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samedi 13 avril 2013

En France, moins d'un tiers des étudiants obtiennent leur licence en trois ans

Moins d'un tiers des étudiants bouclent leur licence en trois ans, révèlent les chiffres publiés par le ministère de l'Enseignement supérieur. Un taux d'échec élevé qui traduit des disparités sociales entre les jeunes.

Trois étudiants sur dix quittent l'université après une première année de licence, et seulement un tiers obtiennent leur diplôme en trois ans. Tels sont les chiffres que vient de publier le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Des résultats relativement mauvais, en baisse constante depuis cinq ans, et qui traduisent de grandes disparités entre les étudiants…
Des différences suivant le profil

Seulement 27 % des bacheliers qui parviennent à obtenir leur licence en trois ans. Les masters ne sont pas épargnés, puisque moins de la moitié (46 %) des étudiants l'obtiennent en deux ans. Des chiffres qui traduisent des différences sociales. En effet, seuls 2,7 % des élèves issus d'un bac professionnel obtiennent une licence dans le délai normal, contre plus d'un tiers des bacheliers issus d'une filière générale. De plus, 31% des étudiants qui achèvent leurs études dans le temps imparti viennent de familles aisées, contre 21 % qui sont issus de familles défavorisées. Enfin, le sexe est vecteur d'inégalités, puisque les filles ont plus de facilités que les garçons : l'écart entre les deux taux monte à près de 10 % !
Un projet de loi en vue pour remédier à ces maux

Face à ces mauvais scores, le gouvernement a décidé de prendre les devants. Le 27 mai prochain doit notamment être discuté un projet de loi pour permettre l'amélioration de la réussite des étudiants. Une spécialisation progressive devrait être mise en place en licence, afin d'éviter aux étudiants de redoubler en cas de réorientation. Des quotas devraient également être instaurés dans les BTS et DUT, afin de privilégier l'accès à ces diplômes aux étudiants titulaires d'un bac technologique ou professionnel. Ceci leur permettrait d'éviter d'aller à l'université par défaut… et d'y échouer !

Orientations
Mis en ligne le Vendredi 12 Avril 2013

dimanche 20 mai 2012

Universités  : quel bilan du processus de Bologne  ?

l’Humanité | 11 mai 2012 | Table ronde
dimanche 20 mai 2012
par antonin

Christophe Charle, historien, président de l’Areser (1), et Charles Soulié, sociologue à Paris-VIII. Marion Guenot, secrétaire générale de l’Union des étudiants communistes. Yves Lichtenberger, professeur de sociologie et membre de la Fondation Terra Nova.

Rappel des faits Élaboré en juin 1999, et signé depuis par quarante-sept pays, le processus de Bologne vise à unifier les systèmes d’enseignement supérieur européen. Depuis une dizaine d’années, il a surtout, sous couvert d’harmonisation et de mobilité des étudiants, entraîné 
la mise en place de réformes à visée néolibérale, dénoncées par une bonne partie de la communauté universitaire.


En France, le processus de Bologne s’est traduit par l’instauration du système LMD (licence-master-doctorat) qui a, entre autres, cassé le cadre national des diplômes, accentué la mise en concurrence des filières et le poids des entreprises dans le contenu des formations. Loin de freiner ce mouvement, le dernier «  rapport d’exécution  » du processus de Bologne, adopté en mars dernier par le Parlement européen, poursuit dans cette même logique de libéralisation de l’enseignement supérieur. Seuls les députés du groupe GUE-GVN, regroupant communistes et progressistes, ont voté contre.

Quel bilan dressez-vous 
du processus de Bologne  ?

Marion Guenot. Il est désastreux pour les étudiants et pour les jeunes diplômés de toute l’Europe. Avec la réforme LMD, on nous parlait d’harmonisation de nos formations. Or, force est de constater que, aujourd’hui, seules les politiques de régression sociale (augmentation des frais d’inscription, casse des services publics…) sont en harmonie. On voit bien que l’ambition de développer la mobilité étudiante est un véritable échec en l’absence totale d’encadrement structurel et financier, seuls 2 % des étudiants de France y ont accès, le plus souvent dans les grandes écoles où les moyens financiers sont les plus importants. Le mot fort du bilan de ce processus est «  déréglementation  ». Les diplômes n’obtiennent pas la même reconnaissance d’une université à une autre en France, alors d’un pays à un autre, c’est bien pire  ! En réalité, l’harmonisation des notations renforce le dumping social en Europe, en permettant de construire une lisibilité pour le patronat européen, qui peut ainsi délocaliser les entreprises là où la formation correspond le mieux à ses exigences et où la main-d’œuvre est moins chère.

