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samedi 28 septembre 2013

The Geography Of Inequality




Dylan Matthews parses the Palma ratio, a method of measuring income inequality:

[T]he most shocking number from that [Danish Institute of International Studies (DIIS) report] is the global Palma: the ratio of the top 10 percent’s share of world income to the bottom 40 percent’s share, taking every country into account. The ratio, DIIS estimates, is about 32. Those of us in the richest 10 percent globally make 32 times more than the bottom 40 percent.

Fisher mapped the Palma ratios of various countries:

I’ve illustrated the latest data on income inequality around the world, as measured by the Palma. The results are pretty revealing. Bluer countries have greater income equality, according to the metric, meaning that there’s less of a gap between the rich and the poor. Redder countries have more income inequality, meaning that there’s a wider gap. Purple countries are about in the middle — that includes the United States, which is the most unequal of any developed country measured.

SEP 28 2013 @ 8:25AM

http://dish.andrewsullivan.com/2013/09/28/the-geography-of-inequality/

mercredi 26 juin 2013

Inégalités: et si l’on envisageait autrement la mondialisation?

Depuis plusieurs décennies, elle fait reculer la pauvreté dans le monde tout en creusant les écarts de revenus dans les pays développés. Si l'on veut que le développement à venir de l'Afrique n'accentue pas cette tendance, il est temps de songer à lui faire prendre d'autres formes.

Pour ses thuriféraires, la mondialisation est une chance dont chacun peut bénéficier. Pour ses détracteurs, c’est une usine à produire des inégalités. Le problème, c’est que les deux affirmations sont vraies et fausses en même temps…

Pendant tout le dix-neuvième siècle et une bonne partie du vingtième, les choses étaient relativement simples: une partie du monde –en gros, l’Europe et les Etats-Unis–, se développait très vite et s’enrichissait. Certains dénonçaient bien le pillage du tiers-monde, de ses richesses minières, de ses productions agricoles, etc., mais cette forme-là de mondialisation de l’économie ne troublait pas grand monde dans nos contrées.

La montée en puissance du Japon et d’un certain nombre de «dragons asiatiques» a commencé à faire peur, au fur et à mesure de l’affaiblissement voire de la disparition d’un certain nombre de nos industries. Et l’entrée en lice de la Chine, en faisant basculer les rapports de forces, a définitivement inscrit dans le débat public le lien entre mondialisation et inégalités: d’un côté ceux qui profitent de la formation d’un marché mondial et s’enrichissent, de l’autre ses victimes, qui basculent dans la précarité ou la pauvreté.

L’extrême pauvreté recule

Pourtant, la situation est plus compliquée qu’il n’y paraît. Reprenons par exemple les objectifs du Millénaire pour le développement, dans le cadre de l’Organisation des Nations unies.

Premier objectif: réduire de moitié la proportion de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, définie comme le fait de disposer de moins de 1,25 dollar (0,95 dollar) par jour, entre 1990 et 2015. L’objectif aura été atteint avant la date prévue: le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté est passé de 2 milliards en 1990 à moins de 1,4 milliard en 2008, de 47% de la population mondiale à moins de 24%. Ce qui n’est finalement pas trop mal pour un système économique mondial accusé de tous les maux.

Le Programme des nations-unies pour le développement (Pnud) constate dans son rapport 2013 sur le développement humain une forte expansion de la classe moyenne dans la population mondiale, particulièrement dans la zone Asie-Pacifique, où elle passerait de 525 millions de personnes en 2009 à 1,740 milliard en 2020 et 3,228 milliards en 2030.

Précision: la classe moyenne est ici définie comme l‘ensemble très large des individus qui gagnent ou dépensent entre 10 et 100 dollars par jour, les calculs étant faits sur la base des parités de pouvoir d’achat en 2005 (on ne fait pas la même chose avec un dollar aux Etats-Unis ou en Inde).

Deux décennies qui changent tout

L’économiste François Bourguignon (auteur de La Mondialisation de l’inégalité au Seuil en 2012) le rappelait le 12 juin dernier lors du 30ème Rendez-vous de la mondialisation organisé par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective et le Cepii:

«De 1989 à 2010, en vingt ans, on a effacé au niveau mondial la hausse des inégalités du vingtième siècle.»

