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mardi 4 octobre 2011

S’organiser grâce aux environnements numériques

La rentrée, le moment où il faut se remettre au travail, où on planifie son année, où l’on range son disque dur (quand on en a encore un), où l’on prépare ses espaces de travail, où l’on se met d’accord avec ses collègues, partenaires, camarades sur comment on va partager l’information.
 
Et là chacun y va de son expérience, de ses habitudes, de son envie de tester le dernier outil si cool. Et dieu sait qu’ils sont nombreux ces outils. Le débat s’enflamme et tout le monde a raison, mais après coup beaucoup se sentent perdus. A-t-on fait le bon choix ? Est ce que mon outil me rendra de bons et loyaux services ? Est ce que mon accès à mes données est pérenne ? Et que se passera-t-il si je change d’outil ? Et vais-je être obligé d’en changer ?
De manière intéressante trois écoles de pensée convergentes mettent en avant l’idée que la constitution d’un tel espace est d’abord personnelle mais s’inscrit dans un contexte social :
  • pour l’apprentissage, un mouvement assez fort existe dans le monde anglo-saxon autour des PLE (Personal Learning Environment), que l’on peut traduire en français sous l’acronyme EAP (Environnement d’Apprentissage Personnel). L’idée sous-jacente est que les objectifs et les modes d’apprentissage sur le web sont définis par l’apprenant lui même, ce qui est sans doute la raison pour laquelle le concept ne prend pas vraiment dans le monde francophone. Une autre difficulté pour s’approprier le concept est qu’il est souvent présenté sous forme d’architecture informatique et non pas en termes d’usages ;
  • le domaine de la gestion de connaissances (Knowledge management) est passée d’une approche de formalisation des connaissances à un approche de construction collaborative autour de la notion de communauté de pratique (définie par Wenger). L’idée est que du coup les collaborateurs et l’organisation apprennent. On passe alors au concept de PKM ou gestion de connaissances personnelles. Comme on est dans le domaine de l’entreprise, la gestion du temps et l’idée que les apprentissages sont guidés par les besoins de l’entreprise apparaissent comme étant des éléments de cadrage. Les outils, les méthodes ressemblent néanmoins aux autres approches. Mohamed Chatti considère même que ces deux modèles PKM et PLE ont vocation à converger.
  • le domaine de la gestion documentaire, notamment au travers des excellentes synthèses des Urfist, nous présente les mêmes notions autour de la recherche documentaire.

Au delà de ces cadres méthodologiques, pour passer à l’acte il est nécessaire de s’intéresser aux usages afin de pouvoir démarrer.
On trouve des catalogues d’outils qui peuvent donner des idées, par exemple le Top 100 pour apprendre en 2011(en anglais), qui peut donner des idées.

On trouve a contrario des approches outils comme par exemple cet impressionnant article d’Evernote., ou l’article de Christine Vaufrey sur ses usages de Diigo « je suis sûr(e) d’avoir lu ce truc quelque part…« . Reste à passer à des cas pratiques pour répondre à la question (toujuors de Christine Vaufrey) « Comment accompagner les enseignants dans l’usage des outils numériques ? »

Et j’y ajouterai bien : les élèves, les étudiants, les bénévoles dans les associations (sportives ou de parents d’élèves par exemple) … tant il me semble que les uns renforceront les autres. Les animateurs d’EPN nous ont montré le chemin en proposant des dispositifs d’auto-formation avec deux axes d’entrée : outils et scénarios. Avec un parti pris néanmoins, un choix unique d’outils en fonction de la situation visée.

Or chaque situation est différente, en fonction des connaissances préalables des participants, en fonction de la continuité visée entre outils ou équipements d’usages (portable, smartphone, tablette), en fonction de contraintes diverses liées par exemple aux hébergements acceptables.
 
