mardi 1 mai 2012

La voie de l’alternance s’ouvre aux jeunes dès 14 ans

  • Deux récents décrets vont permettre à des élèves de découvrir une forme d’apprentissage dès 14 ou 15 ans.
  • Beaucoup dénoncent une remise en cause du socle commun et de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans.

QUE PRÉVOIT LE DÉCRET PUBLIÉ LA SEMAINE DERNIÈRE ?

En application de la loi Cherpion pour le développement de l’alternance et la sécurisation des parcours professionnels, texte voté en juillet dernier, un décret paru jeudi dernier au Journal officielouvre la possibilité à des élèves « ayant accompli la scolarité du collège » d’être accueillis dans un centre de formation des apprentis (CFA) « sans limitation d’âge, afin de découvrir un environnement professionnel correspondant à un projet d’entrée en apprentissage ». Cette formation, « sous statut scolaire » et non sous celui du salariat, comme c’est le cas pour les « vrais » apprentis, s’inscrira dans le cadre du dispositif d’initiation aux métiers en alternance (Dima), instauré en 2008.

Un autre article simplifie l’entrée en apprentissage dès 15 ans en supprimant la demande de dérogation, à condition toutefois d’avoir préalablement bénéficié du Dima. Dans les faits, peu de jeunes devraient être concernés par ces modifications. Suivant le mois de naissance, on termine le collège à 15 ans ou 14 ans et demi. Sauf si l’on a redoublé, ce qui est souvent le cas de ceux qui sont tentés par l’alternance dès la fin de la 3e . « Certaines formations, comme celle d’esthéticienne, ne sont accessibles que par cette voie et attirent de bons élèves », nuance malgré tout le député UMP des Vosges, Gérard Cherpion, à l’origine de la loi. « De plus en plus de jeunes s’orientent vers l’alternance, non seulement parce qu’elle leur permet financièrement de continuer à se former, mais aussi parce qu’elle offre un autre chemin vers l’excellence », justifie-t-il.

PEUT-ON PARLER D’UNE ORIENTATION PRÉCOCE VERS L’ALTERNANCE ?

Dès la mi-février, un autre décret découlant de la loi Cherpion prévoyait des « dispositifs d’alternance personnalisés » avec des aménagements permettant d’offrir à des élèves de 4e et 3e « une découverte approfondie des métiers, ainsi qu’une première formation professionnelle » . Ce dispositif s’inscrit dans la continuité du module de « découverte professionnelle de six heures » mis en place dès 2005, mais qui n’était destiné qu’à des jeunes de 3e en difficulté scolaire. « Cette option n’était pas proposée dans tous les établissements », déplore François Portzer, le président du Syndicat national des collèges et lycées. Ce responsable espère que tous les élèves de 4e et 3e « fâchés » avec les apprentissages classiques pourront désormais, avec leur accord et celui de leurs parents, effectuer un premier pas vers l’alternance.

Est-ce la fin du collège unique ?

Beaucoup interprètent les nouveaux décrets comme une tentative d’enfoncer un coin dans cette institution souvent décriée. « Nous ne sommes pas contre une découverte des métiers dans le cadre du collège mais il faut qu’elle s’adresse à tous les élèves », réagit Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT, qui redoute « la mise en place insidieuse de nouvelles filières dès la 4e ». Le programme de Nicolas Sarkozy prévoit d’ailleurs une pré-orientation vers la voie professionnelle à mi-collège, une mise en cause du « socle commun de connaissances et de compétences » pourtant instauré par la loi Fillon de 2005.

« En remettant en cause la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, l’école se dédouane de son devoir d’aider tous les élèves », commente Jean-Jacques Hazan, président de la fédération de parents d’élèves FCPE. À ses yeux, l’apprentissage – que Nicolas Sarkozy souhaite encourager, en portant le nombre d’apprentis de 600 000 à 800 000 – n’est pas la panacée. « Il donne les meilleurs résultats, en termes d’insertion professionnelle, pour les étudiants du supérieur, et non pour des jeunes qui se voient peu ou prou imposer une orientation en fin de collège », argumente-t-il.

DENIS PEIRON

Compensation carbone, une bonne idée ?




Certaines entreprises et individus se demandent encore ce qu’il est possible de faire pour limiter l’impact de leur activité sur l’environnement. Une réponses réside en la Compensation carbone. Mais l’approche fait polémique. Est-ce simplement une approche à la mode ou une réelle bonne idée ? Débat.

Compensation carbone : qu’est ce que c’est ?

Le processus de compensation carbone est assez simple. Vous êtes un particulier ou une entreprise et vous souhaitez lutter contre vos émissions de gaz à effet de serre ? Alors les programmes de compensation carbone sont peut-être faits pour vous.