Cela se voit par exemple à l’évolution du coefficient de Gini (indicateur qui, à zéro, reflète une égalité parfaite; à 1 –ou 100 %–, une seule personne perçoit tous les revenus). Après avoir monté de façon constante pendant tout le siècle dernier, cet indicateur d’inégalité a commencé à reculer à partir de 1990, du fait de l’enrichissement rapide des grands pays émergents.

Mais cette heureuse évolution ne doit pas en cacher une autre, beaucoup moins favorable: les inégalités se creusent de nouveau au sein des pays développés, au point d’effacer tout ou partie des progrès enregistrés tout au long du siècle dernier. C’est particulièrement net quand on regarde le poids des 5% les plus riches dans le total des revenus.

Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, on est pratiquement revenu à la situation de 1920. Ce mouvement, très fort entre la fin des années 80 et le début des années 2000, est visible même dans des pays comme la Suède.

L’explication est simple: la part des revenus du travail baisse dans le PIB au détriment des revenus du capital. Comme le capital est plus concentré, cette tendance conduit inexorablement à une croissance des inégalités.

Une idée à creuser

Faut-il en conclure que la mondialisation est la cause de cette montée des inégalités au sein des pays développés? François Bourguignon constate la concomitance des phénomènes, il n’établit pas de lien de cause à effet entre les deux.

D’un point de vue scientifique, il a raison: il est toujours extrêmement difficile d’établir une relation de causalité entre deux phénomènes. Le fait qu’ils se produisent simultanément ne suffit pas. Néanmoins, l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale s’interroge: il se demande si «la Chine aurait pu se développer de façon plus introvertie».

Il n’apporte pas la réponse, mais le seul fait de poser la question est intéressant. A défaut de refaire l’histoire, on peut en tirer certains enseignements.

Le fait d’avoir transformé la Chine en atelier du monde, par la magie d’une alliance inimaginable quelques décennies plus tôt entre le parti communiste chinois et les grands groupes capitalistes américains, européens et asiatiques, a eu des effets économiques et sociaux que l’on n’a pas encore fini de mesurer. Et ce n’est pas terminé.

La production chinoise monte en gamme. Du fait de la réévaluation progressive du yuan et de la montée des salaires, elle ne sera bientôt plus compétitive pour les produits les plus courants, mais elle est déjà prête pour la phase ultérieure, celle des produits à plus forte valeur ajoutée. Par ailleurs, ce qui ne se fera plus en Chine pourra se faire dans d’autres pays d’Asie où la main-d’œuvre est encore bon marché.

Et déjà les industriels commencent à regarder vers l’Afrique, qui pourrait passer de 1 milliard d’habitants en 2010 à 2 milliards en 2050. Le prochain réservoir de main-d’œuvre est là. L’émergence de l’Afrique a de fortes chances d’être le grand événement économique de ce siècle.

Il n’y a pas de fatalité

Si l’on ne veut pas que le développement de ce continent ait les mêmes conséquences pour les pays développés que celui de la Chine, il serait bon de réfléchir à d’autres modèles de croissance. Car, on l’a bien compris, il ne s’agit pas de refuser la mondialisation. Il s’agit de réfléchir à lui faire prendre d’autres formes, dans lesquelles la hausse du niveau de vie dans les pays émergents ne se ferait pas au détriment de la majorité de la population des pays développés.

Cela remettrait en cause bien des schémas de pensée et bousculerait sans doute certains intérêts, mais si la mondialisation est encore vécue dans les prochaines années comme un facteur de paupérisation dans les pays développés, elle suscitera des mouvements de protestation beaucoup plus violents et politiquement incontrôlables que tous ceux que nous avons connus jusqu’ici.

Que mondialisation soit synonyme d’inégalités n’est pas une fatalité. Angela Merkel ne disait pas autre chose, le 19 juin dernier, en recevant Barack Obama à Berlin:

«Oui, nous voulons organiser la mondialisation, mais pas n’importe comment, sur le fondement de nos valeurs communes.»