Christophe Charle et Charles Soulié. Historiquement, le processus de Bologne visait déjà à faciliter la mobilité des étudiants en Europe. Sur ce plan, le bilan est mitigé. Certes, le nombre d’étudiants en mobilité a augmenté grâce notamment au programme Erasmus, mais comme le souligne le rapport Luigi Berlinguer pour le Parlement européen, les taux de mobilité demeurent relativement faibles. Ce qui s’explique par la faiblesse des financements – aller étudier à l’étranger coûte cher –, ainsi que par les obstacles linguistiques – suivre avec profit des cours en langue étrangère demande d’avoir déjà un certain niveau. Et, au final, on observe qu’en France, ce sont les étudiants des établissements les plus sélectifs – les grandes écoles notamment – qui voyagent le plus, tandis que les universités ont souvent plus de mal à faire partir leurs étudiants. Ce qui s’explique aussi par un salariat plus important chez ces étudiants d’origine sociale souvent plus populaire.

Yves Lichtenberger. Le processus de Bologne est très important du point de vue de la restructuration de notre enseignement supérieur. Son impact, notamment interne, dépasse de loin l’objectif de mobilité européenne des étudiants pour lequel il a été initié. Conçu pour établir des correspondances entre parcours de formation de différents pays, il a aussi mis l’accent sur l’illisibilité des cloisonnements français entre écoles, universités et lycées. Il a amené à s’interroger sur ce qui fait la valeur d’un diplôme et, par exemple, à préciser les conditions dans lesquelles des années de classe prépa ou de BTS pouvaient équivaloir à des années universitaires. Il a eu aussi un grand impact symbolique  : même avec de faibles flux, l’idée qu’une formation pouvait se dérouler dans plusieurs pays est une idée forte, et on ne peut que souhaiter la voir se développer.

En quoi a-t-il bouleversé l’enseignement supérieur en France  ?

Christophe Charle et Charles Soulié. C’est déjà au travers de l’instauration du système LMD (Licence-Master-Doctorat) et de l’instauration du système des ECTS (European Credit Transfer System) que le processus de Bologne a contribué à transformer l’enseignement supérieur français. En France, le Deug a disparu ainsi que la maîtrise, transformée en Master 1. Cette réforme a rendu plus comparables différents systèmes universitaires européens. Mais on peut se demander si, en passant de deux ans à trois ans le temps d’obtention du premier diplôme universitaire, cela n’a pas contribué à accentuer la sélection universitaire, sélection dont on sait qu’elle est déjà très importante. De même, la disparition de la maîtrise, qui représentait souvent le premier travail de recherche un peu personnel des étudiants, a sans doute contribué à une scolarisation accrue des cursus. Enfin, on peut s’interroger sur le fait qu’en France, la sélection soit placée entre l’année de Master 1 et celle de master 2, ce qui n’est guère cohérent tant au niveau de la logique de la recherche que de la délivrance des diplômes.

Yves Lichtenberger. Faciliter la mobilité des étudiants posait, d’entrée, la question des niveaux de diplômes  : comment accueillir en France, pays qui à l’époque avait quasiment un diplôme par année (deug, licence, maîtrise, DEA-Dess), un étudiant venu d’Italie ou d’Allemagne, où n’existaient que le bac et le master  ? Le premier réflexe conduisait à mesurer les formations par la quantité de savoir accumulé et donc la durée d’études (le 3-5-8, précurseur du LMD), tout en se rendant compte que ce qui comptait était le niveau de compétence qu’une formation permettait d’exercer et non la durée d’accumulation. La difficulté a été résolue par une modularisation des formations qui les rendait plus lisibles et par l’instauration des niveaux LMD communs à l’ensemble des pays. Le LMD est ainsi à la source d’un retournement de grande ampleur conduisant à voir la formation du point de vue de sa finalité eLe processus de Bologne a surtout instauré la marchandisation des savoirs. t non comme une fin en soi. C’est une revalorisation de ce qui s’apprend autrement qu’en cours, du travail personnel aussi bien que de l’expérience professionnelle. Le LMD poussant à la définition des diplômes en compétence est aussi ce qui permet de le valider en faisant preuve de son expérience acquise (VAE).

