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lundi 26 août 2013

Se former aux pratiques collaboratives.. et partager


 Posté le 25 août 2013 par Michel Briand
©© a-brest, article sous licence creative commons cc by-sa

Pour la première fois de son histoire, notre société est confrontée à la gestion de l’abondance. La création, la contribution, l’expression de millions de personnes est "maintenant sous la main" (M. Serres). Pour bénéficier de cette abondance rendue possible par le numérique, il nous faut apprendre non plus à cacher notre copie, mais à réutiliser, partager, enrichir, et échanger en réseau.

Voici "Autour des pratiques collaboratives", une collecte de références pour se former, échanger autour des pratiques collaboratives à compléter (wiki ouvert).

Petit à petit les principes de fonctionnement distribués où chacun-e peut contribuer diffusent dans la société au fur et à mesure de l’élargissement du champ des outils numériques.

Les développeurs du logiciel libre nous ont montré l’efficience de la co-production qui choisit de partager et de mettre en biens communs les outils logiciels dont nous avons besoin pour agir dans le monde du numérique.

Wikipedia nous a montré l’efficience de la collaboration à une large échelle où la contribution est d’abord reconnue par les pairs et non par les diplômes ou positions institutionnelles.

Openstreetmap a gagné le pari de cartes participatives reprises aujourd’hui par nombre de collectivités et font s’ouvrir les tiroirs jusqu’à peu fermés à clé de l’IGN dans un mouvement des données ouvertes qui s’est élargit depuis deux ans aux acteurs publics.

Les licences "Creative Commons" facilitent le partage des contenus dans un monde où prévalent les "interdits de réutilisation" si souvent présents sur les sites des services publics, des collectivités locales, universités et des, associations.

Les cours massivement ouverts (MOOC) posent la question à tous les enseignants auteurs de contenus pédagogiques de l’ouverture de leurs productions et de nouvelles formes pédagogiques à un moment où tant de savoirs sont "maintenant sous la main".

Les fablabs, tiers lieux, l’économie collaborative ouvrent à leur tour de nouveaux espaces dans le domaine de l’économie et de la consommation. Comme pour la musique, les vidéos de nouvelles pratiques sociales basées sur l’usage diffusent dans la société.

Tout autour de nous mais nous ne le voyons pas encore vraiment l’innovation sociale est abondante et d’autres transformations sociales que celles portées d’en haut par les décideurs publics sont en gestation pour répondre aux multiples crises écologiques, sociale et économique que nous traversons.

Toute cette évolution rendue possible par les outils collaboratifs souvent en logiciel libre ne peut se développer que si nous comprenons ce mouvement autour de la coopération et du partage qui nous concerne tous.

Qu’il s’agisse de la vie associative ou culturelle, des services publics, du lien social, des innovations sociales, de l’action politique nous pouvons aujourd’hui ouvrir de nouveaux espaces de possibles.

En donnant à voir, en reliant, en étant en attention, en partageant nous faisons vivre des relations sociales basées sur la coopération et la mutualisation qui démultiplie les capacités d’agir et créent de nouvelles opportunités.

Ainsi que l’explique Michel Serres, les ordinateurs et les réseaux formidables outils pour émettre, recevoir, traiter et stocker de l’information sont après l’értire et l’imprimerie une troisième révolution qui entraine une transformation profonde de nos sociétés.

Mais comme nous avons appris à l’école à cacher notre copie, que nombre de structures publiques, associatives, ou d’entreprises ne fonctionnent encore que dans un modèle hiérarchique et cloisonné, le chemin de cet apprentissage des pratiques collaboratives est long.

Pour contribuer à diffuser cette culture, voici un espace ouvert où sont référencés des articles, des documents, des formations, des acteurs qui participent à ce réseau des pratiques collaboratives.

Le wiki est ouvert et vous pouvez apporter de nouvelles références,corriger des erreurs en restant dans l’esprit de partage, indissociable. C’est pourquoi nous faisons le choix de référencer celles et ceux qui élargissent le droit de réutilisation de leurs contenus par des licences, dont la plus courante est ici la licence libre Creative commons by sa.

