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dimanche 29 septembre 2013

Communautés d'apprentissage, e-learning et MOOCs


Sur son blog Pédagogie universitaire - Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur, Amaury Daele propose un billet consacré aux communautés de pratique et d'apprentissage, qui contient principalement un diaporama intitulé "Développer des communautés d'apprentissage pour soutenir le e-learning".

Ce diaporama est une ressource de formation; on y trouvera donc des adresses directes aux étudiants de M. Daele, qui ne nous intéressent pas nécessairement ici. Précisions toutefois que ces étudiants sont en réalité des enseignants et des formateurs qui se trouvent donc à la fois dans la posture de l'enseignant et dans celle de l'apprenant.

Mais le diaporama comprend également de nombreux éléments utiles à tous ceux qui souhaitent mettre en place ou faciliter la mise en place de communautés de pratique ou d'apprentissage en soutien à un cours distribué à distance ou même enblended learning.

Communauté de pratique ou d'apprentissage ?

Avant d'aller plus loin, réglons une fois pour toute la question de la différence entre communauté d'apprentissage et communauté de pratique. Daele glisse constamment d'un terme à l'autre, alors qu'il en donne dans les premières diapos une définition claire. Pour faire simple, disons que la communauté d'apprentissage naît de la volonté de l'enseignant pour ses élèves ou étudiants (force externe), alors que la communauté de pratique naît de la seule volonté des participants (force interne). Mais à l'heure des cours massifs, ouverts et en ligne, cette distinction ne tient plus. Tout simplement parce que l'apprentissage devient la pratique commune aux participants, qui n'ont besoin de personne pour leur dire ce qu'ils doivent faire, comment ils doivent s'organiser, etc. Dans ce scénario, la communauté de pratique est donc bien une communauté d'apprentissage !

Les conditions facilitant l'émergence de communautés d'apprentissage

Il apparaît au travers du diaporama de Daele qu'une communauté d'apprentissage a quelques chances de vivre et de se développer si :

- Des activités d'apprentissage collaboratif sont organisées. Autrement dit, on ne vient pas rencontrer ses pairs (en présence iu à distance) seulement pour passer un moment agréable et discuter à bâtons rompus. Ceci marchera une ou deux fois mais l'assemblée risque de se clairsemer (ou de s'atomiser en bibnômes ou trinomes) rapidement. C'est le Faire ensemble qui créera du lien et donnera du sens à la communauté.

- La communauté vit sa propre vie, une façon d'être ne lui est pas imposée. La vie d'une communauté passe par différentes phases (potentiel, fusion, maturation, etc.) qui se déploient dans le temps, pendant lesquelles l'énergie consacrée et la visibilité de l'entreprise subissent de fortes fluctuations. C'est normal, il serait vain de vouloir à toute force maintenir une communauté dans une phase alors que ce temps-là est passé.

- La communauté se nourrit des interactions sociales entre ses membres. Ces interactions ne naissent pas de rien. Daele cite deux groupes d'auteurs (diapos 18 et 19) qui ont listé les conditions favorables à l'émergence des interactions.Parmi ces conditions, on trouvera par exemple l'existence de tâches qui ont une signification sociale, des consignes claires, un scénario cohérent, des ressources techniques intégrées... Vous l'avez compris, tout ceci revient à l'animateur ou à l'enseignant.

- La communauté est animée. De manière formelle ou informelle, la communauté doit être animée de l'intérieur, par une au plusieurs personnes. Les diapos 20 et 21 synthétisent les principales fonctions de l'animateur.

On comprend donc que les communautés d'apprentissage sont auto-gérées, mais bénéficient de dynamiques internes et externes qui leur permettent de se déployer.

En complément à toutes ces informations, Daele fournit une carte qui reprend quelques outils utiles aux communautés. Cette carte comme toutes les autres a des limites, et il y manque de nombreux outils, alors que d'autres pourraient être supprimés. Il manque en particulier l'indispensable pad, qui permet la prise de notes synchrone et asynchrone, sans doute l'outil le plus souple et efficace que l'on puisse utiliser dans une communauté d'apprentissage.