Marion Guenot. Le processus de Bologne a surtout instauré la marchandisation des savoirs. Il n’est plus question de service public de la formation, ni de qualifications et de leur reconnaissance dans les conventions collectives. Les nouveaux mots d’ordre sont «  rentabilité pour les entreprises  » et «  compétitivité  »… On a demandé aux universités françaises et italiennes, par exemple, de créer de nouvelles formations pour être plus compétitives et pour attirer les financements des entreprises, mais cela, sans aucun moyen financier supplémentaire, ce qui a accru les inégalités territoriales et créé une carte de la formation totalement anarchique. Les programmes européens d’évaluation, tels que Pisa, ont donné comme feuille de route de «  faire mieux avec moins de moyens  » et moins d’enseignants. En lien avec le dogme de la réduction des dépenses publiques, c’est aux individus, et non à l’État, d’assurer le coût de leur formation, et cela représente 5 000 à 10 000 euros pour les étudiants, qui sont poussés à s’endetter. Au Royaume-Uni, ce sont 80 % des étudiants qui s’endettent auprès de la Student Loans Company…

À quelles conditions pourrait-on créer une véritable harmonisation de l’enseignement supérieur européen  ?

Christophe Charle et Charles Soulié. On pourrait déjà s’interroger sur l’intérêt d’une telle harmonisation… Car, comme le souligne le rapport Berlinguer, le processus de Bologne a été impulsé «  d’en haut  », par les gouvernements des États membres. Le projet reposait sur l’idée que l’harmonisation permettrait une meilleure circulation des étudiants et, au-delà des diplômés, entre les différents marchés du travail. Vous connaissez la situation de l’emploi en Europe, en ce moment… Les diplômés des pays en crise essaient de se placer sur les marchés du travail moins déprimés de certains pays du Nord, mais cela ne peut être qu’une solution temporaire et marginale au problème du sous-emploi des jeunes, s’il n’y a pas une politique économique et sociale à l’échelle européenne. On ne peut tout attendre d’une simple mesure technique comme celle-là. Surtout, il faudrait d’autres réformes, en interne, des systèmes universitaires, qui ont le plus de mal à former et placer leurs diplômés.

Marion Guenot. Ce qu’il y a d’essentiel aujourd’hui, c’est de sortir nos formations des griffes de la si capricieuse économie de marché, menée par un patronat qui n’a jamais eu pour intérêt le plein-emploi, mais l’enracinement de la précarité et du chômage de masse. Au cœur d’une véritable harmonisation, nous voyons ainsi la construction d’un véritable service public de l’enseignement supérieur, l’harmonisation des droits des étudiants tels que la gratuité des frais d’inscription, l’accès aux logements sociaux étudiants et la reconnaissance des qualifications dans les conventions pour lutter contre la mise en concurrence des jeunes diplômés et le dumping social.

Yves Lichtenberger. Cette réorganisation des cursus est loin d’être achevée, non pas tant par résistance que par besoin d’améliorer les pratiques. C’est, quel que soit le pays, un sacré changement pour les universitaires que d’avoir à assurer non plus seulement la diffusion des savoirs, mais d’être aussi attentifs à la façon dont ils sont appropriés par des populations d’étudiants de plus en plus hétérogènes. Il faut l’accepter, car sinon, nous laisserons au bord de la route tous ceux qui ne nous correspondent pas. En même temps, il faut souhaiter que les lignes de force partagées deviennent de plus en plus lisibles. Et d’abord, le fait que les savoirs valent comme outils d’évolution et de transformation du monde, et non pas le rang social que conférerait un grade. Qu’on ne s’y méprenne pas, cela tourne le dos à une spécialisation trop utilitaire des formations et incite au contraire, dans un monde où comptent l’autonomie et l’innovation, à développer la distance, le goût du risque et l’ouverture d’esprit.

Quelles réformes préconiseriez-vous  ?

Yves Lichtenberger. Il s’agit moins de changer de modèle que d’améliorer les pratiques. Le processus de Bologne est ouvert. Initié par les États, il ne s’est mis en œuvre que parce que des universitaires se le sont appropriés. Il n’est d’ailleurs toujours pas sanctuarisé par une loi. Nous sommes dans un apprentissage collectif, où l’on apprend en faisant. Une belle ambition serait de voir mieux utilisés le cadre et les souplesses qu’il offre en matière d’individualisation des parcours et de mixité des formes d’apprentissage pour voir se développer une formation tout au long de la vie accompagnant les évolutions professionnelles et redonnant sens au travail.

