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lundi 30 septembre 2013

La place du lycée professionnel dans notre système scolaire

 
Photo Credit : lud68 via Compfight cc
J’étais invité à la Journée nationale du Refus de l’Échec Scolaire (JRES) organisée par l’Afev, en partenariat avec le cabinet d’études Trajectoires-Reflex et plus de trente organisations, le 25 septembre. J’ai déjà évoqué quelques thématiques que je comptais y aborder (« La France, Etat éducateur, Etat formateur »). Le temps d’intervention étant très court, j’ai ramassé mon propos et je vous présente l’intervention prévue.

En introduction

Je ne suis pas sur le thème : réformer l’enseignement professionnel. En tout cas je n’y répondrai pas immédiatement sans faire un détour historique.
Contrairement aux résultats de l’enquête qui était présentée dans cette journée, mon expérience témoignerait plutôt du « mauvais état » dans lequel les élèves rentrent en lycée professionnel.

D’où le thème de ma réflexion : quelle est la place de l’enseignement professionnel dans notre système scolaire ? Et c’est une place très particulière à la France.

Quelques repères historiques

On constate une intégration tardive de la formation professionnelle dans le système initial français, dans les années 50. Il y a plusieurs explications.

La première explication. Antérieurement, la suppression des corporations qui réglementaient la formation professionnelle chez nous. Cela se fait à la fin de l’ancien régime et à la Révolution (voir mon article « Apprentissage : le contexte historique français ». Cela crée un vide, et une multitude d’acteurs apparaissent dans la formation professionnelle, (municipalités, certaines entreprises, associations).

Compte tenu de la pénurie de formation, l’état essaye de légiférer, comme dans tous les états européens. D’où la tentative de lancer l’apprentissage à partir de 1919. L’Orientation professionnelle sera également créée à cette époque. Mais… les entreprises suivent peu (l’artisanat oui, mais pas les entreprises).
Et au retour de la seconde guerre mondiale, l’état « nationalise » la formation professionnelle initiale : « Nous formons, vous reconstruisez », c’est le deal de l’époque.

Mais une autre raison doit être évoquée, et elle concerne l’organisation scolaire cette fois-ci. L’intégration de l’enseignement professionnel se fait au moment où on a :
Allongement de la scolarisation jusqu’à 16 ans
Mise en place du système scolaire « unifié »

Et ce dernier point est important. Au fond l’enseignement professionnel permet de protéger l’enseignement secondaire général tout en assurant l’allongement de la scolarité. Ceci permet de maintenir, ou de croire que l’on peut maintenir la pureté de l’enseignement général. « On vous intègre, mais vous vous occuperez des élèves dont nous ne voulons pas ».

Et l’outil pour opérer ce tri qui a pour effet cette protection, c’est les procédures d’orientation.

Orientation-sélection

La matrice que nous connaissons aujourd’hui se met en place avec la réforme Berthoin en 1959. Le processus va se complexifier jusqu’à aujourd’hui.

La subtilité vient du fait que la famille doit faire une demande d’orientation à laquelle répond le conseil de classe. Avant 1959, pas de demande (on est dans un entre-nous sociologique = 5% de la population sont dans le secondaire). C’est la période de la démographisation comme disait Antoine Prost.

La décision du conseil de classe (je vais vite sur cette notion de décision) repose non plus sur des épreuves permettant de calculer une moyenne, mais sur un jugement collectif des enseignants qui se basent sur leurs évaluations individuelles (disparition des épreuves trimestrielles, apparues dans les années 1890, en 1969). Voir mon article « Aux origines du conseil de classe ».

L’élève « orienté » est d’abord un élève refusé pour une voie générale. C’est le jugement de base.

La double peine

Et l’orientation suppose un changement d’établissement… il faut trouver une place.

Avant les années 70, il s’agit d’une question « privée », chaque famille s’adresse à un établissement qui accepte ou non. A partir de 70, c’est l’affectation qui se met en place et cela devient l’affaire de l’état et de son représentant l’Inspecteur d’académie, le DASEN aujourd’hui et le recteur. De la foire aux dossiers on est passé au cours des années 80 à des procédures d’affectation assistées par l’informatique, et maintenant à une affectation gérée par une application nationale sur le web, AFFELNET. Les Proviseurs des Lycées professionnels sont souvent mécontents, car ils ne sont pas maitres du recrutement. Si l’application AFFELNET est nationale, sa mise en œuvre est rectorale. chaque rectorat introduits ses propres critères, mais les notes de l’élève sont le critère primordial pour calculer et produire les listings d’affectation.

L’état des procédures aujourd’hui

Aujourd’hui, il existe trois paliers d’orientation au collège (6ème, 4ème, 3ème). Avec le projet de nouveaux cycles (voir mon article), sans doute on aurait seulement 6ème et 3ème comme paliers. Il y a également l’expérimentation de « donner la mains aux parents » dans quelques établissements, mais seulement après toutes les phases de la procédure habituelle en troisième, et celles de 6ème et de 4ème. Cela ne supprime pas l’intégration du jugement dévalorisant sur soi, ou au contraire le renforcement du conflit (voir mon article).

Chiffres actuels : 61% pour la seconde Gt, 36% pour la seconde pro et 2% de rdt.

Donc ma position

Les procédures d’orientation placent les enseignants et le collège dans un paradoxe pragmatique :faire réussir tout le monde et en même temps être capable de sélectionner les élèves. C’est pourquoi je milite pour la suppression des procédures d’orientation, au moins au collège, dans le temps de la scolarité obligatoire.

L’obligation aujourd’hui (et hier) est de faire réussir tous les élèves à obtenir au moins le socle commun. Or les procédures attribuent au collège, et aux enseignants une fonction de sélection. Difficile de tenir les deux fonctions à la fois ! Dans ce principe de sélection, l’une des voies est nécessairement dévalorisée.

D’où l’idée d’une seconde commune rassemblant les trois voies, professionnelle, technologique et générale.

Le lycée polyvalent est un peu le collège créé en début de l’ère gaulliste. On y avait rassemblé les trois voies post primaire : les cours complémentaires, le CEG, et le premier cycle du lycée. Et petit à petit on a mis en place une seule 6ème… Le lycée polyvalent est une des hypothèses déjà bien avancée dans la réalité des constructions par diverses régions.

Une autre hypothèse, c’est le lycée des métiers. Au lieu de rassembler les formations « horizontalement », on rassemble fonctionnellement : on rapproche tout ce qui concerne la formation professionnelle, qu’elle soit initiale ou continue, qu’elle soit scolaire ou par alternance… Cette hypothèse est sans doute très intéressante pour la formation professionnelle par le mélange des différents apports des acteurs le plus souvent séparés. Mais elle ne résout pas la question de l’orientation.

L’organisation en silos des formations

Enfin il faut insister sur une autre tendance profonde de notre système de formation. C’est l’organisation en silos, ou en paquets cadeaux, ou encore par menus. Ce sont des blocs à prendre en totalité. La conception anglo-saxonne, libérale, diraient certains, ou modulaire, ou à la carte a beaucoup de mal à être concevable chez nous.

On peut se rappeler de diverses tentatives d’aller vers le modulaire :
La création de la seconde de détermination en 1985 avec des options. Personne n’avait dit qu’il fallait rassembler dans une même classe les élèves ayant choisi la même option ! Même phénomènes dans les collèges. Au fond la facilité organisationnelle s’impose le plus souvent contre l’intérêt pédagogique. Le principe des classes homogènes s’affirme.
A l’autre bout, dans l’enseignement supérieur, on peut observer la réforme dite LMD, qui avait comme principe une organisation modulaire des enseignements, permettant à l’étudiant de construire sa formation. Mais le principe du diplôme l’a emporté contre celui du niveau.
Et notre formation professionnelle est également largement organisée en silos.

Conclusion

Ce que je préconise, je le sais, n’est pas simple, car c’est une remise en cause très profonde du fonctionnement et des principes de notre système scolaire, mais c’est la seule manière à mon sens de réduire l’échec scolaire et les dégâts sociaux qu’il produit.

