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dimanche 11 août 2013

Open Source : des métiers pleins d'avenir

L'Open Source est un créneau porteur qui affiche une croissance annuelle de 30% et qui s'annonce incontournable dans les années à venir. C'est en tout cas l'avis du Président de l'Open World Forum, Pierre Queinnec.



L’utilisation de logiciels "libres" ou "Open Source" augmente chaque jour et le secteur est devenu depuis plusieurs années un véritable vivier d’emplois. Aujourd'hui, 300 PME et ETI sont spécialisées dans ce domaine et le logiciel libre emploie plus de 30 000 personnes. "Le Logiciel Libre est devenu une industrie à part entière qu’il ne faut plus considérer comme une fonction support mais plutôt comme un fer de lance pour l’innovation et la création d’emplois" insiste Pierre Queinnec.

Il est d'ailleurs l’un des rares secteurs à connaître le plein emploi. "La demande est telle aujourd’hui qu’elle a la capacité de faire travailler toutes les sociétés et toutes les personnes compétentes dans le métier" ajoute le Président de l'Open World. Une demande qui vient essentiellement des services et de l’édition. Cela dit, les secteurs du Web (les outils et produits autour d'HTML5 ou de JavaScript, de façon générale une grande partie des serveurs HTTP), de la mobilité (Android, Tizen, FirefoxOS, Ubuntu Phone, etc.) et du Cloud (OpenStack, CloudStack, SlapOS, etc.) sont par ailleurs tous les trois en forte croissance et seront pourvoyeurs d’emplois à l’avenir.

Oui, mais voilà, la formation et le recrutement sont clairement les points faibles de ce secteur qui souffre d’un manque de visibilité évident auprès des étudiants. C'est là où les pouvoirs publics peuvent agir afin de renforcer l'attractivité du secteur. "Car les attraits professionnels du Logiciel Libre sont pourtant bien réels, indique Pierre Queinnec qui évoque des problématiques stimulantes intellectuellement, des conditions de travail sans commune mesure avec le reste de l’industrie du développement, des collègues souvent brillants, un salaire attractif (15 à 20% de plus en moyenne que dans le reste du secteur) et des opportunités de carrière en France et à l’étranger particulièrement alléchantes.

Reste donc à créer de vrais cursus de formation pour attirer les étudiants. En attendant, l’auto-formation reste un bon moyen d'accéder aux métiers de l’Open Source. "Les fondations Apache, Eclipse ou encore les réseaux sociaux de développement type GitHub ont rendu beaucoup plus accessible la contribution au Logiciel Libre, ajoute Pierre Queinnec. Malgré tout, l’enjeu reste de migrer de cette historique d'auto-formation vers un modèle mettant en avant des cursus et des unités d’enseignement spécifiques au Logiciel Libre".

mardi 23 juillet 2013

La TV gratuite a-t-elle un avenir?


Copyright Reuters

La télévision gratuite peut-elle durer à l'heure de la Social TV? Alors que les internautes sont de plus en plus "engagés" dans les programmes qu'ils suivent, les annonceurs ont de nouvelles exigences...

A chaque crise, la question de l’avenir de la télévision gratuite est posée. A chaque fois, la reprise économique voit l’amour des annonceurs renouvelé pour ce support de masse diablement efficace. Mais avec les évolutions récentes dans le domaine des médias, avec internet, l’avènement des smartphones et tablettes tactiles, de nouveaux changements bouleversent le système publicitaire en lui-même (voir “le nouveau paradigme publicitaire” à ce sujet). Ces changements pourraient bien avoir raison de la télévision gratuite telle que nous l’avons connue jusqu’ici.

Internet, avec les taux de pénétration que nous connaissons, s’impose comme un nouveau support. Mais pour le monde de la publicité, Internet a, avant tout, fait évoluer les méthodes d’investissement des annonceurs: peu à peu les grands industriels ont appris à ne plus accepter de ne pas savoir “quelle moitié de leur investissement publicitaire est gaché” pour reprendre la célèbre phrase de John Wanamaker. En effet, sur internet l’espace publicitaire s’achète de moins en moins au volume (compté en milliers de visiteurs), et de plus en plus “au clic”. Les annonceurs ont appris à ne payer que lorsque la publicité a généré l’action qui matérialise une mise en relation effective.

