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samedi 19 juillet 2014

L’excellence n’est pas éthique !

Le comité d’éthique du CNRS a rendu un avis courageux sur les politiques d’excellence, à retrouver chez SLR ou à télécharger ci-dessous en pdf.

Résumé :

La politique de l’excellence en recherche a été mise en avant par la Communauté Européenne dans le prolongement de son agenda de Lisbonne de 2000 affirmant le caractère stratégique d’un développement fondé sur la croissance et l’utilisation des connaissances. Si l’ambition légitime de la recherche financée sur fonds publics est de se situer au plus haut niveau, il est apparu qu’à l’usage, le recours prépondérant aux critères de l’excellence pour fonder une politique de la recherche comporte des biais et des risques. Plusieurs effets sont analysés dans cet avis :
l’affichage de priorités scientifiques peut avoir un effet négatif sur la créativité des chercheurs
La réduction, voire la disparition, de moyens récurrents au profit de financements ciblés est aussi particulièrement dommageable pour les équipes qui travaillent dans des domaines qui échappent aux appels d’offre
La recherche de pointe se fonde sur une pyramide des compétences dont il faut reconnaitre l’utilité et le caractère non programmable
Un comportement éthique est indispensable à l’« excellence », car une trop forte compétition entraîne des dérives et une perte d’efficacité. La tendance mondiale actuelle s’articule dans les communautés scientifiques autour de l’ouverture et du partage des données. Le Comets formule plusieurs recommandations aux responsables de la recherche :
Tout avantage, sélection, récompense, prime, affectation de crédits fondés sur critère d’excellence implique la mise en place de procédures d’évaluation rigoureuses et transparentes.
La politique de l’excellence et les financements qui y sont associés doivent ménager des moyens suffisants en soutien de base et en moyens humains pour les équipes de qualité qui ne répondraient pas aux critères « d’excellence » affichés.
Les chemins du haut niveau en recherche passent par une grande réactivité aux thèmes nouveaux, parfois très originaux, qui peuvent apparaître hors de chemins balisés.
La logique des appels d’offre conduit trop souvent à chercher des thématiques toujours nouvelles, qui obéissent plus à des effets de mode qu’à l’exploitation des ressources.
La perspective de l’excellence développe assez naturellement des comportements individualistes. Or les réalisations de haut niveau ne sont que rarement le fait d’un individu isolé mais généralement l’aboutissement d’un travail collectif.
La compétition engendrée par la course à l’excellence peut entrainer l’augmentation des comportements inappropriés dans les laboratoires.
Les chercheurs reconnus comme « excellents » ont une responsabilité particulière vis-à-vis de la communauté ainsi que du grand public pour la divulgation des progrès scientifiques.

Documents joints
Excellence (PDF – 226.6 ko)

vendredi 18 juillet 2014, par Mariannick

(version du 27 mai 2014) Cet avis du COMETS résulte d’une co-saisine, suite à une demande du Président du CNRS.

À lire chez SLR ici

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article6981

mercredi 25 septembre 2013

L'Irlande, une étoile montante de la recherche scientifique d'excellence

Le groupe de publication Nature a sélectionné l'Irlande parmi les 5 pays à suivre pour sa recherche, juste après la Chine.

Cette sélection par pays s'est effectuée en définissant un indicateur (Nature Publishing Index ou NPI) qui dénombre la production d'articles de recherche dans les revues et journaux du groupe de publication Nature, en fonction de l'origine géographique des auteurs mais aussi de leur contribution (Corrected Count, CC) pendant l'année.

Ce passage, entre 2008 et 2012, de la 30ème à la 20ème place de ce classement, malgré les difficultés économiques, justifie aux yeux de David Swinbanks, du groupe Nature, que l'Irlande puisse être considérée comme une étoile montante de la recherche scientifique d'excellence, si on prend de plus en compte la proportion de chercheurs à plein temps qui place ce pays 8ème dans le monde, et le fait qu'il occupe la première place du classement pour la seule revue Nature Immunology.

Notons qu'en 2012, La France était à la 5ème place.