Article initialement publié sur mon blog EducPros

parBernard Desclaux(son site)lundi 30 septembre 2013

lundi 9 septembre 2013

École secondaire : Inspirer l’engagement dans un monde qui se transforme

Source : Pixabay.com, sous licence Creative Commons domaine public CC0 1.0 universel)

(**Le texte ci-dessous représente mes opinions personnels et pas nécessairement ceux de mon employeur. Ce sont mes réflexions écrites quant au devenir de l’école secondaire/le lycée, dans son sens large. Je veux néanmoins remercier des collègues, Alain, Patricia, Jeanne et d’autres, dont plusieurs de mon réseau en ligne — mon PLN –, qui continuent d’alimenter ma réflexion sur le sujet. )
* * * * *

Soyons inventeurs de lendemains.
– Cyrille Simard


Le monde a bien changé!, chantait le groupe acadien 1755. En effet, les transformations sociétales, économiques, technologiques et environnementales redéfinissent complètement le monde d’aujourd’hui. Pour le monde du travail, il est difficile de prédire quels seront les emplois dans 5, 10 ou encore 20 ans. Toutefois, les compétences durables associées aux nouvelles réalités du monde du travail et de la vie en général se confirment. Ceci représente en soi le plus grand défi du monde de l’éducation.

Nous vivons dans un monde en transformation accélérée où il est nécessaire d’identifier et de résoudre des problèmes de plus en plus complexes, que ce soit d’ordre social, affectif, économique ou environnemental. Les individus sont appelés à s’ajuster, voire à se réajuster, continuellement. Les communications sont instantanées et parcourent divers réseaux. Le numérique caractérise grandement le quotidien; avec l’internet, c’est une révolution qu’on n’a pas vue depuis la presse de Gutenberg! De nouveaux types d’emplois se créent régulièrement tandis que d’autres disparaissent. Les besoins énergétiques forcent les sociétés à trouver des solutions innovantes et durables. De plus, les changements climatiques s’accentuent, la compétition est mondiale et les connaissances changent à un rythme exponentiel.

Aujourd’hui, ce que vous savez est moins important que ce que vous
savez faire avec ce que vous savez.
– Tony Wagner (MIT, Creating Innovators)


Dans ce contexte, il n’y aura jamais eu de moment aussi excitant à œuvrer en éducation. L’école secondaire n’est pas en reste. Il est impératif que les jeunes développent des compétences et des connaissances nécessaires à leur épanouissement personnel et professionnel leur permettant de contribuer et de vivre dans une société prospère, viable et durable. Pour y arriver, il importe que l’école secondaire inclusive, en continuité avec le primaire, évolue d’une formation générale pour tous vers une formation, voire une éducation, davantage axée sur les besoins de chaque élève. Avec l’acquisition de connaissances et le développement de compétences et d’attitudes nécessaires à la réalisation de leur projet de vie-carrière, les jeunes sauront participer activement à la société comme citoyens engagés.

Le changement ne se réalisera pas dans l’attente de quelqu’un d’autre
ou d’un autre moment.
Nous sommes ceux que nous avons attendus.
Nous sommes le changement que nous cherchons.
― Barack Obama


Pourquoi changerait-on l’école? Après tout, quand je compare mon coin de pays, le Nouveau-Brunswick, à d’autres juridictions, on s’en tire assez bien, et très bien même quand il s’agit de contrer le décrochage scolaire et les taux de diplomation, par exemple. Toutefois, qu’on se le dise : en général, nous formons les jeunes pour un monde qui n’existe plus… En continuité avec l’école primaire, l’école secondaire doit être le microcosme du monde en changement constant. C’est une responsabilité morale qui incombe à ses acteurs et ses décideurs. Les rôles de ceux-ci, incluant les jeunes, se transforment, voire se complexifient. La créativité, la rigueur intellectuelle et l’innovation sont interpellées plus que jamais…
  • Pour le jeune, c’est un engagement en tant qu’initiateur, réalisateur et gestionnaire de ses apprentissages. Pour le personnel enseignant, c’est le défi de savoir orchestrer les activités pédagogiques, de savoir guider l’apprenant et de savoir se renouveler sans cesse dans sa profession.
  • Pour la direction, c’est avoir la vision, le leadership et le courage de mettre en place les conditions optimales.
  • Pour tous ces intervenants, c’est aussi de savoir mobiliser et favoriser les synergies avec la communauté, incontournable partenaire au projet d’école secondaire.
  • Pour celles et ceux qui assurent la gestion et la gouvernance, c’est le défi de communiquer des finalités, des exigences de diplomation et des paramètres de régime pédagogique congruents avec une vision qui sait et qui saura se renouveler régulièrement.

Quand ce que nous savons va-t-il changer ce que nous faisons (en éducation)?
– Rod Allen, Colombie-Britannique


La vision et les fondements d’une école secondaire/d’un lycée qui cherche à s’actualiser viennent plus que baliser une nouvelle ‘orientation’ de cette école. Ils visent à faire bien plus que cela : ils doivent susciter l’engagement de ses acteurs (écoles, parents, communauté, conseils, ministère, partenaires) envers des actions qui tendent vers une école secondaire non pas du futur, mais d’aujourd’hui. Un réel projet de société. Que ce soit des pratiques pédagogiques innovantes, des pratiques organisationnelles originales et efficaces, des finalités prescrites congruentes avec une vision de base bien articulée et partagée, la table est mise pour l’engagement collectif et individuel dans des projets et des actions pour apprendre, voire se réajuster et persévérer. Comme le disait ce matin Darren Kuropatwa, le désir de relever des défis, de croire en la rigueur intellectuelle et à la résilience dans l’adversité… voilà des facteurs de succès et d’apprentissage. Et comme l’a dit Charles Hadji, « le succès d’une innovation en éducation se mesure d’abord par celui de l’élève. »

Oui, il n’y aura jamais eu de moment aussi excitant à œuvrer en éducation.

vendredi 23 août 2013

L’utilisation du portable en classe ferait baisser les notes


Alors qu’un nouveau plan "numérique" pour l’école se profile la revue "Computers & Education" a publié dans son volume 62 de mars 2013 une étude de chercheurs canadiens au sujet de l’impact sur l’apprentissage de l’utilisation d’ordinateurs portables en classe pour prendre des notes.

Précisons d’emblée que cette étude ne concerne que des étudiants d’universités mais on peut penser que ses résultats se transposent à des lycéens voire des collégiens équipés de tablettes ou d’ordinateurs portables. Dans cette étude, qui portait sur une quarantaine d’étudiants, les chercheurs en psychologie ont menés deux expérimentations.

Les étudiants sont-ils multitâches ?

La première consistait en un cours de quarante cinq minutes sur la météorologie. Le support du cours était une PréAO qui pour anecdote était faite avec un logiciel propriétaire et fermé dans un format non intéropérable qu’il est, en plus, interdit de donner à ses élèves. Une moitié aléatoirement choisie parmi ces étudiants devait suivre le cours comme en "papier-crayon" et l’autre devait utiliser un ordinateur portable pour prendre des notes.

Le groupe équipé d’un ordinateur portable s’est vu confier au fur et à mesure du cours douze tâches à accomplir en ligne en plus de la prise de notes. Un exemple de tâche était, par exemple, de donner à un camarade en messagerie instantanée le programme TV du soir ou d’aller sur tel ou tel site. Le but étant de simuler le comportement d’un étudiant qui surfe (un peu) durant le cours.

Après ce cours une évaluation a permis de comparer les deux groupes d’étudiants en terme de restitution et de compréhension des notions. Comme l’on pouvait s’y attendre les étudiants ayant pris des notes avec un ordinateur portable ont obtenus des résultats moindres et surtout significatifs d’un point de vue statistique.




Nous voyons que le groupe d’étudiants "mutlitaches" a obtenu des scores inférieurs de 11% par rapport aux autres.

Le portable perturbe-t-il les autres étudiants ?

Les résultats de la seconde expérimentation peuvent davantage surprendre. Cette fois-ci les chercheurs ont essayé de mesurer l’impact des étudiants utilisant un ordinateur portable pour prendre des notes sur les autres. Ici des étudiants en "papier-crayon" étaient disposés de façon à pouvoir voir les écrans de ceux utilisant un ordinateur.

