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jeudi 7 août 2014

La révolution numérique engendre cinq bouleversements

Sophie Quancard, Administrateur du réseau Daubigny, m’a récemment invité à une conférence où Gilles Babinet [Serial Entrepreneur, membre du CNN] a évoqué la révolution du numérique. En quoi consiste cette révolution ? En quoi nous fait-elle entrer dans un nouvel âge pour l’humanité ? Voici quelques-unes des questions qui ont été évoquées pendant la conférence.

I/ Le numérique est à l’origine de cinq grands bouleversements

Tout d’abord, le numérique bouleverse l’accès à la connaissance. Aujourd’hui, il suffit d’un accès à Internet pour avoir accès à Wikipédia, une encyclopédie multilingue dont l’ensemble des articles mesure 178 mètres s’il fallait les imprimer sur du papier A4. Voici une observation qui nous paraît banale, à nous tous qui sommes des internautes quotidiens. Mais, dans les prochaines années à venir, deux milliards d’individus auront désormais accès à Internet, par le biais de tablettes à bas coûts. Il s’agit là d’une véritable révolution. L’accès à la connaissance n’aura jamais été aussi répandu, aussi instantané, dans le monde. De ce point de vue-là, la révolution numérique est comparable à la révolution de l’imprimerie, laquelle a mis à disposition des textes sacrés qui n’étaient accessibles qu’à quelques initiés disposant de bibliothèques fournies. En effet l’analogie se tient dans le sens où l’imprimerie a démocratisé le savoir. Dans les cinquante premières années qui ont suivi son invention, ce sont pas moins de vingt millions de livres qui ont été publiés, contribuant à l’alphabétisation de l’Europe. Dans le même temps, les initiatives comme le Projet Gutenberg ou celle de la fondation Wikimedia contribuent à porter le savoir dans des zones isolées, des secteurs défavorisés, via le réseau mondial.

II/ La révolution numérique s’accompagne également d’une révolution dans la formation et dans l’éducation

Gilles Babinet a notamment cité deux exemples

Le premier exemple est issu d’un professeur de Standford qui décide de mettre l’un de ses cours sur Internet. Habitué à enseigner à 160 étudiants de Standford, il ne s’imaginait pas que la discipline qu’il enseigne allait susciter un intérêt important. Et pourtant, quelques mois après la mise en ligne de son cours, il se rend compte que 160 000 étudiants se sont inscrits à son cours. Comment allait-il corriger l’ensemble des copies de ces nouveaux étudiants qui accèdent à son cours par Internet ? Il a corrigé et mis en ligne quelques copies supplémentaires. Et, à sa grande surprise, il s’est aperçu par la suite que les étudiants eux-mêmes corrigeaient les copies de leurs congénères. Le résultat, c’est que ce professeur estime que sur les 160 000 étudiants, environ 24000 ont le niveau des 160 étudiants qui étaient physiquement présents au cours du professeur à Standford. Autrement dit, il n’est plus nécessaire d’être physiquement présent au cours pour recevoir une formation de qualité. Il n’est plus nécessaire d’intégrer une grande université américaine pour recevoir une formation de qualité mondiale. Internet peut se substituer à l’enseignement universitaire, dans une certaine mesure.

Désormais la formation de Standford et d’autres prestigieuses universités américaines sont désormais accessibles à tous. Il y a là une évolution majeure dans l’enseignement.

III/ En outre, la troisième révolution numérique tient à notre système politique

L’ensemble de notre système politique s’est bâti pour gouverner une société industrielle. Mais aujourd’hui la révolution numérique remet en cause les fondements de cette organisation socio-politique. En effet, le numérique a pour spécificité de supprimer les intermédiaires et de connecter l’utilisateur final au producteur. Ainsi, les « liseuses électroniques », les réseaux sociaux et les blogs permettent aux auteurs d’entrer directement en relation avec leurs lecteurs, sans avoir à passer par l’intermédiaire des éditeurs. De la même façon, dans le secteur musical, YouTube permet aux musiciens de s’adresser directement à leurs clients sans avoir à passer par des maisons de disque.

Si l’on assiste aux mêmes phénomènes de désintermédiation en politique, alors, le digital va connecter de façon directe le citoyen aux décisions du gouvernement, en contournant les intermédiaires. Autrement, les décisions gouvernementales ne seront plus le fait d’une décision ministérielle, mais le fait d’un processus collaboratif impliquant les citoyens. Aujourd’hui, on voit en Islande, que la constitution est en train d’être rédigée de façon participative. Autrement dit, la constitution n’est plus le résultat du travail de quelques élites politiques du pays. La constitution, à l’image de Wikipédia, la première encyclopédie collaborative, est le fruit d’un travail participatif impliquant tous les citoyens volontaires.

