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samedi 5 octobre 2013

Une famille qui vivrait comme l’État, ça donnerait quoi ?

Lorsqu'on a un gros, un énorme déficit budgétaire chronique et une dette abyssale, babylonesque, voire une hippopodette, il est difficile d'appréhender l'ampleur du désastre. Cependant, celui-ci devient évident lorsqu'on ramène l'exercice budgétaire du pays à l'échelle d'un ménage.

Le droit français a longtemps fait du comportement d'un bon père de famille la norme comportementale de bon usage et de saine gestion ; le bon père de famille est soucieux des biens et intérêts qui lui sont confiés comme s'ils étaient les siens propres. Pour connaître le statut de nos chers dirigeants, ramenons la politique budgétaire de la France à l'échelle d'un ménage.

L’État français disposait, dans le budget 2013, de 240 milliards d'euros de ressources pour 302 milliards d'euros de charges. La dette publique, elle, se montait à 1 912 milliards d'euros. Ces chiffres, pleins de zéros difficiles à lire et dans des unités de mesure, la dizaine ou la centaine de milliards, assez difficiles à appréhender, sont des chiffres prévisionnels ; ils ont été votés par les parlementaires, en toute décontraction. Comme chaque année, il est parfaitement raisonnable d'attendre que la réalité sera encore pire. Oui.

Comparons cela à un ménage moyen. Avec ses 2 410 euros de revenu net mensuel, notre ménage moyen, s'il se comportait comme l’État français, dépenserait 3 032 euros chaque mois - avec un découvert mensuel de 622 euros. Ramené à l'année, les 28 920 euros de revenus sont loin de suffire pour dépenser 36 391 euros, et le ménage doit donc emprunter 7 471 euros - alimentant un total d'endettement de 230 396 euros. Oui, 8 fois son revenu annuel. C'est un ménage qui sait vivre, que voulez-vous : on ne vit qu'une fois, autant le faire bien surtout si c'est avec l'argent du banquier.

On comprend mieux, au regard de ces chiffres, la gestion que font les hommes politiques de leur propre patrimoine et leur incapacité à épargner - si tant est que leurs déclarations puissent être crues. Compte tenu du respect qu'ils ont pour la parole publique et les engagements qu'ils prennent, rien n'est moins sûr ; entre Jérôme Cahuzac qui, lui, a su épargner, et la pause fiscale dont tout le monde, meurtri, attend l'arrêt aussitôt que possible, l'honnêteté de nos dirigeants pose question.



Et à bien y réfléchir, la lucidité des créanciers également.

Aucun ménage ne parviendrait à faire accepter un découvert de 25% de ses revenus chaque mois, surtout compte-tenu de son profil d'endettement. Les ménages français sont, en moyenne, endettés à hauteur de 80% de leurs revenus, pas 800%, comme l’État actuellement (230 396 euros de dettes pour 28 920 de revenus). Mais il est vrai qu'aucun ménage n'a la bombe atomique, une armée d'inspecteurs du fisc secondée par une armée de policiers, de gendarmes et de soldats outillés et entraînés pour éviter toute confusion maladroite entre "contribuable" (qui paye et se tait) et "citoyen" (qui est armé et entend se défendre tout seul comme un grand).

Au passage, cette dette génère un coût important pour la famille France ; elle paye chaque mois 563 euros pour éponger les intérêts de sa dette, sans même songer à rembourser (rappelons que la famille France s'endette chaque mois, et qu'il lui est impossible, par on ne sait quelle misère, de mettre le moindre sou de côté - le prix du caviar s'envole, dirait-on).

Sur 3 033 euros de dépenses au total, cette hypothétique (mais dépensière) famille France consacre 382 euros à l'achat d'armes diverses, dont des drones dépassés qui font un peu pitié, en plus de 177 euros pour sa sécurité pure, ce qui fait déjà 559 euros. S'y ajoutent 641 euros pour l'enseignement scolaire et 260 pour l'enseignement supérieur et la recherche, avec un résultat qu'on qualifiera pudiquement de mitigé, pour un total atteignant déjà 1 460 euros sur ces seuls trois postes. Avec les 563 euros de la dette, c'est déjà plus des 2/3 que la famille France aurait déjà dépensée.