Communautés d'apprentissage : soutiens de la productivité des cMOOCs

Les communautés d'apprentissage ont encore de beaux jours devant elles dans le cadre de formations en ligne classiques (fermées, réunissant un nombre restreint d'apprenants, dont la composition est contrôlée de l'extérieur par un enseignant). Mais leur avenir le plus stimulant se trouve sans aucun doute dans les MOOCs, et plus particulièrement dans les cMOOCs, où la construction des savoirs s'effectue principalement au travers des interactions. Nous avons pu le vérifier lors de la première saison d'ITyPA : une communauté d'apprentissage produit des ressources infiniment supérieures à celles, pourtant d'excellent niveau, qui sont produites individuellement. Ce sera le défi d'ITyPA 2 que d'encourager encore davantage cet aprentissage collectif et collaboratif, notamment grâce au réseau d'établissements partenaires qui organiseront des rencontres réelles et virtuelles dans le monde francophone. Si vous souhaitez participer à cette aventure, n'hésitez pas à vous inscrire au cours, et surveillez la publication très prochaine sur ce blog d'une première liste de partenaires.

Références :
Daele, Amaury. "A propos des communautés de pratique | Pédagogie universitaire - Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur." Pédagogie universitaire - Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur. Last modified August 10, 2013.http://pedagogieuniversitaire.wordpress.com/2013/08/10/a-propos-des-communautes-de-pratique/.

"CapITyPA." Site de capitalisation du MOOC ITyPA, réalisé par une communauté de participants. Consulté le 24 septembre 2013. https://sites.google.com/site/capitypa/home.

ITyPA 2, pré-inscrivez-vous ! http://itypa2.mooc.fr

Vaufrey, Christine. "ITyPA 2 : un MOOC et ses partenaires." ITyPA, un Mooc vu dans les coulisses. Last modified 5 juillet 2013. http://itypa.wordpress.com/2013/07/05/itypa-un-mooc-et-ses-partenaires/.

Illustration : diaporama d'A. Daele, capture d'écran de la page du billet "À propos des communautés de pratique"


Créé le mardi 24 septembre 2013 | Mise à jour le mercredi 25 septembre 2013

mardi 24 septembre 2013

MOOCs et enseignement supérieur pour tous : la belle illusion


Les dirigeants des principales plateformes américaines de MOOC affirment volontiers que grâce à eux, l'accès aux études supérieures va être considérablement facilité partout dans le monde. Il suffit d'une connexion à Internet et hop, touts étudiants, tout au long de la vie.

Mais cette vision idyllique, parfaitement en phase avec la mythologie développée aux Etats-Unis faisant de ce pays un sauveur pour l'humanité, ne recouvre pas vraiment la réalité. C'est ce que soulignent avec insistance quelques responsables éducatifs qui connaissent bien les pays en voie de développement et l'Afrique en particulier.

Un accès pas si facile qu'il y paraît

Sur le portail d'eLearning Africa, on lira avec intérêt l'article écrit par Alicia Mitchell, intitulé "MOOCs : les inégalités sous-jacentes". Mme Mitchell désigne trois obstacles majeurs à l'accès à l'enseignement supérieur pour tous promis par les responsables des plateformes américaines de MOOCs :

- La faiblesse des infrastructures : la connexion rapide et permanente n'est pas toujours au rendez-vous en Afrique, ni d'ailleurs sur l'ensemble du territoire des pays développés. Et si l'on ne possède pas son ordinateur personnel, on doit se rabattre sur des espaces tels les télécentres et les cybercafés, qui limitent l'accès aux services fort consommateurs de bande passante, comme YouTube par exemple.

- Le manque de temps : dans de nombreux pays en voie de développement, il faut cumuler plusieurs emplois pour survivre, supporter des heures de transport et s'occuper finalement de tous ceux qui dépendent de nous dans une maison. Impossible dans ces conditions de consacrer du temps à l'apprentissage.

- La faiblesse des compétences de base pour apprendre seul. L'autonomie dans l'apprentissage est une compétence qui se construit patiemment, et de préférence dans un environnement à la fois riche en ressource et peu normatif. Un environnement qui est à mille lieues de celui que connaissent ou ont connu les habitants des pays pauvres ou les étudiants à faibles revenus des pays riches.

