT and more than 20 years of firsthand experience with startups.

The book lays out 24 sequential steps in the development of a company around a disruptive innovation — a process that Aulet and colleagues at the MIT Sloan School of Management have called “innovation-driven entrepreneurship.” These steps include clearly identifying the target customer; calculating the size of a market; charting the competition; quantifying a product’s value; mapping the sales process; and conducting experiments on customers’ buying habits.

It ends, Aulet says, with the creation of a viable commercial product. But Aulet acknowledges that even knowing the steps is no guarantee of long-term success. “This is not a magic algorithm,” he says, but rather a “framework to increase the odds and magnitude of success for a new venture.”

Ultimately, Aulet hopes the book will lead to a broader discussion about teaching entrepreneurship as a rigorous academic discipline.

“Entrepreneurship is something that can be taught — and is taught at MIT, and other institutions — and there are processes you can follow, a framework you can create, much like, say, teaching journalism and writing,” he says. “It just requires a significant amount of discipline.”

Blurring the lines between company and customer

Much of the book’s content derives from Aulet’s lesson plans for 15.390 (New Enterprises), the introductory entrepreneurship course he teaches at MIT with Howard Anderson, a senior lecturer. This class has been run at MIT for more than 25 years, churning out hundreds of startups — and, more importantly, many skilled entrepreneurs, Aulet says.

“In essence, I’m trying to take what MIT does so well — which is teaching entrepreneurship — and make it accessible to a broader group of people inside and outside MIT, so we can have a bigger impact on the world,” Aulet says.

Each chapter includes case studies from MIT spinoffs and projects, focusing on how these entrepreneurs have implemented the specific steps described in the book. It also includes detailed examples from one of the companies Aulet co-founded, SensAble Technologies, as well as others he’s been involved with.

While watching so many MIT startups, Aulet has seen entrepreneurs make a few common mistakes. The main one, he says, is not focusing enough on the customer. “Getting the product, customer and market to fit right is one of the two most important things when starting a company,” he says. “The other is recruiting, retaining and growing a great team.”

Indeed, more than half of “Disciplined Entrepreneurship” focuses primarily on customers. The book walks the reader through identifying and acquiring customers; analyzing customers’ decision-making process; estimating the cost of acquiring new customers; and estimating the lifetime value of customers.

“Everyone always wants to start with their technology, idea or product,” Aulet says. “They have a great invention and they’re going to push that out in the world. They think, ‘If we build it, they will come.’ Building it is rarely the problem — especially at MIT. Getting the customer to come and buy in a way that makes for an economically sustainable new venture is the problem.”

“Successful entrepreneurs are ones who start a company walking in their customers’ shoes,” he adds. “They understand their customer so well, they become their customer, and the line between customer and company becomes blurred.”

A platform to build on

At times, the book focuses on seemingly minor — yet significant and often-overlooked — aspects of business planning. One step involves building a persona for the target customer, which includes creating an entire personality. Two others center on identifying, and then testing, key business assumptions, using data gathered from specific customer actions.

In this way, Aulet says, the book serves as a rigorous alternative to “teaching through storytelling” — where entrepreneurs share their inspirational stories — and what he sees as the overly simplistic teaching methods found in some entrepreneurship courses, which emphasize one strategy to building a company.

Other entrepreneurs have praised the book for its practicality, attention to detail, and systematic approach. Jon Powell, owner of Innovative Waste Consulting Services in Gainesville, Fla., says the book stood out, in part, because it “parallels the decision-making process, where it’s not a linear path, it’s one of oscillation. You go a certain distance in the book, then go back and revisit and revise your thinking. And there’s enough detail, but it doesn’t bog things down.”

Still, Aulet warns, “there’s no magic bullet for entrepreneurship. … Unfortunately, entrepreneurship is not like physics, where there is a universal theory of relativity that explains the right answer, because every startup is different and the results are unique. It’s a much messier process, where having structure and a place to start can help provide direction in an otherwise very confusing and ambiguous environment.”

Rob Matheson, MIT News Office

August 26, 2013

dimanche 4 septembre 2011

Israël : Et quel est donc la discipline préférée des élèves ? Les maths pour 22% d’entre-eux, la gym pour 19%

ECOLE 
La rentrée scolaire, c’est aussi le temps des statistiques et des tableaux comparatifs. Parmi toutes les publications publiées ces derniers jours, la plus pertinente a été celle qui portait sur la dépense comparative par élève et, en sus, le taux de réussite au bac dans ces mêmes villes et bourgades (1).
 

