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lundi 30 septembre 2013

Produire de l'hydrogène solaire à partir de la rouille

Des chercheurs israéliens et suisses découvrent la meilleure structure moléculaire, écologique et peu coûteuse, pour synthétiser de l'hydrogène à partir de la lumière du soleil : la rouille.

Rouille
Crédits : Ian Britton

Dans la course à la recherche d'énergies propres, l'hydrogène est sans doute l'une des sources les plus prisées à ce jour, et l'apparition de véhicules fonctionnant avec ce gaz se fait de plus en plus visible. Récemment, la ville de Tel-Aviv s'est équipée d'un bus fonctionnant seulement à l'hydrogène, ce qui est une avancée par rapport aux moteurs hybrides déjà existants sur le marché.

Sa synthèse n'est néanmoins pas encore maitrisée et plusieurs chercheurs se penchent sur la question, privilégiant la voie dite "de séparation", qui consiste à séparer électrochimiquement les molécules d'eau en molécules d'oxygène et d'hydrogène. Les cellules photo-électrochimiques (PEC) sont utilisées pour effectuer cette séparation grâce à l'énergie solaire.

Des chercheurs israéliens et suisses du Technion et de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, ont découvert la structure moléculaire qui procurerait au PEC le meilleur rendement et la synthèse la moins coûteuse, et ce, en utilisant un matériau très abondant, stable et peu onéreux : la rouille. En observant à l'aide d'un microscope à transmission électrique le chemin parcouru par les électrons sur la structure d'oxyde de fer, les chercheurs ont pu comprendre en profondeur le processus de séparation qui constitue la synthèse d'hydrogène et ainsi créer la meilleure structure moléculaire possible. Si la synthèse de cellules photovoltaïques actuelles pour produire de l'hydrogène coûte environ 15 euros le kilo, la nouvelle structure moléculaire dont la découverte vient d'être publiée dans la prestigieuse revue Nature coûte moins de 5 euros le kilo produit.

Cette découverte constitue une avancée fondamentale dans la recherche sur les énergies du futur.

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/74051.htm

jeudi 18 juillet 2013

Des nanostructures pour produire de l'hydrogène solaire

zoom
Dans la perspective de la montée en puissance des véhicules à hydrogène et du fort développement des énergies renouvelables, tant sur le plan thermique que pour la production d'électricité, la production massive et propre d'hydrogène va devenir absolument nécessaire dans les années qui viennent.

Des chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, associés à des scientifiques du centre israélien Technion ont réussi, grâce à l'utilisation du microscope électronique en transmission (TEM), à concevoir des nanostructures d'oxyde de fer qui devraient permettre de produire de l'hydrogène propre à un faible coût. « L'originalité de notre approche consiste à utiliser la rouille, un matériau particulièrement abondant, stable et bon marché », précise Michael Grätzel qui dirige ces recherches.

Ce chercheur mondialement connu, directeur du Laboratoire de photonique et interfaces de l'EPFL, a notamment découvert et perfectionné les cellules photoélectrochimiques à colorant, qui pourraient permettre d'ici quelques années d'apposer partout des revêtements solaires photovoltaïques à très faible coût.

Actuellement, une cellule photovoltaïque classique, couplée à un électrolyseur, produit de l'hydrogène à un coût d'au moins 15 euros par kilo. Avec ces nanostructures en oxyde de fer, les scientifiques espèrent diviser ce coût par trois et descendre à cinq euros le kilo.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Nature

Jeudi, 18/07/2013 - 07:51

lundi 17 octobre 2011

Produire de l'hydrogène à partir du soleil

Les plantes vertes utilisent en permanence le Soleil pour transformer l'eau et le gaz carbonique (CO2) en molécules à haute valeur énergétique. (Crédits photo: Dinkum/Creative Commons)
Les plantes vertes utilisent en permanence le Soleil pour transformer l'eau et
le gaz carbonique (CO2) en molécules à haute valeur énergétique.
(Crédits photo: Dinkum/Creative Commons)

La conversion de l'énergie solaire en carburant est admirablement réalisée par le monde vivant, végétal notamment, grâce à la photosynthèse.