A quoi le président des Etats-Unis a répondu qu’il ne fallait pas perdre de vue que l’objectif principal devait être «de rendre la vie de nos peuples meilleure». Chiche!

Gérard Horny

Publié le 26/06/2013

dimanche 9 octobre 2011

Inégalité forte dans les pays arabes en révolution

Taux de fécondité
Pour les 22 États de la Ligue arabe, le taux de fécondité est de 3,2 enfants par femme.
Pour l’Égypte, il était de 2,77 en 2010, contre 5,9 enfants par femme en 1970 et 4,6 en 1990.
Pour la Libye, il était de 2,6 en 2010, contre 7,6 en 1970, et 4,8 en 1990.
Pour la Tunisie, il était de 1,83 en 2010, contre 6,6 en 1970 et 3,6 en 1990.

Age moyen au mariage
Égypte : 23 ans pour les femmes.
Libye : 29,2 pour les femmes, 32 ans pour les hommes.
Tunisie : 26,6 pour les femmes, 30,3 pour les hommes.

Taux d’analphabétisme chez les personnes de plus de 15 ans
Égypte : 25,4 % pour les hommes, 42,2 % pour les femmes.
Libye : 5,1 % pour les hommes, 18,7 % pour les femmes.
Tunisie : 13,6 % pour les hommes, 30,4 % pour les femmes.
La Tunisie a réussi à réduire l’inégalité entre hommes et femmes en termes d’accès à l’éducation. La part des filles dans l’éducation secondaire a atteint 60 % en 2008.

Emploi, taux d’activité
Égypte : femmes 25 %, hommes 71 %.
Libye : femmes 27 %, hommes 77 %.
Tunisie : femmes 27 %, hommes 71 %.
Selon l’étude sur les défis de l’emploi au Maghreb (novembre 2010, fondation Carnegie) le taux d’activité est faible au Maghreb où il est souvent inférieur à 50 %, contre 64 % en moyenne mondiale. De plus on ne constate aucune convergence des taux de participation hommes femmes.

L’Indice d’inégalité de genre
L’Indicateur des inégalités de genre établi par l’ONU est une mesure composite qui reflète les inégalités des réalisations entre les femmes et les hommes dans trois dimensions : la santé reproductive, l’autonomisation et le marché du travail.
Il oscille sur la planète entre 17 % et 83 %. Plus le pourcentage est élevé p lus les inégalités sont grandes.
En Libye, l’indice est de 48 %.
En Égypte, il est de 69 %.
En Tunisie, il est de 48 %.

L’Indice de développement humain
Cet indice fait la synthèse des indicateurs d’espérance de vie, de niveau d’études et de revenu.
L’Égypte était en 2010 est au 101e rang mondial.
La Tunisie, au 81e rang.
La Libye, au 53e rang.

9/10/11 - 16 H 21

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Inegalite-forte-dans-les-pays-arabes-en-revolution-_NG_-2011-10-09-721078

jeudi 29 septembre 2011

L’innovation réduit les inégalités sociales

L'Europe peine à innover. Pourtant, les idées sont là ... Mais il manque quelque chose pour les faire passer dans les moeurs ... On n'y croit pas ... Il y a de l'argent en Europe, mais cet argent ne circule pas. "La santé coûte trop cher ... Alors, l'innovation, vous pensez ..." : telle est la rengaine entendue chez les soignants de l'hôpital public, plutôt désespérés. L'innovation en santé, un problème de riche, une affaire de luxe ?