Ces pratiques collaboratives, nous en avons fait le choix localement à travers les sites participatifs, les wikis.

Cette culture de la coopération outillée par les formations animacoop favorise l’émergence de réseaux locaux tels la Maison du libre, Doc@Brest. et de multiples projets (wiki-brest, cartes ouvertes, fermes de services (inifini, libranet), Tyfab, openbidouillecamp, portail des savoirs,cantine collaborative .. ).

Tous ces petits pas nous les partageons lors de temps de rencontres à Autrans, Moustic, aux ETES TIC, et au sein de réseaux comme animfr, les fablabs en bretagne, Creatif, villes en biens communs. ou cet archipel de la coopération en émergence Kaléido-scop.

C’est cette dynamique que vous retrouverez sur ce wiki
"Autour des pratiques collaboratives"

parAn@é(son site)dimanche 25 août 2013

lundi 30 avril 2012

De l'intérêt du 5 + 5

Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes

Aujourd’hui, l’Union européenne dispose de trois outils différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone né en 1995,
la politique européenne de voisinage née en 2003, l’Union pour la Méditerranée née en 2008.

L’objectif final est globalement le même, ne serait-ce que par la filiation qui existe entre elles : « transformer la Méditerranée en un espace de paix, de démocratie, de coopération et de prospérité » (déclaration UpM du 13 juillet 2008). Mais ces trois outils n’ont pas été en mesure d’atteindre les objectifs fixés et font aujourd’hui l’objet de défiance, au moins de la part des pays du sud quand ce n’est pas de tous, pour des raisons parfois contradictoires.

Si l’UpM est globalement rejetée et finalement en panne et si la PEV peine à convaincre, le Processus de Barcelone, ou Partenariat Euromed, représente la démarche la moins critiquée ainsi que le révèle la déclaration de conclusion de la Conférence des ministres des Affaires étrangères à Lisbonne, le 6 novembre 2007 qui confirme l’attachement des partenaires au Processus. Cet attachement au Processus y est solennellement rappelé, après que les signataires aient « pris note d’une présentation sur l’Union méditerranéenne », par les ministres qui effectuent un bilan très riche des actions entreprises dans le cadre du Processus de Barcelone.

Dans ce contexte assez peu favorable au développement des relations euro-méditerranéennes, encore accentué par la dégradation du dossier israélo-palestinien et les hésitations des Européens face à la succession des révoltes arabes, la démarche 5+5 qui se déploie loin du Proche-Orient et en pleine transparence avec l’UE, constitue une sorte de laboratoire au profit du Processus de Barcelone. Elle est susceptible de créer de la confiance et de contribuer à évaluer des pistes de coopération, certes dans un espace plus restreint que celui de la Méditerranée dans sa totalité, mais à l’abri des turbulences les plus fortes qui nuisent aux démarches globalisantes.

Les atouts d'une démarche

La démarche 5+5 est modeste et pragmatique. Elle concerne dix pays : Algérie, Espagne, France, Italie, Libye, Malte, Maroc, Mauritanie, Portugal et Tunisie.
Les membres du 5+5 partagent, du fait de leur proximité géographique mais aussi humaine, nombre de préoccupations qui souvent sont autant de défis. Faisant volontairement le choix de relations informelles, discrètes, pratiques, plus techniques que politiques et surtout réellement partenariales, la démarche recueille l’adhésion de chacun dans l’exigence de l’équité et réduit le soupçon d’agendas cachés.

Le 5+5 s’appuie sur une initiative diplomatique rassemblant les ministres des Affaires étrangères qui ont décidé en 1990 de se rencontrer pour entretenir une concertation ambitieuse qui va au-delà d’un simple dialogue et vise à développer une coopération à la fois politique et économique dans un cadre informel et non contraignant. Dès 1995, cette démarche donne naissance à un premier « dossier technique » qui rassemble les ministres de l’Intérieur sur des questions de leur domaine d’intérêt. Par la suite, les autres ministères créeront leurs propres dossiers : Affaires sociales, Défense, Tourisme, Transport, Éducation, Environnement etc... tandis qu’un sommet sera organisé en 2003 à Tunis et que des rencontres parlementaires régulières s’établiront.