Avec la social TV, on peut mesurer l'engagement

Les usages “second écran” sont le deuxième “fil à la patte” que doit désormais gérer la télévision. Bien sûr, les professionnels de la TV savent depuis longtemps qu’il existe des usages simultanés à la télévision, mais ce qui est nouveau avec les smartphones et les tablettes c’est que pour la première fois dans l’histoire, ils peuvent désormais quantifier le volume, et la nature de ces usages simultanés. Si ce sujet déchaîne les passions, autour du thème fourre-tout de “social TV”, c’est parce qu’une nouvelle monnaie d’échange est en train de naître : la notion “d’engagement” qui vient en complément de la notion l’audience.

Qu’est que l’engagement ? La réponse dépend de l’acteur dans la chaîne de valeur à qui vous posez la question, et sa définition change avec chaque génération. Le point de vue qui nous intéresse ici c’est évidement celui de l’annonceur : et il connaît très bien les ficelles de “l’engagement” : elle existent depuis que le commerce existe. Bien que constamment mis à jour, ces ficelles sont la tarte à la crème du marketing, et pour s’en souvenir il suffit de retenir l’acronyme “A.I.D.A”:
  • A comme “Awareness” : une offre doit être portée à la connaissance d’un client,
  • I comme “Interest” : une offre doit détecter la manifestation d’intérêt et savoir y donner suite,
  • D comme “Desire” : une marque doit savoir détecter et satisfaire la manifestation du désir
  • A comme Action : une marque, bien-sûr doit savoir donner satisfaction : satisfaire l’action d’achat.

Rien de nouveau donc… Sauf que les nouvelles exigences des annonceurs s’invitent à la télévision, et cela va tout changer !

Il faut se souvenir qu’au départ de la télévision gratuite il n’était pas question d’un dialogue possible au travers de ce médium : il n’était pas possible pour une marque d'envisager capter la manifestation d'intérêt d’un téléspecteur, ni même son désir - à l'exception notable des émissions et chaînes de télé-achats. Ainsi, la télévision gratuite telle que nous la connaissons tire son “format” d’un mandat unique: agir sur “l’awareness” des téléspectateurs. C’est à dire porter à leur attention - de gré ou de force - l’existence d’offres commerciales... et cela a été extrêmement puissant pendant des années.

Les nouvelles exigences des annonceurs

Mais quel avenir pour cette vision restreinte du rôle de la TV alors qu’elle est utilisée de façon simultanée avec des terminaux reliés à internet, ou qu’elle devient elle même connectée ? Quelle avenir pour cette vision du rôle de la TV au moment où les annonceurs font pression pour exiger des opérateurs de télévision des façons d’acheter de l’espace publicitaire dans des modèles qui prennent en compte le nombre de transactions générées (sur leur site web, mobile, ou pourquoi pas, dans leur magasins directement ? ) Ils exigent déjà cela des supports internet et mobile aujourd’hui : la télévision telle que nous la connaissons ne pourra subsister si elle ne sait pas créer un lien entre son rôle de média et les nouvelles exigences des annonceurs. Les annonceurs privilègieront toujours le media le plus efficace et “prédictible”... et quelle meilleure “predictibilité” que de ne payer un espace publicitaire que lorsqu’il a créé le trafic recherché ?

Pour répondre à ce défi, la télévision gratuite devra s’adapter pour offrir les mêmes services que les supports qui la concurrencent: accompagner le cycle complet de l’engagement. Générer “l’awareness”, détecter la “manifestation d’intérêt”, savoir alimenter le “desir”, voire accompagner la transaction.

Vous pensez sans doute que je parle ici de science fiction ? Cette logique d’accompagnement existe déjà et les champions du genre s’appellent Google et Amazon. ( Voir à ce propos le brand content de Google et son concept de ZMOT. )

Une véritable révolution s’annonce

Pour les chaînes traditionnelles, le scénario le plus populaire de nos jours est celui de la création d’une complémentarité entre la télévision gratuite telle que nous la connaissons et l’écosystème des “seconds écrans”. C’est un scénario qui a l’avantage d’être pragmatique et simple : c’est l’idée de créer pour les annonceurs une “publicité augmentée”, l’idée de fournir à des marques une dimension d’interactions en plus du spot traditionnel. C’est un scénario qui tombe sous le sens…

C’est pourtant un scénario qui choisi d’ignorer plus de 25 ans échec constant de la “télévision interactive” ! C’est un scénario qui s’appuie pour la énième fois de son histoire sur “l’amélioration des outils techniques” pour justifier des nouvelles raisons de croire cette fois-ci à la télévision interactive.