Voici les profils types sur lesquels j’ai été interpellé ces derniers temps :
  1. L’élève au collège qui travaille sur ses cours avec un PC portable ;
  2. L’étudiant qui doit être plus autonome sur ses cours, et qui produit des rapports, voire les publie ;
  3. Il peut travailler en groupe ;
  4. Il peut faire des recherches bibliographiques ;
  5. La constitution d’un réseau social de travail ;
  6. L’association 1901 qui veut organiser ses échanges ;
  7. celle qui veut être présente sur les réseaux sociaux pour se faire mieux connaitre ;
  8. et moi même je me suis interpellé pour renouveler mon propre PLE !
(...)

par Jean-Marie Gilliot(son site) mardi 4 octobre 2011

http://www.educavox.fr/S-organiser-grace-aux

mercredi 28 septembre 2011

S’organiser grâce aux environnements numériques

La rentrée, le moment où il faut se remettre au travail, où on planifie son année, où l’on range son disque dur (quand on en a encore un), où l’on prépare ses espaces de travail, où l’on se met d’accord avec ses collègues, partenaires, camarades sur comment on va partager l’information.
Et là chacun y va de son expérience, de ses habitudes, de son envie de tester le dernier outil si cool. Et dieu sait qu’ils sont nombreux ces outils. Le débat s’enflamme et tout le monde a raison, mais après coup beaucoup se sentent perdus. A-t-on fait le bon choix ? Est ce que mon outil me rendra de bons et loyaux services ? Est ce que mon accès à mes données est pérenne ? Et que se passera-t-il si je change d’outil ? Et vais-je être obligé d’en changer ?

De manière intéressante trois écoles de pensée convergentes mettent en avant l’idée que la constitution d’un tel espace est d’abord personnelle mais s’inscrit dans un contexte social :
  • pour l’apprentissage, un mouvement assez fort existe dans le monde anglo-saxon autour des PLE (Personal Learning Environment), que l’on peut traduire en français sous l’acronyme EAP (Environnement d’Apprentissage Personnel). L’idée sous-jacente est que les objectifs et les modes d’apprentissage sur le web sont définis par l’apprenant lui même, ce qui est sans doute la raison pour laquelle le concept ne prend pas vraiment dans le monde francophone. Une autre difficulté pour s’approprier le concept est qu’il est souvent présenté sous forme d’architecture informatique et non pas en termes d’usages ;
  • le domaine de la gestion de connaissances (Knowledge management) est passée d’une approche de formalisation des connaissances à un approche de construction collaborative autour de la notion de communauté de pratique (définie par Wenger). L’idée est que du coup les collaborateurs et l’organisation apprennent. On passe alors au concept de PKM ou gestion de connaissances personnelles. Comme on est dans le domaine de l’entreprise, la gestion du temps et l’idée que les apprentissages sont guidés par les besoins de l’entreprise apparaissent comme étant des éléments de cadrage. Les outils, les méthodes ressemblent néanmoins aux autres approches. Mohamed Chatti considère même que ces deux modèles PKM et PLE ont vocation à converger.
  • le domaine de la gestion documentaire, notamment au travers des excellentes synthèses des Urfist, nous présente les mêmes notions autour de la recherche documentaire.


 
Au delà de ces cadres méthodologiques, pour passer à l’acte il est nécessaire de s’intéresser aux usages afin de pouvoir démarrer. On trouve des catalogues d’outils qui peuvent donner des idées, par exemple le Top 100 pour apprendre en 2011(en anglais), qui peut donner des idées. On trouve a contrario des approches outils comme par exemple cet impressionnant article d’Evernote., ou l’article de Christine Vaufrey sur ses usages de Diigo « je suis sûr(e) d’avoir lu ce truc quelque part…« . Reste à passer à des cas pratiques pour répondre à la question (toujuors de Christine Vaufrey) « Comment accompagner les enseignants dans l’usage des outils numériques ? » Et j’y ajouterai bien : les élèves, les étudiants, les bénévoles dans les associations (sportives ou de parents d’élèves par exemple) … tant il me semble que les uns renforceront les autres. Les animateurs d’EPN nous ont montré le chemin en proposant des dispositifs d’auto-formation avec deux axes d’entrée : outils et scénarios. Avec un parti pris néanmoins, un choix unique d’outils en fonction de la situation visée.

