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dimanche 20 mai 2012

Printemps arabe: le G8 crée un fonds de 250 M USD

Sommet G8 à Camp David© REUTERS/ Jason Reed

16:35 20/05/2012

WASHINGTON, 20 mai - RIA Novosti

Réunis en sommet à Camp David (Etats-Unis), les leaders du G8 ont décidé la création d'un fonds de 250 millions de dollars afin de soutenir les pays arabes touchés par des révolutions.

"Nous avons décidé de créer un nouveau fonds en addition à de nombreuses initiatives bilatérales et multilatérales, visant l'octroi de bourses, d'aide technique, ainsi que l'échange d'expérience qui favoriseront le renforcement des institutions nécessaires pour effectuer le développement économique et les réformes. Les pays du G8 participant à la création du fonds travailleront avec les partenaires régionaux, la Banque mondiale et les institutions régionales comme la Banque islamique de développement", indique un communiqué de la Maison Blanche, qui précise que la capitalisation initiale se chiffrera à 250 millions de dollars.

Les leaders du G8 ont également salué l'élargissement du mandat de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et sont tombés d'accord pour favoriser la création d'un fonds chargé d'investir dans les pays arabes. Les actionnaires de la Banque avaient approuvé l'octroi d'un milliard d'euros pour ces buts.

http://fr.rian.ru/world/20120520/194774117.html

mardi 20 septembre 2011

Pourquoi le printemps arabe ?

Le printemps arabe a surpris tous les économistes qui pensaient que les efforts réalisés en matière d’ouverture aux échanges, d’attractivité des investissements directs étrangers, de coopération internationale avaient définitivement placé les pays méditerranéens sur une trajectoire de convergence avec leurs grands voisins européens. Les taux de croissance des PIB des dernières années devenaient proches du seuil permettant un réel rattrapage (assez largement supérieurs à 4% par an en moyenne sur la période 2000-2009). Avec, ici, des progrès sensibles de productivité (Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie) fondés sur la pénétration de l’économie de la connaissance, et là, des entrées d’investissements directs significatifs qui pouvaient pousser certains à se lancer dans des opérations visant à la convertibilité du compte de capital (ce qui signifie aller vers la libéralisation complète des mouvements de capitaux, ce qui fut le cas en Égypte).

Certes, nous avions souligné le danger d’une équation de transfert déséquilibrée dans le cadre des accords Euromed. Elle se traduit par un important déséquilibre commercial avec l’Europe, lié à l’asymétrie du désarmement tarifaire (qui ne concerne que très peu les produits agricoles et qui s’est accompagné d’une explosion des normes techniques et sanitaires mises en place par l’Europe) et à sa difficile compensation par les transferts des migrants, le tourisme et les capitaux de long terme.

Nous avions également largement expliqué que la réduction de la pauvreté restait insuffisante parce qu’inférieure au taux de croissance. Ce qui signifiait que chaque point de croissance gagné s’accompagnait d’une augmentation d’un demi-point des inégalités, que les petites filles mouraient davantage que les petits garçons dans les campagnes, et que la pauvreté y était plus forte. Enfin, il n’est pas un rapport qui ne soulignait l’important chômage des diplômés et des exclus de toute reconnaissance scolaire.

Dès lors qu’avons-nous oublié ? Comment expliquer en profondeur le printemps arabe ? La première raison réside dans la façon dont ce mouvement général vers l’émergence a été conduit. Il s'agit d'un point central pour la transition qui va poser de considérables difficultés pour l’avenir. Ce mouvement a été conduit par une élite composée de politiques et d’hommes d’affaires, voire d’experts étroitement liés. C’est notamment le cas en Égypte et en Tunisie. Dès lors, les ratings habituels qui mettaient en évidence les insuffisances de la concurrence, du fonctionnement du marché du travail, du rôle des banques, de la corruption ne remettaient pas en cause une connivence profonde entre les opérateurs et le pouvoir.