Il faut gagner la tolérance du téléspectateur

L’avenir nous le dira, mais cela semble très improbable, car la télévision gratuite telle que nous la connaissons porte dans son format un inconvénient majeur dans sa façon de construire l’audience qu’elle met à disposition des annonceurs: elle génère un engagement avec le programme audiovisuel en lui même ! Et plus l’audience est robuste, en volume, et en récurrence, plus cette audience est engagée avec le contenu, avec le programme, et non avec le message des annonceurs.

C’est une notion très simple a expliquer. Prenons une série par exemple: le principe de la télévision gratuite, c’est de construire une narration, puis de l'interrompre au moment le plus critique, au moment du “point d’orgue”, du “climax”, pour gagner “l’autorisation” - c’est à dire en pratique la “tolérance” - du téléspectateur pour l’exposer à des messages publicitaires. Il s’agit d’avoir l’assurance que le téléspectateur restera devant les messages. Ca marche depuis 50 ans (même si nous prétendons tous ne pas regarder ces réclames). Mais le prix a payer pour les annonceurs pose un gros problème aujourd’hui : les téléspectateurs restent avant tout “engagés” avec le programme et non avec les messages des annonceurs.

Retrouver l'engagement

Preuve en est notre tolérance à la répétition des messages publicitaires, à leur densité et à leur volume, qui, à la télévision, repose sur une attention “distraite”. N’avez-vous jamais perçus combien ces mêmes pub distribuées en introduction de vidéos à la demande sur internet vous semblent insupportable ? Dès leur première visualisation ? 78% des utilisateurs de Youtube ne tolèrent même pas une seule pub avant de regarder un programme à la demande.

Dans les faits, ce que veulent les téléspectateurs lorsqu’ils regardent la TV, c’est retrouver la narration avec laquelle ils sont vraiment “engagés”... et ils ne sont pas prêt à entrer dans un processus d’interaction a moins d’être sûrs, certains de ne pas rater le dénouement de la narration tant attendu qui récompense une séance de publicité et favorise l’oubli de l’extraordinaire agressivité de l’interruption de la coupure pub. Le scénario “publicité enrichie” n’aura donc qu’un temps.

Existe-t-il un autre scénario ?

Je propose un axe pour en envisager un autre : il s’agit de remettre en cause le format même de la télévision telle que nous la connaissons, le principe de construction d’une narration articulé autour d’un climax en vue d’une interruption. Cela parait fou, mais si la télévision gratuite veut continuer à satisfaire ses clients, les annonceurs, elle va devoir faire évoluer son format.

C’est un scénario où programme, annonceur, et transaction doivent être réconciliés. Ce scénario consiste à envisager un futur où les contenus des chaînes gratuites aura pour objet d’informer (Awareness), de générer et de satisfaire la curiosité (Interest), de supporter l’exploration (Desire), voire de supporter... des transactions (Action) !

De façon intéressante, la pyramide de valeur des programmes audiovisuels d’une telle télévision gratuite du futur pourrait bien être différentes de celle que nous connaissons aujourd’hui : adieu séries, cinéma, et autres évènements sportifs (sauf ceux avec une mi-temps) qui ne se prêtent pas aux contraintes d’AIDA... et bonjour documentaires, magazine et info, ou plutôt “infotainment transactionnel”. Cauchemar ou réalité ?

Gabriel Dabi-Schwebel, fondateur de l'agence web 1min30

jeudi 3 mai 2012

Les entrepreneurs voient l’avenir en numérique


Toujours en train décrypter l’avenir pour le bien de leur entreprise, les entrepreneurs pensent que l’informatique restera le levier principal d’amélioration de la productivité et de l’innovation.

Ça n’a l’air de rien, et pourtant… D’après une étude IDC en partenariat avec Top Management pour Syntec Numérique, une organisation professionnelle représentant les SSII, 82 % des dirigeants ne voient plus les Smartphones, tablettes et autres terminaux « design » comme des objets esthétiques, mais bien comme des instruments de croissance. Preuve de cette tendance, les entrepreneurs possèdent en moyenne 3,7 objets informatiques. Des PC portables et des Smartphones pour quasi intégralité mais, nouvelle tendance, également des tablettes tactiles pour deux tiers d’entre eux.

