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dimanche 26 mai 2013

Vers des quotas et des frais d'inscription en classe prépa

Inquiétude dans les classes prépas : deux amendements au projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche, votés par les députés dans la nuit du 23 au 24 mai, pourraient bien bousculer le recrutement des élèves dans les classes préparatoires aux grandes écoles.

Le premier prévoit que les lycéens qui auront obtenu les meilleurs résultats au bac dans leur établissement (soit 5 % à 7 %, des élèves, un chiffre à définir, annuellement, par décret), auront un droit automatique à rejoindre une classe préparatoire, Sciences Po, un IUT, l'université Paris-Dauphine ou toutes filières sélectives de leur choix, s'ils le souhaitent. Le recteur, dans chaque académie, sera chargé de faciliter cet accès.

Cet amendement, introduit par les députés socialistes Vincent Feltesse, rapporteur de la loi, et Jérôme Guedj, et soutenu par le gouvernement, a été adopté à une très large majorité socialiste, écologiste et centriste. "La France est quasi championne du monde de l'inéquité scolaire, classée 27e sur 34 par l'OCDE. Il faut débloquer le système et toutes les initiatives sont bienvenues. Nous avons la responsabilité d'essayer et, à ce titre, nous soutenons l'initiative", a expliqué Philippe Gomez, député UDI de Nouvelle-Calédonie. Cette idée avait déjà été portée, en novembre 2005, à l'occasion d'une proposition...

Isabelle Rey-Lefebvre

mardi 1 mai 2012

Des universités de classe mondiale? Pour qui et pourquoi?

Dans le débat qui fait toujours rage sur la hausse des droits de scolarité, un aspect important de l'enjeu de cette hausse est peu discuté sur la place publique, malgré le fait qu'il semble que cet aspect soit fondamental pour le gouvernement de Jean Charest. En effet, de l'aveu même de notre gouvernement, un des enjeux de cette hausse des droits de scolarité consiste à permettre aux universités québécoises d'atteindre un niveau de ‹‹classe mondiale››. Par contre, notre gouvernement est avare de détails sur ce qu'il entend par là. Il nous semble pourtant indispensable de connaître les objectifs qu'il vise afin de légitimer cette hausse qui semble, à première vue, injustifiable lorsqu'on sait qu'elle affectera l'accessibilité de certains étudiants québécois. Qu'est-ce qu'une université de classe mondiale? Pour qui et pourquoi?

Définition d'une université de rang mondial

Dans un rapport de la Banque mondiale, publié en 2009 (Le défi d'établir des universités de rang mondial), sont définis les piliers fondamentaux devant mener à une nouvelle économie mondiale du savoir et le rôle indispensable que sont appelées à jouer les études supérieures dans cette nouvelle économie. En effet, l'enseignement supérieur a un rôle central à jouer dans les quatre piliers à atteindre, notamment dans la ‹‹formation d'un capital humain fort›› et pour ‹‹contribuer à un système d'innovation national efficient››.

Une université de rang mondial devra pouvoir remplir ces fonctions, notamment en mettant l'accent sur la recherche de pointe et en ‹‹produisant des diplômés hautement qualifiés›› très demandés sur le marché du savoir. Ces scientifiques et ces chercheurs sont ceux qui publient dans les meilleures revues scientifiques. Telle est la définition que donne la Banque mondiale d'une université de rang mondial. Une université de ce calibre met l'accent sur la recherche et non plus sur l'enseignement, car l'objectif est désormais de ‹‹produire un capital humain››, comme des scientifiques et des professionnels jugés indispensables. En somme, il s'agit d'une université au service du développement et de la croissance au sein d'une nouvelle économie du savoir, plutôt qu'un lieu dans lequel le savoir et l'enseignement de la personne humaine sont valorisés. Ce processus dans lequel les professeurs d'université se consacrent de plus en plus à la recherche au détriment de l'enseignement - qui est de plus en plus dispensé par des chargés de cours - est d'ailleurs déjà entamé dans nos universités à l'heure actuelle. Dans son petit ouvrage, Je ne suis pas une PME, Normand Baillargeon explique très bien la mise en place au Québec d'une université où la recherche se fait de plus en plus au service de l'économie et de l'entreprise privée.