Petite conversation avec des ingénieurs d'Apple Inc.... Face à ces propos défaitistes, ils sont dubitatifs ... "Vos toubibs se plantent", me disent-ils ... "L'innovation ne sert pas aux riches, mais aux classes moyennes", m'expliquent-ils. Point de vue iconoclaste, vous aurez du boulot pour convaincre les institutionnels de la santé en France, les gars. Ils pensent exactement l'inverse ... A ces institutionnels - médecins et gestionnaires de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris -, il faudrait ajouter les associations de patients ... Les ingénieurs d'Apple me donnent l'exemple suivant : "Prenez l'iPhone ... Croyez-vous qu'il soit utile à Mme Liliane Bettencourt, Mme L'Oréal, 3ème fortune française ? Elle pourrait s'en acheter des dizaines par jour ... Mais que ferait-elle du reste de son argent ? Elle a une armée de secrétaires pour lire ses mails, au mieux l'iPhone est un joujou pour elle ... Un iPhone c'est moins de 700 EUR ... Certes un investissement pour quelqu'un de la classe moyenne, mais un investissement rentable : avoir accès à l'Internet où que l'on se trouve, donc à l'information, pouvoir la partager, rester en contact permanent avec son réseau familial et professionnel, suivre sa santé, acheter moins cher ... A qui pensez-vous que l'iPhone soit le plus utile ? A Mme L'Oréal ou à un usager lambda de la classe moyenne ?"

Sont forts les gars d'Apple ... Pourtant, le refrain chanté par le soignant gaulois lambda face à l'innovation en santé (voir), c'est : "La santé telle que nous la connaissons, coûte cher, trop cher pour nos finances quoi qu'on fasse." On est loin de la vision du monde donnée par les ingénieurs d'Apple. Conséquence, à échelle européenne : faute d'innover, les inégalités sociales se creusent, la classe moyenne fond ... Certains s'enrichissent, mais beaucoup s'appauvrissent ... faute d'innovation ... Il est urgent de promouvoir l'innovation en Europe ... par des mesures politiques concrètes ...

jeudi 22 septembre 2011


REVUE DE PRESSE

L'actu du 18 au 24 septembe 2011

C’est la nature même des livres qui est en train de changer

Contrairement à ce qu'on aurait pu passer, le Graal de la numérisation des livres ne repose pas sur le fait de rendre disponible tous les livres qui ont été édités par le passé




"Le passage par le numérique consiste avant tout à faire naître de nouvelles formes de livres. La numérisation ne consiste pas à redonner naissance à des formes anciennes, mais avant tout à faire naître et se multiplier des formes nouvelles - même si celles-ci ne sont pas forcément particulièrement innovantes.

Le numérique, en proposant une nouvelle place de marché et de nouvelles formes de distribution, plus accessibles à de nouveaux entrants et moins coûteuses que le livre traditionnel, propose de renouveler considérablement le marché du livre. Si le livre traditionnel ("homothétique" comme le décrivait le rapport Zelnik) est parfois encore hésitant à se rendre au numérique, ce n'est pas le cas de nouvelles formes, qui proviennent d'autres acteurs que les acteurs de l'édition traditionnelle".

Lire l'article d'Hubert Guillaud


Les devoirs, moment difficile pour 59% des familles populaires
Enquête Trajectoires/Afev sur les familles de quartiers populaires et l'école, diffusée mercredi pour la ''4ème journée du refus de l'échec scolaire''



Ils sont aussi 56% à déclarer se disputer avec leurs enfants à cause des notes, alors que l'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) a décidé de consacrer cette journée aux effets néfastes de la pression scolaire sur les élèves et leurs familles.

L'Afev regroupe plus de 7.000 étudiants apportant du soutien scolaire à autant d'enfants, de primaire et collège, de milieux populaires.

La même enquête souligne aussi les ''relations ambiguës'' de ces familles avec l'école, a commenté à l'AFP Christophe Paris, délégué général de l'Afev.
Ainsi, 81% des parents se disent satisfaits de l'école mais 52% mettraient leur enfant dans une école privée s'ils le pouvaient. Et 66% des familles disent ne pas aller à toutes les réunions parents-professeurs mais 51% souhaiteraient plus de relation avec les enseignants.

Pour ''changer l'école'', ces familles mettent en tête trois priorités: ''permettre aux enfants plus faibles de réussir'' (40,8%), ''qu'il y ait moins de tensions entre élèves'' (39,5%), ''savoir mieux aider mon enfant'' (37,1%). ''Ces trois réponses, à une question ouverte, sont vraiment intéressantes. C'est une belle base d'interpellation des politiques'', a estimé M. Paris.