De la même façon que lors de la première expérience un test a été conduit afin de comparer les performances des étudiants en "multitâche" avec non pas ceux en "papier-crayon" mais avec ceux parmi eux qui avaient dans leur champ de vision les écrans des "multitâches". Le but étant d’évaluer l’impact de la distraction.




Cela peut sembler surprenant mais l’écart de performance est de 17%. Ainsi des étudiants peuvent être perturbés par le choix d’autres étudiants de noter le cours sur leurs portables.

Que faire alors ? Dans tous les cas, il convient d’expliquer l’impact aux élèves ou aux étudiants mais faut-il interdire les ordinateurs portables lorsqu’ils ne sont pas nécessaires ? Instituer un zone "prise de notes avec portable" dans la salle ? N’hésitez pas à répondre dans les commentaires de ce billet.

Les chercheurs concluent très bien cette étude :

We must ask ourselves : Under what conditions do the benefits of laptop use outweigh the detriments ?

C’est à chaque enseignant de faire ses choix éclairés et d’en informer ses élèves. Ceci dit avec les plans d’équipements massifs est-ce que les enseignants ont vraiment le choix ?

À nous professionnels de l’éducation de faire en sorte d’éviter que des experts auto-proclamés du "numérique" à l’école ne convainque nos politiques de nous imposer des modes de fonctionnement loin de toute considération pédagogique.

L’intégralité de cette recherche est accessible ici (en anglais) : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0360131512002254

Suite à cette étude et aux nombreuses questions soulevées, les chercheurs ont publié une foire aux questions très intéressantes (en anglais) : http://www.yorku.ca/ncepeda/laptopFAQ.html

Cet article a initialement été publié sur www.linuxedu.org

parRémi Boulle(son site)

jeudi 22 août 2013

vendredi 9 août 2013

Numérique : l'exécutif précise le savoir que devraient avoir les lycéens

Le gouvernement a précisé les connaissances en informatique que devraient avoir les lycéens pour être à l'aise dans la sphère numérique. Via la publication d'un arrêté, le ministère de l'éducation nationale affine ainsi les critères d'évaluation du brevet informatique et Internet (B2i).


Le gouvernement a fait publier ce mercredi au Journal officiel l'arrêté modifiant celui du 14 juin 2006, relatif aux référentiels de connaissances et capacités exigibles pour le brevet informatique et Internet (B2i). Pris le 24 juillet dernier, il modifie substantiellement les domaines sur lesquels sont interrogés les lycéens et les modalités d'évaluation que doivent suivre le corps enseignant.

Le B2i concerne tous les élèves scolarisés à l'école primaire, au collège et au lycée. En fonction du niveau, l'appréciation des compétences n'est évidemment pas la même. Cette attestation permet ainsi de contrôler la capacité des jeunes à utiliser sans risque et de manière responsable les différents outils informatiques mais aussi Internet.

Ce nouveau référentiel s'adressant aux lycéens, les connaissances à vérifier sont donc relativement exigeantes. Pour décrocher l'attestation B2i niveau lycée, chaque élève doit valider 80 % des items dont au moins la moitié dans chacun des domaines fixés par l'éducation nationale.

Travailler dans un environnement numérique évolutif

Concernant le domaine 1, il est par exemple demandé de savoir "paramétrer ses applications et les services en ligne utilisés de façon à gérer et contrôler ses traces (mots de passe, gestion de l'historique, données de formulaire, etc.)", mais aussi d'être en mesure de jongler entre plusieurs identités, selon les contextes (public, privé, professionnel, personnel).

Les lycéens doivent aussi être en mesure de "changer les règles de confidentialité et les paramètres des services utilisés sur le web" et "d'en vérifier régulièrement les modifications". Ils seront également évalués sur leur capacité à "s'inscrire et se désinscrire d'un service numérique (lettre d'information, réseau social, flux, etc.)".

Être responsable

Le domaine 2 s'arrête sur la responsabilité des internautes lorsqu'ils se promènent sur la toile. La compréhension et le respect des principaux objectifs de la loi informatique et libertés sont ainsi demandés. Ils doivent également bien retenir qu'ils sont responsables de toutes leurs publications, "y compris lors de l'utilisation d'un pseudonyme".

Les jeunes doivent être en mesure de comprendre la portée des conditions d'utilisation des services sur lesquels ils s'inscrivent, de "porter un avis critique sur une situation liée à l'usage du numérique", comme les sujets populaires et éphémères (buzz) et les canulars (hoax). Le respect du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle est aussi éprouvé dans ce cadre.

Produire, traiter, exploiter et diffuser des documents numériques

Le troisième domaine se concentre sur l'utilisation des outils informatiques et plus particulièrement des logiciels présents dans une suite bureautique. Ainsi, il est attendu que chaque élève soit en mesure d'en"maîtriser les fonctions de base", de "structurer un document", de "modifier les métadonnées" du document ou encore "d'insérer automatiquement des informations" dans un document.

Les élèves doivent montrer leur capacité à "distinguer une simulation ou une modélisation de la réalité lors du traitement des informations" et "préciser le contexte associé aux résultats obtenus et ses conséquences sur leur interprétation". Ils doivent prouver qu'ils sont capables de choisir le bon format pour importer et exporter des documents, selon les situations.

Organiser la recherche d'informations

Quatrième domaine du référentiel, il mesure la manière dont l'élève cherche, trie et extrait l'information. Il doit montrer comment une veille sur un sujet est établie (utilisation des alertes d'un moteur de recherche, des flux RSS, des abonnements, des podcasts...) et de quelle façon identifier l'origine d'une publication, quitte à fouiller son code source.

L'élève doit aussi présenter une connaissance dans l'utilisation du moteur de recherche. Sait-il accéder aux critères de tri ? Sait-il utiliser des opérateurs de recherche, pour préciser une requête ? Autrement dit, l'élève doit montrer une capacité à filtrer la masse d'information à sa disposition pour dénicher rapidement et efficacement les éléments qui l'intéresse.

Communiquer, travailler en réseau et collaborer

Le dernier domaine s'intéresse à la manière dont l'élève se comporte avec les autres internautes, s'il sait collaborer avec eux et s'il est en mesure d'adapter son identité en fonction de son public. Il lui faudra apprendre à participer à une production numérique collective, c'est-à-dire à une plateforme Wiki ou tout autre projet en commun.

L'élève sera également évalué sur sa capacité à s'exprimer via les réseaux, en identifiant la nature de l'espace où il intervient : est-ce un espace professionnel ? Personnel ? Privé ? Public ? Enfin, il lui faudra démontrer sa propension à "participer à un débat en ligne dans le respect des autres interlocuteurs", c'est-à-dire en respectant la Nétiquette.

jeudi 11 juillet 2013

Bilans de compétences

 Lutter contre l’echec scolaire au sein des filières techniques et professionnelles 


http://www.mediafood.org/tice-pro/w... Générer des bilans de compétences à volonté Je suis heureux de vous présenter "Checklist-Pro"

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=MPc5...[/youtube] Checklist-Pro pourquoi ?

L’ ère où les apprenants réalisaient tous, les mêmes plats et techniques simultanément est révolu. Il convient d’individualiser les parcours de formation. Cette nécessité est de plus renforcée par les clients qui attendent des prestations de plus en plus performante, ce qui implique une restructuration de notre enseignement afin de faire cohabiter pédagogie et réalité du marché.

Cet outil à pour vocation de vous permettre de connaître à chaque instant ce que maîtrisent ou pas vos apprenants en ce qui concerne les "savoir-faire" et "savoir-être" du référentiel du Bac Professionnel "Organisation et production culinaire".

Il est à noter que cet outil est transférable aux autres métiers du secteur de la restauration mais aussi aux autres filières professionnelles. (boulangerie, pâtisserie, mécanique etc.)

Ainsi il vous sera aisé de :

Organiser des séances de Régulation et de Remédiation (en connaissance de cause). Disposer d’informations à transmettre aux maîtres de stage afin d’optimiser les périodes de formation en entreprise. Ventiler les apprenants lors des Séances de travaux professionnels en fonction des techniques qu’ils doivent construire ou reconstruire. De la même façon identifier les apprenants capables de tutorer leurs pairs pour telles techniques.

