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mercredi 23 juillet 2014

INN’OVATION

 Le champ des possibles 

C’est la fin de l’année scolaire. (quoi déjà ?)

Si on regarde ce qu’il s’est passé pendant cette année, on constate objectivement qu’il y a eu un certain nombre d’actions pour essayer de bouger les lignes, faire avancer le mouvement tendant à modifier l’approche magistrale des enseignements, afin de laisser les élèves prendre le contrôle de leurs propres connaissances et … compétences, accompagnés par leurs enseignants, voyagistes* de cette aventure pédagogique.
*cf article de Jean-François CECI http://www.educavox.fr/formation/analyses-27/article/le-voyage-pedagogique-enseignant

#slowthink #slowmake
L’innovation, « l’Innovation », c’est-à-dire ? On en mange à toutes les sauces, on lit ici et là des articles concernant des « enseignants innovants », des « pratiques innovantes », de l’ « innovation pédagogique ».
S’il y a des pratiques innovantes il y en a qui sont non-innovantes… désuètes, donc ?
L’innovation en fait, elle vient d’où ? comment ? pourquoi et pourquoi maintenant ? et le mot en lui-même « innovation », renvoie à quelles notions, quels concepts ? quelle est son histoire à ce mot ?
Rejoignons quelques instant le mouvement « slow », en référence au #slowfood, initié en Italie par les gastronomes fatigués de la médiocrité liée à la rapidité, inventons le slowthink et slowmake, pour revenir un peu en arrière et se poser la question : Innover : ça veut dire quoi ?
Côté linguistique, quelques éléments concernant le mot « innovation » trouvés dans le Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, Sous la direction d’Alain Rey, 2009 :

Innover : v. est emprunté au latin classique innovare « revenir à » et en bas latin « renouveler », formé de in* (« dans », « en », « parmi », « sur ») et de novare « renouveler », « inventer », « changer » dérivé de novus => nouveau. D’abord attesté dans un contexte juridique avec le sens d’ « introduire (quelque chose de nouveau) dans une chose établie », le verbe n’est employé qu’au 16ème siècle en emploi intransitif où il est devenu usuel pour « faire preuve d’inventivité, créer des choses nouvelles, en relation avec innovation ».
*in : ce préfixe entre dans la formation de mots où il indique le mouvement vers l’intérieur ou la position intérieure, spatiale ou temporelle. Très vivant en latin, il apparaît en français dans de nombreux emprunts.

>> Il y a donc dans l’histoire du mot la notion de passé, présent, et espace. Le présent apportant quelque chose en plus de ce qu’apportait le passé dans un espace ou un moment.

Dans un ouvrage de référence actuel, Le petit Larousse illustré – 2013, on trouve cette définition :
Innovation : N.f 1. Action d’innover, de créer qqch de nouveau : innovation artistique. 2. Ce qui est nouveau ; création : Des innovations électroniques.
Innover : v.i. (lat. innovare, de novus, nouveau) Introduire qqch de nouveau dans un domaine particulier : Innover en matière de transport, en politique.
>> Aujourd’hui on va droit au but : la définition est concise, délimite des domaines d’intervention, et de fait, réduit un peu le champ des possibles.

Comme cette définition m’a laissée sur ma faim, je suis allée voir ce que l’ Encyclopedia Universalis France, 2009 nous disait. En voici un extrait, je vous invite à consulter l’article en entier. Au passage, merci Encylcopedia Universalis de m’avoir fait découvrir Abdelillah HAMDOUCH, auteur de ces propos :
Innovation : « La notion d’innovation renvoie intuitivement à l’idée de nouveauté, de changement et de progrès. Dans une acception plus large, l’innovation peut être assimilée à tout changement introduit dans l’économie par un agent quelconque et qui se traduit par une utilisation plus efficace des ressources. En réalité, l’innovation constitue un phénomène économique multiforme car, comme l’a montré l’économiste autrichien Joseph Schumpeter dès 1912, dans Théorie de l’évolution économique, l’innovation recouvre cinq grands types de changements (de « combinaisons nouvelles ») de nature très différente : la fabrication d’un bien nouveau, l’introduction d’une méthode de production nouvelle ou de nouveaux moyens de transport, la réalisation d’une nouvelle organisation,l’ouverture d’un débouché nouveau, la conquête d’une nouvelle source de matières premières.

L’innovation est aussi un phénomène spécifique et complexe. D’une part, parce que toute nouveauté ne représente pas nécessairement une innovation. D’autre part, parce que l’origine et l’impact potentiel des innovations soulèvent des questions cruciales pour lesquelles ni la théorie économique ni la pratique industrielle n’ont réussi à fournir jusqu’à présent des réponses claires et tranchées.

L’innovation découle-t-elle nécessairement d’inventions ou d’activités volontaires et formalisées de recherche-développement (R&D) ou peut-elle, également, apparaître de manière plus ou moins spontanée ?
Quels sont les agents clés de l’innovation et de sa diffusion, et quels en sont les mécanismes et les processus fondamentaux ? Le « progrès technique » et sa contribution à la croissance économique sont-ils les seules implications importantes de l’innovation, ou doit-on aussi en considérer les effets en terme de développement économique et social ?
Comment expliquer les différences significatives persistantes entre nations en matière d’initiation et de valorisation de l’innovation ? Les politiques publiques jouent-elles un rôle important à ce niveau, et, si oui, à quelles conditions et grâce à quels mécanismes ?... »

>> Ce qui me semble important dans cet extrait, c’est que d’une part l’innovation dans cet article semble plutôt concerner le monde de l’économie. Et donc être très loin de l’éducation. Sauf que le parallèle s’établit, dans la mesure où ce que l’on demande aujourd’hui aux enseignants, c’est à la fois « la réalisation d’une nouvelle organisation » et « l’ouverture d’un débouché nouveau ».

Les enseignants sont encouragés dans cette démarche d’innovation, mais voilà…
D’abord ils sont dans un système gigantesque qui par sa taille et son organisation, est compliqué à faire évoluer de manière rapide et hétérogène. On les encourage. Qui « on » ? « On » :
- Le ministère, en ayant au sein, à la DEGESCO, à la fois un Département de la recherche et du développement, de l’innovation et de l’expérimentation, et une direction du numérique pour l’éducation
http://www.education.gouv.fr/cid978/la-direction-generale-de-l-enseignement-scolaire.html,
http://www.education.gouv.fr/cid77084/direction-du-numerique-pour-l-education-dne.html.