Un point à retenir est que ne se proclame pas université de rang mondial qui veut. Comme le souligne le rapport lui-même, ‹‹le statut d'élite est plutôt conféré par le monde extérieur sur la base d'une reconnaissance au niveau international››. À cet égard, ce qui est intéressant mais inquiétant de constater est que parmi les vingt premières universités de classe mondiale telles que classées par THES et SJTU en 2008, toutes sont des universités techniques, technologiques ou économiques de langue anglaise, à l'exception de l'Université de Tokyo, qui dispense toutefois de nombreux programmes en anglais. Ainsi, nous avons un bref aperçu du critère qui définit et détermine l'idéal à atteindre pour qui veut ériger une université de classe mondiale.

Dans un monde qui se mondialise sur la base du marché néolibéral et dans lequel la langue anglaise est la langue uniformisante, les universités de rang mondial sont évidemment des universités qui répondent aux besoins du marché du savoir et qui le font en anglais. Dans ce contexte, une université prestigieuse comme la Sorbonne, qui dispense un enseignement en français et qui se concentre sur les arts et les humanités, ne peut évidemment prétendre appartenir au club sélect des établissements de classe mondiale.

Le rôle du gouvernement

Un aspect important du rapport de la Banque mondiale met l'accent sur le rôle indispensable des gouvernements nationaux dans la mise en place des universités de rang mondial. Entre autres, le gouvernement doit s'assurer d'un financement public adéquat visant à répondre aux coûts élevés entraînés par ‹‹la mise en place des infrastructures de recherche de pointe››. Ici, le lien entre la hausse des droits de scolarité et le besoin accru de ressources afin de répondre aux exigences mondiales est flagrant. Dans un contexte où notre gouvernement est lourdement endetté et n'est pas en mesure de financer nos universités, les hausses des droits aux étudiants québécois visent à répondre aux besoins financiers accrus pour la ‹‹recherche de pointe›› et pour favoriser le recrutement des meilleurs étudiants étrangers au sein de la concurrence qui se met en place entre les universités du monde. Tout ce processus vise ensuite à faciliter l'accréditation de la ‹‹prestigieuse›› appellation d'‹‹université de classe mondiale››.

La question est de savoir si les étudiants québécois sont prêts à payer davantage uniquement pour que leurs universités soient reconnues internationalement par une minorité d'individus se basant sur les critères d'un marché mondial néolibéral et pour répondre aux besoins des entreprises privées. Dans le débat actuel sur la hausse des droits de scolarité, cet enjeu fondamental mérite d'être davantage discuté.

Plusieurs intervenants et commentateurs se sont récemment demandés comment il se faisait que notre gouvernement renonce aussi sèchement aux objectifs qu'avait fixé le rapport Parent en 1964, objectifs qui visaient éventuellement à rendre l'éducation gratuite pour les étudiants québécois du primaire à l'universitaire. La réponse à cette question est simple : si le système d'éducation préconisé par le rapport Parent visait, lui aussi, à répondre aux exigences du monde du travail de la société moderne, il visait également et surtout à répondre à des critères philosophiques humanistes inspirés, notamment, du personnalisme dans lequel l'épanouissement de la personne humaine devait se faire au sein du système éducatif. C'est ce qui motivait les commissaires à préconiser la gratuité pour tous afin que chaque personne puisse avoir accès à ce système perçu comme le lieu de prédilection pour lui permettre de s'épanouir. Les études supérieures telles que préconisées par les grandes instances mondiales à l'heure actuelle sont influencées uniquement par une philosophie néolibérale mettant l'accent sur le marché mondial, la concurrence et l'économie comme voies du progrès. C'est évidemment cette dernière voie que préconise le gouvernement Charest.

Le problème qui se pose lorsqu'on veut connaître le bien-fondé de la hausse des droits de scolarité, c'est de savoir si la population québécoise est en accord avec l'orientation donnée à sa société et à son système d'éducation par notre gouvernement, orientation qui n'émane visiblement pas d'elle, mais plutôt d'une élite mondialisée qui poursuit ses propres objectifs.

