Affichage des articles dont le libellé est Risque. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Risque. Afficher tous les articles

lundi 30 septembre 2013

Echanges sur le Net : les risques de la liberté

Echanges d'idées plus ou moins fructueux, conversations sans fin entre Internautes du bout du monde ou simples partages de photos de vacances, la toile a sans doute impulsé une nouvelle dynamique des échanges. Une vigueur dont nul ne saurait se plaindre. Sauf que quinze ans après les débuts de la révolution numérique se fait sentir un besoin de cadre et de règles pour éviter pillages et dérapages en tous genres.

Un sentiment de confusion, de trop plein : c'est ce que ressentent au quotidien des millions d'internautes qui, intrigués, interpellés ou passionnés par un sujet de société, se retrouvent désemparés devant l'abondance d'informations. Selon leur degré de compétence, selon leur niveau de maîtrise et de connaissance des réseaux numériques, ils s'acharnent, trient les données et parviennent à dégager des idées forces. Un travail de Titan, accessible au demeurant à une minorité, qui ne place pas l'immédiateté au premier rang de ses préoccupations. Un travail sans lequel toutes les approximations sont possibles, et toutes les idées reçues véhiculées et nourries sans fin.

En France, mais également partout dans le monde, des intellectuels ont amorcé une réplique. Au premier rang de ceux-ci, Pierre Rosanvallon. Titulaire depuis 2001 de la chaire d'histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France, il reste l'un des dirigeants incontournables de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Face à la jungle que constitue potentiellement Internet en tant que lieu de débat, il a fondé la " Vie des Idées ", un site de très haute tenue, entièrement voué aux échanges. " Coopérative intellectuelle, lieu de débat et atelier du savoir, la Vie des Idées veut être un réseau de compétences qui dépasse les frontières géographiques et croise les champs disciplinaires, tout en cherchant à rester accessible au plus grand nombre ", indique l'historien pour expliquer sa démarche.

Garder la maîtrise du débat, garantir la parole de tous dans le respect du champ démocratique, c'est aussi la volonté du site Hyperdébat, fondé en 2002 et animé par Eric Lombart dans le cadre de l'Association pour la promotion de l'information. Il annonce ainsi son ambition : " donner de la visibilité et du sens à l'expression citoyenne ". Les animateurs de ce réseau se présentent comme les garants des bonnes pratiques des échanges numériques. Dans leurs pages, constamment " surveillées " par un facilitateur, ils balisent de quelques principes forts les propos, dans le fonds comme dans la forme : égalité d'accès au débat, objectivité, exhaustivité, lisibilité, visibilité et traçabilité.

Ce dernier point est majeur et fait l'objet de nombreux questionnements pour l'ensemble des usagers du Net. Tout se passe comme si la toile était vouée à être un vaste forum, sans autre règle que...l'absence de règle, où la diffusion de tout, partout est autorisée. Par principe, il n'y a pas de droits, pas de propriétaires, juste une gigantesque toile où les données s'échangent sans contrôle, ou si peu.

" Une grande vigilance s'impose, observe Arnaud Nourry qui dirige Hachette Livre, numéro un de l'édition en France et qui constate comme ses pairs, l'émergence d'une profusion de sites de partages de fichiers ". Pour lui s'ouvre le temps " de nouvelles stratégies d'autodéfense et de conquête " où les Pouvoirs publics doivent à l'évidence prendre leurs responsabilités. Raisonnablement, personne ne peut imaginer que les technologies numériques peuvent être ces machines à aspirer, diffuser mais aussi, le cas échéant, transformer, dénaturer ou utiliser à des fins détournées des contenus patiemment imaginés, construits et écrits dans les universités ou dans le calme d'un bureau d'écrivain. " Pour la première fois de ma carrière, alors que je venais de rencontrer un écrivain qui m'a déposé son manuscrit et à qui je venais de proposer un contrat, l'auteur m'a fait part de son interrogation : comment pouvais-je lui garantir que ses écrits n'allaient pas être " récupérés " sur le net et diffusés sans aucun contrôle ? Il avait une conscience aigüe de son " droit de propriété ". En plus de vingt ans de carrière, cela ne m'était jamais arrivé ", raconte Karine qui exerce dans une grande maison d'édition avec la charge du secteur sciences humaines.