L'effet de serre expliqué
Compensation, la marche à suivre

Une fois que vous connaissez votre volume d’émissions, vous pouvez alors investir, en achetant des crédits carbone, dans des projets d’efficacité énergétique, de reforestation ou de soutien aux énergies renouvelables, souvent portés par des ONG. Calculez votre bilan carbone sur l’année ou sur l’une de vos activités (vos trajets en voiture par exemple ou un voyage en avion). Une fois ce bilan effectué, étudiez votre situation carbone et changez d’abord vos habitudes pour réduire votre bilan carbone.


Compost
Ces projets de compensation, de capture et stockage du carbonepeuvent être de diverses natures, comme la promotion du compostage de déchets organiques à Madagascar, des réservoirs à Biogaz et Vermicompost en Inde, des fours solaires au Pérou (proposés par actioncarbone.org) ou encore une installation géothermique au Guatemala (Climatmundi).

L’objectif est d’arriver à un bilan complètement neutre entre les émissions dont vous êtes responsables et celles qui sont compensées.

Les crédits carbone et la compensation carbone en France
Quatre organismes français de rachat des GES ont signé la Charte de l’Ademe, se partageant d’ailleurs l’essentiel du marché depuis 2005 :
  1. L’association CO2 Solidaire lancée par le Geres (Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarités) propose de financer des projets dans des pays du Sud (Cambodge, Maroc, Afghanistan, Inde) dont elle est elle-même l’initiatrice.
  2. L’association Action carbone créée Y . Arthus-Bertrand (Good Planet) dont les projets concernent la capture de CO2 par la végétation (projet de reforestation, lutte contre la déforestation…) ou les énergies renouvelables dans les pays du Sud.
  3. L’entreprise Climat Mundi qui a la particularité de vendre des certificats de réduction d’émissions de CO2 sous forme de chèques cadeau ! Les projets qu’elle soutient concernent les énergies renouvelables (petite hydraulique en Chine et au Mexique) et la lutte contre la désertification (Erythrée).
  4. L’entreprise EcoAct engagée dans des projets de reforestation en Amérique du Sud ou de construction de chambres froides au Burkina Faso.

Compensation carbone, un système controversé


A priori, la compensation carbone est très bénéfique pour l’environnement. Mais quelques voix s’élèvent contre ce système pourtant apprécié de nombreuses entreprises et même de quelques stars. Car si le principe de la compensation carbone est salué, c’est la démarche qui est critiquée. Il faut savoir que :
  • Les prix de la tonne du CO2 peuvent varier du simple au quadruple. La compensation d’un vol Aller-retour Paris/new-York passe ainsi de 8 à 80 euros selon les opérateurs.
  • La qualité des projets soutenus et leur mode de contrôle manque de transparence et de lisibilité dans certains cas.

La suite p.2> Les points faibles de la compensation carbone
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Rédigé par Aurore

05/2012 

Énergie progressive vs. énergie renouvelable

« L’énergie renouvelable » souffre de deux failles conceptuelles fondamentales. Elle n’est pas vraiment renouvelable, et elle n’est pas vraiment de l’énergie.

Par Alex Epstein pour MasterResource.

Qu’est-ce qui est « renouvelable » ?


« Renouvelable », dans la plupart des définitions est une approximation de quelque chose comme « naturellement réapprovisionné » et souvent mis en contraste avec des sources « finies » prétendument inférieures. Ça évoque l’image d’une pizza dont une tranche, une fois mangée, réapparait comme par magie.

De tels phénomènes n’existent cependant pas dans la nature. Le soleil et ses photons et le vent qu’il génère ne sont pas infinis, ils font juste tous partie d’une réaction de fusion nucléaire à très grande échelle. C’est vrai, cette réaction va durer des milliards d’années, mais c’est aussi le cas des quantités stupéfiantes d’énergie inexploitée stockée dans chaque atome de notre planète « finie ».

Être obsédé par la question de savoir si une source potentielle d’énergie va durer des siècles ou des milliards d’années, c’est négliger la question clé qui importe pour la vie des hommes ici et maintenant : peut-elle réellement fournir de l’énergie utilisable qui maximisera la quantité et la qualité de la vie humaine ?

Énergie utilisable vs. inutilisable

La question clé au sujet de l’énergie n’est pas de savoir si elle est finie – tout l’est – mais si elle est utilisable.

Ceci est étayé par l’histoire de la production d’énergie. Presque tout au long de l’histoire humaine, notre quantité d’énergie utilisable était à peine au dessus du niveau dont nous avions besoin pour actionner nos muscles (et, pendant les famines, même pas ça). Il y avait de copieuses quantités d’énergie inutilisable – les liaisons chimiques contenues dans les dépôts de charbon, de pétrole et de gaz naturel, l’énergie mécanique du vent, les photons du soleil, et, plus grand que tout, l’énergie stockée dans la matière autour de nous, dont les proportions ont été quantifiées quand Einstein a identifié que E=MC2.

