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mardi 7 octobre 2014

Théorie du "capital humain" ou "théorie du signal", que choisir ?

En cette période marquée par une crise aiguë du chômage des diplômés du supérieur, il est légitime de chercher à trouver les moyens qui permettraient de réduire ce risque. J'ai trouvé dans [1] une bonne analyse de la problématique. La réponse unanime des économistes est assez banale : il faut faire des études. Plus le niveau de diplôme est élevé, mieux on se portera financièrement tout au long de sa vie, et plus le taux de chômage sera bas. Par contre, les économistes sont beaucoup moins d'accord entre eux sur la cause de ce phénomène; certains l'expliquent par la théorie du capital humain, d'autres par la théorie du signal. Selon la théorie du capital humain, l'enseignement reçu bénéficie à l'étudiant en lui apportant des compétences, des savoirs, qui le rendent plus productif. Cette productivité accrue lui donne accès à des emplois mieux rémunérés, lui permet d'utiliser des machines performantes mais nécessitant beaucoup de compétences. Plus on se forme, plus on est compétent, mieux on sera payé et plus on trouvera facilement un emploi. Le problème de la théorie du capital humain, c'est que de nombreuses formations ne semblent pas apporter beaucoup de compétences directement utilisables dans l'emploi (exemple de la philosophie). Alors, pourquoi des étudiants pourraient prendre la peine de suivre ce genre de formations difficiles, mais qui ne donnent aucune compétence directement utilisable (sauf pour un futur professeur de philosophie) ? Cela peut être expliqué par le fait que ces formations n'apportent que peu de compétences directement utilisables, mais servent de signal auprès de futurs employeurs. L'étudiant qui passe un master de philosophie montre sa capacité à accomplir un travail intellectuel ardu, une capacité de discipline, une forme d'ouverture d'esprit. Tous les gens ont des qualités différentes, difficilement détectables par les employeurs a priori; faire des études longues et difficiles est un moyen de montrer ses compétences.

Dans chacun de ces deux modèles, le contenu des études est totalement différent. Dans la version « capital humain », le contenu de l’éducation reçue détermine directement les compétences, les savoirs, et la productivité. L’enseignement a donc une valeur utilitaire précise. Dans le modèle du signal, le contenu de l’enseignement n’a pas d’importance directe : seule compte son rôle d’obstacle révélateur des capacités des étudiants, et seule compte la dimension sélective des établissements d’enseignement supérieur. Pour le modèle du capital humain, l’étudiant est forgé par les études qu’il suit; dans le modèle du signal, l’étudiant dispose de qualités que les études ne font que révéler.

Les deux théories prévoient que plus on fait d’études, plus on reçoit un salaire élevé, et plus le risque de chômage est réduit. Dans la théorie du capital humain, c’est parce qu’on est devenu plus compétent; dans la théorie du signal, c’est parce qu’on a montré qu’on était plus compétent. Il y a cependant une différence fondamentale entre les deux : dans la théorie du capital humain, augmenter le niveau d’études de l’ensemble de la population est une bonne chose; dans la théorie du signal, c’est une mauvaise chose. Puisque de toute façon les meilleurs emplois iront à ceux qui ont fait plus d’études que les autres, augmenter le niveau d’études ne modifiera pas ce résultat mais ne créera que gaspillages et frustrations pour ceux qui ont cru atteindre un niveau mais découvrent qu’il y en a toujours autant au-dessus d’eux. Augmenter le niveau scolaire ne fait qu'obliger tout le monde à une course aux armements pour arriver au même résultat final. En pratique, ces deux approches apportent toutes deux un éclairage sur le rôle et l'utilité des études. Elles comprennent toujours une part de formation directe, de compétences acquises, et une part de sélection. En fonction des métiers, des contextes socio-économiques, le signal, ou le capital humain, sera l'élément prépondérant. Aux USA, par exemple, les diplômes les plus rémunérateurs correspondent à des métiers techniques sophistiqués, confirmant plutôt la théorie du capital humain; Mais certains paradoxes régulièrement constatés - comme le fait que les gens qui ont suivi une formation sans passer le diplôme correspondant sont moins payés que ceux qui ont en plus passé l'examen; ou que les études tardives paient moins que les études précoces - sont plutôt explicables par la théorie du signal.

Toujours dans [1], une étude récente vient apporter un éclaircissement sur ce sujet. L'économiste Pierre Mouganie a voulu mesurer l'impact des études à l'aide d'une expérience naturelle, la fin de la conscription en France décidée en 1997. Elle a conduit les jeunes hommes nés après 1979 à ne pas faire leur service, contrairement aux cohortes précédentes. L'existence d'un service militaire obligatoire devrait en moyenne inciter les jeunes hommes, en particulier les plus qualifiés, à suivre plus d'études pour retarder l'échéance, le moment où ils feront leur service. Cette incitation disparaît pour ceux qui ne sont plus concernés. Mougani constate exactement cela: en moyenne, les jeunes hommes français nés avant 1979 ont fait 6 mois d'études en plus que leurs homologues nés après; et ce résultat est tiré par les catégories sociales avantagées. Faire des études pour éviter le service Par contre, ces études supplémentaires ne se traduisent par aucun effet mesurable sur la quantité de diplômes obtenus, ou sur le chômage et les revenus des cohortes qui les ont suivies. Le bénéfice d'une demi-année d'éducation supérieure supplémentaire semble être... zéro!

L'auteur avance plusieurs explications possibles. La première, c'est que les études suivies seulement pour éviter le service national étaient de plus mauvaise qualité que les études "normales". Une autre possibilité pourrait être que faire son service national a des conséquences négatives sur les revenus; les 6 mois d'études supplémentaires de ceux qui ont voulu l'éviter auraient compensé ce phénomène, aboutissant à cet effet global nul. La dernière explication serait une confirmation de l'approche du signal. Ces études supplémentaires n'apportaient rien aux étudiants si tout ce qu’apportent les diplômes obtenus est un signal aux futurs employeurs. Si c'est le cas, les politiques visant à inciter les étudiants à faire plus d'études qu'ils ne l'auraient souhaité pourraient n'avoir aucun effet positif. A tout le moins, cela montre que plutôt qu'une incitation générale à faire des études, il conviendrait de se poser la question du contenu de celles-ci.

La théorie du capital humain ou la théorie du signal, que choisir ?

La réponse est toujours difficile comme en en témoigne la situation en France où selon [2], les jeunes les plus diplômés peinent, eux aussi, à s'insérer sur le marché du travail. Au printemps dernier, un tiers de la promotion 2013 n'avait toujours pas décroché de premier emploi, selon l'enquête annuelle de l'Association française pour l'emploi des cadres (Apec). Moins d'un an après leur sortie de l'enseignement supérieur, 37 % des diplômés 2013 de niveau bac + 5 et plus étaient toujours sans emploi, 29 % n'avaient pas encore signé le moindre contrat. Ce taux d'emploi, en fort recul par rapport aux promotions 2010 (72 %) et 2011 (70 %), est proche du plus bas niveau (60 %) enregistré au début de la crise par les diplômés 2009. La part de jeunes diplômés en emploi dans le public est en baisse constante depuis cinq ans : elle a chuté de 26 à 18 % entre 2009 et 2013. On explique dans [2] que le diplôme reste quand même un passeport pour l'emploi. C’est plutôt la situation économique dans le pays qui en est responsable. Il y a aussi des différences notables entre les différents types de diplômes. Par exemple, les jeunes diplômés d'écoles d'ingénieur (76 %) et d'écoles de commerce (71 %) décrochent nettement plus de CDI que les jeunes titulaires de masters (47 %) ou de doctorats (43 %).

Alors, études universitaires ou apprentissage, que choisir ?

Selon [2], la généralisation du LMD a entraîné une élévation générale du niveau de diplôme et une modification de la structure des sorties. Bien que plus diplômés que leurs prédécesseurs de la Génération 2004, ils sont plus souvent au chômage et leurs rémunérations sont un peu plus faible en moyenne. L'élévation de leur niveau de diplôme ne s'est donc traduite ni par une insertion professionnelle plus aisée ni par de meilleurs salaires en 2013. Trois ans après leur sortie de l'enseignement supérieur, 13% des jeunes actifs sont au chômage.
Ce constat s'applique à l'enseignement supérieur professionnel court, dans lequel le déplacement des sorties de bac+2 à bac+3 est très net. En effet, les effectifs de licenciés professionnels ont plus que doublé en six ans (+118%). En sens inverse, les titulaires de BTS/DUT sortent moins vers la vie active directement et poursuivent davantage leurs études, surtout dans les spécialités des sciences de l'ingénieur et de la gestion. La crise n'a épargné ni les uns ni les autres. Le taux de chômage a augmenté de 6 points pour les BTS/DUT et de 5 points pour les licences professionnelles.
L'enseignement supérieur long est concerné par le même phénomène. Le LMD a tiré vers le master 2 des étudiants qui s'arrêtaient autrefois en licence ou en maîtrise, mais ce glissement vers le haut ne s'est accompagné ni d'une meilleure insertion, ni de meilleurs salaires.
Les disparités observées sur le taux de chômage et les salaires restent liées au niveau de sortie mais aussi à la spécialité de formation et à la filière.
Parmi les diplômés de l'enseignement supérieur, les ingénieurs, les docteurs et les diplômés de bac+2/+3 en santé et social gardent des conditions d'insertion parmi les plus favorables. Ce sont les seuls à avoir été épargnés par la progression du chômage entre les enquêtes de 2007 et 2013.
Le positionnement des diplômés de master, qui s'est nettement détérioré, est certes moins bon que celui des diplômés des écoles d'ingénieurs, mais, dans les spécialités les mieux placées comme Droit, Economie ou Sciences de l'ingénieur, il est équivalent à celui des diplômés des écoles de commerce.
Sans surprise, les jeunes sortis sans diplôme de l'enseignement supérieur sont les plus en difficulté. En dépit des mesures mises en place pour prévenir le décrochage étudiant et favoriser la réussite en licence, la part des non-diplômés de l'enseignement supérieur reste supérieure à 20% et leurs conditions d'insertion sur le marché du travail se détériorent.
Le LMD a donc ses laissés pour compte. Ils sont toujours aussi nombreux et leur insertion est toujours aussi problématique. Le retour en formation peut constituer une réponse pour pallier les difficultés d'insertion... sous réserve de l'obtention d'un diplôme...