IV/ Dans le domaine de la santé, l’essor des objets connectés et des big data, devraient permettre de guérir plus vite et de prévenir avant de guérir

Autrement dit, on va passer d’une logique de guérison à une logique de prévention.

Les dépenses de santé en 2011 étaient faramineuses : 240 milliards d’euros. Soit presque la même chose que le budget de l’Etat. Dans ce contexte, il s’agit de faire des économies, ce que vont permettre les nouvelles technologies. On le voit déjà avec l’apparition des smartphones, puis dorénavant avec la commercialisation progressive de smartwatchs ou d’applications et jeux vidéo pour faire du sport : on est entouré par des capteurs qui quantifient notre activité physique et vont nous permettre de faire de la prévention. Cette tendance va s’exprimer dans le mouvement du Quantified Self, ou « Soi Quantifié » en français. Il représente l’univers des données qui ont trait à une personne, lesquelles permettent de mesurer son activité. Des grandes marques de sport telles que Nike ou Adidas se sont déjà lancées dans la course au quantified self en lançant leurs applications et montres intelligentes qui calculent les calories dépensées, les kilomètres parcourus ou qui aident à maintenir un mode de vie de sain. Ainsi il n’y a plus de discontinuité entre le quotidien et le maintien de sa santé comme ce put être le cas auparavant avec les visites annuelles chez le médecin. Grâce aux données récoltées en permanence par les objets connectés, la santé est une affaire de chaque instant.

V/ En outre, dans le domaine de la production, les robots vont prendre une place croissante

Gilles Babinet prévoit un futur où les robots remplaceraient la force productive. Selon lui « Les pays où les emplois sont les plus qualifiés, sont aussi ceux dans lesquels il y a le plus de robots ». Il milite pour un investissement dans la recherche qui nous permettrait de créer des emplois plus qualifiés, ce qui permettrait aux robots de prendre la relève sur les travaux les plus ingrats. La révolution du numérique va dans ce sens en permettant l’émergence d’automates robotisés, comme une seconde révolution industrielle après le Fordisme et le Taylorisme. Pour illustrer cet état de pensée, on peut par exemple citer la Google Car qui promet une circulation plus sûre et sans conducteur grâce à l’automatisation via un programme de la conduite.

Afin de mettre toutes les chances de votre côté, l’équipe de conseil de 7circles peut vous accompagner pour améliorer la performance de votre entreprise.

Lectures complémentaires
Pour rester dans la thématique du numérique et des changements qu’il occasionne, pour un article sur les enjeux des télévisions connectées, lire cet article.
Pour un exposé des innovations digitales dans le cadre de la vie universitaire, se diriger vers ce billet.
Pour approfondir les théories de Gilles Babinet, orientez-vous vers son site personnel qui contient de nombreux papiers sur le numérique ainsi que vers son livre intitulé L’ère numérique, un nouvel âge de l’humanité.
Pour adresser un sujet non abordé par Gilles Babinet mais qui est tout de même issu du numérique, à savoir la dématérialisation, lire cette page.

© Guillaume Villon de Benveniste – The Innovation and Strategy Blog

http://theinnovationandstrategyblog.com/2014/07/revolution-numerique-cinq-bouleversements/

mardi 1 octobre 2013

What Geospatial Knowledge and Skills Should College Graduates Have?

At one time the thought was that a full course in GIS or geospatial technologies was the way to go for college students, even for non-geospatial majors. Now, with so many other topics crowding the learners plate, there’s a move toward the use of technology and thinking across the curriculum. But the key question remains: What geospatial ideas and skills should students leaving college know?




Competency Model Clearinghouse - Block Models - Core Geospatial Abilities and Knowledge
Ten Things to Know about the Geospatial Technology Competency Model - Directions Magazine

... The Summit is a forum for Huntsville Mayor Tommy Battle’s three technology-related economic development initiatives. The objective is to offer an educational program to discuss the synergies among each to explore how to leverage the collective expertise in geospatial information, energy management and cyber security. Visitgeohuntsville.com/conference/ for more information and to register.

Image by Kit under Creative Commons Attribution 2.0 Generic .

Tuesday, October 1st 2013

By Joe Francica and Adena Schutzberg

mardi 10 avril 2012

Architecture de l'information, architecture des connaissances

Dossier d'actualité Veille et Analyses : N° 74 avril 2012
Auteur(s) : Annie Feyfant

Télécharger la version intégrale du dossier (version PDF)


Visant à appréhender ce que peut-être l’architecture de l’information (AI), peu présente dans la littérature francophone, cette revue de littérature propose quelques éléments descriptifs, sur le rôle, les fonctions et enjeux de l’Architecture de l’information. Celle-ci ne se limite pas au design de site web mais se préoccupe des conséquences de la massification de l’information, notamment quant aux objectifs de repérabilité, d’utilisabilité, d’attention portée à l’expérience de l’utilisateur. Occultant l’un des principaux champs d’application de l’AI, à savoir la gestion de l’information dans les organisations, ce dossier pré-sente les travaux et réflexions relatifs à la gestion de connaissance surabondantes, au rôle des architectes et producteurs de ces connaissances, notamment en Sciences humaines et sociales.