Chaque avancement dans la production d’énergie a consisté à prendre une quelconque source d’énergie inutilisable et à la rendre utilisable, les moulins à vent pour moudre le grain, les moulins à eau pour faire fonctionner des machines simples, et enfin les combustibles hydrocarbures concentrés qui ont multiplié la productivité humaine par un facteur de plusieurs centaines.

Les hydrocarbures et autres sont souvent appelés « ressources naturelles finies », mais c’est une appellation incorrecte ; ils ne sont pas naturellement une ressource. Ils deviennent des ressources – c’est-à-dire, ils rendent des services – seulement dans la mesure où ils acquièrent une valeur du fait de l’intelligence humaine. C’est là l’identification cruciale faite par Julian Simon : l’esprit humain est la ressource ultime qui crée de nouvelles ressources, y compris des ressources énergétiques, en découvrant comment extraire de nouveaux services de matières premières jusqu’alors inutiles. Nous ne devrions pas voir les matières premières inutilisables comme des ressources tant qu’elles n’ont pas été rendues utilisables par l’intelligence humaine.

Cette dernière constatation s’applique au soleil (et au vent), source ultime d’énergie « renouvelable ». La vaste majorité de la lumière du soleil ne fournit pas d’énergie utilisable étant donné les technologies connues à ce jour. Certes, par la conversion photovoltaïque, un panneau solaire dans la plupart des endroits peut générer un courant électrique d’une certaine ampleur. Mais qui s’en soucie ? Un ouragan produit la valeur de plusieurs bombes H en énergie mécanique, est-ce que ça en fait une source d’énergie ? Pas si vous ne pouvez pas l’exploiter d’une façon qui fournit de l’électricité abordable et fiable, que nous pouvons utiliser pour nos besoins présents et futurs. Dans la vaste majorité des cas, la technologie de conversion solaire ne le peut pas, l’énergie collectée est trop diluée et intermittente pour être une source utile d’énergie à grande échelle.

Énergie réelle vs. énergie hypothétique

« L’énergie renouvelable », comme il est d’usage de désigner le solaire et l’éolien, n’est pas de « l’énergie » au sens économique du terme. C’est une source hypothétique d’énergie dont nous connaissons l’existence, mais cet hypothétique ne mérite pas un statut plus privilégié que tout autre hypothétique (la capacité de libérer l’énergie atomique de toute une série d’éléments), sans parler de méthodes au potentiel beaucoup plus prometteur, comme par exemple le potentiel de l’uranium et du thorium de générer de l’énergie pour des dizaines de milliers d’années.

L’idole qu’est l’énergie « renouvelable » fait partie de l’idole plus large de la « durabilité ». Toutes deux sont de fausses idoles qui obscurcissent la vraie beauté du capitalisme, qui est que pour produire de l’énergie, et tout le reste, il est mieux que « durable », il est progressif. « Renouvelable », ou « durable », implique que la trajectoire idéale de la vie est une répétition, utilisant les mêmes méthodes et matériaux encore et encore.

Mais c’est là un idéal tout juste bon pour un animal, pas pour un être humain. Le mode humain d’existence est de toujours devenir meilleur, toujours s’améliorer, toujours découvrir comment utiliser de nouvelles matières premières pour créer de l’énergie.

Un faux idéal né du mysticisme vert

La racine du fétiche sur l’énergie « renouvelable » est l’idéal vert de minimiser l’impact de l’homme sur la nature. C’est étayé par le fait que la seule source d’énergie « renouvelable » pratique, les barrages hydroélectriques, subit l’opposition du mouvement vert pour interférence avec « les cours d’eau qui coulent librement ». Ces mouvements aiment le solaire et l’éolien malgré leurs lamentables performances sur le terrain, pour des raisons idéologiques, et au bout du compte, religieuses : l’idée qu’une société reposant seulement sur le soleil et le vent est en accord avec leur idéal d’un monde où l’homme marche sur la pointe des pieds sur la planète, au lieu de la transformer.

Si nous mettons de côté la religion verte, « l’énergie renouvelable » est un faux idéal qui n’a pas sa place dans une discussion rationnelle sur l’énergie. La seule question qui compte sur l’énergie est : quelle source d’énergie fera le mieux avancer la vie humaine, maintenant et dans le futur, à un horizon pertinent, et non dans 5 milliards d’années ?

Et la seule manière de répondre à cette question est de laisser les consommateurs et les producteurs libres de chercher des réponses toujours meilleures dans un marché libre. Alors, nous aurons toujours la meilleure sorte d’énergie : l’énergie progressive.

—-
Sur le web.

Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=81374

Publié le 1/05/2012

http://www.contrepoints.org/2012/05/01/81374-energie-progressive-vs-energie-renouvelable?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Contrepoints+%28Contrepoints%29

Tunisie : l'opposition entre fusions et confusion

01/05/2012 à 16h:22 Par Abdelaziz Barrouhi, à Tunis

Tirant les leçons de leur déroute électorale, les partis de l'opposition tunisienne se sont regroupés en trois blocs. Mais pour se poser en alternative à la troïka au pouvoir, ils devront se rassembler sous une seule bannière, ce qui est loin d'être acquis.