Qu'ils opèrent dans la littérature ou dans le secteur de la musique, les éditeurs " classiques " ont pris conscience du formidable effet démultiplicateur d'Internet, capable de garantir une diffusion du savoir et de la culture dans des proportions jusque là inenvisageables. Mais dans le même temps, ces acteurs du monde la culture et des idées ont pris la mesure des risques encourus. Alors que le domaine de la musique et, dans une moindre mesure, celui du cinéma sortent ravagés et quasi-démantelés après une décennie de règne numérique, le secteur du livre, lui, a tenté et réussi à limiter les dégâts. En passant des accords avec les géants du secteur - Amazon, Google et autres Apple - en étant d'une vigilance accrue sur ce qui se passe sur la toile et en se mobilisant à tous les étages de la profession, le secteur de l'édition s'en tire plutôt mieux que d'autres pans de l'économie de la culture.L'écrit, l'imprimé, est peut être en passe de réussir son pari de rester la référence intangible auprès du grand public, tout en utilisant à son profit les ressources inépuisables du Net. Ainsi, quand quelques grands éditeurs - dont Hachette Livre en France en partenariat avec la société US Lightning Source - mettent en place " une impression à la demande ", c'est tout un monde de professionnels du livre qui entend ainsi reprendre le contrôle de la diffusion des oeuvres et garantir le respect des droits des auteurs. Préserver la création, la connaissance, de nos propres démons, passera nécessairement par une institutionnalisation des règles de bonne conduite sur le Net. A commencer par l'acceptation d'un principe aussi bien de base, que de bon sens : la qualité a un prix. Lequel sommes-nous prêts à payer ? 

samedi 21 septembre 2013

Fighting fire with data: how mapping tech helped beat back the Rim Fire




The past month's Rim Fire blazed through more than a quarter million acres of land in California, but the tensest moment came on August 27th, when the fire came close to threatening San Francisco's water supply. If the blaze had advanced any closer than it did, it would start dumping ash into reservoirs, spurring a potential public health crisis. Stopping the fire required the forestry equivalent of a goal line stand, dropping three DC-10s worth of retardant in an attempt to push back the blaze.

"YOU HAVE VERY LITTLE ROOM FOR ERROR."

The planes were easy to assemble, but the larger problem was knowing where to drop the payload. According to Russ Johnson, disaster response chief for a mapping company called Esri, firefighters usually target fires as they cross ridges, allowing the retardant will flow downhill and cover more ground. But the threat to the water supply had forced their hand. The fire had to be stopped on a relatively flat plane, and even minor changes in slope would make an immense difference in the payload's effect on the fire. Suddenly, firefighters needed detailed meter-to-meter elevation data on a patch of land that no one had cared about just hours before. "You have very little room for error," Johnson says, "and the consequences can be really devastating."

WHERE ARE THE IMMEDIATE THREATS?

Fortunately, they found the information they needed, pulled from government survey data and routed through Esri’s servers. The payload was dropped, together with brush-clearing bulldozers and efforts from thousands of firefighters, and the fire turned back. It’s a sign of how crucial mapping technology has become in modern disaster response. FEMA still takes the lead providing relief, but a new breed of mapping companies has sprung up to make that relief smarter and more directed, manipulating geographic information systems (GIS) to show responders where their help is needed most. Simply corralling publicly available data can be the difference between containing a fire and watching it slip out of control.

Esri is one of those companies, currently working with FEMA to manage the Colorado floods. The important thing to remember, Johnson says, is that when first responders arrive in a flood-ravaged town, they know very little about what the town was like before. Where are the immediate threats? Where are the hospitals and power plants that will be needed once the waters subside? Working from household income data, responders can steer resources towards poorer neighborhoods where residents are less able to self-evacuate, or identify potential infrastructure failures before they occur.