Au fil des années, cette connivence a touché toutes les sphères de la société. Elle s’est traduite à des niveaux aussi différents que choisir les opérateurs pour un grand projet, obtenir un appel d’offres public, développer prioritairement une région, octroyer un crédit à une PME, trouver un emploi dans l’administration… voire obtenir une autorisation pour devenir marchand ambulant.

La question s'avère délicate pour la transition, car ces opérateurs et ce pouvoir protégés par une presse aux ordres, sont également responsables des progrès économiques évoqués plus haut. Il semble pratiquement impossible de se passer de la plupart d’entre eux sauf à aller vers un système totalement différent et donc éloigné des grandes tendances de l’économie mondiale d'aujourd’hui. Mais ceci doit être fait dans un contexte de transparence absolue, de séparation des opérateurs d’avec le pouvoir politique, de contrôle des décisions lourdes par des agences indépendantes, de liberté de la presse, de participation des populations aux choix, bref de véritable démocratie.

La seconde raison est l’instabilité naturelle que produit une plus grande insertion dans l’économie mondiale. Là encore, il faut poursuivre dans cette direction notamment en développant l’intégration Sud-Sud. Mais en la régulant au mieux. Depuis plus de quarante ans nous savons que toutes les révoltes arabes ont éclaté lorsque que les prix des produits de base du panier de la ménagère augmentaient significativement. Ce fut notamment le cas à la fin des années 70 en Egypte, au Maroc et en Tunisie lorsque les missions du FMI recommandaient de ne plus subventionner les prix des produits essentiels (blé tendre, sucre, huile) de façon à permettre le développement de la production locale. Mais ce qui était justifié sur le plan économique était absurde sur le plan social. Nous avons vu la place Tahrir envahie, les hôtels brûler aux Caire ainsi que toutes les discothèques de la route des Pyramides avant que le Président Sadate ne revienne sur la mesure. De ces manifestations date d’ailleurs la montée des frères musulmans. Les mêmes phénomènes atténués se sont produits à Rabat et à Tunis à trois mois d’intervalle et pour la même raison.

Avant les révolutions du printemps arabe nous avons effectivement assisté à une considérable augmentation de ces produits. Nul doute qu'il s'agit d'une cause importante de l’incendie. Une leçon semble-t-il retenue puisque le G8 vient de décider la création d’un fonds de régulation des prix des produits alimentaires qui n’ont pas a dépendre des anticipations des opérateurs de Chicago.

Comment faire comprendre à la mère d’une famille pauvre (autour de 20% de personnes vivent avec moins de 2,40 $ par jour dans les pays méditerranéens) que le blé tendre qui permet notamment de faire le couscous et qui représente autour de 30% de son panier de consommation augmente en trois mois de 15% parce que les opérateurs de Chicago ont acheté des futurs contrats à la hausse ? Nous pouvons d’ailleurs saluer le fait que le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick ait déclaré qu’il fallait « considérer l’alimentation comme la priorité numéro un de la région en 2011 ».

Mais tout ceci pouvait paraître au total maîtrisable et finalement assez commun aux pays situés dans la moyenne basse des pays à revenu moyen se dirigeant vers le statut de pays émergents. L’ouverture aux échanges crée naturellement des inégalités tout en engendrant un gain net global, car elle favorise les secteurs à avantages comparatifs au détriment des autres (les secteurs non compétitifs et ceux des biens dits non échangeables) et peut engendrer des problèmes sociaux graves si la compensation des perdants n’est pas bien conduite par l’État. Lorsque l’offre de qualifications s'avère inadaptée, les investissements étrangers produisent peu d’effets d’entraînement et se concentrent dans des îlots fermés, généralement situés sur les régions côtières ou proches des grands centres urbains.

