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mercredi 15 juillet 2015

Gérer la nouvelle d’un attentat dans un MOOC

10 juillet, 2015 — Jean-Marie Gilliot


Un MOOC est un espace public, géré par une équipe d’enseignants, et à ce titre un enseignant peut se trouver à devoir réagir publiquement à des événements aussi extrêmes qu’un attentat. Nous en avons eu un malheureux exemple cette semaine dans le cadre du MOOC sur l’écotourisme coorganisé par des collègues de l’Université de Sousse. Si je suis sensible à cet aspect, c’est que j’avais rencontré Samiha KHELIFA lors d’une session de formation que j’animai pour l’AUF sur l’animation d’un MOOC.
Je pense donc avec émotion à mes collègues, mes amis tunisiens qui se retrouvent embarqués dans des événements qui attaquent et remettent en question leur pays et ses valeurs. Au delà de l’émotion, j’ai appris l’existence de l’attentat de Sousse au travers de leur message suite à l’annulation du webinaire qui était prévu en soirée. J’étais en effet en déplacement et le courriel était ma seule liaison d’information :
« Chers apprenants
Comme Vous avez pu le constater, il nous a été impossible d’établir la connexion pour le 3ème webinaire compte tenue des évènements (attentats) en France et en Tunisie
Nous nous excusons auprès de Vous et nous vous donnons rendez-Vous pour la semaine prochaine à la même heure avec nos invités
Merci pour votre compréhension
Samiha KHELIFA »
Sobriété et transparence étaient de rigueur. On est ici dans la gestion de la crise, et la réponse rapide pour maintenir informée la communauté est bien ce qu’il y a à faire directement.
Par la suite, plusieurs scénarios étaient possibles :
  • la communauté des apprenants interpellait les enseignants, par des messages de sympathie, ou par des questionnements sur l’effondrement du tourisme suite à un tel attentat, et forçait à aborder le sujet ;
  • l’équipe enseignante se saisissait de cet événement pour susciter le débat par rapport au sujet du cours, l’écotourisme, et l’étudier suivant les dimensions abordées dans le cours ;
  • le cours continuait comme s’il ne s’était rien passé, pour ne pas perturber son déroulement, dans un souci de la continuité de l’enseignement.
C’est ce dernier scénario qui a été choisi. Les réactions restant absentes, il était effectivement possible. Il a sans doute fait l’objet de discussions au sein de l’équipe pédagogique. Il serait d’ailleurs intéressant de voir si on constate une évolution des participants suite à cet événement.
Il me semble qu’il élude une question de fond, qui est sans doute à aborder dans une enceinte différente de celle d’un cours, mais qui est aussi un véritable enjeu de société. Reste donc à trouver comment l’aborder pour envisager le développement d’un écotourisme dans une société confrontée au terrorisme. Ce pourrait être une suite d’un tel cours dans un environnement plus adapté au débat.
J’espère que je ne vais pas trop loin ici, mais l’exemple d’Irène Frachon nous pousse à nous poser la question du rôle citoyen de l’enseignant dans l’exercice de son métier. Des sujets comme l’écotourisme ou la gestion des risques amènent les enseignants à être confrontés avec l’actualité. Il est de leur rôle de garder une certaine distance pour permettre l’analyse, mais ils sont nécessairement interpellés par la société civile qui attend justement des éléments d’analyse pour pouvoir surmonter les simples faits.
https://tipes.wordpress.com/2015/07/10/gerer-la-nouvelle-dun-attentat-dans-un-mooc/

jeudi 7 août 2014

La révolution numérique engendre cinq bouleversements

Sophie Quancard, Administrateur du réseau Daubigny, m’a récemment invité à une conférence où Gilles Babinet [Serial Entrepreneur, membre du CNN] a évoqué la révolution du numérique. En quoi consiste cette révolution ? En quoi nous fait-elle entrer dans un nouvel âge pour l’humanité ? Voici quelques-unes des questions qui ont été évoquées pendant la conférence.

I/ Le numérique est à l’origine de cinq grands bouleversements

Tout d’abord, le numérique bouleverse l’accès à la connaissance. Aujourd’hui, il suffit d’un accès à Internet pour avoir accès à Wikipédia, une encyclopédie multilingue dont l’ensemble des articles mesure 178 mètres s’il fallait les imprimer sur du papier A4. Voici une observation qui nous paraît banale, à nous tous qui sommes des internautes quotidiens. Mais, dans les prochaines années à venir, deux milliards d’individus auront désormais accès à Internet, par le biais de tablettes à bas coûts. Il s’agit là d’une véritable révolution. L’accès à la connaissance n’aura jamais été aussi répandu, aussi instantané, dans le monde. De ce point de vue-là, la révolution numérique est comparable à la révolution de l’imprimerie, laquelle a mis à disposition des textes sacrés qui n’étaient accessibles qu’à quelques initiés disposant de bibliothèques fournies. En effet l’analogie se tient dans le sens où l’imprimerie a démocratisé le savoir. Dans les cinquante premières années qui ont suivi son invention, ce sont pas moins de vingt millions de livres qui ont été publiés, contribuant à l’alphabétisation de l’Europe. Dans le même temps, les initiatives comme le Projet Gutenberg ou celle de la fondation Wikimedia contribuent à porter le savoir dans des zones isolées, des secteurs défavorisés, via le réseau mondial.

II/ La révolution numérique s’accompagne également d’une révolution dans la formation et dans l’éducation

Gilles Babinet a notamment cité deux exemples

Le premier exemple est issu d’un professeur de Standford qui décide de mettre l’un de ses cours sur Internet. Habitué à enseigner à 160 étudiants de Standford, il ne s’imaginait pas que la discipline qu’il enseigne allait susciter un intérêt important. Et pourtant, quelques mois après la mise en ligne de son cours, il se rend compte que 160 000 étudiants se sont inscrits à son cours. Comment allait-il corriger l’ensemble des copies de ces nouveaux étudiants qui accèdent à son cours par Internet ? Il a corrigé et mis en ligne quelques copies supplémentaires. Et, à sa grande surprise, il s’est aperçu par la suite que les étudiants eux-mêmes corrigeaient les copies de leurs congénères. Le résultat, c’est que ce professeur estime que sur les 160 000 étudiants, environ 24000 ont le niveau des 160 étudiants qui étaient physiquement présents au cours du professeur à Standford. Autrement dit, il n’est plus nécessaire d’être physiquement présent au cours pour recevoir une formation de qualité. Il n’est plus nécessaire d’intégrer une grande université américaine pour recevoir une formation de qualité mondiale. Internet peut se substituer à l’enseignement universitaire, dans une certaine mesure.

Désormais la formation de Standford et d’autres prestigieuses universités américaines sont désormais accessibles à tous. Il y a là une évolution majeure dans l’enseignement.

III/ En outre, la troisième révolution numérique tient à notre système politique

L’ensemble de notre système politique s’est bâti pour gouverner une société industrielle. Mais aujourd’hui la révolution numérique remet en cause les fondements de cette organisation socio-politique. En effet, le numérique a pour spécificité de supprimer les intermédiaires et de connecter l’utilisateur final au producteur. Ainsi, les « liseuses électroniques », les réseaux sociaux et les blogs permettent aux auteurs d’entrer directement en relation avec leurs lecteurs, sans avoir à passer par l’intermédiaire des éditeurs. De la même façon, dans le secteur musical, YouTube permet aux musiciens de s’adresser directement à leurs clients sans avoir à passer par des maisons de disque.

Si l’on assiste aux mêmes phénomènes de désintermédiation en politique, alors, le digital va connecter de façon directe le citoyen aux décisions du gouvernement, en contournant les intermédiaires. Autrement, les décisions gouvernementales ne seront plus le fait d’une décision ministérielle, mais le fait d’un processus collaboratif impliquant les citoyens. Aujourd’hui, on voit en Islande, que la constitution est en train d’être rédigée de façon participative. Autrement dit, la constitution n’est plus le résultat du travail de quelques élites politiques du pays. La constitution, à l’image de Wikipédia, la première encyclopédie collaborative, est le fruit d’un travail participatif impliquant tous les citoyens volontaires.