Rien n'a encore changé au niveau pédagogique

Ce dernier point est aussi celui que souligne Neil Butcher, d'Afrique du Sud, dans un article publié sur le portail allAfrica. Lui aussi s'insurge contre le discours naïf qui tend à laisser penser qu'avec les Moocs mais aussi les REL (Ressources éducatives libres), le problème de l'accès aux études supérieures est réglé. Car ces ressources viennent toutes du même émisphère et pire, ne remettent jamais en cause un modèle traditionnel et obsolète d'éducation dont tout le monde sait qu'il ne fonctionne plus. Butcher encourage donc tous ceux qui en éprouvent le souhait à se lancer dans la création de nouveaux programmes et de nouveaux environnements d'apprentissage, même si personne à l'heure actuelle n'a une idée très claire de ce vers quoi il faudrait tendre.

Sir John Daniels enfin, qui fut longtemps président de l'Open University britannique et porte depuis leur apparition un regard très critique sur les MOOCs, reprend lui aussi les deux significations de la "démocratisation de l'accès aux études supérieures" : l'élargissement de l'accès technique d'une part, la liberté donnée aux étudiants de choisir eux-mêmes le contenu de leurs études et la manière dont ils apprennent d'autre part :

"Les étudiants choisissent le contenu de leurs programmes, pas seulement en piochant dans une sélection de cours au contenu pré-déterminé présentée dans un luxueux prospectus institutionnel, mais plutôt en construisant les cours eux-mêmes, en utilisant les copieuses ressources désormais à disposition. Aujourd'hui, on trouve sur Internet des ressources d'apprentissage sur n'importe quel sujet".

Daniels est donc moins critique que Butcher sur les OER / REL. Mais tous deux appellent à une refondation radicale de l'organisation de l'apprentissage et à une autonomie accrue (voire exclusive) des apprenants.

Un premier MOOC africain en janvier 2014

Et qu'en est-il de la création de ressources et de MOOCs par les ressortissants des PVD ? Ces derniers sont-ils condamnés à la seule alternative d'accepter ou de rejeter les ressources produites dans les pays occidentaux, sans jamais prendre part au processus créatif ? Non, evidemment. D'ailleurs, on verra dès le mois de janvier 2014 le premier MOOC africain, qui s'adressera aux entrepreneurs des pays anglophones du continent. Ce MOOC sera élaboré par l'African Management Initiative (AMI), une organisation sud-africaine qui a l'intention de délivrer de la formation massive à l'entrepreneuriat à un million d'Africains d'ici 2025.


On ne s'étonnera pas de voir le premier MOOC produit sur le continent s'intéresser à la formation professionnelle plutôt qu'à la formation initiale académique; le terrain est en effet beaucoup moins occupé par les poids lourds du Nord, alors que les besoins sont immenses : "10 à 15 millions de personnes en Afrique occupent des postes de gestion. Moins de 10 % d'entre eux ont reçu une formation formelle en gestion. (...) Beaucoup de business school sont trop chères pour la majorité des managers africains et souvent trop théoriques. Et seules les grandes entreprises offrent de la formation interne".

La formation s'adressera à tous ceux qui ont besoin d'aide pour gérer une affaire en croissance : "Nous procurerons des cours sur les fondamentaux des affaires : la gestion de l'argent, des gens, de soi-même et des projets".

Un cours pilote de deux semaines sur les même thèmes avait été offert par l'AMI en juin dernier pour montrer à quoi ressemblerait le MOOC. Toutes les vidéos du cours "Sucess@work in 21st century in Africa" sont accessibles sur YouTube.

Une chose semble désormais assez claire : les fournisseurs occidentaux de MOOCs ne seront pas les seuls à s'intéresser aux pays en développement et à leur fabuleux marché de formation. En formation professionnelle surtout, on doit sans doute s'attendre à ce que des opérateurs locaux relèvent le défi des MOOCs. Espérons qu'ils connaîtront au moins un aussi grand succès que les produits importés qui font miroiter un hypothétique accès aux études supérieures pour tous.

