lundi 24 octobre 2011

Participation exceptionnelle pour les premières élections libres de Tunisie

Le résultat officiel sera proclamé mardi mais une radio tunisienne publie les premières estimations, bureau de vote par bureau de vote.

90% des inscrits volontaires se sont rendus aux urnes, dimanche, pour la première élection démocratique du pays.
90% des inscrits volontaires se sont rendus aux urnes, dimanche, pour la première élection démocratique du pays. Crédit Reuters

Les résultats du scrutin tunisien ne seront annoncés que mardi. Mais la première information, c’est ce nombre : 90% des inscrits volontaires se sont rendus aux urnes, dimanche, pour la première élection démocratique du pays. C'est cette participation exceptionnelle qui a forcé l'ISIE, l'Instance supérieure indépendante pour les élections, a repousser l'annonce des résultats, initialement prévue lundi après-midi.

L’enjeu de ce scrutin : choisir les futurs membres de l’assemblée constituante. Sur 7 millions d’électeurs potentiels, plus de 4 millions avaient fait la démarche de s’inscrire sur les listes électorales. Plus de 90% d’entre eux ont donc participé au vote. Les autres, ceux qui ne s’étaient pas inscrits, pouvaient tout de même voter avec leur carte d’identité, mais leur taux de participation n’est pas encore connu.

Dimanche, de longues files d’attente se formaient déjà devant les bureaux de vote, avant même leur ouverture. Il fallait parfois attendre plusieurs heures avant de pouvoir glisser le bulletin dans l’urne, mais cela n’a pas découragé les Tunisiens, pas plus que la longueur du bulletin de vote : 80 listes figuraient sur la même feuille. Le doigt bleu, signe de leur participation, ils sont sortis fiers et émus des bureaux de vote.

Les 217 élus seront chargés de rédiger un projet de constitution, et de nommer le gouvernement qui organisera les prochaines élections générales. En attendant, la radio tunisienne Mosaïque FM publie les résultats bureau de vote après bureau de vote. Des résultats que la radio elle-même qualifie "d’approximatifs", et qui témoignent pour l’instant du succès du parti islamiste Ennahda, donné favori du scrutin.

Selon les observateurs, l'élection n'a connu aucun dysfonctionnement majeur mais quelques irrégularités. L'ISIE publie sur son site la carte des alertes rapportées par les bureaux de vote.

"Aujourd'hui, moins d'un an après avoir inspiré le monde, le peuple tunisien a effectué un important pas en avant » a déclaré Barack Obama. Le président américain est le premier chef d’état étranger à réagir officiellement après la tenue du vote. Il salue "les millions de Tunisiens qui ont voté pour la première élection démocratique du pays qui a changé le cours de l'Histoire et lancé le printemps arabe".

Publié le 24 octobre 2011



Election en Tunisie : la participation dépasse la barre des 90%

La commission électorale a fixé la date des résultats officiels. Les Tunisiens ont voté en masse, la participation dépasse les 90%. Ils s'affichent très fiers de participer à ce premier scrutin libre. Reportage.

Les Tunisiens ont voté en masse, la participation pourrait dépasser les 70%.© Reuters

Le dépouillement était en cours ce lundi en Tunisie, où les électeurs se sont massivement rendus aux urnes pour désigner une assemblée constituante à l'occasion du premier scrutin démocratique issu du "printemps arabe".

Les Tunisiens ont été plus de 90% à exercer leur droit de vote dimanche, neuf mois après avoir renversé Zine Ben Ali.

Les résultats officiels "seront annoncés mardi", d'après la commission électorale indépendante.
Dans les cours des écoles reconverties en bureaux de vote, les files d'attente s'étirent parfois sur plusieurs centaines de mètres. A la cité Etthadamen, dans le quartier d'El-Agba ou encore à Ben Arous, dans les environs de la capitale, les Tunisiens ont été nombreux, dès les premières heures de la matinée, à se rendre aux urnes.

Tous disent leur fierté, parfois leur émotion. "C'est une journée historique, il fallait en être" affirme un jeune "diplômé chômeur". "C'est comme un jour de fête, on est heureux" ajoute un homme plus âgé. Cela fait deux bonnes heures qu'il fait la queue, il sait qu'il va devoir attendre encore une heure au moins, mais qu'importe.

