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lundi 14 octobre 2013

Allô, l’Afrique ?

Le téléphone fixe ne s’est jamais imposé sur le continent mais les mobiles, eux, dessinent une nouvelle carte.

Voir cette infographie en plus grand

Ce cartogramme consacré au téléphone mobile en Afrique a été conçu et réalisé par notre cartographe, Thierry Gauthé. Selon la Banque mondiale, entre 2000 et 2012, le nombre d’abonnements au téléphone mobile est passé sur le continent africain de 137 millions à presque 650 millions – c’est plus qu’aux Etats-Unis ou en Europe. Les mobiles, qui servent de terminaux bancaires ou Internet, sont un outil majeur de développement économique et agricole.



COURRIER INTERNATIONAL
10 OCTOBRE 2013

mardi 24 septembre 2013

MOOCs et enseignement supérieur pour tous : la belle illusion


Les dirigeants des principales plateformes américaines de MOOC affirment volontiers que grâce à eux, l'accès aux études supérieures va être considérablement facilité partout dans le monde. Il suffit d'une connexion à Internet et hop, touts étudiants, tout au long de la vie.

Mais cette vision idyllique, parfaitement en phase avec la mythologie développée aux Etats-Unis faisant de ce pays un sauveur pour l'humanité, ne recouvre pas vraiment la réalité. C'est ce que soulignent avec insistance quelques responsables éducatifs qui connaissent bien les pays en voie de développement et l'Afrique en particulier.

Un accès pas si facile qu'il y paraît

Sur le portail d'eLearning Africa, on lira avec intérêt l'article écrit par Alicia Mitchell, intitulé "MOOCs : les inégalités sous-jacentes". Mme Mitchell désigne trois obstacles majeurs à l'accès à l'enseignement supérieur pour tous promis par les responsables des plateformes américaines de MOOCs :

- La faiblesse des infrastructures : la connexion rapide et permanente n'est pas toujours au rendez-vous en Afrique, ni d'ailleurs sur l'ensemble du territoire des pays développés. Et si l'on ne possède pas son ordinateur personnel, on doit se rabattre sur des espaces tels les télécentres et les cybercafés, qui limitent l'accès aux services fort consommateurs de bande passante, comme YouTube par exemple.

- Le manque de temps : dans de nombreux pays en voie de développement, il faut cumuler plusieurs emplois pour survivre, supporter des heures de transport et s'occuper finalement de tous ceux qui dépendent de nous dans une maison. Impossible dans ces conditions de consacrer du temps à l'apprentissage.

- La faiblesse des compétences de base pour apprendre seul. L'autonomie dans l'apprentissage est une compétence qui se construit patiemment, et de préférence dans un environnement à la fois riche en ressource et peu normatif. Un environnement qui est à mille lieues de celui que connaissent ou ont connu les habitants des pays pauvres ou les étudiants à faibles revenus des pays riches.

Rien n'a encore changé au niveau pédagogique

Ce dernier point est aussi celui que souligne Neil Butcher, d'Afrique du Sud, dans un article publié sur le portail allAfrica. Lui aussi s'insurge contre le discours naïf qui tend à laisser penser qu'avec les Moocs mais aussi les REL (Ressources éducatives libres), le problème de l'accès aux études supérieures est réglé. Car ces ressources viennent toutes du même émisphère et pire, ne remettent jamais en cause un modèle traditionnel et obsolète d'éducation dont tout le monde sait qu'il ne fonctionne plus. Butcher encourage donc tous ceux qui en éprouvent le souhait à se lancer dans la création de nouveaux programmes et de nouveaux environnements d'apprentissage, même si personne à l'heure actuelle n'a une idée très claire de ce vers quoi il faudrait tendre.

Sir John Daniels enfin, qui fut longtemps président de l'Open University britannique et porte depuis leur apparition un regard très critique sur les MOOCs, reprend lui aussi les deux significations de la "démocratisation de l'accès aux études supérieures" : l'élargissement de l'accès technique d'une part, la liberté donnée aux étudiants de choisir eux-mêmes le contenu de leurs études et la manière dont ils apprennent d'autre part :

"Les étudiants choisissent le contenu de leurs programmes, pas seulement en piochant dans une sélection de cours au contenu pré-déterminé présentée dans un luxueux prospectus institutionnel, mais plutôt en construisant les cours eux-mêmes, en utilisant les copieuses ressources désormais à disposition. Aujourd'hui, on trouve sur Internet des ressources d'apprentissage sur n'importe quel sujet".

Daniels est donc moins critique que Butcher sur les OER / REL. Mais tous deux appellent à une refondation radicale de l'organisation de l'apprentissage et à une autonomie accrue (voire exclusive) des apprenants.

Un premier MOOC africain en janvier 2014

Et qu'en est-il de la création de ressources et de MOOCs par les ressortissants des PVD ? Ces derniers sont-ils condamnés à la seule alternative d'accepter ou de rejeter les ressources produites dans les pays occidentaux, sans jamais prendre part au processus créatif ? Non, evidemment. D'ailleurs, on verra dès le mois de janvier 2014 le premier MOOC africain, qui s'adressera aux entrepreneurs des pays anglophones du continent. Ce MOOC sera élaboré par l'African Management Initiative (AMI), une organisation sud-africaine qui a l'intention de délivrer de la formation massive à l'entrepreneuriat à un million d'Africains d'ici 2025.


On ne s'étonnera pas de voir le premier MOOC produit sur le continent s'intéresser à la formation professionnelle plutôt qu'à la formation initiale académique; le terrain est en effet beaucoup moins occupé par les poids lourds du Nord, alors que les besoins sont immenses : "10 à 15 millions de personnes en Afrique occupent des postes de gestion. Moins de 10 % d'entre eux ont reçu une formation formelle en gestion. (...) Beaucoup de business school sont trop chères pour la majorité des managers africains et souvent trop théoriques. Et seules les grandes entreprises offrent de la formation interne".

La formation s'adressera à tous ceux qui ont besoin d'aide pour gérer une affaire en croissance : "Nous procurerons des cours sur les fondamentaux des affaires : la gestion de l'argent, des gens, de soi-même et des projets".

Un cours pilote de deux semaines sur les même thèmes avait été offert par l'AMI en juin dernier pour montrer à quoi ressemblerait le MOOC. Toutes les vidéos du cours "Sucess@work in 21st century in Africa" sont accessibles sur YouTube.

Une chose semble désormais assez claire : les fournisseurs occidentaux de MOOCs ne seront pas les seuls à s'intéresser aux pays en développement et à leur fabuleux marché de formation. En formation professionnelle surtout, on doit sans doute s'attendre à ce que des opérateurs locaux relèvent le défi des MOOCs. Espérons qu'ils connaîtront au moins un aussi grand succès que les produits importés qui font miroiter un hypothétique accès aux études supérieures pour tous.