La troisième raison qui tient à la première réside dans l’exclusion de la jeunesse des décisions et de l’emploi. Le pouvoir actuel marocain l’a bien compris. il a inscrit dans la constitution l’obligation d’une représentation de jeunes de moins de 40 ans dans le Parlement.

Cette lutte contre une société de patriarcat touche également les femmes, très actives dans la révolution. Elle sera de long terme et passe par le développement du syndicalisme étudiant, et surtout la formation et l’emploi. Les pays arabes souffrent d'une très forte proportion de jeunes sans aucune qualification non répertoriés chômeurs donc en dehors de toute considération sociale. Ils ont également une proportion considérable de chômeurs diplômés (jusqu’à 40%), ce qui représente à l’évidence une bombe à retardement. Cela explique que les nouveaux pouvoirs aient immédiatement proposé la création d’emplois publics (700.000 en Égypte réservés aux jeunes). Si nous comprenons bien les raisons immédiates de ces décisions, il est clair qu’elles ne résoudront guère le problème. La solution est de plus long terme. Elle concerne, le qualité de l’éducation et de la formation, son adéquation aux besoins de l’économie, la possibilité de créer et développer des petites entreprises, l’entrée dans l’économie de la connaissance, la pénétration d’une culture de la compétence et du risque.

La quatrième raison, l’extraordinaire disparité territoriale qui existe dans tous les pays concernés, explique qu'en Tunisie le mouvement soit venu du centre du pays. Le développement s’effectue dans les grands centres urbains et les régions côtières. Les territoires ruraux du centre et du Sud restent largement démunis. Les emplois y sont les plus rares, les infrastructures essentielles absentes, l'autonomie de décision faible. Cette reconquête du territoire et du monde rural sera décisive pour l’avenir. Elle nécessite là encore des avancées démocratiques par des formes de décentralisation au plus près des concentrations locales.

Tout ceci plaide donc pour une approche plus systémique que celle retenue par le passé. Si les pays du printemps arabe peuvent poursuivre leur marche vers l’ouverture et le progrès en s’appuyant sur les éléments les plus dynamiques de leurs sociétés et parvenir à une meilleure intégration interne, alors nous pouvons penser que la transition augurera d’une nouvelle ère de progrès. Elle implique que les gains économiques ne soient pas les seuls critères de succès.

Cela se fera par la mobilisation de toutes les énergies existantes et par la mobilisation de nouveaux acteurs. À bien des égards, il semble que les pouvoirs en place actuellement aient retenu cette orientation : « aller vers une croissance forte, ne pas revenir en arrière, mais rendre cette croissance plus inclusive et plus participative ». Le moteur est évidemment une véritable démocratie car elle permettra le jaillissement de nouveaux facteurs de dynamisme. Si, au contraire, nous économistes, attendons que les évènements se calment pour revenir «au business as usual », il y a de grandes chances que ce soit l’avancée démocratique elle-même qui soit menacée.

Par Jean-Louis Reiffers, professeur à EuromedManagement, coordonnateur et président du comité scientifique du FEMISE

Vendredi 16 Septembre 2011

© Copyright Econostrum.info

http://www.econostrum.info/Pourquoi-le-printemps-arabe_a6801.html

lundi 12 septembre 2011

Le CMI va rédiger un plan d'actions pour les pays arabes

   
Dans le cadre du Partenariat de Deauville mis en place par le G8, le Centre de Marseille pour l'Intégration en Méditerranée, avec l'aide de la Banque Mondiale et de la Banque Islamique de Développement, a six mois pour rédiger un plan d'actions à court terme pour accompagner l’Égypte, la Tunisie, la Jordanie, le Maroc, et très probablement demain la Libye dans les changements historiques en cours dans ces pays


MEDITERRANEE. Dans le cadre du Partenariat de Deauville mis en place par le G8, le Centre de Marseille pour l'Intégration en Méditerranée, avec l'aide de la Banque Mondiale et de la Banque Islamique de Développement, a six mois pour rédiger un plan d'actions à court terme pour accompagner l'Égypte, la Tunisie, la Jordanie, le Maroc, et très probablement demain la Libye dans les changements historiques en cours dans ces pays.

