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samedi 19 juillet 2014

L’excellence n’est pas éthique !

Le comité d’éthique du CNRS a rendu un avis courageux sur les politiques d’excellence, à retrouver chez SLR ou à télécharger ci-dessous en pdf.

Résumé :

La politique de l’excellence en recherche a été mise en avant par la Communauté Européenne dans le prolongement de son agenda de Lisbonne de 2000 affirmant le caractère stratégique d’un développement fondé sur la croissance et l’utilisation des connaissances. Si l’ambition légitime de la recherche financée sur fonds publics est de se situer au plus haut niveau, il est apparu qu’à l’usage, le recours prépondérant aux critères de l’excellence pour fonder une politique de la recherche comporte des biais et des risques. Plusieurs effets sont analysés dans cet avis :
l’affichage de priorités scientifiques peut avoir un effet négatif sur la créativité des chercheurs
La réduction, voire la disparition, de moyens récurrents au profit de financements ciblés est aussi particulièrement dommageable pour les équipes qui travaillent dans des domaines qui échappent aux appels d’offre
La recherche de pointe se fonde sur une pyramide des compétences dont il faut reconnaitre l’utilité et le caractère non programmable
Un comportement éthique est indispensable à l’« excellence », car une trop forte compétition entraîne des dérives et une perte d’efficacité. La tendance mondiale actuelle s’articule dans les communautés scientifiques autour de l’ouverture et du partage des données. Le Comets formule plusieurs recommandations aux responsables de la recherche :
Tout avantage, sélection, récompense, prime, affectation de crédits fondés sur critère d’excellence implique la mise en place de procédures d’évaluation rigoureuses et transparentes.
La politique de l’excellence et les financements qui y sont associés doivent ménager des moyens suffisants en soutien de base et en moyens humains pour les équipes de qualité qui ne répondraient pas aux critères « d’excellence » affichés.
Les chemins du haut niveau en recherche passent par une grande réactivité aux thèmes nouveaux, parfois très originaux, qui peuvent apparaître hors de chemins balisés.
La logique des appels d’offre conduit trop souvent à chercher des thématiques toujours nouvelles, qui obéissent plus à des effets de mode qu’à l’exploitation des ressources.
La perspective de l’excellence développe assez naturellement des comportements individualistes. Or les réalisations de haut niveau ne sont que rarement le fait d’un individu isolé mais généralement l’aboutissement d’un travail collectif.
La compétition engendrée par la course à l’excellence peut entrainer l’augmentation des comportements inappropriés dans les laboratoires.
Les chercheurs reconnus comme « excellents » ont une responsabilité particulière vis-à-vis de la communauté ainsi que du grand public pour la divulgation des progrès scientifiques.

Documents joints
Excellence (PDF – 226.6 ko)

vendredi 18 juillet 2014, par Mariannick

(version du 27 mai 2014) Cet avis du COMETS résulte d’une co-saisine, suite à une demande du Président du CNRS.

À lire chez SLR ici

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article6981

jeudi 25 juillet 2013

Do rich people behave unethically ?

Not all rich people, of course, just most of ‘em.

Via PBS Newshour:

"In a series of startling studies, psychologists at the University of California at Berkeley have found that “upper-class individuals behave more unethically than lower-class individuals.” Ongoing research is trying to find out what it is about wealth — or lack of it — that makes people behave they way they do. Paul Solman reports as part of his Making Sen$e series."

Any additional commentary to what’s contained in the video would be entirely superfluous…



07.11.2013

jeudi 19 avril 2012

Liberté, éthique et technologie : 1- La fertilité du procesus technologique

La liberté et la responsabilité en matière de création, de marché et de modes de vie permettent le développement de l’esprit de créativité, le cercle économiquement vertueux de l’investissement rentable et l’arbitrage complexe de l’adoption technologique.