Sources :
- "Ireland highlighted as one of the upcoming five countries in the world to watch for scientific research excellence"- Science Foundation Ireland - 20/06/2013 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/unx7E
- "Nature Publishing Index 2012 Global"- Nature Magazine Supplement 2012-http://www.natureasia.com/en/publishing-index/global/supplement2012

BE Irlande 49 >> 25/09/2013

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/73995.htm

mercredi 18 septembre 2013

Sur le plateau de Saclay, l’ambition de bâtir une "Silicon Valley" à la française


Devenir Harvard, la Silicon Valley et la Sorbonne réunies... Le projet de l’université de Paris-Saclay (UPS), qui ouvrira officiellement ses portes en 2014, est l’exemple le plus emblématique et le plus ambitieux de la stratégie universitaire française.

Lancé en 2008, il consiste à regrouper, sur le plateau de Saclay, à 20 kilomètres au sud de Paris, des grandes écoles, une université, des organismes de recherches et des entreprises. Le club réunit la crème de la crème : Polytechnique, HEC, l’université Paris-Sud, le CEA, le CNRS...

"Pendant les "trente glorieuses", explique Dominique Vernay, président de la Fondation de coopération scientifique, qui pilote le projet, l’économie française était dans une phase de rattrapage, comme la Chine aujourd’hui vis-à-vis de l’Occident. Nous bénéficiions alors des avancées scientifiques américaines." L’époque a changé, assure M. Vernay : "Nous sommes sur un pied d’égalité, et donc en compétition dans le cadre de l’économie de la connaissance. Celui qui est le plus avancé scientifiquement, qui sait exploiter le plus rapidement le résultat de la science, est celui qui obtient le meilleur impact socio-économique. Nous voulons être leader, pas suiveur."

De Harvard, Paris-Saclay retient l’idée de créer une université pluridisciplinaire particulièrement exigeante. L’UPS sera constituée de neuf collèges ("droit et sciences politiques", "sciences fondamentales", "économie et sciences sociales", "biologie, médecine, pharmacie", etc.).

L’objectif à dix ans est de figurer parmi les dix premiers mondiaux. Certes, regrouper des établissements aussi anciens et prestigieux n’est pas allé de soi, loin s’en faut. D’ailleurs, les résistances perdurent. Mais, à terme, tous les masters et les écoles doctorales seront bel et bien pilotés par l’UPS.

RECHERCHER L’EXCELLENCE

Silicon Valley ? L’un des objectifs de Paris-Saclay étant que les avancées scientifiques irriguent immédiatement l’innovation technologique et le développement économique, tout sera mis en oeuvre pour faire travailler ensemble les chercheurs de différentes disciplines et les entreprises. Autour de questions précises. "Aujourd’hui, précise M. Vernay, la plupart des grandes questions sociétales font intervenir plusieurs disciplines. Qu’il s’agisse, entre autres exemples, d’accompagner au mieux le vieillissement de la population ou de développer une agriculture respectueuse de l’environnement. Ce n’est pas une découverte en mathématiques qui permettra de régler ces problèmes, mais le fait d’agglomérer un grand nombre de compétences."

La Sorbonne, enfin. Le projet cherche une voie moyenne entre élitisme et élévation des masses. Le pari est de rechercher l’excellence, mais il est aussi, assurent les promoteurs du projet, de tirer tout le monde vers le haut.

De fait, l’UPS comptera des établissements à effectif réduit trié sur le volet (comme Polytechnique), mais également des universités accueillant un grand nombre d’étudiants : Paris-Sud, Evry-Val d’Essonne et Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

A terme, l’UPS devrait regrouper 70 000 étudiants, quand Harvard n’en compte que 20 000... Bref, ce n’est pas une navette que la France veut propulser vers les étoiles, mais un supertanker.

Benoît Floc’h, Le Monde, 12 septembre 2013

vendredi 13 septembre 2013, par PCS (Puissante Cellule Site !)

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article6269

samedi 22 octobre 2011

Universités : des nouveaux projets à 150 millions d'euros

Un jury international départagera les lauréats des projets pédagogiques innovants d'ici au printemps 2012.