Références :

Mitchell, Alicia. "MOOCs : les inégalités sous-jacentes | eLearning Africa News Portal." eLearning Africa 2013. 30 août 2013. http://www.elearning-africa.com/eLA_Newsportal/moocs-les-inegalites-sous-jacentes/.

Butcher, Neil. "Africa: OERs and MOOCs - Old Wine in New Skins?" allAfrica.com. 18 juillet 2013.http://allafrica.com/stories/201307190990.html.

Mc Gregor, Karen. "Will MOOCs help to democratise higher education? " University World News. 23 juin 2013. http://www.universityworldnews.com/article.php?story=20130622164019140.

African Management Initiative (AMI). "Free online courses for African entrepreneurs - AMI interview with StarAfrica.com." 20 septembre 2013. http://www.africanmanagers.org/free-online-courses-african-entrepreneurs-ami-interview-starafricacom.

"Launchpad: Success at Work in 21st Century Africa - Course." Consulté le 24 septembre 2013.http://launchpad.africanmanagers.org/preview.

photo : mark.taber via photopin cc

Par Christine Vaufrey | redaction@cursus.edu

Créé le mardi 24 septembre 2013 | Mise à jour le mardi 24 septembre 2013

http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/20672/moocs-enseignement-superieur-pour-tous-belle/

mercredi 10 juillet 2013

L’apprentissage et le E learning : 7 notions clés en guise de consensus

Si les contours exacts des dispositifs de formation de demain restent à préciser, les lignes de forces d’un apprentissage réinventé se dessinent clairement et un consensus semble se dégager. C’est ce qui apparait clairement des dernières vidéos d’experts réalisées par CEGOS, particulièrement éclairantes sur le devenir des apprentissages et l’impact du numérique. Je vous propose, afin de donner l’envie à ceux qui ne l’auraient pas déjà fait de visionner ces vidéos, de partager les 7 notions qui semblent pour moi se dégager dans un commun accord, quel que soit le profil de l’expert interrogé, directeur de formation, universitaire, chercheur, enseignant, dirigeant d’entreprise :

- L’individualisation de la formation et la responsabilisation des individus par Eric de la Gueronnière, Competencies Development and Training Director, Suez environnement et Christophe Jeunesse, Maître de Conférences en Sciences de l’Education, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

- L’autonomie de l’apprenant … dans un cadre commun à réinventer par Bart Schutte, Directeur Digital Learning and New Technology, Compagnie de Saint-Gobain et Olivier Las Vergnas, Créateur de la Cité des Métiers, Président de l’Association Française d’Astronomie

- L’importance du collaboratif et l’arrivée du Web 3.0 par par Steve Wheeler, Professeur Associa à l’Université de Plymouth, spécialisé en technologies de l’éducation et en psychologie etCatherine Goutte,Directrice du Développement, Groupe Cegos

- Le mobil learning et l’apport des technologies pour des « méthodes plus adaptées, plus courtes et plus flexibles » par Annee Bayeux Head of Instructional Technology, Alstom University etEric Berg, Directeur Exécutif de LINGOs (Learning In NGOs)

- MOOC, apprentissage sensoriel, serious game et « smart play » par Serge Soudoplatoff, Expert Internet, cofondateur de Sooyoos et Familia Gamesronomie

- Le « à distance » : un terme « démodé » ou la proximité « protéiforme » par Steve Wheeler
Professeur Associa à l’Université de Plymouth, spécialisé en technologies de l’éducation et en psychologie et Anne-Laure Brun-Buisson Link designer, Médiatrice, Fondatrice de ShareLex

- L’évolution constatée de notre structure mentale et « un cerveau libre mais pas vide »par Jean-Philippe Lachaux Directeur de Recherches à l’Inserm, auteur du livre « Le cerveau attentif » et Marcel Lebrun, Professeur en Technologies de l’Education, Université catholique de Louvain

Comme vous pourrez le constater, ces notions viennent également en résonance avec les conclusions du dernier atelier à Séville de l’IPTS (The Institute for Prospective Technological Studies) décrites par Stéphane Canonne dans son précédent article « Une vision de la formation tout au long de la vie en Europe pour 2030 ».