Les autres petits postes de dépense sont aussi édifiants : 26 euros pour la culture (sachons vivre), plus 12 pour les médias, le livre et l'industrie culturelle (sachons vivre) ; 5 euros pour le sport, la jeunesse et la vie associative (sachons vivre, que diable !) ; à côté, 13 euros pour la santé (sachons tomber malade ?) paraissent bien insignifiants à la famille France, qui dépense 103 euros pour favoriser l'emploi. Sans grand succès.

Si la famille France était notée par des agences de notation, le ménage "État français" serait vraisemblablement assez loin du triple A. Heureusement, rassurez-vous : l’État français n'est pas vraiment un ménage, et personne n'entend considérer que le gouvernement français pourrait se rapprocher d'une gestion de "bon père de famille". Faut pas déconner. Car le ménage "État français" dispose d'une arme secrète pour se renflouer : le patrimoine de tous les ménages français. Si le ménage France n'existe pas et fait à peu près n'importe quoi de l'argent qui lui est confié, ce n'est heureusement pas le cas de l'écrasante majorité des ménages français, ménages politiciens inclus. Et ça, l’État l'a bien compris : non content de leur prélever pas loin de la moitié de leurs revenus, il peut à tout moment leur confisquer tout ou partie de leur patrimoine. Ça s'est déjà vu, dans le passé en France, et récemment en Europe ; les Chypriotes s'en souviennent.

Non, décidément, la gestion que font les hommes politiques du budget ne correspond pas à celle qu'en ferait un bon père de famille. Ou alors, "bon père de famille" comprend l'homme bourru et alcoolique, vivant d'expédients et de petits larcins minables d'une journée à l'autre, frappant femme et enfants lorsque l'argent ne rentre pas assez - ce qui étend la notion très au-delà de ce qu'elle pourrait signifier intuitivement...

Les politiciens comptent sur vous pour, un jour ou l'autre, éponger les dettes, leurs dettes, celles qu'ils ont contractées en votre nom pour non pas vous aider, vous servir, mais pour rester au pouvoir. Et ce jour approche plus que vous ne le croyez.

À vous de voir si vous êtes d'accord, mais sachez qu'il faut agir vite : ils ne vous demanderont pas votre avis.

Par h16 et Baptiste Créteur.

Publié le 5/10/2013

Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=140641

lundi 14 mai 2012

Si l'argent ne fait pas le bonheur, c'est que vous le dépensez mal!

Baloo chantait « Il en faut peu pour être heureux » et il a fallu attendre des dizaines d'années pour que les recherches en psychologie le confirment. La relation entre l'argent et le bonheur est moins évidente qu'elle en a l'air. En réalité, c'est plus subtil : tout dépend de comment vous dépensez cet argent. Les chercheurs (dont Daniel Gilbert, expert en la matière) viennent vous donner quelques conseils grâce à leur dernière recherche (empirique).



Voici donc la traduction des 8 points qui figurent dans le résumé de l'étude (et quelques compléments donnés dans le développement).

1- D'abord, pensez à acheter des « expériences » (de vie), par exemple des vacances originales, plutôt que des objets. Cela peut paraître contre-intuitif, car les objets restent et le reste devient des souvenirs. Les études ont toutefois clairement montré que l'effet sur le bonheur d'acquisition d'objets reste peu longtemps. Par contre, les souvenirs, s'ils sont bons, restent à vie.

2- L'argent est mieux dépensé lorsqu'il fait le bonheur d'un autre (ou de plusieurs). Le pire est que tout le monde le sait, car on pleure au cinéma lorsqu'une personne donne (sans attendre de retour) à quelqu'un dans le besoin. Pourquoi les gens ne donnent-ils pas plus volontiers alors ? Bonne question, c'est peut-être comme pour la douche : on est réticent à en prendre une et lorsqu'on sent l'eau chaude sur nous, on ne veut plus en sortir...