Nicolas Sarkozy avait évoqué cette possibilité au printemps dernier­, c'est désormais officiel. Les universités dotées de «projets pédagogiques innovants» recevront 150 millions d'euros dans le cadre du «grand emprunt» renommé «investissements d'avenir» par le gouvernement. Le projet «initiative d'excellence en formations innovantes» (Idefi) sera lancé mardi prochain par Laurent Wauquiez, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et par René Ricol, commissaire général à l'investissement, chargé de veiller aux 35 milliards de l'emprunt national. Les universités pourront déposer leurs dossiers jusqu'en décembre. Le jury international, composé d'enseignants, de chercheurs et de professionnels, annoncera les lauréats peu avant le printemps 2012. La vingtaine de projets lauréats recevront cet argent consomptible dont l'enveloppe pourra être dépensée dans une période de trois à huit ans maximum. Le jury «sera totalement libre de choisir ce qu'il veut», affirment Laurent Wauquiez et René Ricol au Figaro, tout en évoquant quelques pistes.
Démocratisation et excellence

Il pourrait s'agir de projets qui «concilient démocratisation et excellence», comme les études de droit de l'université Paris-I. Ces dernières font coexister une filière très exigeante pour les étudiants qui en sont capables (davantage d'heures de cours, cursus bidisciplinaires) avec une filière classique et une filière de rattrapage. Ce pourrait être un master très international, comme celui de biosciences de l'université Lyon-I et de l'ENS de Lyon, qui accueille 55% d'étudiants étrangers. Les projets qui proposent des formations croisées d'ingénieurs et de management, comme ceux de centrale Lyon et de l'EM Lyon, retiennent leur attention. Laurent Wauquiez évoque encore l'université de Nice, qui a créé une filière du jeu vidéo en partenariat avec une entreprise. Les projets concerneront tant des masters que des doctorats ou des licences.

Cette idée d'un appel à projets centré sur les formations innovantes est partie du constat qu'il manquait un volet formation aux investissements d'avenir (laboratoires d'excellence, initiative d'excellence, etc.), principalement centrés autour de la recherche, dans l'espoir de voir émerger une dizaine de campus à ­visibilité mondiale. «Mais l'excellence, c'est aussi s'occuper correctement des étudiants. Elle doit aussi toucher la formation», explique Laurent Wauquiez. L'opération concerne un nombre limité de projets «pour éviter le saupoudrage», précise René Ricol. Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur, et la Conférence des présidents d'université ont su convaincre ce dernier, au printemps dernier, qu'il fallait injecter de l'argent dans les formations qui «transforment» l'université. En contrepartie, le budget préalablement affecté aux «initiatives d'excellence» va baisser. Mais en aucun cas Idefi ne constituera une «session de rattrapage pour les sciences humaines», affirme Laurent Wauquiez. Il ne s'agira pas davantage de rééquilibrer des régions se jugeant moins dotées que d'autres.

Pour l'instant, une partie des 18,9 milliards d'euros provenant du grand emprunt ont déjà été attribués aux universités et aux laboratoires. Néanmoins, des reproches se sont faits jour ces dernières semaines de la part d'universités affirmant qu'elles n'avaient «rien vu venir» car «la contractualisation des projets lauréats (n'allait) pas assez vite», reconnaît René Ricol. Il affirme avoir été capable de verser «très vite» des acomptes, mais observe que «les lenteurs peuvent venir des porteurs de projets, notamment lorsque beaucoup de signatures sont requises auprès de leurs institutions et de leurs partenaires». Et il en appelle à la «responsabilité commune» des acteurs: «Tout le monde doit se mobiliser.»

Par Marie-Estelle Pech Publié le 20/10/2011 à 11:31

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/10/20/01016-20111020ARTFIG00814-universites-des-nouveaux-projets-a-150millions-d-euros.php

mercredi 28 septembre 2011

Le MBA, diplôme international d’excellence

Venu des USA, le MBA connaît un vrai succès en Europe et dans le reste du monde. Quelles sont les conditions pour obtenir ce Graal ? Quels bénéfi ces en tirer ? Eléments de réponse.

Le Master Business Administration est un diplôme de référence dans le monde du management et jouit d’une renommée internationale. Les cours se déroulent en anglais, l’esprit se veut multiculturel. Les promotions se composent d’étudiants de diverses nationalités. L’apprentissage dit « hélicoptère »donne une vue transversale des différentes fonctions de direction. Le but étant d’agir vite et bien face à toutes sortes de situations.
 
Généralement, les secteurs de la finance, des ressources humaines, du marketing passent au crible des apprentis leaders. C’est pourquoi les détenteurs de ce fameux diplôme sont souvent courtisés par les chasseurs de têtes.