En Suisse, d’après [3], la question n’est pas non plus élucidée. En effet, les jeunes n’arrivent plus à choisir entre études universitaires et apprentissage. A l’époque, les écoliers suisses décidaient simplement, à la fin de leur scolarité obligatoire, s’ils souhaitaient continuer leurs études en fonction de leur envie et de leurs notes. Ceux qui aimaient l’école et le travail théorique allaient d’abord au gymnase, puis à l’université. Ceux qui souhaitaient faire quelque chose de pratique se lançaient dans un apprentissage. Mais aujourd’hui, l’équation n’est plus la même. Le monde dans lequel les jeunes Suisses évoluent est différent. Le monde du travail est plus exigeant et les employés ont de meilleures formations de façon générale. Les gens pensent aujourd’hui que, meilleure et plus longue est votre formation, plus grandes sont vos chances d’obtenir une bonne situation. Lors de la dernière décennie, le nombre d’étudiants inscrits à l’université ou dans une haute école de science appliquée a ainsi augmenté bien plus rapidement que celui des jeunes qui suivent un apprentissage. Le nombre de jeunes qui ont décroché une maturité a aussi augmenté de 17,7% en 1999 à 20% en 2014. Et même si cette statistique est restée relativement stable ces dernières années, beaucoup de personnes craignent que le système d’apprentissage soit en train d’être délaissé au profit de l’éducation tertiaire.

Ce sont là deux messages contradictoires. D’un côté, il y a un manque d’étudiants de niveau secondaire en comparaison avec d’autres pays et qu’il est nécessaire d’en avoir plus pour que l’économie reste compétitive dans les domaines techniques. Et, d’un autre, on explique que l’économie suisse se porte justement bien grâce au système suisse d’apprentissage. Une confusion qui a mené à la création d’une «génération peut-être», qui hésite entre des formations académiques et professionnelles. Il y a trop de choix aujourd’hui et ils ne savent pas lequel choisir. D’autres qui n’aiment pas trop l’école, dès la fin des études, ils font des stages pour savoir quel métier leur correspondait le mieux. Durant l’apprentissage, ils se font une idée de la profession « idéale » (prédominance de la théorie ou de la pratique) qu’ils voudraient exercer et de la manière avec laquelle ils voudraient travailler (intégrés dans une équipe par exemple). De là, ils peuvent être amenés par exemple à s’inscrire à mi-temps pour obtenir un bachelor professionnel qui leur permettra d’approfondir le domaine dans lequel ils ont réalisé leur apprentissage. Cela leur ouvrira de nouvelles portes.

Un apprentissage, puis les études ?

Toujours dans [3], on y évoque une situation inverse. Certains pour réaliser leur rêve vont à l’université. Et là, ils déchantent rapidement. Le rude environnement théorique des études, totalement déconnecté du monde du travail, ne les séduit pas. Seuls 20% savaient ce qu’ils voulaient faire dans la vie ou ce qu’ils désiraient étudier. Les autres peuvent être amenés à quitter les études supérieures pour commencer un apprentissage. La décision est dure à prendre à cause des pressions pour qu’ils restent à l’université. Ce genre d’expérience aide beaucoup les jeunes et changer ainsi de parcours n’est pas considéré comme une perte de temps.

Par conséquent, les apprentissages et les études valent la même chose et les deux voies offrent de bonnes possibilités de carrière. Le choix « doit dépendre de votre caractère. Êtes-vous un rat de bibliothèque ou préférez-vous plutôt le travail pratique? ».

Un autre cas est présenté dans [3], celui d’un jeune qui avait de bonnes notes et aimait l’école. Le choix de poursuivre les études n’était pas difficile. Malgré cela, il va se trouver dans une situation embarrassante, celle du choix du domaine d’étude à l’université. « Au final », il aurait « pu lancer une pièce en l’air et choisir le sujet à pile ou face». Le système éducatif ne l’a pas beaucoup aidé à faire ce choix.

D’une manière générale, « les études académiques sont mieux perçues que les apprentissages». Beaucoup de parents payent, très cher, des écoles privées de moins bonne qualité pour réussir à arriver à l’université.

Les « campus des métiers et des qualifications »

Où peut-on faire de l’apprentissage ou trouver de l’aide à l’insertion professionnelle ? J’ai trouvé dans [4] l’exemple des "campus des métiers et des qualifications" qui a attiré mon attention. Ils sont conçus pour permettre aux pôles de compétitivité de trouver dans leur périmètre les compétences dont ils ont besoin. Il s’agit d’un label qui "permet d’identifier, sur un territoire donné, un réseau d’acteurs qui interviennent en partenariat pour développer une large gamme de formations professionnelles, technologiques et générales, relevant de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur, ainsi que de la formation initiale ou continue, qui sont centrées sur des filières spécifiques et sur un secteur d’activité correspondant à un enjeu économique national ou régional". Ils sont sélectionnés suite à des appels à projets et avec l'objectif de retenir un campus par académie. Chaque campus se forme "dans un domaine d'activité bien identifié, pôle de compétitivité régional, soutenu par la région". Il repose sur un partenariat entre l’Etat et la région ; ce sont d’ailleurs le recteur d'académie et le président du conseil régional qui proposent conjointement la labellisation des projets de campus. Le label est attribué "par les ministres chargés de l'Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de l'Economie, après examen par un groupe d'experts et avis du Conseil national éducation économie". Il est délivré à un réseau qui peut regrouper, par voie de convention, "des lycées généraux, technologiques ou professionnels, des centres de formation d'apprentis, des établissements d'enseignement supérieur, des organismes de formation continue, des entreprises, des laboratoires de recherche". Le campus doit offrir "des conditions d'hébergement et de vie sociale". Le label est accordé pour une durée de quatre ans.

La taxe d’apprentissage

Cependant, le système d’apprentissage a besoin de beaucoup de moyens financiers pour le mettre en œuvre de manière efficace. La taxe d’apprentissage était trouvée en France comme étant une ressource adéquate pour financer l’apprentissage auprès des universités et des écoles d’ingénieurs. Or, j’ai pu lire dans [5], que la réforme de la taxe d’apprentissage est entrain de mécontenter les grandes écoles et les universités. Dans un contexte de restrictions budgétaires, les établissements d’enseignement supérieur s’inquiètent de la disparition d’une nouvelle manne financière. Et se tournent vers de nouveaux interlocuteurs majeurs : les régions. La baisse du barème "ampute l’ensemble des établissements, lycées, écoles et universités de 50 millions d’euros environ pour leur fonctionnement". Le taux de répartition du barème entre les différents niveaux de formation va léser les bac+3 et bac+5. C’est un message contradictoire du gouvernement, qui affirme vouloir développer ce mode de formation, et apporte un coup de frein à la composante qui le développe le plus, l’enseignement supérieur ! "La taxe d’apprentissage représente 20% du budget des grandes écoles. Cette nouvelle situation va obliger les grandes écoles à envisager les pistes suivantes : ouverture de programmes de formation préparant à des niveaux inférieurs au bac+2, création de nouveaux mastères spécialisés en formation initiale et montée en puissance de la fondation de l’école pour collecter des fonds auprès des entreprises dans le cadre du mécénat… Côté universités, les pourcentages du barème sont très variables d’un établissement à l’autre. Elles vont s’organiser pour optimiser les relations avec les entreprises, jouer sur les liens qui unissent chaque université localement, à travers les fondations notamment. Par contre, les écoles qui proposent de nombreuses formations en alternance ou celles qui ont développé l’apprentissage depuis vingt ans et d’avoir créé un CFA, devront bénéficier de l’augmentation de la part de la taxe versée dans le cadre du quota qui finance directement les CFA. Les responsables de l’enseignement supérieur se tournent parallèlement vers les régions, qui deviennent des interlocuteurs majeurs, en récupérant 51% de la gestion du quota, au lieu de 42%, à la suite de la réforme. "Les élus territoriaux auront plus de pouvoir sur les orientations stratégiques, ce à quoi les universités n’étaient pas défavorables". Il faut enclencher le dialogue avec les régions pour que l’apprentissage soit mieux financé."

La part du barème (ou hors quota) de la taxe d’apprentissage, passe à 23%, le reste de la taxe se subdivise en 26% destinés aux CFA, et 51 % qui vont aux régions pour le développement de l’apprentissage. Le barème était auparavant versé par les entreprises : pour 40% à des formations de niveau IV (bac) et V (CAP et BEP), pour 40% à des formations de niveau III (BTS, DUT) et II (licence, master), et pour 20% à des formations de niveau I (bac+5). Il comprend désormais deux catégories seulement : la catégorie A, correspondant aux niveaux V, IV et III (du CAP au bac+2), qui percevra 65% du barème, et la catégorie B, correspondant aux niveaux I et II (bac+3 au doctorat), qui en percevra 35%. 


