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mercredi 18 avril 2012

Les métadata de Wikipédia

Cette réalisation, “Mapping Wikipédia” géolocalise, au moyen de points de couleurs sur fond noir, les articles produits pour Wikipédia selon différents critères : nombre d’auteurs, compte de mots, densité, langue, date de création, nombre d’images, nombres de liens, longueur de la section, éditions anonymes.

dimanche 8 avril 2012

Google et Wikipédia, ennemis de l'éducation?

Alain McKenna, La Presse
04 avril 2012 | 08 h 37

Une expérience menée par un professeur de lycée publiée le mois dernier sur le forum français La Vie Moderne a fait couler beaucoup d'encre. Illustrant la façon dont les étudiants copient paresseusement leurs travaux de l'internet, il conclut que l'éducation et la technologie ne font pas bon ménage. Vraiment?

À mi-mars, le forum français La Vie Moderne a publié sur son site les fruits d'une expérience menée par un professeur de lycée aux dépens de sa classe: il a créé une fausse page sur Wikipédia à propos d'un poème obscur à étudier en classe, et a utilisé forums et moteurs de recherche afin de la rendre facilement accessible, une méthode classique en référencement web.

Résultat: 51 des 65 travaux qui lui ont été remis «ont recopié à des degrés divers ce qu'ils trouvaient sur internet, sans réfléchir aux éléments trouvés, croyaient-ils, au hasard du net.» Pourtant, note le professeur, l'exercice demandé n'exigeait aucune recherche, seulement de la réflexion, puisqu'il s'agissait de rédiger un commentaire personnel sur l'oeuvre en question.

Le phénomène n'est pas que français: il cohabite tout naturellement avec l'internet mondial. Plus près de nous, les statistiques disponibles à ce sujet révèlent que 54% des étudiants nord-américains le font régulièrement, 74% au moins une fois au cours de leurs études au collège ou à l'université.

Qu'internet facilite le plagiat et qu'on doive en bloquer tout simplement l'accès semble la règle généralement acceptée. Ça empire pourtant la situation, constate Mario Asselin, directeur général chez Opossum, une firme de consultation de Québec spécialisée dans les technologies et l'apprentissage.

«Les jeunes sont sur le réseau. Ça me prend rarement plus de dix minutes avant de trouver un élève qui sait comment contourner le pare-feu de son école pour aller sur Facebook. Le problème, c'est qu'ils apprennent à utiliser internet dans leur chambre, pas à l'école. Ils le consomment bêtement, alors qu'ils devraient s'en servir comme outil de production.»

M. Asselin fait régulièrement des présentations dans les écoles de la province et donne un cours sur la communication organisationnelle à l'Université de Montréal. Plutôt que d'utiliser le réseau comme source d'information, il en fait un outil de production et de diffusion. Ses élèves publient leurs travaux sur le blogue du cours. Ils sont à la vue de tous, incluant les auteurs cités dans ces travaux.

Le prof de lycée conclut de son expérience qu'il est préférable d'apprendre à former sa pensée à l'abri des nouvelles technologies. Le prof québécois n'est évidemment pas de cet avis, suggérant plutôt qu'en étant actifs sur la Toile, les étudiants peuvent au contraire apprendre plus que la matière enseignée, mais aussi le bon comportement à adopter par rapport à ce qui est accessible, gratuitement, sur internet. «En publiant et en liant leurs travaux d'autres sites web, on définit son identité numérique et c'est comme ça qu'ils peuvent apprendre les règles du jeu», conclut M. Asselin.

http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/201204/04/01-4512347-google-et-wikipedia-ennemis-de-leducation.php

lundi 25 juillet 2011

Overrated

Comme chaque internaute qui surfe ne serait ce qu’un tant soit peu, vous connaissez Wikipédia. Cette encyclopédie collective a pour vocation d’offrir un contenu libre que chacun peut modifier ou améliorer. Le site malgré un concept novateur, a dû faire face à de copieuses critiques. Il a donc fallu trouver une solution.

En effet le contenu intégré par les internautes manquait cruellement de fiabilité. Wikipédia a donc récemment proposé une solution : le « Rating ». Cette fonction offre la possibilité d’attribuer une note à un article pour en évaluer la teneur.

En principe cette nouvelle approche instaurée depuis mai semble être une bonne solution. Wikipédia vend son projet comme un réel indicateur de qualité, permettant aussi d’améliorer l’interactivité. La notation comprend également des critères de qualité (l’objectivité, l’exhaustivité, la véracité des propos, et le style)


Pour Wikipédia cette fonction permettra de modérer plus rapidement des articles problématiques, et de créer des listes avec les pires ou les meilleurs articles.