Bon visionnage ! http://www.elearning-cegos.fr/actualites/regards-sur-lapprentissage-et-learning/

9 juillet 2013 | Ecrit par Eric Segonds

http://www.formation-professionnelle.fr/2013/07/09/lapprentissage-et-le-e-learning-7-notions-cles-en-guise-de-consensus/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+blog-formation-professionnelle+%28Le+blog+de+la+formation+professionnelle%29

vendredi 23 mars 2012

Investissements d’Avenir : les 10 projets technologies de l’e-education sélectionnés


10 projets coopératifs de R&D dans le domaine de l’e-education ont été retenus dans le cadre des Investissements d’Avenir, avec à la clé une aide de 8,3 millions d’euros qui sera partagée.
 

Le Gouvernement [français] continue d’étudier les candidatures de ses appels à projets qui entrent dans les Investissements d’Avenir et qui bénéficient d’une petite partie du Grand Emprunt. Les résultats du premier appel à projets dédié aux technologies numériques pour l’éducation viennent d’être publiés.

Sur les 55 projets candidats, 10 projets coopératifs de recherche et développement ont été retenus en raison de leur caractère innovant et de leurs perspectives économiques. Chaque projet bénéficiera d’une aide de l’État allant de 445 000 euros à 1,36 million d’euros. L’enveloppe globale des projets, aide de l’État et apport des organisations qui portent les projets, est d’environ 16,5 millions d’euros.

Les projets retenus :

AYUSHI : Plate-forme d’e-learning intégrant des ressources éditoriales numériques à destination d’étudiants de niveau licence, en interaction avec l’environnement pédagogique des universités – Entreprise chef de file du projet : Cairn.

CLAIRE : Plate-forme open source d’édition collaborative structurée, sémantique et richmedia, permettant une publication multi-supports multi-formats, à destination des enseignants et étudiants de l’enseignement supérieur – Entreprise chef de file du projet : Simple IT.

EDUCATION-3D : Chaîne de coproduction de ressources pédagogiques 3D, s’appuyant sur un système de gestion des ressources 3D pour assister l’enseignant à la conception de ses séquences pédagogiques – Entreprise chef de file du projet : R2D1.

ENT LIBRE 2.0 : Plate-forme ENT libre, offrant des fonctionnalités et services nécessaires à l’utilisation et à la production de contenus et s’appuyant sur une plate-forme de formation collaborative – Entreprise chef de file du projet : Atos Integration.

GENERIC-SG : Plate-forme générique d’édition de serious games spécifiquement conçue pour l’enseignement supérieur offrant une production rapide et automatisée de serious games thématiques – Entreprise chef de file du projet : Lavoisier.

ILOT : Plate-forme logicielle pour la création collaborative, l’assemblage, la mise à disposition et l’utilisation partagée de contenus pédagogiques adaptables à l’élève et au support utilisé – Entreprise chef de file du projet : Gutenberg Technology.

INTELLILANGUE : Outil logiciel d’enseignement des langues étrangères à travers des jeux de rôle interactifs s’appuyant sur des agents conversationnels avancés – Entreprise chef de file du projet : Sejer.

NIPIB : Chaîne de production de « lames virtuelles » de microscopie, scénarisées, accessibles en ligne via une plate-forme technique connectée aux environnements numériques de travail – Entreprise chef de file du projet : Itop.

OPEN LIB’ : Outil de production, consultation, modification et partage de manuels scolaires de nouvelle génération, offrant l’accès à de nouveaux types de services éducatifs – Entreprise chef de file du projet : Belin.

SUP E-EDUC : Outil de production de contenus pédagogiques numériques, de référencement et de diffusion, à destination du milieu universitaire – Entreprise chef de file du projet : Anyware Services.