A priori, l'avenir de l'opposition tunisienne semble plutôt radieux. Tirant les leçons de leurs résultats médiocres à l'élection de la Constituante, le 23 octobre 2011, partis et micropartis ont multiplié les fusions en ce mois d'avril pour accroître leurs chances de l'emporter lors des futures consultations générales, prévues entre avril 2013 et fin juin 2013, face à la troïka au pouvoir (Ennahdha, Congrès pour la République, Ettakatol).

La fusion la plus significative est celle qui a eu lieu le 9 avril avec l'absorption par le Parti démocrate progressiste (PDP, centre gauche) de huit autres entités, dont Afek Tounes, pour donner naissance au Parti républicain (PR). Le deuxième regroupement rassemble Ettajdid (ex-Parti communiste), le Parti tunisien du travail (PTT, travailliste) et plusieurs personnalités indépendantes sous la bannière de la Voie démocratique et sociale (VDS). Enfin, le troisième bloc s'est structuré autour du parti Al-Moubadara (« l'Initiative nationale », fondé par Kamel Morjane, ex-ministre de Ben Ali), auquel se sont joints sept de la quarantaine de formations issues de l'ex-parti-État qui a régné sur le pays pendant plus d'un demi-siècle. Dissous sur décision de justice au lendemain de la révolution, en mars 2011, ce dernier était initialement connu sous le nom de Parti socialiste destourien (PSD) sous Bourguiba, puis de Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) sous Ben Ali. Effrité, momentanément paralysé par la disparition des financements occultes et étatiques dont il bénéficiait et par l'interdiction faite à ses anciens cadres de se porter candidats à la Constituante, il a publiquement refait surface le 24 mars, à Monastir, l'un de ses principaux fiefs. Ses structures sont en cours de reconstitution pour reprendre du service.

Les trois blocs constituent une force de frappe virtuelle en vue des prochaines élections et un relais du mouvement de désobéissance civile qui se développe à la faveur du mécontentement social. À tel point que l'ancien Premier ministre provisoire (de février à décembre 2011), Béji Caïd Essebsi, y a vu l'occasion de se présenter comme l'homme providentiel susceptible de rassembler les trois blocs dans un grand parti du centre qui se poserait en alternative à la troïka.

Faible poids électoral

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Historiquement, il n'existe que deux partis de masse en Tunisie : l'ex-parti destourien et Ennahdha. Les autres formations ne sont que des micropartis, élitistes pour la plupart, nés pour certains après la révolution et qui ont encore beaucoup de chemin à parcourir avant de s'imposer électoralement. Les forces politiques qui composent le PR et la VDS n'ont ainsi remporté que 12 % des sièges à la Constituante. De leur côté, les « résidus » du PSD-RCD dissous ne disposent que de 3 % des sièges. Dans la perspective des scrutins de 2013, ces derniers comptent sur la réactivation de leur appareil pour, comme ils le répètent, « reprendre leur place au soleil » autour du pôle de Morjane, mais pas seulement.

Une fusion entre les destouriens, le PR et la VDS semble toutefois - pour le moment - improbable. D'abord parce que, en dehors d'une dizaine de proches, Caïd Essebsi - âgé de 85 ans - ne dispose pas d'un soutien suffisant, à moins qu'il ne parvienne à fédérer derrière lui les destouriens. Mais dans cette perspective, il apparaîtra aux yeux des jeunes comme un homme du passé. Ensuite, parce que le processus devant conduire à la création de ce grand parti prévoit la fusion entre le PR de Néjib Chebbi et la VDS d'Ahmed Brahim. Or cette étape se révèle difficile sur le plan politique et ne sera probablement pas franchie de si tôt. Un « parti Caïd Essebsi » aura le plus grand mal à être viable tant le fossé est grand entre les composantes des trois pôles, dont les militants ont des référents historiques allant de l'extrême gauche à l'extrême droite.

Les hommes politiques concernés ont par ailleurs sous-estimé ou feint d'ignorer les calculs et ambitions électorales des uns et des autres, mais aussi le gouffre séparant réformateurs et vieilles gardes au sein même de chacun de leurs partis initiaux. Ils ne s'attendaient en tout cas pas à ce que ces réalités apparaissent au grand jour en plein congrès constitutif du PR. À peine la formation était-elle née que 9 députés (dont Moncef Cheikhrouhou, Mohamed Hamdi et Mahmoud Baroudi) sur les 16 que compte le PR au sein de la Constituante ont annoncé le gel de leur adhésion, imités par 16 fédérations sur 25. Appartenant à l'aile réformiste, ils reprochent à la vieille garde regroupée autour de Néjib Chebbi de les avoir délibérément écartés de la direction du PR. En fait, c'est toute la gestion politique et financière de Chebbi qu'ils mettent en cause. Ils dénoncent l'absence d'un audit des finances de l'ex-PDP, qui a bénéficié l'an dernier de généreuses contributions de chefs d'entreprise, et signalent l'existence d'un déficit de 1,5 million de dinars (750 000 euros). Reste à savoir qui mettra la main à la poche pour le combler, et à quelles conditions.

