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vendredi 9 août 2013

Numérique : l'exécutif précise le savoir que devraient avoir les lycéens

Le gouvernement a précisé les connaissances en informatique que devraient avoir les lycéens pour être à l'aise dans la sphère numérique. Via la publication d'un arrêté, le ministère de l'éducation nationale affine ainsi les critères d'évaluation du brevet informatique et Internet (B2i).


Le gouvernement a fait publier ce mercredi au Journal officiel l'arrêté modifiant celui du 14 juin 2006, relatif aux référentiels de connaissances et capacités exigibles pour le brevet informatique et Internet (B2i). Pris le 24 juillet dernier, il modifie substantiellement les domaines sur lesquels sont interrogés les lycéens et les modalités d'évaluation que doivent suivre le corps enseignant.

Le B2i concerne tous les élèves scolarisés à l'école primaire, au collège et au lycée. En fonction du niveau, l'appréciation des compétences n'est évidemment pas la même. Cette attestation permet ainsi de contrôler la capacité des jeunes à utiliser sans risque et de manière responsable les différents outils informatiques mais aussi Internet.

Ce nouveau référentiel s'adressant aux lycéens, les connaissances à vérifier sont donc relativement exigeantes. Pour décrocher l'attestation B2i niveau lycée, chaque élève doit valider 80 % des items dont au moins la moitié dans chacun des domaines fixés par l'éducation nationale.

Travailler dans un environnement numérique évolutif

Concernant le domaine 1, il est par exemple demandé de savoir "paramétrer ses applications et les services en ligne utilisés de façon à gérer et contrôler ses traces (mots de passe, gestion de l'historique, données de formulaire, etc.)", mais aussi d'être en mesure de jongler entre plusieurs identités, selon les contextes (public, privé, professionnel, personnel).

Les lycéens doivent aussi être en mesure de "changer les règles de confidentialité et les paramètres des services utilisés sur le web" et "d'en vérifier régulièrement les modifications". Ils seront également évalués sur leur capacité à "s'inscrire et se désinscrire d'un service numérique (lettre d'information, réseau social, flux, etc.)".

Être responsable

Le domaine 2 s'arrête sur la responsabilité des internautes lorsqu'ils se promènent sur la toile. La compréhension et le respect des principaux objectifs de la loi informatique et libertés sont ainsi demandés. Ils doivent également bien retenir qu'ils sont responsables de toutes leurs publications, "y compris lors de l'utilisation d'un pseudonyme".

Les jeunes doivent être en mesure de comprendre la portée des conditions d'utilisation des services sur lesquels ils s'inscrivent, de "porter un avis critique sur une situation liée à l'usage du numérique", comme les sujets populaires et éphémères (buzz) et les canulars (hoax). Le respect du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle est aussi éprouvé dans ce cadre.

Produire, traiter, exploiter et diffuser des documents numériques

Le troisième domaine se concentre sur l'utilisation des outils informatiques et plus particulièrement des logiciels présents dans une suite bureautique. Ainsi, il est attendu que chaque élève soit en mesure d'en"maîtriser les fonctions de base", de "structurer un document", de "modifier les métadonnées" du document ou encore "d'insérer automatiquement des informations" dans un document.

Les élèves doivent montrer leur capacité à "distinguer une simulation ou une modélisation de la réalité lors du traitement des informations" et "préciser le contexte associé aux résultats obtenus et ses conséquences sur leur interprétation". Ils doivent prouver qu'ils sont capables de choisir le bon format pour importer et exporter des documents, selon les situations.

Organiser la recherche d'informations

Quatrième domaine du référentiel, il mesure la manière dont l'élève cherche, trie et extrait l'information. Il doit montrer comment une veille sur un sujet est établie (utilisation des alertes d'un moteur de recherche, des flux RSS, des abonnements, des podcasts...) et de quelle façon identifier l'origine d'une publication, quitte à fouiller son code source.

L'élève doit aussi présenter une connaissance dans l'utilisation du moteur de recherche. Sait-il accéder aux critères de tri ? Sait-il utiliser des opérateurs de recherche, pour préciser une requête ? Autrement dit, l'élève doit montrer une capacité à filtrer la masse d'information à sa disposition pour dénicher rapidement et efficacement les éléments qui l'intéresse.