Le 22 mars 2012 par Yves Grandmontagne

http://www.silicon.fr/investissements-davenir-les-10-projets-technologies-de-le-education-selectionnes-73058.html

dimanche 11 septembre 2011

Initiation à l'e-learning pour les entreprises

L'AWT propose une nouvelle série d'ateliers e-learning. Organisés depuis 2009, ces ateliers proposent des thématiques en constante évolution et directement issues des besoins exprimés par les entreprise

Développer un projet e-learning


L'AWT propose aux entreprises wallonnes et bruxelloises, de toutes tailles et de tous secteurs, une initiation gratuite à l'e-learning. Résolument pratiques (démonstrations, activités hands-on, mises en situation, etc.) et à l'écoute des besoins des participants, les ateliers permettent véritablement d'accompagner les premiers pas des organisations dans leurs démarches d'adoption de l'e-learning en les aidant à débroussailler le terrain, à prendre connaissance des pistes possibles, à identifier des ressources utiles, etc.

Ainsi, lors de ce nouveau cycle et à la demande des participants, les ateliers pratiques seront complétés par deux ateliers d'échange. Le premier abordera le choix des outils (plateformes, outils Web 2.0, outils d'édition et outils auteur, etc.), le second développera les stratégies d'adoption de l'e-learning avec le témoignage d'entreprises. Enfin, toujours dans le soucis de répondre aux besoins et attentes des participants un groupe linkedin a été ouvert pour leur permettre de poser des questions au-delà des ateliers et de prolonger les échanges et débats. ...

Le cycle complet permet de passer en revue les différentes étapes d'un projet e-learning et de prendre connaissance des enjeux, points d'attention et clés de succès. Il permet dès lors d'assurer un suivi longitudinal des projets portés par les participants. Les ateliers peuvent également être suivis "à la carte". ...

Cette page, initialement publiée le 11/08/2011, a fait l'objet d'une mise à jour importante le 07/09/2011

http://www.awt.be/web/edu/index.aspx?page=edu,fr,foc,100,097

vendredi 15 juillet 2011

7ième forum sur les innovations pour l'e-Learning

Le 7ième forum annuel sur les innovations pour l'e-Learning [1] (Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Education - TICE) s'est déroulé les 8 et 9 juin dernier sur le campus de l'université George Mason à Fairfax en Virginie.

De nombreux représentants de la Defense Acquisition University (DAU) [2], une agence du Ministère de la défense américain (DoD) dédiée à la formation de son personnel civil et militaire (près de 150.000 personnes), y ont participé. Cet évènement part du constat que le secteur de l'éducation doit prendre le tournant de la technologie. C'est en effet encore l'un des rares à ne pas avoir été transformé par les Technologies de l'Information et de la Communication. Selon le Clark Quinn, directeur de la société Quinnovation, "l'enseignement aujourd'hui est conçu pour être efficient, pas pour être efficace." L'enjeu est donc d'améliorer l'efficacité de la transmission du savoir.

Ce symposium a offert un panorama des TICE capables d'atteindre cet objectif. Le programme couvrait les domaines de l'apprentissage au sens large, de l'école primaire à la formation professionnelle, en passant par l'enseignement universitaire.

Des pistes d'amélioration des applications d'apprentissage en ligne

De nombreuses sessions ont abordé la conception de programmes d'apprentissage en ligne. Richard Culatta [3] travaille par exemple sur le projet "Federal Learning Registry" [4] qui consiste à mettre en place un système informatique qui permettra aux professionnels de l'enseignement d'accéder plus facilement aux ressources éducatives des agences gouvernementales. Il a lourdement insisté sur l'exploitation des données concernant les élèves et invite les concepteurs d'outils d'apprentissage en ligne à s'inspirer de l'exemple d'Amazon.

En effet, cette société, devenue l'un des leaders de la distribution en ligne, doit une partie de son succès aux recommandations de produits. Celles-ci sont proposées aux consommateurs en fonction de leur activité sur la plateforme (précédents achats, produits consultés, commentaires et critiques de produits, etc.) et était à l'origine de 35% des ventes d'Amazon en 2006 [5]. Richard Culatta constate pourtant que cette société ne recueille pas plus d'information sur ses clients que les établissements scolaires. Ces derniers collectent en effet des données relatives à l'état civil ou au parcours scolaire des étudiants (spécialités, notes, etc.), mais ils ne s'en servent pas pour l'instant pas pour améliorer l'expérience d'apprentissage de leurs élèves.