Booster sa carrière
Lorsque le marché de travail est morose, le MBA prend toute son envergure. En effet, au sortir de cette formation, la recherche d’emploi s’annonce généralement plus aisée et assure souvent un salaire attractif. Cet accélérateur de carrière est donc très prisé. Les grandes écoles jouent d’ailleurs des coudes pour être au top des classements mondiaux. Et pour cause, les formations représentent un réel investissement : les frais d’inscription oscillent en moyenne autour de 40 000 € (jusqu’à 70 000 €pour les MBA les plus prestigieux).

Les conditions d’admission
Pour suivre un MBA, vous devez être en possession d’un diplôme universitaire de type long et d’une expérience professionnelle substantielle. En effet, les MBA s’adressent principalement aux jeunes diplômés avec une expérience professionnelle d’au moins 2 ans. Cependant, ne vous découragez pas si vous n’avez pas ladite expérience. Les écoles, après examen de votre dossier, peuvent estimer que vous avez un haut potentiel de leadership. Si vous obtenez de bons scores aux tests de sélection obligatoires (GMAT et TOEFL), l’établissement pourrait valider votre candidature.

Un choix mûrement réfléchi
Faire un MBA représente un engagement considérable de votre part. Le MBA doit s’intégrer dans un projet professionnel précis. Posez-vous les bonnes questions : pourquoi je désire faire un MBA ? Dans quel but ? Quelles sont les aides pour le financer (sponsoring, bourses, employeur) ? Quel type de MBA entreprendre en particulier (full time ou part time, MBA spécialisé, executive) ?

Une fois que vous aurez mis à plat votre projet, vous pourrez analyser en profondeur les différents programmes. Les MBA spécialisés peuvent, par exemple, vous permettre d’approfondir un secteur particulier. Mais méfiez-vous des ambiguïtés de certains de ces diplômes. Parfois, ce sont des masters, et non des MBA. Pour ne pas vous tromper, reportez-vous sur les organismes d’accréditations officiels (comme l’AACSB, l’AMBA, et l’EFMD) qui observent les programmes, la dimension internationale des écoles, leurs réputations, la qualité du corps enseignant, leurs réseaux avec les entreprises, etc. Les journaux économiques (Financial Times, Business Week, The Economist) peuvent aussi être de très bons indicateurs, pensez-y !

Un label pour choisir son MBA

L’accréditation est une composante clé pour faire son choix. Le label EQUIS, géré par l’European Foundation for Management Development (EFMD), donne une indication fiable de la qualité de l’enseignement. Avec ce label, les étudiants bénéficieront d’une reconnaissance internationale pour leur qualification. En avril 2011, 130 écoles de commerce implantées dans 38 pays se sont vues attribuer le label EQUIS. En Belgique, il y en a 3 : Louvain-School of Management, Solvay Brussels School of Economics and Management, et Vlerick Leuven Gent Management School.

Claire Morvan

http://www.studyrama.be/spip.php?article1968

Savoir enseigner dans le supérieur : un enjeu d'excellence pédagogique

Avec la massification des effectifs et la compétitivité croissante des établissements dans l'espace européen et mondial de l'enseignement supérieur, ont émergé des questions de qualité à la fois scientifique et pédagogique. La primauté de la recherche sur l'enseignement est devenue plus ouvertement un objet de débat. Le métier d’enseignant-chercheur a évolué, avec une fonction enseignante plus explicite et des pratiques pédagogiques plus diversifiées et plus « actives », même si le travail reste peu coordonné, en particulier dans les sciences humaines et sociales ; des initiatives originales, bien qu'encore limitées dans leur portée, commencent à voir le jour, pour valoriser l’activité d’enseignement. D’une façon générale, l'excellence pédagogique mobilise aujourd’hui davantage l'attention, et actualise les discussions sur la formation et l'accompagnement pédagogiques des enseignants-chercheurs.