Christophe Charle et Charles Soulié. Pour l’heure, les réponses proposées dans la plupart des pays aux problèmes de l’enseignement supérieur sont inspirées des modèles néolibéraux. On le voit avec la hausse des droits d’inscription, avec la hiérarchisation des filières en fonction des origines sociales, des ressources des familles et des débouchés, et avec la mise en concurrence des établissements pour obtenir des fonds supplémentaires. Toutes ces politiques sont pratiquées dans le monde entier, des États-Unis à la Grande-Bretagne, de la Chine à la Russie, etc. La France a commencé à entrer dans cette logique depuis une dizaine d’années et de manière encore plus nette sous le quinquennat Sarkozy. Nous avons toujours combattu cette orientation car nous voyons depuis longtemps ses effets aggravants dans les pays où elle domine depuis longtemps. Il est absolument nécessaire que la France préserve ce qui n’est pas encore enfermé dans cette logique et propose des alternatives à ce modèle qui n’a pas d’avenir, vu la crise de l’emploi, l’alourdissement des déficits, la stagnation du pouvoir d’achat. Bien entendu, une politique de résistance au modèle néolibéral d’université n’a de sens que si elle est harmonisée au niveau européen, sinon on aura la même tension dramatique qu’entre les pays qui ont l’euro et ceux qui ne l’ont pas, entre ceux qui gardent un idéal d’une société plus égalitaire et ceux qui privilégient les modèles individualistes et inégalitaires.

Marion Guenot. Remettons le partage des savoirs au cœur des politiques internationales pour construire une véritable solidarité entre les peuples, plutôt que la mise en concurrence. Voilà plusieurs années que nous luttons aux côtés de nos camarades grecs, italiens, belges, espagnols et portugais, pour construire une université de la solidarité, au service de notre émancipation et des besoins sociaux. Mais cette visée ne doit pas s’arrêter aux frontières de l’espace Schengen  ! L’histoire nous montre que le partage des savoirs a toute son importance, en particulier depuis que les peuples des pays du Sud, tels que ceux de l’Afrique, ont conquis leur indépendance. Nous devons leur donner les moyens d’obtenir des diplômes, et abolir cette politique de quotas. Les discours de solidarité, envers le peuple tunisien comme pour le peuple palestinien, doivent s’accompagner d’actes très concrets, c’est pourquoi nous avons lancé la bataille pour obtenir des jumelages avec ces universités. Il est temps d’offrir à tous ces peuples, qui viennent de faire leur printemps, notre solidarité la plus chaleureuse, bien loin de l’hiver rude que leur ont réservé Sarkozy et Berlusconi  !

(1) Association de réflexion sur 
les enseignements supérieurs et la recherche qu’il a fondée avec Pierre Bourdieu en 1992.

Le processus de bologne

Lors de la conférence de Bologne, en juin 1999, les 29 pays qui signent le texte commun identifient six actions à mener, parmi lesquelles  : mettre en place un système de comparaison pour faciliter la reconnaissance internationale des diplômes et qualifications  ; organiser les formations sur un premier cycle destiné au marché du travail (de trois ans au moins) et un deuxième cycle  ; valider les formations par un système d’accumulation de crédits transférables entre établissements  ; faciliter la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs  ; coopérer en matière de qualité des enseignements.

Ils ont dit

George Caffentzis, professeur à l’université 
du Maine du sud, 
à Portland (États-Unis).

«  Au moment de la réforme 
de Bologne, les pouvoirs publics n’ont pas été cohérents, 
en ne faisant pas de la licence 
un diplôme reconnu et valable 
en soi. Pour ne citer qu’un exemple, la non-adéquation 
des concours d’État à cette nouvelle structuration des études est absurde… 
Il faut admettre que, dans la plupart des pays signataires du processus de Bologne, cette adaptation des concours au LMD (licence-master-doctorat) a été un échec.  »

«  Le processus de Bologne met ouvertement l’université au service des entreprises. Il redéfinit l’éducation comme la production de travailleurs mobiles et souples, possédant les compétences exigées par les employeurs. Il centralise la création de normes pédagogiques, retire leur autorité aux acteurs locaux et dévalue le savoir comme les intérêts locaux. Dans ce contexte, il ne fait aucun doute que la crise financière internationale de 2008 met à rude épreuve la résistance du milieu universitaire, en supprimant les dernières protections, par la voie de réductions budgétaires…  »

Entretiens croisés réalisés par Laurent Mouloud

http://www.collectif-papera.org/spip.php?article1320

vendredi 18 mai 2012

Qu’est-ce que la dénomination L.M.D. dans l’enseignement supérieur?

10 Mai 2012 11:19 am - Par Réseau Étudiant

Le L.M.D. correspond à l’organisation Licence-Master-Doctorat mise en place par l’enseignement universitaire français dans le cadre de l’harmonisation des cursus d’enseignement supérieur en Europe.

