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lundi 30 septembre 2013

Enseignement Supérieur et formation continue

Grandes écoles et universités sont ouvertes à tous les salariés qui souhaitent évoluer.

Il n’est jamais trop tard pour intégrer une grande école ou suivre une filière universitaire. L’enseignement supérieur s’est ouvert depuis longtemps aux salariés pour leur offrir des parcours adaptés, avec la possibilité de décrocher des diplômes ou des certifications reconnus.


Un phénomène qui impose souvent aux candidats une participation personnelle. « Les formations du supérieur coûtent cher. Il faut donc investir du temps pour monter ses dossiers de financement et il arrive fréquemment qu’il faille mettre de l’argent de sa poche. Cela met également le salarié face à ses responsabilités et démontre sa motivation », indique Catherine Viala Marlier, directrice du programme MBA à l’ESC Montpellier. À l’école Centrale Paris, « les prix pratiqués sont vus comme un investissement, créateur de performance pour l’individu et créateur de valeur pour l’entreprise », explique Florence Durand, directrice de Centrale Paris Executive Education.

Même les universités, longtemps concentrées sur le monde étudiant, se sont ouvertes aux entreprises ou aux personnes en activité voire demandeurs d’emplois. «Tous les salariés qui souhaitent se former doivent se rendre dans l’université voisine. Elles disposent forcément d’un environnement pédagogique de bon niveau », insiste François Germinet, le président deCergy-Pontoise. « Il faut prendre conscience du fait que nos établissements sont d’ores et déjà partenaires des entreprises dans la mise à niveau ou dans l’évolution des compétences de leurs collaborateurs ainsi que dans l’innovation avec la création de nouveaux parcours pour les emplois de demain. » Avantage non négligeable : les champs disciplinaires sont couverts et les prix pratiqués sont généralement dans la fourchette basse du marché.

Grande école
Les grandes écoles se sont quant à elles lancées très tôt sur le marché professionnel. Force est de constater que cela fonctionne bien et un salarié qui n’a pas eu la chance de suivre une filière prestigieuse peut rattraper le retard en intégrant de très belles marques. « Notre force, c’est d’avoir des programmes de recherche avec des professeurs de renommée internationale et des échanges partout dans le monde. Tous ces éléments font la différence », résume Jean Claude Taggère, de SKEMA Business School. Et même si le diplôme vise des objectifs très différents, le label “grande école” attire encore de nombreux candidats.

ReconnaissanceDans les institutions prestigieuses, de commerce ou d’ingénieurs, la sélection s’opère bien plus sur l’expérience que les savoirs fondamentaux. « Les objectifs de la formation continue sont très différents de ceux de la formation initiale. Les parcours proposés et la finalité du programme ne visent pas vraiment les mêmes buts. En conséquence, les diplômes ne sont pas rigoureusement identiques », commente Christian Henry, directeur du développement de l’ESC Troyes.
Indéniablement, le besoin de reconnaissance est un levier important pour de nombreux candidats. « Un diplôme type MBA est clairement une manière d’être reconnues pour des personnes ayant débuté en bas de l’échelle », rappelle Alain Kruger de l’ESG. « En France, le fait de ne pas être diplômé peut être un phénomène bloquant, notamment pour des postes élevés alors même qu’on a fait la démonstration de son talent. »

Plus souple, la formation continue au sein des grandes écoles permet de bénéficier d’une palette assez large de diplômes. Du mastère spécialisé au MBA en passant par des sessions courtes, les candidats peuvent véritablement trouver le parcours qui leur convient. « En plus des connaissances, nos programmes favorisent les échanges de bonnes pratiques et de retours d’expériences entre les participants. C’est aussi ce que viennent chercher les professionnels », ajoute Florence Durand. Tisser son propre réseau relationnel fait incontestablement partie des avantages de ces filières en grandes écoles.

Une dimension essentielle dans les secteurs émergents comme le numérique qui recrute de manière importante. « La formation continue est indiscutablement un moyen pour changer d’orientation et s’engager dans une discipline très porteuse », explique Rémy Galland, PDG de l’Ecole Multimédia à Paris, qui forme quelques centaines de stagiaire chaque année. « Nous sommes quand même dans un secteur qui a pour avantage de garantir un emploi ! ».

VAE
La validation des acquis de l’expérience (VAE) est également une dimension mise en avant par de nombreuses institutions. Une chance de rattraper le temps perdu et d’obtenir une reconnaissance de son parcours. Le principe est simple : en faisant reconnaître ses compétences acquises, un établissement peut attribuer un diplôme selon une procédure normalisée. « Cette procédure est très intéressante pour celles et ceux qui veulent changer d’entreprise ou évoluer. Disposer d’un diplôme reconnu sur leur CV les aide indéniablement », souligne Eric Lalitte, directeur d’IN’TECH INFO (groupe ESIEA). Payant, ce dispositif confronte les compétences acquises et celles nécessaires à l’obtention du diplôme. Un jury est chargé d’attribuer le fameux Sésame. G.A.