As long as cell service stays up, Esri collects data from citizens on the ground, who can send in geolocated cell phone photos through Esri’s app infrastructure. "In the old days, you would be allocating new sets of resources on paper every 12 hours, and then you would get radio updates and try to make adjustments." Johnson says. "With GIS and mobile, you can model everything as it happens." And because of the open nature of the data, it can all be published on the web, as the company has done for both the Colorado floods and the Rim Fire.

"IF A MODEL HAS AN ERROR OF LESS THAN 50 PERCENT, IT IS REGARDED AS EXCEPTIONAL."

For wildfires, the same technology could someday be used to go on the offensive, predicting where fires are likely to break out and how existing fires will spread. After the Australian brush fires of 2009, which left 173 dead and more than 2,000 homes destroyed, researchers at CSIRO created the Fire Danger and Fire Spread Calculator to address just this problem, bringing together data on vegetation, land mass, moisture conditions, wind, temperature and countless other data sources to produce a comprehensive look at how wildfires develop. The software is mobile, so firefighters can take the information into the field and calculate on the fly how fast fire will spread in the region they're in, and whether it’s so dangerous that a team needs to be called back.

CSIRO combines that data with lab tests on fire itself, conducted in a massive wind tunnel they’ve dubbed the Pyrotron. Despite the massive data, it’s still a work in progress. "If a model has an error of less than 50 percent, it is regarded as exceptional," says Andrew Sullivan, a fire scientist at CSIRO. But with every well-monitored wildfire, the model improves and the number ticks a little bit higher.

The result is a dance between anticipating wildfires and monitoring them. Civil air patrols send in aerial photos of the blaze while engineers work on predictive models of where it will be hours or days into the future. Just predicting that San Francisco’s aquifers were in jeopardy required tracking wind speeds, burn rates, and dozens of other factors that change from minute to minute. The best data managers can do is build out better reporting tools until, as Johnson puts it, "all these people in the field become sensors." Until we know how to predict where a fire will go, responders and scientists alike will focus on knowing where it is as it burns.

By Russell Brandom on September 21, 2013 10:00 am Email @russellbrandom

lundi 26 août 2013

Rethinking investment risk

Does financial innovation inherently lead to greater risk in markets? An MIT economist takes a new look at the problem and says it does.

Financial innovation is supposed to reduce risk — in theory, at least. Yes, new financial instruments based on the housing market helped cause the financial crisis of 2008. But in the abstract, those same instruments have the potential to spread risk more evenly throughout the marketplace by making it possible to trade debt more extensively, rather than having it concentrated in a relatively few hands.

Now a paper published by MIT economist Alp Simsek makes the case that even in theory, financial innovation does not lower portfolio risk. Instead, it raises portfolio risks by creating situations in which parties sit on opposing sides of deep disagreements about the value of certain investments.

“In a world in which investors have different views, new securities won’t necessarily reduce risks,” says Simsek, an assistant professor in MIT’s Department of Economics. “People bet on their views. And betting is inherently a risk-increasing activity.”

In a paper published this month in the Quarterly Journal of Economics, titled “Speculation and Risk Sharing with New Financial Assets,” Simsek details why he thinks this is the case. The risk in portfolios, he argues, needs to be divided into two categories: the kind of risk that is simply inherent in any real-world investment, and a second type he calls “speculative variance,” which applies precisely to new financial instruments designed to generate bets based on opposing worldviews.

To be clear, Simsek notes, financial innovation may have other benefits — it may spread information around world markets, for instance — but it is not going to lead to lower risks for investors as a whole.

“Financial innovation might be good for other reasons, but this general kind of belief that it reduces the risks in the economy is not right,” Simsek says. “And I want people to realize that.”