3- Dépensez plutôt pour de petits plaisirs que pour un grand qui est onéreux (ex. : une belle voiture).



4- Ne prenez pas de garanties et assurances supplémentaires. Ces assurances jouent sur la peur, mais, même au niveau des probabilités, elles ne sont pas rentables pour le consommateur, et sont juteuses pour les compagnies d'assurances qui jouent sur notre peur instinctive de la perte (« loss aversion ») qui est bien plus grande que le bonheur d'acquérir quelque chose. De plus, les gens ignorent que leur « mental » s'adapte très bien émotionnellement à ces éventuelles pertes lorsqu'elles arrivent.

5– N'achetez pas impulsivement. Le bonheur réside dans l'attente de nos plaisirs souvent déjà parce que la réalisation de nos plaisirs ne nous donne pas autant de bonheur qu'on le croyait. Les chercheurs rappellent l'invention de la carte de crédit, née d'une frustration : Frank McNamara n'avait pas de « cash » sur lui pour payer l'addition au restaurant et a dû appeler sa femme pour qu'elle lui apporte l'argent. Comme il travaillait dans le crédit, l'idée lui est venue de faire en sorte de pouvoir « consommer d'abord, et payer plus tard ». Ce mode de vie est l'antithèse de ce qu'il faut faire pour être heureux.

6- Pensez aux détails. On voit souvent que les avantages d'un choix, d'un rêve. On oublie trop les inconvénients.

7- Attention à l'achat de comparaison. Lorsqu'on veut faire une acquisition, il est très tentant de peser le pour et le contre entre différentes options d'achat. Cela n'est pas inintéressant, mais peut être un piège pour notre cerveau qui va moins faire attention aux caractéristiques intrinsèques d'un produit.

8- Faîtes attention au choix des autres. Faire les moutons de Panurge a du bon. Si vous hésitez à aller voir un film par exemple, il peut être tentant de lire le synopsis, les interviews d'acteurs, etc. En fait, vous pouvez aller beaucoup plus vite et avoir plus de chances de mieux choisir en regardant les notes des autres (surtout ceux qui vous ressemblent, même genre sexuel, même tranche d'âge, etc.)

Pour aller plus loin: Elizabeth W. Dunn, Daniel T. Gilbert, Timothy D. Wilson If money doesn't make you happy, then you probably aren't spending it right Journal of Consumer Psychology 21 (2011) 115–125

newtoon

14/05/2012 

mercredi 25 avril 2012

Les dépenses militaires dans le monde

Combien les pays consacrent à leurs armées? Ces données de la Stockholm International Peace Research Institute montrent les dépenses en armement dans le monde - à la fois en dollars au cours du temps et en pourcentage du PIB. 

La carte ci-dessous montre les données pour chaque pays. 

Quelles enseignements pouvez-vous en tirer ?



Créé par Tableau 

dimanche 15 avril 2012

Les dépenses privées de R&D aux Etats-Unis : les grandes masses budgétaires et les tendances

64% de la recherche américaine est financée par les entreprises. Ce chiffre est proche de la moyenne des pays de l'OCDE mais représente quelque 280 milliards de dollars (2% du PIB), ce qui fait des Etats-Unis le pays dont les acteurs privés dépensent le plus en Recherche & Développement (R&D). A force de parler du gouvernement fédéral, on a en effet tendance à oublier le rôle du secteur privé qui occupe une place très importante en matière de R&D. En fait, les dépenses privées sont à la fois abondantes et diversifiées : en interne, elles se dirigent vers les laboratoires privés et en externe vers les universités et les organisations de recherche. Les dépenses privées dans la recherche touchent des domaines variés, toutes les étapes de la recherche mais surtout le développement. L'objet de cet article est de donner un ordre d'idée des évolutions et des tendances en matière de financement privé de la R&D privée telles que le relate le rapport "2012 Global R&D Funding Forecast", publié par Battelle et par "R&D Magazine".

vendredi 13 avril 2012

BE Etats-Unis 286  

Pour lire la suite de l’article http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69732.htm 

mardi 27 septembre 2011

Enseignement supérieur : quels sont les pays qui dépensent le plus ?