On ne peut plus se permettre de croire qu'être un bon chercheur suffit pour être un bon enseignant, ni de penser que « miser » sur l'auto-formation constitue une politique viable, parce que conforme à l'habitus de la profession. On sait que les représentations influencent directement l’activité d’enseigner et qu’une approche plus centrée sur l’apprentissage des étudiants que sur les contenus à transmettre est a priori plus efficace. En explorant les mesures prises çà et là et en analysant les recherches disponibles, de plus en plus nombreuses, on s'aperçoit qu'il existe une convergence véritable à la fois des politiques et des chercheurs sur l'importance du « développement pédagogique » des enseignants-chercheurs. Cet intérêt est cependant plus d’origine institutionnelle qu’il n’émane des enseignants-chercheurs qui, même s’ils expriment par exemple des besoins relatifs à la gestion des grands groupes et à l’introduction de méthodes plus actives, notamment via les TIC, sont exceptionnellement prêts à y consacrer plus de deux jours par an.

Les premiers travaux théoriques sur le développement pédagogique ont été conduits en Amérique du Nord dès la fin des années 1980 ; l’influence en particulier des courants issus du SoTL (scholarship of teaching and learning) est indéniable, tant sur les programmes que sur les référentiels de compétences. Il s’agit de rapprocher enseignement et recherche, de montrer que, par la pratique réflexive et l’implication dans des recherches-actions, l’activité d’enseignement peut répondre aux mêmes exigences que l’activité de recherche. Dans les faits, le développement pédagogique peut s’incarner dans différents types de scénarios, du plus informel au plus formel. L’idée d’une formation obligatoire pour entrer dans la carrière ou être titularisé est soutenue activement dans certains pays (Australie, Norvège, Royaume Uni, Suède), dans d’autres le choix relève plutôt des établissements (États-Unis, Finlande, Nouvelle Zélande, Pays-Bas). Dans d’autres encore, les efforts se concentrent sur l’accompagnement (Belgique, Canada), alors qu’en France c’est la formation des doctorants qui était jusque là privilégiée, avec les CIES (centres d’initiation à l’enseignement supérieur).

Formation « initiale » ou formation « continue » ? Les deux modalités gagnent à être articulées. Pour ce qui concerne l’entrée dans la carrière, une formation d’une durée minimale d’un an, en alternance avec l’enseignement, semble nécessaire pour non seulement acquérir de nouvelles méthodes, mais surtout pour faire évoluer les représentations vis-à-vis de l’apprentissage. Il s’agit aussi d’encourager une pratique « scientifique » de l’enseignement, de favoriser la construction de réseaux et d’aider à appréhender le contexte institutionnel. Rendre obligatoire cette formation requiert un cadrage explicite à l’échelon national et ne présente un réel intérêt que quand elle intervient dans un environnement structurel et culturel propice. L’influence du département en particulier est décrite comme cruciale, pour promouvoir les liens entre recherche et enseignement et favoriser les échanges entre novices et avec les enseignants plus expérimentés, via par exemple des dispositifs de mentorat ou des communautés de pratiques.

Si la formation continue n’existe pas vraiment, dans le sens où elle n’est pas statutaire, de nombreuses initiatives, souvent locales et donc très variables d’un établissement à l’autre, peuvent s’y rapporter. Les avis divergent sur le fait qu’il faille ou non privilégier des interventions ponctuelles, à la demande des enseignants-chercheurs, ou opter pour une offre de services plus classique. Certains sont partisans de programmes courts et sur-mesure, basés sur une pratique réflexive et contextualisée, d’autres défendent l’idée d’une formation moins alternative, basée sur des événements répétés et adressée à tous les enseignants. Dans l’un ou l’autre cas, le lien avec la discipline est considéré comme important. En définitive, il s’agit de promouvoir une offre multidimensionnelle, qui intègre ces différentes modalités, afin de favoriser une approche globale intentionnelle. Autrement dit, il ne suffit pas de programmer des cours et des conférences, il convient aussi de développer l’accompagnement de projet et la recherche action d’une part, et de mettre en place une méthodologie et des outils pour évaluer l’activité d’enseignement.

Dans les établissements, le développement pédagogique repose généralement sur une ou plusieurs structures centralisées, dont l’existence peut être plus ou moins fragilisée selon les budgets et ressources alloués, comme le montrent les expériences anglaise et australienne. Dans ces deux pays, le déploiement a été systématisé il y a plusieurs années, mais les services proposés ne semblent pas avoir atteint leur pleine maturité, en particulier dans les universités traditionnelles. En France, les SUP (services universitaires de pédagogie) se sont développés tardivement, au début des années 2000 ; ils couvrent à peine 20% des universités et viennent de se constituer en réseau. Quelle que soit la configuration, toutes les recherches signalent la nécessité d’un leadership fort, tant au niveau central que local, et d’outils de mesure adaptés pour évaluer l’impact des activités menées, tant sur les enseignants-chercheurs bénéficiaires que sur le fonctionnement global de l’établissement.

