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samedi 1 juin 2013

Apprendre de manière créative : c’est possible et surtout efficace

L’appropriation des savoirs est un processus de longue haleine tout au long duquel le rôle de l’enseignant en lui-même se voit parfois limité. Si, comme l’a dit Philippe MEIRIEU : «Il n’est de bonne pédagogie que dans l’éclectisme ; parce que le chemin unique sélectionne toujours ceux qu’il fait réussir.», il apparaît dès lors clair qu’apprendre est une chose et savoir le faire en est une autre.

Cependant, tout processus d’apprentissage ne saurait se suffire à lui-même. Pour qu’il soit complet, nombre de facteurs devraient parfois y être adjoints, afin de permettre à l’apprenant d’assimiler des connaissances de manière pérenne.

La créativité apparaît dès lors comme une des conditions sine qua non pour développer ses compétences au mieux et parvenir au succès. Qu’en est-il réellement de la place de la créativité dans ce processus d’apprentissage ? Le rôle de l’enseignant ou du formateur se voit-il modifié ? L’intégration de la créativité est-elle la panacée aux problèmes d’apprentissage ? Autant de questions que de plus en plus de professionnels de l’enseignement se posent et auxquelles ils essayent d’apporter des réponses.

La créativité comme meilleur mode d’appropriation des savoirs

Nombre d’études comme celle-ci (lien en anglais) l’ont démontré. La réussite des élèves est moins tributaire de leur QI que de facteurs tels que leur motivation et leur volonté d’apprendre.

Rarement associées et pourtant complémentaires, les notions d’apprentissage et de créativité s’avèrent interdépendantes et de plus en plus déterminantes dans l’apprentissage car, la mémorisation d’une connaissance, ne se fait pas toujours de manière « naturelle ». Comme le souligne Marco Bertolini dans un article publié sur son blog : «la créativité intervient – ou devrait intervenir – à tous les stades de l’apprentissage». Pour lui, il très important pour chaque apprenant d’élaborer sa propre stratégie d’apprentissage. Une étape apparemment simple qui consiste à se poser un certain nombre de questions (dont les réponses sont l’aboutissement du processus d’apprentissage) telles que : quels sont mes objectifs ? Qu’est-ce que je veux apprendre ? Pourquoi ? Quelles sont les méthodes qui me conviennent bien ? Etc.

Il apparait dès lors essentiel que chaque apprenant se trouve sa propre voie certes, mais, que sa stratégie d’apprentissage soit également adaptée à la discipline qu’il veut apprendre. Ainsi, une leçon de géographie ne saurait être révisée de la même manière qu’une leçon de physique ou de chimie par exemple. A ce propos, dans son guide intitulécomment étudier efficacement en 5 étapes, Marco Bertolini propose des astuces susceptibles d’aider tout apprenant à mieux s’en sortir dans son processus d’apprentissage.

Un recours à la créativité de plus en plus perceptible présente dans le domaine éducatif aujourd’hui, et qui fait ses preuves notamment à travers les nouvelles pédagogies basées sur la pensée virtuelle telles que le Mindmapping, les concept-maps etc. où la créativité des apprenants est le pilier de leur propre processus d’apprentissage. La question que l’on peut se poser dès lors est celle de savoir si cela n’attribue pas dès lors un nouveau rôle à l’enseignant ?

Un nouveau rôle pour les enseignants et les formateurs ?

Le rôle de l’enseignant et sa place dans le processus d’enseignement-apprentissage n’a cessé d’évoluer avec les années. Ainsi, l’époque où l’on considérait l’élève comme un tableau vierge sur lequel l’enseignant, «grand maître» et détenteur du savoir, devait inscrire des connaissances est bien révolue.

Aujourd’hui, comme l’a dit RABELAIS «L’enfant n’est plus (ndlr) un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume.». Le rôle de l’enseignant est désormais «peut-être moins de transmettre les informations que d’apprendre à les appréhender», comme le souligne François Taddéi, dans une interview accordée au journal électronique du Centre de Recherche et d’Action Pédagogiques paru dans le N°478 de janvier 2010.