Martin Lavallée

Publication: 1/05/2012 03:08

http://quebec.huffingtonpost.ca/martin-lavalee/unviersites-quebec_b_1466384.html?ref=politique

lundi 30 avril 2012

Les frais de scolarité en Allemagne


Publié le 30 avril 2012 par Rédaction CursusMundus.com

Le montant des frais de scolarité en Allemagne, ou plus précisément dans les universités et les Fachhochschulen allemandes, varient d’un établissement et d’un Land à un autre.

Des frais de scolarité qui diffèrent

Dans certains établissements publics les frais de scolarité sont nuls. Dans d’autres, ils peuvent aller jusqu’à 500 euros par semestre.

Il existe également des établissements dans lesquels l’étudiant doit payer des frais de scolarité seulement s’il dépasse la durée réglementaire d’un cycle d’études donné ou lorsqu’il entame un nouveau cycle d’études alors qu’il a déjà accompli un premier cycle précedemment.

Le site studis-online.de référence le montant des frais de scolarité en Allemagne dans chaque Land.

Le coût des études en Allemagne ne se limite pas aux frais de scolarité.

Les autres frais à prévoir

Pour ce qui est des frais d’inscription à l’université en Allemagne, si l’étudiant s’inscrit dans une université membre du réseau uni-assist (portail plus ou moins identique au site français Admission-PostBac), il faudra payer des frais de 43 euros (cas des Européens) par semestre. Si l’étudiant postule à plus d’une université, il paiera à chaque fois 15 euros supplémentaires.

Tous les établissements imposent également le paiement d’une taxe sociale, également appelée cotisation semestrielle (Semesterbeitrag), qui sert à financer certains services comme le refectoire, les résidences universitaires, les salles de sport etc… Le montant de la taxe sociale se situe généralement entre 18 et 45 € mais peut aussi monter jusqu’à 100 euros. Cette taxe étant semestrielle, il faut la payer deux fois par an.

Dans certains Lander, une taxe administrative peut également être demandée. Son coût est de 50 à 75 euros par semestre.

Enfin, l’étudiant peut aussi avoir à payer un ticket qui permet d’utiliser les transports en commun de la ville durant un semestre entier, c’est le Semesterticket. Le prix du ticket peut varier de 25 à 150 euros.

http://www.cursusmundus.com/etudier-en-allemagne/frais-de-scolarite-allemagne-13075

dimanche 29 avril 2012

Québec : le conflit étudiant se durcit

La hausse des droits de scolarité au cœur du problème.

Par Victor de Sepausy, le samedi 28 avril 2012 à 00:07:23

Le Québec est depuis déjà plusieurs semaines en proie à un important mouvement étudiant qui proteste contre la hausse prévue des droits de scolarité. Face au gouvernement libéral en place, on parle même de la tenue d'élections législatives anticipées.

D'un côté comme de l'autre, les positions se crispent et le Premier ministre québécois Jean Charest a fait part de son refus de poursuivre les négociations après les violences intervenues la nuit dernière, notamment dans la ville de Montréal.

En effet, il était prévu qu'une trêve s'instaure avant le début des échanges mais, en l'espèce, la CLASSE, l'une des principales organisations étudiantes, a été accusée de ne pas jouer le jeu et d'appeler à manifester via son site Internet.

La hausse prévue des droits d'inscription de 75 % sur cinq ans (soit 3800 dollars canadiens par an en moyenne, un peu moins de 3000 €) a mis près de la moitié des étudiants dans le mouvement depuis le mois de février dernier.

http://www.actualitte.com/actualite/patrimoine-education/education-international/quebec-le-conflit-etudiant-se-durcit-33829.htm?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Actualitt-UnePageDeCaractre+%28Actualitt%C3%A9+-+Une+page+de+caract%C3%A9re%29

vendredi 27 avril 2012

En France, des frais d’inscription variables d’une filière à l’autre

De 0 à 25 000 € par an… Les étudiants français ne sont pas logés à la même enseigne lorsqu’il s’agit du coût de leurs études. Le clivage principal a lieu entre université publique et écoles privées.

Les étudiants français les mieux lotis sont en fac. L’année de licence leur revient à 177 € en 2011-2012. Une somme imposée chaque année par arrêté ministériel. Et 33,8 % des jeunes n’ont même rien à débourser car ils bénéficient des bourses accordées sur critères sociaux. Laura, 22 ans, étudiante à Paris-IV, n’a pourtant pas pu obtenir cette aide.