We beg to differ

To see why financial innovation is supposed to reduce risk — and why Simsek argues that it does not — consider the family of instruments based around home mortgages. These include the mortgage-backed security, which is a bundle of mortgages sold as a bond; the collateralized debt obligation, which is a bundle of mortgage-backed securities; and the credit default swap, which is basically insurance on these kinds of debt.

In theory, wrapping a bunch of mortgages into a bond and selling it on the markets spreads risk around and could lead to lower mortgage rates. Since the bank or lending institution no longer has to hold all the loans, it is both less vulnerable and — not having to worry as much about defaults — may be in a better position to loan at lower rates.

Moreover, these kinds of financial instruments separate home loans into distinct tranches, based on apparent risk — meaning that hedge funds with high risk tolerance could acquire the higher-paying, riskier loans, and pension funds could acquire the seemingly safer tranches.

Any investment in mortgages will contain a certain amount of risk, since no one can be completely certain what the future holds for the housing market. But now consider what occurs when the credit default swap enters the mix. This is essentially a side bet between parties — such as banks and reinsurance companies — about the future of the housing market, and it will produce a winner and a loser. The wager represents precisely the kind of speculative variance, in Simsek’s term, that stems from a “belief disagreement.”

As it happens, Simsek believes that a closer analysis of the standard tool used to evaluate portfolio risk, the capital-asset pricing model (CAPM) in use since the 1960s, reveals that this kind of distinction is inherent in its equations.

“If you do the math, [portfolio risk] naturally breaks down into two components,” Simsek says — the inherent risk of investing, and speculative variance. His current paper is thus a mathematical demonstration of the idea that, using this widely accepted mode of analyzing risk, “as you increase assets, this speculative part always goes up,” as he explains, and that “when disagreements are large enough, this second effect is dominant and you end up increasing the average [portfolio risks] as well.”

Model research

To be sure, Simsek’s conclusion is based on a model. However, modeling is a significant part of economics; the right model can help describe and illuminate complex realities.

“You build models, and if you’re lucky enough, the model speaks back,” Simsek says.

Moreover, the disastrous results of financial innovations related to the housing market in recent years suggested to him that some rethinking of risk theory was in order. “What happened at the time seemed inconsistent to me with what we learned in finance courses,” says Simsek, referring to the investment bubble that sank prominent Wall Street firms and required a huge government bailout.

That is not to say that housing or the bond market are the only areas where speculative variance can be found; as Simsek points out, commodities markets, with their many futures contracts, are an obvious place to find bets based on belief disagreement and expressed through innovative financial tools.

Other economists are impressed by the paper. “He goes deep and he’s very careful and rigorous and clear,” says Darrell Duffie, a professor of finance at Stanford University’s Graduate School of Business, who commented on the paper at this year’s meeting of the American Economic Association.

As Duffie notes, there have been many papers published about belief disagreements, and much work done on financial innovation, “but as far as I know this is the only paper that puts the two together.” The paper also suggests a need for further empirical research, he says, to test Simsek’s theory about belief disagreement and speculative variance.

“It’s a pure theory paper, so you often want to have someone come along afterward and measure empirically how big the effect is,” Duffie says.

For his part, Simsek says, he would be happy to see empirical research probing his model. It would be beneficial, he thinks, for economists “to engage in a quantitative analysis, asset by asset, to think about the net effect [of speculative variance]. That’s a tough question, but one I think we should tackle going forward.”

Peter Dizikes, MIT News Office

samedi 28 avril 2012

Les orages géomagnétiques, un risque systémique majeur

C'est un véritable désastre économique qui guette la planète. Bien plus important qu'un tsunami, qu'un violent séisme ou que des inondations à grande échelle. De quoi s'agit-il? D'orages géomagnétiques provoqués par des tempêtes solaires. Si ceux-ci provoquent des magnifiques aurores boréales, ils pourraient surtout engendrer une catastrophe gigantesque.

Inconnu du grand public et souvent des autorités, ce danger est pourtant bien perçu par la communauté scientifique. A l'image de l'astronome Mike Hapgood, chercheur au Rutherford Appleton Laboratory, en Angleterre, qui appelle le monde à se préparer à une grosse éruption solaire dans un article paru jeudi dans la revue Nature.