Références

[1] A quoi servent les études ? Publié le 5 octobre 2014. http://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2014/10/05/a-quoi-servent-les-etudes.html Chômage des jeunes : être très diplômé n'arrange pas grand-chose. Le Point - Publié le 1er octobre 2014 http://www.lepoint.fr/societe/chomage-des-jeunes-etre-tres-diplome-n-arrange-pas-grand-chose-01-10-2014-1868214_23.php

[2] Enseignement supérieur : Des jeunes plus diplômés mais plus exposés au chômage. Publié le 2 octobre 2014. http://www.capcampus.com/actualite-jeune-dip-1024/enseignement-superieur-des-jeunes-plus-diplomes-mais-plus-exposes-au-chomage-a32022.htm

[3] Les apprentissages sont ancrés au cœur du système éducatif Suisse. Mais les jeunes sont de plus en plus séduits par des études universitaires. Témoignages. Publié le 30 septembre 2014. http://www.swissinfo.ch/fre/etudier-ou-travailler--la-question-divise/40797130?rss=true&linkType=guid

[4] Le décret sur le label des « campus des métiers et des qualifications » est paru. Pôles de compétitivité. Publié le jeudi 2 octobre 2014. http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250267806486&cid=1250267802277

[5] Réforme de la taxe d’apprentissage : l’enseignement supérieur en danger ? Source letudiant.fr. Publié le 29 septembre 2014 par iffresblog. http://iffresblog.com/2014/09/29/reforme-de-la-taxe-dapprentissage-lenseignement-superieur-en-danger/







lundi 19 août 2013

Avec un taux de chômage record, quelles études faut-il choisir?


Avec plus de 610 000 demandeurs d'emploi recensés en juillet, la Belgique bat un nouveau record. D'autant que, sur les dix dernières années, le taux de chômage n'avait jamais été aussi élevé (8,7%). Dans cette période de crise, certaines professions souffrent paradoxalement d'un manque de travailleurs. Quels secteurs garantiront un job aux étudiants ? Comment se réorienter quand on est chômeur et qu'on ne trouve pas d'emploi ? Voici la liste des études pour les métiers en pénurie établie par l'ONEM.

"Fonctions critiques". C'est l'appellation utilisée par le Forem pour désigner les métiers qui manquent de main-d'oeuvre. Le service public wallon de l'emploi et de la formation en recense 43 en 2012, dont 29 qui sont en pénurie.

Le choix d'études des jeunes doit-il être dirigé en fonction de ces métiers ? Pour Marie-Kristine Vanbockestal, administratrice générale du Forem, il faut en tout cas "travailler sur cette orientation". Elle ne prône certainement pas une obligation en tant que telle mais appelle l'enseignement à "donner envie d’aller vers tel ou tel métier".

Boucher, infirmier, éducateur, ingénieur... Ces métiers boudés qui recrutent

Quelles que soient les mesures incitatives mises en place, ces professions restent donc des réserves importantes pour l'emploi, alors que la demande connaît une hausse importante. L'ONEM a établi une liste recensant les études qui débouchent sur les métiers en pénurie, selon le type d'enseignement.

Dans le secondaire supérieur technique ou professionnel, ce sont les études de boucher, de cuisinier, de mécanicien ou encore, depuis cette année, de puéricultrice qui sont les plus prometteuses d'emploi. Les domaines de la construction, de l'informatique, du travail du bois ou de la transformation du métal souffrent aussi d'un manque de main-d'oeuvre.

L'enseignement supérieur est également gage d'emploi, du moins pour les études d'éducateur, d'infirmier, d'instituteur primaire ou maternel, ou pour les agrégations de l'enseignement secondaire inférieur.

Dans l'enseignement supérieur de type universitaire, l'ONEM, place les études d'ingénieur (civil, industriel ou, depuis cette année, comercial), de traduction, de langues modernes ou encore d'agrégé de l'enseignement secondaire supérieur dans la même liste.

La liste complète est à lire ici.

Chômeur ? Vous pouvez étudier tout en gardant vos allocations

L'Office national de l'emploi propose aussi une "dispense" aux chômeurs, soit la possibilité de reprendre des études sans perdre leurs allocations, et en s'affranchissant de certaines obligations (plus besoin, par exemple, d'être disponible sur le marché de l'emploi ou d'être inscrit comme demandeur). Une des conditions : faire son choix parmi l'éventail des études qui préparent à une profession en pénurie.

La dispense est valable pour une seule formation, et pour une année scolaire (vacances comprises). Elle peut être prolongée en cas de réussite ou retirée pour manque d'assiduité.

De moins en moins de pénurie, grâce à la crise

Si des secteurs - comme les hôpitaux - manquent de personnel depuis des années, la crise n'a pas été sans effet sur ces pénuries. Mais c'est surtout l'image que les demandeurs d'emploi ont de certains de ces métiers (pénibilité, salaires plus faibles) qui les dissuade. La crise aurait d'ailleurs même contribué, pour partie, à en réduire la liste.

"La liste de ces métiers n'a jamais été aussi basse", explique Marie-Kristine Vanbockestal en faisant référence aux analyses du Forem. "Il y a 29 métiers en pénurie aujourd'hui, contre 40 à l'entame du Plan Marshall en 2005", ajoute-t-elle.

Pour la patronne du Forem, "c'est la conséquence d'un meilleur accompagnement des demandeurs d'emplois, redirigés plus spécialement vers ces secteurs, et de contrôles plus systématiques."

Quant à la crise, "elle pousse certains demandeurs d'emploi à accepter un travail qu'ils auraient peut-être refusé en temps normal", conclut-elle.

G.Renier

Mis à jour le lundi 19 août 2013 à 15h27

mardi 25 juin 2013

OCDE : Pas de salut hors du diplôme

"L'écart en terme d'emploi entre les jeunes qui ont un niveau d'instruction et ceux qui ont abandonné tôt leurs études n'a cessé de se creuser" affirme l'OCDE qui publie le 25 juin l'édition 2013 de Regards sur l'éducation. Ce constat général est particulièrement vrai pour la France. Mais ce n'est pas tout. Tenez vous bien : le diplôme est plus fort que le chocolat...

Ecarts devant le chômage

Le taux de chômage des personnes qui n'ont pas achevé le deuxième cycle du secondaire est de 13% dans l'OCDE contre 5% pour les diplômés du supérieur. La crise a aggravé les choses en renforçant la concurrence pour l'emploi. En France le taux de chômage pour les jeunes sans formation est passé de 14 à 18% depuis 2008. C'est un des taux les plus forts de l'OCDE. Le taux de chômage est de 11% pour les jeunes ayant un baccalauréat et de 6% pour les diplômés du supérieur.

Ces moyennes sont évidemment à nuancer selon les filières. Certaines filières professionnelles par exemple peuvent avoir un taux de chômage inférieur à celui des bacheliers technologiques ou professionnels. Mais globalement, en France, le taux de chômage st identique entre bacheliers professionnels et généraux. Ce qui, pour l'OCDE, pose la question de la reconnaissance du professionnel.

Ceux qui tiennent les murs

La France se distingue par la difficulté du retour en formation en dehors des l'âge socialre classique. Dans de nombreux pays de l'OCDE on peut reprendre ses études après avoir quitté l'école. En France c'est quasi impossible et l'OCDE met l'accent sur cet obstacle. Peu de jeunes sans qualification âgés de 25 à 29 ans sont en formation en France : seulement 1% contre 10% en Allemagne. La proportion de ces jeunes au chômage est de 22% en France contre 14% dans l'OCDE, c'est un des taux les plus importants de l'Organisation.

Que rapporte le diplôme ?

Dans tous les pays de l'OCDE le fait d'être diplômé du supérieur augmente fortement le salaire. L'écart entre une formation secondaire et supérieure peut atteindre 65% aux Etats-Unis ou au Brésil. En France l'écart entre le revenu d'un salarié ayant un diplôme inférieur au bac et un salarié ayant un diplome du supérieur varie de l'indice 79 à 147. L'avantage st plus important pour les hommes (83 à 157) et moins fort pour les femmes (75 à 145).





Mais l'OCDE fait mieux en calculant la balance pertes / profits pour les poursuites d'études. Ainsi, en France, l'OCDE estime à 97 888 $ le gain net d'un bachelier et 74 234$ pour une bachelière. Pour un diplômé du supérieur le gain sera de 225 495$ pour un homme et 156 192$ pour une femme. L'écart entre les sexes est très marqué. Faire des études génère aussi des gains pour la collectivité, évalués à 59 440$ pour un bachelier et 130 208$ pour un diplômé du supérieur. Le diplômé paiera plus d'impôts, aura moins besoin d'aide sociale, sera moins au chômage par exemple.

