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lundi 12 septembre 2011

Le CMI va rédiger un plan d'actions pour les pays arabes

   
Dans le cadre du Partenariat de Deauville mis en place par le G8, le Centre de Marseille pour l'Intégration en Méditerranée, avec l'aide de la Banque Mondiale et de la Banque Islamique de Développement, a six mois pour rédiger un plan d'actions à court terme pour accompagner l’Égypte, la Tunisie, la Jordanie, le Maroc, et très probablement demain la Libye dans les changements historiques en cours dans ces pays


MEDITERRANEE. Dans le cadre du Partenariat de Deauville mis en place par le G8, le Centre de Marseille pour l'Intégration en Méditerranée, avec l'aide de la Banque Mondiale et de la Banque Islamique de Développement, a six mois pour rédiger un plan d'actions à court terme pour accompagner l'Égypte, la Tunisie, la Jordanie, le Maroc, et très probablement demain la Libye dans les changements historiques en cours dans ces pays.

Le challenge ne sera pas facile à relever, mais cette mission confiée par le G8 marque une reconnaissance du travail effectué depuis un peu moins de deux ans par le CMI. Elle pourrait même pérenniser l'existence de cette structure pour l'instant expérimentale. Constitué d'experts des deux rives de la Méditerranée, le CMI produit depuis sa création des rapports sur des sujets très variés (développement des technopôles, changement climatique, évaluation des universités...), véritables boîtes à outils destinées à faciliter le travail des dirigeants des pays arabes.

Conçu comme une plateforme participative, le CMI n'est pas tenu par les lourdeurs de la diplomatie. Ce qui lui permet d'agir plus rapidement. Il devient aujourd'hui un organisme de propositions de projets destinés à accompagner la transition démocratique des pays du sud de la Méditerranée. Le CMI planche ainsi depuis le début de l'été 2011 sur la gouvernance publique, le développement d'une croissance inclusive, le passage à une économie de la connaissance et l'intégration économique régionale.

Il va devoir accélérer ses travaux pour répondre dès le début 2012 à la demande du G8. Le CMI sera assisté dans cette difficile mission par la Banque Mondiale et la Banque Islamique de Développement.

Supprimer les barrières au commerce


Le commerce comme un outil et non un objectif (photo GT)


La situation des pays secoués par le "printemps arabe" devient alarmante car les mutations profondes inquiètent toujours les agents économiques et donc provoquent des périodes de récession. « Les transitions démocratiques sont coûteuses alors même qu'elle se traduisent par des croissances atones » souligne Raphaël Bello, chef du service des relations bilatérales et du développement international des entreprises au ministère français des finances. « Or les pays du sud souffrent d'un très fort taux de chômage des jeunes et ont besoin de croissance. Il faut trouver des solutions à très court terme. »

« Le G8 vient encore d'ajouter des milliards à des milliards (lire: Le G8 débloque une enveloppe de 38 mrds$ pour quatre pays arabes). Les États, les grandes institutions financières se mobilisent comme jamais pour la Méditerranée. C'est très bien » se félicite le directeur du CMI, Mats Karlsson. « Nous devons apporter du contenu à ces chiffres. Nous devons informer, éclairer les décisions politiques. » Car l'argent ne suffira pas. « Développer le commerce est plus important que les aides » affirme le président de la Banque Islamique de Développement, Ahmad Mohamed Ali Al Madani.

Avant même d'avoir reçu mandat du G8, le CMI a réunis en juillet 2011 des économistes d'une dizaine de pays méditerranéens. La seconde journée de séminaire s'est déroulée le 10 septembre 2011, à Marseille, à quelques centaines de mètres de la réunion des ministres des Finances du G8.

Si le diagnostic est partagé par tous, deux écoles se distinguent concernant le type de soins à apporter à ces pays rendus groggy par des renversements politiques souvent brutaux. Le chômage des jeunes dépasse 80% dans certaines régions rurales. Les économistes des grandes institutions financières plaident pour plus de libéralisme. « Il faut commencer par une intégration commerciale, débloquer les positions, ouvrir les pays à la circulation des produits, des services, des personnes » plaide Raphaël Bello. « Il faut également améliorer les infrastructures et réduire les barrières non tarifaires pour faciliter les échanges. »