«Des orages géomagnétiques beaucoup plus violents ont été enregistrés par le passé, à une époque où la société était moins dépendante des systèmes électriques et donc moins vulnérable», note-t-il.

Selon lui, des tempêtes solaires d'une intensité équivalente à celles qui se sont déjà produites ces 200 dernières années pourraient priver des régions entières d'électricité pendant plusieurs mois. Avec les conséquences que l'on sait: réseaux de distribution électriques coupés, internet et ordinateurs hors service, transactions bancaires impossibles, satellites et télécommunications inutilisables.

L'astronome cite une études américaine de 2009 qui estime qu'un black-out géant pourrait coûter 2000 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis, en raison des réparations qui nécessiteraient 4 à 10 ans de travaux, sans parler du manque à gagner.

Le risque est d'autant plus grand que de pareilles tempêtes solaires se sont déjà produites. La dernière en date remonte à mars 1989, rappelle le journaliste scientifique Pierre Barthélémy dans son blog Passeur de sciences. Une forte éruption avait paralysé le réseau électrique du Québec pendant 9 heures et provoqué des aurores boréales jusqu'au Texas. Les agences spatiales avaient alors perdu le contact avec des centaines de satellites. Les dégâts avaient été estimés à deux milliards de dollars.

Mais cette tempête était encore «gentille» par rapport à celle de 1859. Cette année-là, des aurores boréales avaient été vus jusqu'aux Antilles et des employés du télégraphe de l'époque avaient reçu des décharges électriques provoquées par les courants induits.

Pour Mike Hapgood, de nombreux systèmes électriques ne sont pas ou plus adaptés à affronter une éruption de cette ampleur. «Nous devrions nous préparer pour une tempête spatiale comme on n’en voit qu’une fois tous les mille ans», estime-t-il.

Sachant que les tempêtes solaires sont soumises à un cycle dont le maximum se produit tous les 11 ans et que 2013 sera une année où les éruptions seront justement au paroxysme de ce cycle, il n'y a plus qu'à croiser les doigts pour que le soleil soit clément avec la Terre...

Source : Rutherford Appleton Laboratory

Publié le 20 avril 2012. Posté dans Connaissances des risques dans le monde

dimanche 8 avril 2012

Les «flops» technologiques : «L'innovation, c'est une prise de risque»

Publié par : Temey, le Vendredi 06 Avril 2012 - 06:03 

INTERVIEW - Pourquoi certains produits technologiques sont des succès, alors que d'autres sont des «flops» ? «20Minutes» a posé la question à Nicolas Nova, consultant au Near Future Laboratory et enseignant à la HEAD-Genève...

Qu’est-ce qui définit un «flop» technologique ?

Il y a, en général, deux manières de le définir. Il y a d’abord le produit qui ne s’est pas vendu, comme le robot Aibo de Sony qui ne s’est écoulé qu’à seulement 2.500 exemplaires à travers le monde. Et il y a ensuite le produit qui s’est vendu, ou qui a été distribué, mais qui n’a pas été utilisé par le public. Comme le visiophone, distribué en France à des gens qui ne se connaissaient pas forcément. Du coup, ça n’a pas pris, alors que maintenant des outils comme Skype rencontrent un certain succès.

Et qu’est-ce qui fait le succès d’un produit ?

C’est bien évidemment quand le public se l’approprie. Quand il y a une masse critique qui s’en empare. Comme pour le téléphone, qui, au début, servait à diffuser de l’opéra à distance, avant que les gens ne se mettent à l’utiliser pour se parler entre eux. Ou comme le livre numérique, qui existe depuis 25 ans, mais qui commence seulement maintenant à trouver son public.

Parmi les innovations actuelles, certaines vous semblent-elles promises à l’échec ?