Par quelles actions ? le projet « refondation de l’école »http://www.education.gouv.fr/pid29462/la-refondation-de-l-ecole-de-la-republique.html,
et les actions comme la journée de l’innovation http://eduscol.education.fr/cid75630/la-journee-innovation-2014.html par exemple.
- Le réseau Canopé devient un réseau de living labs, partout sur le territoire : « Il transforme ses lieux de proximité en « ateliers Canopé », des espaces de créativité, de collaboration, d’expérimentation et de formation, pour accompagner les nouvelles pratiques pédagogiques et particulièrement celles induites par le numérique. La refondation du réseau passe par le renforcement des liens avec les partenaires : rectorats, collectivités, ÉSPÉ, associations et parents d’élèves, notamment dans le domaine du numérique éducatif. » http://www.reseau-canope.fr/presentation-nouvelles-offres/,
- Les associations regroupant les professionnels de l’éducation comme l’An@é, qui propose toute l’année des retours d’usages, des réflexions : un espace pour se retrouver et échanger : pour avancer, sur le site Educavox http://www.educavox.fr/ et un colloque annuel, en décembre à Cenon, cette année les 10 et 11 décembre permettant aux acteurs du système éducatif se retrouver sur 2 jours pour faire le point, débattre, proposer, et agir pour l’éducation.http://www.acteurs-ecoles.fr/10-et-11-d%C3%A9cembre-2014-les-navigations/

Le café pédagogique organise chaque année le Forum des Enseignants Innovants. Un évènement permettant de regrouper les enseignants IRL autour de leurs pratiques innovantes, de leur permettre de se rencontrer. http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2014/FEIBordeaux2014.aspx

L’association Cyberlangues http://www.cyber-langues.fr/, regroupe les enseignants de langues vivantes, et les réunit chaque été, fin août, lors d’un colloque (cette année Rennes, les 25, 26 et 27 août).

Parallèlement à ces « on » très positifs car ils véhiculent l’énergie nécessaire au succès de la refondation de l’école en ce qu’elle propose une école plus égalitaire, plus chargée de sens, il y a souvent la réalité du quotidien. Des collègues qui soupirent, médisent, entravent. Une hiérarchie débordée ou en quête de carrière plus que d’avancée pédagogique. Je vous renvoie à cet article de Laurène Castor, http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/education-pour-changer-dequi trace les contours de cela (et pas seulement).

Le parallèle avec le monde de l’éducation s’établit aussi parce que cet extrait des propos d’Abdelillah HAMDOUCH introduit la notion de progrès social et de politique publique. D’ailleurs, je me suis arrêtée chez Françoise CROS dans le Dictionnaire Encyclopédique de l’éducation et de la formation, Nathan Université, 2000 pour voir comment l’innovation est définie dans un contexte purement éducatif, voici un extrait :

Innovation : « L’innovation peut être définie comme l’introduction d’un nouveau ou d’un nouveau relatif dans un système existant, en vue d’une amélioration et dans une perspective de diffusion. L’innovant peut donc ne pas être fondamentalement nouveau et avoir déjà existé mais il est nouveau ici parce qu’il est inconnu (ou pas reconnu) par le système qui l’accueille. L’innovation est donc toujours contextualisée.

Elle se distingue en cela de l’invention ou de la découverte. C’est avec l’économiste Schumpeter, dans les années 1930, que le mot innovation prend sens dans l’évolution globale des démocraties occidentales. Le profit, comme plus-value à développer, est au cœur de l’innovation. Si l’entrepreneur schumpéterien veut maintenir sa production dans un marché concurrentiel, il est dans l’obligation de rechercher des produits inédits et commercialisables. L’innovation devient alors le moteur essentiel d’une économie libérale en liaison avec un progrès considéré sur les plans à la fois économique et social. Cette souche sémantique subsistera dans les autres domaines d’utilisation du mot « innovation », notamment en éducation et en formation. L’innovation ne va pas sans une certaine idéologie faite de mouvement, de croyance en un progrès nécessairement bienfaiteur, sans une modernité qui s’exprime dans un bouleversement des structures de la société »…

L’article date de 2000, une année lumière ou presque à l’échelle de l’évolution de nos usages… ou pas... Je ne pense pas me tromper si je posais la question à Michel Guillou :http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/des-usages-pedagogiques-des-tice
Du coup, j’ai eu envie de me tourner vers un prospectiviste… et je suis allée chez Joël de Rosnay,Surfer la vie, Les liens qui libèrent, 2012
« Une société qui ne prend pas de risques ne peut évoluer. Sans développement, sans croissance, sans partage, elle reste à l’état statique, se sclérose et menace de disparaitre. Prendre des risques, c’est accroitre ses chances de gagner. C’est vrai d’une personne comme d’une entreprise. Pour cela, il faut affronter la peur : celle de l’échec, de la faillite, ou, pour un sportif, celle de la chute et de la défaite. C’est la prise de risque matérialisée par les nouveaux projets de recherche en laboratoire qui permet la découverte, l’invention et, en définitive, l’innovation, bénéfique pour la société tout entière.

Or découverte, invention et innovation vont à l’encontre de la stabilité des idées reçues et des situations acquises. L’innovation dérange. Elle crée des rejets, tout comme un système immunitaire qui se défend avec ses anticorps et ses globules blancs contre les antigènes étrangers des microbes qui cherchent à envahir les cellules. (…) L’ouverture d’esprit face à l’innovation est essentielle pour créer des synergies, des complémentarités, voire des amplifications permettant d’aller au-delà de l’idée originale. »
« L’innovation dérange ». En innovant, les enseignants s’isolent. On vit dans une société en pleine mutation mais cette mutation est en cours, il faut tester, essuyer les plâtres. Défendre son projet bien sûr dans son établissement, c’est déjà de l’énergie pour le faire accepter ; quand on ne fait pas comme les autres, et pire, comme la majorité, et puis il faut certainement aussi le défendre dans la sphère privée. La fameuse question « et ton boulot ? » à laquelle si on y répond pour de vrai il faut dépenser un certain nombre de giga joules.

Chers enseignants innovants, chers futurs, BRAVO pour votre combat, BRAVO pour vos réalisations, BRAVO tout court, vous méritez une Ovation. Il y a 1 an, on disait que vous étiez 10%. Combien êtes-vous aujourd’hui ?

Il y a peu, alors que je vais à la librairie pour autre chose, mes yeux tombent sur le dernier ouvrage de Luc Ferry. Luc Ferry, L’innovation destructrice, Plon, mai 2014 :

Dans le chapitre « Et quand la bourgeoisie s’encanaille… » Luc Ferry prend un exemple très concret : un chef d’entreprise (vendeur de téléphones portables et de jeux vidéos) a pour objectif de vendre toujours plus, et pour cela, il doit innover, présenter aux enfants de nouveaux produits, pour qu’ils renouvellement leurs achats et qu’il puisse, lui, multiplier le nombre de ses ventes, donc, si possible en faire des consommateurs fidèles, donc les rendre le plus accros possible.