IV/ Dans le domaine de la santé, l’essor des objets connectés et des big data, devraient permettre de guérir plus vite et de prévenir avant de guérir

Autrement dit, on va passer d’une logique de guérison à une logique de prévention.

Les dépenses de santé en 2011 étaient faramineuses : 240 milliards d’euros. Soit presque la même chose que le budget de l’Etat. Dans ce contexte, il s’agit de faire des économies, ce que vont permettre les nouvelles technologies. On le voit déjà avec l’apparition des smartphones, puis dorénavant avec la commercialisation progressive de smartwatchs ou d’applications et jeux vidéo pour faire du sport : on est entouré par des capteurs qui quantifient notre activité physique et vont nous permettre de faire de la prévention. Cette tendance va s’exprimer dans le mouvement du Quantified Self, ou « Soi Quantifié » en français. Il représente l’univers des données qui ont trait à une personne, lesquelles permettent de mesurer son activité. Des grandes marques de sport telles que Nike ou Adidas se sont déjà lancées dans la course au quantified self en lançant leurs applications et montres intelligentes qui calculent les calories dépensées, les kilomètres parcourus ou qui aident à maintenir un mode de vie de sain. Ainsi il n’y a plus de discontinuité entre le quotidien et le maintien de sa santé comme ce put être le cas auparavant avec les visites annuelles chez le médecin. Grâce aux données récoltées en permanence par les objets connectés, la santé est une affaire de chaque instant.

V/ En outre, dans le domaine de la production, les robots vont prendre une place croissante

Gilles Babinet prévoit un futur où les robots remplaceraient la force productive. Selon lui « Les pays où les emplois sont les plus qualifiés, sont aussi ceux dans lesquels il y a le plus de robots ». Il milite pour un investissement dans la recherche qui nous permettrait de créer des emplois plus qualifiés, ce qui permettrait aux robots de prendre la relève sur les travaux les plus ingrats. La révolution du numérique va dans ce sens en permettant l’émergence d’automates robotisés, comme une seconde révolution industrielle après le Fordisme et le Taylorisme. Pour illustrer cet état de pensée, on peut par exemple citer la Google Car qui promet une circulation plus sûre et sans conducteur grâce à l’automatisation via un programme de la conduite.

Afin de mettre toutes les chances de votre côté, l’équipe de conseil de 7circles peut vous accompagner pour améliorer la performance de votre entreprise.

Lectures complémentaires
Pour rester dans la thématique du numérique et des changements qu’il occasionne, pour un article sur les enjeux des télévisions connectées, lire cet article.
Pour un exposé des innovations digitales dans le cadre de la vie universitaire, se diriger vers ce billet.
Pour approfondir les théories de Gilles Babinet, orientez-vous vers son site personnel qui contient de nombreux papiers sur le numérique ainsi que vers son livre intitulé L’ère numérique, un nouvel âge de l’humanité.
Pour adresser un sujet non abordé par Gilles Babinet mais qui est tout de même issu du numérique, à savoir la dématérialisation, lire cette page.

© Guillaume Villon de Benveniste – The Innovation and Strategy Blog

http://theinnovationandstrategyblog.com/2014/07/revolution-numerique-cinq-bouleversements/

dimanche 20 juillet 2014

Mais à qui appartiennent les MOOC ?

parAn@é(son site)dimanche 20 juillet 2014 -




La question du droit d’auteur est fondamentale dès lors que l’on se lance dans un MOOC.Ces projets complexes impliquent de nombreux acteurs : le ou les enseignants bien sûr, la structure qui l’emploie, la plate-forme qui héberge le cours, d’éventuels prestataires extérieurs (pour la réalisation des vidéos par exemple) … Avant de se lancer, il est nécessaire de déterminer à qui appartient quoi. A travers quelques vidéos d’Audrey Ego (notre experte « Propriété Intellectuelle »), je vous propose de revenir sur le problème fondamental de la propriété intellectuelle …

Tout d’abord, à partir de quand peut-on prétendre faire valoir son droit d’auteur ? Ce n’est pas parce que vous avez exprimé une idée pour la scénarisation du MOOC, ou que vous avez filé un coup de main pour la rédaction d’un cours qu’automatiquement vous pouvez prétendre faire valoir vos droits d’auteur … Il faut donc commencer par se pencher sur les conditions de protection du droit d’auteur … Il faut en effet réunir un certain nombre de conditions pour faire valoir ses droits, l’originalité de la création, et la forme de la création. Ensuite, il faudra faire la distinction entre les différents droits dont on pourra se prévaloire, entre les droits moraux (droit de paternité, droit à l’intégrité de l’oeuvre, droit de retrait ou de repentir, etc), et les droits patrimoniaux (droit de reproduction, de représentation). Bref, il y en a des choses à dire, et je vous laisse avec Audrey pour plus détails sur la question …

ACCES AUX VIDEOS et à la totalité de l’article de Matthieu CISEL

http://www.educavox.fr/actualite/revue-du-web/article/mais-a-qui-appartiennent-les-mooc

samedi 5 octobre 2013

Pas de repos estival pour les MOOCs !


Le monde académique a pu jouir des vacances d’été comme il se doit, mais le monde des MOOCs a profité du mauvais temps estival pour mettre les bouchées doubles afin d’être prêt pour la rentrée.

Il y a quelques mois de cela, il était commun de dire que l’année 2013 était celle des MOOCs. Mais au vu de toutes les nouveautés et de l’émergence de nouveaux acteurs en cette rentrée académique, il serait plus correct de dire que l’année 2014 sera bel et bien l’année des MOOCs. Yannick Petit, spécialiste des MOOCs et co-fondateur de Unow préfère résumer cela en estimant que « l’année 2013 est l’année des MOOCs dans le monde de l’éducation, et l’année 2014 sera l’année des MOOCs pour le grand public ».

En France, la principale nouveauté vient du célèbre « site du zéro ». Depuis 1999, ce portail de cours en ligne était destiné aux apprentis informaticiens qui souhaitaient s’initier aux langages de programmation. Depuis le 18 septembre, les fondateurs ont entrepris une refonte totale du site, et ont même changé de nom, devenant « Open Classrooms ». L’esprit général est toujours identique, à savoir « aider les utilisateurs à progresser en informatique et en sciences », mais les thématiques vont être considérablement élargies, notamment à l’entrepreneuriat. Un MOOC va être proposé le 23 septembre par Mathieu Nebra, fondateur du site du zéro, pour apprendre les langages HTML5 et le CCS3. Il durera 5 semaines. Leur volonté de rejoindre le mouvement est très judicieuse, étant donné leur contenu de qualité déjà préexistant et leur connaissance de l’apprentissage sur internet.

Deuxième édition d’iTyPa et Gestion de Projet

Des initiatives publiques commencent doucement à émerger. Le Centre Audiovisuel des Études Juridiques (CAVEJ) démarrera son MOOC sur le droit des entreprises fin novembre et s’étalera jusqu’à début 2014. Polytechnique propose comme prévu trois MOOCs sur la plateforme américaine Coursera, qui commenceront dès le mois d’octobre. Le gouvernement devrait également lancer un MOOC en cette fin d’année. Les établissements publics ont véritablement une carte à jouer dans cet univers. Car s’ils se laissent devancer par les initiatives privées, ils ne pourront plus rattraper le retard, à la fois technologique et pédagogique, sur leur vis-à-vis.

Du côté des pionniers français, à l’instar d’iTyPa et de Gestion de Projet, nouvelle année rime avec nouvelle édition. Ce qui est une très bonne nouvelle pour le paysage des MOOCs hexagonaux. Cela confirme leur volonté de se pérenniser dans le temps, et d’imposer la philosophie que les MOOCs ne sont pas qu’un effet de mode, comme le pensent certains professionnels de l’éducation réfractaires à ce nouveau mode d’apprentissage. Unow, société qui a fait partie intégrante de la conception du MOOC Gestion de Projet, initié par Remy Bachelet, va également sortir un MOOC dans les semaines à venir.