Dans cette perspective, la question de la professionnalisation des conseillers pédagogiques – et donc de leur formation – devient un véritable enjeu. Mais ce n’est pas le seul. Les recherches qui se sont intéressées à la dynamique du changement dans les établissements d’enseignement supérieur montrent que miser sur l’évaluation des enseignements et sur des dispositifs de récompense n’est pas suffisant pour stimuler le développement des compétences. Si le rôle des acteurs individuels est souligné, notamment celui des enseignants-chercheurs « leaders », celui des départements, voire des écoles doctorales, est également essentiel. D’une façon générale, c’est le transfert interne de connaissances qui doit être facilitée, pour tendre vers une organisation apprenante capable de se régénérer. Au préalable, l’institution doit reconnaître l'existence d’un problème à résoudre, tout en prêtant attention à ne pas exacerber les tensions entre recherche et enseignement.


Auteur(s) : Laure Endrizzi

n°64, septembre 2011

Télécharger la version intégrale du dossier (version PDF)  

http://www.inrp.fr/vst/DA/detailsDossier.php?dossier=64&lang=fr

jeudi 22 septembre 2011

L’Université Khalifa crée un centre d’excellence en cyber-opérations à Abou Dhabi en coopération avec CASSIDIAN et Emiraje Systems

L’Université Khalifa, Cassidian et Emiraje Systems L.L.C. ont inauguré un centre d’excellence en cyber-opérations sur le campus de l’Université Khalifa à Abou Dhabi. Ce nouveau centre concentrera ses travaux de recherche sur les systèmes de sécurité et de contrôle industriel essentiels à la protection des infrastructures énergétiques, à l’encodage et aux investigations numériques.

La création du Centre d’excellence en cyber-opérations est le fruit d’un accord signé en 2010. Dans le cadre de cette coopération, Cassidian et Emiraje Systems se sont engagés à fournir des ressources et équipements à l’Université Khalifa afin de soutenir la mise en place et l’exploitation du centre. Celui-ci encouragera et soutiendra, pour sa part, le développement du capital intellectuel dans le domaine des opérations cybernétiques au sein de l’université. Le centre renforcera en outre les capacités de recherche de l’université dans des domaines de cyber-technologie spéciaux, notamment en matière de sécurité des réseaux, d’applications de sécurité mobile, de cryptologie, d’investigations informatiques et de dispositifs embarqués, tels que les systèmes de contrôle industriel SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition).

Tod Laursen, professeur et président de l’Université Khalifa, a déclaré : « L’inauguration du Centre d’excellence en cyber-opérations est totalement en ligne avec l’objectif stratégique de l’Université Khalifa. Celui-ci consiste à développer les capacités nécessaires pour réaliser la vision 2030 d’Abou Dhabi, qui vise à établir une économie fondée sur la connaissance. De plus, nous avons lancé un grand nombre de programmes académiques et de projets de recherche, qui contribuent ensemble à la réalisation de cet objectif stratégique. »

« Les nombreux cursus académiques que nous proposons, tels que les masters d’ingénierie nucléaire, de sécurité civile et internationale, et de sécurité de l’information, bénéficieront du travail réalisé par ce centre et, en contrepartie, lui fourniront des informations », précise-t-il. « L’interaction constitue la base de la recherche pluridisciplinaire et de l’environnement d’apprentissage que nous mettons en place à l’université Khalifa. Ces cursus, ainsi que le Centre de Recherche & Développement consacré aux semi-conducteurs, le Etisalat-BT Innovation Center et le Centre de Recherche & Innovation aéronautique et spatiale, ne sont que quelques exemples d’activités industrielles ciblées que nous avons récemment créées avec divers partenaires. »

Et Guy Meguer, Vice-président de Cassidian Cyber Security, d’ajouter : « Ce second centre vient confirmer l’engagement de Cassidian à contribuer, par l’apport de capacités durables en matière de cybersécurité, au développement de ces activités dans les EAU. Fournisseur majeur de solutions cybernétiques auprès des gouvernements européens, Cassidian se réjouit de poursuivre sa coopération avec l’Université Khalifa dans le cadre de ce projet, et de faire profiter les étudiants des meilleures approches en matière de sécurité. Tout pays utilisant des systèmes de communication numériques avancés se doit d’adopter une posture de sécurité saine, soutenue par une recherche académique solide et compétente. Ce centre apportera ce soutien essentiel à toute économie avancée. Il est conçu pour développer le capital intellectuel des EAU grâce à un transfert de connaissances efficace, et partager ensuite ce capital avec la communauté internationale ».