Parallèlement, ce chef d’entreprise constate avec dépit que les enfants en général, les siens aussi, ne pratiquent plus le fameux SBAM (Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci) initié par un géant de la grande distribution en France, clé de voute de la politesse classique de base et peut être aussi pour lui essence même du vivre ensemble. Luc Ferry nous démontre qu’il est donc schizophrène, car il souhaite d’un côté des enfants d’antan, pour le côté image d’Epinal, et d’un autre des enfants d’aujourd’hui pour sa propre entreprise : consommateurs et zappeurs.
« Comme Picasso ou Duchamp, notre bourgeois (le chef d’entreprise de jouets et jeux vidéos NDLR) pratique désormais la table rase et l’innovation radicales. Au nom du benchmarking, il doit révolutionner sa firme sans répit. Ce qui donne parfaitement raison à Marx autant qu’à Schumpeter : le capitalisme, c’est bel et bien la révolution permanente, l’innovation destructrice à jet continu. La mondialisation libérale se révèle être ainsi le lieu d’une transmutation sans pareille : en son sein, tandis que le bohème s’embourgeoisait, le conservateur est devenu révolutionnaire, le bourgeois est devenu bohème. C’est maintenant lui qui bouscule sans cesse les traditions. Il déplore ainsi d’un côté ce qu’il fabrique de l’autre. Sa main droite ignorant ce que fait la gauche, il ne comprend plus rien à l’intrigue, à cette histoire dans laquelle il voit tantôt un déclin fatal, tantôt une promesse de réussite sans se rendre compte qu’il en est tout simplement l’acteur principal ».

Donc finalement, qui a eu cette idée folle d’innover en éducation ? Peut-être ceux qui ont voulu donner du sens à ce qu’ils faisaient dans leur vie, et peut être à leur vie.

parJennifer ELBAZvendredi 11 juillet 2014

http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/inn-ovation

samedi 5 octobre 2013

Tous codeurs à la rentrée ?


Plusieurs années après la démocratisation de l'ordinateur suivie de l'introduction dans les curricula de l'acquisition des bases de la littéracie numérique, il importe de revisiter les contenus et principalement les objectifs pédagogiques, d'actualiser les pratiques, d'ouvrir les fenêtres en somme.

Améliorer l'enseignement de l'informatique

En effet, alors que beaucoup d'élèves ont un accès permanent aux outils numériques (ordinateurs, tablettes, téléphones portables, etc.) et que la maîtrise de ces outils est facilitée par la pléthore de tutoriels et de forums d'utilisateurs en ligne, il faut bien se poser la question de l'opportunité d'enseigner encore et uniquement à l'école le traitement de texte et le tableur.

Dans bien de contextes, l'enseignement des habiletés numériques se résume à cela avec quelques variantes (la sécurité sur les réseaux sociaux, par exemple). Toujours est-il que l'apprenant est cantonné dans un rôle passif vis-à-vis de l'informatique. Il ne pourrait en être autrement vu que les enseignants se fient au curriculum et que même s'ils le voulaient, beaucoup ne disposent pas eux-mêmes des compétences nécessaires pour faire évoluer l'enseignement de l'informatique.

A la question, faut-il réformer l'enseignement de l'informatique à l'école ? Beaucoup de voix ont répondu par l'affirmative. Le cas le plus cité est celui de la Grande-Bretagne où les autorités se sont ouvertement montrées favorables à cette réforme à la faveur de la campagne lancée par The Guardian en janvier 2012 avec le soutien du géant américain Google pour "améliorer l'enseignement des technologies et de l'informatique dans les écoles et les universités anglaises".

En France, une épreuve de spécialité en informatique et sciences du numérique (sic) est introduite dès cette année au Baccalauréat série scientifique. De manière individuelle, certains enseignants se sont essayés à faire évoluer les cours d'informatique mais il n'existe pas un format de cours validé unanimement.

Cours d'informatique améliorés

Néanmoins un consensus se dégage sur ce que peut être un cours d'informatique amélioré vu que l'objectif poursuivi est de rendre les apprenants plus actifs à l'égard des technologies et de susciter chez eux la créativité. Ce consensus porte sur l'introduction de la programmation dans l'enseignement d'informatique. Autrement dit, il s'agit d'apprendre à coder.

Pour Delphine Regnard, l'enseignement de la programmation comporte un triple intérêt : pédagogique, éducatif et humain. Elle écrit dans un billet publié sur le portail Hypothèses : "Evidemment, je ne prétends pas qu’il faille avoir le niveau de maîtrise des Informaticiens, que cela soit possible pour tout un chacun ; je sais bien que cela demande des années d’études. Ce que je prétends, c’est que de la même façon que la société a considéré que même élève en A2 je devais recevoir des rudiments de maths, eh bien, même (et je dirais « surtout » assez volontiers) en filière L, il faut des cours de culture numérique. Et pas seulement pour les élèves de S, dont on sait bien qu’ils sont bien partis pour constituer l’élite".

Faire partie de la nouvelle élite, tel n'est pas l'objectif poursuivi. Plus simplement, l'apprentissage du code vise à faire comprendre le fonctionnement du numérique et à éveiller la curiosité.

Enseigner la programmation

A la rentrée, vous souhaiteriez vous lancer avec vos apprenants dans le code. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures, Yohann Poiron propose sur le Blog des Nouvelles Technologies une recension des ressources d'apprentissage du codage.

La plupart de ces ressources sont en anglais à l'instar de la Code Academy qui soit dit en passant a déclaré 2012 l'année du code - ce qui se poursuit d'ailleurs. On trouve néanmoins quelques références francophones : OpenClassrooms (nouvau Site du Zéro) connu pour ses tutoriels pour débutants etDéveloppez.com. A la rentrée, vous n'auriez donc pas raison de ne pas franchir le pas... surtout si vous avez écrit vos premières lignes de code pendant les congés !

RÉFÉRENCES

Guillaud, Hubert. "Apprendre à coder pour apprendre à décoder", InternetActu.net. 20 janvier 2012.http://www.internetactu.net/2012/01/20/apprendre-a-coder-pour-apprendre-a-decoder/.

Poiron, Yohann. "Des façons d’apprendre à coder gratuitement", Le Blog des Nouvelles Technologies dédié au Web, aux nouvelles technologies et au développement Web. 9 février 2012. http://www.blog-nouvelles-technologies.fr/archives/10246/des-facons-dapprendre-a-coder-gratuitement/.

Regnard, Delphine. "Pourquoi il faut apprendre à coder à tous nos élèves". Enseignant en cherchant, Hypothèses. 6 juillet 2012. http://enseignant.hypotheses.org/492.

Slate.fr. "Pourquoi les enfants doivent apprendre à coder". 9 mai 2012.http://www.slate.fr/lien/52717/pourquoi-les-enfants-doivent-apprendre-coder-ecole.

Illustration : spaxlax, Shutterstock.com

Créé le mardi 25 juin 2013 | Mise à jour le mercredi 18 septembre 2013

mardi 16 juillet 2013

7 Ways to Spur Your Creativity




Creativity can seem innate, but like many things, it is actually a delicate balance of nature and nurture. In other words, creative thinking can be enhanced by external forces, and isn’t necessarily reliant on “good genes” or natural ability.
Luckily, new research points the way to a variety of mental and environmental approaches that can help us improve our creative output:

1. Restrict yourself

Famously, Dr. Seuss wrote Green Eggs & Ham after betting that he couldn’t produce a story using less than 50 words. The research shows Seuss was on to something. Most people naturally take the path of “least resistance” and build off of older or existing concepts when brainstorming, which can lead to less creative ideas.