Des propos repris par Jean Pierre Chauffour, économiste à la Banque Mondiale, chargé de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « La région Mena souffre d'un chômage des jeunes dépassant souvent les 30%. Le président Obama a récemment constaté que sans le pétrole, cette région de 400 millions d'habitants exporte moins que la Suisse. Les tarifs douaniers y sont plus élevés que dans le reste du monde. Les obstacles non tarifaires atteignent des niveaux considérables. Pour attirer les investissements directs étrangers, il faut que ces étrangers aient accès à la propriété, qu'ils soient traités à égalité avec les nationaux en matière de fiscalité et de justice ». À ses côtés, Inger Andersen, vice-présidente de la Banque Mondiale, demande aux pays du sud « moins de réglementation, de bureaucratie, de népotisme et de corruption.»

Changer les règles du jeu
Les économistes du Maghreb comme du Mashrek réclament en parallèle à cette libéralisation un accompagnement et un changement des règles du jeu. « Nous sommes en train de réitérer nos erreurs », regrette Alaa Ezz, secrétaire général de la fédération égyptienne des chambres de commerce. « Chaque pays veut son usine automobile et au total nous produisons tous la même chose. Il faut au contraire établir une cartographie des compétences de chaque pays du sud et développer des secteurs différents. De même, notre secteur bancaire comme les grandes institutions internationales ne se sont pas formatés pour prêter de l'argent aux PME. Or les PME constituent l'outil le plus efficace pour lutter contre le chômage. »

Pour Magda Kandil, directrice du Centre égyptien de recherche en sciences économiques, « le libre échange peut avoir d'importants effets négatifs en dégradant la balance commerciale. Nos pays ont besoin d'emploi, de commerce, d'investissements diversifiés. 60 % de nos exportations concernent le secteur de l'énergie, peu créateur d'emplois. L'Union européenne investit beaucoup en Égypte, mais principalement dans le secteur énergétique. Le déficit commercial entre les pays arabes et l'Union européenne se creuse de plus en plus. Le capitalisme mis en place jusqu'à présent a produit de la richesse pour un très petit nombre de personnes. Il faut rééquilibrer. Les investissements directs étrangers doivent concerner des projets stratégiques, permettre de satisfaire notre demande intérieure, qui est très importante. Nous avons besoin d'assistance technique pour améliorer nos systèmes éducatif, électoral, notre gouvernance. La révolution crée une opportunité, mais il faut agir maintenant. »

Agir en renégociant les accords commerciaux signés avec l'Union européenne, qui d'après l'économiste professeur à Paris Dauphine, El Mouhoub Mouhoud, "favorisent la polarisation des économies arabes sur peu de secteurs. Les accords penchent clairement en faveur des pays du nord, qui peuvent exporter au sud leurs marchandises manufacturées, alors qu'ils bloquent les importations agricoles".

Pierre Jacquet, directeur de la stratégie et économiste en chef de l'Agence Française de Développement, admet l'échec du modèle de croissance mis en place jusqu'à présent. « Ce n'est pas la croissance qui est au centre des révoltes du printemps arabe, c'est la redistribution des fruits de cette croissance. La progression du produit intérieur brut par tête d'habitant ne veut plus rien dire quand une petite minorité s'accapare toutes les richesses. Les pays du sud doivent trouver une nouvelle voie, un nouveau modèle économique, le commerce n'étant plus un objectif mais bien un outil. De même, chaque pays doit débattre et reconsidérer sa politique publique en fonction de sa situation propre. »

Danger d'extrémisme
Le changement de cap semble indispensable. Pour Mohamed Chafiki, directeur des études au ministère des Finances du Maroc, « Il y a des réformes à mettre en œuvre au plan politique, structurel et normatif. Notre système favorise la stratégie de rente. De plus, beaucoup de nos pays ont développé une ou deux régions au détriment des autres. La croissance ne crée plus d'emplois. Nous devons opter pour plus de décentralisation, sortir de notre optique de marché pour privilégier une stratégie de partenariat. Et surtout, l'aide des pays du nord sera inutile s'ils n'acceptent pas d'ouvrir leurs marchés. La clef est politique, au sud comme au nord. Le mouvement des indignés en Espagne nous interpelle au sud comme au nord. Changeons pour un modèle plus inclusif, plus intégrateur. »

Car le danger d'un repli sur soi en cas d'échec du printemps arabe est bien réel. « Les demandes de la population tunisienne portent sur l'emploi, l'aide sociale, la liberté » avertit Ahmed Benghazi, directeur général d'Axis capital. « Nous avons 105 partis politiques et plusieurs proposent aux Tunisiens de réduire le commerce extérieur. » Pour l'instant les nouveaux dirigeants semblent désireux de briser les tabous politiques qui empêchent les pays arabes de commercer entre eux. Mais cette situation semble extrêmement fragile.