TEMOIN
« Les financeurs privilégient les stages courts »
Alain GONZALEZ, UPMC

Dans quels domaines votre université s’implique-t-elle ?

L’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) comme l’ensemble des universités ouvre son offre de formation diplômante au public “adulte”. Nous avons également une importante activité de stages courts qualifiants à destination d’entreprises, tant en intra qu’en inter. Nos formations et nos stages couvrent de nombreux domaines : santé, médecine, bio, chimie, informatique, électronique, mécanique ….

Les salariés sont-ils “bien” accueillis à l’université ?
Nous nous attachons en permanence à renforcer l’accueil des publics concernés par nos actions. L’accompagnement à la reprise d’étude est une activité pleine et entière dont la finalité est la réussite de nos stagiaires.
Les stages courts sont appréciés car ils offrent des moments d’échange avec la communauté scientifique de l’université.

La VAE : est-ce une piste à creuser ?
À l’UPMC la VAE est une réalité même si nous pensons qu’il faut encore accroître son développement. Il faut sûrement mieux associer la VAE à la gestion des compétences qui se met en place dans les entreprises. À nous de trouver les moyens d’en faciliter l’accès.

Le financement est-il encore aisé pour les salariés ?
Concernant la VAE, le financement pose moins de problèmes. La Région Île-de-France, le Fongecif ou Pôle emploi accompagnent financièrement les candidats. En revanche, s’agissant de formation professionnelle continue, les financeurs privilégient les stages courts qui touchent peu les universités. Les formations longues, y compris de haut niveau, sont jugées à tort comme peu professionnalisantes et trop éloignées du retour à l’emploi.


Dossier réalisé par G.A

mardi 23 juillet 2013

Les MOOC, outil de formation continue et canal de recrutement pour l’entreprise




Initialement développés à des fins éducatives, les MOOC se révèlent également un outil précieux pour le monde de l’entreprise.

Les MOOC ("Massive Open Online Courses" ou Cours de masse ouverts en ligne) se sont énormément développés au cours des dernières années, grâce aux tentatives de start-up comme Coursera et Udacity de démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur. Grâce à lareconnaissance par les universités américaines du potentiel des cours en ligne comme solution aux problèmes de l'enseignement public, les MOOC se sont développés en tant que compléments légitimes de l'enseignement supérieur. En d'autres mots, le développement rapide de cette tendance a pu démontrer la valeur des MOOC, non seulement pour les étudiants, mais aussi pour les entreprises et leurs employés, qui ont également saisi ces opportunités de formation à distance. Grâce à leur grande accessibilité, les MOOC visent désormais les entreprises, et se présentent comme un atout sur le plan du recrutement et de la formation continue.

Plates-formes de formation continue adaptées aux besoins des entreprises…

Les MOOC s'adressent en effet directement aux entreprises, proposant leurs plates-formes de formation sur mesure (Udemy for Organisations). Ils leur permettent de gérer des cours de formation continue proposant des contenus spécifiques à l'entreprise et de contrôler les progrès des employés, tout en conservant la structure de base d'une start-up. Les firmes faisant régulièrement appel à des programmes internes de formation continue ne devraient pas hésiter à encourager leurs employés à utiliser les MOOC comme moyen d'acquérir et de garder à jour des compétences professionnelles. Grâce à leur flexibilité, ces programmes de formation en ligne - qui peuvent être adaptés aux besoins des employeurs et des employés - représentent pour les entreprises un moyen extrêmement efficace d'évoluer rapidement et de rester concurrentielles. Pour les employés, les MOOC sont déjà utilisés en tant que moyen abordable et efficace de poursuivre des études tout en travaillant, et d'aiguiser leurs compétences professionnelles et leurs ambitions.

et programmes de recrutement permettant de détecter les talents

En plus de leurs cours, certaines start-up de MOOC telles que Udacity ou General Assembly, ont mis sur pied des programmes de recrutement, facilitant le processus d'embauche, tant pour les étudiants que les entreprises. Ces programmes identifient les besoins des entreprises en termes de compétences, et leur fournissent une connexion rapide et facile avec les étudiants à la recherche d'un emploi, et qui ont acquis certaines compétences via les cours en ligne. D'autres start-up s'occupent de la promotion de leurs étudiants et permettent aux entreprises de détecter de nouveaux talents. Par exemple, MakeGamesWithUs enseigne aux étudiants comment créer des applications de jeu et les publient pour qu'ils "brillent dans les magasins d'apps" et soient remarqués par les recruteurs. De leur côté, les entreprises souhaitant se connecter avec les nouveaux talents "en ligne" peuvent développer leurs propres stratégies de recrutement comprenant entre autres des programmes d'embauche proposés par des start-up spécialisées en MOOC.