Communiquer, travailler en réseau et collaborer

Le dernier domaine s'intéresse à la manière dont l'élève se comporte avec les autres internautes, s'il sait collaborer avec eux et s'il est en mesure d'adapter son identité en fonction de son public. Il lui faudra apprendre à participer à une production numérique collective, c'est-à-dire à une plateforme Wiki ou tout autre projet en commun.

L'élève sera également évalué sur sa capacité à s'exprimer via les réseaux, en identifiant la nature de l'espace où il intervient : est-ce un espace professionnel ? Personnel ? Privé ? Public ? Enfin, il lui faudra démontrer sa propension à "participer à un débat en ligne dans le respect des autres interlocuteurs", c'est-à-dire en respectant la Nétiquette.

samedi 1 juin 2013

Apprendre de manière créative : c’est possible et surtout efficace

L’appropriation des savoirs est un processus de longue haleine tout au long duquel le rôle de l’enseignant en lui-même se voit parfois limité. Si, comme l’a dit Philippe MEIRIEU : «Il n’est de bonne pédagogie que dans l’éclectisme ; parce que le chemin unique sélectionne toujours ceux qu’il fait réussir.», il apparaît dès lors clair qu’apprendre est une chose et savoir le faire en est une autre.

Cependant, tout processus d’apprentissage ne saurait se suffire à lui-même. Pour qu’il soit complet, nombre de facteurs devraient parfois y être adjoints, afin de permettre à l’apprenant d’assimiler des connaissances de manière pérenne.

La créativité apparaît dès lors comme une des conditions sine qua non pour développer ses compétences au mieux et parvenir au succès. Qu’en est-il réellement de la place de la créativité dans ce processus d’apprentissage ? Le rôle de l’enseignant ou du formateur se voit-il modifié ? L’intégration de la créativité est-elle la panacée aux problèmes d’apprentissage ? Autant de questions que de plus en plus de professionnels de l’enseignement se posent et auxquelles ils essayent d’apporter des réponses.

La créativité comme meilleur mode d’appropriation des savoirs

Nombre d’études comme celle-ci (lien en anglais) l’ont démontré. La réussite des élèves est moins tributaire de leur QI que de facteurs tels que leur motivation et leur volonté d’apprendre.

Rarement associées et pourtant complémentaires, les notions d’apprentissage et de créativité s’avèrent interdépendantes et de plus en plus déterminantes dans l’apprentissage car, la mémorisation d’une connaissance, ne se fait pas toujours de manière « naturelle ». Comme le souligne Marco Bertolini dans un article publié sur son blog : «la créativité intervient – ou devrait intervenir – à tous les stades de l’apprentissage». Pour lui, il très important pour chaque apprenant d’élaborer sa propre stratégie d’apprentissage. Une étape apparemment simple qui consiste à se poser un certain nombre de questions (dont les réponses sont l’aboutissement du processus d’apprentissage) telles que : quels sont mes objectifs ? Qu’est-ce que je veux apprendre ? Pourquoi ? Quelles sont les méthodes qui me conviennent bien ? Etc.

Il apparait dès lors essentiel que chaque apprenant se trouve sa propre voie certes, mais, que sa stratégie d’apprentissage soit également adaptée à la discipline qu’il veut apprendre. Ainsi, une leçon de géographie ne saurait être révisée de la même manière qu’une leçon de physique ou de chimie par exemple. A ce propos, dans son guide intitulécomment étudier efficacement en 5 étapes, Marco Bertolini propose des astuces susceptibles d’aider tout apprenant à mieux s’en sortir dans son processus d’apprentissage.

Un recours à la créativité de plus en plus perceptible présente dans le domaine éducatif aujourd’hui, et qui fait ses preuves notamment à travers les nouvelles pédagogies basées sur la pensée virtuelle telles que le Mindmapping, les concept-maps etc. où la créativité des apprenants est le pilier de leur propre processus d’apprentissage. La question que l’on peut se poser dès lors est celle de savoir si cela n’attribue pas dès lors un nouveau rôle à l’enseignant ?

Un nouveau rôle pour les enseignants et les formateurs ?

Le rôle de l’enseignant et sa place dans le processus d’enseignement-apprentissage n’a cessé d’évoluer avec les années. Ainsi, l’époque où l’on considérait l’élève comme un tableau vierge sur lequel l’enseignant, «grand maître» et détenteur du savoir, devait inscrire des connaissances est bien révolue.