Mais ce que montrent aussi les données OCDE c'est l'écart générationnel important pour les diplômés du supérieur. Avec la Corée et la Grèce, la France fait partie des pays en tête de l'OCDE pour une rémunération particulièrement élevée des séniors. On retrouve ici la thèse de Louis Chauvel sur "la guerre des générations". "Jamais les seniors n'ont connu un revenu moyen aussi élevé et un patrimoine aussi important" assénait-il en 2010. "Alors que le chômage est le mode d'entrée dans la vie adulte des jeunes depuis les années 1980. Ces mêmes jeunes sont étranglés entre des salaires de plus en plus bas et un coût du logement de plus en plus élevé. Les générations plus anciennes ont pu financer leur logement par l'inflation. Politiquement la situation est identique. En 1981 pour un député de moins de 40 ans il y avait un député de plus de 60. Aujourd'hui il y en a 9 ! Les vieux ont accaparé le pouvoir !"

Le diplôme plus fort que le chocolat




Mais on n'aurait tort de limiter l'efficacité du diplôme aux gains financiers qu'on peut en attendre c'est à dire à la qualité de l'investissement. Ou même au fait que le citoyen éduqué est généralement un meilleur citoyen, plus impliqué, plus confiant, moins extrémiste, que son homologue moins diplômé. Le diplôme a aussi la qualité de dissoudre le chocolat et les graisses inutiles. C'est du moins ce qu'affirme l'OCDE qui a calculé le pourcentage d'obèses dans la population en fonction du diplôme. Il y a un lien nette entre obésité et niveau d'instruction. Ainsi en France le diplôme divise par deux le taux d'obèses pour les hommes et par plus de trois pour les femmes. C'est fort, non ?

François Jarraud

Louis Chauvel

le mardi 25 juin 2013.

vendredi 21 juin 2013

Apprendre à entreprendre dans un monde en réseau



Les applications numériques ont beau nous rendre la vie plus simple et plus excitante au quotidien, force est de constater aussi qu'elles ont détruit un nombre considérable d'emplois. Grosso modo, toutes les tâches routinières qui pouvaient être programmées et automatisées l'ont été ou sont en passe de l'être. Des robots et des logiciels remplacent les travailleurs dans de multiples domaines; le mouvement, qui a touché en premier lieu les processus industriels, s'est rapidement étendu au process des services. Il touche désormais les professions intellectuelles dites supérieures. En 2011 par exemple,plusieurs dizaines de milliers d'avocats se sont retrouvés au chômage aux Etats-Unis, car est apparu un logiciel spécialisé dans la vérification systématique des pièces attachées à tout dossier instruit, tâche qui occupait de très nombreux hommes de loi.

Les emplois liés aux TIC devraient être moins exposés que les autres, puisque la demande en ce domaine croît sans cesse, pour automatiser toujours plus de processus. Pourtant, de nombreux emplois liés aux TIC ont déjà disparu ou se sont considérablement transformés, touchés eux aussi par l'automatisation. Regardez par exemple le métier de développeur web : voici quinze ans, on trouvait des développeurs de métier derrière la majorité des sites, même les plus simples. Aujourd'hui, n'importe qui peut créer un site en quelques minutes grâce aux gabarits mis à disposition gratuitement. Pourtant, on manque plus que jamais de développeurs ! Mais pas pour faire la même chose qu'avant : les développeurs ont intérêt désormais à maîtriser plusieurs langages, à pouvoir apporter sur-le-champ la preuve de leurs compétences et à avoir des capapcités d'apprentissage hors du commun pour répondre à leurs missions de plus en plus complexes et dynamiques.

Un systéme éducatif qui ne prépare plus à la réalité du travail

Les tâches et emplois les plus routiniers sont donc voués à la disparition. La société de la connaissance ne serait-elle favorable qu'aux mieux dotés et aux plus fortements dilômés ? Oui mais hélas, pas systématiquement... Nombre de diplômés du supérieur restent sur la touche. Harold Jarche, spécialiste du Social Learning, a fait lors du colloque 2013 du REFAD une remarquable intervention dans laquelle, après avoir dressé le constat dont sont tirés les paragraphes ci-dessus, il a fortement remis en cause le modèle éducatif actuel. Le monde du travail a en effet subi de plein fouet la révolution numérique. C'est maintenant au monde éducatif de s'adapter, mais il resiste remarquablement bien, en continuant de développer chez les jeunes des compétences individuelles (ce qui est toujours mieux que de transmettre de simples savoirs), dans un monde où la valeur ajoutée de la personne tient essentiellement à sa capacité à évoluer dans un réseau. Jarche a notamment cité une étude réalisée par Robert Kelley, montrant que si, en 1986, 75 % des connaissances dont les travailleurs du savoir avaient besoin pour assurer leur travail étaient encore "emmagasinées dans (leur) cerveau", ce nombre a chuté à 9 % en 2006 (après l'irruption du web)... et n'est peut-être même plus mesurable aujourd'hui, tant il est infime.

Une société post-emploi ?

Les gains de productivité dus à l'automatisation des tâches, la délocalisation de la production de certains biens et services et l'inadaptation de nombre de diplômés à la société en réseau jouent un rôle crucial dans la montée du chômage. À ceci, il faut évidemment ajouter la crise économique qui sévit depuis 2008, de manière plus ou moins intense selon les pays. Ces phénomènes cumulés ont conduit nombre de pays à des niveaux de chômage records. En France, en Pologne, en Irlande, plus de 25 % des jeunes sont au chômage. La situation est bien pire en Italie (40 % de jeunes au chômage), en Espagne (56 %) et en Grèce (62 %). Même les Etats-Unis découvrent le chômage structurel, avec quelques décennies de retard sur l'Europe, et se préparent à inventer un mode de vie dont le travail ne constituerait plus la pièce maîtresse, comme on peut le lire dans Techcrunch.

On ne s'étonnera pas alors que l'entrepreneuriat individuel soit fortement encouragé par les pouvoirs publics gérant des assurances-chômages en déficit permanent. La France a mis en place en 2009 le statut d'autoentrepreneur qui permet à toute personne, quelle que soit sa condition, d'exercer de manière légale une activité principale ou complémentaire sans s'encombrer de la copieuse paperasse imposée comme une punition à tout créateur d'entreprise. Mais, alors que ce statut rapporte des centaines de millions chaque année à l'état français en impôts et cotisations sociales, voilà que le gouvernement actuel est en passe d'en restreindre l'utilisation, au risque de faire remonter encore la courbe du chômage, de renvoyer nombre d'individus dans le travail au noir et de perdre d'importantes rentrées fiscales et sociales.

UniMOOC : Apprendre à entreprendre


Comment aider les volontaires à passer de l'idée aux actes, créer leur propre emploi, voire à développer une véritable entreprise ? Ce goût se développe dans un environnement porteur et positif, et pas seulement sous la contrainte économique. C'est en Espagne, pays qui, comme nous l'avons vu plus haut, fait actuellement face à un chômage de masse, qu'est née une initiative particulièrement intéressante à ce niveau : UniMOOC AEmprende, un des premiers MOOC développés en Europe (octobre 2012) et qui a depuis lors adopté une distribution permanente. UniMOOC est consacré à la création d'entreprise. Il s'agit d'un projet collaboratif, impulsé intialement par l'institut d'économie internationale de l'université d'Alicante, et qui fédère actuellement 16 partenaires, pouvoirs publics, entreprises et universités.

Le slogan d'UniMOOC est "Aprender + Emprender", soit "Apprendre + Entreprendre". Nous sommes ici très proches de ce que Jarche dans son intervention au colloque du REFAD mentionnait comme la nouvelle articulation entre l'éducation et le travail :

UniMOOC est entièrement consacré à la création d'entreprise dans le domaine des TIC. Entrepreneurs, investisseurs et experts des TIC alimentent les 7 unités thématiques (+ une : "comment créer sa startup"), complétées d'unités régionales (universités d'Alicante, de Murcia et de Cantabria).

UniMOOC est un MOOC connectiviste, qui exploite donc à plein les caractéristiques supports du web pour l'apprentissage : l'accès illimité à l'information, la capacité d'auto-édition et la facilité de création de groupes d'apprentissage. 2500 personnes venant de 60 pays ont suivi la première édition de ce MOOC. Depuis, il est ouvert en permanence et on peut s'y inscrire à tout moment. Actuellement, plus de 20 000 personnes sont déjà passées par UniMOOC.

Ce qui frappe dans UniMOOC, c'est la parfaite cohérence entre le fond et la forme. Le MOOC connectiviste est en effet une forme d'apprentissage en réseau, comme l'est le travail aujourd'hui, et comme l'est aussi, obligatoirement, toute démarche de création d'entreprise. En faisant dialoguer les aspirants entrepreneurs entre eux et avec les professionnels, le MOOC crée véritablement un écosystème favorable à l'entrepreneuriat et à l'apprentissage, confondus dans une démarche unique.

Les périodes de crise sont favorables à une certaine innovation. UniMOOC en est une parfaite illustration. Le modèle mérite d'être décliné en plusieurs langues. Quel entrepreneur hardi relèvera ce défi ?

RÉFÉRENCES :

REFAD | Réseau d'enseignement francophone à distance. "REFAD - Colloque 2013." Site consulté le 17 juin 2013. http://www.refad.ca/publications-et-rapports-de-recherche/publications/colloque/colloque-nouveaux-horizons-en-formation-a-distance-que-nous-reserve-lavenir-edmundston-n-b-30-et-31-mai-2013-archives-en-ligne/. Suivez les instructions pour accéder à la conf"rence d'Harold Jarche (en français).

Jarche, Harlod. "The post-job economy." Harold Jarche | sense-making for the connected workplace. 24 février 2013. http://www.jarche.com/2013/02/the-post-job-economy/.