Or chaque situation est différente, en fonction des connaissances préalables des participants, en fonction de la continuité visée entre outils ou équipements d’usages (portable, smartphone, tablette), en fonction de contraintes diverses liées par exemple aux hébergements acceptables.
Voici les profils types sur lesquels j’ai été interpellé ces derniers temps :
  1. L’élève au collège qui travaille sur ses cours avec un PC portable ;
  2. L’étudiant qui doit être plus autonome sur ses cours, et qui produit des rapports, voire les publie ;
  3. Il peut travailler en groupe ;
  4. Il peut faire des recherches bibliographiques ;
  5. La constitution d’un réseau social de travail ;
  6. L’association 1901 qui veut organiser ses échanges ;
  7. celle qui veut être présente sur les réseaux sociaux pour se faire mieux connaitre ;
  8. et moi même je me suis interpellé pour renouveler mon propre PLE !
 
Je vais sans doute écrire quelques billets dans les prochains temps pour formaliser quelques solutions types, soit par ces scénarios, soit selon une approche outil (comme je l’ai déjà évoqué dans la tentation du tout Google). Il faudra sans doute avoir une approche qui montre qu’il est nécessaire d’aborder ces solutions avec une approche progressive, évolutive, d’apprentissage. L’idée est que les personnes qui s’engagent dans une utilisation d’outils collaboratifs, s’engage dans une démarche, progressive, simple, mais non figée.

Peut être serez vous tentés de proposer votre solution, j’ouvre un document google partagé à tout hasard. Les commentaires sont évidemment bienvenus.
 
Crédit photo : Virtual Learning Environments class in SL with guest speaker George Haines par danceinthesky, licence CC-by-nc-sa

 

vendredi 16 septembre 2011

Pourquoi l’ENT du 1er degré est le maillon faible du continuum numérique de la maternelle à l’université ?



Anne Marie GROS est Conseillère TICE du Recteur de l’académie de Toulouse . Elle répond pour Educavox à cette question.

Tout projet d’ENT nécessite un partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales du fait des compétences partagées prévues par la loi.

Pour le 2nd degré, un seul interlocuteur, conseil régional pour le lycée, conseil général pour le collège, permet de déboucher rapidement sur des projets opérationnels.

On essaie toutefois d’inciter à la réunion dans le même projet des départements et de la région dans un souci de continuité pédagogique pour les élèves et les enseignants et d’économie d’échelle tant pour les collectivités que pour l’Etat en charge des formations des personnels.
Dans l’académie de Toulouse les 9 collectivités devraient participer au projet commun d’ENT mais « cela n’a pas été facile » affirme Anne Marie Gros.

La réponse à l’appel à projet pour le 2nd degré date de 2003 ; la phase d’expérimentation s’est faite de 2004 à 2008 et la généralisation se termine l’an prochain.

Que dire du 1er degré où le nombre très important de collectivités rend le problème infiniment plus complexe. L’idéal selon AM Gros consisterait à obtenir une « unité de projet par département ». En effet les équipes de formation sont pour l’essentiel placées sous l’autorité de l’Inspecteur d’Académie DSDEN et l’unicité de projet simplifierait la mise en œuvre du plan de formation.

Le problème de la répartition des coûts d’un tel projet est essentiel.
Entre « coûts apparents » et « coûts cachés », Anne Marie Gros insiste sur le rôle de l’Etat dans le nécessaire accompagnement au changement des enseignants .

En attendant que les solutions se construisent par exemple par la création d’un syndicat mixte, le Rectorat a lancé une expérimentation pour apporter la preuve du besoin dans les écoles de disposer d’un ENT au service des élèves, des enseignants, des parents et des collectivités.
Il s’agit de tester plusieurs produits dans 48 écoles dont les ENR soit 240 classes et 5491 élèves. Le pilotage est assuré dans chaque département par un IEN TICE mais la coordination reste académique.




par Claude TRAN vendredi 16 septembre 2011

http://www.educavox.fr/Pourquoi-l-ENT-du-1er-degre-est-le

samedi 10 septembre 2011

Identités numériques : Environnement numérique de Travail ou réseau social ?



