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samedi 5 octobre 2013

Un tiers des emplois européens dépend de droits de propriété intellectuelle

Les industries utilisatrices de droits de propriété intellectuelle (DPI) représentent plus d’un tiers des emplois dans l’UE, selon une enquête paneuropéenne.

L'Office européen des brevets et l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur, basés respectivement à Munich et à Alicante, ont réalisé conjointement une enquête sur la propriété intellectuelle. Les industries très utilisatrices de DPI génèrent chaque année 39 % du produit intérieur brut de l’UE, soit 4,7 mille milliards d'euros, d’après ce rapport.

Selon l'étude Les industries grandes utilisatrices de droits de propriété intellectuelle (DPI) : contribution à la performance économique et à l'emploi dans l'Union européenne, le fait qu'une industrie soit une grande consommatrice de DPI est une caractéristique intrinsèque de cette industrie.

Les brevets, les marques, les dessins et modèles, les droits d’auteur et les indications géographiques sont les principaux DPI. Le rapport conclut que 41 % des industries de l'UE étaient des grandes utilisatrices en DPI. Les industries de premier plan sont l'ingénierie, l'immobilier, les finances, les assurances, la fabrication des moteurs de véhicule, la vente au détail, les ordinateurs et la pharmaceutique.

Publié par : Temey, le Mercredi 02 Octobre 2013 - 06:00

lundi 30 septembre 2013

Europe : la propriété intellectuelle, garante de l'économie et l'emploi

D'après une étude

Le droit de propriété intellectuelle était à l'honneur ce matin suite à la publication d'un étude réalisée par l'Office européen des brevets et l'Office d'harmonisation dans le marché intérieur.Secteurs à forte intensité de droits de propriété intellectuelle: contribution aux résultats économiques et à l'emploi dans l'UE permet de mieux mesurer l'importance du DPI dans l'économie de l'Union.



Russ and Lori, CC BY 2.0

Au sein de l'Union européenne, l'activité économique représentant 4700 milliards € annuellement est alimentée à 39 % par des secteurs où le DPI est très présent. On compte ainsi 26 % d'emplois directs, soit 56 millions, et 9 % d'emplois indirects dans ces domaines, parmi l'ensemble des emplois au sein de l'UE. Dans ses grandes conclusions, l'étude montre que la rémunération moyenne dans les secteurs à forte intensité de DPI dépasse de plus de 40 % celle des autres secteurs.

En outre, parmi les domaines où le DPI est particulièrement important, est évidemment cité l'édition de livres, au travers du droit d'auteur - avec la fabrication d'outils à main moteur, les produits pharmaceutiques ou encore montres et horloges ou les produits laitiers, si, si.

Le secteur industriel recourant au droit d'auteur représenterait 7,049 millions d'emplois directs en Europe, soit 3,2 % de l'ensemble de l'emploi et 2,331 millions en emplois indirects.

L'Union européenne dans son ensemble enregistrait un déficit commercial d'environ 174 milliards d'euros, soit 1,4 % du PIB. Étant donné que les industries grandes utilisatrices en DPI dans leur ensemble représentent une part plus importante dans les exportations de l'Union que dans ses importations, elles ont une influence positive sur la situation commerciale de l'Union européenne.

L'Union européenne enregistre un déficit commercial dans les produits grands utilisateurs de marques et brevets, qui est partiellement compensé par des excédents commerciaux dans les secteurs grands utilisateurs de droits d'auteur, de dessins et modèles et d'indications géographiques.


Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur et aux services, explique : « Je suis intimement convaincu que les droits de propriété intellectuelle jouent un rôle éminemment important dans la stimulation de l'innovation et de la créativité, raison pour laquelle je salue la publication de cette étude qui confirme que la promotion des DPI est corrélée à la croissance et à l'emploi. Cette nouvelle contribution va nous permettre de continuer à étayer nos politiques sur des éléments concrets. Elle nous enseigne que les droits de propriété intellectuelle sont omniprésents: qu'il s'agisse des industries de pointe ou des fabricants d'articles de sport, de jouets et de jeux vidéo, tous ces secteurs font largement appel, souvent non pas à un seul, mais à plusieurs types de droits de propriété intellectuelle.»