La source d'énergie renouvelable la plus abondante est sans aucun doute l'énergie solaire. Le Soleil envoie sur Terre une puissance de 90.000 térawatts (TW), à comparer aux 14 TW consommés par la population mon­diale, et va continuer à le faire pendant quelques milliards d'années. Cependant, en raison de son caractère intermittent et de sa faible densité, il est capital de pouvoir stocker et concentrer cette énergie solaire sous forme de carburant.

L'une des possibilités les plus séduisantes consiste à la transformer en hydrogène, un carburant propre (sa combustion ne produit que de l'eau) avec une forte densité énergétique (2,7 fois plus que le pétrole), même si son état gazeux, à température et pression ambiantes, rend son stockage et son transport difficiles. Cet hydrogène sert ensuite à alimenter des piles à combustible pour produire de l'électricité. Il y a plusieurs façons d'obtenir de l'hydrogène grâce au Soleil. La pre­mière consiste à effectuer une électrolyse de l'eau à partir de l'énergie électrique fournie par des panneaux photovoltaïques. Mais une autre méthode, qui s'inspire de processus biologiques, pourrait révolutionner, dans un avenir plus ou moins proche, notre appro­visionnement énergétique.

La conversion de l'énergie solaire en carburant est en effet admirablement réalisée par le monde vivant, végétal notamment, grâce à la photosynthèse. Les plantes vertes utilisent en permanence le Soleil pour transformer l'eau et le gaz carbonique (CO2) en molécules à haute valeur énergétique, comme les sucres ou les lipides. Elles ne sont pas les seules. Certains micro-organismes, comme les algues unicellulaires ou les cyanobactéries, ont même la capacité de réaliser une simple photolyse de l'eau.

En clair, ils se servent de l'énergie solaire pour «casser» la molécule d'eau en oxygène et en hydrogène. L'eau n'absorbant pas les photons (ou «grains» de lumière) du Soleil, ce véritable «tour de force» s'effectue au moyen de systèmes moléculaires incroyablement sophistiqués et efficaces pour collecter les photons solaires et les convertir efficacement en énergie chimique: le photosystème pour l'oxydation de l'eau en oxygène et des hydrogénases pour la réduction de l'eau en hydrogène. Ce qui est remarquable, c'est que ces deux systèmes enzymatiques utilisent comme catalyseurs des métaux abondants comme le manganèse, le nickel ou le fer, alors que les électrolyseurs et les piles à combustible actuels font appel à des métaux nobles comme le platine, très chers et peu abondants dans la croûte terrestre. On oublie souvent de dire qu'il n'y a pas de futur pour une économie à hydrogène si on ne résout pas ces problèmes de catalyseurs.

Énergétiquement autonome

Grâce à la connaissance de plus en plus approfondie de ces mécanismes naturels et au développement spectaculaire de la chimie «bio-inspirée», bon nombre de chimistes pensent que la photosynthèse artificielle, c'est-à-dire la mise en œuvre de la conversion directe de l'énergie solaire en carburant par des systèmes synthétiques, non naturels, est à notre portée et doit être développée. En témoignent certains grands programmes de recherche aux États-Unis, impliquant le ministère de l'Énergie (DoE) ou des universités prestigieuses (CalTech, MIT), en Europe (projet SolarH2) et dans de nombreux pays européens (EPFL, Suisse).

Cette recherche, encore très fondamentale, doit conduire à l'invention, l'élaboration puis la mise sur le marché de dispositifs technologiques originaux: des cellules photoélectrochimiques, capables de produire l'hydrogène uniquement à partir d'eau et de Soleil. Il est fascinant d'imaginer un monde dans lequel chacun deviendra énergétiquement autonome grâce à la disponibilité locale de «photo-électrolyseurs» et de piles à hydrogène qui fourniront l'électricité nécessaire, le Soleil étant la source d'énergie primaire, l'hydrogène le vecteur énergétique et l'eau la source d'hydrogène.

Par Marc Mennessier Publié le 14/10/2011 à 17:03

http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/10/14/01008-20111014ARTFIG00571-produire-de-l-hydrogenea-partir-du-soleil.php