Jarche, Harold. "Shifting work." Harold Jarche | sense-making for the connected workplace. 16 mai 2013. http://www.jarche.com/2013/05/shifting-work/.

Markoff, John. "Armies of Expensive Lawyers, Replaced by Cheaper Software." The New York Times. 4 mars 2011. http://www.nytimes.com/2011/03/05/science/05legal.html?pagewanted=all&_r=0.

"Toute l'Europe: Comparatif : le taux de chômage des jeunes dans l'UE." 14 juin 2012.http://www.touteleurope.eu/fr/actions/social/emploi-protection-sociale/presentation/comparatif-le-taux-de-chomage-des-jeunes-dans-l-ue.html.

Evans, Jon. "After Your Job Is Gone." TechCrunch. 1er juin 2013.http://techcrunch.com/2013/06/01/after-your-job-is-gone/.

Le Galès, Yann. "Le gouvernement Ayrault s'attaque aux auto-entrepreneurs." Paroles d’entrepreneurs. 17 avril 2013. http://blog.lefigaro.fr/legales/2013/04/le-gouvernement-ayrault-sattaque-aux-auto-entrepreneurs.html.

"UNIMOOC AEMPRENDE." Site consulté le 17 juin 2013.http://unimooc.com/landing/index.html.

Illustrations. En-tête : Cienples design, Shutterstock.com. Corps de texte, 2 et 3 : copies de diapositives utilisées par Harold Jarche pendant sa présentation au colloque du REFAD 2013. 3 : capture d'écran de la page d'accueil d'UniMOOC.

Créé le lundi 17 juin 2013 | Mise à jour le lundi 17 juin 2013

mercredi 17 avril 2013

Accompagner la création d’entreprise par les chômeurs : une urgence

L’ADIE, association pionnière et premier acteur du microcrédit en France, lance un appel pour financer l’accompagnement des chômeurs créateurs d’entreprises et aider les personnes exclues du marché du travail n’ayant pas accès au crédit bancaire.

Lors de son Assemblée Générale du 22 mars dernier, Catherine Barbaroux, Présidente de l’Adie, depuis mars 2011, a réaffirmé l’urgence de mieux financer l’accompagnement à la création d’entreprises par des publics en situation de précarité. Ses résultats, comme le succès de sa 9ème Semaine du Microcrédit qui a attiré à elle de nombreux candidats à la création d’entreprise, démontrent que le microcrédit est un moyen de lutter efficacement contre le chômage.

Quelques chiffres témoignent du succès du dispositif.
L’Adie a financé en 2012 plus de 13 000 microcrédits.
68% des entreprises créées grâce à l’Adie sont pérennes après 2 ans et 59% après 3 ans.
Le taux d’insertion des personnes financées est de 79%.
Depuis sa création en 1989 par Maria Nowak, lʼAdie a financé plus de 117 000 microcrédits, participant ainsi à la création de plus de 85 000 entreprises, avec un taux de pérennité après deux ans de 68% et un taux d’insertion des personnes financées après deux ans de 79%.
Selon Catherine Barbaroux, l’accompagnement d’un chômeur créateur d’entreprise coûte 1 550 euros, alors que le financement annuel d’un chômeur s’élève en moyenne à 14 000 euros. Afin de donner encore plus de chance aux micro-entrepreneurs de maintenir et de développer leur activité, l’accompagnement avant, pendant et après la création est la condition de ce succès.

En 2012, malgré une activité en forte hausse (+8%), l’Adie a vu les financements de l’Etat diminuer de 2 millions d’euros, mettant ainsi en péril l’ambition de l’association d’apporter ses aides à un plus grand nombre de personnes en situation d’exclusion.

Le dernier rapport de la Cour des Comptes sur les dispositifs d’aide à la création d’entreprise, qui fait référence de façon positive à l’Adie à maintes reprises, démontre que l’accompagnement des créateurs d’entreprise est nécessaire et efficace s’il est bien mobilisé.

Place publique

http://www.place-publique.fr/Accompagner-la-creation-d

lundi 14 mai 2012

Tunisie : et si on s'occupait des vrais problèmes...

14/05/2012 à 16h:52 Par Abdelaziz Barrouhi, à Tunis

Vie chère, chômage, désordre, insécurité... Très préoccupante, la situation socioéconomique de la Tunisie n'en est pas pour autant désespérée. À condition que tout le monde se remette sérieusement et rapidement au travail.

Mohamed Bouazizi, le marchand ambulant de légumes dont le suicide, le 17 décembre 2010 dans la ville de Sidi Bouzid, avait déclenché l'insurrection populaire qui a balayé le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, se reconnaîtrait-il dans la Tunisie de mai 2012 ? Celui qui a été promu à titre posthume symbole de la révolution endosserait probablement, à tout le moins dans son principe, la transition démocratique inaugurée par l'élection libre d'une Assemblée nationale constituante (ANC) en octobre 2011 et l'entrée en fonction, au début de 2012, du gouvernement de coalition issu des urnes.


Sans doute se féliciterait-il aussi de voir ses concitoyens, qu'ils soient favorables ou non au gouvernement, ou encore apolitiques, user sans limites d'une liberté chèrement acquise pour exprimer leurs opinions et revendications. Mais il ne pourrait que constater que, au lieu de sortir de la crise économique et sociale, le pays s'y est au contraire gravement enfoncé.

C'est peu dire, en effet, plus de un an après la révolution, que la vie quotidienne des citoyens tunisiens s'est singulièrement compliquée. Le laisser-faire est devenu roi. En l'absence des contrôleurs municipaux, qui étaient la bête noire de Bouazizi, les trottoirs ont été « colonisés » par les commerçants, qui en ont fait des sortes d'annexes à leurs boutiques, tandis que d'autres y ont bâti carrément des baraques en dur, au grand dam des piétons, forcés de partager la chaussée avec les automobilistes. Les constructions anarchiques pullulent, parfois sur le domaine public.

Spéculation

Un affairisme sauvage s'est instauré dans le pays, faisant flamber le coût de la vie. Les prix au détail des produits alimentaires - comme la viande, le poulet, les oeufs, les tomates, les pommes de terre, les petits pois et le poivron - ont quasi doublé. Même la chakchouka, ratatouille locale et plat du pauvre par excellence, est devenue coûteuse. « J'ai oublié le goût de la viande, dont le prix est inabordable depuis des mois, se plaint Mabrouka, une mère de cinq enfants croisée au marché municipal de l'Ariana, dans la proche banlieue de Tunis. Regardez mon panier, il n'y a que quelques légumes. » Une autre ménagère glisse 1 dinar (0,50 euro) au boucher, qui

lui tend un sachet où il a placé des déchets de viande sans les peser. « Juste pour le goût », me chuchote-t-elle discrètement à l'oreille.

La mafia des Trabelsi-Ben Ali et de ses sous-traitants est peut-être partie, d'autres sont restés ou ont pris sa place. Partout dans le pays, on signale des groupes organisés disposant de gros moyens financiers et agissant ouvertement pour spéculer impunément. « Yahya Ben Ali ! » (« Vive Ben Ali ! ») ont lancé par défi certains d'entre eux lorsque le président Moncef Marzouki s'est rendu au marché de gros de Bir el-Kassaa, dans la capitale, pour se présenter devant les caméras de télévision comme le défenseur du panier de la ménagère. Comme au temps où les familles du clan Trabelsi-Ben Ali régissaient les circuits de distribution, les étals regorgent, malgré une interdiction formelle du gouvernement, de pommes importées par bateaux entiers, de bananes d'Amérique latine et d'oranges en provenance d'Espagne.

Sabotages

La grogne s'est généralisée à l'ensemble du pays. Les grèves et les sit-in - sauvages ou non - sont devenus un sport national. « On en a recensé 60 000 en 2011. Le chiffre est retombé à 15 000 depuis janvier », souligne Khelil Ezzaouia, le ministre des Affaires sociales. Des chômeurs organisent des sit-in à l'entrée des entreprises pour les forcer à les recruter, empêchant physiquement les employés d'aller travailler. D'autres les imitent parce qu'ils n'ont pas réussi un concours de recrutement, comme cet étudiant en droit qui veut coûte que coûte devenir conducteur d'engin. Certains, enfin, en font un prétexte pour racketter ou saboter une activité dans le cadre d'une surenchère politique. Des manifestations massives sont organisées devant les tribunaux pour faire pression sur les juges à propos de telle ou telle affaire. Des postes de police et de la garde nationale sont attaqués et incendiés. Ici, les amandiers d'une exploitation agricole sont brûlés pour obliger l'exploitant à partir, au prétexte qu'il n'est pas originaire de la région. Là, des routes, voies de chemin de fer et artères d'accès aux ports commerciaux (comme celui de Tunis-Radès) sont coupées, ce qui isole des régions entières et bloque des activités essentielles pour les citoyens et l'économie.

En avril, de tels sit-in et sabotages étaient encore enregistrés dans des secteurs stratégiques. Avec une production annuelle moyenne de 8 millions de tonnes, dont 80 % sont valorisés sur place, la Tunisie est l'un des cinq grands opérateurs mondiaux de phosphates. Ses entreprises, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT), qui ont fusionné en 1994, se chargent de l'extraction et produisent de l'acide phosphorique et des engrais minéraux. Le chiffre d'affaires avoisinait, bon an mal an, 1 milliard de dinars (près de 500 millions d'euros). Or, avec la multiplication des mouvements sociaux depuis janvier 2011, ce chiffre est tombé à 200 millions de dinars pour 2011, alors que les cours mondiaux des phosphates sont à la hausse. Durant le premier trimestre de 2012, la production a repris, mais elle est demeurée très au-dessous de son niveau de 2010 (- 62 % pour la CPG et - 42 % pour le GCT). Comme si cela ne suffisait pas, les sit-in ont repris en avril, interrompant de nouveau les livraisons.