Des MOOCs délivrant des crédits ECTS !

A l’international, un nouvel arrivant, et pas des moindre, nous vient d’Angleterre. Annoncé depuis quelques mois, l’initiative des universités libres anglaises Future Learn a bien muri durant l’été. Le site a été lancé le 18 septembre, et une vingtaine de cours sont disponibles pour le moment. Ils ont noué des partenariats avec 23 universités anglaises, mais Cambridge et Oxford n’y figurent pas. Les universités présentes sont tout de même très prestigieuses, et leur évolution est très prometteuse. « Future Learn ne viendra probablement pas concurrencer Coursera, car ils se concentrent sur la Grande Bretagne, explique Yannick Petit. Future Learn, c’est plutôt la qualité à l’anglaise ! »

Mais la plus grosse nouvelle provient d’Iversity. La plateforme de MOOC allemande vient d’annoncer que deux de ses cours, sur le marketing et sur les algorithmes, vont permettre d’obtenir ces fameux crédits ECTS, reconnus par les établissements d’enseignement supérieur. C’est une révolution dans le monde de l’éducation en ligne, car ce sont les premiers MOOCs qui auront une valeur aux yeux du monde académique européen. En espérant que d’autres suivent bien sûr…

parSimon Gaurandvendredi 4 octobre 2013

http://www.educavox.fr/actualite/revue-du-web/article/pas-de-repos-estival-pour-les

lundi 30 septembre 2013

MOOC : lancement d'un cours en ligne gratuit dédié à l'entrepreneuriat

TV des Entrepreneurs, une télévision de formation sur internet, se lance à son tour dans les MOOC, ces cours gratuits en ligne et en libre accès. Le thème : l'entrepreneuriat, évidemment !

Les premiers cours en ligne concernant l'entrepreneuriat débarquent ! En effet, TV des Entrepreneurs, qui propose déjà un millier de formations en ligne sous forme de vidéos payantes, proposera dès octobre prochain des MOOC dédiés à l'entrepreneuriat. Et donc gratuits !

L'objectif de ce MOOC est de proposer à ceux qui veulent monter leur projet des cours, afin d'apprendre à gérer une entreprise, la développer ou encore la transmettre.

Quatre modules prévus

En tout, ce sont quatre modules qui vont voir le jour : un premier axé sur "entreprendre", un autre pour gérer, un troisième pour développer, et enfin, un dernier pour transmettre son entreprise. Le premier module, "Passeport pour entreprendre", se déroulera du 7 au 13 octobre prochain.

Les candidats à l'entrepreneuriat bénéficieront de 110 vidéos en libre accès, durant cette période, puis obtiendront d'un centre d'examen leur "Passeport pour entreprendre", dans le cas où ils auront suivi plus de huit heures de formation, et réussi leurs tests. Ils pourront également bénéficier d'une aide gratuite émanant d'un expert de leur choix, qu'il soit avocat, banquier, coach, ou encore consultant.

Orientations

Mis en ligne le Lundi 30 Septembre 2013

dimanche 29 septembre 2013

Communautés d'apprentissage, e-learning et MOOCs


Sur son blog Pédagogie universitaire - Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur, Amaury Daele propose un billet consacré aux communautés de pratique et d'apprentissage, qui contient principalement un diaporama intitulé "Développer des communautés d'apprentissage pour soutenir le e-learning".

Ce diaporama est une ressource de formation; on y trouvera donc des adresses directes aux étudiants de M. Daele, qui ne nous intéressent pas nécessairement ici. Précisions toutefois que ces étudiants sont en réalité des enseignants et des formateurs qui se trouvent donc à la fois dans la posture de l'enseignant et dans celle de l'apprenant.

Mais le diaporama comprend également de nombreux éléments utiles à tous ceux qui souhaitent mettre en place ou faciliter la mise en place de communautés de pratique ou d'apprentissage en soutien à un cours distribué à distance ou même enblended learning.

Communauté de pratique ou d'apprentissage ?

Avant d'aller plus loin, réglons une fois pour toute la question de la différence entre communauté d'apprentissage et communauté de pratique. Daele glisse constamment d'un terme à l'autre, alors qu'il en donne dans les premières diapos une définition claire. Pour faire simple, disons que la communauté d'apprentissage naît de la volonté de l'enseignant pour ses élèves ou étudiants (force externe), alors que la communauté de pratique naît de la seule volonté des participants (force interne). Mais à l'heure des cours massifs, ouverts et en ligne, cette distinction ne tient plus. Tout simplement parce que l'apprentissage devient la pratique commune aux participants, qui n'ont besoin de personne pour leur dire ce qu'ils doivent faire, comment ils doivent s'organiser, etc. Dans ce scénario, la communauté de pratique est donc bien une communauté d'apprentissage !

Les conditions facilitant l'émergence de communautés d'apprentissage

Il apparaît au travers du diaporama de Daele qu'une communauté d'apprentissage a quelques chances de vivre et de se développer si :

- Des activités d'apprentissage collaboratif sont organisées. Autrement dit, on ne vient pas rencontrer ses pairs (en présence iu à distance) seulement pour passer un moment agréable et discuter à bâtons rompus. Ceci marchera une ou deux fois mais l'assemblée risque de se clairsemer (ou de s'atomiser en bibnômes ou trinomes) rapidement. C'est le Faire ensemble qui créera du lien et donnera du sens à la communauté.

- La communauté vit sa propre vie, une façon d'être ne lui est pas imposée. La vie d'une communauté passe par différentes phases (potentiel, fusion, maturation, etc.) qui se déploient dans le temps, pendant lesquelles l'énergie consacrée et la visibilité de l'entreprise subissent de fortes fluctuations. C'est normal, il serait vain de vouloir à toute force maintenir une communauté dans une phase alors que ce temps-là est passé.

- La communauté se nourrit des interactions sociales entre ses membres. Ces interactions ne naissent pas de rien. Daele cite deux groupes d'auteurs (diapos 18 et 19) qui ont listé les conditions favorables à l'émergence des interactions.Parmi ces conditions, on trouvera par exemple l'existence de tâches qui ont une signification sociale, des consignes claires, un scénario cohérent, des ressources techniques intégrées... Vous l'avez compris, tout ceci revient à l'animateur ou à l'enseignant.

- La communauté est animée. De manière formelle ou informelle, la communauté doit être animée de l'intérieur, par une au plusieurs personnes. Les diapos 20 et 21 synthétisent les principales fonctions de l'animateur.

On comprend donc que les communautés d'apprentissage sont auto-gérées, mais bénéficient de dynamiques internes et externes qui leur permettent de se déployer.

En complément à toutes ces informations, Daele fournit une carte qui reprend quelques outils utiles aux communautés. Cette carte comme toutes les autres a des limites, et il y manque de nombreux outils, alors que d'autres pourraient être supprimés. Il manque en particulier l'indispensable pad, qui permet la prise de notes synchrone et asynchrone, sans doute l'outil le plus souple et efficace que l'on puisse utiliser dans une communauté d'apprentissage.

Communautés d'apprentissage : soutiens de la productivité des cMOOCs

Les communautés d'apprentissage ont encore de beaux jours devant elles dans le cadre de formations en ligne classiques (fermées, réunissant un nombre restreint d'apprenants, dont la composition est contrôlée de l'extérieur par un enseignant). Mais leur avenir le plus stimulant se trouve sans aucun doute dans les MOOCs, et plus particulièrement dans les cMOOCs, où la construction des savoirs s'effectue principalement au travers des interactions. Nous avons pu le vérifier lors de la première saison d'ITyPA : une communauté d'apprentissage produit des ressources infiniment supérieures à celles, pourtant d'excellent niveau, qui sont produites individuellement. Ce sera le défi d'ITyPA 2 que d'encourager encore davantage cet aprentissage collectif et collaboratif, notamment grâce au réseau d'établissements partenaires qui organiseront des rencontres réelles et virtuelles dans le monde francophone. Si vous souhaitez participer à cette aventure, n'hésitez pas à vous inscrire au cours, et surveillez la publication très prochaine sur ce blog d'une première liste de partenaires.