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The Jets of the Future

How NASA and aircraft engineers intend to shape the future of air travel
By Andrew Rosenblum and Rose PastorePosted 05.01.2012 at 10:08 am


Box Wing Jet Nick Kaloterakis

NASA asked the world’s top aircraft engineers to solve the hardest problem in commercial aviation: how to fly cleaner, quieter and using less fuel. The prototypes they imagined may set a new standard for the next two decades of flight.

BOX WING JET, LOCKHEED MARTIN

Target Date: 2025
Passenger jets consume a lot of fuel. A Boeing 747 burns five gallons of it every nautical mile, and as the price of that fuel rises, so do fares. Lockheed Martin engineers developed their Box Wing concept to find new ways to reduce fuel burn without abandoning the basic shape of current aircraft. Adapting the lightweight materials found in the F-22 and F-35 fighter jets, they designed a looped-wing configuration that would increase the lift-to-drag ratio by 16 percent, making it possible to fly farther using less fuel while still fitting into airport gates.

They also ditched conventional turbofan engines in favor of two ultrahigh-bypass turbofan engines. Like all turbofans, they generate thrust by pulling air through a fan on the front of the engine and by burning a fuel-air mixture in the engine’s core. With fans 40 percent wider than those used now, the Box Wing’s engines bypass the core at several times the rate of current engines. At subsonic speeds, this arrangement improves efficiency by 22 percent. Add to that the fuel-saving boost of the box-wing configuration, and the plane is 50 percent more efficient than the average airliner. The additional wing lift also lets pilots make steeper descents over populated areas while running the engines at lower power. Those changes could reduce noise by 35 decibels and shorten approaches by up to 50 percent.—Andrew Rosenblum



Supersonic Green Machine: Nick Kaloterakis


SUPERSONIC GREEN MACHINE, LOCKHEED MARTIN

Target Date: 2030
The first era of commercial supersonic transportation ended on November 26, 2003, with the final flight of the Concorde, a noisy, inefficient and highly polluting aircraft. But the dream of a sub-three-hour cross-country flight lingered, and in 2010, designers at Lockheed Martin presented the Mach 1.6 Supersonic Green Machine. The plane’s variable-cycle engines would improve efficiency by switching to conventional turbofan mode during takeoff and landing. Combustors built into the engine would reduce nitrogen oxide pollution by 75 percent. And the plane’s inverted-V tail and underwing engine placement would nearly eliminate the sonic booms that led to a ban on overland Concorde flights.

The configuration mitigates the waves of air pressure (caused by the collision with air of a plane traveling faster than Mach 1) that combine into the enormous shock waves that produce sonic booms. “The whole idea of low-boom design is to control the strength, position and interaction of shock waves,” says Peter Coen, the principal investigator for supersonic projects at NASA. Instead of generating a continuous loop of loud booms, the plane would issue a dull roar that, from the ground, would be about as loud as a vacuum cleaner.—Andrew Rosenblum



Sugar Volt: Nick Kaloterakis


SUGAR VOLT, BOEING

Target Date: 2035
The best way to conserve jet fuel is to turn off the gas engines. That’s only possible with an alternative power source, like the battery packs and electric motors in the Boeing SUGAR Volt’s hybrid propulsion system. The 737-size, 3,500-nautical-mile-range plane would draw energy from both jet fuel and batteries during takeoff, but once at cruising altitude, pilots could switch to all-electric mode [see Volta Volare GT4]. At the same time Boeing engineers were rethinking propulsion, they also rethought wing design. “By making the wing thinner and the span greater, you can produce more lift with less drag,” says Marty Bradley, Boeing’s principal investigator on the project. The oversize wings would fold up so pilots could access standard boarding gates. Together, the high-lift wings, the hybrid powertrain and the efficient open-rotor engines would make the SUGAR Volt 55 percent more efficient than the average airliner. The plane would emit 60 percent less carbon dioxide and 80 percent less nitrous oxide. Additionally, the extra boost the hybrid system provides at takeoff would enable pilots to use runways as short as 4,000 feet. (For most planes, landing requires less space than takeoff.) A 737 needs a minimum of 5,000 feet for takeoff, so the SUGAR Volt could bring cross-country flights to smaller airports.—Rose Pastore

http://www.popsci.com/technology/article/2012-04/jets-future

How the internet can read your mind

Watch an animation that show how algorithms can extract personal information from social networking sites



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http://www.newscientist.com/

L’origine de la division du travail

Profitons de la fête du travail pour parler de sa division.