Il n'est pas étonnant qu'avec de telles perturbations l'année 2011 ait été marquée par une récession, avec quatre trimestres consécutifs de décroissance (- 2,2 % de PIB). Durant le premier trimestre de 2012, le tourisme a rebondi (voir pp. 106-109). « Compte tenu du retour de la confiance dans la destination Tunisie, nous nous attendons à des performances proches de celles d'une année normale, nous a déclaré Elyes Fakhfakh, ministre du Tourisme. Ce ne serait que 15 % de moins qu'en 2010. » Les investissements privés, notamment étrangers, ont progressé de 30 %, après avoir chuté de 25 % en 2011.

Les importations de biens d'équipement ont repris. La croissance du PIB est estimée, pour ce premier trimestre, à 2 %, ce qui augure une sortie de la récession.

Emprunts

Mais l'hirondelle ne fait pas le printemps. Le déficit commercial s'est creusé en raison de la crise économique qui sévit dans les pays de l'Union européenne (UE), avec lesquels la Tunisie effectue 80 % de ses échanges. Conséquence directe : la balance des paiements courants s'est dégradée, ce qui a fait chuter les réserves en devises à un niveau équivalent à quatre-vingt-dix-huit jours d'importation. On s'est ainsi dangereusement rapproché du seuil de quatre-vingt-dix jours, en deçà duquel la situation devient préoccupante. De l'avis des experts, c'est là le talon d'Achille de l'économie tunisienne. Les chefs d'État du G8 avaient promis aux pays du Printemps arabe pas moins de 40 milliards de dollars (près de 30 millions d'euros) pour les aider à réussir leurs transitions démocratiques.

Mais cette promesse n'a, à ce jour, pas été honorée. De tous les partenaires du pays, seuls les États-Unis ont fait un réel effort en s'engageant à soutenir une sortie de la Tunisie sur le marché des capitaux américain. L'État a néanmoins réussi à conclure avec le Qatar un emprunt obligataire de 500 millions de dollars qui a été finalisé en avril à un taux d'intérêt de 2,5 % par an, remboursable d'ici à 2017. « Cet emprunt arrive à temps pour permettre de payer en avril 650 millions de dollars de service de la dette », note Moez Labidi, un universitaire membre du conseil d'administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Dans un contexte où les sources de financement autres que celle du marché paraissent asséchées, la marge de manoeuvre du gouvernement Jebali paraît limitée. Dans son programme, présenté le 26 avril avec la loi de finances complémentaire pour 2012, 6,2 milliards de dinars - sur un budget de l'État totalisant 25,4 milliards de dinars - sont consacrés au développement, notamment celui des régions défavorisées, à travers une soixantaine de grands projets d'investissements dans les infrastructures routières et les équipements collectifs. Le gouvernement prévoit également la création de 25 000 emplois dans le secteur public et mise sur une croissance de 3,5 % pour en créer davantage. Mais les économistes estiment à au moins 7 % le taux de croissance annuel requis pour s'attaquer efficacement au problème du chômage, qui touche 700 000 personnes.

Besoin de sérénité

Si la situation est difficile, elle n'est pas encore désespérée. À condition que le pays se remette sérieusement au travail, que les incitations à la désobéissance civile cessent et qu'un frein soit mis aux mouvements sociaux - quelle que soit l'obédience politique de leurs inspirateurs -, afin que les forces de l'ordre puissent se consacrer aux problèmes réels de sécurité et que le gouvernement et la Constituante soient en mesure de préparer plus sereinement la nouvelle Loi fondamentale et les textes nécessaires pour la tenue des élections générales de la mi-2013.

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Tunisie : et si on s'occupait des vrais problèmes... | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

mardi 27 mars 2012

"Travailler autrement pour répondre à la crise"


Getronics (Diegem)
Six employés belges sur dix estiment que 'travailler autrement' - postes de travail flexibles, télétravail, utilisation d’outils collaboratifs, … - pourrait être un moyen efficient de combattre la crise économique. Voilà ce qui ressort du quatrième Baromètre ICT de l’entreprise de services IT Getronics.

Getronics a chargé Insite Consulting d’interroger 1.536 employés belges. De l’enquête, il apparaît que 9 employés sur 10 pensent que la crise économique a été néfaste pour leur entreprise. 1 employé sur 4 estime en outre que sa carrière souffre de la crise. Comme réponse à cette situation, 60 pour cent des personnes interrogées trouvent leur salut dans 'le nouveau travail'.

‘Travailler autrement’ permettrait aux entreprises d’économiser au niveau de l’espace de travail et des coûts de transport, d’attirer du nouveau talent du fait que la distance ne serait plus considérée comme un obstacle, de réduire l’absentéisme et d’améliorer la productivité et l’efficience pour les employeurs.

Selon l’étude effectuée par Getronics, les secteurs ICT et industriel seraient les plus avancés pour ce qui est de ‘travailler autrement’. Ce sont surtout les entreprises pharmaceutiques dans le secteur industriel qui sont les leaders en la matière. Les pouvoirs publics et le secteur de la santé - hormis quelques exemples forts comme le SPF Sécurité Sociale - ont par contre encore beaucoup de pain sur la planche. Cela concerne essentiellement l’environnement de travail (bureaux flexibles, aménagement, possibilité de télétravail efficient, …), l’organisation du travail (processus, vision de l’employeur, …) et les installations ICT.

39 pour cent des entreprises appliquent actuellement déjà le principe des 'floating desks', ce qui représente une hausse de 6 pour cent par rapport à l’année dernière. Quelque 49 pour cent des employés peuvent travailler de chez eux. 61 pour cent des employés qui ne le font pas, souhaiteraient adopter le télétravail. Les principaux obstacles sont la nature du travail (55%) et le refus de l’employeur (34%). ...


Stefan Grommen - 12:16

Lire la suite :
http://datanews.levif.be/ict/actualite/apercu/2012/03/27/travailler-autrement-pour-repondre-a-la-crise/article-4000073146528.htm

dimanche 25 mars 2012

Des chercheurs étudient la mue du chômeur en entrepreneur

Près de 90% des sociétés créées par des sans-emploi en Suisse sont encore en activité après trois ans. De plus, elles ont créé de nouvelles places de travail et ont potentiellement permis de sortir d’autres personnes du chômage. Le sujet a fait l’objet d’une recherche à l’EPFL afin de mieux comprendre les processus de création d’entreprises.

Lorsqu’on est sans-emploi, monter sa propre entreprise peut s’avérer une bonne solution, pour soi et pour l’économie. C’est ce que démontre une étude pilotée par le professeur Marc Gruber, responsable de la Chaire Entreprenariat et commercialisation de technologies de l’EPFL, dont le rapport vient de sortir. Réalisée avec le soutien de plusieurs offices de placements régionaux, cette recherche analyse pour la première fois en détails qui sont les chômeurs qui se mettent à leur compte, quels sont les facteurs qui les y poussent et les aides à disposition et comment leur société évolue. Les chercheurs ont également comparé les données de plusieurs pays – Suisse, Allemagne, France, Belgique. Marc Gruber en donne les grandes lignes…

- Votre étude montre que les entreprises montées par des personnes sans-emploi ne font pas que sortir leur fondateur du chômage…


Tout à fait. Il apparaît que ces entreprises sont génératrices d’emplois. En Suisse, ces sociétés ont créé 2,2 postes en moyenne après trois ans, en plus de celui de leur fondateur, et sortent donc potentiellement également d’autres personnes du chômage! De plus, elles présentent un taux de survie très encourageant, qui est même plus élevé en Suisse que dans les autres pays européens étudiés. 88% d’entre elles sont encore en activité après trois ans, contre 80% en Allemagne ou 77% en Belgique.

- Peut-on dresser le portrait du chômeur susceptible de créer une entreprise à succès?

Il s’agit d’un groupe hétérogène, comprenant des personnes issues de domaines très divers allant du jardinage à l’architecture ou au consulting. Mais l’on peut tout de même dessiner certaines tendances. Il s’agit majoritairement d’hommes, dans une tranche d’âge allant de 30 à 60 ans et qui ont donc une certaine expérience professionnelle au préalable. Deux profils se dégagent: il y a ceux qui ont toujours rêvé de monter leur propre boîte, qui repoussaient ce projet tant qu’ils avaient un emploi salarié et à qui le chômage a offert l’opportunité attendue. Ce sont en général des personnes qui se lancent rapidement, après seulement quelques semaines ou mois d’allocations. Et il y a ceux qui envisagent la création de leur société après des mois voire des années de chômage comme une solution de dernier recours. Cette deuxième catégorie est plutôt minoritaire.

- Comment ces résultats pourront-ils être utilisés?

Cette étude a notamment pour but de mieux comprendre quels effets les interventions et aides octroyées par les gouvernements, qui différent beaucoup selon les pays, peuvent avoir sur l’évolution du chômage. Ces résultats seront donc d’abord utiles à ceux qui font les politiques publiques en la matière, pour améliorer les programmes destinés à faciliter la création d’entreprises, mieux cibler leurs aides financières ou de formation, ou développer de nouvelles formes de soutien. Ces données peuvent également être bénéfiques pour les entrepreneurs ou ceux qui souhaitent le devenir, qui y trouveront des pistes pour valoriser leurs atouts, anticiper les difficultés, cerner leurs lacunes à combler en matière de connaissances ou de management, savoir comment s’entourer.