In order to put the brain in overdrive, you can mimic Dr. Seuss and place restrictions on yourself while creating, which will prevent you from falling back on past successes. If you usually write 1000-word short stories, try to create a story in under 500 words. Only use a small handful of chords in your song or colors in your design. The limiting nature of the task can bring out your most creative side.

2. Re-conceptualize the problem

Researchers have noted that creative people tend to re-conceptualize problems more often before starting a creative task. As Einstein once said “If I had an hour to solve a problem I’d spend 55 minutes thinking about the problem and five minutes thinking about solutions.” Instead of looking at the end goal of a creative project (i.e. “I need to create a memorable painting”), it’s better to re-visualize the problem from other, more meaningful, angles before starting (“What sort of painting would evoke the feeling of loneliness that we all feel after a break-up?”).

Oftentimes, the best approach is to picture the intended audience of your next creative project. What inspires them? What are they sick of hearing about? What are the problems they face but are rarely able to talk about?

3. Separate work from consumption

It has been shown that we are particularly terrible at creating when we try to combine the gathering of information and actual creation. Researchers recommend only consuming information in an “absorb state” where you are not attempting to multitask.

In essence, the absorb state is a form of “batching” that emphasizes forced consumption over output. No interrupting yourself to start working on segments of your project while you are consuming information, instead use tools such as Evernote or Pocket to remember key ideas, insights, and articles that you will apply later when creating.

4. Stay positive

Although negative moods can sometimes spur creativity, researchers have found that it is during strong positive moods that our best creative work is done. In fact, the feeling of love or even thinking about love was shown to best encourage creative thinking.

Getting yourself to a “positive place” is not as trite as it may sound—any number of mood boosters (quick exercise, envisioning the future, recalling good memories) will do the trick to influence your mood, and your creative efforts will be at their best when your attitude is positive.

5. Use counterfactual thinking

Counterfactual thinking, also known as asking, “What might have been?” has been shown to increase creativity for short periods of time. To experiment with this technique, take events that have already happened and re-imagine different outcomes, alternating between the subtractive mindset (taking elements out of the event) and the additive mindset (adding elements into the event).

A silly example of counterfactual thinking in action can be seen on The Big Bang Theory, when one of the main characters makes a game of the phenomenon, asking his roommate: “In a world where Rhinoceroses are domesticated pets, who wins the Second World War?” You, however, can apply it to more realistic scenarios, such as mapping out outcomes whenever you are doing creative problem solving, subtracting or adding “what if” elements that would have affected the outcome.

6. Daydream… after getting started

While research has shown that daydreaming can help with creativity, it is important to note that studies have revealed that daydreaming only works when you’ve already committed effort towards a project. The reason? Daydreaming can be beneficial because it allows for the incubation of ideas. But incubation is only effective when we already have information to chew on. So be sure to get started on your project before drifting off.

7. Think about others

Research has shown that this “psychological distance” is an important part of being creative. For instance, one study found that people who thought their work would be used by someone else came up with more novel ideas. Conversely, those who were told that they would be using their own creation later came up with less novel ideas.

One such test in the studies above included telling participants that their drawings would later be used by other subjects to create a story. Those who had been told this came up with much more “creative” drawings (as evaluated by a selected board). When creating, even for personal projects, think about how someone else will enjoy, use, and incorporate your creation into their lives.

by Gregory Ciotti

http://99u.com/articles/16136/7-ways-to-boost-your-creativity?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+The99Percent+%2899U%29

mercredi 5 juin 2013

Créateur de créativité

Serait-ce le professeur, l'étudiant ou même tout le système scolaire qui est ce créateur de créativité que tous appellent de leurs voeux ?

«Innovation et créativité» semblent être le nouveau leitmotiv des gouvernements de la planète et pour cause : les défis que nous aurons bientôt à relever n'ont plus grand chose à voir avec ceux que nos parents ont connu et on ne pourra continuer encore longtemps à faire ce que nous faisons. Il faudra innover.

La créativité peut s'enseigner à peu près comme la démocratie, c'est à dire que rien ne vaut un fonctionnement créatif ou un fonctionnement démocratique si on veut apprendre comment fonctionner créativement ou démocratiquement. Pour une compétence aussi diffuse que la créativité, on comprend que son apprentissage n'est pas qu'une affaire de cours.

Ce qui n'empêche pas beaucoup d'écoles et de professeurs d'implanter et d'utiliser des pédagogies actives qui favorisent la créativité, ni non plus des fonctionnaires et des ministères à pousser en ce sens. On encourage les professeurs à être créatifs... pourquoi pas les élèves aussi ? Quand le programme est bien établi dans la plupart des disciplines, il reste heureusement encore de la place pour la créativité dans la manière de l'apprendre, ce qui semble tout à fait approprié à la compétence.

Dans un monde changeant, l'un des apprentissages les plus importants et durable est bien celui de la créativité : inventer, créer son emploi, son métier, innover, se renouveler, améliorer, optimiser... on aura tous à le faire de plus en plus fréquemment dans nos vies. Il n'y a pas de réponses toutes faites à un futur inconnu et un environnement changeant.

Certains comme Ken Robinson s'interrogent à savoir si une certaine école ne tue pas la créativité, d'autres se demandent si notre dépendance à Internet n'a pas le même effet. Heureusement compensé par le jeu, l'activité et le partage qu'autorise ce même internet. Tout est apparemment une question d'équilibre.

L'accessibilité de l'éducation augmente partout et ce sont ceux qui y réussissent le mieux qui sont engagés par le système qui les forme. Les autres, les 80 % qui ont B+ en descendant, ont tout à gagner à la créativité...

Alors vive la créativité et encourageons-la.

Denys Lamontagne
direction@cursus.edu

samedi 1 juin 2013

Apprendre de manière créative : c’est possible et surtout efficace

L’appropriation des savoirs est un processus de longue haleine tout au long duquel le rôle de l’enseignant en lui-même se voit parfois limité. Si, comme l’a dit Philippe MEIRIEU : «Il n’est de bonne pédagogie que dans l’éclectisme ; parce que le chemin unique sélectionne toujours ceux qu’il fait réussir.», il apparaît dès lors clair qu’apprendre est une chose et savoir le faire en est une autre.

Cependant, tout processus d’apprentissage ne saurait se suffire à lui-même. Pour qu’il soit complet, nombre de facteurs devraient parfois y être adjoints, afin de permettre à l’apprenant d’assimiler des connaissances de manière pérenne.

La créativité apparaît dès lors comme une des conditions sine qua non pour développer ses compétences au mieux et parvenir au succès. Qu’en est-il réellement de la place de la créativité dans ce processus d’apprentissage ? Le rôle de l’enseignant ou du formateur se voit-il modifié ? L’intégration de la créativité est-elle la panacée aux problèmes d’apprentissage ? Autant de questions que de plus en plus de professionnels de l’enseignement se posent et auxquelles ils essayent d’apporter des réponses.

La créativité comme meilleur mode d’appropriation des savoirs

Nombre d’études comme celle-ci (lien en anglais) l’ont démontré. La réussite des élèves est moins tributaire de leur QI que de facteurs tels que leur motivation et leur volonté d’apprendre.

