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vendredi 4 mai 2012

Au Québec, des enseignants opposés à l'arrivée des tableaux interactifs

Agence QMI
Sami Bouabdellah
04/05/2012 13h46 


Les tableaux interactifs font l'objet de
plusieurs plaintes, liées à leur mise en
place «chaotique» dans les classes. 

© Sami Bouabdellah / AGENCE QMI
MONTRÉAL - Un groupe d'enseignants montréalais s'oppose à la mise en place des tableaux blancs interactifs (TBI) dans les écoles du Québec.

Manque de formation, absence de personnel qualifié pour l'entretien, classes mal équipées: la mise en place des TBI dans les 39 000 classes des écoles primaires et secondaires publiques du Québec provoque une levée de boucliers de la part des enseignants. Certains vont jusqu'à affirmer qu'ils ne peuvent plus donner leurs cours depuis l'apparition de ce nouvel outil.

À l'école secondaire Joseph-François-Perreault de Montréal, un groupe de sept enseignants qui s'opposent vigoureusement à l'implantation des TBI a fait parvenir une lettre virulente à la direction de leur école et à la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane De Courcy.

Dans leur missive, intitulée «Nous refusons», les enseignants affirment qu'ils refusent de garder le silence et de «jouer aux bons soldats» face à «l'imposition d'un outil pédagogique douteux, qui ne répond pas aux besoins de chaque enseignant».

Ils soutiennent que cette mesure est «une attaque directe» à leur autonomie professionnelle et déplorent que l'implantation des TBI se soit faite sans aucune consultation du milieu scolaire et sans qu'aucune étude ne justifie l'apport pédagogique de cet outil.

«Nous sommes malheureusement convaincus que les sommes allouées à l'achat des TBI ne servent pas à contrer le décrochage scolaire, mais sont plutôt destinées à des fins partisanes et politiques et que nous devons le dénoncer fortement», ajoutent les sept signataires.

Les enseignants se questionnent aussi sur l'octroi du contrat à la firme Smart Technologies. «Est-on devant une compagnie en perte de vitesse qui cherche à se relancer à nos dépens?», demandent-ils. À ce jour, 650 TBI ont été installés ou seront en voie de l'être prochainement dans les écoles de la CSDM.

Réalisation chaotique

L'Alliance des professeurs de Montréal, qui représente ces enseignants, a recensé une liste de plaintes liées à la mise en place «chaotique» des TBI dans les classes.

Dans certains locaux, la lumière qui provient des fenêtres empêcherait les étudiants de voir sur les nouveaux tableaux. Dans d'autres classes, les tableaux à craie auraient été retirés, alors que le tableau interactif n'est toujours pas fonctionnel, selon les informations de l'Alliance des professeurs.

Le syndicat consulte actuellement ses membres par sondage électronique sur la question avant d'adopter une position claire. La CSDM a refusé de commenter le contenu de la lettre, se contentant de dire qu'elle ne répondait pas à ses enseignants sur la place publique.

«On reconnait qu'il y a des préoccupations autour du déploiement [des TBI]», a laconiquement commenté le porte-parole de la CSDM, Alain Perron.

Le premier ministre Jean Charest avait annoncé dans son discours inaugural du 23 février 2011 qu'un programme de 240 millions de dollars sur cinq ans serait lancé pour doter toutes les classes des écoles primaires et secondaires et tableaux blancs interactifs.

http://fr.canoe.ca/techno/materiel/archives/2012/05/20120504-134623.html

mercredi 21 septembre 2011

Investissement massif des autorités québécoises dans les TICE

Les autorités du Québec ont investi près de 24 millions de dollars, soit 17 millions d’euros, dans les TICE. Le but ? Equiper chacune des classes de la province d’un tableau numérique et doter chaque enseignant d’un ordinateur portable. Outre l’enveloppe dédiée à l’achat du matériel, le Québec a également alloué près de 200.000 dollars (143.000 euros) au développement d’un ENT et de ressources numériques pédagogiques.

Un ambitieux plan d’équipement appelé « l’école 2.0 : la classe branchée » et qui fait écho aux déclarations de Jean Charest, premier ministre du Québec, estimant que les jeunes « sont attirés par les nouvelles technologies (…). L’école doit s’inscrire dans cette réalité ».