La Région Ile de France publie régulièrement sur le site de Lilie des articles et des reportages sur l’utilisation de l’ENT par les acteurs des communautés éducatives des lycées.

Ceux ci révèlent la forte hétérogénéité de maîtrise des outils et des usages par les personnels, la place encore discrète des parents et les attentes des jeunes. On sent toutefois combien les formations mises en place, les échanges et le partage d’usages que l’ENT facilite, ainsi que le dynamisme de quelques uns des acteurs les plus engagés, contribuent à construire un savoir faire partagé et accompagnent véritablement le changement des pratiques pédagogiques .

Il s’agit là d’une sorte de « Savoir Minimum Internet Garanti » qui se construit

L’élaboration et la publication en ligne de guides et de tutoriels qui participent à la construction d’un véritable corpus permet à chacun de construire son propre savoir faire à son rythme.

On peut donc voir ici des équipes progresser lentement avec un ENT dont l’ergonomie ne favorise pas toujours une prise en main immédiate par des rédacteurs novices et là des enseignants impatients d’utiliser tous les services qu’offre l’ENT.

Il s’agit également pour les institutions, Etat et collectivité, comme pour le groupe industriel mené par Logica, de « profiter » du déploiement pour faire évoluer progressivement cet outil et pour l’adapter aux nouveaux usages attendus par les acteurs.

Au lycée Turgot de Paris (3e arrondissement), Lilie est en place depuis mai 2010 pour les enseignants. A la rentrée de septembre 2010, l’équipe de direction a choisi de généraliser le cahier de textes et d’ouvrir l’accès aux parents.

Au dernier trimestre de l’année scolaire précédente deux enseignantes d’économie gestion, Rosenn et Hélène décident de réaliser ensemble et pour leurs classes une activité pédagogique sur les identités numériques .

L’équipe qui réalise le site de Lilie a suivi ces deux professeures dans leur parcours, tout au long des mois de mai et de juin 2011, depuis l’idée jusqu’à son aboutissement, en passant par l’initiation de l’une par l’autre à la création d’un blog sur Lilie.

Un journaliste spécialisé, Jean-Marc Manach, a été invité pour clore l’activité à donner une conférence et à répondre aux questions des élèves et de leurs professeures.

L’ENT, réseau social à l’échelle d’un groupe d’établissements n’est pas, pour les puristes blogueurs, un véritable réseau social à l’image des FaceBook, Twtter et autres Google+ largement utilisés par les jeunes.

Mais aujourd’hui encore la grande majorité des enseignants rejette l’usage de ces réseaux de référence.

La confrontation ici de ces deux dispositifs de communication au travers des multiples traces que les utilisateurs d’Internet et en particuliers les jeunes abandonnent sur le réseau, constitue une bonne approche pédagogique du thème de l’identité numérique.


http://lilie.iledefrance.fr/fr/iden...
 
 

Lilie, identité numérique from Education et Territoires on Vimeo.


par Claude TRAN samedi 10 septembre 2011

http://www.educavox.fr/Identites-numeriques-Environnement

jeudi 1 septembre 2011

La collectivité et le numérique

La collectivité est contrainte de relier son capital humain et social à l’immatériel.


 
Le numérique assigne un rôle aux collectivités locales et aux nouveaux environnements territoriaux qui y joueront demain leur attractivité et leur compétitivité : un des grands enjeux sera bien celui des nouveaux rapports entre les entreprises et les territoires où les uns et les autres auront à œuvrer ensemble pour créer des marchés, mais aussi, donner à connaitre ou à comprendre.

Travailler demain, c’est savoir utiliser les outils les plus pertinents pour avoir accès aux informations rendues disponibles par le territoire (open data), par les entreprises, au travers d’une approche collective reposant sur l’échange continu d’informations sur les produits, les processus et les services.