- Selon vous, y a-t-il une recette pour que ces entreprises marchent bien?

On croit souvent que la chance est le principal ingrédient du succès. Il en faut, c’est vrai! Mais dans cette recherche, nous nous interrogeons sur les autres aspects qui impactent systématiquement les performances d’une nouvelle start-up - l’idée elle-même, les connaissances du fondateur, son expérience de manager, sa personnalité - qui font qu’une société prospère, créé des emplois, fait du profit. En fait, deux facteurs favorisent la réussite: une idée à potentiel de croissance et une expérience dans le domaine du management. Parce qu’il faut savoir comment nager dans un milieu compétitif et connaître la manière dont les autres poissons y évoluent. Nos résultats montrent qu’avoir des connaissances spécifiques au domaine dans lequel on se lance est relativement moins crucial pour les «high-performers», car elles peuvent toujours s’acquérir sur le tas ou être assurées en s’entourant de bons collaborateurs.

- Monter sa propre entreprise peut-il être envisagé pour tous les chômeurs ?

L’entreprenariat n’est pas fait pour tout le monde. Mais nous pourrions au moins demander à chacun de ceux qui se retrouvent sans emploi d’y songer, de le voir comme une alternative possible. Il y a certainement beaucoup d’individus qui feraient de bons entrepreneurs, mais qui n’y pensent pas ou s’interdisent même de l’envisager.

Auteur: Sarah Perrin
Source: Mediacom
16.03.12

http://actu.epfl.ch/news/des-chercheurs-etudient-la-mue-du-chomeur-en-entre/

jeudi 22 mars 2012

Airbus veut se renforcer en Tunisie avec la construction d'un parc d'aviation civile


Airbus veut développer ses activités en Tunisie (Photo Airbus)
Airbus veut développer ses activités
en Tunisie (Photo Airbus)


Le constructeur aéronautique Airbus compte créer prochainement un parc civil aérien de sous-traitance dans plusieurs domaines (outillage, logistique, traitement de surface...) en Tunisie selon le président d'Airbus pour la région du Moyen-Orient, Habib Fekih.

Il s'entretenait lundi 19 mars 2012 avec Hamadi Jebali, premier ministre tunisien.

Ce projet s'inscrit dans le cadre de l'extension de l'usine d'Aerolia , située à Mghira et spécialisée dans les composants aéronautiques. Habib Fekih ajoute alors que cette extension permettrait d'augmenter le personnel de l'unité de 400 personnes à 1 700 employés et cadres.

Ainsi, le plan vise à soutenir les efforts du pays dans sa lutte interne contre le chômage : le pays compterait environ 800 000 chômeurs.

Astrid Jousset

Mardi 20 Mars 2012

http://www.econostrum.info/Airbus-veut-se-renforcer-en-Tunisie-avec-la-construction-d-un-parc-d-aviation-civile_a9455.html

mardi 20 septembre 2011

Définition de chômage


Définition de chômage

Le vocable chômage fait allusion au manque de travail. Un chômeur est une personne faisant partie de la population active (en âge de travailler) et qui est à la recherche d’un emploi mais qui a beaucoup de mal à en trouver un. Cette situation se traduit par l’impossibilité de travailler malgré la volonté de la personne.

Chômage est synonyme d’inactivité. Il y a lieu de faire la différence entre quatre types de chômage, à savoir : cyclique, saisonnier, frictionnel et structurel.

Le chômage cyclique consiste au manque de travail du fait de la situation de crise économique (c’est-à-dire, de récession). En général, il s’agit de périodes pas trop longues et qui s’invertissent dès que l’économie se voit améliorée.

Le chômage saisonnier survient par la fluctuation stationnaire de l’offre et de la demande. Le secteur de l’agriculture est un claire exemple de ce type de chômage : lors des cueillettes (les vendanges, par exemple), les postes à pourvoir augmentent et chômage baisse ; le reste du l’année, la situation est invertie.

Le chômage frictionnel (ou de mobilité) a lieu lorsque les deux parties (l’employé et l’employeur) ne parviennent pas à un accord. Par exemple, si les conditions de travail ne répondent pas aux besoins et aux attentes du travailleur, il demande alors sa démission et s’en va en quête d’un nouvel emploi. Il s’agit d’un chômage temporaire et assez constant.

Le chômage structurel, à son tour, est le plus grave puisqu’il survient d’une inadéquation technique entre l’offre et la demande de travail (la main d’œuvre disponible sur le marché). Souvent, les postes de travail nécessaires à la stabilité de l’économie sont insuffisants par rapport au nombre de personnes ayant besoin de travailler et qui cherchent un emploi. Cette situation demande l’intervention de l’État afin de résoudre ce déséquilibre.

sept 19, 2011

http://lesdefinitions.fr/chomage

Pourquoi le printemps arabe ?

Le printemps arabe a surpris tous les économistes qui pensaient que les efforts réalisés en matière d’ouverture aux échanges, d’attractivité des investissements directs étrangers, de coopération internationale avaient définitivement placé les pays méditerranéens sur une trajectoire de convergence avec leurs grands voisins européens. Les taux de croissance des PIB des dernières années devenaient proches du seuil permettant un réel rattrapage (assez largement supérieurs à 4% par an en moyenne sur la période 2000-2009). Avec, ici, des progrès sensibles de productivité (Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie) fondés sur la pénétration de l’économie de la connaissance, et là, des entrées d’investissements directs significatifs qui pouvaient pousser certains à se lancer dans des opérations visant à la convertibilité du compte de capital (ce qui signifie aller vers la libéralisation complète des mouvements de capitaux, ce qui fut le cas en Égypte).

Certes, nous avions souligné le danger d’une équation de transfert déséquilibrée dans le cadre des accords Euromed. Elle se traduit par un important déséquilibre commercial avec l’Europe, lié à l’asymétrie du désarmement tarifaire (qui ne concerne que très peu les produits agricoles et qui s’est accompagné d’une explosion des normes techniques et sanitaires mises en place par l’Europe) et à sa difficile compensation par les transferts des migrants, le tourisme et les capitaux de long terme.

Nous avions également largement expliqué que la réduction de la pauvreté restait insuffisante parce qu’inférieure au taux de croissance. Ce qui signifiait que chaque point de croissance gagné s’accompagnait d’une augmentation d’un demi-point des inégalités, que les petites filles mouraient davantage que les petits garçons dans les campagnes, et que la pauvreté y était plus forte. Enfin, il n’est pas un rapport qui ne soulignait l’important chômage des diplômés et des exclus de toute reconnaissance scolaire.

Dès lors qu’avons-nous oublié ? Comment expliquer en profondeur le printemps arabe ? La première raison réside dans la façon dont ce mouvement général vers l’émergence a été conduit. Il s'agit d'un point central pour la transition qui va poser de considérables difficultés pour l’avenir. Ce mouvement a été conduit par une élite composée de politiques et d’hommes d’affaires, voire d’experts étroitement liés. C’est notamment le cas en Égypte et en Tunisie. Dès lors, les ratings habituels qui mettaient en évidence les insuffisances de la concurrence, du fonctionnement du marché du travail, du rôle des banques, de la corruption ne remettaient pas en cause une connivence profonde entre les opérateurs et le pouvoir.

Au fil des années, cette connivence a touché toutes les sphères de la société. Elle s’est traduite à des niveaux aussi différents que choisir les opérateurs pour un grand projet, obtenir un appel d’offres public, développer prioritairement une région, octroyer un crédit à une PME, trouver un emploi dans l’administration… voire obtenir une autorisation pour devenir marchand ambulant.

La question s'avère délicate pour la transition, car ces opérateurs et ce pouvoir protégés par une presse aux ordres, sont également responsables des progrès économiques évoqués plus haut. Il semble pratiquement impossible de se passer de la plupart d’entre eux sauf à aller vers un système totalement différent et donc éloigné des grandes tendances de l’économie mondiale d'aujourd’hui. Mais ceci doit être fait dans un contexte de transparence absolue, de séparation des opérateurs d’avec le pouvoir politique, de contrôle des décisions lourdes par des agences indépendantes, de liberté de la presse, de participation des populations aux choix, bref de véritable démocratie.

La seconde raison est l’instabilité naturelle que produit une plus grande insertion dans l’économie mondiale. Là encore, il faut poursuivre dans cette direction notamment en développant l’intégration Sud-Sud. Mais en la régulant au mieux. Depuis plus de quarante ans nous savons que toutes les révoltes arabes ont éclaté lorsque que les prix des produits de base du panier de la ménagère augmentaient significativement. Ce fut notamment le cas à la fin des années 70 en Egypte, au Maroc et en Tunisie lorsque les missions du FMI recommandaient de ne plus subventionner les prix des produits essentiels (blé tendre, sucre, huile) de façon à permettre le développement de la production locale. Mais ce qui était justifié sur le plan économique était absurde sur le plan social. Nous avons vu la place Tahrir envahie, les hôtels brûler aux Caire ainsi que toutes les discothèques de la route des Pyramides avant que le Président Sadate ne revienne sur la mesure. De ces manifestations date d’ailleurs la montée des frères musulmans. Les mêmes phénomènes atténués se sont produits à Rabat et à Tunis à trois mois d’intervalle et pour la même raison.