Ces formations post-bac permettent de préparer trois diplômes. Le premier pouvant être obtenu est la licence. Après avoir obtenu cette qualification, les étudiants peuvent préparer un master, puis un doctorat.

La mise en place de cette nouvelle organisation a pour mission de développer la mobilité des étudiants au sein de l’Europe. Cette mobilité concerne tant les disciplines que les diverses formations professionnelles et générales.

Ainsi, l’éducation française propose un nouveau diplôme de licence depuis 2006. Ce dernier s’obtient au terme d’un cursus universitaire de six semestres. Cette nouvelle certification remplace l’ancienne certification d’études universitaires générales nommées DEUG qui se préparait en 2 ans suivis par une troisième année en licence.

Si le DEUG a disparu, d’autres certifications préparées en 2 ans après le baccalauréat existent toujours. C’est le cas entre autres du brevet de technicien supérieur, des diplômes universitaires de technologie ou encore ceux des études universitaires scientifiques et techniques.

Les étudiants ayant obtenu une de ces qualifications en 2 années peuvent intégrer une licence professionnelle et préparer les 2 semestres manquants pour obtenir le nouveau diplôme de licence. Dotés d’une licence, les étudiants peuvent envisager la préparation au diplôme de master. Pour obtenir ce dernier, ils doivent suivre un cursus de 4 semestres. Cet enseignement a pour objectif de former les jeunes qui envisagent une carrière dans la recherche ou dans une carrière à haut niveau. Ces derniers pourront après le master suivre une formation pour préparer le doctorat.

Les étudiants ayant obtenu un master sont considérés comme des diplômés bac+5. De son côté, le doctorat se fait en 3 ans et il est considéré comme le bac+8.

Avec cette nouvelle organisation L.M.D., la formation universitaire est organisée en semestre. Ainsi, une année universitaire française correspond à deux semestres, le premier allant du début octobre à fin janvier et le second de début février à fin mai. Chaque semestre est clôturé par une période d’examen. Au mois de septembre, des sessions de rattrapage ont lieu dans chaque université.

Chaque semestre d’études est valorisé par 30 crédits nommés E.C.T.S. Ceux-ci sont communs au sein de plusieurs pays européens. Ils sont basés sur le temps consacré au semestre d’étude par l’étudiant en incluant son travail personnel. Grâce à ces crédits accumulés, dans certains cas, il est possible pour les étudiants de plus facilement réorienter leur parcours académique en changeant de discipline, d’établissement d’enseignement ou même de pays, et ce, sans totalement perdre leurs acquis.

http://www.reseauetudiant.com/dossiers/cours-formation/universites-par-pays/universites-en-france/qu-est-ce-que-la-denomination-l-m-d-dans-l-enseignement-superieur-7947-47.htm

vendredi 4 mai 2012

Universités : au Maghreb, une réforme LMD à tâtons

04/05/2012 à 10h:51 Par Tarek Hafid, à Alger

C'est un gage de mobilité et de meilleure lisibilité des diplômes à l'international. Le système licence-master-doctorat a fini par s'imposer dans les universités marocaines, tunisiennes et algériennes.

Un vent de réforme a soufflé sur les universités du Maghreb. En l'espace de quelques années, le Maroc, la Tunisie puis l'Algérie ont remplacé l'ancienne architecture de l'enseignement supérieur par le système LMD : licence (bac+3), master (bac+5), doctorat (bac+8).

Le premier à avoir franchi le pas est le Maroc. C'était en 2003. Dans ce pays, le passage au système LMD est le résultat d'un processus de négociations entre le département de l'Enseignement supérieur et le Syndicat national de l'enseignement supérieur. En 2009, il a été décidé de revoir certaines orientations via un « plan d'urgence ». Cette opération devrait permettre, dès cette année, de redéfinir l'organisation des universités ainsi que le développement de la recherche scientifique.

En Tunisie, le système LMD a été instauré en 2005 par une décision de l'ex-président Ben Ali. « La mobilité a été le mot clé de la réforme du système universitaire dans le pays. En Tunisie, les étudiants ont plus de facilités pour changer d'établissement, puisque le mode d'organisation a été uniformisé. Par ailleurs, cette notion de mobilité leur permet de poursuivre leurs études dans des universités étrangères, notamment européennes », indique Hedi Negra, professeur de géologie à l'université de Tunis.