On a constaté ces derniers temps une arrivée massive des téléviseurs 3D. C’est une logique qui a été poussée par les constructeurs, mais ce n’est pas sûr que les utilisateurs suivent. J’ai beaucoup observé les jeunes utilisateurs de consoles portables en 3D. Tous désactivent la fonction 3D au bout de quelque temps d’utilisation. Il ne faut pas croire, parce que la technologie fonctionne, qu’elle va s’imposer d’elle-même.

Y’a-til des produits condamnés à faire des «flops» ?

Il y effectivement des échecs récurrents. Comme pour les réfrigérateurs intelligents… Tous les ans, il y en a qui sortent, et tous les ans, c’est un bide. Sauf peut-être sur des marchés comme la Corée du Sud. Mais le souci avec ce genre de frigo, c’est qu’il va fonctionner sur un rythme qui est toujours le même, sans tenir forcément compte de vos sorties au restaurant ou de vos absences lorsqu’il fera les réapprovisionnements via Internet. Il y a donc un risque que vous vous retrouviez toujours avec la même chose à manger. Ou avec des packs de laits livrés en votre absence.

L’échec est-il inéluctable ?

L’innovation, c’est la prise de risque. Et en Europe, on a du mal avec la prise de risque, alors qu’aux Etats-Unis, on la valorise. On croit que les constructeurs arrivent avec un nouveau produit et rencontrent tout de suite l’adhésion du public. Mais pour un iPod, combien d’échecs auparavant ? L’important, c’est d’apprendre rapidement de ses erreurs. Car c’est de ses échecs que peut venir un succès futur. ...

Auteur : Mathieu Gruel

Source : www.20minutes.fr

jeudi 22 septembre 2011

La CNIL parle des risques de la géolocalisation aux collégiens

Face à la multiplication d'outils permettant la géolocalisation, la CNIL a opté pour une sensibilisation des plus jeunes. En collaboration avec le journal l'actu, une édition spéciale du quotidien va sortir afin d'évoquer ces nouveaux défis.

La protection de l'individu face aux progrès de l'informatique n'est pas un sujet réservé aux plus grands. Face à l'importance des enjeux, comme la vie privée dans l'espace numérique, le droit à l'oubli ou la sécurisation des données personnelles, il est important que les plus jeunes soient sensibilisés par le corps enseignant, par les parents et les autorités compétentes, comme la CNIL.

Après avoir lancé une opération l'an dernier auprès des élèves de CM2, à travers la diffusion d'une édition spéciale de Mon Quotidien, un journal d'actualité destiné aux jeunes adolescents, la Commission nationale de l'informatique et des libertés s'adresse désormais aux collégiens, notamment ceux de 4ème. Cette fois, il est surtout question de la géolocalisation, dans la mesure où de nombreux élèves possèdent un téléphone mobile.

"Ces dernières années, la géolocalisation a connu un développement considérable. Cette technologie qui permet de suivre une personne en temps réel ou en différé, revêt différentes formes : puces RFID, application de géolocalisation sur Internet, GPS embarqué dans les véhicules, passe Navigo… Avec le développement des smartphones on assiste à une multiplication des applications dans tous les usages de la vie quotidienne" explique la CNIL.

Or, plus de 50 % des téléphones en France sont des smartphones et 72 % des Français estiment que la diffusion en ligne de la localisation en temps réel est risquée. Il n'en fallait pas plus à la CNIL pour lancer une nouvelle opération. Une édition spéciale de l'actu, un autre journal d'actualité pour les ados plus âgés, sera consacrée au thème de la géolocalisation.

La CNIL ne se contente pas d'envoyer des journaux aux élèves. Cet été, l'autorité administrative a mené une opération sur le net afin d'évoquer les enjeux de la vie privée sur la toile directement depuis le jeu en ligne Habbo Hotel. Plusieurs activités ont été proposées aux joueurs, afin qu'ils prennent conscience des bonnes pratiques à appliquer pour se protéger sur le net.