Avec prés de 22 000 euros dépensés par an pour chacun de leurs étudiants, les Etats-Unis investissent plus de deux fois plus que la France (10 260 euros) dans la matière grise. Pour autant, la France se situe dans la moyenne 2008 des pays de l'OCDE (un peu plus de 10 000 euros) selon l'édition 2011 de « Regards sur l'éducation » que publie l'OCDE.

En Europe, ce sont les Suisses qui dépensent le plus pour leurs étudiants (un peu plus de 15 700 euros par an), juste devant les Suédois (15 210). Parmi les grands pays européens, la France est proche de l'Allemagne (11 200 euros), du Royaume-Uni (11 160) ou de l'Espagne (9700) mais très loin devant l'Italie où l'enseignement supérieur fait vraiment figure de parent pauvre avec seulement 6950 euros dépensés par an et par étudiant en 2008.

L'Italie est d'ailleurs l'un des pays de l'OCDE qui dépense le moins pour son enseignement supérieur avec seulement 1% de son PIB qui lui est consacré. Très loin derrière un trio de tête constitué des Etats-Unis (2,7% de leur PIB), de la Corée (2,6%) et le Canada (2,5%). Avec 1,4%, la France est un peu en dessous de la moyenne alors qu'elle est un peu au-dessus au global avec 6% de son PIB consacré à l'éducation (5,9% en moyenne dans les pays de l'OCDE). Un pourcentage en forte baisse par rapport à 1995 où il était de 6,6%. Pour autant, la part de l'enseignement supérieur s'est elle stabilisée.

On retrouve cette baisse du pourcentage du PIB consacré à l'éducation en Allemagne (4,8% en 2008 contre 5,1% en 1995) mais pas du tout aux Etats-Unis, où il grimpe au contraire de 6,6% à 7,2%, ou encore au Royaume-Uni (5,2% à 5,7%). Le pays qui dépense le plus pour l'éducation est l'Islande Corée avec 7,9% de son PIB (dont seulement 1,3% pour le supérieur mais il est vrai que beaucoup d'étudiants la quittent à ce niveau).

Au contraire, la Corée, qui la suit avec 7,6% de son PIB consacré à l'ducation, est presque au niveau des Etats-Unis avec 2,6% pour le supérieur. Il est d'ailleurs frappant de voir à quel point les pays peuvent s'intéresser de façon très différente ou non à leur enseignement supérieur. ...

27 septembre 2011

http://orientation.blog.lemonde.fr/2011/09/27/enseignement-superieur-quels-sont-les-pays-qui-depensent-les-plus/#xtor=RSS-3208

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rached-innov plus

Combien dépense-t-on sur l'enseignement supérieur en Tunisie ?

Sous l'ancien régime, on se plaisait à fanfaronner pour environ 5000 dinars tunisiens dépensés par étudiant, soit environ 2500 euros. Cela correspond au 1/10 de ce que dépensent les Etats-Unis ou le 1/5 dépensés en France. En terme de pourcentage du PIB, on claironnait haut et fort qu’avec environ 2,2 %, notre pays se situait dans le peloton de tête. Il faudrait maintenant que ces chiffres soient vérifiés et validés. Le Ministère de l’enseignement supérieur est en mesure de communiquer les chiffres exacts à ce sujet. Personne ne nie les efforts consentis par notre société pour promouvoir un enseignement supérieur de qualité. Mais si nous voulons intégrer rapidement l’économie de la connaissance, un effort supplémentaire est nécessaire pour accompagner de nouvelles réformes o combien indispensables.

Rached

le 27 septembre 2011