Ainsi, cette initiative prend des formes différentes selon les dossiers. Elle est souple et adaptable aux priorités de chaque domaine concerné. Non contraignante et focalisée sur les priorités des différents membres, elle recueille un attachement très fort de la part de chacun des partenaires car, elle repose sur l’équité de traitement de leurs préoccupations. Cette relation de partenariat réellement respectueux des attentes de chacun constitue sans doute l’atout majeur.

Certes, cette exigence relationnelle entraîne des développements inégaux de chacun des dossiers en fonction des capacités des partenaires à identifier des intérêts communs suffisamment riches pour nourrir la coopération. Ainsi, par exemple, les dossiers Défense ou Transports sont certainement plus avancés que celui du tourisme… Mais ce qui est fait dans chacun des domaines est solide et pérenne car reposant sur des choix effectués en commun. De plus, la situation actuelle ne préjuge ni des potentialités des dossiers actuels à explorer de nouvelles pistes, ni la capacité de la démarche à s’ouvrir à de nouveaux domaines.

C’est à ce titre –un réel partenariat équitable– que le 5+5 bénéficie d’une forte adhésion de la part de ses membres et est susceptible d’un développement prometteur dans la confiance et la volonté de progrès.

Le 5 + 5 à l'épreuve du changement de gouvernance

Le changement de gouvernance, dans certains pays, n’a certainement pas conduit à renforcer l’intérêt porté aux dialogues avec l’UE. Bien au contraire, on peut redouter que ces dialogues soient désormais, aux yeux des peuples, fortement entachés par l’appréciation d’une complicité européenne avec les anciens dirigeants.

En revanche, dans ces mêmes pays, il apparaît que la démarche 5+5 est mieux perçue que les autres initiatives car elle est réputée non contraignante. Elle laisse aux partenaires la liberté de s’engager ou non, sans que des conditions même formelles ne soient mises en avant, ce qui est le plus souvent vécu comme humiliant. La coopération est débattue, organisée et conduite en concertation normalement entre acteurs techniques sans considération de politique internationale.

L’histoire de la démarche 5+5 n’est pas marquée par l’engagement personnel de chefs d’Etat ou de gouvernement tels les présidents Ben Ali ou Moubarak. Les relations dans le cadre 5+5 sont donc plus aisées à reprendre par des dirigeants tenus d’intégrer dans leurs choix la très grande vigilance de leur opinion publique vis-à-vis des options prises par les anciens pouvoirs autoritaires qu’ils ont chassés.

La reprise du dialogue 5+5 a donc certainement été privilégiée, par rapport à celle des autres initiatives.

L'intégration au Maghreb

Le 5+5 a connu tout au long de l’année 2011 une période d’inactivité quasi complète. Quant à l’UMA (Union du Maghreb arabe), elle n’avait pas connu de réunion de ses ministres des Affaires étrangères depuis 2009.

Dés le début de 2012, il est très intéressant de constater que le 5+5 voit programmer de nombreuses réunions : celle des ministres des Transports à Alger, des ministres des Affaires étrangères à Rome, et enfin celle du comité directeur du dossier Défense à Rabat, tout ceci en moins de trois mois.

Dans le même temps, une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UMA se tient à Rabat qui programme pour septembre-octobre un sommet à Tunis.

Cette corrélation confirme qu’il existe une certaine synergie entre les deux initiatives. Il n’est pas interdit d’imaginer que les rencontres régulières dans le cadre du 5+5 contribuent à renforcer les relations entre nos partenaires du sud, ce qui rejoint les intérêts de l’UE.

Quoi qu’il en soit, et cela est particulièrement perceptible dans la coopération de Défense du 5+5, les relations entretenues et développées entre les dix partenaires contribuent à créer de la confiance entre les acteurs. Ces coopérations sur des axes techniques, choisis ensemble dans le respect des attentes de chacun, construisent peu à peu des solidarités et des proximités qui sont les gages de relations ultérieures plus larges et plus profondes.