Rarement associées et pourtant complémentaires, les notions d’apprentissage et de créativité s’avèrent interdépendantes et de plus en plus déterminantes dans l’apprentissage car, la mémorisation d’une connaissance, ne se fait pas toujours de manière « naturelle ». Comme le souligne Marco Bertolini dans un article publié sur son blog : «la créativité intervient – ou devrait intervenir – à tous les stades de l’apprentissage». Pour lui, il très important pour chaque apprenant d’élaborer sa propre stratégie d’apprentissage. Une étape apparemment simple qui consiste à se poser un certain nombre de questions (dont les réponses sont l’aboutissement du processus d’apprentissage) telles que : quels sont mes objectifs ? Qu’est-ce que je veux apprendre ? Pourquoi ? Quelles sont les méthodes qui me conviennent bien ? Etc.

Il apparait dès lors essentiel que chaque apprenant se trouve sa propre voie certes, mais, que sa stratégie d’apprentissage soit également adaptée à la discipline qu’il veut apprendre. Ainsi, une leçon de géographie ne saurait être révisée de la même manière qu’une leçon de physique ou de chimie par exemple. A ce propos, dans son guide intitulécomment étudier efficacement en 5 étapes, Marco Bertolini propose des astuces susceptibles d’aider tout apprenant à mieux s’en sortir dans son processus d’apprentissage.

Un recours à la créativité de plus en plus perceptible présente dans le domaine éducatif aujourd’hui, et qui fait ses preuves notamment à travers les nouvelles pédagogies basées sur la pensée virtuelle telles que le Mindmapping, les concept-maps etc. où la créativité des apprenants est le pilier de leur propre processus d’apprentissage. La question que l’on peut se poser dès lors est celle de savoir si cela n’attribue pas dès lors un nouveau rôle à l’enseignant ?

Un nouveau rôle pour les enseignants et les formateurs ?

Le rôle de l’enseignant et sa place dans le processus d’enseignement-apprentissage n’a cessé d’évoluer avec les années. Ainsi, l’époque où l’on considérait l’élève comme un tableau vierge sur lequel l’enseignant, «grand maître» et détenteur du savoir, devait inscrire des connaissances est bien révolue.

Aujourd’hui, comme l’a dit RABELAIS «L’enfant n’est plus (ndlr) un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume.». Le rôle de l’enseignant est désormais «peut-être moins de transmettre les informations que d’apprendre à les appréhender», comme le souligne François Taddéi, dans une interview accordée au journal électronique du Centre de Recherche et d’Action Pédagogiques paru dans le N°478 de janvier 2010.

Pour lui «L’enseignant de notre époque doit être un spécialiste de la découverte des savoirs, de la mise à jour des connaissances.». Car, «maintenant où chaque jour se publient plus de choses que ce qu’on peut lire en une vie, plus personne ne peut tout savoir et l’enseignant ou le chercheur doit accepter cette situation et la tourner à son avantage.».

Ainsi, l’enseignant ou le formateur devrait désormais aussi «enseigner à apprendre». Une tâche qui ne semble pas si simple mais qui s’avère aujourd'hui essentielle, s’il veut s’adapter aux réalités actuelles.

Comment intégrer la créativité au processus d’apprentissage ?

«La créativité est souvent associée à l’innovation, que ce soit à l’échelle du système, de l’établissement éducatif ou de l’individu» affirment Olivier Rey et Annie Feyfant dans leur article intitulé Vers une éducation et créative paru dans la revue de l’Institut français de l’éducation, N° 70 de janvier 2012.

Intégrer la créativité au processus d’apprentissage consiste dès lors à mettre en œuvre des méthodes d’apprentissage invitant l’apprenant à faire preuve d’imagination de manière à stimuler sa créativité. Cela peut passer, par le recours aux activités ludo-éducatives chez les plus jeunes ou à l’humour par exemple qui est lui aussi un facteur de développement personnel chez les adultes.

C’est ici aussi que le recours aux nouvelles formes d’apprentissage basées sur la pensée telles que le Mindmapping, les flashcards, les concept-maps et autres est indiqué, car elles permettent tout autant que les autres, à stimuler la créativité des apprenants, créativité sur laquelle reposera leur apprentissage. Des méthodes certes louables, mais qui elles ont bien des limites.

Limites de l’intégration de la créativité au processus d’apprentissage

L’apprentissage créatif peut parfois se heurter à divers facteurs cependant. Des facteurs d’ordre psychologiques tels la passivité de certains apprenants, «la peur du risque», «le cartésianisme» ou des facteurs d’ordre physiologique aussi. Car, de plus en plus d’étudesle démontrent : l’alimentation aurait un impact non-négligeable sur le fonctionnement du cerveau.

Ainsi, comme l’affirmait Jean PIAGET «Apprendre, c’est prendre conscience et non suivre une voie toute tracée, la meilleure fût elle.». Chaque apprenant est unique età ce titre, «le formateur n’est qu’un facilitateur qui encourage et qui suscite la collaboration entre les apprenants en vue de l’acquisition et de l’intégration de nouveaux savoirs et compétences» dixit François Taddéi. Il est donc indispensable qu’il l’aide à trouver sa propre voie, afin de parvenir au succès.

Par Philippe Menkoué | p.menkoue@cursus.edu

Créé le mardi 23 avril 2013 | Mise à jour le mardi 21 mai 2013

http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/19978/apprendre-maniere-creative-est-possible-surtout/

vendredi 27 avril 2012

Notre boulot est-il en train de tuer notre créativité?

Une étude publiée par LiveScience met en évidence un paradoxe de plus de notre société moderne. Alors que l'on attend de nous une créativité débordante au travail, peu d'entre nous en font preuve en réalité. Trois employés sur quatre avouent ainsi qu'ils subissent beaucoup de pression pour privilégier la productivité à la créativité, alors même qu'ils reconnaissent que se montrer créatif est essentiel à la croissance économique.

Les résultats de l'étude réalisée par Adobe auprès de 5.000 participants aux USA, en France, en Allemagne, au Japon et en Grande-Bretagne démontrent que les travailleurs passent généralement 25% de leur temps à créer quelque chose au boulot. Le manque de temps est la principale cause évoquée de ce vide créatif.

"Trop souvent, nos systèmes d'éducation ne permettent pas aux étudiants de développer leurs possiblités créatives naturelles. A la place, ils encouragent l'uniformité et la standardisation. Cette étude prouve qu'on produit ainsi une main-d'oeuvre conditionnée à privilégier la conformité plutôt que la créativité", souligne l'expert Ken Robinson.

jeudi 19 avril 2012

Créativité et innovation au coeur des grandes écoles et des entreprises

L’innovation est essentielle à la capacité de développement en tant que levier de différentiation pour les entreprises comme pour les écoles qui forment leurs futurs collaborateurs. Certains établissements en font leur ambition comme l’ICN Business School avec pour signature « Creative thinking makes the difference ». D’autres, ont en plus de leur démarche pédagogique, une démarche académique globale avec par exemple la création d’un Institut pour l’Innovation et la Compétitivité à ESCP Europe. Elles s’intéressent aussi à la créativité, bien souvent à la source de l’innovation.