De son côté, Benoît Battistelli, le président de l'Office européen des brevets, souligne que « ce rapport montre que l'avantage conféré par les brevets et les autres DPI ne relève pas de la simple théorie économique. Pour les entreprises innovantes, les actifs incorporels ont acquis une importance capitale. Pour les PME en particulier, mais également pour les centres de recherche et les universités, les brevets ouvrent souvent la porte aux capitaux et aux partenaires commerciaux. Pour rester compétitive dans l'économie mondiale, l'Europe doit continuer à encourager la mise au point et l'utilisation de nouvelles technologies et innovations ».

« Cette étude est le résultat d'une étroite collaboration entre des experts issus de différents pays et agences, qui se sont appuyés sur une méthodologie transparente et reproductible. Elle a eu pour but d'examiner dans quelle mesure les secteurs à forte intensité de DPI influencent l'emploi, le PIB et les échanges dans l'UE. Nous avons là une réponse claire. Ces secteurs ont une influence, une influence forte », conclut António Campinos, le président de l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur.



Le lundi 30 septembre 2013 à 14:18:18

mardi 23 juillet 2013

Créer à l’heure du numérique : propriété intellectuelle, droit d’auteur, enjeux et évolutions

Au premier semestre 2013, j’ai eu l’occasion d’animer des séances de formations au Labo de l’édition à Paris, concernant les aspects juridiques de la création à l’heure du numérique.

Book remix. Par Echoln. CC-BY-SA. Source : Flickr.

Voici le support que j’ai utilisé à cette occasion, sous licence Creative Common (CC-BY).




Le programme de la formation était assez vaste, et la commande qui m’avait été faite présentait l’intérêt de mettre autant l’accent sur la protection des droits d’auteur que sur les stratégies d’ouverture liées aux licences libres ou de libre diffusion.

Définition et enjeux du droit d’auteur :

Les principes de base du droit d’auteur ; Règles juridiques applicables aux différentes formes de contenus : textes, images, sons, vidéos, etc ; L’application du droit d’auteur dans l’environnement numérique ; Cas concrets : blogs, wikis, médias sociaux et plateformes de partage de contenus. L’évolution du contrat d’édition.

Protéger mes contenus multimédia :

Les différentes modalités de protection par le droit d’auteur ; Les moyens de recours en cas de violation ; La rédaction des mentions légales d’un site Internet ; L’équilibre à trouver entre protection et diffusion.

Identifier les modèles alternatifs au droit d’auteur :

Licences libres et Open Source ; l’exemple des licences Creative Commons ; Stratégies d’édition et de diffusion de contenus sous licence libre ; Exemple de modèles économiques basés sur les licences libres.

Emprunter et remixer dans le respect du droit d’auteur :

Reprise de contenus et respect du droit d’auteur ; Droit de citation sur Internet ; Le problème particulier du Remix et du Mashup ; les pratiques de curation de contenus et le droit.

Le plus stimulant pour moi dans cette formation est qu’elle m’a donné l’occasion d’intervenir devant un public différent de celui que je touche habituellement, à savoir des auteurs, des éditeurs et des entrepreneurs développant des services numériques. Les échanges avec ces professionnels et la discussion autour de leurs expériences ont été extrêmement enrichissants. Il faudrait avoir davantage l’occasion de pouvoir ainsi croiser les approches.

Posted on 22 juillet 2013par calimaq

samedi 14 avril 2012

Tunisie : L’INNORPI ciblé par un jumelage franco-espagnol

L'Institut National de la Normalisation et de la propriété Industrielle (INNORPI) a annoncé, hier, à Tunis, l'entrée en vigueur du contrat du projet de jumelage institutionnel franco-espagnol orienté vers la Tunisie et intitulé « développement des mécanismes du marché et de la concurrence au travers de la normalisation, de la certification et du registre du commerce ».

En vertu de ce contrat, signé le 29 décembre 2011 entre l'INNORPI, l'Association Française de Normalisation (AFNOR) et l'Association Espagnole de Normalisation et Certification (AENOR), les cadres et responsables de l'INNORPI bénéficieront des expertises techniques sur place, de visites d'études à des institutions européennes et de séances de formation.

Les quatre axes principaux du travail dans le cadre de ce projet de jumelage ont trait à la normalisation, à la certification, au registre central du commerce et au renforcement des structures de l'INNORPI.