Pour lui «L’enseignant de notre époque doit être un spécialiste de la découverte des savoirs, de la mise à jour des connaissances.». Car, «maintenant où chaque jour se publient plus de choses que ce qu’on peut lire en une vie, plus personne ne peut tout savoir et l’enseignant ou le chercheur doit accepter cette situation et la tourner à son avantage.».

Ainsi, l’enseignant ou le formateur devrait désormais aussi «enseigner à apprendre». Une tâche qui ne semble pas si simple mais qui s’avère aujourd'hui essentielle, s’il veut s’adapter aux réalités actuelles.

Comment intégrer la créativité au processus d’apprentissage ?

«La créativité est souvent associée à l’innovation, que ce soit à l’échelle du système, de l’établissement éducatif ou de l’individu» affirment Olivier Rey et Annie Feyfant dans leur article intitulé Vers une éducation et créative paru dans la revue de l’Institut français de l’éducation, N° 70 de janvier 2012.

Intégrer la créativité au processus d’apprentissage consiste dès lors à mettre en œuvre des méthodes d’apprentissage invitant l’apprenant à faire preuve d’imagination de manière à stimuler sa créativité. Cela peut passer, par le recours aux activités ludo-éducatives chez les plus jeunes ou à l’humour par exemple qui est lui aussi un facteur de développement personnel chez les adultes.

C’est ici aussi que le recours aux nouvelles formes d’apprentissage basées sur la pensée telles que le Mindmapping, les flashcards, les concept-maps et autres est indiqué, car elles permettent tout autant que les autres, à stimuler la créativité des apprenants, créativité sur laquelle reposera leur apprentissage. Des méthodes certes louables, mais qui elles ont bien des limites.

Limites de l’intégration de la créativité au processus d’apprentissage

L’apprentissage créatif peut parfois se heurter à divers facteurs cependant. Des facteurs d’ordre psychologiques tels la passivité de certains apprenants, «la peur du risque», «le cartésianisme» ou des facteurs d’ordre physiologique aussi. Car, de plus en plus d’étudesle démontrent : l’alimentation aurait un impact non-négligeable sur le fonctionnement du cerveau.

Ainsi, comme l’affirmait Jean PIAGET «Apprendre, c’est prendre conscience et non suivre une voie toute tracée, la meilleure fût elle.». Chaque apprenant est unique età ce titre, «le formateur n’est qu’un facilitateur qui encourage et qui suscite la collaboration entre les apprenants en vue de l’acquisition et de l’intégration de nouveaux savoirs et compétences» dixit François Taddéi. Il est donc indispensable qu’il l’aide à trouver sa propre voie, afin de parvenir au succès.

Par Philippe Menkoué | p.menkoue@cursus.edu

Créé le mardi 23 avril 2013 | Mise à jour le mardi 21 mai 2013

http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/19978/apprendre-maniere-creative-est-possible-surtout/

samedi 31 mars 2012

FORMER DES INGÉNIEURS GLOBAUX

5 M€ dans le cadre des
appels à projets IDEFI
 
Trois grandes écoles d’ingénieurs lilloises lance ADICODE, un projet pédagogique qui vient d’être financé à hauteur de 5 M€, pour former les ingénieurs aux meilleurs techniques facilitant l’innovation dans tous les domaines. 


Le projet pédagogique ADICODE (Ateliers De l’Innovation et du coDEsign), porté par HEI, l’ISA et l’ISEN, vient d’être financé à hauteur de 5 millions d’euros dans le cadre des appels à projetsIDEFI (Investissements d’avenir dans les formations innovantes). Il a pour objectif de placer les élèves ingénieurs des trois écoles en situation de conduite de projet et d’innovation en codesign.