"L'option LMD était devenue une évidence"

Enfin, en Algérie, le processus a débuté en 2002, lorsque les pouvoirs publics ont entrepris une réforme du mode de gestion et de fonctionnement de l'université. Faible rendement, phénomène de déperdition, méthode d'évaluation pénalisante... Les failles du système antérieur ne permettaient plus de prendre en charge le million d'étudiants inscrits dans les établissements du supérieur. La phase d'expérimentation s'est achevée en janvier 2008 avec l'adoption de la loi d'orientation sur l'enseignement supérieur. Le texte consacre officiellement l'architecture en trois cycles du système LMD et permet, de fait, sa généralisation dans l'ensemble des établissements d'études supérieures d'Algérie.

« Le passage vers un enseignement plus performant était urgent et l'option LMD était devenue une évidence. De nombreux pays avaient opté pour ce système et l'Algérie ne pouvait rester en marge du contexte régional et international », souligne le professeur Abdelhamid Djekoune, recteur de l'université Mentouri, à Constantine.

Une réalité africaine

Le système LMD concerne aujourd'hui quasiment tout le continent. Dans le sillage du Maghreb, des pays subsahariens francophones se sont engagés sur cette voie. C'est le cas notamment des États de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui ont décidé en 2007 de faire du système LMD le cadre de référence des diplômes délivrés par l'ensemble des établissements universitaires des huit pays membres. Ce nouveau canevas des études a également été adopté par les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac). La généralisation de ce système est par ailleurs effective dans les universités d'Afrique du Sud et de Madagascar. T.H.

De son côté, Brahim Boulegane, secrétaire général de l'Union nationale des étudiants algériens, reconnaît que le système LMD a conféré aux diplômes algériens une « meilleure lisibilité » à l'international. « Les étudiants algériens s'adaptent plus facilement dans les universités étrangères, note le responsable de l'organisation étudiante. Mais cet atout peut, à terme, avoir un effet négatif en aggravant la fuite des cerveaux à laquelle est confrontée l'Algérie depuis de nombreuses années. »

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Emploi et formation : réseaux sociaux, coworking... tout sur les innovations | Universités : au Maghreb, une réforme LMD à tâtons | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

jeudi 12 avril 2012

Enseignement supérieur pour comprendre la réforme LMD

Mis en ligne par Connectionivoirienne.net La Rédaction · 11 avril, 2012 a 20:13

Bi Séhi Antoine MIAN Source: Fraternité Matin

A l’instar des autres pays de l’UEMOA, le gouvernement de la Côte d’Ivoire par décret n°2009-164 du 30-04- 2009 s’engage résolument à l’adoption d’une architecture de formation fondé sur trois grades : Licence Master Doctorat (LMD). En signant les arrêtés n°248, 249 et 250 du 13-12- 2011, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) s’engage à la mise en œuvre effective de cette réforme dans le système d’enseignement supérieur (SES) de Côte d’Ivoire.

L’adoption de la réforme LMD bouleversera à coup sûr le paysage de l’enseignement supérieur ivoirien. Elle laissera apparaître de nouvelles expressions, inhérentes au concept LMD, auxquelles nous devrons nous habituer. En effet, désormais : il faudra s’habituer aux standards LMD du REESAO. Le Réseau pour l’excellence de l’enseignement supérieur de l’Afrique de l’Ouest (REESAO) est constitué des Universités et Grandes écoles des pays de l’espace UEMOA. Ce réseau a depuis 2005 réfléchit à une harmonisation de la mise en place de la réforme LMD dans l’espace UEMOA. Cette série de réflexions a abouti à l’adoption d’un standard LMD pour les universités et grandes écoles membres du réseau. Ce standard du REESAO a été validé et homologué par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES).

· Il faudra parler de grade dans le SES en lieu et place de diplôme. Ainsi, nous passerons d’un système avec des diplômes tels le BTS, le DUT, le DEUG, la LICENCE, la MAÎTRISE, le DEA, le DESS et le DOCTORAT à une nouvelle architecture des études en trois grades : la LICENCE (Bac + 3), le MASTER (Bac + 5) et le DOCTORAT (Bac + 8).

· Il faudra s’habituer à l’offre de formation en lieu et place de filière de formation. Dans le standard du REESAO, l’offre de formation est définie comme un programme d’enseignement. Pour un établissement donné, les offres de formation sont structurées en grands domaines de formation qui sont des cadres généraux d’enseignement/apprentissage. Ainsi, les domaines de formation remplaceront les départements. Le REESAO a retenu huit domaines que sont :

o Les Sciences de la Santé;

o Les Sciences et Technologies;

o Les Sciences Juridiques, Politiques et Administratives;

o Les Sciences Économiques et de Gestion;

o Les Sciences de l’Homme et de la Société;

o Les Lettres, Langues et Arts;

o Les Sciences Agronomiques;

o Les Sciences de l’Éducation et de la Formation.