L’esprit de créativité s’exprime pleinement quand il inspire les jeunes générations et pour cela imprègne la société et sa culture. Pour s’exprimer facilement dans un domaine précis, il doit aussi s’être exprimé à la vue de ses futurs créateurs dans de vastes domaines. Certaines pensées religieuses, magiques ou tout simplement traditionnelles peuvent freiner ou empêcher cet esprit de créativité. L’immense chance de la civilisation européenne est d’avoir bénéficié des influences greco-romaines et chrétiennes, bien plus rationnelles et libérales que la plupart. Ce n’est donc pas un hasard si les révolutions scientifique, puis industrielle, puis informationnelle sont nées dans les pays de culture européenne. La joie de découvrir, consubstantielle à l’esprit humain, s’y est ainsi épanouie plus vite et plus complètement, avant de voir ses résultats et une grande partie de ses valeurs être adoptés par d’autres cultures.

Outre cette joie de découvrir et cette liberté d’explorer, le processus technologique est aujourd’hui principalement un processus économique participant à des flux commerciaux complexes répondant à des besoins individuels s’intégrant en un contexte social évolutif. Pour connaitre les préférences des consommateurs, pour arbitrer l’affectation des ressources disponibles et pour stimuler l’émergence des meilleures solutions, une économie libre est nécessaire.

Durant près d’un siècle les pays communistes ont prétendu administrer la production, donc la consommation, sans laisser de véritable choix aux individus. Aux premières années de l’URSS, le débat jusque là théorique porté par le marxisme prenait un tour politique spectaculaire, embrasant les sphères intellectuelles de l’Occident. Dès 1920 l’économiste autrichien Ludwig von Mises, dans un article devenu célèbre intitulé Calcul économique dans le marché commun socialiste , souligna la nécessité d’un marché libre pour établir des prix rationnels et pertinents. Dans sa foulée le futur prix Nobel Friedrich Hayek qui sera reconnu notamment pour ses travaux sur l’économie de la connaissance, publiait en 1945 un article complémentaire sur ce thème, intitulé L’utilisation de la connaissance en société. Il expliquait « La concurrence est précieuse précisément parce qu’elle constitue une méthode de découverte qui serait inutile si ses résultats pouvaient être prédits ».

Sans marché libre pas de prix libres. Sans prix libres, pas de mutualisation de l’immense richesse informationnelle portée par les innombrables acteurs économiques et leurs contraintes ou souhaits individuels. Sans cette mutualisation, on ne sait ni arbitrer rationnellement les ressources productives ni même décider quels besoins satisfaire en priorité. Arbitrer rationnellement quelles technologies développer, quels produits adopter, quels chercheurs ou ingénieurs promouvoir, nécessite les flux informationnels portés par les prix libres sur un marché libre. Cet arbitrage, fondamental pour tous les flux économiques est particulièrement crucial pour ceux dont le contexte est rapidement ou amplement évolutif, au premier rang desquels les processus technologiques.

Le communisme prétendait dépasser le libéralisme dans le domaine de la technologie. Hormis certaines technologies militaires hyperfinancées, il n’a finalement réussi que difficilement à dépasser le stade de la recherche fondamentale. A la Chute du Mur, l’écart entre Occident et monde soviétique était immense, des pâtes dentifrices aux voitures, de l’informatique aux soins médicaux. Les régimes communistes avaient pourtant tenté de puiser dans un massif espionnage industriel et un maladroit plagiat des prix occidentaux la connaissance que jamais le socialisme n’a su faire jaillir.

Durant les années 1990 mon travail de recherche puis de jeune entrepreneur a été consacré aux logiciels statistiques capables d’apprendre grâce à l’expérience du monde réel. Les systèmes automatisés mis au point par notre startup française et ses clients mondiaux ont lu une proportion importante des chèques aux USA, filtré des pièces industrielles aéronautiques défectueuses à l’aide d’images infra rouge ou prévu avec une fiabilité inégalée les affluences autoroutières. A la Chute du Mur nous avons suscité l’intégration du grand mathématicien russe Vladimir Vapnik au sein des prestigieux laboratoires privés AT&T Bell Laboratories (depuis dispatchés) qui virent naitre d’innombrables découvertes fondamentales ou technologiques du domaine des technologies de l’information. Les extraordinaires recherches mathématiques de Vladimir Vapnik incorporaient alors en quelques années aux USA et en France des technologies de l’information utiles à la vie de tous. En 30 ans jamais l’URSS n’avait su en tirer parti.