En comparaison, le taux d’équipement des classes françaises en tableaux interactifs n’excédait pas les 6% il y a un an.

Cette entrée a été posté par admin le 20 septembre 2011 à 13 h 34 min

http://blog.educatec-educatice.com/actus-et-veille/investissement-massif-des-autorites-quebecoises-dans-les-tice/

dimanche 4 septembre 2011

Faut-il automatiser le manuel scolaire ?

Le manuel scolaire vit actuellement une de ses plus grandes évolutions. Cependant, va-t-il vraiment dans la bonne direction ? Pas si sûr…
 

Le rapport Séré-Bassy ou, comment aller dans le mur


Il existe quelques études intéressantes sur le manuel scolaire, parmi lesquels on pourrait citer celle réalisée en 2000 par Baldner et Bruillard (l’usage des manuels scolaires et des ressources technologiques) mais intéressons-nous à ce qui a été écrit de plus récent, en 2010, par Séré et Bassy (Le manuel scolaire à l’heure du numérique, une "nouvelle donne" de la politique des ressources pour l’enseignement).

Ce document fait une belle synthèse de l’historique du manuel et se lit comme un roman. Cependant, ce rapport ne fait que confirmer la pente vers laquelle courent les éditeurs et ne propose pas de piste pour un manuel de l’école du vingt-et-unième siècle.
 

Au pied du mur


Le manuel scolaire a été conçu dans un but normatif qui ne correspond plus aux nécessités des futurs citoyens de demain, surtout dans un monde où les distances sont abolies et le marché du travail international. Pour cela, les manuels ont évolué. Cependant, ils se trouvent maintenant face à un nouveau défi, qui n’est pas sans danger pour les éditeurs scolaires qui représentent près de 10% du marché français de l’édition selon le SNE.

Devant ce saut quantique, les éditeurs campent sur leurs positions et ne montent à l’assaut du mur que par petit bonds, plus poussés par la crainte d’être dépassés que par une réelle volonté de favoriser la généralisation du numérique. Ils continuent à produire du papier, toujours plus de papier.
 

Ces pavés sont lourds aux miséreux


À force de charger les élèves de manuels de plus en plus nombreux et lourds, on arrive à les transformer en animaux de bâts portant en moyenne 20% de leur poids (selon la FCPE).

Le numérique pourrait donc devenir une planche de salut pour les dos de générations d’élèves.

Malheureusement, la plupart des éditeurs se contentent d’une simple numérisation, le minimum imposé par le Ministère de l’éducation nationale, de crainte que l’on cesse d’acheter leurs éditions papier. Il est probable qu’ils préfèrent de loin les achats de double-séries pour régler ce problème de poids.
 

Le monde au doigt et à l’œil


Mais pendant ce temps, les enseignants bien équipés, par exemple ceux ayant un tableau pédagogique interactif (ou Tableau Blanc Interactif ou TBI) ont découvert d’autres moyens de se procurer des documents pour leur classe.

Ils peuvent afficher à l’aide d’un moteur de recherche n’importe quel document à la volée. Avec une caméra de document (un scanner, un appareil photo ou caméra numériques), ils présentent tout objet, livre ou travail d’élève directement à l’écran.

Grâce au tableau interactif, ils peuvent annoter, comparer, mémoriser chacun de ces éléments. Par contre, ils n’ont pas forcément toutes les compétences pour juger de la pertinence scientifique de telle ou telle ressource. Les erreurs sur Internet, sont, reconnaissons-le très nombreuses et il est parfois difficile d’être certain de disposer du document convenable, sans parler de la question des droits d’auteurs et des problèmes techniques que peuvent poser certains formats ou caractéristiques du document.

Les éditeurs ont donc une piste pour proposer des sélections de ressources en ligne, ou des documents multimédias primaires pouvant être affichés dans le logiciel du tableau interactif. Les enseignants auront alors une garantie d’exactitude plus grande, et une documentation fiable, organisée et toute de suite utilisable sans intervention technique longue ou compliquée.

Ce que peuvent apporter les éditeurs, également, c’est une approche pédagogique aidant les enseignants à mettre en scène ces ressources.