Aujourd’hui, comme l’a dit RABELAIS «L’enfant n’est plus (ndlr) un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume.». Le rôle de l’enseignant est désormais «peut-être moins de transmettre les informations que d’apprendre à les appréhender», comme le souligne François Taddéi, dans une interview accordée au journal électronique du Centre de Recherche et d’Action Pédagogiques paru dans le N°478 de janvier 2010.

Pour lui «L’enseignant de notre époque doit être un spécialiste de la découverte des savoirs, de la mise à jour des connaissances.». Car, «maintenant où chaque jour se publient plus de choses que ce qu’on peut lire en une vie, plus personne ne peut tout savoir et l’enseignant ou le chercheur doit accepter cette situation et la tourner à son avantage.».

Ainsi, l’enseignant ou le formateur devrait désormais aussi «enseigner à apprendre». Une tâche qui ne semble pas si simple mais qui s’avère aujourd'hui essentielle, s’il veut s’adapter aux réalités actuelles.

Comment intégrer la créativité au processus d’apprentissage ?

«La créativité est souvent associée à l’innovation, que ce soit à l’échelle du système, de l’établissement éducatif ou de l’individu» affirment Olivier Rey et Annie Feyfant dans leur article intitulé Vers une éducation et créative paru dans la revue de l’Institut français de l’éducation, N° 70 de janvier 2012.

Intégrer la créativité au processus d’apprentissage consiste dès lors à mettre en œuvre des méthodes d’apprentissage invitant l’apprenant à faire preuve d’imagination de manière à stimuler sa créativité. Cela peut passer, par le recours aux activités ludo-éducatives chez les plus jeunes ou à l’humour par exemple qui est lui aussi un facteur de développement personnel chez les adultes.

C’est ici aussi que le recours aux nouvelles formes d’apprentissage basées sur la pensée telles que le Mindmapping, les flashcards, les concept-maps et autres est indiqué, car elles permettent tout autant que les autres, à stimuler la créativité des apprenants, créativité sur laquelle reposera leur apprentissage. Des méthodes certes louables, mais qui elles ont bien des limites.

Limites de l’intégration de la créativité au processus d’apprentissage

L’apprentissage créatif peut parfois se heurter à divers facteurs cependant. Des facteurs d’ordre psychologiques tels la passivité de certains apprenants, «la peur du risque», «le cartésianisme» ou des facteurs d’ordre physiologique aussi. Car, de plus en plus d’étudesle démontrent : l’alimentation aurait un impact non-négligeable sur le fonctionnement du cerveau.

Ainsi, comme l’affirmait Jean PIAGET «Apprendre, c’est prendre conscience et non suivre une voie toute tracée, la meilleure fût elle.». Chaque apprenant est unique età ce titre, «le formateur n’est qu’un facilitateur qui encourage et qui suscite la collaboration entre les apprenants en vue de l’acquisition et de l’intégration de nouveaux savoirs et compétences» dixit François Taddéi. Il est donc indispensable qu’il l’aide à trouver sa propre voie, afin de parvenir au succès.

Par Philippe Menkoué | p.menkoue@cursus.edu

Créé le mardi 23 avril 2013 | Mise à jour le mardi 21 mai 2013

http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/19978/apprendre-maniere-creative-est-possible-surtout/

vendredi 23 septembre 2011

L’Université : le progrès du savoir

L’Université ne remplit sa mission que si elle bénéficie d’une totale indépendance à l’égard de tout pouvoir. Les étudiants doivent accéder à un savoir sans frontière. Peuvent-ils être prisonniers d’un État?


Un article publié en collaboration avec l’ALEPS (*)



Dans un précédent billet, nous avons expliqué comment l’école peut se passer de l’État, en laissant de côté l’Université. Voici pourtant un domaine où la pratique mondiale est simple : sélection, autonomie, concurrence et diversité des universités. Est-il besoin d’un monopole d’État ?

Enseignement et science
L’Université n’est pas un corps d’« enseignement supérieur », contrairement à ce que l’on dit. Elle n’est ni une grande école, ni un institut professionnel. Elle est le lieu de l’élaboration et de la transmission du savoir. Seule l’Union Soviétique avait séparé enseignement et science : l’État choisit les connaissances que l’on doit enseigner à la jeunesse.