Par L'Atelier - San Francisco 23 juillet 2013

jeudi 17 mai 2012

Oui à la formation continue !


par Patrick Figeac jeudi 17 mai 2012 -

Nous devrions pouvoir apprendre à tout âge de la vie mais, malgré la loi, la formation continue peine à trouver sa place dans la vie des citoyens quand ils ont quitté la salle de classe.

 
http://www.educavox.fr/editorial/article/oui-a-la-formation-continue

vendredi 26 août 2011

Apprendre tout au long de la vie

La nécessité d’apprendre tout au long de la vie est une idée maintenant admise par tous. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Il s’agit, en fait, de regarder l’éducation comme un continuum qui se développe de la petite enfance jusqu’à la fin de vie. Elle englobe toutes les opportu­nités d’apprentissage : éducation familiale, éducation formelle de la maternelle à l’université, l’éducation non formelle et informelle, la formation profes­sionnelle, l’éducation populaire, l’auto-formation, la formation par le travail, la formation par l’action dans la société civile, les universités du temps libre. Selon la communauté européenne, elle se définit comme « les activités d’apprentissage, entreprises à tous moments de la vie, dans le but d’améliorer les connaissances, les qualifications et les compé­tences, dans une perspective personnelle, civique, sociale et/ou liée à l’emploi ». Mais, bien qu’elle fasse l’objet d’une unanimité, l’idée d’apprendre tout au long de la vie reste confuse et incomprise. Elle est parfois perçue comme un retour à l’école et peut rappeler une situation d’échec. Dans le cadre d’une rupture professionnelle, elle s’apparente à une« bouée de sauvetage » ou à un « Sos Formation ». L’éducation tout au long de la vie est assimilée, à tort, à la formation continue des adultes, voire à une seconde chance ou un rattrapage. Un effort de clarification s’impose.

Un long processus depuis Confucius : L’idée d’ap­prendre tout au long de la vie est aussi ancienne que la civilisation. Confucius, philosophe chinois (-551-479 av JC) avait déjà recommandé : « Revoyez sans arrêt ce que vous savez déjà. Etudiez sans cesse du nouveau. Alors vous deviendrez un maître ». Jusqu’au XIXème, des philosophes, chercheurs, religieux, acteurs économiques et sociaux, élus ont plaidé pour une éducation permanente. Ce fut le cas, entre autres de Luther, Rabelais, Comenius, Grundtvig et Condorcet. A noter qu’au VIIème siècle, une hadîth prophétique, commentaire du Coran, préconisait : « Rechercher le savoir du berceau à la tombe ». C’est au cours de la société industrielle qu’est apparue la nécessité de développer une formation continue. C’est aussi en 1809 qu’un dénommé H. Chard (Usa) invente une machine à enseigner la lecture, appelée Mode of Teaching Reading qu’il fait breveter. C’est le premier brevet connu pour une machine à enseigner.

L’après-guerre est marquée par l’introduction d’un droit humain dans la Déclaration universelle des Droits de l’homme en 1948 (article 26) : « Toute personne a droit à l’éducation ». En 1964, dans sa théorie du Capital humain, Gary Becker, économiste américain, considère que « du point de vue de l’individu, l’éducation est un investissement. Cette théorie va exercer une influence auprès des acteurs économiques et politiques car elle démontre qu’il existe un lien entre niveau de formation et produc­tivité. En 1967, La Conférence internationale sur la « Crise mondiale de l’Éducation », qui s’est tenue à Williamsburg (Virginie, États-Unis) a fait preuve d’une étonnante lucidité. A partir des années 90, l’éducation tout au long de la vie est devenue un thème présent dans les discours, surtout depuis le rapport de Jacques Delors : « L’éducation : un trésor est caché dedans » ( 1996 – Unesco), dans lequel l’auteur affirmait : « L’éducation tout au long de la vie est la clé d’entrée dans le XXIème siècle ».

Enfin, les années 2000 consacrent le « lifelong learning » comme élément constitutif de la société de la connaissance.