L’ICN Business School a fait le choix d’une stratégie qualitative de différenciation axée sur la créativité. « Notre objectif est de créer un cercle vertueux, explique son directeur Jérôme Caby, pour le développement de nos étudiants et en réponse aux besoins des entreprises. » Cette stratégie a été mise au point à partir des éléments structurants de l’établissement. « Notamment notre tradition de développement personnel et notre alliance Artem avec l’école des Mines de Nancy et l’école d’Art de Nancy. Nous préparons nos étudiants à développer leur créativité, qualité qui leur permettra d’être innovants dans l’entreprise. » L’ICN forme ses étudiants à travailler en équipe projet, en interaction avec des profils divers, pariant sur le fait que l’innovation nait de la diversité des regards et des idées.

Maîtriser le processus de l’innovation
L’école des Mines de Nancy prépare aussi ses élèves-ingénieurs aux problématiques d’innovation qui irrigueront leur vie professionnelle. « Ils seront confrontés à la nécessité de créer, à exploiter des idées, les trier pour le mettre en oeuvre et les réaliser, développe Antoine Dubedout, titulaire de la Chaire Ingénierie et Innovation créée en 2008. Pour les préparer, nous nous appuyons sur une vision originale de l’innovation : un processus, un ensemble d’actions pour arriver à une innovation réussie. » Si une idée recèle d’un potentiel, pour autant ce qui en fera une innovation réussie, c’est la capacité à piloter le processus d’innovation en tant que fonction de management. L’enseignement de la Chaire vise donc à maîtriser ce processus, savoir l’évaluer et l’améliorer. « Nos étudiants observent comment les choses se passent dans l’entreprise durant leurs projets et stages. » Si les problématiques d’innovation sont communes à beaucoup d’entreprises, la réponse à apporter dépend des contextes. En donnant aux futurs ingénieurs des réflexes pour identifier ces problématiques, ils se consacreront plus rapidement à leur résolution. « Pour les entreprises hier focalisées sur l’innovation, l’enjeu est aujourd’hui l’efficacité et donc comment réussir à innover. Cela passe par une maîtrise des processus de l’innovation. »

Confusions
Co-auteur en 2009 d’un rapport sur l’innovation à la demande de Christine Lagarde, Delphine Manceau a monté un think thank au sein de ESCP Europe, l’Institut pour l’Innovation et la Compétitivité. Au sein de son rapport, elle fait état d’idées reçues sur l’innovation. Notamment une confusion entre innovation et invention/recherche. Une invention (souvent sanctionnée par un brevet, mais pas toujours) ne se transforme pas toujours en nouveau produit ou service. « 36 % des brevets déposés en Europe sont inexploités commercialement. » Si la créativité est l’un des inputs de l’innovation, il existe également des idées reçues sur ce concept. « La première est que certains ont une prédisposition à la créativité et d’autres non. Certes il existe des prédispositions, mais elles se travaillent au niveau individuel et collectif. Pour encourager la créativité organisationnelle, il faut notamment apprendre à travailler avec des personnes différentes de soi. Une fois cet effort fait, l’équipe est beaucoup plus productive. En outre, les entreprises sont souvent confrontées aux mêmes questions. C’est en étant un collectif créatif qu’elles trouvent de nouvelles réponses à des questions “ classiques “. »

L’innovation s’apprend en marchant
L’innovation est un concept holiste, multiforme. « Il faut distinguer le résultat de l’innovation de sa démarche, qui est liée à un faisceaux de facteurs, comme la créativité, la technologie ou l’organisation. On constate aussi que les entreprises qui innovent font de nombreuses petites innovations. Elles apprennent ainsi à innover. Et le jour où elles mettent au point LE produit révolutionnaire, elles savent alors tirer le bénéfice de cette innovation de rupture (qui reste très rare). »

Enjeu majeur des entreprises … et des formations
L’innovation est un enjeu essentiel pour les entreprises. Dans un environnement mondialisé et fortement concurrentiel en outre caractérisé par la crise actuelle, elle permet de créer une différenciation, de sortir de la logique coût/prix. « L’innovation donne envie de changer d’équipement, de consommer. C’est la première raison pour laquelle nous nous intéressons à ce sujet à ESCP Europe. La seconde est que la façon d’innover dans l’entreprise a évolué, intégrant des compétences ou des idées extérieures à l’organisation pour mettre au point de nouveaux produits et services. La culture comme les pratiques de l’innovation changent. Nous souhaitons approfondir ce sujet au sein de notre institut, tout en formant nos élèves à innover mieux, plus et autrement. »

http://journaldesgrandesecoles.com/creativite-et-innovation-au-coeur-des-grandes-ecoles-et-des-entreprises/

mercredi 11 avril 2012

Canada / Qu'est-ce qui freine le plus votre créativité ?

Publié par : Temey, le Mercredi 11 Avril 2012 - 06:00

Quel est le principal frein à l'innovation au sein des entreprises canadiennes ? Le manque… de temps ! C'est du moins ce qui ressort d'un sondage mené par le cabinet-conseil en ressources humaines Robert Half International auprès de 270 directeurs financiers évoluant dans des compagnies canadiennes comptant au moins 20 employés.

Ainsi, la moitié des personnes interrogées (49%) ont affirmé que le fait d'être submergés par les tâches quotidiennes ou d'être occupés à éteindre des feux représente le plus gros obstacle à l'innovation au sein de leur entreprise. Suivent, loin derrière, d'autres raisons : trop de bureaucratie (9%), manque d'idées neuves (5%), ou encore un manque d'initiative personnelle (2%).

«Les résultats de ce sondage montrent que les managers devraient accorder davantage de temps à leurs employés pour trouver de nouvelles idées. Ceux-ci devraient même les inciter à sortir de leur routine au travail, car c'est souvent un élément déclencheur d'innovations», dit Kathryn Bolt, présidente de Robert Half Canada.

Les experts de Robert Half font six recommandations à cet égard :

1. Mobilisez toute l'équipe. Les employés à qui l'on donne une plus grande autonomie ont plus tendance à faire preuve d'innovation parce qu'ils se sentent plus engagés sur le plan affectif par le succès de l'entreprise. Entretenez une culture dans laquelle les employés de tous les niveaux peuvent facilement faire part de leurs solutions pour améliorer les activités de l'entreprise. Maintenez une politique de porte ouverte et invitez tout le monde à proposer des idées pendant les réunions, via un site Web interne ou même via une bonne vieille boîte à suggestions.

2. Éliminez la paperasserie. Examinez les processus à l'interne afin de vérifier s'ils ne génèrent pas de paperasserie inutile. Les employés deviennent désillusionnés s'ils doivent attendre un temps interminable avant que leur idée, dans laquelle ils ont investi du temps et de l'énergie, ne soit approuvée et mise en place.