Le challenge ne sera pas facile à relever, mais cette mission confiée par le G8 marque une reconnaissance du travail effectué depuis un peu moins de deux ans par le CMI. Elle pourrait même pérenniser l'existence de cette structure pour l'instant expérimentale. Constitué d'experts des deux rives de la Méditerranée, le CMI produit depuis sa création des rapports sur des sujets très variés (développement des technopôles, changement climatique, évaluation des universités...), véritables boîtes à outils destinées à faciliter le travail des dirigeants des pays arabes.

Conçu comme une plateforme participative, le CMI n'est pas tenu par les lourdeurs de la diplomatie. Ce qui lui permet d'agir plus rapidement. Il devient aujourd'hui un organisme de propositions de projets destinés à accompagner la transition démocratique des pays du sud de la Méditerranée. Le CMI planche ainsi depuis le début de l'été 2011 sur la gouvernance publique, le développement d'une croissance inclusive, le passage à une économie de la connaissance et l'intégration économique régionale.

Il va devoir accélérer ses travaux pour répondre dès le début 2012 à la demande du G8. Le CMI sera assisté dans cette difficile mission par la Banque Mondiale et la Banque Islamique de Développement.

Supprimer les barrières au commerce


Le commerce comme un outil et non un objectif (photo GT)


La situation des pays secoués par le "printemps arabe" devient alarmante car les mutations profondes inquiètent toujours les agents économiques et donc provoquent des périodes de récession. « Les transitions démocratiques sont coûteuses alors même qu'elle se traduisent par des croissances atones » souligne Raphaël Bello, chef du service des relations bilatérales et du développement international des entreprises au ministère français des finances. « Or les pays du sud souffrent d'un très fort taux de chômage des jeunes et ont besoin de croissance. Il faut trouver des solutions à très court terme. »

« Le G8 vient encore d'ajouter des milliards à des milliards (lire: Le G8 débloque une enveloppe de 38 mrds$ pour quatre pays arabes). Les États, les grandes institutions financières se mobilisent comme jamais pour la Méditerranée. C'est très bien » se félicite le directeur du CMI, Mats Karlsson. « Nous devons apporter du contenu à ces chiffres. Nous devons informer, éclairer les décisions politiques. » Car l'argent ne suffira pas. « Développer le commerce est plus important que les aides » affirme le président de la Banque Islamique de Développement, Ahmad Mohamed Ali Al Madani.

Avant même d'avoir reçu mandat du G8, le CMI a réunis en juillet 2011 des économistes d'une dizaine de pays méditerranéens. La seconde journée de séminaire s'est déroulée le 10 septembre 2011, à Marseille, à quelques centaines de mètres de la réunion des ministres des Finances du G8.

Si le diagnostic est partagé par tous, deux écoles se distinguent concernant le type de soins à apporter à ces pays rendus groggy par des renversements politiques souvent brutaux. Le chômage des jeunes dépasse 80% dans certaines régions rurales. Les économistes des grandes institutions financières plaident pour plus de libéralisme. « Il faut commencer par une intégration commerciale, débloquer les positions, ouvrir les pays à la circulation des produits, des services, des personnes » plaide Raphaël Bello. « Il faut également améliorer les infrastructures et réduire les barrières non tarifaires pour faciliter les échanges. »

Des propos repris par Jean Pierre Chauffour, économiste à la Banque Mondiale, chargé de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « La région Mena souffre d'un chômage des jeunes dépassant souvent les 30%. Le président Obama a récemment constaté que sans le pétrole, cette région de 400 millions d'habitants exporte moins que la Suisse. Les tarifs douaniers y sont plus élevés que dans le reste du monde. Les obstacles non tarifaires atteignent des niveaux considérables. Pour attirer les investissements directs étrangers, il faut que ces étrangers aient accès à la propriété, qu'ils soient traités à égalité avec les nationaux en matière de fiscalité et de justice ». À ses côtés, Inger Andersen, vice-présidente de la Banque Mondiale, demande aux pays du sud « moins de réglementation, de bureaucratie, de népotisme et de corruption.»