Cependant au prétexte d’une recherche fondamentale prétendument trop en amont pour motiver les entrepreneurs sur des critères lucratifs, les puissances publiques de la plupart des pays ont largement investi le champ de la recherche et biaisé celui de la technologie. Au fil du 20ème siècle les démocraties sociales ont dilapidé des ressources de plus en plus considérables dans une recherche publique subventionnée qui décourage la concurrence privée sans en avoir le dynamisme de l’investissement ni la vision entrepreneuriale.

Là encore, une observation des résultats comparatifs est radicalement éclairante. La France obtient, via les anciens de l’ENS, nombre de médailles Fields récompensant la recherche mathématique faite de réflexion solitaire et d’échanges entre pairs. Cependant la France échoue en matière de prix Nobel scientifiques où dominent les USA dont la recherche est conduite sur contrats commerciaux par des structures concurrentielles aptes à gérer efficacement des coordinations complexes mobilisées de nos jours par les disciplines scientifiques autres que mathématiques.

Au début de la décennie 1990 l’un d’entre nous, mondialement célèbre pour les avancées industrielles qu’il avait portées aux USA envisagea de revenir en France afin d’accorder une éducation francophone à ses enfants. Les grands groupes français, empêtrés dans les grilles salariales restrictives imposées par les syndicats furent incapables de lui proposer un salaire supérieur à une fraction de ce qu’il gagnait alors outre-Atlantique dans un marché de l’emploi libre. Consterné, il prit alors la décision inattendue de rester en pays anglo-saxon, où se trouvaient en outre, une chose engendrant l’autre, les meilleures compétences.

La fin du XXe siècle a vu monter en puissance des problématiques environnementales prétextes éventuels commodes à des filières technologiques parasites peuplées notamment de politiciens véreux, de militants péremptoires, de chercheurs subventionnés ou d’industriels boiteux. L’accroissement du rôle public conduit à un résultat dans la droite ligne de celui prévu par les économistes de l’Ecole des choix publics et perfectionné par l’économiste François Guillaumat : la recherche d’une subvention incite à dilapider à l’avance sa valeur en efforts pour l’obtenir, et son obtention ne signifie pas qu’il en sera fait un usage efficace et loyal répondant réellement aux objectifs recherchés, eux mêmes étant éventuellement par démagogie ou corruption fort éloignés de ce qui serait réellement utile. L’enseignement de l’Ecole des choix publics enseigné par Jean-Jacques Rosa à Sciences Po une année fut empêché l’année suivante. Ses rudes vérités économiques furent jugées trop subversives pour cet établissement formant nombre de futurs haut fonctionnaires et leurs interlocuteurs. L’autruche qui se cache sa tête sous le sol n’empêche pas véritablement le danger de venir. De fait, la fertilité du processus technologique se trouve aujourd’hui menacée par la puissance publique.

Le premier chapitre des relations entre liberté, éthique et technologie est ainsi le respect de la liberté et de la responsabilité des créateurs et des acteurs économiques, qui fonde leur esprit de créativité et se trouve au cœur de la rationalité de leurs décisions. L’arbitraire des puissances publiques porte un vice de mensonge économique, et la liberté du marché est nécessaire à la recherche vertueuse de la vérité économique.

Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=73773

Publié le 18/04/2012

vendredi 28 octobre 2011

Les ingénieurs face à l'éthique

(Agence Science-Presse) Au Québec, on parle beaucoup des ingénieurs depuis deux ans, et rarement en bien. Ils sont entraînés, bien malgré eux, dans le tourbillon des accusations de collusion qui entachent la politique québécoise. L’éthique et l’implication sociale devraient-elles s’ajouter à leur formation? C’est le sujet de notre émission de cette semaine.
 