Ce jumelage ou transfert d'expertise, s'étalant sur 24 mois (2012-2013), permettra à l'INNORPI de bâtir un système de normalisation et une politique de certification optimisée, l'objectif étant d'assurer, par le biais du registre de commerce, la transparence des informations légales sur les sociétés tunisiennes et d'accroître l'efficacité de ses processus internes et de ses actions de communication externes.

Ce projet de jumelage institutionnel s'inscrit dans le cadre du programme d'Appui à l'Accord d'Association et au plan d'action voisinage P3A (II) financé par un don de 1000 mille euros, accordé par l'Union Européenne.

Source : www.tunisiait.com

Publié par : Temey, le Vendredi 13 Avril 2012 - 06:00

http://www.invention-europe.com/Article627697.htm

jeudi 5 avril 2012

La Tunisie adhère à l'Accord de La Haye

La Tunisie adhère à l'Accord de La Haye sur la propriété intellectuelle

L'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a annoncé le dépôt par le Gouvernement tunisien, le 13 mars 2012, des instruments de son adhésion à l'Acte de Genève de l'Accord de La Haye relatif à l'enregistrement international des dessins et modèles industriels, adopté à Genève le 2 Juillet, 1999 («Acte de Genève"). Selon l'OMPI, le système de La Haye concernant l'enregistrement international des dessins et modèles industriels fournit un mécanisme pour l'enregistrement d'un modèle dans les pays et / ou organisations intergouvernementales membres de l'Accord de La Haye. Il est administré par le Bureau international de l'OMPI à Genève, en Suisse.

Ce système donne au propriétaire d'un dessin ou modèle industriel la possibilité d'avoir son dessin ou modèle protégé dans plusieurs pays en déposant simplement une demande auprès du Bureau international de l'OMPI. Un enregistrement international produit les mêmes effets dans chacun des pays désignés, comme si le dessin avait été enregistré directement auprès de chaque office national, à moins qu'une protection soit refusée par le bureau national de ce pays.

Le système de La Haye simplifie la gestion d'un enregistrement de dessin industriel, car il est possible d'enregistrer les modifications ultérieures ou de renouveler l'enregistrement en une seule étape procédurale avec le Bureau international de l'OMPI. L'Acte de Genève entrera en vigueur, pour ce qui concerne la Tunisie, le 13 juin 2012.

Source : www.africanmanager.com


Publié par : Temey, le Jeudi 05 Avril 2012 - 06:02

http://www.invention-europe.com/Article627689.htm

dimanche 21 août 2011

Les droits de propriété : véritable clef du succès économique

Un consensus s’accorde à dire qu’il y a une indéniable corrélation entre des institutions saines et le développement d’un pays. Il paraît donc primordial de promouvoir l’institution qui aux yeux de la plupart des économistes est la plus importante de toutes : les droits de propriété.

Durant l’ère communiste, ces droits ont été mainte fois bafoués avec les conséquences économiques et sociales que nous connaissons. Aujourd’hui encore, dans bien des régions du globe ils continuent d’être violés. Face à une corruption foudroyante, un propriétaire est encore trop souvent incapable de dire « ce bien m’appartient, et j’en dispose comme bon me semble ».

Lorsque les droits de propriété ne sont pas sécurisés – ou pire, absents –, les incitations à investir en souffrent. En effet, les coûts de transaction augmentent considérablement en raison du manque de formalisation et d’organisation administrative, et il n’existe souvent pas d’éléments suffisants pour garantir la fiabilité de la transaction du bien. Ceci est vrai aussi bien pour les habitants locaux que pour les investisseurs étrangers qui se méfient d’intégrer ce genre de marchés. En conséquence, la formation de capital est réduite et les investissements demeurent à petite échelle.

Un système formel de propriété intègre des informations dans des registres. Les transactions sont ainsi sécurisées du fait d’une traçabilité de qualité. Être propriétaire d’un bien provoque une certaine identification avec celui-ci. La propriété entraine donc une responsabilité : aussi bien que le propriétaire est le bénéficiaire du produit de la vente du bien, il est également le responsable en cas de non respect d’un contrat par exemple. La propriété formelle engendre donc des incitations à se responsabiliser, améliorant d’autant plus le climat de confiance, lubrifiant essentiel des échanges économiques entre les membres d’une société.