Le manque d'habitude des assesseurs et le souci de faire les choses en règle rend le processus assez lent. L'identité de chaque électeur inscrit est d'abord vérifiée, il signe ensuite le registre puis, précaution supplémentaire, il est invité à tremper son doigt dans un pot rempli d'encre bleue. Il vote ensuite- le passage dans l'isoloir est obligatoire- en cochant, sur un bulletin unique, la case correspondant au parti de son choix.

Plusieurs observateurs pour le scrutin
Le déroulement des opérations est surveillé par plusieurs observateurs: ceux des partis politiques mais aussi ceux des ONG et surtout des très nombreuses associations professionnelles tunisiennes qui ont décidé de faire leur affaire de la transparence du scrutin. Les avocats, en particulier, sont très présents. Ils doivent en particulier veiller à ce que chaque électeur aille bien seul dans l'isoloir: malgré la requête des islamistes du parti Ennahda, qui faisaient valoir que certaines personnes âgées, illettrées, auraient du mal à voter seules, toute assistance est interdite.

Dans ces quartiers populaires où l'on s'attend à ce que le score d'Ennahda soit particulièrement élevé, la plupart des électeurs disent que leur choix était fait depuis longtemps. D'autres, parmi les plus jeunes surtout, avoue avoir hésité, parfois même jusqu'à la veille du vote. Dans les cafés, samedi soir encore, les conversations allaient bon train... "C'était un peu comme le dernier soir du ramadan, avant la fête" dit un habitant de l'une des cités d'El-Agba.

Ce n'est qu'à la dernière minute que beaucoup de Tunisiens ont réalisé le caractère historique de cette journée et qu'ils ont décidé d'en être. Résultat: un peu plus de la moitié seulement des sept millions d'électeurs potentiels s'étaient inscrits sur les listes électorales ouvertes cet été par l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), une institution ad hoc chargée d'organiser le scrutin en lieu et place du ministère de l'intérieur, de sinistre réputation. ...

Dominique Lagarde

lundi 24 octobre 2011 à 07h13

Lire la suite http://www.levif.be/info/actualite/international/election-en-tunisie-la-participation-depasse-la-barre-des-90/article-1195122448166.htm

Les Tunisiens donnent le très bel exemple

Toute la journée d’hier, les bureaux de vote tunisiens n’ont pas désempli. Lionel Bonaventure/AFP
Toute la journée d’hier, les bureaux de vote tunisiens
n’ont pas désempli. Lionel Bonaventure/AFP 
 
En réécrivant en masse leur histoire hier dans les urnes pour le premier scrutin libre de l’histoire de leur pays, neuf mois après la révolution qui a chassé Zine el-Abidine ben Ali, les Tunisiens ont donné le très bel exemple aux peuples du printemps arabe. Le taux de participation oscillait, selon les sources, entre 70 et 90 %, et aucun dysfonctionnement majeur n’a été signalé.
 

Tunisie: bilan globalement positif pour les observateurs belges

Les élections tunisiennes se sont déroulées dans un climat serein malgré les longues files qui se sont formées devant les bureaux de vote, ont indiqué dimanche soir les députés belges Eric Jadot (Ecolo) et Pierre-Yves Jeholet (MR), tous deux membres de missions d'observation électorale présentes en Tunisie.


"Nous nous sommes rendus dans six bureaux de la banlieue de Tunis", a expliqué le député fédéral Eric Jadot. "Globalement, tout s'est bien passé: l'organisation était bonne et nous avons pu constater le grand enthousiasme de la population, ce qui a parfois conduit à la formation de longues files devant les bureaux de vote", a-t-il précisé.

"Ces files ne semblaient cependant pas décourager les citoyens: j'ai demandé à un homme âgé depuis combien de temps il attendait. Ce qu'il m'a répondu? J'attends depuis 50 ans", a poursuivi Eric Jadot.
Petits bémols toutefois: "dans deux bureaux, des files séparées pour les hommes et pour les femmes s'étaient formées mais cela a été corrigé après nos remarques. Et dans un bureau, la police filtrait le flux des électeurs, ce qui n'était sans doute pas une bonne idée", étant donné le rôle joué par la police dans l'ancien régime, a poursuivi le député Ecolo.

Dimanche soir, ce dernier s'apprêtait à observer le déroulement du dépouillement des urnes alors que les premiers bureaux fermaient à 19h00.

Quant à Pierre-Yves Jeholet, il s'est lui aussi rendu dans différents bureaux, notamment à la campagne. "Ce qui était frappant, c'est la sérénité des électeurs, malgré les files devant les bureaux", a expliqué le député régional MR. ...