Chaque domaine de formation peut être subdivisé en Mentions qui elles-mêmes peuvent être subdivisées en Spécialités.

· Il faudra raisonner en termes de semestre qu’en termes d’année universitaire. La durée d’un semestre est de 14 semaines minimum à 16 semaines maximum. La Licence se fera en six semestres (S1 à S6), la maîtrise en quatre semestres (S7 à S10) et le Doctorat en six semestres (S11 à S16). A la fin de chaque semestre, l’apprenant devra faire des compositions (session normale et session de remplacement) pour valider ses Unités d’Enseignement.

· Il faudra valider des Unités d’Enseignements (UE) en lieu et place des Unités de Valeur (UV). Les UE sont catégorisées selon leur contenu et selon leur importance. Selon leur contenu, les UE sont classées en quatre catégories : les UE fondamentaux, les UE de spécialité, les UE de méthodologie et les UE de culture générale. Et selon leur importance, elles sont classées en trois catégories : les UE Majeures, les UE mineures et les UE libres. La particularité des UE est qu’une fois validées, elles sont capitalisables à vie pour l’apprenant.

· Pour valider les UE et obtenir les différents grades, il faudra capitaliser des Crédit d’Evaluation Capitalisables et Transférables (CECT) qui seront l’unité de mesure. Un crédit selon le standard REESAO équivaut à 25 heures de charge de travail de l’étudiant. Le nombre de crédits pour un semestre est fixé à 30 CECT. Ainsi pour valiser la Licence (L), il faudra 180 CECT ; le Master (M), 120 CECT après L et pour valider le Doctorat (D), 180 CECT après M. Comme les UE, les CECT une fois acquis sont capitalisables et transférables pour l’apprenant. Par ailleurs, la valeur d’une UE Majeure est de 4 à 6 CECT, celle d’une UE Mineure de 2 à 3 CECT et celle d’une UE libre de 1 CECT.

· Le semestre non validé en formation initiale est reprise une seule fois. La poursuite des cours pour la validation du semestre devra se faire en formation continue. La prise en compte de la formation tout au long de la vie dans la réforme LMD fait qu’on parlera plus d’apprenant que d’étudiant.

La mise en œuvre de la réforme LMD met un point d’honneur sur le travail personnel des apprenants, car la finalité d’une offre de formation étant l’employabilité du diplômé. Un semestre non validé n’étant repris qu’une seule fois en formation initiale, la mise en œuvre de la réforme sonne la fin du fameux « parapluie atomique » dans nos universités. Cette réforme met aussi un point d’honneur sur la formation tout au long de la vie avec la mise en place de passerelle entre la vie active et les études universitaires. Toutefois, le passage de l’ancienne à la nouvelle architecture des diplômes n’aura aucune répercussion sur la durée du cursus universitaire de l’obtention du BAC jusqu’au Doctorat qui restera huit années.

Auteur :Bi Séhi Antoine MIAN, Ph.D.
Enseignant-Chercheur à l’ENS d’Abidjan, Spécialiste des TIC en éducation

http://www.connectionivoirienne.net/bi-sehi-antoine-mian-pour-comprendre-la-reforme-lmd

samedi 24 septembre 2011

Allemagne : la réforme LMD freine la mobilité des étudiants

Souvent décrié outre-Rhin, le processus de Bologne va à nouveau donner du grain à moudre à ses détracteurs. Une enquête du HIS (Hochschulinformationssystem), institut de recherche sur l’enseignement supérieur, réalisée pour le compte du DAAD (German Academic Exchange Service), vient de révéler que le nombre d’étudiants effectuant un séjour à l’étranger baisse d’année en année.


La tendance tiendrait principalement à la réforme qui a raccourci la durée des études en Allemagne, les étudiants allemands étant autrefois les plus lents du monde ! Soucieux d’effectuer leurs études dans les temps impartis de six semestres pour le bachelor (licence), ils ne sont plus prêts à musarder et sont désormais 55 % à penser qu’un séjour à l’étranger va leur faire perdre du temps.

Les étudiants en langues, sciences économiques, scientifiques moins mobiles
Résultat, alors qu’ils étaient encore 26% en 2009, ils ne sont plus aujourd’hui que 25% à détenir une expérience à l’étranger dans leur cursus supérieur. L’étude, qui porte sur 14.000 étudiants allemands, fait cependant ressortir d’importantes disparités dans l’évolution.