L’Université ne remplit sa mission que si elle bénéficie d’une totale indépendance à l’égard de tout pouvoir : politique, religieux ou financier. Comme la science, l’Université est sans frontière, et à l’heure actuelle les étudiants doivent accéder au savoir mondial, et ouvrir leur esprit à la faveur de rencontres internationales. Peuvent-ils être prisonniers d’un État ?

Diplômes d’Université
Les diplômes d’État doivent donc disparaître. Chaque Université doit librement choisir et ses programmes, et ses maîtres, et ses étudiants. À leur tour, les étudiants choisissent une Université en fonction de la qualité des diplômes qu’elle délivre et de ce qu’ils recherchent à travers leurs études. Plusieurs universités peuvent se donner un label commun.

L’entrée en Université ne peut être considérée comme un « droit social ». L’Université est sélective, chaque Université ayant ses propres critères de sélection. Le coût des études peut en être un : les meilleurs maîtres, les meilleurs équipements coûtent sans doute plus cher, et les moyens mis par l’Université à la disposition de la recherche scientifique (bibliothèques, laboratoires) dépendent également de la quantité et du niveau des droits d’inscription.

La concurrence entre Universités
Chaque Université met un point d’honneur à attirer les étudiants de meilleure qualité, mais une grande diversité peut exister dans l’offre universitaire. Par exemple on voit aujourd’hui se multiplier les Universités en ligne. Comme le niveau et le développement de chaque Université dépendent de la satisfaction des familles et des étudiants, il y a intérêt à faire du mieux possible. On évite ainsi l’incurie d’universités où les enseignants sont des fonctionnaires à vie, les crédits alloués de façon mécanique ou arbitraire, et les étudiants prisonniers d’une carte universitaire.

Avec la concurrence, les professeurs eux-mêmes sont soumis à la pression car leurs contrats sont à durée déterminée. Le système des chaires (tenures) offertes à vie s’est révélé peu satisfaisant. La « précarité » des enseignants les pousse au « stakhanovisme intellectuel », et à la multiplication des publications ; mais il y a souvent chez les universitaires alternance entre vie professionnelle et vie universitaire, pour le plus grand bien de la recherche et de l’enseignement.

Les barrières financières

Peut-on imaginer que des enfants doués soient exclus du système universitaire pour des raisons financières ? Certainement pas. Si le coût des inscriptions est élevé, il existe – notamment aux États-Unis – des systèmes efficaces de bourses. Les unes proviennent de l’aide publique, dispensée par les villes ou les États. Ces universités « publiques », comme les autres, effectuent une sélection, elles ne disposent d’aucun monopole, et jouissent d’une large autonomie. D’autres bourses viennent des très nombreuses fondations privées (laïques ou confessionnelles) qui bénéficient elles-mêmes d’exemptions fiscales – la loi fiscale donnant le choix au contribuable entre payer des impôts pour l’Université ou payer pour des fondations qui gèrent les universités et ne pas payer d’impôt.

Enfin, et non le moindre, les banques n’hésitent pas à financer les études de jeunes gens qui investissent ainsi en « capital humain » qui leur garantit de meilleurs revenus plus tard et leur permettra de rembourser. En Angleterre, c’est l’État qui se fait banquier, et se remboursera sur les revenus des étudiants devenus salariés ou professionnels (le gouvernement Cameron n’a pas augmenté les droits d’inscription, comme il a été dit, mais les taux de remboursement).

Les entreprises universitaires
Des universités peuvent être gérées comme une entreprise, et distribuer des profits. Certes des Universités « ordinaires » peuvent aussi avoir des excédents d’exploitation. Mais si l’Université est organisée en société commerciale, les actionnaires peuvent s’approprier ces excédents ; cependant ils ont souvent tendance à laisser leurs profits dans leur université. Les fondations sont tenues elles aussi à une certaine rentabilité.

À l’autre bout de la chaîne, on trouve des universités totalement gratuites pour les étudiants, ouvertes à des jeunes gens pour qui les portes se sont fermées ailleurs. Les « académies » instaurées par l’Église Catholique dans de nombreux pays (notamment latino-américains), avec le financement charitable de familles aisées, obtiennent des résultats spectaculaires.

