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vendredi 4 mai 2012

Le libre accès aux revues universitaires profiterait au secteur public

Par L'Atelier - Paris 04 mai 2012  




En plus de posséder un intérêt culturel certain et également en ce qui concerne l'avancée scientifique, l'Open Access permettrait notamment au secteur public d'économiser du temps et de l'argent.

L'accès libre aux ouvrages et travaux de recherche universitaires ne bénéficieraient pas qu'aux chercheurs et spécialistes du domaine. Selon un rapport tout juste publié par l'Open Access Implementation Group, organisation dont le but est de populariser l'accès libre, d'autres secteurs comme le secteur public bénéficieraient de cet accès. Et en particulier, du point de vue financier. Ainsi, l'étude révèle que chaque année le Royaume-Uni dépense près de 135 millions de livres sterling d'abonnements pour permettre à son secteur public d'accéder aux travaux de chercheurs universitaires ou non sur les sites ou les journaux spécialisés.

Des économies qui feraient du bien à l'économie

Or, l'accès libre aux travaux de ces chercheurs aurait permis en 2011 d'économiser près de 28,6 millions de livres. Ce chiffre est par ailleurs composé de 26 millions de livres relatifs aux frais d'accès, mais également à 2,6 millions de livres liés au gain de temps pour les salariés du secteur public. Des économies qui ne sont pas négligeables pour l’État surtout en tant de crise. Et qui pourraient même être plus importantes en cas de conversion à l'Open Access d'un nombre plus élevé d'articles. Ainsi, les auteurs du rapport estiment que si l'on ouvrait l'accès à 25% de publications en plus, le secteur public anglais pourrait économiser quelques 29 millions de livres supplémentaires.

Valable également pour les autres secteurs

Et de telles économies pourraient également être attribuées à d'autres secteurs, comme par exemple le bénévolat. Ainsi, dans un second rapport publié en même temps que celui sur le secteur public, les chercheurs se sont également penchés sur le cas des associations et autres organisations à but non-lucratif. Ils ont ainsi constaté les mêmes difficultés que pour le secteur public. Plus de 80% des dirigeants interrogés estimant que le coût de l'accès à de tels documents nécessaires dans le cadre de leur travail restent l'obstacle numéro à l'avancée de la recherche. Suivi de près, à 46% par le manque de temps. Enfin, le rapport rappelle l'importance de développé l'Open Access en ce qui concerne la promotion de la valeur des informations issues de la recherche et financées par le contribuable. Ainsi que pour le rapprochement entre les universitaires et les autres secteurs dans le but d'une application des découvertes de ceux-ci au sein des entreprises.

http://www.atelier.net/trends/articles/libre-acces-aux-revues-universitaires-profiterait-secteur-public

mardi 13 septembre 2011

Quand on vous dit "ordinateur", vous pensez "Windows". Quand vous entendez "traitement de texte", c'est "Microsoft Office". Quelqu'un vous parle de "fichier PDF", vous comprenez "Adobe Reader". "Traitement d'image" ? "Photoshop" !

Depuis de très longues années, ces logiciels précités, quelques soient leur fonction, dominent largement leurs concurrents. Pourtant ils ne sont ni libres (il est interdit de les modifier), parfois payant (très chers), et ne sont pas forcément de meilleure facture que leurs homologues "libres". Des homologues dont on entends rarement parler. Et pour cause. Leurs créateurs ne disposent ni des moyens financiers, ni des moyens médiatiques que peuvent s'offrir les grandes sociétés développant du "propriétaire".

Tout d'abord, pour bien comprendre ce dont il est question, voyons les définitions de "logiciel propriétaire" et de "logiciel libre".

Logiciel libre (wikipedia) : Un logiciel libre est un logiciel dont l'utilisation, l'étude, la modification et la duplication en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et légalement1, afin de garantir certaines libertés induites, dont le contrôle du programme par l'utilisateur2, et la possibilité de partage entre individus.

Logiciel propriétaire (wikipedia) : Un logiciel propriétaire, ou logiciel privateur, ou encore logiciel non libre, est un logiciel dont la duplication, la modification ou l'usage est limité ; autrement dit un logiciel qui ne correspond pas aux critères définissant le logiciel libre. Ceci se matérialise par des limitations légales, matérielles, ou logicielles dans l'utilisation, la diffusion, la modification, ou l'évolution.

Il est important de ne pas faire l'amalgame libre/propriétaire et gratuit. Un logiciel propriétaire peut très bien être gratuit (Adobe Reader...), tout comme un logiciel libre peut être payant (Red Hat entreprise...). Bien que la grande majorité des logiciels libres soient diffusés gratuitement, rien n'y oblige leurs développeurs. Il serait donc malhonnête de réduire le libre au "gratuit" et le "propriétaire" au payant.