Jusqu’à très récemment j’étais persuadé que la division du travail datait de Frederick Winslow Taylor. Je me trompais. Officiellement, cette division du travail provient d’une étude de Adam Smith, l’auteur de Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations et inventeur du fameux concept de “la main invisible du marché”.

Ou tout au moins c’est ce que l’on croyait car la vérité est toute autre. Grâce soit rendue à Vincent Lextrait (Directeur du développement à Amadeus) qui rend à César ce qui lui appartient, ceci dans une remarquable présentation à l’Université du SI en 2011.

Adam Smith

Lextrait explique qu’à partir d’une étude de cas dans une fabrique d’épingle, Adam Smith “observe” que la division du travail permet une productivité 500 fois plus élevée. Cette productivité accrue est dûe essentiellement au fait qu’avec la division du travail, l’ouvrier n’a plus besoin de changer d’outil, opération particulièrement coûteuse en terme de temps dans la chaine de production. L’idée est donc “d’attacher” l’ouvrier à son outil pour optimiser la performance de la chaine de production.

Il semblerait que ce soit un plagiat. Jean-Louis Peaucelle enseignant-chercheur à la Réunion rapporte que cette étude de cas sur la production d’épingles et la notion même de division du travail sont tous deux issus d’un article de l’Encylopédie : le chapitre Art de l’épinglier de Réaumur et Duhamel du Monceau.

« Il n’y a personne qui ne soit étonné du bas prix des épingles ; mais la surprise augmentera sans doute quand on saura combien de différentes opérations, la plûpart fort délicates, sont indispensablement nécessaires pour faire une bonne épingle. Nous allons parcourir en peu de mots ces opérations pour faire naître l’envie d’en connoître les détails ; cette énumération nous fournira autant d’articles qui feront la division de ce travail. »

L’origine de la division du travail est donc française : Cocorico ! La seule valeur ajoutée de Smith sur cette étude étant les calculs de rapport de productivité, calculs qui se sont avérés légèrement gonflés par la suite.

La Faute à Descartes

Dans deux entretiens accordés à #hypertextual, Pierre Pezziardi et Yves Caseau en arrivent à la même conclusion lorsque je demande quelle est selon eux les sources de notre réticence hexagonale à l’adoption de principes ou outils de rupture tels que le Lean Management ou les plateformes de réseaux sociaux au sein des organisations. Leur réponse converge vers un seul et même fautif : Descartes. Notre esprit analytique et rationaliste fait de nous les rois des systèmes complexes. En conséquence de quoi, la division du travail en général et le Taylorisme en particulier résonnent d’un écho particulier chez nous.

Ma perception est légèrement différente, moins mathématique et plus sociologique. Au delà de cette familiarité de culture scientifique, la division du travail nous semble naturelle car elle permet d’assoir notre statut dans l’entreprise et dans la hiérarchie. Une étude du World Value Survey montre ainsi que la France est de tous les pays de l’OCDE celui pour lequel l’activité professionnelle joue le rôle le plus important dans la vie de ses citoyens tant en terme de construction identitaire que de révélateur de réussite sociale.

Quoi qu’il en soit, avec le recul, que la division du travail émane de notre culture semble tellement évident.

La puissance du CTL-ALT

Dans la seconde partie de sa présentation vincent Lextrait explique comment dans l’économie de la connaissance, grâce à informatique, le changement d’outil prend une fraction de seconde : c’est un CTL-ALT sur le clavier.

Attention, il ne s’agit pas là d’un changement de contexte, d’une interruption d’un fil de pensée nécessitant une vingtaine de minutes pour être à nouveau “in the zone” comme le dit Jason Fried. Non, nous parlons là d’un changement d’outil pour assurer la continuité dans la procédure de réalisation d’une tâche donnée sur laquelle nous sommes concentrés.

Cette observation tendrait, à elle seule, à disqualifier la pertinence de la division du travail dans le contexte de celui de la connaissance.

Descartes et le 21ème siècle

D’autre part, Matthew Crawford rappelle comme la division du travail revêt un caractère aliénant en ce qu’elle dépossède l’homme qui travaille de sa source de satisfaction principale. Selon Crawford (qui cite Alexandre Kojève) cette satisfaction du travailleur est le spectacle de sa propre oeuvre à travers le monde effectivement transformé par le travail effectué.

En limitant à un périmètre très restreint le champ d’intervention du travailleur spécialisé, la division du travail en supprime non seulement les éléments cognitifs mais aussi la perspective générale.

En résumé, cette division du travail dont il semblerait que l’on puisse s’enorgueillir de la paternité, s’avère aliénante et contre-productive. Malgré cela, pour des raisons historiques, sociologiques et culturelles, nous, français, y sommes profondément attachés et avons beaucoup de mal à nous en départir.