Avant les révolutions du printemps arabe nous avons effectivement assisté à une considérable augmentation de ces produits. Nul doute qu'il s'agit d'une cause importante de l’incendie. Une leçon semble-t-il retenue puisque le G8 vient de décider la création d’un fonds de régulation des prix des produits alimentaires qui n’ont pas a dépendre des anticipations des opérateurs de Chicago.

Comment faire comprendre à la mère d’une famille pauvre (autour de 20% de personnes vivent avec moins de 2,40 $ par jour dans les pays méditerranéens) que le blé tendre qui permet notamment de faire le couscous et qui représente autour de 30% de son panier de consommation augmente en trois mois de 15% parce que les opérateurs de Chicago ont acheté des futurs contrats à la hausse ? Nous pouvons d’ailleurs saluer le fait que le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick ait déclaré qu’il fallait « considérer l’alimentation comme la priorité numéro un de la région en 2011 ».

Mais tout ceci pouvait paraître au total maîtrisable et finalement assez commun aux pays situés dans la moyenne basse des pays à revenu moyen se dirigeant vers le statut de pays émergents. L’ouverture aux échanges crée naturellement des inégalités tout en engendrant un gain net global, car elle favorise les secteurs à avantages comparatifs au détriment des autres (les secteurs non compétitifs et ceux des biens dits non échangeables) et peut engendrer des problèmes sociaux graves si la compensation des perdants n’est pas bien conduite par l’État. Lorsque l’offre de qualifications s'avère inadaptée, les investissements étrangers produisent peu d’effets d’entraînement et se concentrent dans des îlots fermés, généralement situés sur les régions côtières ou proches des grands centres urbains.

La troisième raison qui tient à la première réside dans l’exclusion de la jeunesse des décisions et de l’emploi. Le pouvoir actuel marocain l’a bien compris. il a inscrit dans la constitution l’obligation d’une représentation de jeunes de moins de 40 ans dans le Parlement.

Cette lutte contre une société de patriarcat touche également les femmes, très actives dans la révolution. Elle sera de long terme et passe par le développement du syndicalisme étudiant, et surtout la formation et l’emploi. Les pays arabes souffrent d'une très forte proportion de jeunes sans aucune qualification non répertoriés chômeurs donc en dehors de toute considération sociale. Ils ont également une proportion considérable de chômeurs diplômés (jusqu’à 40%), ce qui représente à l’évidence une bombe à retardement. Cela explique que les nouveaux pouvoirs aient immédiatement proposé la création d’emplois publics (700.000 en Égypte réservés aux jeunes). Si nous comprenons bien les raisons immédiates de ces décisions, il est clair qu’elles ne résoudront guère le problème. La solution est de plus long terme. Elle concerne, le qualité de l’éducation et de la formation, son adéquation aux besoins de l’économie, la possibilité de créer et développer des petites entreprises, l’entrée dans l’économie de la connaissance, la pénétration d’une culture de la compétence et du risque.

La quatrième raison, l’extraordinaire disparité territoriale qui existe dans tous les pays concernés, explique qu'en Tunisie le mouvement soit venu du centre du pays. Le développement s’effectue dans les grands centres urbains et les régions côtières. Les territoires ruraux du centre et du Sud restent largement démunis. Les emplois y sont les plus rares, les infrastructures essentielles absentes, l'autonomie de décision faible. Cette reconquête du territoire et du monde rural sera décisive pour l’avenir. Elle nécessite là encore des avancées démocratiques par des formes de décentralisation au plus près des concentrations locales.

Tout ceci plaide donc pour une approche plus systémique que celle retenue par le passé. Si les pays du printemps arabe peuvent poursuivre leur marche vers l’ouverture et le progrès en s’appuyant sur les éléments les plus dynamiques de leurs sociétés et parvenir à une meilleure intégration interne, alors nous pouvons penser que la transition augurera d’une nouvelle ère de progrès. Elle implique que les gains économiques ne soient pas les seuls critères de succès.

Cela se fera par la mobilisation de toutes les énergies existantes et par la mobilisation de nouveaux acteurs. À bien des égards, il semble que les pouvoirs en place actuellement aient retenu cette orientation : « aller vers une croissance forte, ne pas revenir en arrière, mais rendre cette croissance plus inclusive et plus participative ». Le moteur est évidemment une véritable démocratie car elle permettra le jaillissement de nouveaux facteurs de dynamisme. Si, au contraire, nous économistes, attendons que les évènements se calment pour revenir «au business as usual », il y a de grandes chances que ce soit l’avancée démocratique elle-même qui soit menacée.

Par Jean-Louis Reiffers, professeur à EuromedManagement, coordonnateur et président du comité scientifique du FEMISE

Vendredi 16 Septembre 2011

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Les associations : arme secrète anti-chômage ?

A l'heure où l'insertion professionnelle est parfois un chemin de croix, pourquoi ne pas miser sur l'engagement associatif ?

La publication des chiffres du chômage nous rappelle la précarité dans laquelle vivent les jeunes de France, comme autant d’individus incapables de se réaliser dans un projet. Derrière sa moyenne, le couloir des 20 – 25% de chômage des jeunes cache encore des inégalités frappantes et révèle un pays en panne d’ « ascenseur social », une université sans idées pour activer efficacement l’insertion professionnelle, une société du jeunisme qui leur refuse un droit d’accès au marché de l’emploi.

Dans la lutte contre le chômage, une piste est pourtant encore sous-estimée : l’engagement associatif. Symptomatique de cet oubli, la contribution de Terra Nova, publiée le 23 août dernier, et consacrée à l’enseignement supérieur, n’évoque ni le rôle des associations, ni celui des syndicats. Aucune note n’a été publiée sur ce sujet par aucun think-tank ; aucun parti politique n’envisage la vie associative comme un trait d’union évident entre l’enseignement supérieur et le marché de l’emploi.

Pourtant, sur le plan national et collectif, les associations représentent plus d’1,6 million de personnes salariées en France. Depuis le rapport parlementaire du député Derosier (2000), elles sont devenues une voie puissante de professionnalisation. Ce peut être aussi un tremplin vers un emploi dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Ce secteur reste en effet très mal connu des jeunes : 12% des 16-30 ans seulement se disent en mesure de d’en donner une définition claire. (Sondage CSA – Jeun’ESS, Juin 2011).

Sur le plan individuel et personnel, les vertus de l’engagement associatif sont nombreuses : relations intergénérationnelles, apprentissage et responsabilisation. La vie associative représente aussi un moyen de réinsertion scolaire et de conquête de son autonomie. Le cadre associatif peut enfin ouvrir les portes à un réseau, ressource précieuse pour tout jeune en quête de son premier emploi. Près de 16 millions de personnes adhèrent aujourd’hui à une association. Certaines associations sont parfois même entièrement dédiées à la constitution d’un réseau professionnel pour les jeunes les plus défavorisés. Ainsi, l’association Frateli propose à des étudiants d’être suivis par des jeunes actifs au cursus proche de celui qu’ils mènent afin de les accompagner jusqu’à l’insertion professionnelle.

Car oui, si les jeunes issus des milieux défavorisés sont les premiers exclus du marché du travail, ils sont aussi ceux qui ont le moins accès à la vie associative. L’adhésion en héritage, qui participe à la reproduction sociale, est trop souvent constitutive de l’engagement : le diplôme et la catégorie socioprofessionnelle des parents déterminent l’acte de s’engager. Selon une étude de l’INSEE parue en 2008, plus le niveau d’étude est avancé, plus on tend à adhérer à un syndicat, un groupement professionnel ou une association culturelle. Il existe une vraie corrélation entre le milieu social et la propension à développer un réseau professionnel.

Il faut mettre un terme à cette inégalité qui discrimine l’intégration sur le marché du travail et dans la vie publique. L’Etat doit intervenir pour offrir à sa jeunesse des chances égales de s’insérer durablement sur le marché du travail dès la fin des études. Le marché du travail s’apparente aujourd’hui à un « marché caché » où l’embauche se fait plus aisément par le relationnel et le réseau que par l’offre d’emploi. Or le chômage persistant s’explique le plus souvent par des difficultés à trouver un premier emploi (selon la contribution de Terra Nova, depuis 1980 la probabilité de perdre un CDI est de 1%). L’association est indéniablement l’un des tremplins qui permettront aux jeunes de se former aux responsabilités et de se créer un réseau indispensable pour leur devenir professionnel.

L’Etat et les présidents d’université doivent s’engager pour réduire cet écart. On peut songer à la reconnaissance de crédits obligatoires pour tout projet associatif mené par l’étudiant pendant sa scolarité. Il pourrait aussi être opportun de simplifier davantage les procédures de déclaration de l’association et les rendre moins coûteuses, plus accessible à notre jeunesse. Les associations de parrainage pourraient enfin se voir reconnaître le statut d’associations d’utilité publique pour le rôle important qu’elles sont susceptibles de jouer dans l’insertion des jeunes issus de milieux défavorisés.


Jean-Michel Crovesi, Ancien membre du Conseil de direction de Sciences-Po Paris, Fondateur des Jeunes Populaires de l'International, Coordinateur adjoint du collectif France à venir.

Publié le 19 septembre 2011

http://www.atlantico.fr/decryptage/engagement-association-tremplin-emploi-developpement-economique-184001.html