La véritable différence entre "libre" et "propriétaire" réside dans le fait qu'un logiciel libre n'appartient à personne. Ni physiquement, ni moralement. Un logiciel libre peut être modifié, adapté, diffusé, re-modifié... et ainsi de suite, un nombre illimité de fois, et par n'importe qui. A l'inverse, un logiciel propriétaire ne peut pas connaitre tout ceci. Au mieux, si il est gratuit (anti-virus gratuits...), il peut être diffusé légalement par n'importe qui. Il n'est cependant pas possible de le modifier où de l'adapter.

Mis à part ceci, quels peuvent donc être les avantages, pour tout un chacun, d'utiliser des logiciels libres à la place de logiciels propriétaires ? Pour un utilisateur lambda, à moins d'avoir des convictions arrêtées et de refuser d'utiliser l'un ou l'autre, seule la qualité du logiciel lui-même entrera en ligne de compte.

Nous allons considérer ici les différences entre les "grands" libres gratuits et leurs homologues propriétaires/payants. D'abord, sachez que lorsque vous achetez un ordinateur, celui-ci étant équipé dans la quasi totalité des cas d'un système d'exploitation Windows (voir ici), vous n'avez aucun logiciel utile (traitement de texte, traitement d'image, tableur...) et de qualité d'installé en version complète. Au mieux vous n'avez que des versions de démonstrations limitées dans le temps et dans leur utilisation. Aussi, pour activer l'ensemble des fonctionnalités de ces derniers, vous serez obligés de passer à la caisse afin d'acheter une licence d'utilisation (99€ minimum pour Microsoft Office, 1000€ pour la version complète du dernier Adobe Photoshop, 40€ pour un antivirus payant à jour...). A moins de verser dans l'illégalité et de télécharger les versions crackées sur internet, la seule alternative de qualité pour remplacer ces derniers est de se procurer leurs homologues gratuits (qui dans la très grande majorité des cas sont également libres).

Ainsi, vous économiserez 99€ en préférant Open Office ou Libre Office à Microsoft Office. Voir aussi 1000€ en prenant The gimp en lieu et place de Photoshop, ou encore n'importe quel antivirus gratuit, qui au final n'est pas plus (ni moins) efficace que les versions payantes. Il peut arriver parfois que les interfaces ainsi que quelques fonctions diffèrent, mais dans l'ensemble les homologues gratuits sont largement équivalents aux versions payantes. Et même si ils sont pour la plus part développés en langue anglaise, ils existent en téléchargement en versions françaises.

Mais imaginez, à votre échelle les économies réalisables du fait de l'utilisation de logiciels libres/gratuits en remplacement des logiciels propriétaires/payants sont déjà importantes. Même sans prendre en compte les plus chers d'entre eux, ces économies peuvent se chiffrer à plusieurs dizaines, et même centaines, d'euros par an.

Qu'en est-il donc pour une entité (société, Etat...) dans l'obligation d'acheter et/ou de renouveler une multitude de licences à plusieurs dizaines ou centaines d'euros l'unité pour ne pas tomber dans l'illégalité. Considérant l'ensemble des ordinateurs gérés par l'Etat français et les administrations françaises, ce sont plusieurs centaines de millions d'euros, voir probablement même plusieurs milliards d'euros, qui pourraient être économisés en remplaçant les logiciels propriétaires payants (Windows, Microsoft office, Norton...) par leurs homologues libres/gratuits. Le tout sans perte de qualité.

Alors bien sur, cela ne pourrait pas se faire d'un coup de baguette magique. Cela demanderait du temps et un minimum d'investissements afin que tout soit organisé de façon à ce que tout se passe bien. Les premières économies ne seraient ainsi peut-être pas réalisées immédiatement, mais il est certain qu'à terme le bénéfice serait d'ordre phénoménal, en particulier en période de crise comme aujourd'hui.

De plus, d'un point de vue purement macro-économique cette fois (formation oblige), les sociétés développant les logiciels propriétaires les plus connus et diffusés à travers le monde (Microsoft, Adobe, Symantec...) sont dans leur très grande majorité installées hors de France et d'Europe. Ainsi, chaque fois que l'un de leur produit est acheté, ce sont des fonds supplémentaires qui "s'évadent" à l'autre bout du monde, alors qu'ils pourraient être utilisés à d'autres fins plus "locales" si l'utilisation des logiciels libres/gratuits se développait. Cela pourrait être vu comme une sorte de politique protectionniste visant à conserver de l'argent dans les frontières françaises et européennes. Mais il est vrai que là il s'agit d'une problématique autre, qui mériterait un article à elle seule.

13-09-2011 15:00 - Ecrit par jcd51

http://www.come4news.com/le-logiciel-libre-gratuit-liberte,-qualite,-economie-172035