 
En fait, poser cette question, au moment où nous commençons notre 4e saison, nous a fait réaliser combien on connaît mal les ingénieurs. Au cours des trois dernières saisons, il a souvent été souligné qu’on entendait fort peu les scientifiques, qu’ils étaient peu présents dans les débats publics, dans les médias... Mais les ingénieurs, eux, semblent encore plus discrets.
 
C’est une fausse perception, répond André Rainville, directeur général de l’Ordre des ingénieurs du Québec, qui considère qu’au contraire, les ingénieurs sont plutôt actifs socialement. Patricia Boivin, présidente de l’Association étudiante à Polytechnique —un exemple d’implication sociale s’il en est— rappelle que leur formation « est quand même avant tout technique », ce qui ne les prépare pas nécessairement à se mettre de l’avant.
 
Bernard Lapierre apporte un regard particulier : philosophe et éthicien, il donne depuis 11 ans un cours sur l’éthique, offert à tous les bacheliers en génie à Polytechnique. Il rappelle dans quel contexte ce cours a été créé en 2000... et dans quel contexte il s’inscrit aujourd’hui, avec les événements que l’on sait.
 
Les invités :

En musique : The Freshman Engineering Song, par des étudiants en génie de l’Université Drexel (2008)

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Je vote pour la science est diffusée le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal). Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions de la saison précédente. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et nous télécharger sur iTunes.

Je vote pour la science, le 25 octobre 2011, 10h14

http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2011/10/25/ingenieurs-face-lethique

samedi 8 octobre 2011

Internet: Fraude et déontologie selon les acteurs universitaires

Un site très riche dedié à la recherche sur le plagiat dans le monde universitaire. Animé par une professeure de l'Université de Genève, Michèle Bergadaà, il propose des analyses, des témoignages, des enquêtes et des outils institutionnels pour lettre contre la tentation du plagiat. Ce site propose en particulier une liste des plus importants manquements à l'intégrité scientifique:

RÈGLES D'INTÉGRITÉ ACADÉMIQUE  
Sont considérées comme des infractions académiques formelles :

1 - La publication sous son propre nom de résultats de travaux et de découvertes de tiers (plagiat).
2 - Le fait d’obtenir le statut de coauteur d’une publication sans avoir apporté de contribution essentielle au travail.
3 - L’omission délibérée des noms de collaborateurs du projet y ayant apporté des contributions essentielles.
4 - La mention volontaire d’une personne en qualité de coauteur alors qu’elle n’a pas contribué au projet.
5 - L’omission délibérée de contributions essentielles d’autres auteurs sur le même sujet (bibliographie incomplète).
6 - Les citations intentionnellement erronées tirées de travaux existants ou supposés de tiers.
7 - Les indications incorrectes sur le stade d’avancement de la publication de ses propres travaux (par exemple “publication en cours d’impression”, alors que le manuscrit n’a pas encore été accepté).
8 - L'autoplagiat, soit l'omission volontaire de référence à ses travaux antérieurs (par exemple la publication dans une langue d'un article déjà publié dans une autre langue).
 
Internet: Fraude et déontologie selon les acteurs universitaires


Publié parFlorence Piron
 
samedi 8 octobre 2011
 
http://www.commissionrecherche.com/2011/10/internet-fraude-et-deontologie-selon.html

mardi 20 septembre 2011

Le logiciel libre dans les institutions du savoir : autonomie et cohérence

 
Les universités devraient prendre parti pour le « libre »
 

Il a été question ces dernières années des enjeux de gouvernance des universités, cette pratique de gestion axée sur une logique de l'expertise plutôt que sur la participation démocratique [1]. Cette dérive a ramené, avec raison, la mission des universités dans le débat public. Une mission que l'on dit de recherche, de partage, de valorisation des connaissances et de la technique, mais aussi de service à la communauté. La poursuite de ces objectifs requiert que les milieux universitaires jouissent d'une juste part d'autonomie, d'indépendance et de transparence [2].

Cette logique d’expertise, qui va à l’encontre d’une logique de collaboration, traverse le monde universitaire d’une manière insidieuse. En effet, comme pour l’ensemble des organismes publics et parapublics, les institutions universitaires, par l'entremise de leur conseil d'administration, ont des pratiques d'octrois systématiques de contrats à des fournisseurs de logiciels propriétaires alors qu'existent des solutions libres. On se retrouve donc avec une approche de technologies fermées au moment où celles-ci traversent toute la pratique d’enseignement et de recherche universitaires.