Références :

Mitchell, Alicia. "MOOCs : les inégalités sous-jacentes | eLearning Africa News Portal." eLearning Africa 2013. 30 août 2013. http://www.elearning-africa.com/eLA_Newsportal/moocs-les-inegalites-sous-jacentes/.

Butcher, Neil. "Africa: OERs and MOOCs - Old Wine in New Skins?" allAfrica.com. 18 juillet 2013.http://allafrica.com/stories/201307190990.html.

Mc Gregor, Karen. "Will MOOCs help to democratise higher education? " University World News. 23 juin 2013. http://www.universityworldnews.com/article.php?story=20130622164019140.

African Management Initiative (AMI). "Free online courses for African entrepreneurs - AMI interview with StarAfrica.com." 20 septembre 2013. http://www.africanmanagers.org/free-online-courses-african-entrepreneurs-ami-interview-starafricacom.

"Launchpad: Success at Work in 21st Century Africa - Course." Consulté le 24 septembre 2013.http://launchpad.africanmanagers.org/preview.

photo : mark.taber via photopin cc

Par Christine Vaufrey | redaction@cursus.edu

Créé le mardi 24 septembre 2013 | Mise à jour le mardi 24 septembre 2013

http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/20672/moocs-enseignement-superieur-pour-tous-belle/

samedi 21 septembre 2013

Enseignement supérieur : Les 10 meilleures universités d’Afrique


Elles sont 10 universités à offrir le meilleur de la formation universitaire sur le continent. Comme toujours, l’Afrique du Sud en a les meilleures. La nation arc-en-ciel a encore raflé la mise dans le classement des universités africaines. Un classement réalisé par l’International colleges and universities, site spécialisé dans le classement web des collèges et universités du monde. Un résultat qui place les universités francophones largement derrière les établissements anglophones qui confirment encore plus leurs hégémonies.

Les raisons

Entre autres raisons qui pourraient expliciter cet état de fait, nous citerons la mauvaise gestion des universités, la dégradation des infrastructures, le manque d’investissement pour le financement des programmes de recherche d’où le déclin de la recherche scientifique, l’amplification des conflits entre étudiants, les nombreuses grèves, la forte immiscion du politique dans l’espace universitaire.

En effet, la recherche demeure le parent pauvre des universités des pays d’Afrique au Sud du Sahara particulièrement pour celles qui sont situées dans la partie Ouest et Centrale du continent. Le forum de Dakar tenu les 02 au 04 juillet avec pour thème : « Stratégie pour un financement durable de la recherche en Afrique de l’Ouest et du Centre », relèvera que, les pays de ces deux régions d’Afrique n’accordent qu’une infime part, 0,3%, de leur budget à la recherche. Un taux fort en deçà du minimum exigé qui est de 1,5% du budget de l’Etat.

Grèves et Mauvaise Gestion

Aussi les grèves intempestives des enseignants qui réclament régulièrement de meilleurs traitements plombent l’envol de ces universités. L’année universitaire 2012-2013 a vue les étudiants gabonais passés 80 jours à la maison pour une grève des enseignants qui réclamaient la concrétisation d’une promesse d’augmentation de salaire du chef de l’Etat gabonais. La même situation se présentait au Mali il y a de cela trois mois. Lorsque ce ne sont pas les enseignants qui sont en grève, ceux sont les étudiants. En Côte d’Ivoire, le syndicat-mafia FESCI (Fédération des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire) n’eut-été la réaction musclée des nouvelles autorités aurait continué de faire main basse sur les universités ivoiriennes. Ce syndicat aura contribué gravement à la déchéance de l’Ecole ivoirienne. Mieux, en termes de mauvaise gestion, le Burkina Faso s’est illustré de la mauvaise manière le mois d’aout dernier. Sa décision impopulaire de fermeture des résidences et restaurants universitaires avait provoqué des incidents à Ouagadougou. Des étudiants seront emprisonnés puis relâchés par les autorités judiciaires. Autant de faits qui contribuent à ternir d’avantage l’image des universités francophones.

Les universités anglophones au Top

A contrario, les universités des pays anglophones s’astreignent à se conformer aux standards internationaux. On y trouve La qualité de l’enseignement, l’éthique, la probité morale et intellectuelle, la documentation disponible (bibliothèques), la capacité d’accueil des étudiants (auditoires, dortoirs), les centres de recherches et les services techniques, la facilité d’insertion des étudiants dans la vie professionnelle. Les ressources humaines sont pourvues en professeurs titulaires de Chaires, les budgets alloués à la recherche et aux inventions sont importants et disponibles. Enfin, les chercheurs détiennent de brevets d’invention. Les performances des pays comme l’Egypte et l’Afrique du Sud s’expliquent par l’attention très particulière accordée à la recherche dans leurs efforts d’investissement. Par ces efforts, ces deux pays ont réussi à attirer les bailleurs de fonds et les donateurs intéressés par le financement de la recherche universitaire. Ce classement qui respecte un ordre logique bien défini, commence par le numéro un de la formation d’élite en Afrique :

1- Université de Cape Town d’Afrique du Sud
UCT, université publique, régulièrement classée meilleur établissement d’enseignement supérieur d’Afrique du Sud et du continent africain, entend se positionner sur une niche « afropolitaine » en développant dans de nombreuses disciplines une expertise « Afrique » et « marchés émergents ». Citée parmi les fabriques de l’excellence, la meilleure université du continent africain veut conforter sa position de leader dans l’expertise et les marchés à forte croissance. Au pied des colonnes du Jameson Memorial Hall, le bâtiment symbole de l’université utilisé pour les remises de diplômes, les enfants bigarrés de la nation arc-en-ciel savent qu’ils sont des privilégiés, membres d’une élite recomposée pour refléter la réalité démographique du pays. Un rapport qualité-Prix, les étudiants sud-africains paient 140 000 rands (14 000 €) contre 300 000 rands (30 000 €) pour leurs camarades étrangers.

2- Université d’Afrique du Sud
L’université d’Afrique du Sud (UNISA, Pretoria) fondée en 1873. L’université du Cap de Bonne Espérance s’est ensuite transportée, en 1918, à Pretoria sous le nom d’université d’Afrique du Sud (UNISA). UNISA est l’une des plus anciennes universités d’Afrique du Sud. Elle est aussi la première institution africaine de formation à distance. Elle a ouvert plusieurs centres régionaux en Afrique. Trois départements ou centres de recherche travaillent directement sur les questions de gouvernance : le Département de droit constitutionnel, international et indigène ; le Centre d’études du développement ; et le Centre pour l’étude de la renaissance africaine. La fonction première du Centre d’études du développement est de promouvoir un processus de développement durable et centré sur les populations à travers la sensibilisation des communautés et de fournir de l’information, de l’expertise et des services de conseil en matière de développement. Le Centre pour l’étude de la renaissance africaine, centre interdisciplinaire, a été créé en juin 2003 pour donner une légitimité académique au discours de la renaissance africaine.