D’ores et déjà, il semble qu’en Méditerranée occidentale certains fruits soient recueillis. Bien sûr il se trouvera des détracteurs pour stigmatiser la modestie des actions et les limites des ambitions. Sans doute, mais n’est ce pas préférable à des ambitions débordantes inévitablement gelées par la réalité des faits ?

Les nouveaux sujets prioritaires du 5+5

Le 5+5 est un processus expérimental plein de promesses mais fragile. Il convient d’éviter de le dévoyer en adoptant des dispositions tant d’élargissement, de politisation que d’institutionnalisation qui ne pourraient conduire qu’à la disparition des raisons mêmes de son succès.

En revanche, il conviendrait sans doute, tout d’abord, de renforcer l’existant en approfondissant les dossiers déjà initiés par une recherche plus active d’actions d’intérêts communs, en promouvant dans chacun de ces dossiers des méthodologies de partenariat qui ont fait le succès des dossiers les plus avancés et enfin en associant l’Union européenne comme observateur à tous les dossiers, ce qui permettrait peut être d’aider à la recherche de compléments de financement des projets. Au demeurant, il importe que ces financements restent majoritairement du ressort des partenaires car cette règle, si elle limite les ambitions, conditionne en grande partie la qualité de partenariat réel.

Par ailleurs, il serait souhaitable d’ouvrir de nouveaux dossiers. Probablement dans les domaines ministériels non encore traités : santé, économie, culture et surtout agriculture. Mais aussi à travers les aspects inter-administrations, tels la protection civile, qui constitueraient de nouveaux espaces de coopération particulièrement porteurs. Enfin, au-delà des responsabilités ministérielles, il serait certainement profitable de favoriser la coopération des sociétés civiles et des instances sub-étatiques, telles les collectivités locales, selon des modalités à imaginer.

La priorité qui doit conduire l’ensemble de la démarche doit bien évidemment s’inscrire dans le souci de rapprochement des sociétés pour, en définitive, favoriser l’amélioration des situations socioéconomiques, donc l’emploi et l’accès aux ressources vitales (eau, alimentation), conditions évidentes de la prospérité et de la paix. C’est pourquoi le dossier éducation qui couvre notamment la formation professionnelle mériterait toutes les attentions.

C’est à ce titre que le 5+5 remplira au mieux son rôle de laboratoire de la coopération euro-méditerranéenne de l’avenir.

Lundi 30 Avril 2012

http://www.econostrum.info/De-l-interet-du-5-5_a10100.html

dimanche 25 septembre 2011

Ile-de-France: le conseil scientifique propose la labellisation de 16 projets de recherche