A ce hit-parade, Tirat Hacarmel a décroché la première place, avec 14.837 shekels par an et par élève. Le taux de réussitte au bas est de 63,8%. Un résultat qui n’a pas surpris les édiles locaux qui, depuis des années, a fait de l’enseignement scolaire la priorité des priorités. Tirat Hacarmel a été fondée en 1949, en tant que village de tentes destiné aux nouveaux immigrants. C’est en 1992 que le statut de ville lui a été conféré. ...

Et quel est donc la discipline préférée des élèves ? Les maths pour 22% d’entre-eux, la gym pour 19%, puis l’anglais (14%), l’informatique (6%), l’histoire (4%), la Bible (4%), la biologie (4%) et, fermant la marche, la littérature avec 3%.

Par Mati Ben-Avraham (Jérusalem)
                              
Publié le 4 septembre 2011

mardi 30 août 2011

Des travaux d'intérêt généraux contre l'indiscipline

Une mesure de responsabilisation est instaurée à la rentrée pour réduire le recours à l'exclusion.


Pour rétablir la discipline au collège, le ministre de l'Éducation nationale met en place dès cette rentrée les travaux d'intérêt général. L'idée: les exclusions, qui sont devenues au fil des années la sanction couramment utilisée par les conseils de discipline, sont contre-productives pour les élèves. En éloignant l'élève perturbateur voire décrocheur de l'école, en le livrant à lui-même, on ne fait que renforcer la fracture qui existe entre lui et le milieu scolaire. À tel point que les exclusions provisoires sont trop souvent un premier pas vers une exclusion définitive, entraînant le jeune dans la spirale de l'échec scolaire. À partir de la rentrée, la durée de l'exclusion temporaire d'un établissement est limitée à huit jours contre un mois auparavant.

Pour lutter plus efficacement contre la violence scolaire et renforcer la discipline, la nouvelle circulaire qui entre en vigueur jeudi pose le caractère automatique d'une action disciplinaire en cas de certaines violences verbales, physiques et autres actes graves. Par ailleurs, elle instaure une «mesure de responsabilisation». «Il s'agit d'élargir de manière constructive l'éventail des sanctions, explique-t-on dans l'entourage de Luc Chatel. Mais aussi de présenter aux chefs d'établissement une alternative à l'exclusion d'établissement.»
«Sanctions intelligentes»

Cette nouvelle sanction pourra être mise en œuvre à l'intérieur de l'établissement ou au travers d'associations extérieures. Du nettoyage de la cour à un travail en association ou chez les pompiers, en passant par la peinture de murs dégradés, la palette est large. Pour le moment, le ministère de l'Éducation nationale a signé une convention-cadre avec la Licra. Mais avant son application, cet accord est soumis au Conseil supérieur de l'éducation, qui se réunira mi-septembre. Dans la foulée, le ministère devrait nouer des accords sur ce modèle avec d'autres associations ou institutions, comme les pompiers notamment.

«C'est une mesure très positive, lance Valérie Marty, présidente de la fédération de parents d'élèves Peep. De telles sanctions sont plus intelligentes et offrent une véritable alternative à l'exclusion.» Certes, de telles mesures existaient déjà, mais elles restaient très marginales. De nombreux parents se félicitent aujourd'hui de sa généralisation.

Ainsi Catherine, mère de trois enfants dont un lycéen, évoque la sanction infligée à une amie de son fils, qui avait dû servir ses camarades à la cantine, charlotte sur la tête, après avoir quitté un peu soudainement la classe en plein cours. «Elle était tellement humiliée que cela l'a vaccinée !», s'amuse cette mère de famille. D'autres travaux d'intérêt général comme nettoyer la cour de l'établissement, participer au rangement des salles de classes sont déjà utilisés.

Reste que les proviseurs insistent sur le fait que ces nouvelles mesures pourraient bien prendre plus de temps que prévu à être mises en place. «Sur le principe, il s'agit d'une décision tout à fait intéressante, explique Philippe Tournier, secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement. Mais il faut que les établissements modifient leur règlement intérieur, ce qui demande des délais administratifs, et que la plupart répugnent à faire une fois l'année lancée.» Toujours est-il que le principe est bien ancré et devrait faire son chemin dans les collèges et les lycées.

LIRE AUSSI:

» INTERVIEW - «À l'école, toute infraction doit être sanctionnée»

» La violence augmente chez les enfants du primaire



Par Aude Seres

Publié le 29/08/2011 à 22:05

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/08/29/01016-20110829ARTFIG00641-des-travaux-d-interet-generauxcontre-l-indiscipline.php