Derrière le printemps arabe se cachent des situations très hétérogènes d'un pays à l'autre. « La Tunisie a des institutions, pas la Libye » souligne Marouane El Albassi, responsable de la Banque Mondiale en Libye. « La volonté de travailler ensemble existe, mais pas le cadre. Il faut partir de l'existant. Ainsi, le commerce informel ne doit pas être méprisé, mais considéré comme un outil. Il est très important en Libye comme en Tunisie, en Égypte ou en Algérie. À l'inverse, le développement du commerce international n'a pas profité à la population. Maintenant les peuples rêvent de démocratie et vont dans les prochains mois entrer dans une crise économique qui sera profonde et durable. Ils compareront alors leur situation nouvelle avec l'époque des dictatures qui assuraient à tous le minimum vital. Les deux années à venir seront primordiales, car, en cas de déception, les peuples risquent de se tourner vers l'extrémisme. »

La situation réclame des mesures d'urgence. « Nous avons besoins de recommandations pratiques au plus tard en 2012 pour faire passer dès 2013 une aide financière substantielle aux populations des pays concernés » martèle le vice-président de la Banque européenne d'investissement, Philippe de Fontaine Vive.

http://www.econostrum.info/Le-CMI-va-rediger-un-plan-d-actions-pour-les-pays-arabes_a6762.html

vendredi 2 septembre 2011

Formation des enseignants : Jean-Michel Fourgous chargé d’une mission sur l’intégration du numérique dans la pédagogie

Jean-Michel Fourgous, député-maire UMP d’Elancourt (Yvelines), a été nommé par le Premier ministre, François Fillon, à la tête d’une mission sur l'évolution de la pédagogie par l'utilisation du numérique, auprès de Laurent Wauquiez, ministre de l'Enseignement supérieur.

Dans un rapport parlementaire "Réussir l’école numérique", remis début 2010, il avait démontré l’impact du numérique dans la réussite scolaire des élèves. Cette fois, il va s’attaquer à l’évolution de la pédagogie par l’utilisation du numérique. Car si la France est à la 12e place européenne en taux d’équipement numérique, elle est seulement à la 21e place en matière d’usage pédagogique des TICE (rapport Fourgous).

Des propositions début 2012
"Je réfléchirai à la manière dont la formation des enseignants peut davantage intégrer les nouvelles technologies dans la pédagogie", précise Jean-Michel Fourgous sur son blog. Et devra analyser "le rôle des établissements d’enseignement supérieur dans la formation initiale et continue des enseignants, du primaire au supérieur, via notamment le recours aux outils et aux usages du numérique”.

Au cours des six prochains mois, il va rencontrer des établissements, des enseignants, des associations et des syndicats, qui lui permettront de formuler "des propositions concrètes pour que l’enseignement s’appuie davantage sur les outils numériques afin de lutter plus efficacement contre l’échec scolaire". Les conclusions de cette mission seront remises début 2012.

Lire la lettre de mission de Jean-Michel Fourgous.

Marie-Anne Nourry

02.09.11

http://www.educpros.fr/detail-article/h/612ea7b25f/a/formation-des-enseignants-jean-michel-fourgous-charge-dune-mission-sur-lintegration-du-num.html

mercredi 31 août 2011

Une "boîte à outils" pour l'intégration des technologies 3D au CEA

Beaucoup d'appareils qui "peuplent" notre quotidien renferment des puces électroniques, de nature extrêmement variée. Celles-ci sont fabriquées en série sur des wafers, autrement dit des plaques de silicium, découpées ensuite pour y fabriquer des processeurs, des mémoires stand-alone et des composants programmables. Grâce aux progrès constants réalisés dans la finesse des gravures, l'industrie microélectronique développe des circuits toujours plus puissants et de moins en moins coûteux, comme le prédit la loi de Moore. Reste pourtant que le transistor, motif de base de la microélectronique, est toujours fabriqué sur une même surface plane, autrement dit en deux dimensions. D'où l'idée d'empiler les composants électroniques, en superposant des puces et/ou des wafers les uns sur les autres et en établissant des connexions électriques courtes entre ces composants, directement au travers des différentes couches. Une alternative dite "3D" qui va permettre de réduire encore les coûts et d'augmenter significativement les performances globales des circuits, tout en réduisant leur consommation énergétique. A Grenoble, au sein des équipes du CEA/Leti, les chercheurs travaillent activement à ces développements prometteurs.

