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lundi 26 août 2013

Se former aux pratiques collaboratives.. et partager


 Posté le 25 août 2013 par Michel Briand
©© a-brest, article sous licence creative commons cc by-sa

Pour la première fois de son histoire, notre société est confrontée à la gestion de l’abondance. La création, la contribution, l’expression de millions de personnes est "maintenant sous la main" (M. Serres). Pour bénéficier de cette abondance rendue possible par le numérique, il nous faut apprendre non plus à cacher notre copie, mais à réutiliser, partager, enrichir, et échanger en réseau.

Voici "Autour des pratiques collaboratives", une collecte de références pour se former, échanger autour des pratiques collaboratives à compléter (wiki ouvert).

Petit à petit les principes de fonctionnement distribués où chacun-e peut contribuer diffusent dans la société au fur et à mesure de l’élargissement du champ des outils numériques.

Les développeurs du logiciel libre nous ont montré l’efficience de la co-production qui choisit de partager et de mettre en biens communs les outils logiciels dont nous avons besoin pour agir dans le monde du numérique.

Wikipedia nous a montré l’efficience de la collaboration à une large échelle où la contribution est d’abord reconnue par les pairs et non par les diplômes ou positions institutionnelles.

Openstreetmap a gagné le pari de cartes participatives reprises aujourd’hui par nombre de collectivités et font s’ouvrir les tiroirs jusqu’à peu fermés à clé de l’IGN dans un mouvement des données ouvertes qui s’est élargit depuis deux ans aux acteurs publics.

Les licences "Creative Commons" facilitent le partage des contenus dans un monde où prévalent les "interdits de réutilisation" si souvent présents sur les sites des services publics, des collectivités locales, universités et des, associations.

Les cours massivement ouverts (MOOC) posent la question à tous les enseignants auteurs de contenus pédagogiques de l’ouverture de leurs productions et de nouvelles formes pédagogiques à un moment où tant de savoirs sont "maintenant sous la main".

Les fablabs, tiers lieux, l’économie collaborative ouvrent à leur tour de nouveaux espaces dans le domaine de l’économie et de la consommation. Comme pour la musique, les vidéos de nouvelles pratiques sociales basées sur l’usage diffusent dans la société.

Tout autour de nous mais nous ne le voyons pas encore vraiment l’innovation sociale est abondante et d’autres transformations sociales que celles portées d’en haut par les décideurs publics sont en gestation pour répondre aux multiples crises écologiques, sociale et économique que nous traversons.

Toute cette évolution rendue possible par les outils collaboratifs souvent en logiciel libre ne peut se développer que si nous comprenons ce mouvement autour de la coopération et du partage qui nous concerne tous.

Qu’il s’agisse de la vie associative ou culturelle, des services publics, du lien social, des innovations sociales, de l’action politique nous pouvons aujourd’hui ouvrir de nouveaux espaces de possibles.

En donnant à voir, en reliant, en étant en attention, en partageant nous faisons vivre des relations sociales basées sur la coopération et la mutualisation qui démultiplie les capacités d’agir et créent de nouvelles opportunités.

Ainsi que l’explique Michel Serres, les ordinateurs et les réseaux formidables outils pour émettre, recevoir, traiter et stocker de l’information sont après l’értire et l’imprimerie une troisième révolution qui entraine une transformation profonde de nos sociétés.

Mais comme nous avons appris à l’école à cacher notre copie, que nombre de structures publiques, associatives, ou d’entreprises ne fonctionnent encore que dans un modèle hiérarchique et cloisonné, le chemin de cet apprentissage des pratiques collaboratives est long.

Pour contribuer à diffuser cette culture, voici un espace ouvert où sont référencés des articles, des documents, des formations, des acteurs qui participent à ce réseau des pratiques collaboratives.

Le wiki est ouvert et vous pouvez apporter de nouvelles références,corriger des erreurs en restant dans l’esprit de partage, indissociable. C’est pourquoi nous faisons le choix de référencer celles et ceux qui élargissent le droit de réutilisation de leurs contenus par des licences, dont la plus courante est ici la licence libre Creative commons by sa.

Ces pratiques collaboratives, nous en avons fait le choix localement à travers les sites participatifs, les wikis.

Cette culture de la coopération outillée par les formations animacoop favorise l’émergence de réseaux locaux tels la Maison du libre, Doc@Brest. et de multiples projets (wiki-brest, cartes ouvertes, fermes de services (inifini, libranet), Tyfab, openbidouillecamp, portail des savoirs,cantine collaborative .. ).

Tous ces petits pas nous les partageons lors de temps de rencontres à Autrans, Moustic, aux ETES TIC, et au sein de réseaux comme animfr, les fablabs en bretagne, Creatif, villes en biens communs. ou cet archipel de la coopération en émergence Kaléido-scop.