3- Université de Pretoria d’Afrique du Sud
L’université de Pretoria (en afrikaans : Universiteit van Pretoria) est une des plus importantes universités d’Afrique du Sud, située dans la province du Gauteng. Elle accueille environ 38 500 étudiants. Université exclusivement de langue afrikaans, elle s’est ouverte depuis 1994 aux autres langues.

4- Université Stellenbosch d’Afrique du Sud
L’université de Stellenbosch est reconnue comme l’une des quatre premières universités de recherche sud-africaines. Elle est fière d’avoir l’une des plus grandes proportions d’étudiants post gradués du pays, dont presque 10% sont des étudiants internationaux. L’Université de Stellenbosch se situe dans la pittoresque vallée du Jonkershoek, au cœur des vignobles de la province du Cap Occidental. L’Université, au cours des ans, est devenue un établissement tertiaire reconnu internationalement pour son excellence et accueillant plus de 23 000 étudiants, employant 800 enseignants et regroupant dans ses murs quelques 500 unités de service et de recherche.

5- Université Witwatersrand d’Afrique du Sud
L’université du Witwatersrand, elle est la plus importante et prestigieuse université d’Afrique du Sud. Université de langue anglaise, elle avait la particularité durant la période d’apartheid d’accueillir également des étudiants noirs en nombre limité. L’université comprend 27 934 étudiants répartis en 5 facultés : Commerce, droit et management, Ingénierie et architecture, Médecine, Arts, éducation, sciences sociales, littérature et langues, Sciences. Une référence de calibre mondial universitaire en Afrique, est reconnue pour son engagement à l’excellence académique et la recherche. Elle contribue à l’économie mondiale de la connaissance et de la transformation locale à travers la génération de haut niveau, des compétences rares et la recherche innovante. À l’avant-garde d’une société en mutation, Wits est une institution engagée, dévouée à l’avancement du bien public. Il favorise les communautés intellectuelles et attire des étudiants talentueux, d’éminents universitaires et penseurs du monde entier.

6- Université de Dar es Salaam de Tanzanie
L’université de Dar es Salaam est un regroupement de trois campus universitaires : Mlimani (la colline), DUCE et MUCE. C’est la plus grande et plus ancienne de Tanzanie. L’Université Dar es Salam définit ses objectifs en tenant compte des besoins nationaux, régionaux et du développement global. Ses champs d’action concernent principalement : la mise en œuvre d’une recherche savante et stratégique, l’éducation, la formation, une offre de service public ciblée pour un développement socio-économique équitable et durable de la Tanzanie et du reste de l’Afrique. Le premier chancelier de cette université était le premier président tanzanien, Julius Kambarage Nyerere.

7- Université du Caire d’Égypte
L’université du Caire (anciennement Université Fouad 1er puis Université égyptienne), est une institution d’études supérieures située à Gizeh en Égypte. De la nécessité de rechercher l’excellence dans la prestation de services d’enseignement supérieur pour répondre aux besoins des communautés nationales, régionales et internationales, ainsi que la contribution effective et continue dans le développement social et économique de l’Égypte. La mission de l’Université du Caire est d’accomplir par un attachement aux normes internationales d’excellence dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de service communautaire.

8- Université du KwaZulu-Natal d’Afrique du Sud
L’université de KwaZulu-Natal ou UKZN est une université de cinq campus, toutes situées dans la province de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud. Il a été crée le 1er Janvier 2004, après la fusion entre l’Université de Natal et l’Université de Durban-Westville. Elle se compose de cinq collèges : Collège de l’Agriculture, de l’ingénierie et de la science, Collège des sciences de la santé, Collège des Humanités, Faculté de droit et de la gestion des études.

9- Université américaine du Caire
L’université américaine du Caire ou American University in Cairo (AUC) est une université située au Caire, en Égypte. Fondée par des missionnaires des États-Unis en 1919, elle dispense un enseignement uniquement en anglais. Elle propose une éducation libérale dans les principales disciplines. L’inscription dans cette université pour un étudiant de première année est de 13 000 USD. 90% des étudiants sont de nationalité égyptienne. Les bureaux administratifs de l’Université ainsi que son conseil d’administration sont situés à New York. Fait notable, c’est dans cette université que Condoleezza Rice, ancienne secrétaire d’Etat des Etats Unis, a tenu le 21 juin 2005, un discours concernant les liens entre la démocratie et la paix au Moyen-Orient.

10- Université Makerere d’Ouganda
Fondée en 1922, l’Université de Makerere est l’une des universités les plus anciennes et les plus prestigieuses en Afrique. Elle est devenue au fil des ans, une référence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Est. Au mois de novembre 2012, et pour une première période de cinq ans, l’emblématique Université de Makerere et le prestigieux Institut d’Études Politiques de Paris, a signé une convention qui permettra aux étudiants ougandais et français d’effectuer une année d’études dans l’institution partenaire. En 2010 pour la première fois en Ouganda, les femmes qui ont obtenu un diplôme de la principale université du pays, celle de Makerere, était plus nombreuse que les garçons. Une révolution dans ce pays où les femmes n’avaient, il n’y a pas si longtemps, aucun accès aux études supérieures.

Jonas Saraka
septembre 20, 2013

Abidjan-Oeildafrique.com

http://oeildafrique.com/enseignement-superieur-les-10-meilleures-universites-dafrique/

jeudi 12 septembre 2013

'Scoring Africa' Infographic Compares the Development of Countries Across Africa

Africa accounts for 15% of the world’s population and 20% of its land mass – and despite its abundant natural resources it remains the poorest and most underdeveloped continent on earth. Great Business Schools created this interactive infographic to compare the development of different countries in Africa over a range of key criteria – including economy, infrastructure, health, and education.

Read more: 'Scoring Africa' Infographic Compares the Development of Countries Across Africa | Inhabitat - Sustainable Design Innovation, Eco Architecture, Green Building

dimanche 11 août 2013

National Geographic : des drones volants et des robots pour filmer les lions d’Afrique


Les drones et robots pilotables à distance ne sont pas exclusivement réservés à la surveillance des citoyens par les sociétés de sécurité. Les reporters animaliers investissent de plus en plus dans ces technologies pour capturer des images sans cesse plus sensationnelles.

Michael Nichols a passé les deux dernières années à vivre parmi un groupe de lions en Tanzanie. Ayant remporté de nombreux prix pour ses travaux, il s’est lancé dans la réalisation d’un document sur des lions du Serengeti en juillet 2011 avec pour objectif de se glisser dans l’intimité des fauves.