Une 3D qui mobilise 140 chercheurs et ingénieurs

Au CEA/Leti, environ 140 chercheurs et ingénieurs se consacrent aujourd'hui à cette alternative 3D, travaillant à la fois sur les aspects conception de puces, intégration de process et développements spécifiques. Ces derniers portent par exemple sur la façon la plus efficace de manipuler des wafers plus minces qui n'ont plus la même rigidité. Pour relever ce défi, les équipes grenobloises du CEA, comme elles l'ont toujours fait, collaborent étroitement avec les fabricants de matériaux et les fabricants d'équipements de microélectronique. Il s'agit en effet d'être sûr que ces process vont être transférés au milieu industriel et que les partenaires industriels du CEA pourront bénéficier d'une chaîne industrielle complète. Pour les équipes grenobloises, il s'agit également de travailler sur différentes scénarios d'intégration, l'objectif étant de prouver la fonctionnalité des démonstrateurs et les avantages qu'ils présentent notamment en termes de coût et de consommation, autrement dit de montrer que l'approche est économiquement viable.

c'est dans ce contexte que le CEA/Leti a mis au point une "boîte à outils" spécifique pour l'intégration 3D. "Notre objectif est de proposer des filières génériques complètes adaptées à différentes catégories de besoins industriels, à partir d'étapes élémentaires de fabrication à combiner ou à adapter", explique-t-on à la direction du Leti. Pour chacune des technologies développées, les chercheurs grenoblois mesure la maturité des procédés à l'aide d'une échelle comportant cinq niveaux, allant de la démonstration technique du procédé au transfert à l'industriel, en passant par la validation du fonctionnement électrique du procédés sur un dispositif test, la démonstration technique du procédés sous la forme de composant intégré et le prototype industriel. Ce dernier niveau est généralement celui jusqu'au quel vont les composants 3D conçus et réalisés par les équipes du Leti, le transfert à l'industriel ne s'effectuant qu'au cas par cas avec chaque industriel demandeur.

Imageur pour téléphone portable, premier exemple de composant utilisant les technologies 3D

Au sein du département d'optronique du CEA-Leti, les chercheurs travaillent au développement de technologies en vue d'applications assez diverses, parmi lesquelles les imageurs, c'est-à-dire les caméras, que renferment les téléphones portables. L'objectif est d'améliorer la qualité du traitement d'image tout en réduisant le coût des technologies utilisées. Par exemple, en optimisant la détection des photons, il est alors possible de réduire la taille des pixels tout en diminuant le coût des capteurs. Pour réduire la taille globale du dispositif, les chercheurs du Leti ont d'ores et déjà fait appel aux technologies d'intégration 3D. Ainsi dès 2009, ils ont conçu un module optique utilisant une brique technologique issue de la 3D.

Rappelons que jusqu'alors, les imageurs étaient connectés à des circuits périphériques à l'aide de connexions électriques classiques en 2D. Or la technologie dite "TSV" ou Through Silicon Via, développée au Leti, permet la connexion de l'imageur à l'aide de vias traversants le silicium, la connectique étant alors ramenée sous la puce. Obtenue ensuite par "reflow", cette connexion est comparable au dépôt de composants sur une carte support. D'où la possibilité notamment d'intégrer davantage de circuits sur une même puce, tout en diminuant le coût de fabrication, une fois la procédé d'industrialisation maîtrisé, mais de diminuer également la taille globale du dispositif incluant le bloc optique, et de disposer d'interconnexions plus courtes et, par conséquent, d'accroître la vitesse de transmission des informations plus élevée ce qui permet de maintenir des cadences vidéo confortables. Développé avec succès pour le groupe STMicroelectronics, sur une ligne de 200 mm, ce procédé d'intégration des imageurs est aujourd'hui industrialisé par le même groupe industriel, sur lignes de 300 mm, pour un grand fabricant européen de téléphones portables.

BE France 260 >> 30/08/2011

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67554.htm