Références :
Daele, Amaury. "A propos des communautés de pratique | Pédagogie universitaire - Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur." Pédagogie universitaire - Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur. Last modified August 10, 2013.http://pedagogieuniversitaire.wordpress.com/2013/08/10/a-propos-des-communautes-de-pratique/.

"CapITyPA." Site de capitalisation du MOOC ITyPA, réalisé par une communauté de participants. Consulté le 24 septembre 2013. https://sites.google.com/site/capitypa/home.

ITyPA 2, pré-inscrivez-vous ! http://itypa2.mooc.fr

Vaufrey, Christine. "ITyPA 2 : un MOOC et ses partenaires." ITyPA, un Mooc vu dans les coulisses. Last modified 5 juillet 2013. http://itypa.wordpress.com/2013/07/05/itypa-un-mooc-et-ses-partenaires/.

Illustration : diaporama d'A. Daele, capture d'écran de la page du billet "À propos des communautés de pratique"


Créé le mardi 24 septembre 2013 | Mise à jour le mercredi 25 septembre 2013

mercredi 25 septembre 2013

MOOC, un état des lieux à IUTice 2013

Reprise de mon bâton de pèlerin des MOOC, c’est à Bayonne que je me rend cette fois-ci pour parler de MOOC, suite à une très conviviale invitation aux journées IUTice ce vendredi 27 septembre. Logiquement, en cette rentrée 2013, qui voit les initiatives se multiplier dans nos contrées, un an après le démarrage du premier MOOC francophone ITyPA, il était impératif de faire un état des lieux. Tentative de réponse vendredi, avec le diaporama ci-dessous.



24 septembre, 2013 — Jean-Marie Gilliot

mardi 24 septembre 2013

MOOCs et enseignement supérieur pour tous : la belle illusion


Les dirigeants des principales plateformes américaines de MOOC affirment volontiers que grâce à eux, l'accès aux études supérieures va être considérablement facilité partout dans le monde. Il suffit d'une connexion à Internet et hop, touts étudiants, tout au long de la vie.

Mais cette vision idyllique, parfaitement en phase avec la mythologie développée aux Etats-Unis faisant de ce pays un sauveur pour l'humanité, ne recouvre pas vraiment la réalité. C'est ce que soulignent avec insistance quelques responsables éducatifs qui connaissent bien les pays en voie de développement et l'Afrique en particulier.

Un accès pas si facile qu'il y paraît

Sur le portail d'eLearning Africa, on lira avec intérêt l'article écrit par Alicia Mitchell, intitulé "MOOCs : les inégalités sous-jacentes". Mme Mitchell désigne trois obstacles majeurs à l'accès à l'enseignement supérieur pour tous promis par les responsables des plateformes américaines de MOOCs :

- La faiblesse des infrastructures : la connexion rapide et permanente n'est pas toujours au rendez-vous en Afrique, ni d'ailleurs sur l'ensemble du territoire des pays développés. Et si l'on ne possède pas son ordinateur personnel, on doit se rabattre sur des espaces tels les télécentres et les cybercafés, qui limitent l'accès aux services fort consommateurs de bande passante, comme YouTube par exemple.

- Le manque de temps : dans de nombreux pays en voie de développement, il faut cumuler plusieurs emplois pour survivre, supporter des heures de transport et s'occuper finalement de tous ceux qui dépendent de nous dans une maison. Impossible dans ces conditions de consacrer du temps à l'apprentissage.

- La faiblesse des compétences de base pour apprendre seul. L'autonomie dans l'apprentissage est une compétence qui se construit patiemment, et de préférence dans un environnement à la fois riche en ressource et peu normatif. Un environnement qui est à mille lieues de celui que connaissent ou ont connu les habitants des pays pauvres ou les étudiants à faibles revenus des pays riches.

Rien n'a encore changé au niveau pédagogique

Ce dernier point est aussi celui que souligne Neil Butcher, d'Afrique du Sud, dans un article publié sur le portail allAfrica. Lui aussi s'insurge contre le discours naïf qui tend à laisser penser qu'avec les Moocs mais aussi les REL (Ressources éducatives libres), le problème de l'accès aux études supérieures est réglé. Car ces ressources viennent toutes du même émisphère et pire, ne remettent jamais en cause un modèle traditionnel et obsolète d'éducation dont tout le monde sait qu'il ne fonctionne plus. Butcher encourage donc tous ceux qui en éprouvent le souhait à se lancer dans la création de nouveaux programmes et de nouveaux environnements d'apprentissage, même si personne à l'heure actuelle n'a une idée très claire de ce vers quoi il faudrait tendre.

Sir John Daniels enfin, qui fut longtemps président de l'Open University britannique et porte depuis leur apparition un regard très critique sur les MOOCs, reprend lui aussi les deux significations de la "démocratisation de l'accès aux études supérieures" : l'élargissement de l'accès technique d'une part, la liberté donnée aux étudiants de choisir eux-mêmes le contenu de leurs études et la manière dont ils apprennent d'autre part :

"Les étudiants choisissent le contenu de leurs programmes, pas seulement en piochant dans une sélection de cours au contenu pré-déterminé présentée dans un luxueux prospectus institutionnel, mais plutôt en construisant les cours eux-mêmes, en utilisant les copieuses ressources désormais à disposition. Aujourd'hui, on trouve sur Internet des ressources d'apprentissage sur n'importe quel sujet".

Daniels est donc moins critique que Butcher sur les OER / REL. Mais tous deux appellent à une refondation radicale de l'organisation de l'apprentissage et à une autonomie accrue (voire exclusive) des apprenants.

Un premier MOOC africain en janvier 2014

Et qu'en est-il de la création de ressources et de MOOCs par les ressortissants des PVD ? Ces derniers sont-ils condamnés à la seule alternative d'accepter ou de rejeter les ressources produites dans les pays occidentaux, sans jamais prendre part au processus créatif ? Non, evidemment. D'ailleurs, on verra dès le mois de janvier 2014 le premier MOOC africain, qui s'adressera aux entrepreneurs des pays anglophones du continent. Ce MOOC sera élaboré par l'African Management Initiative (AMI), une organisation sud-africaine qui a l'intention de délivrer de la formation massive à l'entrepreneuriat à un million d'Africains d'ici 2025.


On ne s'étonnera pas de voir le premier MOOC produit sur le continent s'intéresser à la formation professionnelle plutôt qu'à la formation initiale académique; le terrain est en effet beaucoup moins occupé par les poids lourds du Nord, alors que les besoins sont immenses : "10 à 15 millions de personnes en Afrique occupent des postes de gestion. Moins de 10 % d'entre eux ont reçu une formation formelle en gestion. (...) Beaucoup de business school sont trop chères pour la majorité des managers africains et souvent trop théoriques. Et seules les grandes entreprises offrent de la formation interne".

La formation s'adressera à tous ceux qui ont besoin d'aide pour gérer une affaire en croissance : "Nous procurerons des cours sur les fondamentaux des affaires : la gestion de l'argent, des gens, de soi-même et des projets".

Un cours pilote de deux semaines sur les même thèmes avait été offert par l'AMI en juin dernier pour montrer à quoi ressemblerait le MOOC. Toutes les vidéos du cours "Sucess@work in 21st century in Africa" sont accessibles sur YouTube.