Abdul Aziz Al Khaili, Directeur général d’Emiraje Systems, indique quant à lui : « Le périmètre et les capacités étendus du nouveau Centre d’excellence en cyber-opérations d’Abou Dhabi vient compléter les capacités du premier centre créé en mai 2011. Ce partenariat fructueux témoigne de l’engagement actif de Cassidian, actionnaire et partenaire d’Emiraje, dans le transfert de connaissances et de technologies au profit des Emirats. Développer une expertise nationale dans ces domaines sensibles est indispensable pour la sécurité des infrastructures d’information en pleine expansion des EAU, qu’il s’agisse de la protection d’entreprises privées ou de la défense et de la sécurité de la nation. Les étudiants qui obtiendront ces diplômes constitueront une précieuse ressource tant pour le développement du pays que pour Emiraje, dont la mission consiste à développer les systèmes d’information critiques pour la défense et la sécurité des EAU, avec le soutien technologique de Cassidian. Je tiens à saluer une nouvelle fois le rôle prépondérant de l’Université Khalifa dans le développement continu de notre système d’éducation. »

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A propos de l’Université Khalifa

L’Université Khalifa a été créée en février 2007 sur décret du Président des Emirats Arabes Unis, Son Altesse le Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, pour réaliser la vision 2030 d’Abou Dhabi, qui consiste à établir une économie fondée sur la connaissance susceptible de contribuer efficacement au développement des EAU.

Le campus principal de l’Université Khalifa, situé à Abou Dhabi, est associé au campus de Sharjah. Il propose actuellement des bachelors en informatique, communication, électronique, développement logiciel, génie mécanique, génie aérospatial, et ingénierie biomédicale, des masters et doctorats en informatique, télécommunications et ingénierie électronique, ainsi que des masters en ingénierie nucléaire, sécurité de l’information, et sécurité civile et internationale.

L’Université Khalifa étendra à l’avenir son offre de formation à d’autres disciplines d’ingénierie, de logistique, de management et de sciences de la vie, dont des bachelors en ingénierie systèmes et industrielle, et en ingénierie civile et environnementale.

Elle ouvrira en outre des centres de recherche consacrés notamment aux technologies de l’information et de la communication (TIC), à l’énergie, aux nanotechnologies, à la technologie aérospatiale et aux sciences de la santé.

L’Université Khalifa accueille étudiants et étudiantes de toutes les nationalités, tout en accordant une attention particulière à la formation des jeunes émiratis.

septembre 2011 par Marc Jacob

http://www.globalsecuritymag.fr/L-Universite-Khalifa-cree-un,20110922,25916.html

mardi 30 août 2011

Quiz. Licence en alternance

Une université accueille près de 26.000 étudiants en apprentissage sur 9 sites géographiques et 3 antennes. Les étudiants préparent une licence “professionnelle” en 3 ans dans le domaine des sciences, de l’économie et de la gestion, ou du travail social. Ils ont un contrat de travail avec une entreprise durant trois ans et donc un salaire.

Calendrier annuel. 2 semestres composés chacun de 12 semaines de cours et de 12 semaines de travail dans l’entreprise. 48 semaines par an ! Cette licence en apprentissage, après évaluation nationale et reconnaissance internationale, vaut… 210 crédits européens (et non 180) !

85% des étudiants obtiennent un contrat de travail durable, avant même l’obtention de leur licence.

Quelle est cette université [française] ? Un exemple à suivre ?

Mardi, août 30th, 2011 at 11:25

http://blog.educpros.fr/pierredubois/2011/08/30/quiz-licence-en-alternance/

dimanche 14 août 2011

L'université Jiaotong de Shanghai, l'une des plus réputées de Chine

SHANGHAI - L'université Jiaotong de Shanghai, qui publie chaque année un classement académique des universités mondiales très attendu, est l'un des établissements d'études supérieures les plus réputés de Chine.