Publié par Julien L., le 22 Septembre 2011 à 17h37

http://www.numerama.com/magazine/19909-la-cnil-parle-des-risques-de-la-geolocalisation-aux-collegiens.html



 

jeudi 11 août 2011

Le risque numérique oublié !

Lorsque l’on évoque « le risque numérique », ce qui vient naturellement à l’esprit c’est le cybercrime, le hacking, le vol ou la perte de données affectant le capital immatériel de l’entreprise, les menaces contre l’e-réputation de la marque… Mais il existe un autre risque, non moins critique, et surtout beaucoup plus insidieux, car il n’a vraiment rien d’une star !… Les médias l’ignorent, et lorsqu’il s’invite dans les diners en ville, ce n’est qu’à la table de quelques professionnels ciblés : les experts SEO (Search Engine Optimization). Dit autrement, les experts en référencement ou « search marketing » !
 
 
Ce risque oublié s’appelle « duplicate content » !
 
Le « duplicate content », à traduire par « contenu dupliqué », est un contenu que l’on va pouvoir retrouver plusieurs fois sur le web, autrement dit accessible depuis des URL différentes.

Lorsqu’on l’évoque, on entend parfois : en quoi est-ce grave ? mis à part si l’auteur de ce contenu n’est pas informé de cette copie, ce qui relève alors d’un problème de propriété intellectuelle, donc du ressort éventuel de la justice et non, en tant que tel, d’un risque numérique ? En quoi est-ce grave a fortiori si l’auteur a donné son consentement pour une publication multiple de sa prose, par exemple pour mieux évangéliser ses idées ?

Le duplicate content est un vrai risque numérique

Si le duplicate content est un vrai risque numérique, c’est parce que les moteurs de recherche n’aiment pas du tout les contenus dupliqués ! Au point d’y faire une chasse active… Pourquoi ? « Un moteur de recherche comme Google indexe des milliards de documents. D’une part, cela coûte cher et, par ailleurs, Google n’a aucun intérêt à afficher 10 fois le même contenu dans ses réponses aux requêtes des internautes, sous prétexte qu’il provient de 10 sites différents » (Axe-Net).

Pour cette raison, le duplicate content fait l’objet de filtres* spécifiques dans les algorithmes des moteurs de recherche : « Google a notamment un filtre de détection de contenu dupliqué qui, dans certains cas, peut faire chuter de 95% le trafic généré vers un site » (Webrankinfo).

Les enjeux liés au duplicate content

Pour toute entreprise, être et rester visible sur le Web devient un véritable enjeu stratégique. Par exemple, l’engagement sur les réseaux sociaux, la course aux plébiscites de tous ordres par « boutons » interposés (like, tweet, followers, Google+1…) n’a guère d’autre objectif !


Or, à quoi tient la visibilité sur le web ? Ou plus exactement : à qui ? Si l’on observe les statistiques de visite des pages web en général, entre 20% et parfois jusqu’à 90%, selon les sites et leur positionnement, émanent des moteurs de recherche (autant dire à Google qui se taille la part du lion !).

Etre « blacklisté » par Google pour cause de duplicate content et risquer de perdre (pour certains) jusqu’à 95% de sa visibilité sur le web, n’est-ce pas un risque numérique à part entière si être visible sur le web est un enjeu stratégique ?

Les entreprises développent des stratégies numériques pour accroitre le rayonnement numérique de leur marque, recrutent des curateurs et autres community managers, planchent méthodiquement sur le positionnement de leurs espaces web, en optimisent la structure, le design, la dynamique, le rédactionnel… et plouf ! Moins 95% de trafic ! On n’a pas pris garde au duplicate content.

Cela peut être de son fait : ignorant ce risque, on a propagé un peu partout les mêmes contenus, que ce soit intégralement ou même partiellement ; ou alors dû à des reprises intempestives non surveillées et dont on n’aura pas rapidement demandé le retrait. La punition sera la même. ...


Publié le 8 août 2011 Entreprise Numérique

lire la suite http://www.entreprises-et-cultures-numeriques.org/le-risque-numerique-oublie/