Mais également grâce à l’onglet "Iperformance" de connaître les indicateurs de performances (0,1,2,3) pour chacun des savoir-faire et savoir-être du référentiel. Ainsi les enseignants pourront aisément via un simple copier/coller insérer ces informations au sein de leurs contrats de formation, quant aux apprenants ils pourront consulter depuis leur smartphone le chemin restant à parcourir. A noter qu’en mode évaluation des liens vers ces indicateurs sont disponibles pour aider à évaluer ou/et faciliter l’autoévaluation. Pour qui ?

A destination évidemment des enseignants pour les raisons invoquées plus haut, mais également pour les apprenants eux mêmes afin de connaître précisément l’état de leurs compétences actuel et le chemin restant à parcourir.

Quant aux employeurs ils pourront enfin être intégrés en continu aux évaluations et aux suivis de leurs jeunes. Comment ?

Consultation en réseau local (intranet) ou internet. En mode Internet vos connexions seront sécurisées par le protocole HTTPS. Accessible aux ordinateurs, tablettes et smartphones puisque ce site est réalisé en Web Responsive Design.

Le responsive web design RWD est une technique web qui permet d’adapter le contenu du web aux différents périphériques capables de s’y connecter. Ainsi indépendamment du type d’appareil avec lequel vous surfez, vous disposerez de la meilleure "adapatabilité".

Il est à noter qu’évidemment les apprenants ne pourront visualiser que leurs évaluations et les maîtres de stage évaluer les apprenants dont ils sont les tuteurs. Une phase de test débutera en septembre pour 3 sections (cuisine, pâtisserie et mécanique) à la suite de quoi je mettrais probablement la version Organisation et production culinaire en libre distribution.

[youtube]http://youtu.be/EJ8Q6r96Eg8[/youtube]


mercredi 10 juillet 2013

lundi 30 avril 2012

Comment est né le lycée...

Comment l'Empire écrasa les "écoles centrales" et imposa un modèle unique d'éducation élitiste et militariste : le lycée. Historien de l'éducation, Claude Lelièvre est aussi un militant pédagogique, partisan de l'école du socle...

Après le coup d’Etat du 18 brumaire an VIII ( novembre 1800), il est question de remettre le pays en ordre après onze ans de « révolution » républicaine. Une réforme de l’enseignement est longuement discutée au Conseil d’Etat : Napoléon Bonaparte participe personnellement aux débats et fait établir douze rédactions successives du projet à Fourcroy ( nommé rapporteur) avant qu’il soit soumis au Corps législatif et devienne la loi du 11 floréal an X ( 1er mai 1802 ).

La pièce maîtresse du projet ( et sa grande innovation ) réside dans la création du « lycée » : il y en aura un par arrondissement de tribunal d’appel, et chaque création entraînera la fermeture d’une « école centrale » ( un établissement secondaire original créé par la Convention en plein mouvement révolutionnaire et républicain ).

Alors que les « école centrales » étaient dirigées par une direction collégiale d’enseignants, les « lycées » seront gouvernés part un’’ triumvirat’’administratif : le ‘’proviseur’’, le ‘’censeur’’, et un ‘’procureur gérant’’ ( à l’instar du ‘’triumvirat’’ des trois ‘’consuls’’ qui gouverne alors la France ; le ‘’premier consul – à savoir Napoléon Bonaparte - devant être appelé quelque temps plus tard à devenir ‘’empereur’’…).

Alors que les « écoles centrales » n’avaient pas d’internat, le fonctionnement des « lycées » va reposer essentiellement sur leurs internats. Les élèves sont regroupés en compagnie de vingt-cinq. Les mouvements, le début et la fin des cours sont scandés par le roulement du tambour. Les déplacements se font en rang par deux, et les élèves portent l’uniforme fixé par arrêté. La journée type du lycéen, durant tout le XIX° siècle, comportera 7 heures d’étude pour 4 heures de classe.

Alors que les « école centrales » fonctionnaient selon un mode que l’on peut qualifier d’ ’’optionnel’’ voire ‘’modulaire’’ puisque leurs élèves pouvaient librement choisir leurs parcours ( parmi de nombreuses matières, dans la mouvance de l’’’Encyclopédie’’ ), avec la création des « lycées », c’est le retour des progressions contraintes et les humanités classiques redeviennent quasi hégémoniques ( à l’instar des collèges d’Ancien Régime ). « Il faut que l’enseignement soit classique. Avant tout mettons la jeunesse au régime des saines et fortes lectures. Corneille, Bossuet, voilà les maîtres qu’il lui faut. Cela est grand, sublime et en même temps régulier, paisible, subordonné. Il faut des conseillers d’Etat, des préfets, des officiers, des professeurs. Telles sont les idées du maître [ à savoir Napoléon ] ».

Comme l’a souligné l’historienne Françoise Mayeur, « ce n’est pas leur insuccès qui a entraîné la disparition des écoles centrales [ …]. Il est même remarquable qu’en si peu de temps et avec tant de difficultés de tous ordres, la plupart des écoles centrales se soient ouvertes et que beaucoup aient eu une pleine activité […]. C’est d’en haut que vint la création d’un autre type d’enseignement secondaire qui laissait beaucoup moins de place à une autonomie des agents et des usagers » .

Après le mouvement révolutionnaire républicain, c’est le retour à ‘’l’ordre’’ ( un certain ordre, qui emprunte les voies jusqu’alors inédites du ‘’bonapartisme’’, mais qui auront des suites…). Comme le souligne là encore un autre historien, Antoine Prost, « on veut des internats, moins de liberté pour les élèves, et un retour aux humanités des collèges d’Ancien Régime : le choix ‘’pédagogique’’ est d’abord ici un choix politique ».

Claude Lelièvre

samedi 14 avril 2012

La valeur rajoutée de la réalité augmentée (RA) en éducation

parLuc Renaud(son site)jeudi 12 avril 2012 -

L’élaboration de situations d’apprentissage plus signifiantes

La réalité augmentée (RA) se définit par l’ajout d’images ou d’informations virtuelles à la réalité et s’inscrirait dans un continuum allant du monde totalement réel jusqu’aux univers immersifs virtuels [1]. Dans certains cas, il est possible de voir apparaître de véritables animations de type son et images. Au-delà du glamour, il importe de s’interroger sur la valeur rajoutée de ces techniques sur le plan pédagogique.

Parce qu’elles sont vraisemblablement hors de prix dans un contexte scolaire, je passerai pour l’instant sous silence les images extraordinaires de trains ou de quartiers urbains, qui serviraient bien à l’enseignement en architecture, en urbanisme et en technologie, mais qui semblent surtout employées dans les spectacles à grand déploiement [2]. Personnellement, j’ai longtemps rêvé d’enseigner les langues avec d’immenses paysages mexicains et andins projetés derrière moi : Teotihuacán ou le Machu Picchu… Ça viendra un jour.

Je me limiterai alors à l’usage de technologies nomades comme le téléphone intelligent, des livresaugmentés, quelques outils disponibles en ligne et des systèmes de projection. D’abord, je présenterai un survol de disciplines scolaires qui me paraissent avantagées, avant de me questionner sur la valeur rajoutée de la RA dans l’élaboration d’une situation d’apprentissage signifiante.

1- Quelques disciplines privilégiées par la RA

Compte tenu de l’accessibilité des outils en milieu scolaire, voici quelques disciplines qui seraient mieux servies que d’autres par la RA à l’école.

- L’histoire :

Des applications nomades permettraient de revisiter le passé de sites populaires en offrant des documents d’appoint ou des informations sur un téléphone intelligent ou une tablette graphique. Il en irait ainsi du Louvre, de cités médiévales, de visites à Paris ou à Londres [3], etc.

Du côté de Québec, le lien entre le présent et le passé en RA passerait plutôt par la projection de modélisation 3D sur les immeubles de la ville afin de mieux en expliquer la structure [4]. Toutefois, une application permettrait aussi de faire une visite des principales artères commerciales à l’aide du téléphone et d’une connexion Wi Fi [5].