Cependant, se servir des recommandations requiert d'importants investissements. A titre d'exemple, on peut s'intéresser au cas de la société NetFlix, spécialiste de la location de film en DVD et en ligne. 66% de ses locations proviennent de recommandations [6] et NetFlix cherche à améliorer ce système. Elle a récemment organisé un concours public dont le prix était fixé à 1 million de dollars [7] pour développer un algorithme parvenant à affiner les recommandations de films en fonction des préférences cinématographique du consommateur.

Les questions de protection de la vie privée ou de confidentialité des données peuvent parfois entraver ces technologies, concède Richard Culatta, mais celui-ci ajoute que "la plupart du temps, les personnes responsables des données ne souhaitent pas faire l'effort de mise à disposition des données afin qu'elles puissent être exploitables par un système tiers".

Outre l'amélioration de l'exploitation des données des utilisateurs de systèmes d'apprentissage en ligne, M. Culatta estime que les plateformes d'apprentissage en ligne doivent s'affranchir du modèle de la salle de classe pour profiter pleinement du potentiel qu'offre ce nouveau modèle d'apprentissage (voir les illustrations ci-dessous).

Richard Culatta a pris l'exemple du bouton "suivant" que l'on trouve fréquemment dans les programmes d'apprentissage et qui est, selon lui, "probablement la pire chose inventée dans les outils d'apprentissage en ligne".

Enfin, il estime que les programmes d'apprentissage en ligne doivent être tolérants à l'échec ("failure friendly"). Il prend l'exemple des jeux dans lesquels l'échec est très bien accepté et qui incitent à recommencer jusqu'à parvenir à la réussite.

M. Culatta a illustré ses propos par de nombreux exemples d'initiatives innovantes, au nombre desquelles :
- Le projet "School of One" [8] : Il s'agit d'un système qui personnalise quotidiennement le programme de mathématiques pour des élèves de collège de la ville de New York.
- Le projet Interquest, de l'Oregon State University [9] : il s'agit d'un exemple techniquement simple (mais non moins efficace) de personnalisation d'un cours de philosophie sur la base de réponses à un questionnaire de 5 questions.
- Le projet "Refraction" [10], il s'agit d'un jeu sérieux développé par l'université de Washington (Seattle) destiné à enseigner certains concepts de résolution des fractions de manière ludique.
- La société "Wireless Generation" propose "Burst Reading" [11], une solution destinée à assister le professeur dans l'enseignement de la lecture à l'aide de recommandations basées sur les résultats des élèves.

L'ecosystème matériel et logiciel

L'écosystème matériel et logiciel influence largement le développement de l'e-Learning. Tim Bajarin, Président la société Creative Strategies spécialisée dans l'analyse des tendances du marché, constate que les SmartPhones, et plus récemment les tablettes, semblent être un support privilégié pour l'apprentissage en ligne. Les écoles de la ville de Chicago ont par exemple d'ores et déjà adopté la tablette iPad d'Apple (voir video ci-dessous). Le constructeur a d'ailleurs très rapidement démarché les établissements scolaires pour mettre en avant les atouts de son produit.




Il existe également des tablettes sous Android, le système d'exploitation phare de Google, développées spécifiquement pour le secteur de l'enseignement, comme le Kineo [12] de la société Brainchild.

Concernant l'aspect logiciel, Tim Bajarin estime que la multitude de systèmes d'exploitation (Windows, Android, IOS, Linux, etc.) représente un frein, mais ajoute que le standard web HTML 5 permettra le développement d'applications riches et indépendantes de la plateforme logicielle sur laquelle elles seront exécutées.

Les Interfaces utilisateurs

De nombreuses sessions abordaient la question des interfaces utilisateur. Les interfaces naturelles (Natural User Interface - NUI), évolution des interface graphiques (Graphic User Interface - GUI), visent à réduire la barrière entre l'utilisateur et l'outil. Celles-ci se développent avec la démocratisation des dalles tactiles. M. Bajarin ajoute qu'il y a actuellement d'importants investissements dans la recherche et développement dans le domaine de la reconnaissance vocale.