3. Favorisez la collaboration. Un sain niveau de compétition entre les employés peut stimuler l'innovation. Cependant, si un milieu de travail devient trop compétitif, ceux-ci peuvent être réticents à s'exprimer par crainte de se faire voler leur idée ou de se faire ridiculiser. Créez des politiques qui appuient un échange ouvert d'informations ainsi qu'une ambiance qui favorise le travail d'équipe avant tout.

4. Concevez des brainstormings plus efficaces. Trop d'idées potentiellement excellentes sont rejetées prématurément pendant les brainstormings. Refrénez les récalcitrants qui aiment dire pourquoi une nouvelle proposition ne fonctionnera pas. Favorisez l'ouverture d'esprit.

5. Donnez-leur du répit. L'épuisement professionnel n'est pas propice à l'inspiration. Lorsque les employés sont continuellement surchargés de travail, ils sont plus susceptibles de pousser des soupirs que de s'exclamer. Mettez en place des programmes permettant de concilier travail et vie personnelle.

6. Cherchez l'inspiration. À titre de manager, vous donnez le ton. Vous aurez de la difficulté à motiver votre personnel à faire jaillir les étincelles créatrices si vous-même ne vous sentez pas inspiré. Comment faire ? Des études montrent qu'une personne décontractée et d'humeur positive a plus de pensées novatrices. Éloignez-vous donc de votre bureau à l'occasion et décrochez en allant faire une promenade.

Auteur : Olivier Schmouker

Source : www.lesaffaires.com

http://www.invention-europe.com/Article627695.htm


mardi 3 avril 2012

La frustration favorise l’esprit créatif et l'innovation


Toute innovation n’est pas le fruit d’une longue recherche en laboratoire. Il semble que le fait d’être frustré en tant que consommateur soit un vrai moteur pour produire des innovations. Tels sont les premiers résultats d’une étude longitudinale menée auprès de 5000 startups créées depuis 2004 aux Etats-Unis (Ewing Marion Kauffmann Foundation).

Bien des entrepreneurs innovent parce qu’ils créent un produit qui n’existe pas et dont ils ont besoin. Puis ils lancent l’entreprise qui leur permettra de commercialiser ce produit.

Ce type d’entrepreneurs qui sont en même temps les utilisateurs finaux de leur produit sont à l’origine de près de la moitié des startups innovantes qui réussissent à passer le cap des 5 ans. On les retrouve dans tous les secteurs de l’industrie.

Les entrepreneurs-utilisateurs (User Entrepreneurs) :
  • Ils sont les premiers à introduire des innovations clés en termes de produits ou de services
  • Leurs entreprises se font plus facilement financées par le capital risque
  • Ils ont plus souvent recours aux protections de la propriété intellectuelle (brevets et copyright)
  • Ils sont plus diplômés : on retrouve parmi eux plus de masters et de doctorats que dans la moyenne des entrepreneurs.

°°° Plus d’infos sur l’étude citée.

°°° Source : Huffington Post du 19/03/2012

Rédigé par Anne Brunet-Mbappe à 09h50 | Lien permanent

03 avril 2012

http://jentreprends-et-jaime-ca.typepad.com/mon_weblog/2012/04/la-frustration-favorise-lesprit-cr%C3%A9atif-.html

vendredi 21 octobre 2011

Créativité : vive le doute et l'incertitude

de Entrepreneuriat : apprendre, entreprendre, se surprendre de Anne Brunet-Mbappe
 
" Il faut avoir une part de délire...
C'est la poésie, c'est l'incertitude, c'est l'hésitation, c'est le trouble,
et c'est la source de la créativité.

C’est-à-dire que si on a toujours une certitude qu’on répète de manière cohérente, on éteint la créativité, et il faut une zone de doute, de fâcherie, d’amusement, d’incertitude pour devenir créatif.
C’est dans cette marge d’incohérence qu’on trouve la créativité. "


Merci à Boris Cyrulnik

Teaching Creativity and Entrepreneurship

 



Description
Tina Seelig, Executive Director of Stanford Technology Ventures Program, speaks about the lesson that is the crux of entrepreneurship: All problems are opportunities, and the larger the problem, the grander the opportunity. Furthermore, she talks about the challenges that arise in the methods for teaching these concepts, and the necessity to get people out of their comfort zone in order to encourage creative problem-solving. This clip also includes a video quote from Vinod Khosla.
 
Tina Seelig | Stanford Technology Ventures Program
 

mardi 16 août 2011

Creative Cartography: Mapping the Invisible City


A book examines architects, designers, and other thinkers who have figured out how to visualize the urban experience

Cities, maps and data visualization are frequent obsessions of mine, and the intersection of the three hits a sweet spot of the finest kind. But how did urbanism, cartography, and information visualization first come together, and where are they going as bedfellows? That's exactly what Nadia Amoroso explores in The Exposed City: Mapping the Urban Invisibles -- an ambitious study of the invisible elements of the city, from demographics to traffic patterns to crime rate to environment, through "map-landscapes." With a foreword by iconic information architect and TED founder Richard Saul Wurman, the book traces the work of pioneers across cartography, information design, urban planning, and other disciplines that have historically shaped our understanding of place and spatial relations, alongside bleeding-edge projects from contemporary innovators across data visualization, open-source mapping, and other facets of technology-empowered urbanism.

"It's Man's Ability to Perceive, it's the MAP. It's also the map through time with the ease of quick time and computer graphics and morphing, changing one pattern with another. Time telling a story through a day, a week or a year. Time showing change, it's the transparency of information combined with other information creating a third piece of information." - Richard Saul Wurman

By Maria Popova

Aug 16 2011, 11:59 AM

Read more
http://www.theatlantic.com/life/archive/2011/08/creative-cartography-mapping-the-invisible-city/243691/

jeudi 11 août 2011

L'autonomie libère la créativité

Le monde du travail moderne est source de stress et parfois de mal-être. Cela est dut notamment à des méthodes de management qui aliènent le salarié. Le docteur Rodet nous propose des alternatives pour réduire le stress et booster sa productivité. Du travail humain. Premier extrait.


À l’échelle d’une civilisation
L’Homme est conduit par la liberté d’action. L’histoire en offre des exemples inlassablement répétés. Jacqueline de Romilly l’exprime avec éclat dans un texte de 2008 consa­cré à l’engagement : « Les Athéniens lorsqu’ils travaillaient pour un maître ne se donnaient aucune peine et aussitôt libérés, travaillant pour eux-mêmes, ils firent un grand effort et connu­rent de grands succès. Ceci se traduisit d’ailleurs dans les faits puisque d’abord la liberté et l’enthousiasme des combattants rendaient compte de succès des Grecs contre un envahisseur bien plus nombreux, et que bientôt la démocratie à Athènes coïncida avec un effort extraordinaire dans tous les domaines et en par­ticulier dans le domaine culturel où apparaissent alors tous les chefs-d’oeuvre. » Il est indéniable qu’à l’échelle d’une civilisation ou d’une société la liberté d’action et son corollaire, l’autonomie, peuvent être à l’origine d’une ardeur exceptionnelle et de grandes réalisations !