« Mes parents font partie de la classe moyenne inférieure et sont juste au-dessus du palier pour la bourse, explique-t-elle. Alors, même si en soi les frais d’inscription sont peu élevés, c’était compliqué, surtout pour le master. »

Car avec les années, les frais augmentent jusqu’à atteindre 584 € en doctorat. Or, « plus on avance dans les études, plus on travaille et moins on a de temps pour un petit boulot », se désole Laura.

« Les frais d’inscription nationaux sont justes, affirme Louis Vogel, à la tête de la Conférence des présidents d’université (CPU). En revanche, le financement de l’État est insuffisant. Il reste bien en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). »

L’État débourse en effet 10 180 € par an pour un jeune à l’université,« alors que dans des pays comme la Suède, ce chiffre tourne autour de 15 000 € », commente Louis Vogel.

ECOLES PRIVÉES, DES SITUATIONS DISPARATES

Au sein des écoles privées, en revanche, la situation est très disparate. Il y a tout d’abord les écoles post-bac où la formation coûte environ 7 000 € par an. Et puis les plus prestigieuses, celles qu’on intègre au bout de deux ans de classes préparatoires.

Là, les frais d’inscription peuvent atteindre 25 000 € par an. Tout dépend s’il s’agit d’une école d’ingénieurs – souvent publique – ou d’une école de commerce. L’année dépasse rarement les 1 000 € pour les premières alors que la moyenne est de 10 000 € pour les secondes.

« C’est colossal, estime Aude, en dernière année à l’Essec. Et pourtant, quand on est pris, on ne se pose pas de questions, on y va ! » Des aides sont donc mises en place pour ceux qui doivent tout assumer eux-mêmes.« Beaucoup de mes amis ont choisi l’apprentissage et certains ont souscrit un prêt », constate Aude.

Mais les plus chanceux restent ceux qui intègrent des écoles prestigieuses comme les Écoles normales supérieures ou Polytechnique. Car non seulement ils ne déboursent rien pour leur formation, mais ils sont eux-mêmes payés !

ANNE-CLAIRE HUET
26/4/12 - 17 H 22

mercredi 12 octobre 2011

Comment les Français perçoivent l'université

Amphithéâtre de l'université de Nanterre. En France, le budget par étudiant est légèrement au-dessus des pays de l'OCDE, il est loin derrière les États-Unis.
Amphithéâtre de l'université de Nanterre. En France, le budget par étudiant est légèrement
au-dessus des pays de l'OCDE, il est loin derrière les États-Unis.C
rédits photo : MARC WATTRELOT/AFP

Le manque de moyens est souligné par 58% des Français, selon un sondage réalisé par Occurrence-L'Institut de l'entreprise.


Le manque de moyens financiers constitue le principal problème des universités pour 58 % des Français. Près de la moitié des sondés (46%) estiment aussi que les enseignements universitaires sont insuffisamment adaptés au marché du travail, selon ce sondage réalisé par Occurrence-L'Institut de l'entreprise auprès de 1007 personnes. Seuls 24% pensent que les universités ont une faible attractivité pour les enseignants-chercheurs. Parmi les handicaps majeurs de l'université vient ensuite la «complexité administrative» (21%), puis un «nombre excessif d'étudiants» pour 19% des Français. Ils ne sont que 14% à citer comme principal problème des universités, une faible performance en recherche ou en qualité des enseignements. Le manque de moyens financiers est particulièrement souligné par les plus jeunes (18-49 ans) et les sympathisants de gauche. Les 35-49 ans soulignent quant à eux davantage l'inadaptation des enseignements au marché du travail, de même que les cadres supérieurs et les sympathisants de droite.

Politique de rattrapage
Selon l'Institut de l'entreprise, think-tank proche du patronat créé en 1975, cette perception d'un sous-financement est étayée par le fait que, si notre budget par étudiant est légèrement au-dessus des pays de l'OCDE, il est loin derrière les États-Unis, le Canada, la Suisse, la Suède ou la Norvège. Le think-tank salue cependant la politique de rattrapage instituée par le gouvernement depuis 2007, notamment avec le grand emprunt. Mais ce ne sera pas suffisant à long terme, pronostique-t-il.