L’architecture de l’information est l’art et la science d’organiser l’information de telle sorte qu’elle soit repérable, gérable et utile, au travers de sites web, de communautés de pratiques qui soient humaine-ment et socialement acceptables pour les personnes concernées. Sa fonction est donc de rendre l’information compréhensible, de simplifier la mise à disposition, la recherche, la navigation, bref, l’usage de l’information, dans l’optique d’une acquisition de connaissances.

Outre la structuration des documents, c’est le design et notamment le design relationnel, mise en relation de l’usager avec l’information « pertinente » et/ou le savoir, sur lesquels se focalisent les architectes de l’information. Cette préoccupation dépasse l’aspect matériel pour prendre en compte l’aspect humain, évolutif, dynamique de l’information.

Il s’agit de produire, traiter, diffuser les connaissances, grâce aux outils web, aux réseaux, pour plus d’efficacité (utilisabilité), de visibilité ou de repérabilité.

Le concept d’AI permet d’appréhender les pratiques d’enseignement à la revendication de nouvelles pratiques offertes par le numérique : Comment avec un ensemble de documents d’une autre nature adapter lecture, écriture et apprentissages et utiliser les potentialités du numérique pour apprendre autrement ?
On peut distinguer actuellement deux vecteurs de transmission des connaissances : les environnements « institutionnels », comme les plates-formes pédagogiques, et tous les lieux de partages collaboratifs ou non (blogs, wiki, etc.). Les premiers sont plutôt structurés en fonction des besoins et objectifs des institutions ou des enseignants. Les seconds ont pour spécificité le mode individuel de production et de publication, l’organisation et le traitement collectifs d’un grand volume d’informations avec un accès plus ouvert. L’essentiel est bien de constituer un environnement propice aux apprentissages.

Cet environnement d’apprentissage connecté fait également référence à des concepts d’équité, de participation, de lien social, mais là encore à un glissement de la notion d’éducation à la notion d’apprentissage ; d’un passage de la consommation d’information à un apprentissage participatif ; du transfert des institutions au réseau.
 
Au delà d’une « facilitation » dans l’acquisition des connaissances, une approche globale de l’information sur le web se traduit également dans la dynamique des humanités numériques, que constituent cet ensemble ces communautés de pratiques ( de recherches) mobilisant les usages numériques en sciences humaines dans une philosophie transdisciplinaire des plus innovantes.

Le défi de l’architecture de l’information est de bien faire comprendre la nécessité de prendre en compte la globalité des processus de production, recherche et diffusion des connaissances. Se préoccuper du design de l’information, c’est comprendre qu’il est possible (nécessaire) de façonner la manière d’apprendre, d’enseigner, de communiquer, que ces nouvelles humanités transcendent les disciplines et les modalités d’apprentissages traditionnelles.

En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=74&lang=fr 

mardi 20 septembre 2011

Le logiciel libre dans les institutions du savoir : autonomie et cohérence

 
Les universités devraient prendre parti pour le « libre »
 

Il a été question ces dernières années des enjeux de gouvernance des universités, cette pratique de gestion axée sur une logique de l'expertise plutôt que sur la participation démocratique [1]. Cette dérive a ramené, avec raison, la mission des universités dans le débat public. Une mission que l'on dit de recherche, de partage, de valorisation des connaissances et de la technique, mais aussi de service à la communauté. La poursuite de ces objectifs requiert que les milieux universitaires jouissent d'une juste part d'autonomie, d'indépendance et de transparence [2].

Cette logique d’expertise, qui va à l’encontre d’une logique de collaboration, traverse le monde universitaire d’une manière insidieuse. En effet, comme pour l’ensemble des organismes publics et parapublics, les institutions universitaires, par l'entremise de leur conseil d'administration, ont des pratiques d'octrois systématiques de contrats à des fournisseurs de logiciels propriétaires alors qu'existent des solutions libres. On se retrouve donc avec une approche de technologies fermées au moment où celles-ci traversent toute la pratique d’enseignement et de recherche universitaires.