Une chose semble désormais assez claire : les fournisseurs occidentaux de MOOCs ne seront pas les seuls à s'intéresser aux pays en développement et à leur fabuleux marché de formation. En formation professionnelle surtout, on doit sans doute s'attendre à ce que des opérateurs locaux relèvent le défi des MOOCs. Espérons qu'ils connaîtront au moins un aussi grand succès que les produits importés qui font miroiter un hypothétique accès aux études supérieures pour tous.

Références :

Mitchell, Alicia. "MOOCs : les inégalités sous-jacentes | eLearning Africa News Portal." eLearning Africa 2013. 30 août 2013. http://www.elearning-africa.com/eLA_Newsportal/moocs-les-inegalites-sous-jacentes/.

Butcher, Neil. "Africa: OERs and MOOCs - Old Wine in New Skins?" allAfrica.com. 18 juillet 2013.http://allafrica.com/stories/201307190990.html.

Mc Gregor, Karen. "Will MOOCs help to democratise higher education? " University World News. 23 juin 2013. http://www.universityworldnews.com/article.php?story=20130622164019140.

African Management Initiative (AMI). "Free online courses for African entrepreneurs - AMI interview with StarAfrica.com." 20 septembre 2013. http://www.africanmanagers.org/free-online-courses-african-entrepreneurs-ami-interview-starafricacom.

"Launchpad: Success at Work in 21st Century Africa - Course." Consulté le 24 septembre 2013.http://launchpad.africanmanagers.org/preview.

photo : mark.taber via photopin cc

Par Christine Vaufrey | redaction@cursus.edu

Créé le mardi 24 septembre 2013 | Mise à jour le mardi 24 septembre 2013

http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/20672/moocs-enseignement-superieur-pour-tous-belle/

mercredi 11 septembre 2013

LearningLab : imaginer les outils pédagogiques de demain

Les MOOC ou Massive Open Online Course, vous connaissez ? Ces cours en ligne gratuits, que délivrent en particulier les plus grandes universités américaines, mais pas uniquement, sont sans aucun doute le signe avant-coureur des profonds bouleversements que vont connaître les méthodes d'enseignement au cours des prochaines années. Face à ce que l'on peut d'ores et déjà qualifier de révolution, il va falloir notamment repenser les lieux d'apprentissage dans une logique de travail de groupe propice en particulier à une plus grande créativité. Le problème est d'autant plus important que c'est cette valeur ajoutée des lieux d'apprentissage qui fera sûrement la différence, demain, quand il s'agira de choisir entre une université "new look" et une université classique. Dans ce contexte, le Laboratoire d'Innovation Pédagogique, le LearningLab, développé dans le cadre d'une collaboration entre l'Ecole Centrale de Lyon et EMLYON Business School, apparaît comme prometteur et riche d'innovations.

"Le Media Lab du MIT est ma source d'inspiration. C'est notre ambition à terme pour le LearningLab", lâche d'emblée Jean-Pierre Berthet, le directeur de la Stratégie Numérique au sein de l'Ecole Centrale de Lyon, affichant ainsi clairement l'ambition qu'il s'est fixé avec ses collègues d'EMLYON Business School. Rappelons pour mémoire que le Média Lab, installé au coeur du Massachusetts Institute of Technology est un laboratoire dont les recherches mêlent design, multimedia et technologie. Depuis sa création en 1985, beaucoup de technologies et d'innovations majeures développées par les équipes de ce laboratoire d'exception ont abouti à une multitude d'applications. "Pour notre part, nous sommes à l'état d'embryon mais nous allons grossir rapidement, notre objectif étant de voir ce que la culture numérique change dans les approches pédagogiques et les approches de travail collectif", précise-t-il. Et celui-ci de rappeler comment s'est initié l'idée même du LearningLab, à la suite d'une réflexion menée conjointement avec le professeur Thierry Picq, doyen associé à l'Innovation Pédagogique de EMLYON Business School, dans le cadre de l'alliance de ces deux établissements d'enseignement supérieur lyonnais. "Il nous a semblé que la pédagogie était un domaine apte à nous apprendre à travailler ensemble, à échanger nos pratiques pédagogiques, nos expériences", explique-t-il.

Un travail qui les a entraîné très rapidement à revoir leur ambition à la hausse en créant un véritable outil de recherche situé au carrefour des méthodes pédagogiques innovantes et de l'usage des technologies, avec pour objectif de réfléchir sur la façon de repenser les espaces d'apprentissages. Qui plus est, au lieu d'en faire un lieu centré sur les préoccupations pédagogiques de ces deux établissements, Jean-Pierre Berthet et Thierry Picq ont souhaité en faire dès le début un lieu ouvert. Le LearningLab est donc un laboratoire expérimental doté de salles, d'équipements et de méthodes innovantes qui sont mises à la disposition, non seulement des enseignants et des élèves mais aussi des entreprises intéressées par cette démarche originale. "Chacun d'eux peut venir essayer ces équipements, tester ces méthodes, travailler dans ces salles, et prendre conscience qu'il est possible d'apprendre et de se former différemment", précise Jean-Pierre Berthet. Précisons que si certaines solutions ont été développées en interne, la plupart des développements qui sont proposés au sein du LearningLab résultent de l'assemblage de solutions déjà disponibles. "Notre logique est d'aller débusquer sur le marché les meilleurs industriels et les expertises les plus fines afin de faire émerger de nouveaux produits performants", résume-t-il.



Une salle de LearningLab et ses équipements spécifiques
Crédits : LearningLab


Le LearningLab, qui s'inscrit dans une vision plus large baptisée IDEA (Innovation Design Entrepreneuriat et Arts) labellisée récemment dans le cadre des appels à projets IDEFI (Initiatives D'Excellence en Formations Innovantes), dispose aujourd'hui de sa propre équipe qui compte 5 personnes. On y travaille à la fois sur l'ingénierie et les méthodes pédagogiques, la dimension sociologique mais aussi la dimension technique afin de voir comment les technologies peuvent s'intégrer de manière simple dans les différentes pratiques. Autant de travaux réalisés en réseau, avec d'autres partenaires, notamment des entreprises qui s'intéressent au mobilier, d'autres à l'acoustique. "Nous essayons progressivement de bâtir un réseau de partenaires qui nous accompagnent et avec lesquels nous travaillons depuis des années en termes de R&D". Et Jean-Pierre Berthet de prendre l'exemple d'un produit du marché dont l'usage a été transformé dans le cadre d'un travail mené avec le groupe Hewlett Packard (HP) et qui a conduit à la mise sur le marché d'un nouveau dispositif, intégré avec un ordinateur tactile tout en un, permettant de passer d'un mode "pupitre" à un mode "tableau blanc", pour répondre à un besoin exprimé initialement par des enseignants.

Alors certes, le LearningLab est né de la réflexion de deux établissements d'enseignement supérieur. Mais n''allez pas croire pour autant que ses initiateurs et ses concepteurs souhaitent ne s'intéresser qu'à ce domaine spécifique de la formation et de l'apprentissage. "Nous nous intéressons également à l'enseignement scolaire et à la formation des adultes, mais aussi à d'autres domaines. Ainsi nous sommes en train de monter des partenariats autour de l'usage du numérique dans les musées", indique Jean-Pierre Berthet. Une révolution, celle de l'enseignement, de la formation et de l'apprentissage est donc en marche. Elle est inéluctable. "Mais attention", prévient le responsable du LearningLab, "il ne va pas falloir rater le coche". Autrement dit, ne pas se contenter de mettre à disposition de nouveaux matériels, comme c'est trop souvent le cas depuis plusieurs années, en particulier dans l'éducation nationale, mais réaliser de très gros efforts de formation en direction des enseignants. "Je suis persuadé que c'est un leurre de croire que l'introduction d'une technologie suffit à tout transformer", conclut-il.

BE France 284 >> 10/09/2013

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/73876.htm

mercredi 28 août 2013

Conférence européenne sur les MOOC en février 2014



Petit billet rapide pour faire passer une information qui pourra en intéresser plus d’un. Du 10 au 12 février 2014 se tiendra à Lausanne la première conférence européenne sur les MOOCs. Moment de rencontre important, pour développer des synergies et des initiatives, cette conférence comporte 4 axes : politique, retours d’expérience, recherche, économique. On y trouvera certainement tous les acteurs européens.