En revanche, si la simplicité de ces nouveaux outils de travail a permis la démocratisation de produits high-tech, à peine 39% des dirigeants se disent très à l’aise avec ces outils informatiques. Et, 6 entrepreneurs sur 10 affichent même une certaine distance avec ce monde virtuel qui s’offre à eux. Il est pourtant urgent de s’y mettre. L’avenir de bon nombre d’entreprises s’écrira en code HTML.

Et l’immense majorité des personnes interrogées le savent d’ailleurs très bien. 93% d’entre eux savent que « le numérique représente une opportunité pour leur entreprise ». Mieux, il peut même devenir « un vecteur potentiel de compétitivité et d’innovation » pour 82% des entrepreneurs. Autant dire qu’il ne reste plus qu’à lier la parole aux actes.

Tancrède Blondé

http://www.widoobiz.com/actualites/les-entrepreneurs-voient-lavenir-en-numerique/17929

lundi 23 avril 2012

Tectonique des plaques: reconstituer le passé et prédire l'avenir

Nicolas Coltice et Stéphane Labrosse du Laboratoire de Géologie de Lyon (Université Claude Bernard Lyon 1/CNRS/ENS de Lyon), associés à Tobias Rolf et Paul Tackley de l'Institute of Geophysics de l'E.T.H. (Zurich, Suisse), ont mis au point un nouveau modèle de convectiondu manteau terrestre qui démontre l'importance du rôle des continents et devraient permettre de prévoir l'avenir de la géographie de la planète, mais aussi de reconstituer son évolution dans le passé. Ces travaux sont publiés le 20 avril 2012 dans la revue Science.

Répartition des âges de fonds océaniques synthétiques (en couleur) dans un modèle de convection du manteau terrestre avec 3 continents à gauche et 6 continents à droite (les continents sont en gris). Les modèles mettent en jeu un comportement mécanique produisant naturellement en surface une tectonique des plaques. Les distributions d'âges présentées correspondent à des instants précis dans les évolutions calculées: à gauche la répartition des âges a la particularité de reproduire statistiquement celle des fonds marins terrestres la Terre, notamment des zones où des fonds d'âges jeunes passent en subduction sous les continents. On observe des dorsales avec des jonctions triples, des failles transformantes ; à droite la répartition des âges correspond à un état où de nouvelles frontières de plaques apparaissent et notamment des dorsales océanique (on observe en nombre des zones d'âges très jeunes).
© Droits réservés

Alors que la climatologie dispose de modèles physiques et numériques pouvant être utilisés pour la prédiction, la tectonique terrestre n'avait jusqu'à présent pas de modèle suffisamment réaliste pour prévoir les déplacements futurs des continents ou reconstituer l'évolution des fonds marins dans le passé lointain (avant 200Ma). En particulier, les modèles des mouvements de convection du manteau terrestre, basés essentiellement sur la mécanique des milieux continus, ne pouvaient pas expliquer la distribution des âges de fonds océaniques, dont dépendent les forces tectoniques, la chaleur perdue par le globe, le niveau des mers et par conséquent le climat à long terme. Dans les modèles classiques, les plaques rentrent en subduction lorsqu'elles sont suffisamment froides, c'est-à-dire suffisamment anciennes et lourdes. Or sur Terre on observe que des plaques jeunes et chaudes ont la même probabilité de plonger dans le manteau dans une zone de subduction que les plaques anciennes.

Dans cet article, les chercheurs présentent les premiers modèles 3D sphériques qui permettent de rendre compte de ce phénomène grâce à l'introduction dans les calculs de continents simplifiés et d'un comportement mécanique permettant la formation de plaques. La combinaison de ces deux ingrédients produit une tectonique de surface suffisamment proche de la tectonique terrestre pour reproduire la distribution des âges des fonds marins. Elle permet aussi d'explorer la variabilité tectonique et d'estimer les changements de vitessed'expansion du plancher océanique et de dérive des continents liés à la formation et la disparition de nouvelles frontières de plaques.