Dans ces conditions, on peut se demander s’il est toujours pertinent de conserver les manuels papier ? Bien sûr, le folklore scolaire en perdrait de sa saveur si l’on en croit la chanson qui propose de brûler les cahiers, avec les profs au milieu, mais cela n’est sans doute pas un argument suffisant.

L’argument de la nécessité de familiariser l’enfant avec le livre est recevable, mais il existe des dizaines d’autres façons de le faire et le manuel scolaire provoque rarement un amour puissant de la littérature… Gardons donc ce merveilleux support pour faire découvrir aux élèves la joie de lire…
 

Une concession de façade


On peut lire à la page 31 du rapport Séré-Bassy que « les éditeurs commencent à proposer une "nouvelle génération"de manuels numériques, plus interactifs et plus dynamiques, avec des fonctionnalités de traitement qui vont au-delà du navigationnel ». Ce n’est malheureusement pas une bonne, mais une très mauvaise nouvelle pour les utilisateurs de TBI.

En effet, retraçons l’évolution du manuel dit numérique (et numérisé).

Les premiers pas furent de fournir une version PDF, copie conforme de l’ouvrage original, parfois avec quelques liens hypertextuels vers des ressources externes. Malheureusement, les éditeurs se rendirent vite compte que les enseignants pouvaient facilement « pirater » ces manuels numériques, par exemple l’imprimante virtuelle « de SMART Notebook » permet de transformer tout document imprimable en document pour tableau interactif SMART. L’enseignant peut ainsi récupérer et éditer les textes, mais encore plus grave aux yeux des éditeurs et des ayant-droits, toute l’iconographie de l’ouvrage.

Les éditeurs, sous prétexte de rajouter de l’interactivité, se sont mis à créer des manuels verrouillés, n’apportant en fait quasiment rien aux PDF. La plupart des usagers se plaignent des problèmes liés à la nécessité de brancher une clef USB ou aux autres limitations et protections.

Cependant, toutes ces protections ne résistent pas aux outils des tableaux interactifs, permettant par exemple de capturer toute image fixe ou animée s’affichant à l’écran.

Sous prétexte de donner de l’interactivité aux enseignants qui ne posséderaient que des simples vidéoprojecteurs, certains éditeurs ont recréé des pseudos interfaces de logiciels de TBI (Tableaux Blancs Interactifs), permettant d’agrandir une partie du document ou d’en masquer une partie par un volet.

La toute dernière avancée consiste à rajouter la possibilité d’ajouter ses propres documents au manuel. Malheureusement, ces fonctionnalités sont très en retrait de celles des bons logiciels de TBI. De plus, cette course est stérile pour quatre raisons :

 · Il n’est pas intéressant du point de vue de l’enseignant d’avoir des fonctions limitées pour son activité en classe, il aurait plus de possibilité avec un bon logiciel de TBI qui seul lui permettra, par exemple, d’afficher une image tout en permettant de prendre des notes tout autour, ou bien d’afficher un document de comparaison.

· Les enseignants disposant de plusieurs manuels différents doivent apprendre l’interface différente de chacun de ces logiciels.

· Les élèves ne peuvent pas récupérer un document éditable et parfois même ils ne peuvent rien récupérer du tout, certains manuels ne conservant même pas la trace des annotations une fois quittés…

· Et le plus grave est que les possibilités de faire réagir, réfléchir, argumenter les élèves sont limitées. Il est difficile de sortir du parcours programmé, ce qui fait perdre une bonne partie de l’intérêt du TBI.

De là à penser qu’offrir cette pseudo interactivité est une ruse de certains éditeurs pour éviter que les enseignants se jettent sur les TBI et les facilités qu’ils offrent, il n’y a qu’un pas que nous allons franchir.
 

Et hop, on saute le mur…


Divisons la séquence de classe en quatre parties, arbitraires dans leur délimitation et dans le temps, mais qui ont le mérite de mettre en avant quatre types de besoins :

1. La séquence de découverte. C’est sans doute ce qu’il est le plus difficile à faire. Beaucoup de manuels s’y sont essayés sans vraiment trouver la solution. Signalons cependant quelques livres du maître ou des méthodes qui cherchent à enrichir ces situations de découverte. Malheureusement, leur mise en œuvre demande souvent du matériel, du temps et parfois de l’argent, au-delà de ce que peut y consacrer l’enseignant. Quand on connait les possibilités du tableau interactif en la matière, on se plait à espérer que les éditeurs se penchent sur la situation de découverte assistée par un tableau interactif en fournissant d’une part des documents exploitables au TBI et une démarche pour les utiliser. Cette démarche consistera en général à faire observer, argumenter, déduire et réfléchir tout le groupe classe ou une partie de celui-ci.