Les systèmes traditionnels d’éducation et de forma­tion sont fortement influencés par douze tendances lourdes, dont la convergence forme la révolution éducative :

1 – Le développement massif des nouvelles tech­nologies ;

2 – La mondialisation ;

3- L’entrée dans la société de la connaissance ; 4 – L’obsolescence rapide des savoirs et des tech­niques ;

5 – La multiplication des lieux de savoir ;

6 – Le développement des apprentissages informels et non formels ;

7 – L’émergence d’un marché mondial de l’éducation ;

8 – L’externalisation vers une multitude d’acteurs ; 9 – La territorialisation ;

10- La mobilité des emplois et des salariés ;

11- L’allongement de l’espérance de vie ;

12- La reconnaissance des acquis de l’expérience.

Sous l’effet de la mondialisation et de l’explosion d’Internet, naît un « Réseau mondial d’apprentis­sages tout au long de la vie » qui permet à une grande partie des citoyens de la planète d’accéder à des bases de données en tous lieux et à tous moments. Par ailleurs, la connexion de l’ensemble des écoles locales, des écoles secondaires, des universités et des centres de recherche crée un « Espace mondialisé d’intelligence collaborative ». Des dispositifs transfrontaliers d’éducation et de formation se mettent progressivement en place et s’adressent à la plupart des citoyens de la planète, en tous lieux et indifféremment, quel que soient leur niveau, leur profession, leur lieu de vie ou leur âge. Ils sont dirigés par des établissements scolaires et universitaires, auxquels s’ajoutent des nouveaux acteurs prove­nant des télécommunications, de l’informatique et de la communication, voire de la société civile et de groupes religieux. Les apprentissages tout au long de la vie ne s’adressent plus seulement aux élèves et étudiants, dont le nombre est évalué au plan mondial à 1,4 milliard mais s’intéressent aux 6,8 milliards d’habitants de la planète, tous apprenants, dont 770 millions d’analphabètes. La même logique s’applique au niveau local et territorial ce qui explique l’émergence de « villes apprenantes » et de « régions apprenantes » où l’approche éducative concerne toute la population. A côté ou en parallèle de l’édu­cation nationale traditionnelle naît une éducation à la fois locale et globale et en partie numérisée. Ce qui conduit à s’interroger sur le phénomène de « gloca­lisation » (contraction des mots global et local) initié par sociologue Britannique Roland Robertson dans les années 1990. Pour sa part Koïchiro Matsuura, ex-directeur général de l’Unesco affirmait en clôture du 1er forum mondial de l’éducation et de la formation tout au long de la vie (Unesco-29.10.2008) :

« Il nous faut accomplir une révolution copernicienne : ce n’est plus le savoir qui tourne autour de la société, mais la société qui tourne autour du savoir ».

Toute révolution instaure de manière irréversible un ordre nouveau. Aussi, la question se pose de savoir quelle forme prendra ce nouvel ordre éducatif. Nous n’en connaissons pas encore l’architecture exacte, mais nous pouvons déjà entrevoir quelques élé­ments de cette nouvelle configuration : Le « village planète » aura son école du village. Ce sera le « Réseau mondial des apprentissages tout au long de la vie », dont Internet sera une des salles de classe. Les nouveaux systèmes d’apprentissages seront hybrides et seront constitués de séquences en présence d’un professeur, de moments de « e-learning », de tutorat électronique, d’évaluation en ligne. L’autoformation prendra une place importance dans cet ensemble. Les apprenants seront les futurs dix milliards d’habitants de la « Planète apprenante ». La plupart seront connectés par leur environnement numérique à domicile ou dans des locaux collectifs. Les bibliothèques numériques sont déjà ouvertes 24h sur 24h. Les cours des professeurs seront disponibles en téléchargement. Comme l’a affirmé Bill Gates, Pdg de Microsoft : « Dans cinq ans, le Net sera la nouvelle méthode d’apprentissage. Vous serez en mesure de trouver le meilleur des confé­rences mondiales gratuitement sur Internet. Ce sera mieux que dans n’importe quelle université ».

Ainsi, la nouvelle architecture des apprentissages tout au long de la vie reconfigure les systèmes traditionnels d’éducation initiale et de formation continue des adultes. Elle est locale et transnationale et se construit en dehors de toute régulation. Elle est porteuse de valeurs très éloignées de celles de l’école républicaine française, gratuite, laïque et obligatoire. Aussi, le défi à relever est de ne pas subir la révolution éducative en cours mais d’en être les acteurs. C’est un immense chantier pour les prochaines décennies. D’autant que la « planète apprenante » compte encore 70 millions d’enfants non scolarisés.


Yves Attou,Président du Comité mondial pour l’éducation et la formation tout au long de la vie – yves.attou@yahoo.fr – www.wcfel.org


Cette entrée a été posté par admin le 22 juillet 2011 à 13 h 18 min


http://blog.educatec-educatice.com/paroles-dexperts/point-de-vue-apprendre-tout-au-long-de-la-vie/