- Les sciences naturelles :

Sur le plan de la géographie physique, des atlas permettraient de visualiser des reliefs de montagnes ou d’autres paysages. Par ailleurs, des livres munis de dispositifs de RA projetteraient des images 3D de divers spécimens du règne animal [6], ce qui pourrait susciter l’intérêt et l’attention de jeunes élèves.

Mais les effets les plus spectaculaires de cette technologie en sciences naturelles impliqueraient davantage le domaine médical.

Des dispositifs permettent de superposer des images d’ossements humains, des muscles ou des organes aux zones correspondantes du présentateur, ce qui pourrait se révéler utile comme soutien à des exposés oraux en salle de classe [7]. La RA a même permis de simuler d’importantes chirurgies aussi bien en projetant des images du contenu d’une cage thoracique que des tumeurs cancéreuses dans un organisme humain [8 et 9].

- Les langues :

Mme Socorro Saragosse a donné un cours d’espagnol expérimental sur le vocabulaire de la famille en mettant en vedette les personnages de la famille Simpson. Pour ce faire, elle a disposé d’un univers de RA conçu par des outils comme Google Sketch Up et Build Art [10]. Elle souhaitait introduire un volet ludique à sa session de cours, et aurait obtenu d’assez bons résultats.

Dans un contexte didactique plus global, les outils mentionnés dans les disciplines précédentes me semblent tout à fait applicables au domaine des langues, également.

2- La valeur rajoutée de la RA

Est-il trop tôt pour se demander réellement quelle est la valeur rajoutée sur le plan pédagogique des technologies RA actuellement accessibles ? À mon sens, pas vraiment, si elles sont introduites en tenant compte de la notion de formules pédagogiques et de scénarios d’apprentissage que j’ai abordée dans d’autres articles [11] et [12].

L’usage des outils nomades comme le téléphone intelligent permettrait d’enrichir considérablement le contenu informationnel mis à la disposition des élèves dans des activités de rallyes et de recherche d’informations en contexte authentique. Comparativement aux sorties de classe classiques, souvent ponctuées de longs moments de silence, cela s’avèrerait rentable autant en histoire que dans l’apprentissage des langues.

En classe, l’usage des livres en RA ou des projections sur le corps serviraient davantage des besoins de présentation de notions ou d’exposés oraux des élèves. Certaines projections enrichiraient même les exercices de simulation, contribuant alors au développement de savoir-faire précis. Non seulement la RA contribuerait-elle à rendre accessible l’inaccessible, mais elle apporterait aux présentations données un degré de précision difficilement atteignable par d’autres moyens.

Conclusion

La RA constitue sans doute une voie d’avenir en éducation. De prime abord, les outils actuels permettraient de répondre à certains besoins d’apprentissage et pourraient faciliter l’élaboration de situations d’apprentissage plus signifiantes, à la condition de bien en délimiter les avantages et les limites et de les introduire dans des scénarios cohérents.

Reste à voir quand les contenus disponibles seront en quantité suffisante et dans quelle mesure nous assisterons prochainement à la démocratisation des outils les plus élaborés. Depuis vingt-cinq ans, j’attends mes projections des sites précolombiens pour amener des élèves sur la voie du rêve.

Texte : Luc Renaud, M.A. Sciences de l’éducation

Références

[1] Loria (2012) La réalité augmentée
[2] Industrie Technologies (2009) Alstom : le show de Patrick Kron en réalité augmentée
[3] La fabrique BsnA (2012) La réalité augmentée au service du patrimoine : 6 applis à découvrir.
[4]Centre d’interprétation de la vie urbaine (2012) Vieux-Québec en Réalité Augmentée
[5] Charron, F. (2012) Application iPhone pour découvrir la ville de Québec en réalité augmentéedans francoischarron.com
[6] Futuroscope (2012) Les animaux du futur
[7] Floriel, A (2010) La réalité augmentée à l’école ?dans Terrafemina
[8] Institut national de la santé et de la recherche médicale Chirurgie assistée par ordinateur
[9] Le point (2011) Chirurgie : du rêve à la réalité augmentée
[10] Dorne, G. (2011) Apprendre les langues avec la réalité augmentée et Les Simpsondans Graphisme et interactivité
[11] Renaud, L. (2012) TIC, Web 2.0 et réalité augmentée dans un scénario d’apprentissage dans EducaVox, le 8 avril 2012
[12] Renaud, L. (2012) Pour un regard moderne sur l’autoformation en langues secondes, dans EducaVox, le 31 mars 2012

http://www.educavox.fr/La-valeur-rajoutee-de-la-realite

mardi 27 mars 2012

Ma vision de l’enseignement instrumenté par les réseaux et les outils numériques

... Tout commence il y a plusieurs années lorsque le besoin de prolonger mon cours s’avérait indispensable. Internet en était à ses balbutiements, les connexions rares et onéreuses. Le numérique était déjà présent et j’ai commencé par connecter un ordinateur portable à une télévision (l’ancêtre des vidéo projections) puis j’ai réalisé des cédéroms pour intégrer la portabilité des savoirs. J’ai découvert les blogs en 2003 et j’ai commencé à exporter mes cours hors la classe de façon dématérialisée.

Pendant trois ans j’ai intégré l’équipe Eductice de l’INRP (actuel ifé) pour travailler sur les scénarios pédagogiques et plus précisément les scénarios de pédagogie embarquée (SPE).

Après ces trois années passionnantes, je suis retourné devant mes élèves où je développe depuis un travail et une réflexion sur la pédagogie dans les mondes virtuels.

Cet ensemble de pratiques, d’usages et de réflexions me permettent pendant une semaine de participer au PIL pour évoquer mon travail et rencontrer d’autres acteurs européens de la e.pédagogie. Mes travaux avait été primés lors des journées lyonnaises. J’avais eu le grand prix de l’enseignement numérique pour mes travaux sur les mondes virtuels. Depuis ce prix mes usages et travaux ont continué et ont pris une tournure plus réflexive. J’analyse avec Jacques Rodet (blog de t@d) les enjeux du tutorat dans les mondes virtuels, j’accumule les traces grâce à unechaine youtube sur les mondes virtuels, je tiens à jour un carnet de voyage immersif. Je rencontre régulièrement d’autres acteurs de la e.pédagogie immersive, je participe à des projets immersifs avec la faculté de droit virtuelle de Lyon 3 Jean Moulin et je compte co-organiser un colloque totalement immersif l’année prochaine.

En complément de ces traces j’ai rédigé des textes de synthèse, pour l’académie de Lyon, pour le suivi de mon activité sous forme de synthèses annuelles.

Que fais je dans les mondes virtuels ?

J’organise des conférences virtuelles avec mes étudiants dans un monde virtuel qui se nommeAssemblive. Le choix de l’immersivité est motivé par une démarche réfléchie et construite. En quelques mots je peux dire que les constructions pédagogiques se répartissent en quatre pôles :

  • Le monde virtuel comme instrument de formation en ligne, un lieu immersif de reproduction du lieu de formation. Mes cours sont de ce type. Les besoins exprimés sont de l’ordre spatial et temporel, le monde virtuel permet de gérer les interactions humaines pour un groupe géographiquement éclaté. L’inconvénient de la dispersion des compétences peut être résolu via les réseaux.
  • Le monde virtuel comme instrument de simulation - Le monde virtuel est paramétré pour que les acteurs simulent des situations du réel "possibilité de recréer des situations exceptionnelles pour mettre en situation des gens face à des situations qu’ils rencontreront rarement" Laurent Gout (2011). Le monde ne se substitue pas à l’acquisition de routines dans la vraie vie mais il permet d’anticiper des situations atypiques sans conséquences effectives IRL. Le monde virtuel permet d’analyser des situations extra - ordinaires par un procédé de répétition et d’analyse par retour en arrière. Le monde dentallife s’inscrit dans cette dynamique de simulation ainsi que la salle d’urgence de l’impérial college of London.
  • Le monde virtuel comme lieu d’immersion dans un élément de savoir, comme processus spécifique. Les acteurs sont immergés dans une représentation du savoir (exemple des champs magnétiques) et interagissent avec l’environnement. Il semble qu’il soit possible, à ce stade, de croiser les travaux de ceux qui œuvrent dans les mondes virtuels et ceux qui développent des systèmes 3D.
  • Le monde virtuel comme instrument de co-construction des savoirs - Dans certains domaines il est possible d’utiliser le monde virtuel comme lieu de construction de concepts. ...