La maîtrise des outils de production du savoir nous échappe...
La philosophie qui sous-tend le logiciel libre, basée sur les principes de liberté, d'accessibilité, d'entraide et de transparence [3], correspond pourtant étroitement à la mission universitaire. Si Newton n'avait pu se hisser sur les épaules de géant de ses prédécesseurs, nous en serions probablement encore à débattre de la chute des corps. Qu'est-ce que la communauté scientifique, sinon un vaste espace d'échange, de discussion, d'exploration et de débat? Comment un tel espace peut-il exister sans l'accessibilité aux propositions scientifiques, aux données et aux méthodes expérimentales? Que vaut la falsifiabilité d'une proposition sans accès à ces sources d'information? [4]

Par ailleurs, et je rappelle que c’est là une donnée fondamentale, le réseau et les outils qui forment la trame de la communauté scientifique sont constitués de logiciels. Que l'on pense, par exemple, aux protocoles de communication et de programmation, aux logiciels de calcul, d'interface avec instrumentation, de rédaction, de recherche bibliographique, etc. Il apparaît important que ces instruments ne compromettent pas l'autonomie et les activités du milieu universitaire.

La dominance du « propriétaire »
Pourtant, une proportion dominante des outils utilisés dans ces institutions sont des logiciels propriétaires. Comment expliquer cela? D'abord, mentionnons que le marché des technologies de l'information et des communications est fortement oligopolistique. L'exemple le plus frappant est peut-être cette impossibilité de se procurer un ordinateur personnel qui ne soit pas livré, aux frais du client, avec un système d'exploitation sous licence propriétaire. L'usage consacre ensuite ces stratégies propriétaires comme normales alors que des solutions plus cohérentes, selon les principes évoqués, existent à qualité généralement égale ou supérieure. De surcroît, étant libres, ces dernières évoluent en synergie avec les besoins de leurs utilisatrices et utilisateurs, qui les évaluent constamment. Cette participation démocratique dans la conception et l'évolution de leurs outils est garante du maintien de leur pertinence et de leur qualité.

Basculer dans le « libre »
Évidemment, la vitalité de la communauté du logiciel libre est directement corrélée au nombre d’utilisatrices et d’utilisateurs. Comment alors favoriser l'adoption de cette stratégie? Le milieu universitaire est en fait un espace privilégié pour y parvenir, de par sa triple mission d'enseignement, de recherche et de service à la communauté. Dans un premier temps, par l'intermédiaire d'intervenants dans la formation universitaire, il est possible de proposer la stratégie du libre comme solution de rechange au statu quo d’une approche propriétaire favorisant les transnationales multimilliardaires. L'étudiant est alors à même d'évaluer, pour lui-même d'abord, les avantages et défis qui en découlent. Dans un second temps, la solution s’imposera par l'expérience de la recherche et du partage de l'information inhérente à ses activités, puis finalement lors du transfert de connaissances vers la communauté, laquelle à son tour profitera du renforcement de son autonomie dans l'usage de techniques construites dans le paradigme du logiciel libre. Seulement alors, les instances de gouvernance perchées bien haut dans leur gestion soi-disant indépendante finiront par percevoir le rayonnement, les avantages fiscaux et la contribution à l'avancement de la mission des institutions du savoir que le logiciel libre est à même d’offrir.

Propagande par l'exemple, finalement... Saluons l'initiative de l'Association francophone pour le savoir-Acfas d'être passée au libre pour sa plateforme Internet, souhaitons surtout que cette initiative en inspire d'autres! Et pour conclure en citant de nouveau Newton, pourquoi ne pas construire plus de ponts que de murs!

1) A. Leduc et J. Lebel, 2008 : Questions de gouvernance, Découvrir, volume 29 numéro 4, 36-47
2) C. Sabourin, 2009 : La recherche universitaire sous influence, À Bàbord, numéro hors-série (avril 2009) - À l'heure de la gouvernance : l'université entre déclin et relance, 13-14
3) Free Software Foundation (http://www.fsf.org)
4) K. R. Popper, 1972 : Objective knowledge - an evolutionary approach, Oxford Clarendon Press, 380p.

septembre 2011

Martin Deshaies-Jacques, UQAM - Université du Québec à Montréal

http://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2011/09/logiciel-libre-dans-institutions-savoir-autonomie-coherence

vendredi 22 juillet 2011

New NSF Survey Tries to Separate Knowledge and Belief

Summary

Can a person be scientifically literate without accepting the concepts of evolution and the big bang? To many scientists and educators, the answer to that question is an unqualified "no." But the National Science Board—the governing body of the National Science Foundation (NSF)—isn't sure that rejecting evolution for religious reasons automatically undermines a person's scientific literacy. And its attempt to distinguish between knowledge and belief in how people respond to an NSF-funded biennial science literacy survey has drawn fire from critics who view the changes as surrendering scientific ground to religion.


Science 22 July 2011:
Vol. 333 no. 6041 p. 394
DOI: 10.1126/science.333.6041.394