Face au fait que ces animaux ne supportent pas le regard de l’homme, et que leur contrariété peut rapidement amener à des drames pour les photographes, différentes options ont été développées pour capturer des images au plus proche de la horde.

Pour des images toujours plus naturelles et intimes, les photographes ont désormais recours à des robots et autres drones volants. Cela n’empêche pas les animaux étudiés de devoir se familiariser avec ces appareils, surtout concernant le drone volant qui se révèle bruyant, mais dans l’ensemble ces dispositifs permettent aujourd’hui de saisir des images jamais capturées jusque là.

Le National Geographic vient de mettre en ligne un court documentaire présentant l’utilisation de ces nouvelles technologies dans le travail des reporters.

Du drone volant équipé d’un DSLR et piloté avec une paire de lunettes virtuelles au tank embarquant 2 caméras standard accompagnées de 2 autres GoPro, les reporters son équipés comme de véritables soldats, y compris la nuit avec des lunettes de vision nocturne et des projecteurs dont la lumière n’est pas visible pour les fauves afin de ne pas perturber leurs activités naturelles.

mercredi 10 juillet 2013

Digital Africa, vers de nouvelles cartographies de l'innovation


La technologie est le lieu d'une "invention quotidienne de pratiques", pour paraphraser le sociologue Michel de Certeau (1). Le développement des technologies numériques sur le continent africain durant ces 10 dernières années en témoigne. Il met en lumière un bouleversement de l'ordre mondial et nous oblige à repenser des cartographies de l'innovation liées aux technologies numériques.

"Africa rising", titrait The Economist en décembre 2011 (2).


Tenant compte de la transition démographique africaine, les prévisions de croissance du continent sont tout à fait optimistes (environ 6%). Voire utopistes
L'Afrique a longtemps été perçu comme le continent oublié du développement, en particulier sur la question de l'accès aux technologies. C'est vrai si l'on considère l'accès à l'électricité qui conditionne en partie le développement technologique : les 14% de la population mondiale vivant en Afrique n'accèdent qu'à 3% des ressources en électricité!

Pourtant, le boom technologique africain est aujourd'hui une évidence. La croissance exponentielle de la téléphonie mobile en est un trait caractéristique : +40% par an. Cela représente aujourd'hui 86 millions de téléphones portables. Et l'on considère que 70% de ces téléphones auront un accès web en 2014...
Au taux d'équipement des individus en téléphonie mobile font écho les avancées dans la connectivité. La fibre optique relie le continent en divers points. En juillet 2010, c'est l'Eastern Africa Submarin System (EASSY), depuis Mombasa (Kenya), qui connecte 18 pays en simultané avec un débit de 3, 84 terabits/seconde. En 2011, c'est le West African Cable System (WACS), depuis l'Afrique du Sud, qui relie 15 pays au Royaume-Unis avec un debit de 5,120 terabits/seconde. Et l'on attend le réseau African Coast to Europe (ACE) pour la fin 2012, tandis qu'un chercheur togolais vient d'inventer une alternative économique à l'infrastructure coûteuse de la fibre optique (3).

Ce glissement vers l'internet mobile sans passer par la phase de développement de l'ordinateur personnel ou de la téléphonie fixe justifie de parler de véritable "saut technologique". Comment les populations se l'approprient-elles et quelles peuvent en être les conséquences sur les sociétés? Surtout, comment cela modifie-t-il la position du continent dans les échanges mondiaux?

Des initiatives locales illustrent une logique d'appropriation et de détournement des technologies et d'inversion de flux, contredisant la notion d'impéralisme technologique.
En 2007 au Kenya, l'opérateur téléphonique Safaricom lance la première monnaie numérique du monde, le M-Pesa (4).


Celle-ci se sert du réseau téléphonique pour pallier un système bancaire défaillant, et connaît un immense succès. Aujourd'hui, 70% des adultes kenyans l'utilisent, soit 17 millions de comptes utilisateurs. Ce qui est intéressant ici, c'est de constater l'antériorité du M-pesa sur les autres monnaies ou application mobiles développées par la suite dans les pays occidentaux : le Google Wallet n'est lancé qu'en juillet 2010! On voit bien ici que l'innovation n'est pas l'apanage de cerveaux éduqués du "Nord", mais elle résulte bien de la conceptualisation d'un besoin et d'un potentiel d'utilisation spécifiques au "Sud". La technologie du M-Pesa a été imaginée au Kenya par les ingénieurs de Safaricom avant d'être développée par la société Sagentia à Cambridge (Royaume-Uni): les flux traditionnels d'import-export technologiques s'inversent.

Cette même logique éclaire le lancement de la première tablette africaine : Vérone Mankou, un entrepreneur congolais de 25 ans, se désolait de voir l'offre en supports de lectures électroniques polarisée entre très haut (l'Ipad) et très bas de gamme. Il a donc décidé de créer la Way-C (5), une tablette 7 pouces (donc plus proche d'un gros smartphone que l'Ipad), à un tarif accessible (moins de 200 euros). Il vient d'ailleurs de lancer un smartphone Elikia, dans cette même perspective (6). L'ingénierie de ces appareils numériques est locale. La production est chinoise, certes, mais la commande est congolaise.

Quelles sont les conséquences repérables de ces appropriations et de ces détournements sur les sociétés civiles?

La première, c'est qu'une nouvelle génération d'entrepreneurs est en train d'émerger, suscitée par la transition démographique africaine. Cette génération est liée à des lieux bien spécifiques : ce sont les espaces de coworking qui poussent sur le continent, comme par exemple le Jokkolabs (7) à Dakar, ou le Bantul@b à Brazzaville. Ces lieux où l'on accède au wifi gratuitement, et l'on dispose d'un espace de travail sont propices à l'organisation de barcamps ou autres réunion de geeks. Ils sont également souvent associés aux initiatives de bidouillage technologique et d'innovation, où se croisent recherche universitaire, art et start-ups (Fab Lab, medialab etc.). 
La seconde, c'est le développement de contenus innovants et vernaculaires, garantissant l'accès aux ressources culturelles et au patrimoine. La société de production de documentaire Doxa, basée à Capetown en Afrique du Sud, a décidé de lancer la première plateforme numérique d'archives de l'apartheid, en marge des initiatives inter voire multinationales. On ne compte plus le nombre d'éditeur de contenu destinés aux nouveaux médias: livres numériques ou bande-dessinées sur téléphone portable.

Enfin, la troisième, c'est l'importance du développement de la lecture numérique, qui signale également un recul de l'analphabétisme. En 2020, 80% des enfants de moins de 8 ans apprendront à lire sur un écran connecté ou un téléphone portable. Quelles humanités numériques cela peut engendrer, avec quels rapports aux cultures et aux savoirs?