 Un autre enjeu est celui de l’éducation. 
« L’internet ne permet pas seulement de distribuer l’information à des millions de gens, il permet à des millions de gens de distribuer l’information. » Ceci pose toutes les questions des contenus, de leur production et de leur mise à disposition. Cela pose des questions de fond sur l’édition et sur les professionnels de l’information.

 L’école d’aujourd’hui devrait prendre note que dans le flot exponentiel des nouvelles connaissances, miser sur l’apprentissage des connaissances (au sens de connaissances déclaratives ou encyclopédiques) est une partie perdue d’avance. Le salut réside dans le « savoir comment utiliser les nouvelles connaissances », pour reprendre le constat de McLuhan.

 Près du tiers de la population mondiale est connectée en un vaste réseau virtuel. Il en découle une synergie sans précédent dans l’histoire de l’humanité, une interaction scientifique, économique et sociale.

 Les jeunes développent dans les médias sociaux des compétences que l’école leur interdit. Le savoir devient accessible, filtrable, archivable, multimédia, multi ethnique, multi générationnel, collaboratif, social, interactif, immédiat…D’où l’importance à redonner à l’école pour ne pas accroitre l’importance des outils au détriment des compétences.

 Le travail sur l’individu devra se renforcer ce qui supprime un travail exclusivement collectif.

 Les écoles rurales sont au titre des services publics, par leur relation de proximité sociale, une chance pour les territoires si les communes travaillent aussi ces questions, dans une dynamique de territorialité.

 Elles ont à se positionner fortement car les équipements onéreux ont tendance à être concentrés dans les agglomérations et mégapoles où se trouvent réunis, pouvoir économique, universités et grandes écoles. Un certain capital économique doit être préservé dans les territoires ruraux et le « capital éducation »doit y être protégé et amplifié.

 Recherche-innovation
 En l’espace de quarante ans, nous sommes passés de l’ordinateur central à l’ordinateur personnel, au portable, au smartphone et à l’ardoise numérique.

 La conséquence directe est que le cœur de ce développement social est bien le couple recherche-innovation. Abordant la ville, la culture, le tourisme, le développement durable, la gestion d’une population, les transports, l’e-santé et l’éducation, cette dimension recherche-innovation est incontournable.

 Les compétences nécessaires dans cette société dite de l’information où chacun se situe différemment, hors même de son contexte social (on peut être dans un contexte social aisé et peu enclin à utiliser le numérique ou inversement) requièrent :

des compétences techniques
des compétences constituées de savoirs transférables d’une situation à une autre, (faculté d’apprentissage, savoirs méthodologiques)
des compétences socioculturelles, comme la capacité à communiquer ou à travailler en équipe ou à promouvoir ses compétences


 Quelles compétences numériques les élèves et étudiants (et les enseignants) maîtrisent-ils ?
Les compétences instrumentales ou opératoires sont acquises mais elles sont de moins en moins nécessaires compte tenu du caractère très intuitif des environnements numériques
Les compétences de type informationnelles sont peu développées : ils ne savent pas suffisamment gérer et exploiter la multitude d’informations dont ils disposent sur le net
Les compétences de type stratégique, comme savoir se réapproprier les contenus pour les remobiliser dans d’autres contextes, sont là aussi très peu partagées.

 Les stratégies d’enseignement doivent donc évoluer et permettre une alternance de temps, de groupements différenciés d’élèves, d’une autonomie dans la recherche d’informations…

 Les enseignants ont donc une place centrale à occuper pour que les élèves, par la formation, évoluent d’une culture numérique « grand public » vers une véritable culture informationnelle et stratégique. Et pour cela, bien sûr, être eux mêmes bien formés.


 La formation et l’accompagnement
 L’institution de l’éducation nationale, longtemps frileuse à l’entrée des autres acteurs, accumulant les manques de moyens particulièrement dans le domaine de la formation, est donc contrainte aujourd’hui à créer des synergies entre tous les acteurs.