Il s’agit pourtant d’une émancipation essentielle si l’on veut avoir voix au chapitre dans l’économie du 21ème siècle.

May 1, 2012

http://thehypertextual.com/2012/05/01/lorigine-de-la-division-du-travail/

Quel modèle pour la recherche universitaire ?




Il faut reconnaître un modèle français d'organisation du paysage universitaire, fidèle à nos valeurs, respectueux de notre histoire, ouvert au monde et tourné vers l'avenir. » Dans la liste des appels lancés aux candidats à la présidentielle, celui de la Conférence des présidents d'université (CPU) mérite la médaille d'or de la langue de coton emphatique et incantatoire. Dans un document publié en mars dernier (voir « Les Echos » du 27 mars 2012), la CPU dresse une liste de vingt recommandations destinées à « aider les candidats aux élections présidentielle et législatives à mesurer les enjeux et les évolutions à venir de l'enseignement et de la recherche ». Ce texte alambiqué tente un compromis délicat : rapprocher les points de vue des partisans et des opposants à la loi sur l'autonomie des universités (LRU). En fait, cinq ans après son adoption, la LRU déclenche toujours des réactions épidermiques dans un paysage hexagonal bousculé par une « avalanche de textes et de réformes » menés tambour battant par Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Bien avant le premier tour de la présidentielle, plusieurs conseillers de François Hollande proches de la mouvance Sauvons la recherche avaient clairement annoncé la couleur en exigeant une « réforme en profondeur de la LRU ». Parmi les principaux griefs figurent le « refus des inégalités territoriales », le risque de « déserts universitaires et scientifiques » et la préférence pour « une logique de coopération se substituant à une logique de compétition ». Ces opposants réclament également une révision du fonctionnement de l'agence d'évaluation des organismes de recherche (Aeres), un recentrage du crédit d'impôt recherche vers les entreprises qui en feront un « bon usage ». Les plus radicaux, proches de Jean-Luc Mélenchon, réclament de surcroît une remise à plat des partenariats public-privé et la mise au rancart de l'Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance les appels à projet et pilote les investissements d'avenir. Mais, selon l'ancien président de la CPU Jean-Charles Pomerol, fin exégète des motions de synthèse universitaires, « les anti-LRU parlent fort mais ils sont minoritaires ». Le nouveau président de l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC), Jean Chambaz, ne s'attend pas non plus à une remise en question importante, compte tenu « d'un environnement économique tendu ». Prudente, la CPU conserve deux fers au feu. Elle estime ainsi que « l'autonomie permet de développer des stratégies d'excellence en vue d'acquérir un véritable rayonnement international ». Parallèlement à cette ambition un brin libérale, les universités doivent « maintenir toute absence de sélection à l'entrée » et offrir « une exigence de réussite pour chacun ». En résumé : oui à l'excellence, non à l'élitisme. Le prochain ministre de la Recherche avisera. 

La querelle du financement

De nombreux chercheurs hexagonaux préfèrent toujours les budgets récurrents reconductibles plutôt que les appels à projets. Mais comme le rappelle le rapport des députés Claude Birraux (UMP) et Jean-Yves Le Déaut (PS), les financements récurrents représentent toujours « la grande majorité des financements, même s'ils ont baissé de 10 % dans certains laboratoires en 2011 ».

Peu familiarisés avec la comptabilité à coûts complets, les chercheurs français oublient souvent de prendre en compte la caractéristique essentielle du système français : les crédits récurrents couvrent les salaires. Pour mettre tout le monde d'accord, les deux élus font une suggestion astucieuse : « C'est au Parlement de trouver l'équilibre entre les financements sur appel à projets et les financements récurrents. »

Les classements universitaires sont une autre polémique sans fin. Tout en étant contesté, le classement annuel de Shanghai est devenu une référence dominée par les campus anglo-saxons. A la demande de François Fillon, le Haut Conseil de la science et de la technologie (HCST) s'est lancé dans une analyse fine de ces bilans. Grâce aux fusions des universités de Lorraine et d'Aix-Marseille, la France classerait en 2012 4 établissements dans le Top 50 mondial, contre 2 précédemment.

Reste une inconnue de taille : le financement de la recherche publique. Selon une enquête de l'UE, les pays les plus touchés en 2011, sont l'Italie (- 20 %), les Pays-Bas (- 20 %) et le Royaume-Uni (- 40 %), alors que la Finlande (+ 12 %), la France (+ 3 %), et l'Allemagne (+ 2 %) maintiennent le cap. Grâce à leur « initiative d'excellence » et à leur « pacte pour l'innovation et la recherche » financés à la fois par Berlin et les Länder, nos voisins d'outre-Rhin vont injecter cette année environ 90 milliards d'euros dans la R&D publique et privée, contre environ 51 milliards pour l'Hexagone. Au train actuel, en 2015, l'Allemagne pourrait investir deux fois plus que la France dans la R&D, une dépense supposée être le meilleur remède pour innover, créer des emplois et sortir de la crise. 