À l’échelle individuelle
À l’échelle individuelle, la médecine en fournit un autre exemple vivant et actuel. C’est un domaine où l’autono­mie est de règle et où il ne peut en être autrement. Dans sa pratique humanitaire, parfois exposée à des conditions extrêmes, il devient parfois vital d’imaginer, dans l’instant, de nouvelles solutions. Un exemple, survenu dans un dis­pensaire de brousse au sud-ouest du Burkina Faso vaut ici mieux que bien des théories.

Un nourrisson de quelques mois, gravement déshydraté et souffrant visiblement de paludisme, est amené par sa mère au dispensaire. Il fallut de très nombreuses tentatives pour réussir à le perfuser à la main, mais il restait à im­mobiliser celle-ci pour faciliter l’écoulement du précieux liquide qui allait réhydrater le jeune enfant et traiter son affection. À bout de solution toute faite et immédiate, un abaisse-langue, savamment bricolé et fixé avec une bande afin d’éviter tout mouvement de la main, s’avéra être le recours ultime et salvateur. Parallèlement, la stagnation de l’urine sous l’enfant entraînant des complications, fut confectionné, encore une fois avec les moyens du bord et un peu d’imagination et de créativité, un petit étui pénien pour faciliter l’évacuation du liquide. Au bout de quelques jours, l’enfant est reparti guéri.

Au-delà du cas d’espèce dont l’exemple se produit en per­manence dans des conditions délicates d’exercice de la médecine, ce que l’on retiendra, c’est la capacité créative induite par l’autonomie. L’autonomie, confrontée à la réa­lité, libère la créativité qui permet de faire ce que l’on était incapable d’imaginer.

Au total, après ces exemples ci-dessus que chacun d’entre nous pourrait parfaitement alimenter de ses réflexions, connaissances ou expériences propres, pourquoi ne pas considérer que ce qui a fait le succès de toute une civilisa­tion, ce qui fonctionne au niveau individuel pourrait égale­ment constituer un facteur de performance dans le domaine de l’entreprise ?


À l’échelle des entreprises
C’est le pas franchi par Daniel H. Pink qui analyse plu­sieurs exemples d’entreprise où des expériences d’autono­mie – de liberté d’action – ont été menées.

Le groupe australien Atlassian qui fournit des outils de développement de logiciels à plus de 20 000 clients dans 134 pays représente une référence. Ce groupe organisait une journée de l’autonomie plusieurs fois dans l’année. À cette occasion, il était demandé aux ingénieurs de s’inves­tir sur le sujet de leur choix dès lors qu’il ne s’agissait pas de leur mission habituelle. Le soir, un grand rassemblement permettait aux ingénieurs de faire part de leurs réflexions. Il a été admis que, grâce à ces journées privilégiant l’auto­nomie, un nombre significatif de corrections de dysfonc­tionnements divers avait pu voir le jour. Devant les succès constatés, Atlassian a étendu cette démarche d’autonomie.

Chez Google, près de la moitié des nouveaux produits nais­sent pendant les 20 % de temps d’autonomie intense.

Un autre principe, défini par deux consultants, Jody Thompson et Cali Ressler, illustre, lui aussi, l’impact po­sitif de l’autonomie : il s’agit de l’environnement de travail axé uniquement sur les résultats (ROWE : Results Only Work Environnement). Ce principe selon lequel les employés sont payés pour des résultats plutôt que le nombre d’heures travaillées, mis en place dans une douzaine d’entreprises en Amérique du Nord, permet aux employés de travailler quand ils veulent, comme ils veulent, d’où ils veulent. Les réunions sont… optionnelles. Dans la grande majorité des cas, les résultats ont été excellents avec une augmentation de la productivité, de l’engagement, de la satisfaction des salariés et… une diminution du turnover !

Ce cas pourrait paraître extrême à certains et il l’est certai­nement. En revanche, lorsque l’on écoute Jean-François Zobrist, le président de Favi, leader mondial en fonderie sous-pression d’alliages cuivreux, on a une vision proche et là aussi une entreprise très performante. Dans cette grosse PME de plus de 500 salariés, on n’a ni tableau de produc­tion, ni horaires fixes, ni indicateurs de qualité, ni même de direction des ressources humaines et pourtant… elle tourne à merveille. L’autonomie est tellement importante que, même si elle génère des dysfonctionnements minimes, les bénéfices inhérents à la qualité du climat l’emportent très largement !

Lors d’une table ronde organisée par le Salon Créer à Lille en septembre 2010 et consacrée à la place de l’Homme dans l’entreprise, Arnaud Garni, le directeur de la communica­tion interne et institutionnelle de Leroy Merlin expliquait que la force de son entreprise était de ne pas se comporter comme un groupe mais comme une flottille de magasins autonomes.

Ces différents exemples illustrent bien l’effet qu’une part plus ou moins importante d’autonomie peut avoir sur la créativité, sur l’engagement, sur le plaisir à travailler et donc sur la performance.

Et cependant, souvent, on a peur de l’autonomie.


Dr Philippe Rodet – Médecin urgentiste – a créé le Cercle Strees-Info, a participé à la création des Commissions nationales sur le stress. Il publie en 2011 : "Se protéger du Stress et réussir : 7 leviers de motivation"

Publié le 11 août 2011

http://www.atlantico.fr/decryptage/autonomie-libere-creativite-162138.html

vendredi 29 juillet 2011

Les créatifs sont arrogants,

Selon une étude américaine, humilité et créativité ne font pas bon ménage.

Chez les créatifs, honnêteté et humilité trouveraient rarement leur place. L'arrogance, en revanche serait un brin plus courante et serait même justifiée scientifiquement.

En effet, une récente étude réalisée à l'Université de Caroline du Nord (UNC), s'est concentrée sur plus de 1 300 personnes influençant l'univers de la création. Selon le professeur Paul Silvia, l'humilité et la créativité ne feraient pas bon ménage.

Ainsi les scientifiques de l'UNC, affirment que les personnes dotées d'un sens de la créativité aiguisé ont tendance à développer un côté curieux, à être ouverts d'esprit et souvent prêts à tenter de nouvelles expériences. Ils seraient majoritairement nettement moins enclins à la modestie et présenteraient des caractères plus arrogants.

Parallèlement à cette recherche, la Kellogg School of Management a réalisé une étude sur les personnes jugées charismatiques, influentes, voire puissantes au sein d'un groupe ou d'une entreprise.

Il leur a été demandé de dessiner la lettre E sur leurs fronts. Les scientifiques ont alors constaté que les personnes qui possède un fort de caractère, ont tendance à dessiner la lettre tournée vers eux, dans le sens inverse d'écriture. Ce geste est interprété par les scientifiques comme une "inaptitude" à envisager l'opinion d'autrui.

Il est toutefois bon de tempérer ces résultats et rappeler que si l'arrogance peut accompagner la créativité, elle n'est pas franchement appréciée dans le monde du travail.

Comme le souligne habilement Carmino Gallo, expert en communication, "la confiance est embauchée, l'arrogance est mise à la porte. "

Publié le 29 juillet 2011

Lu sur Business Insider

http://www.atlantico.fr/atlantico-light/pourquoi-creatifs-arrogants-153877.html