Aux côtés des 3 grandes écoles, 7 institutions pédagogiques ont apporté aux ADICODE leur appui : l’Institut Catholique de Lille ; l’ICAM ; l’Institut de l’Entrepreneuriat ; l’Institut du Développement Durable et Responsable ; l’IEMN (CNRS, Université de Lille 1) ; l’Institut Supérieur du Design de Valenciennes (ISD) et l’Ecole d’Architecture ENSAP Lille.

Le projet ADICODE est un accélérateur d’innovation et de formation pour les élèves ingénieurs et les entreprises. Il intègre 3 dimensions d’innovation :

  • de nouveaux protocoles d’accélération de l’innovation (centre de Codesign) ;
  • une véritable logique de co-élaboration avec des équipes d’étudiants, d’enseignants chercheurs, d’experts de différentes écoles, universités et d’entreprises ;
  • le traitement de véritables objets d’innovation d’entreprises, en lien avec la réalité économique et souvent basés sur une approche par les usages.

Les élèves deviennent ainsi acteurs, créatifs et intégrateurs d’un projet concret. De plus, la cohabitation des univers de la créativité, de l’art et du design avec celui de l’ingénierie et de la technologie permet aux élèves de sortir des cadres habituels de références et de s’approcher de l’entreprise de façon plus interdisciplinaire.

« Il s’agit de constituer des équipes composées d’étudiants, d’enseignants chercheurs de disciplines variées et de clusters de R&D d’entreprises au sein d’un espace commun dédié au codesign. Le but de cette collaboration est de pouvoir conceptualiser des objets et concevoir dans des délais réduits des prototypes capables de répondre aux enjeux de compétitivité des entreprises », explique Jean-Marc Idoux, directeur de HEI.

Un ingénieur global

« Nous avons besoin d’inventer l’ingénieur global. Nous sommes entrés dans un nouveau monde dans lequel il nous faut repenser le rapport de l’homme à son environnement. Il faut transformer les façons d’apprendre de l’élève, lui faire vivre des situations de co-élaboration, de codesign. Aujourd’hui plus qu’hier, les designers, les ‘‘marketers’’ et les ingénieurs ont besoin de travailler les uns avec les autres. Avec le centre de codesign, nous sommes dans une logique de projets de plus en plus synergiques, de plus en plus ambitieux », affirme quant à lui Pierre Giorgini, directeur général de l’ISEN

Les ateliers de l’innovation et du codesign ont donc pour objectif de transférer les approches des entreprises innovantes dans le champ pédagogique et de contribuer à la formation de ‘‘l’ingénieur global’’, ayant un nouveau rapport à la modernité, à l’environnement et à l’humain. Ainsi, à terme, la collaboration entre entreprises et écoles sera menée dans un espace commun comprenant un centre de créativité, des centres de codesign et des espaces projets.

Le principe consiste à créer sur de longues durées (18 mois) des équipes thématiques composées d’élèves, d’enseignants chercheurs et de doctorants de disciplines différentes. Celles-ci se mobilisent sur un sujet transverse, générant des projets d’innovation en collaboration avec les clusters des entreprises présentes dans ces ateliers. Le développement durable est le champ d’innovation le plus exploré par les ateliers. Les thématiques y sont très variées : eco-mobilité ; traitement des déchets ; handicap ; nuisances sonores ; etc.

Ce qui a également séduit le jury international IDEFI, ce sont les dimensions de diffusion de ces ADICODE. Des projets de création d’entreprises sont d’ores et déjà en incubation à partir des premiers projets ADICODE traités. Un Laboratoire d’Innovation Pédagogique a également été mis en place avec plusieurs doctorants. Enfin, Un master HTID (high technologies and innovation design) va prochainement ouvrir pour permettre aux collaborateurs d’entreprises d’intégrer ces nouveaux savoir-faire en matière d’innovation.

Jean-François Prevéraud

29 mars 2012

Pour en savoir plus : http://www.hei.fr & http://www.isa-lille.fr & http://www.isen.fr

http://www.industrie.com/it/former-des-ingenieurs-globaux.12996?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+industrie-technologies+%28Industrie+%26+Technologies+%3A+%C3%A0+la+une%29#xtor=RSS-4