2. L’affichage et l’exploitation de la règle terminée. Le but de la séquence de découverte a été d’arriver à une conclusion, de fixer une règle, une synthèse qui servira de point d’ancrage aux apprentissages futurs. Le manuel peut ainsi faire un bon support de progression pour l’enseignant tout en montrant à l’élève et sa famille le chemin à parcourir. Ce manuel sera efficacement enrichi par les traces écrites réalisées au tableau interactif pendant la séquence de découverte.

3. L’entraînement. Les manuels ou les cahiers de l’élève regorgent d’exercices. Les logiciels sur ordinateurs sont aussi nombreux. La tentation est de procéder de même avec un TBI. Cette approche est en générale improductive pour deux raisons :

a. Il est nécessaire de produire de nombreux exercices pour faire aller un nombre conséquent d’élèves au tableau pour éviter les frustrations… Cela demande donc beaucoup de préparation.

b. Pendant qu’un élève passe, les autres s’ennuient ou trépignent en attendant leur tour.

4. L’évaluation. Certaines méthodes pédagogiques (Freinet, par exemple), font appel à des fichiers autocorrectifs. Cette démarche est aussi souvent utilisée dans les logiciels sur ordinateur. Cela pourrait donner des idées aux éditeurs traditionnels. En effet il convient de plus en plus de rechercher l’autonomie des élèves et quelle belle méthode que celle qui aide les enfants à s’auto-évaluer.
 

En route vers le manuel idéal ?


À quoi pourrait ressembler ce manuel ? À mon avis, cet outil sera multi-supports en fonction des moments de la classe.

Pour la partie découverte, réalisée idéalement avec un tableau interactif, une bonne ressource pourrait être constituée de documents primaires à analyser, accompagnés par un parcours pédagogique donnant des pistes pour les utiliser. Il ne faudrait surtout pas que les éditeurs proposent des fichiers figés, comme la plupart le font actuellement. Un moindre mal pourrait consister à utiliser un format de fichier de TBI, ce qui permettra à l’enseignant de le modifier. Une excellente idée pourrait être de proposer des galeries de ressources indexées dans lesquels l’enseignant pourra piocher au fur-et-à-mesure de l’évolution de la séquence et des questionnements des élèves.

La partie référence pourrait être un document de référence de taille réduite, permettant à l’élève de le transporter sans inconvénient. Ce document léger aurait aussi le mérite d’être moins traumatisant pour l’élève en difficulté qui cherche une référence… Rappelons que Célestin Freinet avait édité une grammaire en quatre pages sensée couvrir les besoins du primaire.

En ce qui concerne la phase d’entraînement, on peut se demander si la fourniture d’exerciseurs logiciels n’est pas une bonne voie car elle permet aux élèves de travailler en autonomie, l’enseignant pouvant suivre les progrès en direct, en se déplaçant dans la classe, en surveillant de son ordinateur affichant à l’aide d’un logiciel de gestion pédagogique de classe, les écrans des élèves ou même de façon désynchronisée en regardant les résultats mémorisés par les logiciels.

Pour l’évaluation, les éditeurs pourraient fournir des supports papier autocorrectifs. Les enseignants les mieux équipés pourront utiliser les boîtiers de réponse, qui, utilisés de façon astucieuse peuvent leur permettre de gagner du temps sur l’élaboration des carnets de notes…

Rater ce virage pour les éditeurs, c’est courir le risque que les enseignants exploitent leurs propres ressources tirés de documents moins pertinents. Nous avons une édition de très haute qualité en France, je prends le pari que ces éditeurs sauront prendre le bon chemin qui leur permettra d’assurer leur pérennité tout en offrant aux enseignants une aide consistante et ne risquant pas de les cantonner dans des pratiques frontales et peu créatives.
 