Les 2 axes retours d’expériences et recherche font l’objet d’appels à communication, à retourner d’ici le 20 septembre.

Parmi les sujets identifiés coté retour d’expérience, citons : modes de production (coûts, processus, écueils), sélection et motivation, retour de données, intégration avec l’existant, support pédagogique aux enseignants, etc.

Coté recherche, l’évaluation des MOOCs, les questions de conception, l’analyse de données, les aspects technologiques sont au cœur de l’appel.

Le phénomène étant encore très jeune, les appels sont très ouverts. L’échéance est par contre déjà toute proche : le 20 septembre.

Crédit photo : Rolex Learning Centre and some photographers par David Haberthür – licence CC-by-sa

lundi 5 août 2013

Students are cool with MOOCs, so why aren’t profs?

For those of us who still use calendars – the paper kind, with glossy photos of places we’d rather be – turning the page to August is always a bittersweet experience. It reminds us of the compressed nature of a Canadian summer and the cool nights that will soon herald its end.

August is also the month when the phrase “back to school” re-enters our daily lexicon, sending shivers up the spine of the Huck Finn in us all and a wave of relief among parents everywhere. It’s the month when we have to get serious about our futures again.

For university students, August means scrambling to register for classes and pick courses. With limited space in the most sought-after subjects taught by the best professors, settling for a second or third choice is often inevitable. Yet, students continue to pay more – tuition has risen far faster than inflation – while facing a job market where an undergrad degree is the minimum price of entry.

One way universities are seeking to bring down costs for themselves and their students is by embracing online education. This has sparked one of the most bitter on-campus debates since Vietnam, only this time it’s faculty members who are leading the protests. Most students seem cool with it.

To be sure, some professors see so-called massive open online courses, or MOOCs, as a revolutionary development that will allow them to reach thousands of potential Einsteins or Aristotles while building their own brand. But they appear to be outnumbered by teachers who fear MOOCs will make them redundant and undermine the university experience.

The MOOC phenomenon is barely a year old, but it’s exploding everywhere. The leading players include both for-profit “ed tech” start-ups, such as Silicon Valley-based Coursera, and edX, a non-profit founded by Harvard University and the Massachusetts Institute of Technology. Several Canadian universities have signed up to offer courses on both platforms.

The MOOC (a term apparently coined by Canadian academics) started out as a free, not-for-credit course open to anyone. But now, dozens of U.S. schools are offering for-credit MOOCs with formal proctored exams. Thousands of American students entering college will no longer be forced to squeeze into overcrowded lecture halls for introductory courses. They’ll log on to class from anywhere, and pay far less for the privilege.

The University of Alberta claims to be the first Canadian school to offer a for-credit MOOC with a paleontology course (dubbed Dino 101) that is now open for registration to students anywhere in the world, on the Coursera platform. The fee is half the price of a regular U of A course.

By far the biggest development of the MOOC era came in May, when 10 U.S. state university systems – including the massive 470,000-student State University of New York – formed a partnership with Coursera. The MOOC format, blended with face-to-face tutorials, may become the norm for dozens of introductory and required courses that are typically oversubscribed. University administrators predict that MOOCs will raise graduation rates and boost enrolment among underprivileged students, especially if they have to juggle their educations with jobs.

That was the premise behind a San Jose State University pilot project, championed by California Governor Jerry Brown, to use MOOCs for disadvantaged students who had already failed regular math courses or placement exams. But the MOOC failure rates were even higher, leading San Jose to suspend the project last month and prompting MOOC critics to pounce.

Still, the stories of MOOC successes – of Pakistani twentysomethings logging on for an MIT economics class 11,000 kilometres away – underscore the potential. For a generation raised online, it seems only natural that their postsecondary education should go partly digital, too.

That doesn’t mean there isn’t a downside for some professors. MOOC critic Jonathan Rees, a University of Colorado history professor, predicts that the teaching profession could be divided in the future between a small number of star professors earning hefty MOOC royalties and an army of lower-paid teaching assistants without job security who will do the grunt work.

“From an administrative point of view, the beauty of MOOCs is that they provide an easy opportunity to drastically cut labour costs by firing existing faculty members or simply hiring poorly trained ones – whom they won’t have to pay well – to help administer the class,” Prof. Rees wrote in a recent Slate article. “Why should I hire a new PhD when I can get the best professors in the world piped into my university’s classrooms?”

KONRAD YAKABUSKI

The Globe and Mail

Published Monday, Aug. 05 2013, 6:00 AM EDT

mardi 23 juillet 2013

Les MOOC, outil de formation continue et canal de recrutement pour l’entreprise




Initialement développés à des fins éducatives, les MOOC se révèlent également un outil précieux pour le monde de l’entreprise.

Les MOOC ("Massive Open Online Courses" ou Cours de masse ouverts en ligne) se sont énormément développés au cours des dernières années, grâce aux tentatives de start-up comme Coursera et Udacity de démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur. Grâce à lareconnaissance par les universités américaines du potentiel des cours en ligne comme solution aux problèmes de l'enseignement public, les MOOC se sont développés en tant que compléments légitimes de l'enseignement supérieur. En d'autres mots, le développement rapide de cette tendance a pu démontrer la valeur des MOOC, non seulement pour les étudiants, mais aussi pour les entreprises et leurs employés, qui ont également saisi ces opportunités de formation à distance. Grâce à leur grande accessibilité, les MOOC visent désormais les entreprises, et se présentent comme un atout sur le plan du recrutement et de la formation continue.

Plates-formes de formation continue adaptées aux besoins des entreprises…

Les MOOC s'adressent en effet directement aux entreprises, proposant leurs plates-formes de formation sur mesure (Udemy for Organisations). Ils leur permettent de gérer des cours de formation continue proposant des contenus spécifiques à l'entreprise et de contrôler les progrès des employés, tout en conservant la structure de base d'une start-up. Les firmes faisant régulièrement appel à des programmes internes de formation continue ne devraient pas hésiter à encourager leurs employés à utiliser les MOOC comme moyen d'acquérir et de garder à jour des compétences professionnelles. Grâce à leur flexibilité, ces programmes de formation en ligne - qui peuvent être adaptés aux besoins des employeurs et des employés - représentent pour les entreprises un moyen extrêmement efficace d'évoluer rapidement et de rester concurrentielles. Pour les employés, les MOOC sont déjà utilisés en tant que moyen abordable et efficace de poursuivre des études tout en travaillant, et d'aiguiser leurs compétences professionnelles et leurs ambitions.

et programmes de recrutement permettant de détecter les talents

En plus de leurs cours, certaines start-up de MOOC telles que Udacity ou General Assembly, ont mis sur pied des programmes de recrutement, facilitant le processus d'embauche, tant pour les étudiants que les entreprises. Ces programmes identifient les besoins des entreprises en termes de compétences, et leur fournissent une connexion rapide et facile avec les étudiants à la recherche d'un emploi, et qui ont acquis certaines compétences via les cours en ligne. D'autres start-up s'occupent de la promotion de leurs étudiants et permettent aux entreprises de détecter de nouveaux talents. Par exemple, MakeGamesWithUs enseigne aux étudiants comment créer des applications de jeu et les publient pour qu'ils "brillent dans les magasins d'apps" et soient remarqués par les recruteurs. De leur côté, les entreprises souhaitant se connecter avec les nouveaux talents "en ligne" peuvent développer leurs propres stratégies de recrutement comprenant entre autres des programmes d'embauche proposés par des start-up spécialisées en MOOC.

Par L'Atelier - San Francisco 23 juillet 2013

vendredi 19 juillet 2013

Découvrez le premier MOOC dédié à l’entrepreneuriat




Votre passeport pour entreprendre ! Promeuvons l’entrepreneuriat en France pour diminuer le chômage !