C'est dans le but de soulever ces questions et d'y chercher des réponses que j'ai développé le projet "Digital Africa" pour l'Institut français (8) : un cycle d'échanges et de débat d'idées sur le saut technologique et l'innovation en Afrique associant artistes, entrepreneurs, éditeurs, chercheurs...

Certes, ces avancées technologiques pourront être nuancées, car 2 ou 3 téléphones portables sont bien inutiles pour un estomac vide. Toutefois, il est intéressant de voir dans quelle mesure les populations détournent les technologies pour répondre à des besoins spécifiques. En Afrique, "utility beats coolness" (9). Nous n'y sommes pas passé de l'ère des colons européens apportant l'électricité et le chemin de fer aux chinois déversant des technologies numériques. Ce qui est remarquable, c'est l'émancipation au moins partielle des sociétés à travers les usages. 
Et ce qu'il se passe en Afrique peut-être constaté dans d'autres régions du monde : les usages forgent les technologies, et générent des cartographies inédites qu'il faut repenser. Inspirons nous de la créativité numérique et des usages détournés du Sud!

Stéphan-Éloïse Gras, Consultante en édition numérique et en stratégie web



lundi 1 juillet 2013

Dans le manteau terrestre, les upwellings restent étonnamment stables

Le manteau terrestre est loin d’être un milieu statique, faute de quoi les continents ne se déplaceraient pas. Mais comment ces mouvements convectifs visqueux ont-ils évolué au cours des ères géologiques ? Une nouvelle approche a fourni d’étonnants résultats. Par exemple, les upwellings actuellement présents sous l’Afrique et le Pacifique n’ont pas changé de place depuis des millions d’années.

Les formations des chaînes de montagnes, mais aussi celles des bassins océaniques, sont des activités géologiques observables à la surface de notre planète, comme les éruptions volcaniques et les séismes. Or, elles sont liées à la tectonique des plaques, qui dépend elle-même desmouvements visqueux convectifs en cours dans le manteau terrestre. Ces liens sont supposés exister depuis plusieurs ères géologiques, mais cette information est difficile à confirmer. En cause, notre faible connaissance de l’historique des mouvements de matière dans le manteau.

Mais elle progresse, comme en témoigne une nouvelle étude parue dans Nature. L'équipe de Clinton Conrad, de la Manoa's School of Ocean and Earth Science and Technology (SOEST), est parvenue à établir un lien entre la dynamique du manteau terrestre et le mouvement des plaques tectoniques en surface. Or, cet historique est parfaitement connu. Il va de soi que pour réaliser une telle avancée, l’équipe a eu recours à des mathématiques et de la modélisation. L’un des résultats leur a littéralement coupé le souffle !



Cette coupe au travers de notre planète montre la position des deux upwellings majeurs présents dans le manteau (african upwelling et pacific upwelling), ainsi que le sens de déplacement des plaques terrestres (structures orange en périphérie) et océaniques visibles (lignes bleues épaisses). © Clinton Conrad, SOEST

Les points de divergence, clé pour l’étude du manteau

Clinton Conrad est parti du constat suivant : globalement, la plupart des plaques tectoniques tendent à se déplacer vers le nord, et à converger vers un point précis. En l’occurrence, il se situe dans l’est asiatique. Ainsi, le chercheur s’est demandé s’il n’y avait pas d’autres points de ce type qui caractérisent la tectonique des plaques, en se basant sur leurs moments bipolaires et quadripolaires. Trois autres lieux d’intérêt ont été trouvés, dont deux points de divergence. Ils se situent respectivement sous le centre de l’Afrique et au milieu du Pacifique.

Or, ils se trouvent justement là où se situent actuellement des upwellings majeurs dans le manteau, c’est-à-dire des mouvements de roches remontant vers la surface de notre planète. Ainsi, une association a été établie entre les points de divergence et les upwellings. Les chercheurs ont alors relancé leurs calculs pour suivre l’évolution de ces points au cours de ces 250 derniers millions d’années, depuis le début du Mésozoïque. Aucun changement significatif n’a été observé. Ainsi, les deux upwellings occupent une position stable depuis plusieurs ères géologiques, quelles que soient la taille et la position des continents.

Cette découverte pourrait bien jeter les bases d’une nouvelle approche visant à étudier les liens qui unissent la dynamique du manteau et les activités géologiques qui ont eu lieu à la surface de notre planète depuis des millions d’années. Elle pose également de nouvelles questions, sur lesquelles nombre de scientifiques risquent de s’arracher les cheveux. Par exemple, quels mécanismes maintiennent ces upwellings en place dans un environnement aussi dynamique que celui du manteau terrestre ?

Le 01/07/2013 à 13:30 - Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences

dimanche 30 juin 2013

Atlas des sols d'Afrique

À l'aide de cartes et d'illustrations en couleurs, le Soil Atlas of Africa (Atlas des sols d'Afrique) explique, de manière simple et claire, la diversité des sols du continent africain et souligne l'importance de cette ressource non renouvelable. Un groupe de renommée internationale de pédologues d'Afrique et d'Europe, coordonné par le service scientifique interne de la Commission européenne, le JRC, a contribué à la réalisation de cet atlas. L'objectif est de faire prendre conscience à tous les niveaux, des responsables politiques au grand public, de l'importance des sols pour la vie en Afrique.

Contexte

L'Atlas des sols est une initiative lancée en collaboration par l'Union européenne, l'Union africaine et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture en vue de soutenir et d'encourager l'utilisation durable des ressources du sol en Afrique et le Partenariat mondial sur les sols pour la sécurité alimentaire.

L'Atlas explique l'origine et les fonctions des sols, décrit les différents types de sols et leur utilité pour répondre aux problèmes tant locaux que mondiaux. Il traite aussi des principales menaces qui pèsent sur les sols et des mesures prises pour protéger les ressources du sol.

Quelques faits essentiels rapportés dans l'Atlas:

· 98 % des calories consommées en Afrique proviennent des ressources du sol africain.

· Les matières organiques du sol peuvent stocker plus de dix fois leur poids en eau, ce qui réduit les risques d'inondation et protège les nappes phréatiques.

· Les sols d'Afrique renferment environ 200 gigatonnes de carbone organique, soit 2,5 fois plus que n'en contiennent les plantes du continent.

· Les sols des forêts tropicales humides ne sont pas naturellement fertiles mais requièrent l'apport constant en matières organiques du couvert végétal naturel. La déforestation brise ce cycle.

· Plus de la moitié de la superficie de l'Afrique se compose de sols sablonneux (22 %), de sols caillouteux peu profonds (17 %) et de sols jeunes peu développés (11 %).

· Bon nombre des sols d'Afrique sont sévèrement dégradés par l'érosion et l'épuisement excessif des éléments nutritifs, ce qui explique la faible productivité des sols africains, en raison principalement du manque de nutriments végétaux qui ne sont pas compensés de manière satisfaisante par les engrais chimiques. En raison de la pauvreté rurale, les agriculteurs africains ne peuvent épandre, en moyenne, que 10 % des éléments fertilisants utilisés par les agriculteurs dans le reste du monde.