Documents joints

jeudi 1 septembre 2011

Tableau numérique interactif et pédagogie active

C'est en s'appropriant petit à petit les technologies que Fabrice Huin, professeur à l'Athénée Royal de La Louvière, a pu les intégrer dans sa pratique professionnelle et rendre son enseignement plus participatif

S'approprier les technologies pour les intégrer dans sa pratique professionnelle

"Lorsque j'ai reçu mon tableau numérique interactif (TNI TNI / TBI (Tableau Blanc Interactif) (Tableau Numérique Interactif)Tableau remplaçant le tableau à craie ou à marqueur effaçable, le tableau interactif détecte les commandes de l'utilisateur via caméras ou par système tactile (interne ou externe). Le rendu visuel se fait par projection vidéo ou par connexion directe avec un ordinateur), la première année, je me suis limité à l'utiliser comme un projecteur et un super démonstrateur. Cela gonfle l'aura du professeur, je l'admets et les élèves, ils adorent ça. Ils sont fiers d'avoir un tableau interactif en classe. Ensuite, j'ai essayé de réfléchir à la manière d'impliquer davantage les élèves, car je voulais qu'ils soient fiers de pouvoir l'utiliser eux-mêmes" explique Fabrice Huin, professeur de mathématique à l'Athénée Royal de La Louvière.

Ce récit illustre parfaitement le cheminement normal de tout enseignant qui intègre les technologies dans sa pratique professionnelle. Marcel Lebrun, professeur à l'Institut de pédagogie universitaire et des multimédias de l'Université Catholique de Louvain-La-Neuve (IPM-UCL), a ainsi observé que ce n'est souvent qu'au bout de la troisième, voire de la quatrième année d'utilisation, lorsqu'ils se sont bien réappropriés les outils, que les enseignants commencent à développer des usages plus avancés, c'est-à-dire plus interactifs et participatifs.





Tableau numérique interactif et pédagogie active

Posté le 01/09/2011 sur www.awt.be

Scénario: apprendre en produisant quelque chose, puis en l'expliquant aux autres
Par groupe de trois, les élèves de 1ère année étaient chargés de retraçer l'historique de la construction d'un exercice de géométrie, et de le présenter devant la classe afin qu'elle évalue si les étapes de construction étaient correctes, complètes, et si la présentation était compréhensible, etc. En fonction des commentaires reçus, chaque groupe refaisait sa présentation, mais devant une caméra cette fois, afin de produire un podcast et de permettre aux élèves de s'auto-évaluer en se rendant compte par eux-mêmes si leur présentation correspondait bien à ce qu'ils souhaitaient faire.

"C'est une matière qu'ils ont déjà vue, en principe, dans le primaire et pour laquelle je n'ai fait aucun rappel théorique. Et le résultat est au-dessus de mes espérances! Tout ce qui est étapes de construction, ce sont les élèves qui les ont découvertes ou redécouvertes. Ils ont travaillé par groupe de trois, ce qui est déjà une première pour eux en classe de mathématique. Une chose que l'on remarque fréquemment en mathématique, c'est que les élèves ont souvent du mal à dire ce qu'ils font, cet exercice aide vraiment à corriger le problème. Et puis, faire un film est une motivation extraordinaire pour les élèves et pour l'enseignant aussi".


Mis à jour le 01/09/2011

http://www.awt.be/web/edu/index.aspx?page=edu,fr,foc,100,094

Tableaux interactifs: appel à contenus...



Les tableaux numériques prennent pied dans les écoles francophones. Mais un gros travail reste à faire en termes de formation, de création et échange de contenus et d’exploitation performante de l’outil.

Les TNI ou TBI (Tableaux Numériques/Blancs Interactifs) commencent à fleurir dans les écoles de la Communauté française, tant au primaire, au secondaire qu’au supérieur - même si le parc total installé (de l’ordre de 1.500?) reste modeste. Cet outil, estime Fabrice Huin, prof de maths à La Louvière et formateur TNI, se prête davantage aux cours de sciences, maths, langues, géographie/histoire “qui ont le plus d’intérêt à l’interactivité et à accéder aux contenus externes.”