Les projets proposés au vote du conseil régional recevront s’ils sont labellisés un soutien financier. De 2005 à 2010, quatorze projets avaient été soutenus par la région, avec plus de 295 millions d’euros.
Le conseil scientifique de la région Ile-de-France a proposé ce vendredi au président de la région, Jean-Paul Huchon, la labellisation de 16 projets de réseaux de recherche, pour être soutenu par la région dans la période 2012-2015 au titre des domaines d’intérêt majeur (DIM).
Le conseil scientifique avait été saisi par l’exécutif régional afin qu’il identifie les domaines les mieux à même d’être labellisés, après l’appel à projets lancé le 11 février et clos le 30 mai.
Les 16 projets proposés par le conseil scientifique régional sont:
  • Astrophysique et conditions d’apparition de la vie (ACAV)
  • Les défis analytiques, du concept au système (ANALYTICS)
  • Agrosciences, écologie des territoires, alimentation (ASTREA)
  • Biothérapies
  • Cancérologie
  • Cerveau et pensée
  • Cardiovasculaire, obésité, rein, diabète (CORDDIM)
  • Des atomes froids aux nanosciences
  • Développement soutenable
  • Groupe d’études sur le travail et la souffrance au travail (GESTES)
  • Genre, inégalités, discriminations (GID)
  • Innovation, sciences, techniques, société (IS2-IT)
  • Maladies infectieuses parasitaires et nosocomiales émergentes (MALINF)
  • Oxydes multifonctionnels (oxyMORE)
  • Problématiques transversales aux systèmes complexes
  • Réseau doctoral de mathématiques de l’Île de France (RDM-IdF)
Les DIM sont « des réseaux de recherche organisés autour de problématiques communes et de programmes fédérateurs, sur des thématiques stratégiques. Ils incarnent la volonté régionale de structuration du paysage francilien et de garantie d’une recherche indépendante », indique le conseil régional.
Entre 2005 et 2010, quatorze DIM ont été soutenus par la région, à hauteur de plus de 295 millions d’euros. Dans chacun des DIM la Région finance des allocations de recherche doctorales et post-doctorales, l’achat d’équipements petits et moyens et l’organisation de manifestations scientifiques.
Cinquante-et-une propositions ont été reçues par la Région lors de l’appel à projet pour labellisation des nouveaux DIM. Après examen des dossiers le 29 juin, le conseil scientifique régional a présélectionné 22 projets qui ont été auditionnés les 19 et 20 septembre.
16 projets ont ensuite été sélectionnés et proposés à la région pour une labellisation éventuelle. Les 16 thématiques labellisées seront arrêtées par le conseil régional lors de sa séance plénière des 17 et 18 novembre.
Le conseil scientifique de la région Ile-de-France
Installé en mars dernier, le conseil scientifique régional est chargé d’assister la région « dans ses politiques de développement de la recherche, de l’enseignement supérieur, de l’innovation et du dialogue sciences-société ».
Ce conseil composé de 20 scientifiques (10 hommes et 10 femmes) est présidé par le neurobiologiste Jean-Antoine Girault, directeur de l’Institut du Fer à Moulin et directeur de recherche à l’INSERM.
Les 20 membres du CSR sont issus de toutes les disciplines (biologie, sciences humaines et sociales, mathématiques, physique, informatique, etc.), d’Île-de-France (15) et d’autres régions (5).
Le conseil comprend notamment Gérard Férey, chimiste, médaille d’or du CNRS, Nicole Le Douarin, professeur honoraire au Collège de France et secrétaire perpétuelle de l’Académie des sciences, Alain Fischer, biologiste à Necker et spécialiste des « bébés bulles », Jean-Pierre Bourguignon, mathématicien et directeur de l’Institut des Hautes études scientifiques, Denise Pumain, géographe.
Le Conseil scientifique, qui peut s’autosaisir, exerce deux grands types de missions:
  • l’expertise scientifique;
  • l’évaluation de la dimension scientifique des politiques de développement de la recherche, de l’enseignement supérieur et de l’innovation, mises en place par la région.
 
Par Thierry Noisette | 23 septembre 2011
 

mardi 6 septembre 2011

Le lycée Montaigne fabrique ses cartes à puce




IL S’AGIT D’UNE CARTE MULTISERVICE POUR TOUS LES ÉLÈVES ET LES ÉTUDIANTS DE L’ÉTABLISSEMENT


Tous les lycées le savent bien, donner à chaque lycéen une carte d’étudiant et une carte d’accès au restaurant scolaire dès les premiers jours de l’année scolaire est difficilement réalisable car on est tributaire à ce moment de l’année de fournisseurs particulièrement surbookés .

Disposer du matériel de fabrication pour créer rapidement sur place une carte unique à moindre coût offrant par ailleurs des services supplémentaires que le numérique permet, constitue donc un objectif de rationalisation de l’organisation de l’établissement à ce moment clef de l’année.

L’équipe de direction du lycée Montaigne de Bordeaux a voulu relever le défi et choisi de donner à chacun des 800 élèves et 1200 étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles, une carte à puce personnalisée avec photo et éléments d’identification .

Pour cela un cahier des charges a été rédigé.

La société bordelaise Atlan-TIC a été retenue par le lycée pour la mise en place de cette solution complète de gestion des cartes étudiant.