—-
Article repris du site de l’ALEPS, Libres.org, avec l’aimable autorisation de Jacques Garello.


(*) L’ALEPS, présidée par le Professeur Jacques Garello, est l’Association pour la Liberté Économique et le Progrès social, fondée il y a quarante ans sous l’autorité de Jacques Rueff, dans la tradition intellectuelle française de Jean Baptiste Say et Frédéric Bastiat.

Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=47551

Posté par Raphaël Marfaux le 23/09/2011

http://www.contrepoints.org/2011/09/23/47551-luniversite-le-progres-du-savoir

mardi 20 septembre 2011

Le logiciel libre dans les institutions du savoir : autonomie et cohérence

 
Les universités devraient prendre parti pour le « libre »
 

Il a été question ces dernières années des enjeux de gouvernance des universités, cette pratique de gestion axée sur une logique de l'expertise plutôt que sur la participation démocratique [1]. Cette dérive a ramené, avec raison, la mission des universités dans le débat public. Une mission que l'on dit de recherche, de partage, de valorisation des connaissances et de la technique, mais aussi de service à la communauté. La poursuite de ces objectifs requiert que les milieux universitaires jouissent d'une juste part d'autonomie, d'indépendance et de transparence [2].

Cette logique d’expertise, qui va à l’encontre d’une logique de collaboration, traverse le monde universitaire d’une manière insidieuse. En effet, comme pour l’ensemble des organismes publics et parapublics, les institutions universitaires, par l'entremise de leur conseil d'administration, ont des pratiques d'octrois systématiques de contrats à des fournisseurs de logiciels propriétaires alors qu'existent des solutions libres. On se retrouve donc avec une approche de technologies fermées au moment où celles-ci traversent toute la pratique d’enseignement et de recherche universitaires.

La maîtrise des outils de production du savoir nous échappe...
La philosophie qui sous-tend le logiciel libre, basée sur les principes de liberté, d'accessibilité, d'entraide et de transparence [3], correspond pourtant étroitement à la mission universitaire. Si Newton n'avait pu se hisser sur les épaules de géant de ses prédécesseurs, nous en serions probablement encore à débattre de la chute des corps. Qu'est-ce que la communauté scientifique, sinon un vaste espace d'échange, de discussion, d'exploration et de débat? Comment un tel espace peut-il exister sans l'accessibilité aux propositions scientifiques, aux données et aux méthodes expérimentales? Que vaut la falsifiabilité d'une proposition sans accès à ces sources d'information? [4]

Par ailleurs, et je rappelle que c’est là une donnée fondamentale, le réseau et les outils qui forment la trame de la communauté scientifique sont constitués de logiciels. Que l'on pense, par exemple, aux protocoles de communication et de programmation, aux logiciels de calcul, d'interface avec instrumentation, de rédaction, de recherche bibliographique, etc. Il apparaît important que ces instruments ne compromettent pas l'autonomie et les activités du milieu universitaire.

La dominance du « propriétaire »
Pourtant, une proportion dominante des outils utilisés dans ces institutions sont des logiciels propriétaires. Comment expliquer cela? D'abord, mentionnons que le marché des technologies de l'information et des communications est fortement oligopolistique. L'exemple le plus frappant est peut-être cette impossibilité de se procurer un ordinateur personnel qui ne soit pas livré, aux frais du client, avec un système d'exploitation sous licence propriétaire. L'usage consacre ensuite ces stratégies propriétaires comme normales alors que des solutions plus cohérentes, selon les principes évoqués, existent à qualité généralement égale ou supérieure. De surcroît, étant libres, ces dernières évoluent en synergie avec les besoins de leurs utilisatrices et utilisateurs, qui les évaluent constamment. Cette participation démocratique dans la conception et l'évolution de leurs outils est garante du maintien de leur pertinence et de leur qualité.