L'Institut de l'entreprise avait publié cet été un document intitulé «Financement de l'enseignement supérieur: quel rôle pour les entreprises?», qui appelait à diversifier les ressources des universités. La France ne pourra pas se passer d'un recours «accru aux financements privés», affirmait l'auteur, Pierre-André Chiappori, professeur d'économie à l'université de Columbia (États-Unis). Pour rattraper l'écart, un effort considérable des ménages et des entreprises sera «indispensable», affirmait-il, estimant que la «quasi-absence de frais d'inscription fait problème».

Depuis un an, cette question des frais d'inscription revient régulièrement dans le débat public. La conférence des présidents d'université planche sur ce sujet par le biais d'un groupe de travail. Proche du Parti socialiste, la fondation Terra Nova avait à son tour proposé fin août d'augmenter le coût de l'inscription. Elle estime en effet qu'une telle mesure permettrait de renflouer les caisses des universités. Mais ces propositions sont loin de faire l'unanimité au gouvernement. Nicolas Sarkozy s'est prononcé contre, Laurent Wauquiez, son ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche précise que cela «reviendrait à faire payer davantage des classes moyennes déjà très sollicitées». À gauche, Martine Aubry s'est également opposée à une augmentation des frais d'inscription. Avec François Hollande, elle partage surtout l'idée de la création d'une «allocation d'autonomie» pour les étudiants…

Par Marie-Estelle Pech Publié le 10/10/2011 à 16:06

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/10/10/01016-20111010ARTFIG00728-comment-les-francais-percoivent-l-universite.php

samedi 17 septembre 2011

Faut-il augmenter les frais d’inscription à l’université ?

Deux groupes de réflexion, l’un marqué à gauche, l’autre libéral, proposent de revenir sur la gratuité de l’enseignement supérieur, pour plus de justice sociale.


©  flickr
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177 € : c’est ce que devra débourser un étudiant pour s’inscrire en licence cette année. Soit 3 € de plus qu’en 2010. Même tendance en master où les droits de scolarité sont passés de 234 à 245 € ou, en doctorat, où il faut désormais s’acquitter de 359 € au lieu de 350. Globalement, les frais d’inscription à l’université ont donc augmenté de 3,3 % cette rentrée.

« C’est supérieur à l’inflation, dénonce Maria Cotora, chargée des questions universitaires à l’Unef, le principal syndicat étudiant. Sans compter que certains établissements pratiquent des frais illégaux pouvant atteindre un millier d’euros. »

Que dirait alors le syndicat si, dans les prochaines années, les droits d’inscription augmentaient de 300 % ou étaient franchement libéralisés ? C’est ce que proposent respectivement deux groupes de réflexion, Terra Nova, plutôt à gauche, et l’Institut de l’entreprise, d’orientation libérale. Tous deux s’appuient sur le même constat : l’université manque de moyens.

« Si nous souhaitons être compétitifs sur la scène internationale, notre pays a besoin d’augmenter le pourcentage d’une classe d’âge qui accède à l’enseignement supérieur, souligne Yves Lichtenberger, professeur de sociologie à l’université de Marne-la-Vallée et coauteur du rapport de Terra Nova.

Aujourd’hui, la proportion atteint 50 % en France, contre 60 % dans les autres pays de l’OCDE. » Or, grossir l’effectif des étudiants implique forcément un coût.

Plus précisément, la France a besoin de chercheurs, selon Louis Vogel, président de l’université Panthéon-Assas : « Avec la montée en puissance des ingénieurs et diplômés des écoles de commerce issus des pays émergents, notre pays doit se positionner sur un autre créneau, notamment dans le domaine de la recherche, de l’innovation et des brevets. » Un étudiant coûte aujourd’hui en moyenne 9 000 € par an à l’université. Un investissement insuffisant, estime le Pr Lichtenberger : « Si l’on veut offrir une formation de qualité et un encadrement satisfaisant, il faudrait au moins s’aligner sur les standards internationaux en y consacrant 3 000 € de plus. » De son côté, Pierre-André Chiappori, professeur à l’université américaine de Columbia et auteur du rapport de l’Institut de l’entreprise, voit encore plus grand : « Avec 14 000 € déboursés en moyenne par étudiant, comment l’université Pierre-et-Marie-Curie – 41e au palmarès mondial de Shanghai – peut-elle rivaliser avec le MIT (Massachusets Institute of technology) qui dépense presque 20 fois plus ! »