À partir de ces usages, quelle est ma vision de l’enseignement instrumenté par les réseaux et les outils numériques ? D’ailleurs est ce une vision ? J’ai plutôt le sentiment de poser des jalons réflexifs pour mieux interroger ma pratique dans un environnement bouleversé.

  1. Le monde éducatif est à un moment charnière, à un basculement, il me paraît difficilement envisageable de revenir en arrière ;
  2. L’instrumentation concerne la sphère de l’apprentissage (e.learning) et de l’enseignement (e.teaching) ;
  3. L’outil est prégnant mais il reste au service d’une réflexions où la pédagogie et la didactique sont motrices ;
  4. Il est vain de vouloir intégrer le numérique sans s’appuyer sur une scénarisation (peut être faut-il parler des scénarisations) ;
  5. Nous sommes à une époque où l’expérimentation se frotte rudement avec les tentatives de généralisation ;
  6. La généralisation passera par la formation massive des acteurs des dispositifs d’enseignement ;
  7. La notion de temps et d’espace est modifiée. L’établissement scolaire entre dans une période de redéfinition. L’établissement est-il le seul lieu pertinent d’apprentissage ? Comment penser l’architecture intérieure en liaison avec la prégnance du numérique ?
  8. Quel temps numérique pour les enseignants quand le temps masqué se frotte au temps institutionnel normé ?
  9. Comment les politiques s’y prendront-ils pour donner une réponse à la définition du temps numérique ? (corriger des copies et préparer des cours n’équivalent pas au temps de travail numérique)
  10. Le métier d’enseignant se transforme avec l’ouverture numérique sur l’extérieur. Faut-il interdire les outils numériques ? Faut-il au contraire les inscrire dans le temps d’acquisition des savoirs en définissant de nouvelles pratiques socio-éducatives ?
Vous l’aurez compris ce métier repose sur beaucoup d’interrogations et peu de certitudes. Les usages enseignants sont à observer avec attention mais il faut que le politique et l’économique prennent le relais à un moment donné pour lui donner sa force sociétale. ...

Uma semana bonita

http://www.educavox.fr/Ma-vision-de-l-enseignement






dimanche 16 octobre 2011

Faut-il encourager l’alternance dans l’enseignement supérieur ?

Nadine Morano, ministre de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, souhaite se battre "pour que 800 000 jeunes soient en contrat d’alternance d’ici 2015". Quels avantages pour l'étudiant et pour l'employeur ? Jean-Robert Pitte y répond dans son livre "Orientation pour tous". Extraits (2/2).

Il existe deux types d’alternants : les « alternants sous statut scolaire et universitaire », qui bénéficient d’une convention de stage pour effectuer des périodes en entreprise, et les « alternants sous statut salarié », bénéficiant d’un CDD ou d’un CDI d’une durée de six mois à trois années selon les cas. Dans ce second cadre, deux possibilités existent. La première est l’apprentissage, qui est une forme d’alternance au sein de l’entreprise, sous la responsabilité d’un maître d’apprentissage.

Il donne lieu à un contrat d’apprentissage : le jeune est salarié et rémunéré selon un pourcentage du Smic ou du minimum conventionnel. À l’issue de cette formation (de un à trois ans, selon le niveau préparé), s’il a passé avec succès ses examens, l’apprenti reçoit un diplôme. La deuxième possibilité est la professionnalisation, qui associe sous la responsabilité d’un tuteur formation pratique et théorique, dispensée dans un organisme de formation externe ou interne à l’entreprise. La rémunération s’exprime également selon un pourcentage du Smic ou du salaire minimum conventionnel.


L’enseignement supérieur s’engage de plus en plus dans les formations en alternance


Depuis la loi de 1987, l’ouverture de l’enseignement supérieur à l’apprentissage était le fait d’initiatives locales. En 2006, le gouvernement a incité au développement de cette voie de formation. L’apprentissage reste encore largement l’apanage des formations de niveau V et IV (niveau V est celui du CAP, BEP ou toutes autres qualifications de niveau équivalent, le niveau IV, dit technicien, correspond aux baccalauréats ou titres de niveau équivalent), mais il a tendance à se développer de plus en plus dans les formations post-bac. Les principaux diplômes de l’enseignement supérieur préparés par la voie de l’apprentissage dès 2006 concernaient surtout le BTS, le BTSA, le DUT et d’autres diplômes et certifications de niveau III, la licence (niveau II), la maîtrise et d’autres diplômes de niveau I (dont les diplômes d’écoles de commerce et de management, les diplômes d’ingénieurs, le master et tout autre diplôme de niveau I). Les apprentis représentent 15 % des effectifs de STS. Toutes les spécialités ne sont hélas pas encore accessibles par la voie de l’apprentissage. Les BTS les plus prisés sont les mêmes que pour la voie classique: BTS MUC (management des unités commerciales), NRC (négociation et relation client), maintenance industrielle. Les DUT sont moins préparés par apprentissage (5 % de l’effectif), sauf celui des techniques de commercialisation.

De plus en plus d’écoles de commerce s’ouvrent à l’apprentissage (l’Essec dès 1993). La formule adoptée le plus souvent est celle de la première année sous statut étudiant, puis les deux suivantes sous contrat d’apprentissage. Certaines écoles réservent un quota de places à l’apprentissage (Inseec, IECS Strasbourg devenue EM Strasbourg, etc.) – 130 diplômes d'ingénieur peuvent être préparés dans près de 80 établissements. La Commission du titre d’ingénieur (CTI), qui encadre le développement de l’apprentissage dans ces écoles, observe que les jeunes ingénieurs ainsi formés s’intègrent très facilement dans le monde économique. Il faut souligner que ce sont les écoles d’ingénieurs internes aux universités qui développent le plus la voie de l’apprentissage, ainsi que les licences professionnelles. Quant aux masters, le plus souvent, l’alternance est organisée en seconde année (M2). Parmi les universités les plus ouvertes à l’apprentissage, celle de Marne-la-Vallée offre plus de 60 diplômes professionnalisés préparés par cette voie. L’université d’Évry et celle de Metz s’y engagent résolument. Il est à souhaiter qu’elles fassent école.


Ce mode de formation offre un réel intérêt, tant pour les étudiants et l’entreprise, que pour l’université


L’apprentissage offre un accès aux savoirs par une pédagogie active, mais c’est aussi un parcours salarié qui permet de financer tout ou partie des études. Il ouvre ainsi des parcours inédits à des jeunes qui avaient peu de chances de s’insérer dans les cursus traditionnels de l’enseignement supérieur ; l’expérience professionnelle acquise plus tôt conforte la socialisation du jeune dans l’entreprise et permet une insertion professionnelle plus rapide. Pour nombre d’étudiants, il se présente également comme une deuxième chance, pendant que l’entreprise apprend à mieux connaître le monde universitaire et développe des coopérations fructueuses. Enfin, pour l’université, l’apprentissage est un moyen de diversifier ses ressources financières (taxe d’apprentissage), mais aussi de modifier et d’enrichir ses pratiques pédagogiques, de développer le travail en équipe, de multiplier les relations avec le tissu économique, y compris en contribuant aux transferts de technologies, et de bâtir de bons projets de recherche.

Certains freins, comme des difficultés d’ordre juridique, empêchent le développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur. En effet, il n’existe pas de code du travail – sauf exception – pour les formations supérieures. Par exemple, si les étudiants peuvent redoubler la première année d’une formation en deux ans, les apprentis ne peuvent redoubler que l’année terminale. Enfin, les formations par apprentissage dans le supérieur sont en général plus coûteuses que celles du niveau V ou IV. Des choix sont donc à effectuer, notamment par les Régions, dans les priorités d’affectation des budgets relatifs à l’apprentissage.