La maîtrise des outils de production du savoir nous échappe...
La philosophie qui sous-tend le logiciel libre, basée sur les principes de liberté, d'accessibilité, d'entraide et de transparence [3], correspond pourtant étroitement à la mission universitaire. Si Newton n'avait pu se hisser sur les épaules de géant de ses prédécesseurs, nous en serions probablement encore à débattre de la chute des corps. Qu'est-ce que la communauté scientifique, sinon un vaste espace d'échange, de discussion, d'exploration et de débat? Comment un tel espace peut-il exister sans l'accessibilité aux propositions scientifiques, aux données et aux méthodes expérimentales? Que vaut la falsifiabilité d'une proposition sans accès à ces sources d'information? [4]

Par ailleurs, et je rappelle que c’est là une donnée fondamentale, le réseau et les outils qui forment la trame de la communauté scientifique sont constitués de logiciels. Que l'on pense, par exemple, aux protocoles de communication et de programmation, aux logiciels de calcul, d'interface avec instrumentation, de rédaction, de recherche bibliographique, etc. Il apparaît important que ces instruments ne compromettent pas l'autonomie et les activités du milieu universitaire.

La dominance du « propriétaire »
Pourtant, une proportion dominante des outils utilisés dans ces institutions sont des logiciels propriétaires. Comment expliquer cela? D'abord, mentionnons que le marché des technologies de l'information et des communications est fortement oligopolistique. L'exemple le plus frappant est peut-être cette impossibilité de se procurer un ordinateur personnel qui ne soit pas livré, aux frais du client, avec un système d'exploitation sous licence propriétaire. L'usage consacre ensuite ces stratégies propriétaires comme normales alors que des solutions plus cohérentes, selon les principes évoqués, existent à qualité généralement égale ou supérieure. De surcroît, étant libres, ces dernières évoluent en synergie avec les besoins de leurs utilisatrices et utilisateurs, qui les évaluent constamment. Cette participation démocratique dans la conception et l'évolution de leurs outils est garante du maintien de leur pertinence et de leur qualité.

Basculer dans le « libre »
Évidemment, la vitalité de la communauté du logiciel libre est directement corrélée au nombre d’utilisatrices et d’utilisateurs. Comment alors favoriser l'adoption de cette stratégie? Le milieu universitaire est en fait un espace privilégié pour y parvenir, de par sa triple mission d'enseignement, de recherche et de service à la communauté. Dans un premier temps, par l'intermédiaire d'intervenants dans la formation universitaire, il est possible de proposer la stratégie du libre comme solution de rechange au statu quo d’une approche propriétaire favorisant les transnationales multimilliardaires. L'étudiant est alors à même d'évaluer, pour lui-même d'abord, les avantages et défis qui en découlent. Dans un second temps, la solution s’imposera par l'expérience de la recherche et du partage de l'information inhérente à ses activités, puis finalement lors du transfert de connaissances vers la communauté, laquelle à son tour profitera du renforcement de son autonomie dans l'usage de techniques construites dans le paradigme du logiciel libre. Seulement alors, les instances de gouvernance perchées bien haut dans leur gestion soi-disant indépendante finiront par percevoir le rayonnement, les avantages fiscaux et la contribution à l'avancement de la mission des institutions du savoir que le logiciel libre est à même d’offrir.

Propagande par l'exemple, finalement... Saluons l'initiative de l'Association francophone pour le savoir-Acfas d'être passée au libre pour sa plateforme Internet, souhaitons surtout que cette initiative en inspire d'autres! Et pour conclure en citant de nouveau Newton, pourquoi ne pas construire plus de ponts que de murs!