Source : Communiqué de presse de la Commission Européenne

http://www.mediaterre.org/actu,20130630033643,11.html

mercredi 5 juin 2013

Now is the time to invest in Africa: Japan's Abe

Africa will be an engine for world growth in coming decades, Japan's premier said Monday, wrapping up a meeting that saw Tokyo pledge huge aid as it tries to match China's growing involvement in the continent.

Shinzo Abe said Africa would be at the leading edge of economic expansion and Japan must make a commitment in a way that would benefit both sides.

"Africa will be a growth centre over the next couple of decades until the middle of this century... now is the time for us to invest in Africa," Abe told a press conference at the end of the three-day Tokyo International Conference on African Development (TICAD) in Yokohama near the capital.

"Japan will not simply bring natural resources from Africa to Japan. We want to realise industrialisation in Africa that will generate employment and growth," Abe said.

"The type of growth the TICAD recognises is not just figures... it (aims to) achieve high-quality growth by distributing benefits widely and deeply among people in the society," he said.

Despite relatively longstanding connections, Japan's importance to Africa has slipped behind that of China, whose more aggressive approach has given it five times the trading volume and eight times the direct investment.

Beijing is criticised in some corners for what is sometimes seen as little more than a resources grab, and for not linking investment with demands for improved human rights or more transparent governance in recipient countries.

Japanese officials have stressed the need to transform their country's relationship with Africa from one of donor-recipient to that of business partnership, as Tokyo's firms seek to tap a burgeoning market.

Even so, Abe opened the TICAD on Saturday with a pledge of 1.4 trillion yen ($14 billion) in aid.

The cash, half of which was to be dedicated to spending on much-needed infrastructure projects, is included in 3.2 trillion yen that Japan's public and private sectors will invest in Africa over the next five years.

The package will include $1 billion aid to be spent on helping stabilise the Sahel region.

Japan is also aiming to double jobs offered by its firms in Africa to 400,000 by the next TICAD in 2018.

Africa's desperate need for roads, rails, ports and power grids dovetails well with Abe's pledge to treble the value of Japanese infrastructure exports to 30 trillion yen a year by 2020.

The continent's growing middle class also makes an attractive target for Japan's firms, whose domestic market is greying and shrinking.

Participants in the five-yearly TICAD on Monday issued the Yokohama Declaration, which picked up the theme of developing Africa's business potential and moving away from aid.

"We will encourage expanded trade, tourism and technology transfer, and assist the development" of small and mid-size local companies, it said.

"We will also support regional integration to expand intra-regional trade and create new opportunities for private-sector development and employment.

"Affirming that the private sector is a vital engine of growth, we will support and strengthen the private sector, promote greater private investment, and improve the investment climate and legal and regulatory frameworks."

Participants at the conference -- co-hosted by the African Union, the World Bank and the United Nations Development Programme -- said they want to improve production for farmers, who make up much of Africa's economy.

An "action plan" adopted Monday set goals of boosting growth in the agriculture sector by six percent and doubling rice production by 2018 compared to 2008 levels.

China said it hoped Japanese assistance would contribute to Africa's peace and development.

"We also hope Japan can follow through on various commitments it has made so as to deliver real benefits to African people," said foreign ministry spokesman Hong Lei in Beijing.

"China has provided selfless help to Africa for a long time and we will continue to do so."



by Staff Writers
Yokohama, Japan (AFP) June 03, 2013

dimanche 26 mai 2013

L’Enseignement supérieur en Afrique (1) : Etats des lieux et défis

L’éducation est l’un des moteurs de la croissance économique et du développement humain. Cette assertion est depuis longtemps reconnue par les experts et organisations internationales. Si les niveaux primaire et secondaire font l’objet d’investissements pour le développement de l’Afrique, l’apport du niveau supérieur à la croissance africaine a longtemps été négligé. Avec la nécessité d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) pour réduire la pauvreté, l’intérêt pour l’enseignement supérieur devient aujourd’hui incontournable pour assurer une croissance inclusive. Ne serait-ce que pour le rattrapage des pays avancés, les pays africains ont besoin d’ingénieurs, de cadres et de chercheurs capables de comprendre et de mettre en œuvre les nouvelles technologies inventées dans les pays développés. En présentant l’état des lieux et les défis de l’enseignement supérieur en Afrique, cet article introduit une série de publications sur l’analyse et la compréhension des différents modèles universitaires africains.

Etat des lieux : Un secteur en crise

Le système universitaire africain traverse une crise: deux constats amènent à cette conclusion. D’abord, le rayonnement international des établissements africains est à construire. D’après le classement mondial de Shanghai, une seule université africaine se positionne dans le top 300 alors qu’on y décompte 130 universités américaines, 123 universités européennes et 35 universités asiatiques. A l’échelle internationale, les universités africaines ont donc une place à conquérir.

Ensuite, les étudiants africains ont une mobilité importante. Pour beaucoup de pays africains, le taux de mobilité vers l’étranger (rapport entre le nombre d’étudiants africains à l’étranger et celui des étudiants restés dans les établissements nationaux) était supérieur à 25% en 2008. Celle-ci s’effectue à la fois au sein du continent et à l’extérieur de celui-ci. Le graphique ci-dessous montre les principales destinations prisées par les étudiants mobiles d’Afrique.



Cette mobilité pourrait être envisagée de façon positive. En effet, elle est vectrice de gain de productivité pour le continent car les étudiants partis étudier à l’étranger gagnent en expertise. Cependant, pour que ces gains de productivité soient effectifs, il faudrait que les étudiants mobiles reviennent dans leur pays d’origine. Or, bien souvent l’effet inverse se produit, l’Afrique est victime d’une « fuite de cerveaux ». Cette mobilité est souvent le reflet d’un mal-être de l’enseignement supérieur africain. Les étudiants immigrent car ils trouvent des opportunités meilleures hors de leur pays.

Les défis : gérer les effectifs et accroître les ressources

Comment expliquer un tel retard de l’enseignement supérieur africain? Quelles sont les défis à relever ?

Les rapports de la Banque mondiale (*) et de l’Unesco (**) nous permettent de distinguer les problèmes majeurs qui entravent le rayonnement de l’enseignement supérieur en Afrique.