 Cependant, qui, en tout point du territoire peut assumer réellement un travail de coordination de tous les acteurs ? Les rectorats ? Les inspections académiques dans les départements ? Les collectivités ? Qui fait les choix de matériels, des contenus, des formations ? Qui assure l’accompagnement au quotidien dans les écoles et établissements scolaires ? Quels sont les véritables critères de choix ? Quels sont in fine, les véritables décideurs ?

 Ce sont parfois simplement les enseignants qui selon leur approche idéologique, personnelle, culturelle acceptent de changer leurs pratiques ou non et là les élus peuvent s’interroger sur le coût des investissements.

Quelle est l’entreprise publique ou privée qui accepte aujourd’hui, des personnels non formés initialement à ces questions ? Quelle est l’entreprise publique ou privée où la formation n’est pas continue pour chacun, lorsque des changements importants doivent s’opérer ?

 Le manque de temps de réflexion collective au sein des établissements pose également la question de la cohérence et de l’appropriation d’un projet éducatif partagé.

 Il appartient aux enseignants, dans le cadre de leurs cours, aux équipes d’établissements, lorsque le numérique (Outils, Environnement numérique de Travail, ressources) est introduit, de réfléchir aux nouvelles relations induites. C’est évidemment une nouvelle organisation à mettre en œuvre, mais il n’est pas possible de renoncer à cette analyse - réflexion.

 Un dispositif d’accompagnement au changement se doit d’être pluriel et à plusieurs niveaux.
 Il faudra certainement redéfinir les compétences de chacun et considérer que seuls les enseignants ne peuvent résoudre tous les problèmes.

 Il conditionne la réussite de la mise en place de changements au service d’un enseignement plus adapté aux évolutions de la société. Il conditionne l’adhésion de tous aux évolutions.


 Conclusion
 Le numérique met donc en chantier, totalement, l’accès aux ressources et aux informations, les contenus des programmes, les espaces et les temps, les formations et les relations entre tous les acteurs des territoires. 


 Les zones de fracture sociale ne recouvrant pas systématiquement les zones de fracture numérique, il faudra donc, même si les politiques publiques doivent viser globalement l’intégration sociale de chacun, que les stratégies envisageables pour atténuer la fracture numérique soient définies en tant que telles, et déclinées sur mesure en fonction des diverses situations.

 La tâche du pouvoir politique est de définir des territoires de compétences,structures constitutionnelles, qui soient les lieux où tous les acteurs sans exclusive puissent exprimer, confronter, formaliser leurs actions et mettre en œuvre.

 C’est bien dans le secteur éducatif, pôle budgétaire lourd pour l’état et les communes qu’il faudra être le plus inventif et le plus volontariste.

Notre venue aux rencontres de Ruralitic enrichiront certainement ces réflexions. A suivre !


 Photo Ruralitic 2011


par Michelle Laurissergues(son site) jeudi 1er septembre 2011 -

http://www.educavox.fr/La-collectivite-et-le-numerique


 

jeudi 18 août 2011

Discours et pratiques autour des Environnements Numériques de Travail



Dans cette recherche de Hervé Daguet et de Emmanuelle Voulgre, Laboratoire CIVIIC, Département des Sciences de l’Éducation, Université de Rouen, U.F.R. Sciences de l’Homme et de la Société, les deux hypothèses de travail ont été les suivantes :

H1 : Il existe une utopie sur les améliorations du partage et de la mise à disposition des ressources intrinsèquement liées aux usages actuels des ENT.

H2 : Il existe une utopie concernant les améliorations pédagogiques qui seraient intrinsèquement liées aux usages de ces nouvelles technologies.
Au travers des entretiens, les points les plus saillants mis en avant concernant l’analyse du caractère utopique des usages liés au module « ressources » des ENT conduisent au constat que plus de la moitié des enseignants de l’échantillon revendique le non-usage ou de faibles usages.

L’analyse à consulter en pdf ci-dessous.

Document(PDF – 201.7 ko)

par An@é(son site) jeudi 18 août 2011

http://www.educavox.fr/Discours-et-pratiques-autour-des