Changer les règles du jeu
Les économistes du Maghreb comme du Mashrek réclament en parallèle à cette libéralisation un accompagnement et un changement des règles du jeu. « Nous sommes en train de réitérer nos erreurs », regrette Alaa Ezz, secrétaire général de la fédération égyptienne des chambres de commerce. « Chaque pays veut son usine automobile et au total nous produisons tous la même chose. Il faut au contraire établir une cartographie des compétences de chaque pays du sud et développer des secteurs différents. De même, notre secteur bancaire comme les grandes institutions internationales ne se sont pas formatés pour prêter de l'argent aux PME. Or les PME constituent l'outil le plus efficace pour lutter contre le chômage. »

Pour Magda Kandil, directrice du Centre égyptien de recherche en sciences économiques, « le libre échange peut avoir d'importants effets négatifs en dégradant la balance commerciale. Nos pays ont besoin d'emploi, de commerce, d'investissements diversifiés. 60 % de nos exportations concernent le secteur de l'énergie, peu créateur d'emplois. L'Union européenne investit beaucoup en Égypte, mais principalement dans le secteur énergétique. Le déficit commercial entre les pays arabes et l'Union européenne se creuse de plus en plus. Le capitalisme mis en place jusqu'à présent a produit de la richesse pour un très petit nombre de personnes. Il faut rééquilibrer. Les investissements directs étrangers doivent concerner des projets stratégiques, permettre de satisfaire notre demande intérieure, qui est très importante. Nous avons besoin d'assistance technique pour améliorer nos systèmes éducatif, électoral, notre gouvernance. La révolution crée une opportunité, mais il faut agir maintenant. »

Agir en renégociant les accords commerciaux signés avec l'Union européenne, qui d'après l'économiste professeur à Paris Dauphine, El Mouhoub Mouhoud, "favorisent la polarisation des économies arabes sur peu de secteurs. Les accords penchent clairement en faveur des pays du nord, qui peuvent exporter au sud leurs marchandises manufacturées, alors qu'ils bloquent les importations agricoles".

Pierre Jacquet, directeur de la stratégie et économiste en chef de l'Agence Française de Développement, admet l'échec du modèle de croissance mis en place jusqu'à présent. « Ce n'est pas la croissance qui est au centre des révoltes du printemps arabe, c'est la redistribution des fruits de cette croissance. La progression du produit intérieur brut par tête d'habitant ne veut plus rien dire quand une petite minorité s'accapare toutes les richesses. Les pays du sud doivent trouver une nouvelle voie, un nouveau modèle économique, le commerce n'étant plus un objectif mais bien un outil. De même, chaque pays doit débattre et reconsidérer sa politique publique en fonction de sa situation propre. »

Danger d'extrémisme
Le changement de cap semble indispensable. Pour Mohamed Chafiki, directeur des études au ministère des Finances du Maroc, « Il y a des réformes à mettre en œuvre au plan politique, structurel et normatif. Notre système favorise la stratégie de rente. De plus, beaucoup de nos pays ont développé une ou deux régions au détriment des autres. La croissance ne crée plus d'emplois. Nous devons opter pour plus de décentralisation, sortir de notre optique de marché pour privilégier une stratégie de partenariat. Et surtout, l'aide des pays du nord sera inutile s'ils n'acceptent pas d'ouvrir leurs marchés. La clef est politique, au sud comme au nord. Le mouvement des indignés en Espagne nous interpelle au sud comme au nord. Changeons pour un modèle plus inclusif, plus intégrateur. »

Car le danger d'un repli sur soi en cas d'échec du printemps arabe est bien réel. « Les demandes de la population tunisienne portent sur l'emploi, l'aide sociale, la liberté » avertit Ahmed Benghazi, directeur général d'Axis capital. « Nous avons 105 partis politiques et plusieurs proposent aux Tunisiens de réduire le commerce extérieur. » Pour l'instant les nouveaux dirigeants semblent désireux de briser les tabous politiques qui empêchent les pays arabes de commercer entre eux. Mais cette situation semble extrêmement fragile.