30/04 | 07:00 | Alain Perez 

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/innovation-competences/sciences/0202026019142-quel-modele-pour-la-recherche-universitaire-317924.php

L'université est un outil de développement économique

v30/04 | 07:00 | Alain Perez
JEAN CHAMBAZ, PRÉSIDENT DE L'UNIVERSITÉ PIERRE-ET-MARIE-CURIE

La loi sur l'autonomie aura bientôt cinq ans. Quel est le bilan que vous en tirez à la tête de l'université Pierre-et-Marie-Curie ?

L'élément le plus important est ce qu'on appelle les compétences élargies. Au lieu d'avoir un budget qui est défini ligne par ligne par le ministère, nous avons une dotation globale. C'est donc à l'université de définir les lignes budgétaires en fonction de ses priorités. Cela nous donne une réelle marge d'action permettant de développer une politique propre à l'établissement. Le problème, c'est que l'augmentation de budget n'a pas été à la hauteur des montants annoncés. On nous a transféré des charges sans augmenter nos moyens et la situation est donc tendue. Plus généralement, on n'a pas été au bout de la réflexion de ce que représente l'université comme levier de développement économique et social. On nous considère encore comme une dépense pour l'Etat. On ne voit pas que les cadres que nous formons et la recherche que nous produisons contribuent au développement du pays. Conclusion : il faut nous donner les moyens d'être plus performants.

Etes-vous satisfait de votre situation financière ?

Pour nous, les voyants sont au vert. Mais nous n'avons pas de marge de manoeuvre et la dotation des universités reste encore très en dessous de celle des classes préparatoires ou des grandes écoles. L'Etat a tellement peu investi dans l'immobilier universitaire au cours de ces cinquante dernières années qu'il y a un effet de rattrapage considérable. Le problème vient de la caste des dirigeants sortis de Sciences po ou de l'ENA. Comme ils ne connaissent pas les universités, il y a une défiance vis-à-vis de leur capacité à gérer. Mais nous sommes en train d'acquérir ces compétences. 

L'autonomie n'est pourtant pas l'indépendance telle qu'elle existe dans les grandes universités anglo-saxonnes

Ce n'est pas le niveau d'indépendance qui va nous rendre plus compétitifs mais les moyens que nous sommes capables de lever. Harvard et le MIT disposent d'un capital qui leur donne des moyens d'action considérables. Il y a des spécificités françaises et notre modèle n'a pas que des inconvénients. Du moment que l'enseignement supérieur continue d'être pour l'essentiel gratuit, nous exerçons une mission de service public avec une dotation qui vient de l'Etat. 

Quels sont vos objectifs de développement de l'UPMC ?

Construire Sorbonne Université sur le modèle de l'Université de tous les savoirs, où l'UPMC représente la médecine, les sciences et l'ingénierie. Le plus important est de définir où sont nos forces et d'être au meilleur niveau dans les domaines où nous sommes très compétitifs. Nous allons par exemple investir très fortement dans le domaine des matériaux. De même, il y a un projet d'observatoire de la vie littéraire qui se fait avec des spécialistes de l'intelligence artificielle et de l'informatique qui viennent de chez nous. L'esprit de Sorbonne Université consiste à décloisonner le cadre actuel des recherches. Nous avons besoin de philosophes et de juristes pour accompagner les changements de l'économie numérique. C'est tout aussi vrai pour le climat ou la nutrition. 

Vous êtes condamnés à trouver des sources de financement complémentaires ?

Dans le cadre des initiatives d'excellence, nous avions demandé 1,4 milliard d'euros. Nous avons obtenu 900 millions et on nous dit de compléter avec des fonds d'entreprise. Nous devons donc continuer de plaider pour une dotation d'Etat qui tienne compte de notre rôle économique et social, et nous avons besoin de ressources complémentaires. En France, nous avons perdu la culture du mécénat scientifique et les grandes fortunes investissent plutôt dans le sport ou la culture. Nous avons commencé la mise en place de chaires ciblées, mais ce dont j'ai besoin c'est de financer des actions plus génériques. Aller convaincre des mécènes de me donner de l'argent est donc un nouvel enjeu et ce n'est pas gagné. C'est à moi de rencontrer les grands patrons ou les grandes fortunes, d'exposer la vision que nous avons de l'université et de les séduire. Nous aimerions ainsi créer une fondation au niveau de Sorbonne Université avec un grand patron emblématique. Pour moi, Françoise Bettencourt-Meyers est un coeur à prendre. 

Propos recueillis par Alain Perez,  Journaliste

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/innovation-competences/sciences/0202028062328-jean-chambaz-l-universite-est-un-outil-de-developpement-economique-317870.php

L’état d’indolence