Le site offre pour lecteur l’expérience du Web participatif. L’internaute est donc plus impliqué. Il participe à améliorer la précision du site, sa diversité et son exhaustivité. D’ailleurs un sondage, fait par Wikipédia, montre que 90% des lecteurs trouvent la notation utile. Les lecteurs interrogés perçoivent « une influence positive sur le développement de la page. » (Rappelons que le sondage est fait par le site et sur le site. Les réponses proviennent principalement d’utilisateurs convaincus, cela donne une tendance mais manque d’objectivité.)

Mais il y a fort à parier que le rating ne fonctionne pas. Non pas que les intentions de base ne soient pas louables, le problème reste toujours le lectorat. Les personnes utilisant Wikipédia le font de façon extrêmement décontractée, la plupart ne vérifient pas leurs sources, ne corrigent pas les fautes, n’actualisent pas leur note …

L’évaluation serait efficace, si elle n’était pas biaisée. Si tout le monde peut écrire sur Wikipédia, tout le monde peut également noter. Ainsi les problèmes alliés à l’un le sont aussi à l’autre. Pour le moment, seuls 15% des articles notés ont été modifiés.

Les internautes aiment noter les choses, surtout sous couvert d’anonymat. Ce n’est pas pour autant qu’ils savent quelque chose au sujet traité. De plus, si on prend l’exemple de l’Apple Store, bon nombre d’individus notent une application sans l’avoir essayée. Il n’y a pas de raisons que cela change pour Wikipédia.

Le « rate this page » peut être un excellent outil pour des sujets banals ou non controversés. Il n’y a aucun avis à donner. En revanche pour des sujets plus sensibles, cette nouvelle notation se prête aux abus.

C’est Joanna Pearlstein (rédactrice en chef du magazine Wired) qui pointe cette dérive. Une de ses missions est entre autres d’empêcher ses rédacteurs d’utiliser en source le site Wikipédia. Les exemples de personne utilisant Wikipedia à des fins personnelles font légion. Chacun peut modifier à loisir une page Wikipédia, les articles postés sont soumis à des évolutions quotidiennes. Bien sûr chacun y poste son avis personnel. Les dérives sont donc nombreuses sans parler du manque de courtoisie et de civilité.

Ainsi les lecteurs qui vont noter un article ne seront pas nécessairement objectifs. Si le sujet ou les arguments abordés ne plaisent pas, la page se verra attribuer une note médiocre. Et cela, juste par désapprobation.

Dernier problème, attribuer une note est bien trop facile. Le principe même de Wikipédia est la modification par tout un chacun. Compliqué. Cependant le site a réussi à rendre cet aspect fonctionnel. En effet avant de pouvoir modifier un article il y a des procédures à mettre en place (trouver un lien, des sources, pas de copier-coller…). Il faut donc être motivé, ce qui créé une barrière efficace.

Seulement la notation ne jouit pas d’un tel système, vous cliquez, c’est terminé. Et pas question de pouvoir revenir dessus. Non seulement ce n’est pas clair, mais ça ne rendra pas les articles plus fiables.

Ce dont Wikipédia a besoin, c’est avant tout de diversité. Ils ont stabilisé leur croissance à 100 000 éditeurs actifs. Ce qui est correct. En revanche, le site qualifie sa cible de personnes intelligentes et pointues (ils ne vont certainement pas dire le contraire). À y regarder de plus près, on constate que quatre éditeurs sur cinq sont des hommes vivants dans les pays du nord.

Les fondateurs du site espèrent donc gagner en diversité grâce à l’outil de notation. D’après le site, avec plus de personnes impliquées, on obtiendrait plus de sujets. La question pourtant reste toujours la fiabilité. Ce n’est pas parce qu’il y aura plus de sujets ou de sujets évalués qu’ils seront plus crédibles ou vraisemblables.

Une grande partie des individus prennent Wikipédia comme une source plausible. Le phénomène sera accentué avec la notation. Pour autant un article excellent pourra être mal noté et vice versa.

On peut imaginer d’autres dérives, combien de star ou de politiques seront prêts à embaucher des call-center pour s’assurer des notes élevées et profiter de la naïveté de certains internautes ? Éduquer les individus à ce type de dérives semblent de plus en plus important.

Par Florence
25 juillet 2011 14:15
 
http://www.gizmodo.fr/2011/07/25/overrated.html