Dans biens des pays en voie de développement, les habitants disposent souvent de droits naturels coutumiers sur leur propriété: chacun sait à qui appartient telle ou telle maison du village, et cela est respecté. Cependant, il n’existe pas, ou peu, de droits formels et légaux permettant de prouver cela devant la loi. Chose incroyable, la valeur de ce capital informel dans le Tiers-monde, appelé également par Hernando de Soto le « capital mort », est estimé à plus de 9000 milliards de dollars (bien plus donc que l’aide financière envoyée ces dernières décennies). Dans ces conditions, on empêche le droit de propriété de représenter le potentiel économique des biens. La fongibilité des propriétés est ainsi restreinte ce qui se répercute sur la division du capital et du travail. Toute chance de progrès économique est dès lors sérieusement diminuée.

La valeur des biens détenus par les habitants des pays « pauvres » est donc gigantesque, et pourtant est considérée comme « morte » puisqu’elle ne peut être monétisée par la vente du bien. Un autre effet désastreux d’un système sans droits de propriété est l’impossibilité pour les propriétaires d’utiliser leurs droits comme garantie de prêt auprès d’une institution financière (aux États-Unis, pas moins de 70% des emprunts pour financer des investissements sont rendus possible grâce aux titres de propriété en guise de garantie). L’accès réduit au crédit restreint encore une fois la formation de capital, décourage l’investissement, et rend donc difficile toute croissance économique.

L’économie chinoise illustre bien l’importance des droits de propriété. Bien que la protection des droits de propriété soit restée faible au niveau fédéral, ce pays encore communiste a enregistré une croissance variant entre 7 et 9 % ces deux dernières décennies. Ceci est dû principalement à la protection et le respect de ces droits au niveau régional ce qui a favorisé l’investissement étranger.

Bien d’autres exemples encore démontrent la bienfaisance d’un système respectant les droits de propriété. Mais s’il y a en effet une corrélation positive entre la protection des droits de propriété et le développement économique d’un pays, pourquoi un tel système n’est-il pas instauré partout ?

Il est important de rappeler à cet égard que chaque pays est fortement rattaché à sa culture, sa tradition, son histoire, et il est donc essentiel de prendre ces éléments en compte lors de tout projet de réforme. Il y a, par exemple, à côté des droits formels de propriété, souvent une multitude de droits informels qui ne sont donc articulés dans aucun texte de loi. Une politique de “one-size-fits-all” à travers laquelle les mêmes normes sont imposées de la même manière aux différentes nations, ne serait donc tout simplement pas efficace, ni respectueuse.

Il existe principalement deux approches pour générer un environnement propice aux droits de propriété : une voie évolutionnaire avec des interventions décentralisées et flexibles optant pour un changement graduel des institutions informelles, c'est-à-dire en influençant les habitudes des habitants d’un pays. Cette approche demande une compréhension plus profonde du contexte historique, social et culturel de la région. L’autre est une voie législative avec des interventions plus centralisées et dédiées à obtenir un changement radical au sein même des institutions formelles.

De nos jours, les économistes s’accordent à dire qu’une combinaison des deux approches est préférable, puisqu’un réel changement dans une société s’obtient d’une part par des réformes de fond dans les institutions existantes, et d’autre part, par une politique culturelle qui demande la participation de tous les habitants d’un pays.

Alors que bien des pays d’Afrique et du Moyen-Orient connaissent actuellement un nouvel envol démocratique, nous ne pouvons qu’espérer que des décisions judicieuses soient prises en matière de droits de propriété. Un état dans lequel ces derniers sont protégés et respectés présente non seulement un atout économique, mais répond également aux aspirations profondes et naturelles de l’être humain pour son épanouissement et sa dignité.

Imre de Habsbourg-Lorraine, Fondation Atlas pour la recherche économique.

Le 17 août 2011.

http://unmondelibre.org/Habsbourg_Lorraine_170811

jeudi 11 août 2011

Les titres de propriété intellectuelle sont utilisés comme des outils stratégiques




Nombre de brevets logiciel déposés chaque année aux Etats-Unis - CC Wikipedia

Ces dernières semaines, les attaques entre géants des nouvelles technologies se sont multipliées. En cause, les brevets logiciel déposés par ces sociétés, couvrant parfois leurs innovations et, plus souvent, leur permettant de poursuivre leurs concurrents. Wikipédia définit le brevet logiciel comme « un droit exclusif d’exploitation portant sur une méthode mise en œuvre à l’aide d’un ordinateur ».