Basculer dans le « libre »
Évidemment, la vitalité de la communauté du logiciel libre est directement corrélée au nombre d’utilisatrices et d’utilisateurs. Comment alors favoriser l'adoption de cette stratégie? Le milieu universitaire est en fait un espace privilégié pour y parvenir, de par sa triple mission d'enseignement, de recherche et de service à la communauté. Dans un premier temps, par l'intermédiaire d'intervenants dans la formation universitaire, il est possible de proposer la stratégie du libre comme solution de rechange au statu quo d’une approche propriétaire favorisant les transnationales multimilliardaires. L'étudiant est alors à même d'évaluer, pour lui-même d'abord, les avantages et défis qui en découlent. Dans un second temps, la solution s’imposera par l'expérience de la recherche et du partage de l'information inhérente à ses activités, puis finalement lors du transfert de connaissances vers la communauté, laquelle à son tour profitera du renforcement de son autonomie dans l'usage de techniques construites dans le paradigme du logiciel libre. Seulement alors, les instances de gouvernance perchées bien haut dans leur gestion soi-disant indépendante finiront par percevoir le rayonnement, les avantages fiscaux et la contribution à l'avancement de la mission des institutions du savoir que le logiciel libre est à même d’offrir.

Propagande par l'exemple, finalement... Saluons l'initiative de l'Association francophone pour le savoir-Acfas d'être passée au libre pour sa plateforme Internet, souhaitons surtout que cette initiative en inspire d'autres! Et pour conclure en citant de nouveau Newton, pourquoi ne pas construire plus de ponts que de murs!

1) A. Leduc et J. Lebel, 2008 : Questions de gouvernance, Découvrir, volume 29 numéro 4, 36-47
2) C. Sabourin, 2009 : La recherche universitaire sous influence, À Bàbord, numéro hors-série (avril 2009) - À l'heure de la gouvernance : l'université entre déclin et relance, 13-14
3) Free Software Foundation (http://www.fsf.org)
4) K. R. Popper, 1972 : Objective knowledge - an evolutionary approach, Oxford Clarendon Press, 380p.

septembre 2011

Martin Deshaies-Jacques, UQAM - Université du Québec à Montréal

http://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2011/09/logiciel-libre-dans-institutions-savoir-autonomie-coherence

mardi 6 septembre 2011

Internet, un espace où le savoir se construit

Internet ne remplacera jamais l’enseignant. Il présente toutefois des avantages utiles en situation pédagogique :

- un espace où le savoir se construit

- un espace où textes et images se construisent

- apprendre à différencier espace privé/espace public.

Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste, directeur de recherchesà l’Université Paris X. Il a notamment publié Virtuel mon amour, EdAlbin Michel.



Internet à l'école par yapaka


par An@é(son site) lundi 5 septembre 2011

http://www.educavox.fr/Internet-un-espace-ou-le-savoir-se

mardi 9 août 2011

Le numérique bouleverse en profondeur l’accès aux savoirs


Les TICE bouleversent en profondeur l’accès aux savoirs

 Cette contribution vient en réponse au dernier article de Pierre Frackowiak : http://www.educavox.fr/Faire-cours-court.

Travailler à la diffusion des savoirs par l’utilisation des TICE, comme le Centre Départemental de documentation Pédagogique 92 l’a fait ces dernières années, notamment en partenariat avec l’Université de tous les savoirs :

http://www.canalu.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs

contribue aussi à s’interroger sur la nature des ressources pédagogiques à utiliser dans notre enseignement et sur le (nouveau) niveau d’exigence à définir pour nos élèves.


Lutter contre l’ennui c’est rechercher une nouvelle motivation

Comme l’écrit Pierre Frackowiak, il est tout à fait juste de vouloir utiliser "des conférences données avec les TIC ou « en direct live » par des savants, des artistes, des professionnels..."


Outre la plateforme Canal U/UTLS, l’un des plus beaux exemples en est l’Encyclopédie sonore de l’Université de Paris X qui met à disposition près de 7000 conférences audio de plusieurs universités sur les sujets les plus variés.

Ces conférences, qui durent généralement 30 minutes chacune, sont le plus souvent prononcées par des universitaires de grand renom. Elles constituent pour l’enseignant de véritables instruments de travail et des ressources de référence de première main.

En revanche, je ne pense pas que ces cours puissent réellement "remplacerles cours traditionnels" ; ma préférence irait plutôt à une intégration de ce type de ressources au sein des nouvelles "agoras du savoir "que devraient être les ENT (voir à ce sujet l’intervention de Paul Mathias au séminaire ENT du CRDP de Versailles :

http://www.crdp.ac-versailles.fr/Ressources-numeriques/Podcasts-audios/Seminaire-academique-L-ENT/.