Lire sur la nouvelle république.fr


La réforme des lycées injuste et élitiste ?
Point de vue d'Eric Barbazo, pré­sident de l'Association des pro­fes­seurs de mathé­ma­tiques de l'enseignement public (l'APMEP)



Depuis la réforme Chatel mise en place à la rentrée 2010, le lycée français n'offre plus le même horaire d'enseignement à tous les élèves. C'est ce que révèle l'enquête menée par l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP) auprès de quelques 230 lycées.

Cette situation est une conséquence directe d'une politique éducative de dérèglementation menée depuis 2007 et qui consiste à introduire une grande flexibilité dans la gestion locale des établissements publics. Ainsi, avec désormais un volume de plus de dix heures par semaine dont l'utilisation est laissée au libre arbitre du chef d'établissement, la formation proposée aux élèves dans toutes les séries générales ou technologiques devient différente d'un établissement à l'autre. Derrière un affichage de plus grande liberté locale avancée par le ministère, se dessine en définitive une toute autre réalité.

Article sur le monde.fr


Les inégalités en éducation
Dossier dans la revue Savoir/Agir



La revue Savoir/Agir fait sa rentrée avec un important dossier sur les inégalités dans l’éducation.

Au moment où la dégradation de la situation de l’École est devenue un fait social majeur, les auteurs reviennent, plus de quarante ans après leur publication, sur les apports fondateurs des ouvragedu s de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron dans les années 1960-70. Leurs thèses ont mis la question des inégalités sociales au cœur de la réflexion sur l’École.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Les choses ont-elles fondamentalement changé ? Comment voit-on en 2011 les origines et les facteurs qui déterminent le processus inégalitaire au sein même de l’École républicaine (pédagogie, structures, concurrences territoriales, etc.) ? Quelles sont les forces à l’oeuvre pour conserver ou au contraire transformer le système scolaire et son fonctionnement au regard de la production des inégalités ?

Dossier coordonné par Romuald Bodin et Louis Weber


Semaine européenne de la mobilité
Les nouvelles technologies au service de déplacements plus écologiques



Durant la "Semaine européenne de la mobilité", du 16 au 22 septembre, toute l’Union européenne se mobilise pour faire évoluer ses modes de déplacement.

L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre mais également de renouer avec un mode de vie écocitoyen plus convivial. De nombreux outils numériques permettent d’y contribuer. Marche à pied, vélo, covoiturage, transports publics...Toute la gamme des transports est mise à contribution pour sensibiliser le plus grand nombre aux bienfaits des modes de déplacements écologiques. À la manœuvre, les services publics, les collectivités, les associations, les réseaux de transports, les entreprises publiques et privées, rivalisent d’initiatives pour mettre en œuvre des actions de sensibilisation du 16 au 22 septembre.

De nombreux sites internet et applications téléchargeables sur mobile permettent par exemple de trouver un mode de transport adapté à ses besoins : location de vélo, covoiturage, autopartage, transports publics...

Où trouver de tels outils mobiles ? Buzzcar, Comuto, Covisoft, 123envoiture, Velodispo, Véli, My Airport… : le portail Proxima mobile propose un large choix d’applications et de services téléchargeables gratuitement sur téléphone mobile ou smartphone.

http://www.acteurs-ecoles.fr/page-d-accueil/l-actu-du-18-au-24-septembre/

samedi 27 août 2011

Brandir le mérite scolaire pour ne pas lutter contre les inégalités

Des lycéens passent l'épreuve de philosophie du baccalauréat au Lycée Clémenceau de Nantes, le 16 juin 2011 (Stephane Mahe/Reuters).


Rentrée des classes. L'école républicaine, laïque, a sa grand-messe, et sa Sainte Trinité : élitisme républicain, mérite, égalité des chances. Ces principes ont connu un regain de vie significatif dans le discours public et politique depuis la campagne présidentielle de 2007.

Le souhait d'un retour à l'école de l'oncle Jules Ferry, hussards noirs et bon sens retrouvés, promettait davantage que le plaisir fugace d'un parfum suranné : l'efficacité sociale – et politique, pour ceux qui la prônaient.