(belga)

23/10/11 22h21
 

Les Tunisiens célèbrent la démocratie

Un bureau de vote à Tunis. Après avoir déposé leur bulletin, les électeurs ont trempé leur doigt dans l'encre pour éviter les tricheries.
Un bureau de vote à Tunis. Après avoir déposé leur bulletin, les électeurs ont trempé leur
doigt dans l'encre pour éviter les tricheries.Crédits photo : ZOHRA BENSEMRA/REUTERS
 
Les électeurs se sont pressés dimanche dans les bureaux de vote pour élire la future Assemblée constituante. La participation a dépassé les 70%.


La Tunisie a donné dimanche un exemple de maturité politique. La journée d'élection pour l'Assemblée constituante s'est déroulée sans incident majeur malgré la passion, parfois électrique, qui a entouré le scrutin. Elle a été à l'image d'une campagne durant laquelle la retenue et le sens des responsabilités ont prévalu. Partout, les électeurs ont afflué dans les bureaux de vote pour déposer leur bulletin dans l'urne et tremper leur index dans une encre bleue indélébile. La participation a dépassé les 70%. Elle pourrait atteindre 90% chez les 4,1 millions de personnes inscrites sur les listes électorales, selon le secrétaire général de la commission électorale indépendante, l'Isie. Les résultats définitifs, qui devaient initialement être connus lundi, seront annoncés mardi après-midi.

À Kairouan, à 160 kilomètres de la capitale, la foule se pressait dès le matin dans les centres électoraux sans montrer de signe d'impatience. «Il y a du monde partout», se réjouissait Nsri Hamad, la tête de liste du petit parti Afek Touni. La participation d'électeurs non encore inscrits ralentissait les procédures mais traduisait l'engouement en faveur de ce rendez-vous démocratique sans précédent. À Tunis, des cortèges d'automobilistes remontaient l'avenue Bourguiba en klaxonnant et en agitant des drapeaux sans qu'apparaisse leur choix partisan. «L'affluence dépasse toutes les attentes», s'est félicité le président de la commission électorale indépendante, Kamel Jendoubi. «Le taux de participation pourrait dépasser les 70%», a-t-il ajouté, faisant état toutefois de certaines «irrégularités». ...


Par Thierry Oberlé Mis à jour le 24/10/2011 à 07:35 | publié le 23/10/2011 à 20:50

Lire la suite  http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/23/01003-20111023ARTFIG00209-les-tunisiens-celebrent-la-democratie.php

dimanche 23 octobre 2011

J'ai voté !

Une journée très ensoleillée. Des foules très nombreuses dans cette école primaire. Des queues interminables devant les bureaux de vote. Une ambiance festive. Des jeunes et des moins jeunes ont voulu embrasser leur Tunisie en se rendant très nombreux aux urnes, dans la discipline et la joie. Cette personne âgée, fière de voter pour la première fois, cachait difficilement ses larmes. Cette dame, d'un certain âge et présentant un handicap au pied, a eu droit aux applaudissements. Une autre dame, plus jeune, tenant une bouteille d'eau minérale et un verre, circulait entre les rangs offrant aux uns et aux autres un peu d'eau pour mouiller leurs cheveux ou boire à cause de la chaleur immense. Quatre heures et demi d'attentes sont passées sans que personne n'a rouspété. On discutait de tout mais surtout de politique. Certains, recevant des messages sur leurs téléphones portables, sur tel leader politique hué parce qu'il n'a pas voulu faire la queue comme tout le monde, ou pour évoquer des soi-disant statistiques sur les résultats des votes à l'étranger ou dans certaines circonscriptions nationales. Les gens sont restés calmes et sereins. Ils sentaient la manipulation.

Quelle belle leçon de maturité !

J'ai voté ! J'étais heureux de voter. J'étais ravi d'emprunter cette voie vers la démocratie. Bientôt la soixantaine sans l'avoir vécue. Mes enfants la vivront.

Nous attondons maintenant les résultats. A ce soir !

samedi 22 octobre 2011

Dimanche sera un jour historique en Tunisie

Ce dimanche 23 octobre 2011 sera un jour historique pour la Tunisie, après des années de dictature symbole d’un silence politique, le peuple tunisien va voter.

Vive la Démocratie. Vive la Liberté. Vive la Tunisie.