Le sitewww.tvdesentrepreneurs.com organise durant 4 semaines, du 7 octobre au 2 novembre 2013 le MOOC « Passeport pour Entreprendre ». Les MOOCs , Massive Open Online Course, organisés par les plus grandes universités américaines, sont des cours massifs en ligne, en vidéo, qui révolutionnent la formation).

Le MOOC « Passeport pour Entreprendre » est gratuit. Il est ouvert à toute personne intéressée par l’entrepreneuriat (français et étrangers de langue francophone) : les porteurs de projets de création, reprise, franchise, les enseignants, les étudiants.

Les modalités détaillées de l’organisation seront expliquées à partir du 9 septembre sur le site : www.passeportpourentreprendre.com .

Passeport pour Entreprendre combine deux facteurs clés de réussite des entrepreneurs: la formation et l’accompagnement

Les participants inscrits bénéficient GRATUITEMENT des services suivants:

- 100 formations enregistrées en vidéo par des experts de l’entrepreneuriat et de l’entreprise (avocats, experts comptables, notaires, banquiers, consultants, coachs, etc.) et difusées en streaming sur www.tvdesentrepreneurs.com.
- Des exercices de validation de connaissances
- Des possibilités d’échanges entre les participants au MOOC sur des forums dédiés et sur les réseaux sociaux.

Les participants à « Passeport pour Entreprendre » ayant étudié plus de huit heures de formation sur www.tvdesentrepreneurs.com et validé leurs connaissances avec succès, recevront un Passeport pour Entreprendre.

Le Passeport pour Entreprendre donne droit à des avantages oferts par des partenaires par exemple : une heure de conseil gratuite, des remises tarifaires, le traitement privilégié de leur dossier (ofres réservées aux lauréats résidant en France).

Calendrier:

- 09 septembre au 09 octobre : inscriptions
- 07 au 13 octobre : formations gratuites sur www.tvdesentrepreneurs.com
- 10 au 20 octobre : validation des connaissances et remise du « Passeport pour Entreprendre » aux lauréats
- 21 octobre au 02 novembre : rendez-vous avec les experts participant au MOOC.

Ce qu’il faut savoir :

Aujourd’hui en France malgré la quasi gratuité des formations à la création d’entreprise, moins de 15% des créateurs se
forment avant de créer, ce qui peut expliquer le fait que 50% des auto-entrepreneurs ne réalisent pas de chiffre d’afaires et que 50% des entreprises s’arrêtent dans les 5 ans de leur création.

De plus les femmes créent peu par rapport aux hommes, elles ne représentent qu’environ 25% des créations d’entreprises
L’APCE indique sur son site que les demandeurs d’emploi représentent 1/3 des nouveaux chefs d’entreprises et 2/3 d’entre eux sont des chômeurs de longue durée.

Avec 550 000 créations d’entreprises annuelles, ce sont donc environ 180 000 demandeurs d’emploi qui créent annuellement leur entreprise.

dimanche 14 juillet 2013

Cours vidéo en ligne : "le MOOC ne remplace pas le travail en classe"

Les MOOCs, cours fil­més gra­tuits et ouverts à tous, comptent de plus en plus d'adeptes. Elodie Buronfosse, direc­trice des actions éduca­tives de France Télévisions, nous explique les prin­cipes du MOOC philo lancé cette année pour aider les lycéens à révi­ser le bac.

MOOC, com­ment ça se prononce ?

Doit-on dire un "mouc", un "moc", un "M-O-O-C" ? MOOC est l'acronyme de Massive Open Online Course (cours en ligne mas­sif et ouvert). En tant qu'expression anglo-saxonne, elle devrait donc se prononcer "mouc".

Pour les irré­duc­tibles du fran­çais, on trouve parmi les ten­ta­tives de fran­ci­sa­tion le roman­tique Apprentissage Massivement Ouvert en Réseau (AMOR), ou encore les COurs Ouverts Pour Tous (COOPT), qui tra­duit bien l'idée d'échange et de coopération.

Le MOOC est un mot à la mode dans le monde éduca­tif : com­ment définiriez-vous ce concept ?

La tra­duc­tion lit­té­rale de cet acro­nyme amé­ri­cain est : "cours en ligne ouvert à tous". Le prin­cipe est de pro­po­ser gra­tui­te­ment des cours fil­més sur des pla­te­formes web, donc enri­chis de textes, d'échanges...

Sur le site Francetv éduca­tion, un MOOC philo a été lancé en mai pour aider à révi­ser le bac. Pourquoi avoir choisi la phi­lo­so­phie, et pas un MOOC maths ou fran­çais par exemple ?

C'est un choix très ration­nel : la phi­lo­so­phie au bac est la matière qui a le tronc com­mun le plus vaste, avec 18 notions com­munes à toutes les filières. Nous avons donc pro­posé 18 séances de révi­sions, des vidéos de 28 minutes cha­cune, mises en ligne chaque soir vers 18h entre le 15 et le 27 mai. Les vidéos étaient accom­pa­gnées de texte, et sui­vies à 19h d'un chat avec un ensei­gnant pour appro­fon­dir. Ces vidéos sont tou­jours acces­sibles, et la pla­te­forme res­tera en ligne jusqu'en sep­tembre. Les vidéos seront ensuite reti­rées d'Internet pen­dant l'année sco­laire, car leur for­mat n'est adapté qu'aux révisions.

Qui a réa­lisé les cours en vidéo et assuré les chats d'approfondissement ?

La société de pro­duc­tion Pythagora, qui a élaboré le concept, nous a mis en rela­tion avec deux ensei­gnants de lycée prêts à se lan­cer dans cette aven­ture. L'un d'eux avait déjà fait une ten­ta­tive d'offre numé­rique orien­tée sur la philo. Ils ont été agréa­ble­ment sur­pris par la qua­lité des échanges sur le chat ; les retours d'autres pro­fes­seurs de phi­lo­so­phie ont aussi été très posi­tifs. Mais le dis­po­si­tif a néces­sité une forte impli­ca­tion des ensei­gnants et beau­coup de réflexion préa­lable : com­ment concen­trer en 28 minutes une notion abor­dée en 4 ou 5 heures au cours de l'année ?

Est-ce que l'avènement du MOOC pré­fi­gure pour vous "la mort des salles de classe", annon­cée par le pré­sident de l'université de Stanford, John L. Hennessy?

Je n'y crois pas du tout. Cela ne rem­place abso­lu­ment pas le tra­vail en classe, où l'activité est bien plus grande que der­rière un écran. A l'université, on trouve par­fois plu­sieurs cen­taines de per­sonnes dans un amphi, mal­gré tout la pré­sence phy­sique fait une grande dif­fé­rence. Et puis il n'y a pas de contrôle de connais­sances dans un MOOC.

Le prin­ci­pal avan­tage du MOOC est la vidéo : cela parle à la fois aux per­sonnes qui ont une mémoire audi­tive, et à ceux qui ont une mémoire visuelle grâce aux textes d'accompagnement. C'est un outil de plus mis à la dis­po­si­tion des ensei­gnants, n'importe qui peut le faire, il suf­fit d'avoir une web­cam. C'est juste une pra­tique péda­go­gique dif­fé­rente, com­plé­men­taire des cours tra­di­tion­nels. Autrement, ce ne serait plus que de l'enseignement à dis­tance, ce qui n'a rien de nouveau.

Combien d'élèves ont suivi le MOOC Philo de France Télévisions ?

Nous avons compté plus de 8.000 par­ti­ci­pants qui se sont ins­crits au fur et à mesure, avec un pic le der­nier jour – la veille du bac. Nous nous atten­dons à un autre pic de connexion avant les oraux de rat­tra­page.

Avec autant de can­di­dats inté­res­sés, allez-vous repro­duire l'expérience l'an prochain ?