Valorisant les efforts de chacun, promettant une juste rétribution en fonction des talents et des capacités individuelles, le mérite et l'égalité des chances semblaient frappés au coin du bon sens. L'un et l'autre posent problème, pourtant : erronés d'un point de vue sociologique, ils menacent dans la pratique la cohésion sociale.

Les sociologues Marie Duru-Bellat dans « Le mérite contre la justice », et François Dubet, dans « Les places et les chances », en ont interrogé les mécanismes, les présupposés et les effets problématiques.

Premier constat il est impossible, dans l'état actuel de nos connaissances sur le monde social, de mesurer le mérite. Marie Duru-Bellat souligne combien les inégalités s'accumulent tôt face aux apprentissages scolaires : les élèves, placés de fait en situation de concurrence, sont inégaux dès le début des parcours scolaires.

A l'âge de cinq ans, soit avant même l'entrée à l'école élémentaire et l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, les inégalités de développement cognitif et langagier s'expliqueraient à hauteur de 70% par des facteurs dépendant du milieu familial : style éducatif adopté par les parents, valeurs invoquées et transmises implicitement ou explicitement, représentations de l'école, valorisée, rejetée ou peu investie, selon les familles.

Originalité et aisance verbale ne sont pas égales
Difficile, dans ces conditions, de déceler le mérite des uns par rapport aux autres, quand des éléments extérieurs indépendants des talents propres et de la volonté des élèves entrent si tôt en jeu.

Ce rôle précoce et massif d'éléments extérieurs remet par ailleurs en cause « l'égalité des chances » : celle-ci apparaît illusoire, si des inégalités puissantes sont à l'œuvre dès l'école maternelle, voire même avant, au regard de la diversité des expériences intra-utérines et postnatales d'un individu à l'autre.

La réussite à l'école implique des qualités et l'adéquation à des normes informelles, telles que l'originalité et l'aisance verbale.

Parce qu'elles ne font pas l'objet d'un apprentissage explicite, et parce qu'elles sont bien plus présentes chez les élèves issus des milieux favorisés, de par l'analogie des manières d'être et de faire familiales et des attentes scolaires implicites, ces qualités se révèlent discriminantes, sources d'inégalités là encore très précoces.

Autre élément à charge : « l'étroitesse des types de qualités et de savoir-faire que l'école peut repérer dans son fonctionnement courant », selon Marie Duru-Bellat. Autrement dit : comment parler de « mérite » des uns par rapport aux autres, appréciation globale sur la personne, lorsque les critères sont à la fois si peu nombreux et si strictement liés aux apprentissages scolaires ?

Les responsables politiques se saisissent de ces exemples « probants »
Aux yeux des défenseurs du mérite et de l'égalité des chances, la volonté individuelle semble constituer un critère imparable : celui qui mérite, c'est d'abord celui qui a voulu, parfois contre vents et marées. C'est donc cette volonté et cet effort que l'on récompense.

Pour preuve : les nombreux cas d'individus issus de milieux défavorisés ayant réussi socialement, et dans le cadre scolaire, les parcours spectaculaires d'élèves obtenant des résultats remarquables au regard d'origines sociales modestes.

Les responsables politiques se saisissent de ces exemples : regardez ce mérite probant et concret, on peut tout avec la volonté de s'en sortir ! Au sujet de ces réussites dites paradoxales, un examen détaillé des trajectoires de vie est éclairant. Dans son ouvrage 1 sur 500. La réussite scolaire en milieu populaire, J.-P. Laurens montre que, derrière des traits en apparence communs – catégorie socio-professionnelle des parents, lieu de résidence – ces réussites s'inscrivent dans un contexte familial différent de la majorité d'autres foyers défavorisés.

Le plus souvent, le milieu familial est certes modeste, mais fortement mobilisé sur la réussite scolaire, disposé de ce fait à consentir de nombreux efforts afin de favoriser autant que possible la réussite de l'enfant projetée sur le long terme : encadrement serré du travail scolaire par un ou plusieurs membres de la famille, maximisation des ressources culturelles disponibles, sociabilités juvéniles surveillées et choisies.