C’est cette dynamique que vous retrouverez sur ce wiki
"Autour des pratiques collaboratives"

parAn@é(son site)dimanche 25 août 2013

dimanche 22 avril 2012

Le Web 2.0 au service de la société apprenante

Pour un enchevêtrement des communautés apprenantes dans le monde

L’émergence du Web 2.0 capitalise sur l’apprentissage informel qui se réalise à l’extérieur des formations officielles dans une proportion de plus de 70% (1 et 2), offrant à celles-ci de belles sources d’inspiration et l’occasion de répondre de manière dynamique aux besoins sociaux, politiques et économiques de la société. Paradoxalement, des communautés apprenantes se forgent à l’extérieur des réseaux scolaires habituels sans avoir expressément recours à l’outillage moderne de l’ère numérique (3 et 4). Pour fonctionner, elles mettent en opération des stratégies issues du socioconstructivisme et de la pédagogie par projet, et se dotent d’une infrastructure qui pourrait ouvrir la voie à l’intégration des TIC dans une perspective d’un nouveau dialogue international.

Grâce à ce lien étroit entre communauté apprenante et Web 2.0, deux grands espoirs sont permis : l’établissement d’une société apprenante (5) mondiale qui favoriserait un dialogue Nord-Sud provenant de la base, et une meilleure reconnaissance par l’école formelle de la valeur de l’apprentissage informel réalisée en dehors de ses murs. Dans cet article, je me propose d’illustrer ce phénomène à partir de ce que m’inspire le Barefoot College, (6) en y posant le regard d’un simple pédagogue ouvert au dialogue interculturel par le biais des TIC dans une démarche d’apprentissagetout au long de la vie (7).

1) Le Barefoot College : l’apprentissage informel érigé en communauté apprenante

Lors de ses conférences, Monsieur Sanjit Bunker Roy, fondateur du Barefoot College (8), explique comment il a su former des communautés apprenantes avec des hommes et des femmes peu scolarisés ou analphabètes, faisant d’eux les fondateurs d’un collège dans le village de Tilonia à Rajasthan en Inde. Par le biais de ce dispositif éducatif, des villages entiers atteignent l’autosuffisance indispensable à la victoire contre la discrimination et la pauvreté.

Sans aborder l’usage des TIC dans cette démarche, Monsieur Roy défendra la valeur de l’apprentissage expérientiel, attribuant aux étudiants le rôle de maîtres dans des domaines aussi variés que la dentisterie, le génie civil, l’informatique, etc., mettant non seulement leurs savoirs en valeur, mais faisant aussi confiance à leurs capacités à apprendre tout au long de la vie. Pour faciliter la communication entre des personnes de langues différentes, il aura même recours à des moyens rudimentaires, comme l’usage de marionnettes.

De cette entreprise sociale émergera un impressionnant complexe immobilier, moderne et high-tech conçu par le partage des savoirs expérientiels ; et ce, de la conception des infrastructures jusqu’à la confection des équipements. Par exemple, des femmes pratiquement analphabètes sont invitées à construire les panneaux solaires qui serviront à générer l’énergie employée par l’école et au fonctionnement des ordinateurs, aussi fabriqués par des étudiants du Barefoot College. Cette tâche les amène à acquérir une expertise et un avenir sous le signe de la dignité.

Cette vision de l’éducation en marge des standards officiels serait à ce point efficace qu’elle constitue des modèles inspirants de lutte contre la pauvreté pour plusieurs autres villages de l’Inde et ceux de pays limitrophes comme l’Afghanistan qui l’ont intégrée à leur pratique développementale.

2) La spirale de la formation globale

Une fois une première société apprenante mise en place, il semble bien que Monsieur Roy ait voulu générer un effet d’entraînement dans la population mondiale, en ayant recours cette fois-ci aux TIC et aux avantages viraux des médias sociaux. Ainsi le Barefoot College dispose-t-il de son propre site Internet (8). Près de 3 millions de personnes ont pris connaissance de l’existence du projet en accédant à l’enregistrement de la conférence présentée par ce pédagogue au TED le 11 juillet 2011. Plusieurs autres internautes ont plutôt choisi de visionner les vidéos disponibles sur YouTube et en véhiculent les informations dans leurs échanges informels sur Twitter, Facebook ou tout simplement dans leurs échanges quotidiens en présentiel à la maison ou au bureau.

Ce succès promotionnel illustre à sa manière la soif de savoir et de dialogue propre à l’être humain, ce que démontrent bien les chiffres sur l’usage du Web. Selon Chotard, les requêtes sur Google et les Twit se comptent par milliards, et Facebook compterait plus de 400 millions d’abonnés (9). L’organisation et la multiplication des communautés d’apprentissage (10) en marge des programmes de formation habituelle sont clairement appelées à un brillant avenir.

