L’entrepreneur est celui qui observe la société autour de lui, décèle de nouveaux besoins à satisfaire et met en œuvre les moyens nécessaires pour y parvenir. C’est un créateur qui répand la richesse et fait vivre nombre de personnes moins douées ou moins audacieuses. C’est le personnage le plus utile de la société et les peuples devraient lui vouer de l’admiration, ce qu’ils feraient sans doute s’il n’était dénigré par des théories fumeuses et envié par des hommes politiques moins créatifs.
L’entreprise repose sur des contrats. Au départ, quelqu’un (l’entrepreneur) pense qu’il existe dans la société un besoin latent à satisfaire, mais il n’a pas les moyens de le satisfaire seul. Il crée donc une entreprise et convainc différentes personnes de lui apporter des ressources, en leur expliquant que la vente des biens ou des services créés par l’entreprise permettra une certaine rémunération de ces ressources. Cette rémunération pourra être liée aux résultats (on l’appelle alors dividendes et ceux qui acceptent ce genre de risque s’appellent les actionnaires), ou elle pourra être définie d’avance (elle s’appelle alors intérêt, et les bénéficiaires sont les prêteurs). Ces participants sont liés les uns aux autres par des contrats. L’entreprise est alors en mesure de passer d’autres contrats, notamment avec ceux qui vont lui apporter leur travail. Violer un contrat présente tellement d’inconvénients que les dirigeants efficaces, l’immense majorité, trouvent beaucoup plus confortable de les respecter.
Comme nous le savons tous ici, le critère moral le plus important du libéralisme est qu’on ne doit rien obtenir des autres par la coercition. Dans la mesure où aucun contrat n’est obtenu par la coercition, il est clair que l’État n’a rien à faire dans l’entreprise, si ce n’est d’assurer, sur demande, au moyen de sa Justice, que ces contrats sont respectés et qu’il n’existe pas de coercition ou de violence dans l’entreprise.
Pour les libéraux, vous le savez, l’État n’a d’autre fonction que d’assurer la sécurité et la justice. Un État libéral qui s’en tiendrait à ces deux activités coûterait infiniment moins cher que l’État actuel. Mais il aurait tout de même besoin de ressources. Il ne serait donc pas anormal qu’il taxe les individus ou les entreprises suivant des modalités aussi simples que possible. Mais toute autre intervention de l’État dans l’entreprise viole le droit de liberté et de propriété de chacun de ses acteurs. Or l’État intervient à tout bout de champ dans l’entreprise et chose plus grave, les lois par lesquelles il le fait sont conçues par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise.
Depuis longtemps, des politiques sans expérience pratique de l’entreprise se sont déchaînés pour la plier à leurs fantasmes. Pour citer les mesures les plus fracassantes, nous avons eu la représentation des salariés au conseil d’administration ; les lois Auroux, destinées « à faire des travailleurs des citoyens à part entière dans l’entreprise » et qui ont surtout permis aux syndicats de systématiser les confrontations sociales dans l’entreprise ; et les 35 heures, qui ont ruiné la France. ...
Les domaines d’activité de l’entreprise que nous allons examiner sont les suivants :
Les salairesL’adaptation
L’emploi
Le temps de travail
Les conflits à l’intérieur de l’entreprise
...
Lire le texte intégral http://www.institutcoppet.org/2011/07/28/l%e2%80%99entreprise-par-jacques-de-guenin/
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