Je ne pense pas non plus que l’objectif soit seulement de lutter contre "l’ennui ravageur" car l’enjeu est bien plus important encore. Fuir l’ennui c’est d’abord rechercher une nouvelle motivation, donc une nouvelle raison d’être à notre École.


Bouleversement des ressources et des médiations
En effet, les TICE changent en profondeur la nature et l’utilisation des ressources : que ce soit pour leur accès, leur diffusion, leur structuration, leur indexation, leur lecture ou leur écoute, leur intégration à un processus d’apprentissage, leur traitement (annotation, commentaire) ou leur utilisation dans un débat.

C’est tout le bouleversement de l’univers documentaire qu’il s’agit d’intégrer aujourd’hui aux pratiques pédagogiques.

Là réside d’ailleurs l’une des ambiguïtés du travail des éditeurs sur les manuels scolaires numériques : toute démarche didactique incluant les TIC devrait désormais dépasser le stade de la seule mise à disposition d’un corpus de connaissances à faire acquérir à l’apprenant et favoriser plutôt une démarche d’investigation, de construction et de structuration menée sous la conduite de l’enseignant, revalorisé ainsi dans son statut d’ingénieur pédagogique ou d’expert disciplinaire (les disciplines – dans leurs fondements méthodologiques - demeurant selon le moi le socle de construction des savoirs).

Cette revalorisation de la médiation pédagogique implique donc nécessairement une redéfinition de la médiation éditoriale.


Renouveler l’acte d’enseigner c’est guider les élèves au sein du réseau des ressources numériques qui fondent les savoirs vivants
L’acte d’enseigner ne peut plus se cantonner à la simple transmission de contenus (faussement et fugitivement actée au moment des évaluations et des examens). L’élève doit être mis dans une démarche de recherche, de questionnement, d’échange et être au contact – à chaque fois que l’enseignant le juge possible et souhaitable - de sources primaires, d’œuvres dans leur intégrité et dans leur contexte, de travaux savants ou de débats scientifiques illustrant toute la richesse et la saveur d’un savoir vivant et remis au cœur de la cité.

Utiliser avec nos élèves des ressources comme celles de l’UTLS, de l’Encyclopédie sonore, sans parler du patrimoine numérique ou numérisé de nos grandes institutions culturelles (comme celui de la BNF sur Gallica http://gallica.bnf.fr/), c’est leur fixer de nouvelles ambitions intellectuelles, les mettre en situation de lecture ou d’écoute critique, d’analyse de vocabulaire, de recherche de sources utilisées en appui à un discours ou à un argumentaire, leur apprendre à construire un portfolio pour conserver, structurer, communiquer et valoriser leur travail.

C’est donc les évaluer autrement. Non plus sur une accumulation des contenus, mais sur des démarches intellectuelles structurées, exigeantes et socialisantes.

par Elie Allouche mardi 9 août 2011


http://www.educavox.fr/Le-numerique-bouleverse-en

mercredi 27 juillet 2011

Pour une Politique alimentaire populaire

Un beau projet qui fait appel à la participation citoyenne dans un domaine où la science occupe une place importante.

Faire germer une politique alimentaire
Mission accomplie pour le Projet pour une politique alimentaire populaire !
 
La Politique a été lancée avec succès le 18 avril dernier à Ottawa, en pleine campagne électorale.
 
 
Il faut maintenant convaincre les député(e)s, les pouvoirs publics et tous les paliers de gouvernement d'appliquer cette politique.
 
C'est désormais Sécurité alimentaire Canada qui va faire cet important travail: défendre la Politique alimentaire à Ottawa. Partenaire depuis le début du PFPP, Sécurité alimentaire Canada est un organisme qui :
  • travaille sur la sécurité alimentaire à travers le Canada et dans le monde;
  • fait la promotion de la collaboration et de l'engagement citoyen pour des politiques et des programmes qui améliorent la sécurité alimentaire au Canada et ailleurs;
  • fonde sa vision sur trois engagements étroitement liés:
    • la faim zéro,
    • un système alimentaire durable,
    • des aliments sains et salubres.
 
 
Publié parMélissa Lieutenant-Gosselin
mercredi 27 juillet 2011 à 11:32