« Je veux continuer mais je sais que je ne vais pas y arriver »
A ce titre, ces réussites, si elles doivent être à coup sûr soutenues et encouragées – on pense, par exemple, aux internats d'excellence récemment mis en place –, ne sont en rien comparables aux parcours d'autres élèves pourtant eux aussi issus de milieux défavorisés.

Le lien entre mérite et volonté individuelle apparait lui-même sujet à caution. Le fait même de vouloir, de consentir des efforts réguliers en vue d'un but donné qui échappe à la satisfaction à court terme, constitue déjà en lui-même un prérequis dépendant d'autres facteurs que la volonté elle-même : besoin de reconnaissance de la part des figures parentales et familiales, ou bien au contraire désir de se démarquer par rapport à des attentes données.

Ainsi, la volonté, parce qu'elle n'est pas donnée mais acquise, et à ce titre liée à l'histoire intime et contingente de chacun, apparaît déjà comme discriminante dans les parcours scolaires et sociaux. Les élèves qui réussissent à l'école, qu'ils soient issus de milieux sociaux favorisés ou défavorisés, doivent en très grande partie leur réussite à des facteurs à la fois précoces et dont la présence favorable échappe massivement à leur contrôle interne.

Un élève décrocheur, survêtement Tacchini de rigueur, cumulant les difficultés depuis son plus jeune âge, me disait sans larmoiement mais lucidement :

« Je veux continuer mais je sais que je ne vais pas y arriver. »

Inégalités acceptables puisque chances du départ égales
Prétendant offrir à chacun la possibilité d'accéder aux positions les plus élevées pour peu qu'il se donne, au sein d'une juste concurrence, les moyens de ses ambitions, l'égalité des chances doit garantir l'adhésion de chacun aux principes communs à tous.

Les inégalités à l'arrivée sont « acceptables », pour reprendre le terme de François Dubet, puisque les conditions de départ semblent égales. Pourtant, la mise en œuvre de ces valeurs, au lieu de fédérer les individus, les éloigne et les sépare. Laissons la parole à François Dubet, lequel a brillamment résumé ce dramatique paradoxe :

« Plus on croit […] dans ce modèle de justice, plus les inégalités scolaires se creusent : les vainqueurs potentiels ont intérêt à accentuer [ces inégalités] par le choix judicieux des établissements, filières et soutiens scolaires les plus efficaces. […] L'emprise scolaire accroît les avantages financiers et sociaux des plus diplômés.

Au bout du compte, le système scolaire reproduit les inégalités sociales, à l'opposé du principe sur lequel il repose. Alors que l'égalité des chances est exhibée comme un facteur de cohésion et d'unité, on peut craindre, au contraire, qu'elle n'accentue la concurrence scolaire et ouvre la guerre de tous contre tous. »

Enfin conclut Dubet :

« Les mieux placés, malgré les appels pressants à l'égalité des chances, s'arrangent pour se protéger de la concurrence des outsiders. Ils accumulent les patrimoines, multiplient leurs réseaux et leur capital social, scolarisent leurs enfants à l'étranger.

En bref, ils se comportent comme une classe héréditaire, une aristocratie. […] C'est sans doute pour cette raison que les classes dirigeantes aiment tant l'égalité des chances : elles savent qu'elles pourront toujours s'arranger avec les principes qu'elles énoncent. »

Moins couteux que de soutenir ceux « qui ne veulent pas »
L'idéologie du mérite a ceci de commode qu'elle encourage les rares élus du sort, ce qui est à coup sûr moins complexe et moins coûteux que de soutenir ceux qui « ne veulent pas ». Inversement, contester l'idéologie du mérite et de la volonté toute-puissante ne revient pas forcément à enlever toute responsabilité aux individus.

Ni à cesser de donner aux élèves issus de milieux modestes, bien partis ou en difficulté, les moyens de réussir. Comme toujours, une question de moyens donc, financiers et humains, mais aussi de valeurs communes à réinventer.

Photo : des lycéens passent l'épreuve de philosophie du baccalauréat au Lycée Clémenceau de Nantes, le 16 juin 2011 (Stephane Mahe/Reuters).