Stéphanie Carré, maître de conférence au Centre d’Etudes Internationales de la Propriété Intellectuelle (CEIPI) de Strasbourg, fait le point sur le droit américain des brevets logiciel et sur la pratique des patent trolls (trolls des brevets), qui sévit depuis quelques années.

Quel était l’objectif des brevets logiciel lorsqu’ils sont apparus aux Etats-Unis en 1981 ?
La principale raison était d’ordre économique. Il y avait trois possibilités pour protéger les logiciels : les brevets, déjà utilisés en matière industrielle, les marques, ou le copyright. Finalement le brevet, solution prééxistante, a été choisi, apparaissant comme suffisamment satisfaisant pour les éditeurs de logiciel.

Certaines entreprises déposent de nombreux brevets sans jamais les développer. Cela ne va-t-il pas à l’encontre de l’idée de promotion de l’innovation ?
C’est une pratique qui s’appelle le patent troll. On n’exploite pas une technologie, mais on garde le brevet pour agir contre les autres. C’est effectivement contraire à l’esprit premier qui est de récompenser le travail d’un inventeur, et cela va à l’encontre de l’innovation en général. De plus en plus, les titres de propriété intellectuelle sont utilisés comme des outils stratégiques. Pas seulement pour se protéger contre les autres, mais également pour se réserver un monopole sur le logiciel et tout ce qui pourrait être créé. On peut créer un monopole de fait pour attaquer les concurrents. Finalement, comme tout le monde a adopté cette politique, toutes ces entreprises ont des brevets à opposer aux autres pour se protéger en cas de poursuite pour violation de brevet. A partir du moment où l’on considère que les brevets vont être un pare-feu, on peut en déposer plus facilement. Ainsi, le coût du dépôt d’un brevet est très largement compensé pas les gains lors des procès que ces entreprises s’assurent de gagner. Or, spéculer sur les brevets est très éloigné de l’objectif initial, donc ils peuvent être remis en cause. C’est ce qui peut notamment arriver avec des actions en nullité, qui vont supprimer tout l’effet juridique du brevet, ou des obligations de donner une application pratique au brevet déposé.

Quel est le rôle de l’USPTO dans ce déferlement de brevets déposés ?
Aux Etats-unis, c’est l’USPTO, l’office américain des brevets et des marques qui émet les brevets. Le rôle de l’office est de contrôler leurs conditions de dépôt. Il va contrôler la nouveauté et la possible application industrielle du logiciel breveté. Qu’il s’agisse de l’USPTO ou de l’Office Européen des Brevets (OEB), ces organismes sont financés exclusivement par les frais engagés lors du dépôt d’un brevet. Il y a donc eu une tendance, malgré les conditions imposées, à avoir une appréciation souple de ces conditions de brevetabilité, aux Etats-Unis comme en Europe, et donc à breveter des logiciels dont l’innovation peut être discutée.

Certaines organisations, comme l’Electronic Frontier Foundation s’opposent à l’idée même des brevets logiciel. Pourquoi ?
Le postulat de départ, c’est que les formules mathématiques ne sont pas brevetables et que n’importe qui doit pouvoir les utiliser. Pourtant, quand on accorde un brevet sur un logiciel, on est à la limite du respect du principe, puisque les logiciels sont des algorithmes, et donc des formules mathématiques.

La possibilité de s’arroger le monopole d’un logiciel, dans le monde de l’informatique où les acteurs sont à la recherche de standards, n’est-elle pas paradoxale ?
A mon avis, la tendance à la standardisation est une des raisons qui devraient empêcher la monopolisation des logiciels par le brevetage. Quand un standard, que l’on appelle juridiquement une « infrastructure essentielle », apparaît, il y a des licences qui peuvent être accordées et les brevets sur ce logiciel n’ont alors plus lieu d’être. C’est ce qui pourrait arriver prochainement en réaction à ce déferlement de poursuites.

par Geoffroy Husson

jeudi 11 août 2011 18:03

http://www.ecrans.fr/Les-titres-de-propriete,13168.html