En France, 80 % des ressources de l’université proviennent de l’État, en moyenne. « Difficile d’imaginer augmenter cette dotation dans la conjoncture actuelle », remarque Bernard Ramanantsoa, à la tête de HEC Paris (Hautes Études commerciales). Les frais d’inscription apparaissent alors comme un levier de financement potentiel. Terra Nova propose ainsi de les porter à 500 € en licence, 1 000 € en master et 1 500 en doctorat. Les boursiers resteraient exonérés. En triplant ou quadruplant les droits actuels, l’université pourrait déjà récolter 1 milliard d’euros.

La manne financière n’est pas l’unique argument pour le groupe de réflexion Terra Nova. Augmenter les frais d’inscriptions pourrait permettre de responsabiliser davantage les étudiants. « L’idée, c’est ainsi de mettre en place une sorte de contrat pédagogique, explique le Pr Lichtenberger. S’il s’implique davantage financièrement, l’étudiant réfléchit à deux fois avant de s’inscrire et cela l’encourage à suivre plus sérieusement les cours. En retour, l’université s’engage à lui proposer un service de qualité notamment un meilleur encadrement avec, par exemple, du tutorat – assuré par les aînés –, plus d’outils documentaires et d’heures d’ouverture de bibliothèque. »

Outre limiter l’absentéisme, cet investissement pourrait aussi paradoxalement induire plus de justice sociale, selon Terra Nova. « Même quasiment gratuite, l’université n’en reste pas moins ségrégative, pointe le professeur. L’encadrement y est très faible, or c’est justement un meilleur suivi qui manque aux étudiants des classes défavorisés. Ils souffrent d’un déficit de confiance et ont plus besoin que les autres de se sentir soutenus pour réussir. »

De son côté, l’Institut de l’entreprise propose d’indexer les droits aux revenus des parents. Une formule que pratique déjà Sciences-Po Paris ou HEC. « Les sommes s’échelonnent de 0 à 11 900 €, explique Bernard Ramanantsoa, pour HEC. 20 % des élèves sont boursiers donc exonérés en partie ou en totalité des frais d’inscription. » Seul bémol, ce système risque de défavoriser les ­classes moyennes. « Ces familles ont des revenus modérés, leurs enfants n’ont pas droit aux bourses et ils doivent généralement travailler pour financer leurs études, ce qui enclenche une spirale négative dans le suivi universitaire », regrette Alain Beretz, président de l’université de Strasbourg.

En somme, quel que soit le système envisagé, des mesures d’accompagnement semblent nécessaires. Terra Nova propose une allocation d’autonomie à hauteur de 500 € par mois pour chaque étudiant – financée en réunissant tous les moyens dévolus à ceux-ci : bourses, demi-part fiscale, aide personnalisée au logement – tandis que l’Institut de l’entreprise évoque l’idée d’un prêt de l’État, comme en Angleterre : des bourses remboursées par l’étudiant une fois qu’il est embauché en fonction de son salaire. « Certaines banques proposent déjà des prêts à des taux avantageux pour nos élèves, souligne Bernard Ramanantsoa à HEC. Elles anticipent leurs revenus futurs. » Pas sûr que les établissements bancaires soient aussi généreux avec un étudiant en lettre ou en philosophie…

Globalement, Yves Lichtenberger estime qu’un débat politique doit avoir lieu et qu’il faut changer la vision des études supérieures : « Cela doit rester un droit mais l’étudiant doit se rendre compte que si c’est un coût pour la nation, c’en est un aussi pour lui : il doit arrêter d’être un spectateur passif et considérer qu’il fait un investissement sur l’avenir. » Reste que la participation des étudiants ne peut pas constituer l’unique source de financement.

Quelques universités étudient un troisième levier : le concours des fondations. À Strasbourg, une structure a été créée en 2009. « Nous avons déjà collecté 8 millions d’euros, se réjouit le président de l’université qui en est à l’origine. Ces dons proviennent notamment d’anciens étudiants ou d’entreprises qu’ils dirigent. D’où l’importance de proposer un enseignement de qualité pour que les futurs professionnels aient envie d’investir eux aussi dans l’université qui les a formés. »