Ainsi, si les étudiants en sciences économiques sont aujourd’hui 33% à franchir la frontière, soit 7% de plus qu’il y a quatre ans, paradoxalement les étudiants en langues rechignent à partir et ne sont plus aujourd’hui que 31% à partir, soit 6% de moins qu’il y a quatre ans. Chez les scientifiques, la tendance s’infléchit également avec 25% d’étudiants en médecine, contre 30% en 2007, et 17% des mathématiciens, contre 23% en 2007. Mêmes proportions chez les sciences de l’ingénieur qui font preuve d'une frilosité identique.

Des étudiants insuffisamment préparés à partir ?
Si 70% de ceux qui sont partis en moyenne pendant un semestre dans une université étrangère déclarent avoir été bien intégrés, seuls 47% affirment en avoir retiré des connaissances théoriques. Deux tiers d’entre eux ont pu néanmoins le faire valider auprès de leur université d’origine. Une université d’origine qui, cependant, est accusée par un tiers des étudiants de mal préparer à ce séjour.

À noter enfin que la France arrive en bonne position parmi les pays de prédilection. Elle est choisie par 11% des étudiants et se place ainsi ex æquo avec l’Espagne, juste après la Grande-Bretagne (13%) et devant les USA (10%).

Marie Luginsland, correspondante en Allemagne

23.09.11

http://www.educpros.fr/detail-article/h/cd095479aa/a/allemagne-la-reforme-lmd-freine-la-mobilite-des-etudiants.html

samedi 14 mai 2011

La rénovation de la licence au cœur des débats

La CPU (Conférence des présidents d’université) s’est réunie à Toulouse du 11 au 13 mai 2011 pour son colloque annuel. Sur le thème "Une ambition pour la licence", la première journée de débats a notamment abordé la question de l’innovation pédagogique en premier cycle.

"Les établissements n’utilisent pas encore à plein les potentialités du LMD" (JP Korolitski)
Jean-Pierre Korolitski, inspecteur général, tout en expliquant les bienfaits de la mise en place du LMD (licence-master-docotrat), a estimé qu’il fallait aller encore plus loin. "Les établissements n’utilisent pas encore à plein les potentialités du LMD pour diversifier encore plus les formations et s’adapter à des publics différents", a-t-il déclaré. ... Il considère qu’il faut associer et motiver les enseignants comme les établissements dans cet effort d’innovation. Une façon de responsabiliser les universités serait, selon l’inspecteur général, d’en finir avec les habilitations périodiques de la licence. "Peut-on imaginer réellement qu’une université ne soit pas habilitée à délivrer une licence ?", a-t-il interrogé. Passer d’un système d’habilitation a posteriori serait une façon de "leur faire confiance et de les responsabiliser pour leur permettre d’innover plus".

Éclairage international

Andrée Sursock, senior adviser à l’EUA (Association des universités européennes), a ... souligné l’importance du rôle des enseignants-chercheurs. "Les universités étrangères les plus innovantes sont celles qui disposent d’un service universitaire de pédagogie solide", offrant des ressources documentaires, expertise ou possibilités de formation aux professeurs.
Expliquant que le repérage des bons enseignants passait par l’évaluation, la représentante de l’EUA est revenue sur la réticence des universitaires françaises en la matière. "Plutôt que de parler d’évaluation des enseignants, on préfère parler chez vous d’évaluation des enseignements", a-t-elle pointé.

Des licences « à exigences renforcées »

Jean-Pierre Korolitski a défendu l’idée de "licences à exigences renforcées" destinées à attirer les "très bons bacheliers et à rehausser l’image de l’université".

Absence d’équipe pédagogique

"En France, la notion d’équipe pédagogique est inexistante à l’université", a relevé Gilles Raby, président du comité de suivi de la licence et de la licence professionnelle. Il a cité l’exemple de l’université de Lausanne qui a créé un fonds d’innovation pédagogique. "Et pourquoi ne pas imaginer un appel national à projets, piloté par une agence nationale de la pédagogie sur le modèle de l’ANR [Agence nationale de la recherche] ?".
Autre proposition de Gilles Raby : prendre en compte l’activité de formation dans l’avancée des carrières et dans le passage du statut de maître de conférences à celui de professeur. Pas sûr que cette proposition soit de nature à faire avancer les choses. Car, à entendre les remarques du public, il semble bien que la question de la pédagogie dans l’enseignement supérieur soit encore un gros mot. Comme l’a bien résumé une représentante du SGEN CFDT, "en France, le terme de pédagogie est réservé à l’enseignement primaire".

Mathieu Oui
13.05.11

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