1) A. Leduc et J. Lebel, 2008 : Questions de gouvernance, Découvrir, volume 29 numéro 4, 36-47
2) C. Sabourin, 2009 : La recherche universitaire sous influence, À Bàbord, numéro hors-série (avril 2009) - À l'heure de la gouvernance : l'université entre déclin et relance, 13-14
3) Free Software Foundation (http://www.fsf.org)
4) K. R. Popper, 1972 : Objective knowledge - an evolutionary approach, Oxford Clarendon Press, 380p.

septembre 2011

Martin Deshaies-Jacques, UQAM - Université du Québec à Montréal

http://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2011/09/logiciel-libre-dans-institutions-savoir-autonomie-coherence

samedi 10 septembre 2011

Ethique planétaire : le paradoxe du numérique

La puissance du numérique favorise une transparence de plus en plus extensive, immédiate et contagieuse de l’information et donc de la démocratie.

Elle permet à des organismes humanitaires tels que Human Rights ou Green Peace, parmi tant d’autres, de connaître et dénoncer mondialement de plus en plus efficacement et de plus en plus efficacement les crimes contre les droits humains élémentaires.

La puissance du numérique dans le domaine de la technoscience, non seulement des armes de destruction massive, mais aussi de la physique, de la biologie, de l’écologie, permet à l’humanité d’être de plus en plus créatrice ; de transformer son destin, de menacer ou de protéger notre planète.

L’accélération prodigieuse de ce pouvoir instrumental dans nos mains d’hommes implique non seulement une puissance, mais, aussi une responsabilité éthique inédites.


Autant dire que le développement du numérique nous oblige, que ce soit par instinct de conservation ou par un progrès de notre conscience, à instaurer aussi une éthique planétaire basée sur le respect de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Nous sommes désormais trop informés pour faire semblant de ne pas savoir.

Nous vivons désormais trop dangereusement pour ne pas instaurer un bras armé qui puisse prévenir, combattre et sanctionner les excès d’exploitation et de violence humaines qui apparaissent encore partout parmi nous.

Cette éthique planétaire n’est pas seulement une nouvelle conscience ou une culture mondiale. Elle est aussi institutionnalisée par les Nations Unies, que nous devons apprendre à respecter, promouvoir et renforcer, quelles qu’en soient encore aujourd’hui les évidentes faiblesses et impuissances.

Notre avenir commun en dépend de plus en plus.

Sans doute jugera-t-on étonnant qu’une technologie puisse nous imposer une éthique ! Ce paradoxe du numérique n’est pas l’une de ses moindres logiques. L’évolution de notre espèce passe aujourd’hui par cette divergence.


par Hervé FISCHER(son site) vendredi 9 septembre 2011

http://www.educavox.fr/Ethique-planetaire-le-paradoxe-du

mercredi 3 août 2011

Innovation technologique et rénovation éthique


Maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne et auteur de l’ouvrage « Homo Sapiens Technologicus » (Le Pommier – 2008), Michel Puech développe son point de vue sur un thème de réflexion incontournable de notre histoire :
« Innovation technologique et rénovation éthique : L’impact des usages des technologies sur les comportements et les valeurs des humains. »
Au Centre de conférences de Poitiers, lors des Rencontres Nationales du numérique (30 juin)


Conférence de Michel Puech "Innovation... par reseauspn

Résumé :
Prenez-vous systématiquement l’ascenseur pour monter deux étages ? Cette question, en apparence innocente, reflète le drame de notre société. « Le fait qu’un individu en parfait état de santé, préfère être assisté par un matériel électrique plutôt que d’utiliser les escaliers, pose des questions éthiques, estime le philosophe Michel Puech. Il n’a plus conscience de l’énergie et des frais de maintenance nécessaires à son fonctionnement. Il n’est qu’un consommateur cherchant à économiser ses efforts sans raison. » Idem pour celui qui va acheter son pain en voiture !

À l’image d’Internet et des milliards de données accessibles d’un seul clic, les technologies modernes confèrent une « grande puissance » à chaque individu. Mais reste à savoir comment l’utiliser à bon escient. Michel Puech est le remier défenseur du web et pourfendeur de toute technophobie.

par An@é(son site) mercredi 3 août 2011

http://www.educavox.fr/Innovation-technologique-et