Derrière le printemps arabe se cachent des situations très hétérogènes d'un pays à l'autre. « La Tunisie a des institutions, pas la Libye » souligne Marouane El Albassi, responsable de la Banque Mondiale en Libye. « La volonté de travailler ensemble existe, mais pas le cadre. Il faut partir de l'existant. Ainsi, le commerce informel ne doit pas être méprisé, mais considéré comme un outil. Il est très important en Libye comme en Tunisie, en Égypte ou en Algérie. À l'inverse, le développement du commerce international n'a pas profité à la population. Maintenant les peuples rêvent de démocratie et vont dans les prochains mois entrer dans une crise économique qui sera profonde et durable. Ils compareront alors leur situation nouvelle avec l'époque des dictatures qui assuraient à tous le minimum vital. Les deux années à venir seront primordiales, car, en cas de déception, les peuples risquent de se tourner vers l'extrémisme. »

La situation réclame des mesures d'urgence. « Nous avons besoins de recommandations pratiques au plus tard en 2012 pour faire passer dès 2013 une aide financière substantielle aux populations des pays concernés » martèle le vice-président de la Banque européenne d'investissement, Philippe de Fontaine Vive.

http://www.econostrum.info/Le-CMI-va-rediger-un-plan-d-actions-pour-les-pays-arabes_a6762.html

dimanche 11 septembre 2011

Le G8 débloque une enveloppe de 38 mrds$ pour quatre pays du sud


Le G8 débloque une enveloppe de 38 mrds$ pour quatre pays du sud



Le partenariat de Deauville se met en place samedi 10 septembre 2011 à Marseille lors de la réunion du G8 en présence des représentants des pays méditerranéens.

Réunis à Deauville (France) les 26 et 27 mai 2011, les pays du G8 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie) s'étaient engagés à aider les pays arabes dans leur transition vers des sociétés libres et démocratiques.

À Marseille, samedi 10 septembre 2011, les ministres des Finances du Partenariat de Deauville ont dévoilé le volet purement économique de cette ambition. Au menu, la réflexion sur toutes les mesures à court terme à prendre pour réduire l'instabilité et donner toutes ses chances au processus de transition démocratique. Le volet politique se déroulera le 21 septembre 2011 à New York.

« Une étape importante est franchie avec la présence des pays du G8 et de cinq acteurs régionaux, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes, la Turquie, le Koweït et le Qatar ainsi que deux représentants libyens " souligne François Baroin, ministre français des finances.

Les neuf institutions financières participantes au Partenariat de Deauville (Fonds monétaire international, Groupe Banque mondiale/SFI, BEI, BERD, Banque africaine de développement, banque islamique de développement, Fonds arabe pour le développement économique et social, fonds OPEP pour le développement international et Fonds monétaire arabe) mettent en place une plateforme de coordination. Pilotée par la Banque africaine de développement (BAD), elle devra faire annuellement un rapport aux ministres du Partenariat de Deauville sur les progrès accomplis et les actions conjointes. Les institutions financières internationales pourront ainsi se coordonner avec les institutions régionales arabes. La Banque islamique de développement devrait d'ailleurs prendre la suite de la BAD à la présidence de cette plateforme.

L'ensemble de ces partenaires se retrouvera aux États-Unis dans un an pour faire un premier point.