Le Conseil Régional d’Aquitaine qui a doté l’établissement d’une subvention dans le cadre de l’appel à projet « lycée numérique » suit avec intérêt cette démarche en vue d’une éventuelle généralisation.

Michel BOUCHAUD proviseur du lycée Montaigne nous rappelle l’historique de ce projet, les services proposés à cette rentrée scolaire et ceux qui sont prévus dans le futur.

 



par Claude TRAN lundi 5 septembre 2011

http://www.educavox.fr/Le-lycee-Montaigne-fabrique-ses

jeudi 1 septembre 2011

La collectivité et le numérique

La collectivité est contrainte de relier son capital humain et social à l’immatériel.


 
Le numérique assigne un rôle aux collectivités locales et aux nouveaux environnements territoriaux qui y joueront demain leur attractivité et leur compétitivité : un des grands enjeux sera bien celui des nouveaux rapports entre les entreprises et les territoires où les uns et les autres auront à œuvrer ensemble pour créer des marchés, mais aussi, donner à connaitre ou à comprendre.

Travailler demain, c’est savoir utiliser les outils les plus pertinents pour avoir accès aux informations rendues disponibles par le territoire (open data), par les entreprises, au travers d’une approche collective reposant sur l’échange continu d’informations sur les produits, les processus et les services.


 Un autre enjeu est celui de l’éducation. 
« L’internet ne permet pas seulement de distribuer l’information à des millions de gens, il permet à des millions de gens de distribuer l’information. » Ceci pose toutes les questions des contenus, de leur production et de leur mise à disposition. Cela pose des questions de fond sur l’édition et sur les professionnels de l’information.

 L’école d’aujourd’hui devrait prendre note que dans le flot exponentiel des nouvelles connaissances, miser sur l’apprentissage des connaissances (au sens de connaissances déclaratives ou encyclopédiques) est une partie perdue d’avance. Le salut réside dans le « savoir comment utiliser les nouvelles connaissances », pour reprendre le constat de McLuhan.

 Près du tiers de la population mondiale est connectée en un vaste réseau virtuel. Il en découle une synergie sans précédent dans l’histoire de l’humanité, une interaction scientifique, économique et sociale.

 Les jeunes développent dans les médias sociaux des compétences que l’école leur interdit. Le savoir devient accessible, filtrable, archivable, multimédia, multi ethnique, multi générationnel, collaboratif, social, interactif, immédiat…D’où l’importance à redonner à l’école pour ne pas accroitre l’importance des outils au détriment des compétences.

 Le travail sur l’individu devra se renforcer ce qui supprime un travail exclusivement collectif.

 Les écoles rurales sont au titre des services publics, par leur relation de proximité sociale, une chance pour les territoires si les communes travaillent aussi ces questions, dans une dynamique de territorialité.

 Elles ont à se positionner fortement car les équipements onéreux ont tendance à être concentrés dans les agglomérations et mégapoles où se trouvent réunis, pouvoir économique, universités et grandes écoles. Un certain capital économique doit être préservé dans les territoires ruraux et le « capital éducation »doit y être protégé et amplifié.

 Recherche-innovation
 En l’espace de quarante ans, nous sommes passés de l’ordinateur central à l’ordinateur personnel, au portable, au smartphone et à l’ardoise numérique.

 La conséquence directe est que le cœur de ce développement social est bien le couple recherche-innovation. Abordant la ville, la culture, le tourisme, le développement durable, la gestion d’une population, les transports, l’e-santé et l’éducation, cette dimension recherche-innovation est incontournable.

 Les compétences nécessaires dans cette société dite de l’information où chacun se situe différemment, hors même de son contexte social (on peut être dans un contexte social aisé et peu enclin à utiliser le numérique ou inversement) requièrent :

des compétences techniques
des compétences constituées de savoirs transférables d’une situation à une autre, (faculté d’apprentissage, savoirs méthodologiques)
des compétences socioculturelles, comme la capacité à communiquer ou à travailler en équipe ou à promouvoir ses compétences


 Quelles compétences numériques les élèves et étudiants (et les enseignants) maîtrisent-ils ?
Les compétences instrumentales ou opératoires sont acquises mais elles sont de moins en moins nécessaires compte tenu du caractère très intuitif des environnements numériques
Les compétences de type informationnelles sont peu développées : ils ne savent pas suffisamment gérer et exploiter la multitude d’informations dont ils disposent sur le net
Les compétences de type stratégique, comme savoir se réapproprier les contenus pour les remobiliser dans d’autres contextes, sont là aussi très peu partagées.