L’enjeu clé pour le continent africain est de faire face à la croissance explosive des effectifs dans l’enseignement supérieur. Ainsi, les effectifs scolarisés en Afrique subsaharienne sont passés de 200 000 à 4,5 millions entre 1970 et 2008 selon le rapport de la Banque Mondiale. Cette augmentation fulgurante des effectifs a été soudaine et peut en partie s’expliquer par le développement de la scolarisation au niveau secondaire. Les universités, peu préparées aux répercussions d'un tel accroissement ont tenté d’accorder des places à cette nouvelle masse d’étudiants au détriment de la qualité de l’enseignement. Ce manque de places au sein des universités est d’autant plus alarmant qu’on constate que la participation à l’enseignement supérieur des populations d’Afrique subsaharienne est très en dessous de la moyenne mondiale. En effet, leur taux brut de scolarisation (TBS) est de 6% en 2007 contre un taux brut mondial de 28%, selon les données statistiques de l’Unesco. Qu’arrivera-t-il alors lorsque la participation scolaire africaine aura rattrapé la moyenne mondiale ?

Source: Institut Statistique de l'Unesco

On sait que la demande de scolarisation n’ira pas en diminuant étant donné les perspectives démographiques des années à venir. Il est donc urgent pour les universités africaines d’apprendre à gérer la croissance des effectifs scolarisés tout en maintenant la qualité de leurs formations.

Pour résoudre ce premier problème, il faut en solutionner un second : l’insuffisance des ressources des universités africaines. Bien que la situation reste très contrastée à l’échelle continentale, on constate que de nombreux pays au bas taux de scolarisation brut souffrent d’un coût unitaire par étudiant très élevé. Selon le bulletin d’informations de l’Unesco, Le Burkina Faso, le Burundi, l’Éthiopie, le Madagascar, le Niger, le Rwanda, l’Ouganda, la République Centrafricaine et le Tchad présentent des niveaux de dépenses publiques concernant l’éducation qui dépassent 100 % du PIB par tête, alors que leur TBS pour l’enseignement supérieur est inférieur à 5 %. Si à long-terme la réduction des coûts unitaires par étudiant est inévitable ; à court-terme il est important pour les universités africaines de réorganiser la répartition de leurs ressources, afin d’encourager la recherche et le renouvellement des outils pédagogiques. Ces deux défis passent par l’autonomisation financière de l’enseignement supérieur vis-à-vis de l’Etat.

Par ailleurs, pour contribuer à la croissance de demain, l’enseignement supérieur africain doit réussir à adapter son offre de formation à l’offre du marché de l’emploi. Il faut que les étudiants puissent être orientés vers les filières porteuses d’emplois et encouragés à se tourner vers des métiers créateurs d’emplois tels que l’entreprenariat, l’agriculture, les NTIC et les énergies renouvelables.

Le dernier enjeu n’est pas des moindres, l’enseignement supérieur africain devra réduire les inégalités entre les sexes. Malgré une évolution notable, les femmes sont toujours sous-représentées en matière de scolarisation supérieure dans le continent africain. Le TBS dans l’enseignement supérieur des femmes en Afrique subsaharienne s’élève à 4,8 %, contre 7,3 % pour les hommes selon les données statistiques de l’Unesco.

C’est en gardant en mémoire ces différents enjeux que l’on s’intéressera aux universités d’Afrique. Comment s’adaptent-elles à ces différentes contraintes ? Quelles sont leurs atouts et leurs défauts ? Quel avenir réservent-t-elles à l’Afrique ? Comment peuvent-elles contribuer à une croissance inclusive en Afrique ?

Débora Lésel

(*)Document de travail de la Banque Mondiale n°103 : « Enseignement supérieur en Afrique francophone. Quels leviers pour des politiques financièrement soutenables »

(**) Bulletin d’informations de l’ISU. Décembre 2010.N°110 « Tendance dans l’enseignement supérieur : l’Afrique subsaharienne »

http://terangaweb.com/lenseignement-superieur-en-afrique-1-etats-des-lieux-et-defis/

vendredi 4 mai 2012

Les aéroports méditerranéens très mal classés

MÉDITERRANÉE. Aucun aéroport méditerranéen n'est présent dans le Top 10 des meilleurs aéroports mondiaux publié par Skytrax lors de son annuel World Airport Awards 2012. Pour trouver des plate-formes du bassin méditerranéen, il faut aller dans les catégories régionales.

Dans la catégorie "meilleurs aéroports d'Afrique", dominée par les aéroports sud-africains, celui du Caire se glisse à la quatrième place et Marrakech Manara prend la huitième place alors que Tunis Carthage décroche la dixième.

Le Novotel de l'aéroport du Caire emporte la troisième place des meilleurs hôtels d'aéroports du continent africain.

Dans celle des "meilleurs aéroports d'Europe" ne se trouvent que les aéroports internationaux de Barcelone (7e) et d'Athènes (10 e). Ces deux plateformes occupent, tout naturellement, les deux premières places de la catégorie "meilleurs aéroports du sud de l'Europe" suivis par Madrid Barajas, Porto, Istanbul Atatürk, Malte, Lisbonne, Nice Côte d'Azur, Palma de Majorque et Marseille Provence.

L'aéroport international de Barcelone se classe également neuvième du palmarès des aéroport de 30 à 50 millions de passagers et celui de Palma de Majorque, dixième des aéroports de 20 à 30 millions de passagers. L'aéroport de Porto et celui de Malte occupent respectivement les huitième et dixième places des aéroports de moins de 10 millions de passagers.

Barcelone Barajas se positionne à la cinquième place des meilleurs terminaux mondiaux avec son Terminal 4.

Depuis 1999 et le premier palmarès, les World airports awards sont décernés après une enquête menée auprès de 12 millions de passagers dans 388 aéroports dans le monde.

Voir l'ensemble des résultats des World Airports Awards 2012

Frédéric Dubessy

Vendredi 4 Mai 2012

http://www.econostrum.info/Les-aeroports-mediterraneens-tres-mal-classes_a10171.html

jeudi 3 mai 2012

Les internautes se multiplient au Maroc grâce au programme Maroc Numeric 2009-2013

Le Maroc enregistre la plus forte augmentation du nombre d'internautes en Afrique du Nord selon le cabinet international d'intelligence économique, Oxford Business Group.

L'étude démontre que la stratégie marocaine de développement de l'information et de l'économie numérique porte ses fruits. L'opération, baptisée Maroc Numeric 2009-2013 et lancée en 2009 par le Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, s'organise, "autour de quatre priorités stratégiques : la transformation sociale par les technologies de l’information (TI) ; l’orientation des services publics vers les usagers ; l’informatisation des petites et moyennes entreprises (PME) ; le développement de l’industrie des technologies de l’information au niveau national".

Les résultats ne sont pas faits attendre : le nombre d'internautes s'est multiplié (49% de la population dorénavant) et il s'agirait selon le cabinet "d’un des taux les plus hauts d’Afrique du nord et le déploiement de la technologie 4G et des réseaux de fibres optiques prévu pour cette année devrait permettre à encore plus de Marocains de se connecter". Le cabinet surenchérit : en moins de trois ans, le pays aurait enregistré une hausse globale du nombre d’abonnements à Internet de 300%.