Depuis que la tectonique des plaques a été établie, il y a 50 ans, ce sont les premiers modèles qui font un lien aussi direct entre les mouvements profonds et les observations de surface. Il est donc maintenant envisageable d'utiliser ces modèles, à l'instar de la climatologie, pour prédire l'évolution tectonique à venir, à l'échelle de 100 millions d'années et probablement de reconstituer la tectonique des plaques à l'œuvre avant même que la Pangée n'ait été formée.

Source: CNRS

Posté par Adrien le Lundi 23/04/2012 à 00:00 

jeudi 12 avril 2012

"Mettre vraiment l'investissement au service de l'avenir"

Mettre la propriété intellectuelle au service de la création d'emplois innovants, pas de l'intérêt court terme des financiers ; et construire une véritable Europe de l'innovation et de l'industrie : voilà les enjeux pour mettre véritablement l'investissement au service de l'avenir.

L'Office européen des brevets vient de publier son rapport annuel, véritable baromètre mondial de l'innovation. Le constat est sans appel. Les déposants qui ont connu la croissance des dépôts la plus rapide en 2011 sont : la Chine, numéro 1 avec une augmentation de 33,4 % par rapport à 2011, le Japon (numéro 2, + 21 %), la Corée (numéro 4, + 8 %). La Russie, le Brésil, l'Inde ont aussi enregistré une croissance à 2 chiffres. Si les Etats Unis, le Japon et l'Allemagne représentent toujours à eux trois près de 60 % des brevets mondiaux, ils sont maintenant talonnés par la Chine qui a progressé de 175 % entre 2007 et 2011. Si les tendances actuelles se poursuivent, à l'horizon 2020, les dépôts de brevets PCT se déplaceront massivement vers l'est : 18 % pour l'UE, 15% pour les Etats-Unis et 55 % pour les cinq pays asiatiques les plus avancés.

Les deux premiers déposants de brevets français sont le groupe Safran, en 35ème position, immédiatement suivi du CEA. Si l'on regarde maintenant le top 50 des régions qui déposent le plus de brevets dans le monde, seules deux régions françaises apparaissent, l'Ile de France au 9ème rang et Rhône-Alpes au 29ème rang, tandis que l'on y retrouve 8 régions allemandes. Cette différence peut s'expliquer par le fait que l'Allemagne n'a jamais cessé d'entretenir sa compétitivité industrielle, grâce à un tissu d'ETI puissantes, soutenues par des Régions dotées de moyens, irriguées par l'innovation des Instituts Fraunhofer, opérant avec efficacité les transferts technologiques de la recherche vers l'industrie. Le tout avec des banques régionales, proches du terrain et des entreprises qu'elles financent.

Cette perte de terrain de la France en matière de Propriété intellectuelle (PI) et industrielle est à mettre en corrélation avec la délocalisation et les Investissements Directs à l'Etranger des grands groupes français au cours de ces 10 dernières années, à l'origine d'une partie de la perte de 750.000 emplois industriels dans la période. De même, l'évolution de la part de R&D offshore et celle des flux financiers de droits de propriété intellectuelle entre Etats sont directement corrélés. Pour les grands groupes français, cela se traduit par une tendance lourde à transférer les droits de propriété intellectuelle acquis en France vers leurs filiales à l'étranger (données World Bank flux financiers DPI). Les transferts se font principalement vers la Chine, l'Inde et Singapour. En 2009, la France a exporté 9,3 milliards de dollars de droits de propriété intellectuelle et en a importé 5,2 milliards.

Cela correspond à une fuite de propriété intellectuelle de 4,1 milliards de dollars avec pour conséquence :

- la perte de plusieurs centaines de milliers d'emplois

- un tarissement progressif de la source de propriété intellectuelle nouvelle en France, les laboratoires de R&D externalisés déposant la propriété intellectuelle dans les pays où ils sont installés.

- un impact direct sur la balance du commerce extérieur, la compétitivité technique des produits fabriqués à l'étranger progressant au détriment de celle des produits fabriqués en France, phénomène accentué par l'effort sans précédent en faveur de l'éducation, la recherche, l'innovation accompli la Corée, la Chine, Singapour....