La réalité augmentée a un potentiel significatif pour des projets de formation professionnelle. Quelques projets innovants ont été présentés : BMW a par exemple fait la démonstration d'un concept de lunettes pour guider ses techniciens lors de la réparation d'un véhicule (voir vidéo ci-dessous).





Le projet "Augmented Reality for Maintenance and Repair (ARMAR)" [13] de l'université de Columbia a également été évoqué. Il s'agit d'un système d'assistance technique aux mécaniciens de l'armée américaine (voir vidéo ci-dessous).



Dans le domaine de l'éducation, la réalité augmentée apporte aussi des bénéfices. D'où l'exemple du 3D Magic Book proposé par la société coréenne SK Telecom. Une étude menée par Seg Measurement [14] affirme que les élèves assimilent entre 15 et 19% d'informations supplémentaires en utilisant ce livre à réalité augmentée plutôt qu'un livre classique.



Les Smartphones, en intégrant de nombreux capteurs (GPS, accéléromètre, caméra, boussole, etc.) représentent aussi une plateforme idéale pour les applications mettant en oeuvre de la réalité augmentée.

Les environnements 3D/virtuels

Plusieurs études montrent que les avatars (une représentation informatique d'une personne physique) peuvent influencer le comportement. Karl Kapp, professeur en TICE à l'université de Bloomsburg (Pennsylvanie), a évoqué les résultats positifs d'un programme de formation anti-discrimination dans lequel l'utilisateur devait entrer dans la peau d'un sénior ou d'une femme, évoluant au sein d'une entreprise. L'expérience a été concluante, révélant la tendance naturelle des utilisateurs à s'identifier à leur avatar.

Des études tendent aussi à démontrer que la vue à la 3ème personne est plus efficace que celle à la première personne quand il s'agit de changer le comportement d'une personne car la mémoire autobiographique intervient.

Le monde virtuel "Second Life" a aussi été l'objet d'expérimentations en tant qu'outil d'apprentissage. Dans le cadre d'un programme de simulation économique hébergé sur Second Life, Susan Conrad, étudiante en doctorat à l'université George Mason dans le domaine des TICE, a pu constater que les étudiants envisageaient assez bien Second Life comme un outil d'apprentissage.

M. Kapp ajoute que les environnements virtuels ne sont pas pertinents pour tout enseigner, mais sont surtout appropriés pour enseigner la socialisation, la résolution de problèmes et la collaboration. Les domaines militaires, de la médecine et des entreprises en sont des bénéficiaires tout naturels.


Pour en savoir plus :

- [1] Site du 7ieme forum annuel les innovations pour l'e-Learning : http://innovationsinelearning.gmu.edu/
- [2] Site officiel de Defense Acquisition University : http://www.dau.mil
- [3] Page personnelle de Richard Culatta : http://www.innovativelearning.com/people/richard_culatta.html
- [4] Présentation du projet "Federal Learning Registry" sur le blog du Ministère américain de l'éducation : http://www.ed.gov/blog/2010/07/the-learning-registry-a-first-look-2/

- [5] Aggregate Knowledge raises $5M from Kleiner, on a roll - Venture Beat : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/bMdsQ
- [6] Celma & Lamere, ISMIR 2007 : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/BqUHp
- [7] Concours Netflix : http://netflixprize.com/

- [8] Site du projet "School of One" : http://schoolofone.org
- [9] Projet "Interquest" : http://oregonstate.edu/instruct/phl201/

- [10] Projet "Refraction" : http://games.cs.washington.edu/Refraction/
- [11] "Wireless Generation" Burst Reading :
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/0R21k
- [12] Tablette Android Kineo dédiée à l'apprentissage (vidéo) : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/RroT1
- [13] Page du projet ARMAR : http://graphics.cs.columbia.edu/projects/armar/index.htm
- [14] Etude Seg Measurement - 3D Magic Book : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/RfIye

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67328.htm