La Libye pourrait rejoindre le groupe

 Ces institutions financières devraient mettre sur la table 38 mrds$ (27,5 mrds€) pour aider la Tunisie, l'Egypte, le Maroc et la Jordanie d'ici à 2013. Le groupe banque mondiale apportera 10,7 mrds$, la BAD 7,6 mrds$, la BEI 7,5 mrds$, la banque islamique de développement 5 mrds$, le Fonds arabe pour le devéloppement économique et social 3,2 mrds$, la BERD 2,5 mrds$, le Fonds monétaire arabe 1,2 mrd$ et le fond de l'Opec pour le développement international 0,4 mrd$.

Ces 38 mrds$ représentent un doublement des fonds alloués à chacun des pays concernés. Chacun a présenté au G8 un plan de développement. Cette aide s'ajoute aux fonds promis par le FMI. Elle est à rapporter au 20 mrds$ promis à Deauville, mais pour deux pays seulement, la Tunisie et l'Egypte. Elle sera versée par les différentes institutions sous forme de prêts bonifiés, décaissements budgétaires, prêts relais,effacement de dettes.

La France devrait contribuer à hauteur de 2,7 mrds$ (1,1 mrd$ prévus à Deauville).

L'enveloppe concernera principalement les Pme et la création d'emplois.


Le FMI met 35 mrds$ sur la table

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a confirmé à Marseille un montant de 35 mrds$ de financements possibles. Elle se félicite qu'"il y est plus de partenaires à Marseille qu'à Deauville", mais aussi que "la Libye soit là comme observatrice... J'y enverrais une équipe du FMI dès que les conditions de sécurité seront réunies."

Le Fonds monétaire international a reconnu à l'issue de la réunion de Marseille le CNT comme l'instance représentant officiellement la Libye.

"Comme organisation internationale, nous devions attendre qu'un certain pourcentage de nos membres le reconnaisse. C'est chose faite !" a souligné Christine Lagarde.

Selon un observateur, la Tunisie et l'Égypte apprécient moyennement de partager l'enveloppe avec les monarchies du Maroc et de Jordanie. Ces pays estiment que le fait d'avoir mené une véritable révolution, avec toutes les conséquences en terme de réparations, mais aussi de création de nouvelles institutions, devraient leur donner plus de poids et un traitement différent par rapport à des pays uniquement réformés.

Interrogé sur ce sujet par econostrum.info, François Baroin précise que "les problématiques entre les différents pays n'étant pas de même nature, les programmes seraient adaptés et différenciés."

Et le partage du gâteau n'est sans doute pas encore achevé. La Libye, présente au G8 à Marseille en tant qu'observateur, pourrait venir rejoindre ce groupe. L'Union européenne a déjà commencé la procédure en ce sens. Mais cette décision devra être soumise à la fois au Parlement et au Conseil. Donc, la première enveloppe ne concernera certainement pas la Libye. "Nous nous adapterons au calendrier libyen" indique François Baroin.

"Le partenariat de Deauville a déjà permis d'accroître significativement les moyens mis en oeuvre par les institutions financières internationales en faveur de la démocratie en Méditerranée. Je me rejouis que ce partenariat soit élargi à la Jordanie et au Maroc, ainsi qu'aux institutions financières régionales arabes, avec le soutien des pays du Golfe et de la Turquie. Je suis personnellement engagé à ce que la BEI renforce encore son action dans ce cadre élargi, tant en terme de volumes financiers qu'en développant des actions conjointes avec nos partenaires financiers actifs dans la région" souligne Philippe Maystadt, président de la Banque européenne d'investissement (BEI).

Lire aussi : Soutien du G8 à la transition démocratique en Egypte et en Tunisie


Frédéric Dubessy

Samedi 10 Septembre 2011

http://www.econostrum.info/Le-G8-debloque-une-enveloppe-de-38-mrds-pour-quatre-pays-du-sud_a6731.html