Le cercle vicieux initié par la fuite des capacités de production, qui entraîne celle de la R&D, puis de la propriété intellectuelle, enfin la baisse de la compétitivité technique et des parts de marché des produits nationaux, est implacable. Il faut le rompre en commençant par le commencement c'est-à-dire par une véritable stratégie de ré-industrialisation par l'innovation. C'est ce que propose François Hollande dans son pacte industriel. Priorité donc au soutien des PME-ETI, dont l'OCDE montre sans ambiguïté qu'elles sont partout les principaux moteurs de l'innovation et de l'emploi.

Or notre pays ne compte que 32 % de PME et ETI innovantes contre 54 % en Allemagne, 57 % en Suisse, 42 % en Finlande. Notre capacité à innover en a directement souffert : nous sommes tombés de la 8ème place mondiale en 1995 à la 22ème en 2011 et à la 10ème en Europe, comme la Hongrie ou l'Estonie. Il est urgent d'orienter tous nos efforts vers la valorisation de notre recherche, la diffusion de l'innovation dans le tissu des PMI PME et des ETI à fort potentiel de croissance, le développement de filières d'avenir comme les biotechnologies, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, les éco-technologies, les nanotechnologies, les domaines prometteurs comme la biologie de synthèse, grande absente des Investissements d'Avenir. La création, enfin, puisqu'il fait l'objet d'annonces depuis plus de vingt ans, d'un brevet européen, moins coûteux et plus accessible aux PMI PME, serait aussi un grand pas en avant.

Ce que nous préconisons, c'est de mettre la propriété intellectuelle au service de la création d'emplois innovants, pas de l'intérêt court terme des financiers. Il faut donc lui redonner cette mission d'intérêt général, éviter les fausses bonnes idées qui risquent d'en faire un objet spéculatif (SATT des Investissements d'Avenir, Bourse européenne des brevets...) et agir aux bons niveaux :

. réorienter l'exploitation de la propriété intellectuelle du secteur public vers l'activité industrielle française, en accordant aux universités et organismes de recherche les droits de propriété intellectuelle de toutes leurs inventions financées ou cofinancées par l'Etat, avec une priorité à leur exploitation par les entreprises françaises, d'abord les PMI-PME et ETI industrielles sur le territoire national. Cette disposition reprend l'esprit du Bayh-Dole Act aux Etats Unis,

. booster l'innovation dans les PME, en instaurant un programme de type SBIR (Small Business Innovation Research)

.créer un Fonds Stratégique de l'Innovation, dédié aux start-up technologiques,

. favoriser les plates formes de transfert technologiques, en s'appuyant sur le savoir faire d'organismes expérimentés en la matière

. faire animer tout le dispositif d'innovation par les Régions, au plus près du tissu économique et de la recherche, en simplifiant et en regroupant les dispositifs d'aide et de financement de l'innovation pour les PMI PME ETI : banque publique d'investissement, FSI, Oséo, organismes de valorisation, fonds d'amorçage

Enfin, et ce sera ma conclusion, la stratégie européenne Horizon 2020 doit permettre de construire une véritable Europe de l'innovation et de l'industrie. Nous avons besoin de la taille critique de l'Europe pour affronter la compétition mondiale et nous avons besoin d'innover afin de répondre aux défis pour 9 milliards d'humains en 2050 : le changement climatique, l'accès aux ressources, les nouveaux risques sanitaires, la solidarité Nord-Sud. Nous disposons, en France, au sein de l'Europe, des connaissances permettant de développer des solutions utiles dans tous ces domaines. Nous devons être entreprenants, pragmatiques, créatifs et solidaires et mettre la Propriété Intellectuelle au service de notre industrie et non de la spéculation : ce sera notre meilleure politique de Propriété intellectuelle et de création d'emplois innovants.

Auteurs : Geneviève FIORASO et Jean-Yves Le DEAUT, députés, responsables innovation et recherche dans l'équipe de campagne de François Hollande.

Source : www.latribune.fr

 Publié par : Temey, le Jeudi 12 Avril 2012 - 06:00  

http://www.invention-europe.com/Article627696.htm

vendredi 16 septembre 2011

L'avenir stratégique de l'Europe

Dans sa dernière lettre hebdomadaire, la Fondation Robert-Schuman publie une interview de Nicole Gnesotto, auteur de l'ouvrage L'Europe a-t-elle un avenir stratégique ? C'est unis que les Européens pourront influencer l'évolution du monde, affirme-t-elle.

La Lettre de la Fondation

http://www.acteurspublics.com/document/15-09-11/l-avenir-strategique-de-l-europe