Jean-Robert Pitte, ancien président de l'université Paris-Sorbonne, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, est aujourd'hui délégué à l'Information et à l'Orientation auprès du Premier ministre. Il a coordonné ce livre, rédigé par toute l'équipe de la délégation.

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Extraits de Orientation pour tous : Bien se former et s'épanouir dans son métier, Bourin Editeur (6 octobre 2011)





Publié le 16 octobre 2011

http://www.atlantico.fr/decryptage/alternance-enseignement-superieur-jean-robert-pitte-apprentissage-formation-professionnelle-202930.html

samedi 15 octobre 2011

Station spatiale: un concours mondial pour collégiens et lycéens

(vidéo) YouTube et plusieurs agences spatiales, dont la Nasa et l’ESA, proposent aux 14-18 ans de soumettre une idée d’expérience dans la Station spatiale internationale. L’idée gagnante sera filmée en direct de l’espace.


Organisé par la Nasa, Space Adventures (tourisme spatial) et Lenovo, un concours propose aux élèves du monde entier de concevoir une expérience pour la Station spatiale internationale (ISS).

L’expérience conçue par le gagnant sera réalisée dans l’espace à bord de la station, et retransmise en direct à l’ensemble de la planète via YouTube.




Participent également au lancement du concours l’Agence spatiale européenne (ESA, qui l’annonce), l’Agence spatiale japonaise (Jaxa) et l’Agence spatiale canadienne (CSA).

Les collégiens et lycéens de 14 à 18 ans, à titre individuel ou en groupes de deux ou trois, peuvent concourir en soumettant à YouTube une vidéo décrivant leur expérience sur www.youtube.com/spacelab.

Stephen Hawking et Guy Laliberté dans le jury
Un panel de scientifiques, d’astronautes et de professeurs, parmi lesquels le cosmologiste Stephen Hawking, les astronautes Frank De Winne, Samantha Cristoforetti et Timothy Peake de l’ESA, Leland Melvin de la NASA, Akihiko Hoshide de la JAXA, Chris Hadfield de la CSA et Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil (et premier touriste spatial canadien), sera chargé de départager les propositions en tenant compte des avis des internautes sur YouTube.

Six finalistes régionaux se retrouveront aux États-Unis en mars 2012 pour participer à un vol en microgravité et recevoir d’autres prix.

Les finalistes européens gagneront une visite des installations d’entraînement du Centre des astronautes européens à Cologne en Allemagne.

Finalement, deux lauréats au niveau mondial seront désignés et leurs expériences seront envoyées sur orbite et réalisées à bord de l’ISS pendant l’été 2012, avec retransmission en direct sur YouTube depuis l’espace. Des astronautes qui réalisent votre expérience, à 400 km d’altitude? Il y a des moments où l’on regrette de ne plus avoir l’âge de concourir…


Par Thierry Noisette | 12 octobre 2011
 
http://www.smartplanet.fr/smart-technology/concours-mondial-collegiens-et-lyceens-proposez-votre-experience-aux-astronautes-de-la-station-spatiale-7523/

mardi 4 octobre 2011

Technologie et pédagogie dans les mondes virtuels

Je visite de nombreux mondes virtuels pour constituer mon matériel de recherche (1). Je suis en train de constituer une base de données de mondes qui me paraissent significatifs d’un point de vue pédagogique. Le secteur médical (2) est un terrain d’observation privilégié pour les mondes virtuels de simulation, les usages ont nombreux . Le virtuel est adapté à la connexion entre les savoirs disciplinaires théoriques et la pratique, dans le monde médical (on peut retrouver cette invariance dans les sciences juridiques)

Les concepteurs des mondes médicaux ont atteint un niveau technologique d’excellence. J’ai visité des salles d’opérations, des blocs chirurgicaux, des salles d’odontologie, des nurseries, des salles d’urgence, des salles de radiologie (3) ... Il est possible de simuler un grand nombre de situations professionnelles. Les acteurs (avatarisés) peuvent interagir avec d’autres acteurs (patient/médecin/assistant), avec des objets professionnels (cathéter, masque, lampe, table d’auscultation, moniteurs, fauteuils pro ...) dans un environnement reconstitué.


Design de simulation
En enlevant la chair disciplinaire de ces simulations, on voit s’esquisser le squelette d’un modèle technologique immersif de formation (à la fois très proche du serious game, il affirme en même temps sa singularité).

J’ai employé le terme technologique et pas encore le terme pédagogique en raison de constantes d’observations accumulées pendant mes séances immersives.

Il y a, dans les mondes observés, un déficit de lisibilité pédagogique. La qualité des animations tend à estomper ce manque, si l’on se contente d’une observation de surface. De façon générale, les concepteurs des mondes ont intégré l’idée qu’il faut aider à l’apprentissage par la manipulation. Pour mener à bien cet objectif ils ont conçu des HUD [Head Up Display ou affichage tête haute] (4), des objets qui rendent interactives les situations pédagogiques (5). Par contre le modèle pédagogique, sous tendu, n’est jamais (ou très rarement) justifié, il est occulté par la prégnance de la dimension technologique

J’émets l’hypothèse qu’il faut que les acteurs aient, à disposition, un espace de formation immersif intelligible à tous les niveaux. La marge de progression est à rechercher dans cette direction. Établir des articulations logiques entre les constructions technologiques et les enjeux pédagogiques semble nécessaire.

La posture d’observateur est inconfortable car l’immersion rend difficile la perception du lien existant (je suppose qu’il existe) entre les démarches construites IRL (in the real life) et les logiques immersives. Je me permets de citer, à titre d’illustration, Laurent Gout qui rédige une chronique de visite de la salle d’Urgence de l’Impérial College de Londres : " L’Imperial College of London, présent de longue date sur Second Life, dispose d’une zone pour des "ateliers virtuels" où les participants sont confrontés à un afflux massif de victimes graves dans un service d’urgences. C’est du moins ce que j’ai interprété de ce qu’il m’a été donné de voir, car vous l’imaginez bien, au milieu du mois d’Août les locaux étaient plutôt déserts" - Le billet cité. Laurent Gout met en évidence un paradoxe, un monde persistant avec un niveau d’information volatile.

On peut émettre quelques hypothèses sur cet asynchronisme entre l’ouverture de l’univers instrumental technologique et le bricolage des constructions liées à la formation / tutorat (6)

1.Les mondes virtuels sont encore dans la phase d’innovation pédagogique. Les constructions sont (assez souvent) le fait de créateurs polyvalents / geeks. L’ampleur du chantier (par essence chronophage) les pousse à travailler par priorité. Il semblerait donc souhaitable que la chaîne de formation s’organise en ayant comme fil conducteur une structure construite sur le principe de la division des tâches. Une sous représentation des pédagogues dans le dispositif est peut être une explication possible.
2.Les concepteurs ont choisi d’expliquer, aux apprenants, aux enseignants, aux tuteurs, les enjeux IRL ou par blog interposé (7), le monde virtuel étant confiné à sa simple fonction instrumentale.
3.Les concepteurs ne jugent pas utile de définir inworld les enjeux, parce qu’ils leurs semblent évidents, transparents. la construction technologique se suffisant par elle même.
4.Les mondes visités ne sont que des constructions technologiques, les modèles pédagogiques ne sont pas intégrés.
5.La communauté pédagogique dans les mondes virtuels n’est pas suffisamment organisée, les publications sont éparses et la mise en commun de modèles est quasi absente.


Technologie et pédagogie
Il ressort de ces observations, et quelque soit l’hypothèse évoquée ci-dessus, que les mondes virtuels sont encore trop orientés technologie et pas suffisamment sur les enjeux de formation, même si la direction est clairement affichée.