3) Le dialogue Nord-Sud et les communautés apprenantes

Le développement d’une culture apprenante et d’une infrastructure moderne dans certaines régions du Sud créeraient des conditions gagnantes à l’établissement d’un réseau de communautés apprenantes dans une perspective humainement globale. Mais sommes-nous prêts à établir ces liens ?

Nous le faisons déjà, mais peut-être de manière timide. L’école moderne offre par moments ce genre de services quand elle propose à sa clientèle la tenue de voyages humanitaires ou encore des expériences de jumelage de classes visant les échanges interculturels. À cet égard, la recherche sur le Web peut permettre d’incarner le savoir formel dans un contexte interculturel. Des formules hybrides employant les médias sociaux peuvent aussi intégrer l’apprentissage des contenus disciplinaires dans un contexte signifiant et authentique, basé sur les échanges interculturels. (11) En dehors des murs de l’école, les organismes communautaires consacrent une part importante de leur programme à l’éducation populaire (12), offrant ainsi de nombreuses occasions de transformer les informations en savoirs.

Si les TIC offrent sur un plateau d’argent à la masse le moyen de tirer parti des sources d’apprentissage de la communément appelée école de la vie, je me demande toutefois dans quelle mesure chacun pose le regard réflexif nécessaire qui érige les savoirs acquis en système d’enrichissement culturel pratique sur le plan humanitaire.

Conclusion

L’apprentissage ne dépend pas de l’usage des TIC, ni de l’institution scolaire comme tel, mais bien de la volonté de chacun de comprendre les éléments d’un univers donné, de faire l’acquisition de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être nécessaires à l’atteinte d’objectifs personnels, et de développer pleinement son potentiel. Il dépend aussi de l’opérationnalisation de principes éducatifs comme le socioconstructivisme et la constitution de communautés apprenantes (13 et 14), concevant les apprentissages formels et informels comme un tout intégré et indissociable.

Les travaux du Barefoot College démontrent de manière éloquente la valeur de toute situation de vie dans l’apprentissage. Par contre, le développement d’une société apprenante passe par l’établissement de dialogues entre diverses communautés apprenantes réparties un peu partout sur la planète ; ce qui est grandement tributaire des TIC. Les médias sociaux donnent une voix à la masse dans un processus éducatif humainement global.

En ce week-end du Jour de la Terre, j’ai voulu offrir aux lecteurs d’EducaVox, un message d’espoir en l’établissement d’un meilleur dialogue Nord-Sud et celui d’une école plus inclusive.

Texte : Luc Renaud, M.A. Sciences de l’éducation

Référence
  1. Guité, F. (2011) L’apprentissage informel, dans Relief
  2. Formavia (2006) L’apprentissage informel Extrait et traduit de "Informal Learning" de Jay Cross,© 2006, Internet Time Group, Berkeley, California
  3. Bunker Roy, Founder, Barefoot College India (sur YouTube)
  4. Barefoot College - Solar Technology (YouTube)
  5. Renaud, L. (2012)TEDx de l’UdeM : vers l’émergence d’une société apprenantedans ÉducaVox
  6. Bunker Roy : Aprendendo com um movimento de pés-descalços (TED)
  7. UNESCO (2010) Conférence internationale de l’UNESCO sur les TIC dans l’éducation
  8. Barefoot college.org http://www.barefootcollege.org/
  9. Chotard, A (2010) Le numérique, nouveau pilier de l’innovation sociétale
  10. Orellana, I (2005), L’émergence de la communauté d’apprentissage ou l’acte de recréer des relations dialogiques et dialectiques de transformation du rapport au milieu de vie
  11. Renaud, L. (2012) Un projet de webzine en langues avec Facebook dans EducaVox
  12. Renaud, L (2012) L’Institut universitaire en santé mentale Douglas et le Web 2.0 dans EducaVox
  13. Renaud, L (2012) L’organisation apprenante dans le secteur de la santé dans EducaVox
  14. Renaud, L (2012) Pédagogie ouverte : autoformation et collaboration dans EducaVox
parLuc Renaud(son site)samedi 21 avril 2012

http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/le-web-2-0-au-service-de-la

dimanche 18 septembre 2011

Cultures Numériques : citoyenneté et société numérique



Le colloque sur les Cultures Numériques qui se tient actuellement à Québec, avec le soutien du CIGREF, s’est interrogé sur la société numérique. Dans cette société, l’objet numérique est-il pire ou meilleur que nos objets classiques ? N’a-t-il pas sa propre matérialité qui suppose des pratiques différentes, voire contraires à la culture de l’imprimé qui est/fut la nôtre jusque-là ? S’il y a conflit d’objets, est-ce à dire que s’instaure une « guerre culturelle » autour de valeurs juridiques, économiques et sociales ?
 

Publié le 16 septembre 2011

Lire la suite  http://www.entreprises-et-cultures-numeriques.org/cultures-numeriques-citoyennete-et-societe-numerique/