Réseaux sociaux : usage fort, confiance faible

"Privacy paradox", le retour. La deuxième vague du baromètre Acsel – Caisse des dépôts, nous apprend que 66 % des Français utilisent régulièrement les réseaux sociaux quand ils ne sont que 35% à leur confiance. C'est une nouvelle illustration de cette notion, qui consiste à étaler auprès de certains (amis, tribus, famille) tous les actes de sa vie, même les plus secrets, tout en revendiquant auprès d’autres (autorités politiques, parentales, administratives…) le droit de protéger une partie de ses informations personnelles.

Les principaux risques perçus par les utilisateurs méfiants ? L’accès à des éléments de vie privée par les collègues (33%), la perte de vie privée en générale (38%), l’accès à ses informations par des inconnus (48%).

Jean-Pierre Buthion, président de la commission identité numérique au sein de l’Association de l’économie numérique, explique ainsi au quotidien Les Echos que :

« La méfiance envers les réseaux sociaux est un phénomène nouveau. Les utilisateurs commencent à agir avec discernement et ne semblent plus disposés à répliquer sur ces réseaux tous les usages du Web. »

Si les Français semblent désormais faire plus attention à la mise en ligne de leurs données personnelles, ils n’étaient encore que 4% l’année dernière à surveiller leur identité numérique, en tapant leur nom dans un moteur de recherche.

http://www.rslnmag.fr/vu-sur-le-web


Constituante : la Tunisie sous l'oeil des médias du monde entier


Les médias du monde entier suivent les premières élections dans l'ère post-Ben Ali.
Les médias du monde entier suivent les premières élections
dans l'ère post-Ben Ali.© AFP
Pour les premières élections totalement libres du monde arabe, le 23 octobre, la Tunisie est sous les projecteurs des médias internationaux. Ambiance à quelques heures de l'élection de la Constituante.

Ils sont venus, ils sont tous là ; envoyés spéciaux, journalistes et photographes ont pris leurs quartiers, à Tunis, à l’affût des élections pour l'Assemblée constiuante, le 23 octobre. Depuis leurs QG, dans les cafés et les hôtels du centre de Tunis, les journalistes se partagent les bons plans mais pas leurs tuyaux ; pour les rencontrer il suffit de déambuler sur l’avenue Bourguiba ; on les reconnaît de loin à leur air affairé et à tout leur barda audio et vidéo.

Certains sont désormais des habitués ; présents le 14 janvier, ils ont leurs repères et leurs réseaux. Les nouveaux arrivés, surtout les « free lance », peinent à s’y retrouver ; dans une ville en effervescence électorale, ils cherchent des sherpas pour les guider dans les méandres du « who’s who politique » et tentent d’avoir une vue d’ensemble de ce que vivent les Tunisiens, mais la situation leur parait bien complexe.

Effervescence médiatique
En attendant le jour du vote, ils chassent l’insolite, l’information percutante, le petit scoop de derrière les fagots, multiplient les rencontres avec la société civile, arrachent des interviews aux leaders d’opinion et courent les dernières réunions politiques. Ceux qui connaissaient Tunis avant la révolution apprécient de pouvoir travailler sans surveillance policière. « On dirait un autre pays, je n’ai aucune difficulté si ce n’est d’approcher les blessés libyens qui sont à l’hôtel El Hana ; mais, bien sûr, mieux éviter de photographier l’armée ou la police », confirme Gilberto, un « free lance » espagnol.

Tiziana Prezzo, de Sky News, s'enthousiasme. « C’est un moment extraordinaire ; les Tunisiens sont très impliqués dans la campagne électorale, font la fête avec les réfugiés libyens et me sollicitent pour souligner leur déception vis-à-vis de l’Europe. Il y a des centaines de sujets à traiter dans un seul espace.»

Demandes d'accréditation par milliers
« Dépêches toi, il y a foule pour l’accréditation, c’est à Lafayette que l’on retire le badge. » Journalistes, reporters et photographes étrangers se passent le mot. L’Instance supérieure pour les élections indépendantes (ISIE) a reçu des demandes d’accréditation par millier et peine à suivre le rythme pour délivrer les badges.

Camille Le Tallec, du journal La Croix « a anticipé pas mal et suivi toutes les consignes tout comme les équipes de ZDF alors que Calogero, qui s’y est pris un peu tard, attendra la dernière minute le sésame qui lui permettra d’accéder aux bureaux de vote et au centre de presse où seront annoncés les résultats durant la soirée électorale. L’ISIE, pour clore cette campagne, a fait du palais des congrès, un superbe espace réservé aux médias. Avec pour thème d'ambiance : le parcours de la Tunisie, depuis la révolution jusqu'à la démocratie.


22/10/2011 à 13h:08 Par Frida Dahmani, à Tunis

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