C’est probablement à ce titre que Jacques Rodet peut apporter sa pierre à l’édifice en proposant une trame pour un modèle de tutorat immersif qui associe en subtilité technologie et tutorat. (...)

par moiraud(son site) samedi 1er octobre 2011

http://www.educavox.fr/Technologie-et-pedagogie-dans-les

jeudi 22 septembre 2011


REVUE DE PRESSE

L'actu du 18 au 24 septembe 2011

C’est la nature même des livres qui est en train de changer

Contrairement à ce qu'on aurait pu passer, le Graal de la numérisation des livres ne repose pas sur le fait de rendre disponible tous les livres qui ont été édités par le passé




"Le passage par le numérique consiste avant tout à faire naître de nouvelles formes de livres. La numérisation ne consiste pas à redonner naissance à des formes anciennes, mais avant tout à faire naître et se multiplier des formes nouvelles - même si celles-ci ne sont pas forcément particulièrement innovantes.

Le numérique, en proposant une nouvelle place de marché et de nouvelles formes de distribution, plus accessibles à de nouveaux entrants et moins coûteuses que le livre traditionnel, propose de renouveler considérablement le marché du livre. Si le livre traditionnel ("homothétique" comme le décrivait le rapport Zelnik) est parfois encore hésitant à se rendre au numérique, ce n'est pas le cas de nouvelles formes, qui proviennent d'autres acteurs que les acteurs de l'édition traditionnelle".

Lire l'article d'Hubert Guillaud


Les devoirs, moment difficile pour 59% des familles populaires
Enquête Trajectoires/Afev sur les familles de quartiers populaires et l'école, diffusée mercredi pour la ''4ème journée du refus de l'échec scolaire''



Ils sont aussi 56% à déclarer se disputer avec leurs enfants à cause des notes, alors que l'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) a décidé de consacrer cette journée aux effets néfastes de la pression scolaire sur les élèves et leurs familles.

L'Afev regroupe plus de 7.000 étudiants apportant du soutien scolaire à autant d'enfants, de primaire et collège, de milieux populaires.

La même enquête souligne aussi les ''relations ambiguës'' de ces familles avec l'école, a commenté à l'AFP Christophe Paris, délégué général de l'Afev.
Ainsi, 81% des parents se disent satisfaits de l'école mais 52% mettraient leur enfant dans une école privée s'ils le pouvaient. Et 66% des familles disent ne pas aller à toutes les réunions parents-professeurs mais 51% souhaiteraient plus de relation avec les enseignants.

Pour ''changer l'école'', ces familles mettent en tête trois priorités: ''permettre aux enfants plus faibles de réussir'' (40,8%), ''qu'il y ait moins de tensions entre élèves'' (39,5%), ''savoir mieux aider mon enfant'' (37,1%). ''Ces trois réponses, à une question ouverte, sont vraiment intéressantes. C'est une belle base d'interpellation des politiques'', a estimé M. Paris.

Lire sur la nouvelle république.fr


La réforme des lycées injuste et élitiste ?
Point de vue d'Eric Barbazo, pré­sident de l'Association des pro­fes­seurs de mathé­ma­tiques de l'enseignement public (l'APMEP)



Depuis la réforme Chatel mise en place à la rentrée 2010, le lycée français n'offre plus le même horaire d'enseignement à tous les élèves. C'est ce que révèle l'enquête menée par l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP) auprès de quelques 230 lycées.

Cette situation est une conséquence directe d'une politique éducative de dérèglementation menée depuis 2007 et qui consiste à introduire une grande flexibilité dans la gestion locale des établissements publics. Ainsi, avec désormais un volume de plus de dix heures par semaine dont l'utilisation est laissée au libre arbitre du chef d'établissement, la formation proposée aux élèves dans toutes les séries générales ou technologiques devient différente d'un établissement à l'autre. Derrière un affichage de plus grande liberté locale avancée par le ministère, se dessine en définitive une toute autre réalité.

Article sur le monde.fr


Les inégalités en éducation
Dossier dans la revue Savoir/Agir



La revue Savoir/Agir fait sa rentrée avec un important dossier sur les inégalités dans l’éducation.

Au moment où la dégradation de la situation de l’École est devenue un fait social majeur, les auteurs reviennent, plus de quarante ans après leur publication, sur les apports fondateurs des ouvragedu s de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron dans les années 1960-70. Leurs thèses ont mis la question des inégalités sociales au cœur de la réflexion sur l’École.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Les choses ont-elles fondamentalement changé ? Comment voit-on en 2011 les origines et les facteurs qui déterminent le processus inégalitaire au sein même de l’École républicaine (pédagogie, structures, concurrences territoriales, etc.) ? Quelles sont les forces à l’oeuvre pour conserver ou au contraire transformer le système scolaire et son fonctionnement au regard de la production des inégalités ?

Dossier coordonné par Romuald Bodin et Louis Weber


Semaine européenne de la mobilité
Les nouvelles technologies au service de déplacements plus écologiques



Durant la "Semaine européenne de la mobilité", du 16 au 22 septembre, toute l’Union européenne se mobilise pour faire évoluer ses modes de déplacement.

L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre mais également de renouer avec un mode de vie écocitoyen plus convivial. De nombreux outils numériques permettent d’y contribuer. Marche à pied, vélo, covoiturage, transports publics...Toute la gamme des transports est mise à contribution pour sensibiliser le plus grand nombre aux bienfaits des modes de déplacements écologiques. À la manœuvre, les services publics, les collectivités, les associations, les réseaux de transports, les entreprises publiques et privées, rivalisent d’initiatives pour mettre en œuvre des actions de sensibilisation du 16 au 22 septembre.

De nombreux sites internet et applications téléchargeables sur mobile permettent par exemple de trouver un mode de transport adapté à ses besoins : location de vélo, covoiturage, autopartage, transports publics...

Où trouver de tels outils mobiles ? Buzzcar, Comuto, Covisoft, 123envoiture, Velodispo, Véli, My Airport… : le portail Proxima mobile propose un large choix d’applications et de services téléchargeables gratuitement sur téléphone mobile ou smartphone.

http://www.acteurs-ecoles.fr/page-d-accueil/l-actu-du-18-au-24-septembre/

samedi 10 septembre 2011

Comment les lycéens utilisent-ils Internet ?

 

logo de la WebTV de l'Académie de Versailles


Comment les lycéens utilisent-ils internet ? A cette question, la WebTV de l’Académie de Versailles (SCEREN-CRDP de Versailles) répond avec 5 vidéos qui permettent de comprendre les pratiques technologiques et logiques d’utilisation des outils par les adolescents.

Dans ces vidéos, la parole est donnée aux jeunes sous forme de témoignages. On peut ainsi découvrir (ou redécouvrir) quelles sont les tendances actuelles d’appropriation d’internet, de l’informatique et de la mobilité connectée chez les adolescents lycéens.

Ces reportages pédagogiques produits par l’Académie de Versailles montrent les « mono-pratiques » internet chez certains adolescents notamment l’attachement très fort au média et à la marque Facebook pour publier, communiquer avec ses pairs, rechercher sur Internet et afficher une identité virtuelle.

Les reportages vidéo publiés :

Que fais-tu sur internet ? 1/5
Durée : 1 mn 21 s
Communiquer, rechercher, partager via les réseaux sociaux… Les lycéens décrivent leurs usages quotidiens d’internet.
http://webtv.ac-versailles.fr/?id=741

Rechercher sur internet 2/5
Durée : 1 mn 50 s
Moteurs de recherche, informations, médias…Les lycéens expliquent leur démarche de recherche en ligne.
http://webtv.ac-versailles.fr/?id=740

Communiquer avec internet 3/5
Durée : 1 mn 30 s
Facebook, messagerie, partage… Comment les lycéens utilisent-ils internet pour communiquer ?
http://webtv.ac-versailles.fr/?id=739

Publier sur internet 4/5
Durée : 2 mn 24 s
Réseaux sociaux, conditions d’utilisation, droits…Les lycéens parlent de leurs publications sur internet.
http://webtv.ac-versailles.fr/?id=738

Identité numérique 5/5
Durée : 1 mn 50 s
Profil, veille, publications, intimité…Les lycéens s’interrogent sur leur identité numérique.
http://webtv.ac-versailles.fr/?id=737

Source et pour en savoir plus : cliquez ici
 
Reportages pédagogiques de l’Académie de Versailles

09.09.2011

http://educinfos.solidairesdumonde.org/