 Les stratégies d’enseignement doivent donc évoluer et permettre une alternance de temps, de groupements différenciés d’élèves, d’une autonomie dans la recherche d’informations…

 Les enseignants ont donc une place centrale à occuper pour que les élèves, par la formation, évoluent d’une culture numérique « grand public » vers une véritable culture informationnelle et stratégique. Et pour cela, bien sûr, être eux mêmes bien formés.


 La formation et l’accompagnement
 L’institution de l’éducation nationale, longtemps frileuse à l’entrée des autres acteurs, accumulant les manques de moyens particulièrement dans le domaine de la formation, est donc contrainte aujourd’hui à créer des synergies entre tous les acteurs.

 Cependant, qui, en tout point du territoire peut assumer réellement un travail de coordination de tous les acteurs ? Les rectorats ? Les inspections académiques dans les départements ? Les collectivités ? Qui fait les choix de matériels, des contenus, des formations ? Qui assure l’accompagnement au quotidien dans les écoles et établissements scolaires ? Quels sont les véritables critères de choix ? Quels sont in fine, les véritables décideurs ?

 Ce sont parfois simplement les enseignants qui selon leur approche idéologique, personnelle, culturelle acceptent de changer leurs pratiques ou non et là les élus peuvent s’interroger sur le coût des investissements.

Quelle est l’entreprise publique ou privée qui accepte aujourd’hui, des personnels non formés initialement à ces questions ? Quelle est l’entreprise publique ou privée où la formation n’est pas continue pour chacun, lorsque des changements importants doivent s’opérer ?

 Le manque de temps de réflexion collective au sein des établissements pose également la question de la cohérence et de l’appropriation d’un projet éducatif partagé.

 Il appartient aux enseignants, dans le cadre de leurs cours, aux équipes d’établissements, lorsque le numérique (Outils, Environnement numérique de Travail, ressources) est introduit, de réfléchir aux nouvelles relations induites. C’est évidemment une nouvelle organisation à mettre en œuvre, mais il n’est pas possible de renoncer à cette analyse - réflexion.

 Un dispositif d’accompagnement au changement se doit d’être pluriel et à plusieurs niveaux.
 Il faudra certainement redéfinir les compétences de chacun et considérer que seuls les enseignants ne peuvent résoudre tous les problèmes.

 Il conditionne la réussite de la mise en place de changements au service d’un enseignement plus adapté aux évolutions de la société. Il conditionne l’adhésion de tous aux évolutions.


 Conclusion
 Le numérique met donc en chantier, totalement, l’accès aux ressources et aux informations, les contenus des programmes, les espaces et les temps, les formations et les relations entre tous les acteurs des territoires. 


 Les zones de fracture sociale ne recouvrant pas systématiquement les zones de fracture numérique, il faudra donc, même si les politiques publiques doivent viser globalement l’intégration sociale de chacun, que les stratégies envisageables pour atténuer la fracture numérique soient définies en tant que telles, et déclinées sur mesure en fonction des diverses situations.

 La tâche du pouvoir politique est de définir des territoires de compétences,structures constitutionnelles, qui soient les lieux où tous les acteurs sans exclusive puissent exprimer, confronter, formaliser leurs actions et mettre en œuvre.

 C’est bien dans le secteur éducatif, pôle budgétaire lourd pour l’état et les communes qu’il faudra être le plus inventif et le plus volontariste.

Notre venue aux rencontres de Ruralitic enrichiront certainement ces réflexions. A suivre !


 Photo Ruralitic 2011


par Michelle Laurissergues(son site) jeudi 1er septembre 2011 -

http://www.educavox.fr/La-collectivite-et-le-numerique