Ce sont des résul­tats concluants pour une expé­ri­men­ta­tion, mais nous n'avons pas encore décidé ce que nous ferons l'an pro­chain. En tout cas, le bud­get néces­saire est trop impor­tant pour l'étendre à toutes les disciplines.

Est-ce que les par­ti­ci­pants ont le sen­ti­ment d'avoir mieux réussi l'épreuve de philosophie ?

Nous avons prévu de poser la ques­tion, de leur deman­der leur note. Mais nous nous atten­dons à ce que les résul­tats soient biai­sés : les élèves assi­dus au MOOC étaient pro­ba­ble­ment déjà assi­dus en classe...

Quentin Duverger
03.07.2013

jeudi 11 juillet 2013

MOOC: comment démarrer ?

Photo CC-BY-SA Luxamart
Ca y est, la décision est prise, vous vous lancez dans l’organisation d’un MOOC. Un enseignant est prêt à prendre en charge le cours. Il est temps de faire la première réunion pour commencer à cadrer le projet. Comment organiser cette réunion ? Quel ordre du jour fixer ? Quelles sont les questions à résoudre en priorité ? Quelques conseils pour bien démarrer…

Première étape: cadrer le projet. Qui doit assister à cette première réunion ? Il y a bien sûr l’enseignant. Dans l’idéal, il faut aussi un des responsables de l’établissement qui l’emploie, car cette réunion a une dimension stratégique. Enfin, il faut que quelqu’un joue le rôle de chef de projet dans les premières étapes du MOOC si l’enseignant n’a pas le temps de le faire. C’est parfois un ingénieur pédagogique, parfois un doctorant, à vrai dire peu importe.

La question qu’il faut se poser en priorité c’est Quel est l’objectif du cours ?Elle s’adresse essentiellement à l’enseignant et à la direction de l’établissement. Le but est-il de transmettre des connaissances ? Favoriser la création d’une communauté de pratique? Obtenir de la visibilité à l’international? Générer des revenus ? Générer des connaissances ? Détecter des talents ? (cf. le billet Pourquoi faire des MOOC ?) Une fois l’objectif clairement défini, on peut décider du type de MOOC correspondant: xMOOC pour une pédagogie transmissive classique, cMOOC connectiviste pour un cours plus informel et plus axé sur la communauté. La question de la pédagogie (pédagogie par projet, par résolution de problèmes) viendra plus tard. En revanche, celle du public est primordiale. Quel est le niveau de pré-requis, s’adresse-t-on à un public très spécifique ou au contraire à une audience assez large ? Quelle est la langue d’enseignement, l’anglais ou le français ? Est-ce un format de cours universitaire ou un format davantage proche du cours de vulgarisation ? Je vous renvoie au billet Une typologie des MOOC pour ces considérations. Le type de cours choisi aura un impact certain sur l’image de l’établissement, le choix n’est donc pas anodin.

Il n’est pas encore temps d’aller dans les détails (durée, scénarisation, contraintes) car il y a d’autres questions à régler en priorité. Par exemple: laquestion de la plate-forme. Quelle solution technique choisir ? Ce choix a parfois été pris en amont par la direction de l’établissement, mais pas toujours, car il peut dépendre du type de cours proposé et l’enseignant a également son mot à dire. Va-t-on aller sur les célèbres plates-formes américaines edX ouCoursera, avec ce que cela implique, ou davantage vers des plates-formes moins connues, moins visibles, mais avec moins d’implications politiques (Canvas.net, etc)? Ou choisit-on d’héberger le cours en local sur une plate-forme que l’on maîtrise (Moodle ou autre), avec ce que cela implique (capacité de charge, investissement de la DSI, etc) ? Il existe un certain nombre de possibilités. Nous en avons discuté dans les billets Comment choisir sa plate-forme , Où héberger son MOOC ? et A-t-on besoin d’une plate-forme française ?

Une fois la question de la plate-forme réglée, se pose la question de la certification. Décide t-on de donner un certificat, ou même plusieurs types de certificat si on propose une pédagogie différenciée ? Ce certificat est-il gratuit ou propose t-on un certificat payant ? Si le certificat est payant, est-il uniquement obtenu à distance (cf. Udemy ou Coursera) ou via des centres d’examen (Pearson, etc) ? Le cours est-il utilisé en interne, c’est à dire intégré dans le cursus des étudiants de l’établissement, ou uniquement tourné vers l’extérieur? On peut même envisager de faire payer l’entrée dans le MOOC (et non pas uniquement le certificat qui correspond à la sortie), ou toute autre forme de modèle économique. Cependant, nous sommes encore dans une dynamique de MOOC gratuits et il est risqué de chercher à faire payer les participants en l’état actuel des choses, sauf exception.

Vient ensuite l’étape des objectifs quantifiés: Combien d’inscrits attend-on ? Sur Coursera avec un cours en anglais, on peut viser 50.000 inscrits; pour un cours en français, plutôt 5.000 à 10.000, cela dépend du type de cours et du sujet traité. Hors Coursera, il ne faut pas chercher à viser trop haut. Plus de 3.000, c’est déjà un succès. Quel est le taux de certification que l’on souhaite atteindre ? Ce taux est en général de moins de 10% pour les plates-formes comme Coursera. Nous étions montés à 37 % pour le certificat basique et autour de 15% pour le certificat avancé dans le cadre du MOOC Gestion de Projet, grâce à une pédagogie différenciée. Le nombre d’inscrits dépendra donc en grande partie du type de cours (généraliste vs. spécialiste) et du choix de la plate-forme (en particulier de sa visibilité), et de l’efficacité de la campagne de communication. Le taux de certification dépendra du type d’activités proposées, de la qualité de l’encadrement et de la pédagogie, et du type de public inscrit.

Dernière question: le point le plus sensible sans doute, la question des moyens, et donc de la faisabilité. Nous avons vu dans les billets précédents (Monter son MOOC en 7 étapes, MOOC: une brève étude de faisabilité) que les moyens nécessaires à l’organisation d’un MOOC sont considérables. Il est nécessaire de s’assurer que chaque lot de travail aura un responsable. L’enseignant a-t-il au moins une centaine d’heures à accorder à la conception du cours magistral ? Peut-il également prendre en charge la conception des activités, devoirs et examens, ou cette tâche peut-elle être attribuée à un ou plusieurs doctorants ? Qui sera le chef de projet ? Cela peut être l’enseignant en charge, mais c’est une tâche qui prend beaucoup de temps; il faut donc envisager des alternatives. Qui se chargera du recrutement des participants et de la communication? De l’animation et de l’encadrement du cours ? Qui se chargera de faire le bilan et la valorisation ? Là encore des étudiants peuvent prendre en charge une partie du travail. Comment rétribuer tout ce petit monde ? Il faudra sûrement négocier.

Si on décide d’engager des moyens importants et notamment une équipe technique pour le tournage et le montage du cours, les moyens nécessaires sont-ils disponibles, en termes de matériel comme en termes d’équipe technique? Qui se chargera du recrutement de toute cette équipe? L’administration, le service juridique et le service de communication de l’établissement seront-ils disponibles lorsqu’ils devront intervenir? Cerise sur le gâteau, y a-t-il un chercheur disponible pour suivre et analyser les données ?

J’ai en partie suivi la démarche du Cahier des Charges fonctionnel proposé par Rémi Bachelet, et je me situe encore une fois dans le cadre du cours académique. Nous sommes loin d’avoir résolu tous les problèmes mais on ne peut pas tout régler en une fois; nous y reviendrons dans les billets à venir. Une fois la réunion terminée, quel travail y-a-t’il à faire jusqu’à la prochaine réunion ? Tout d’abord, valider que tous les choix effectués sont effectivement pertinents. Le chef de projet devra contacter toutes les parties prenantes (les différents services de l’établissement), lancer le processus de recrutement de l’équipe, et la personne compétente devra contacter l’hébergeur pour l’examen des contrats.

Voilà de quoi meubler une première réunion je pense …

10 JUILLET 2013 · 14 H 38 MIN