Ses points forts? “L’archivage des cours et annotations, le traçage des corrections et trajets de réflexion de l’élève, la précision des outils virtuels, la manipulation d’objets ou de portions de page, le visionnement d’expériences non réalisables en classe pour cause de complexité ou de sécurité, la possibilité de préparer un cours qu’on projette ensuite, de repasser un point en boucle jusqu’à ce que l’élève ait compris, d’ajouter live des commentaires oraux, textuels. En math, on peut faire de la géométrie dynamique, dans l’espace, construire une figure en déplaçant chaque point. S’il est important que l’élève continue d’utiliser des objets physiques, le virtuel permet de passer plus aisément à la représentation sur papier.”

Garder une trace du cheminement du cours “est particulièrement important en sciences où l’idée est d’explorer toutes les pistes possibles et de revenir ensuite en arrière pour montrer à l’élève ce qu’il a fait”, souligne Ludovic Miseur, prof de secondaire à Bierges.

Pour Vincent Demonty, instituteur à Embourg, une solution TNI “facilite l’organisation du travail de l’enseignant et favorise la participation de l’élève aux recherches.” Ludovic Miseur confirme: “Il est plus facile de sortir du cours, d’aller chercher une info sur internet, de géolocaliser des concepts. Un TNI permet d’être plus spontané et interactif.”

Même si la préparation des cours est plus longue, le gain de temps se manifeste en classe, estime Grégory Madenspacher, prof de math, économie et IT à Ciney. “Je perds moins de temps en dessins et peux davantage travailler les compétences des élèves. L’élève accroche mieux. Grâce aux vidéos et animations, il comprend en 5 secondes ce qu’on mettait parfois une heure à expliquer. Le TNI permet aussi de construire des synthèses logiques, via des hyperliens entre notions. L’élève peut participer à construire le résumé du cours. Et le cours peut être distribué, sur papier, sous forme de copie PDF que l’élève va consulter sur mon site...” A Bierges, l’école (secondaire) mettra les cours enregistrés (maths, sciences, histoire/géo, chimie) à disposition via la plate-forme e-learning Claroline.

Un contexte à construire Un regret général: les contenus numériques locaux font encore défaut, sont jugés trop onéreux ou pas assez dynamiques. Et ceux d’origine française ou canadienne ne sont pas tous localisables. Idem pour ceux proposés par certains fabricants, non forcément validés pédagogiquement par des professionnels. Les éditeurs (de Boeck, Van In, Plantyn, Averbode, etc.), eux, en sont encore souvent au stade de la réflexion.

“L’énergie dépensée [à construire ses cours] gagnerait beaucoup à être mutualisée. Mais il y a encore peu d’initiatives, entre enseignants, pour partager ce qu’on développe”, regrette Vincent Demonty. Citons toutefois quelques sites de profs: www.lachimie.be, www.lessciences.net, www.mathtbi.be, etc. Ou le site www.enseignons.be qui aiguille les enseignants vers des contenus.

Certains profs estiment qu’une plate-forme d’échange devrait rester dans le domaine public “pour éviter les problèmes de commercialisation et de droits d’auteurs qu’implique une mainmise des éditeurs.” La Ville de Bruxelles, qui dotera à la rentrée chacune de ses 14 écoles secondaires d’un TNI, pourrait aller dans ce sens.

La formation des enseignants, aussi, fait encore défaut. Les pionniers sont donc souvent des autodidactes. Des formations démarrent toutefois à la rentrée (infos sur www.mathtbi.be, www.profor.be et www.ifc.cfwb.be).

Un TNI n’est pas l’autre Smart et Promethean dominent le marché (resp. dans le primaire et le secondaire), suivis par eBeam, apprécié pour sa simplicité, mais moins riche pédagogiquement. La solution open source Sankoré a aussi ses adeptes.

Même si les matériels se valent, un TNI ne se choisit pas au hasard. Différenciateurs: le logiciel, souvent propriétaire, aux fonctions parfois lacunaires ou non localisées, et le contenu pédagogique. Les solutions pensées dès le départ pour l’enseignement (Smart, Promethean, Sankoré) ont un avantage sur des concurrents davantage orientés entreprises et dont les “fonctions, mal pensées, n’offrent que du brol.” Dixit Fabrice Huin. Attention aussi aux logiciels qui se prêtent mieux à certaines matières et aux différences entre versions Windows, Mac et Linux.

Brigitte Doucet -09:49

http://datanews.rnews.be/fr/ict/actualite/apercu/2011/09/01/tableaux-interactifs-appel-a-contenus/article-1195093488272.htm