Les contingents d'ingénieurs et de scientifiques qui sortent diplômés de Jiaotong sont considérés des recrues de choix pour participer au développement de la Chine, devenue la deuxième économie mondiale.

Même si la réputation de l'université s'est surtout bâtie sur les matières scientifiques, elle compte pas moins de 31 départements couvrant tous les domaines, du design au marxisme.

L'an passé, l'université Jiaotong (transports et communications) de Shanghai figurait dans le Top 5 des universités chinoises, juste après deux autres établissements d'excellence, l'Université de Pékin et l'université Tsinghua également située dans la capitale chinoise.

Jiaotong compte parmi ses anciens élèves célèbres Qian Xuesen, décédé en 2009, honoré par la Chine comme le père du programme spatial national.

L'ancien numéro un chinois Jiang Zemin a aussi été diplômé en 1949 du département des machines électriques de Jiaotong.

Parmi les personnalités actuelles de Jiaotong, on peut citer le Pr Luc Montagnier, codécouvreur du virus du sida en 1983 et prix Nobel de médecine 2008, recruté fin 2010 pour y diriger un institut de recherches.

A Jiaotong, le Pr Montagnier a expliqué avoir trouvé esprit d'ouverture, dynamisme et rapidité de décision.

L'université a une longue histoire puisqu'elle a été fondée en 1896 par un décret impérial.

La réputation de sa filière d'excellence pour les ingénieurs remonte aux années 1930, alors que Shanghai était le théâtre d'un formidable essor. Cette réputation s'est ensuite maintenue, y compris sous la Chine communiste.

L'université Jiaotong compte aujourd'hui près de 18.000 étudiants non diplômés et plus de 24.000 étudiants déjà diplômés. Environ 1.600 étudiants étrangers y sont inscrits, apprenant en majorité le chinois.

Chaque année, Jiaotong publie son classement académique des universités mondiales, souvent appelé classement de Shanghai.

L'idée de ce classement diffusé depuis 2003 est née quand Pékin a décidé de se doter d'universités de prestige international. Il s'agissait de définir les critères pour qu'une université soit considérée de rang mondial et de voir comment les universités chinoises se situaient.


(©AFP / 14 août 2011 21h43)

http://www.romandie.com/news/n/_L_universite_Jiaotong_de_Shanghai_l_une_des_plus_reputees_de_Chine140820112108.asp

lundi 4 juillet 2011

France - Les projets de campus d’excellence

Ils sont trois à avoir été choisis au titre des initiatives d’excellence du grand emprunt (Idex) le 4 juillet. Trois projets à grands campus que révèle en avant-première le ministre de l’Enseignement supérieur dans un entretien au Monde le 4 juillet.

Bordeaux, Strasbourg et "Paris Sciences et Lettres" (PSL). Ce sont ces trois projets qui ont été retenus par un jury international au terme d’une première sélection. Une seconde étape est prévue dans les semaines à venir, mais d’ores et déjà, les projets de Grenoble, Lyon, Toulouse et Sorbonnes Universités ont été éliminés. Au total, ce sont cinq à dix regroupements d’enseignement supérieur et de recherche qui devraient se répartir les 7,7 milliards d’euros.

Dans le détail, le projet de Strasbourg concerne l’université fusionnée en 2009. Elle a été sélectionnée pour "sa gouvernance simple et efficace et ses domaines d’excellence en recherche, tant en chimie qu’en sciences de la vie", assure le ministre. Celui de Bordeaux est un Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres), "solide en recherche et très en phase avec le monde de l’entreprise".

Quant au pôle de PSL, qui regroupe notamment l'Ecole normale supérieure (ENS) de la rue d'Ulm, le Collège de France, l'Ecole nationale supérieure de chimie de Paris (Chimie ParisTech), il possède un "projet potentiellement révolutionnaire, explique le ministre. Les institutions de PSL ont certes une forte identité, mais elles ont réussi à proposer une projet collectif innovant, à la croisée des grandes écoles et des universités".

Le 04 juillet 2011 par Barbara Leblanc  

http://www.usinenouvelle.com/article/laurent-wauquiez-leve-le-voile-sur-les-projets-de-campus-d-excellence.N155003