Les entreprises sont les premières concernées par l'équipement et l'accès à Internet, le cabinet rapporte ainsi que "selon l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT), 98% des entreprises marocaines de plus de 10 employés étaient équipées d’ordinateurs en 2010, parmi lesquelles 91% bénéficiaient d’un accès à Internet".

Mais le cabinet note certains freins au développement du réseau : le coût et le taux d'équipement en ordinateur. Le coût du haut débit reste élevé pour la plupart des Marocains, "bien que le Maroc ait réussi à se doter de prix parmi les plus bas d’Afrique et d’un des taux de pénétration les plus hauts du continent (...) en septembre 2010, la facture mensuelle moyenne de l’ADSL était de 116 dirhams (10,4 €) alors que la facture de 3G était de 37 dirhams (3,3 €)". D'autre part, le taux d’équipement en ordinateur étant bas (34% des foyers équipés d’un ordinateur personnel), l'agence dénombre 8 millions d'internautes qui accèdent à Internet depuis des cybercafés.

Voir l'ensemble du rapport

Astrid Jousset

Jeudi 3 Mai 2012

http://www.econostrum.info/Les-internautes-se-multiplient-au-Maroc-grace-au-programme-Maroc-Numeric-2009-2013_a10158.html

vendredi 30 mars 2012

L'éolienne Anemoos 3 s'envolera bientôt pour la Tunisie


Inauguration à Monaco de l'éolienne Anemoos 3 (photo Anemoos)

FRANCE / MONACO / TUNISIE. L'inauguration de l’éolienne Anemoos 3 à l'occasion duSalon International Ever Monaco du 22 au 25 mars 2012 a abouti à la signature de trois accords de distribution pour l'ouverture d'entités Comodos-Anemoos en Tunisie notamment mais aussi au Canada et en Côte d'Ivoire.

Basée en France à Carros, près de Nice, la société Anemoos développe et commercialise une gamme d'aérogénérateurs à axe vertical. La société monégasque Comodos s'occupe de la Recherche et Développement.

Le modèle Anemoos 3 représente "la première éolienne en polymère recyclé, sans bruit ni impact visuel conçue en France, recyclable et compensée carbone à 100% par laFondation Prince Albert II de Monaco ". L'inauguration, au côté du Prince Albert II de Monaco, visait à mieux faire connaître l'Anemoos, "une solution durable de production d'énergie" selon ses concepteurs (Comodos-Anemoos).

Après l'Europe, des représentants de la marque prévoient de se rendre prochainement sur le continent africain pour développer ce concept d'éolienne.

Les deux entreprises tablent sur une forte croissance de leur entreprise d’ici à 2015, "d'autant que les Nations-Unies ont décidé de proclamer 2012, année Internationale de l'énergie durable pour tous, il est clair qu'avec un tel positionnement, l'énergie éolienne va connaître un regain d'intérêts !".

Après huit années de recherche et développement, l'Anemoos 3+ et l'Anemoos 6 s'avèrent être déjà en recherche et développement en France.

Astrid Jousset

Vendredi 30 Mars 2012

http://www.econostrum.info/L-eolienne-Anemoos-3-s-envolera-bientot-pour-la-Tunisie_a9620.html

vendredi 16 septembre 2011

Comment l’eau a déserté l’Afrique

 
Lac Tchad (Cameroun, Tchad, Niger, Nigeria), 1972


Au sud du Sahara, le lac Tchad était le second plus grand bassin hydrographique d’Afrique.
Lac Tchad (Cameroun, Tchad, Niger, Nigeria), 2007

Depuis les années 60, les précipitations chutent alors que l’irrigation des terres a augmenté. Résultat : le lac Tchad couvre maintenant moins de 10% de la surface qu’il occupait à l’époque.
Lac Faguibine, Mali, 26 déc. 1978

Situé au sud du désert du Sahel, le lac Faguibine était l’une des plus grandes étendues d’Afrique de l’Ouest (590m2).
Lac Faguibine, Mali, 18 janv. 2010

Frappé par les grandes sécheresses des années 70 et 80, le lac a lentement décliné jusqu’à s’assécher complètement dans les années 90. Aujourd’hui, le gouvernement travaille à dégager les canaux alimentant le lac.
Complexe forestier de Mau, Kenya, 1er fevr. 1973

Avec ses 400 000 ha, c’est le plus important complexe forestier et la plus grosse source d’eau de la vallée du Rift. Il alimente notamment le lac Victoria.
Complexe forestier de Mau, Kenya, 21 déc. 2009.

Malgré son importance vitale, la déforestation a détruit plus de 100 000 hectares depuis 2000. Un plan de réhabilitation est engagé.
Parc national du Diawling, Mauritanie, Sénégal, 30 sept. 1979

Les nombreux épisodes de sécheresses touchant le delta du fleuve Sénégal ont décimé la végétation et les stocks de poissons.
Parc national du Diawling, Mauritanie, Sénégal, 6 oct. 2006

Le barrage de Diama (flèche jaune) achevé en 1986, et celui de Manantali au Mali en 1981, ont irrigué le delta et permis la production d’électricité. Mais des problèmes de drainage se posent désormais : la terre est saturée en eau et trop salée.
Fleuve Sénégal, Sénégal, Mauritanie, 17 octobre 1984.

Le bassin du fleuve pendant les grandes sécheresses des années 1970 et 1980.
Irrigation des terres, fleuve Sénégal, Sénégal, Mauritanie, 6 oct. 2009


La construction des barrages de Manantali et Diama a permis l’irrigation du bassin du Sénégal, notamment celle des rizières. Mais les problèmes d’infrastructures et de drainage restent encore à résoudre.

Diaporama - Des lacs asséchés, des forêts dévastées mais aussi quelques zones restaurées : dans leur atlas sur l'eau en Afrique les Nations unies se sont prêtés au jeu du avant/après. Zoom en images.
           
224 cartes, 104 images satellites, quelques 500 graphiques et des centaines d’autres photos : l’Atlas de l’eau en Afrique publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement expose en images la vulnérabilité des ressources en eau sur ce continent. On peut y voir la transformation frappante des écosystèmes locaux dans plusieurs bassins hydrographiques : l’assèchement du lac Tchad, l’érosion du delta du Nil ou encore la prolifération des algues dans le lac Victoria.

L’atlas met également en valeur les nouvelles solutions et les exemples de réussites sur les terres africaines. Il montre notamment en détails comment la conservation des eaux de pluie peut améliorer la sécurité alimentaire dans les régions sujettes à la sécheresse.

A l’heure actuelle, seuls 26 des 54 pays du continent sont sur la bonne voie pour atteindre l’un des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), visant à réduire de moitié la proportion de la population mondiale n’ayant pas durablement accès à l’eau potable.

Le rédacteur :  Marie Molinario