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mercredi 23 juillet 2014

Professeur : le métier idéal pour concilier vie pro et vie perso ?

De nom­breuses vacances, un temps de tra­vail rela­ti­ve­ment court... mais le métier d'enseignant est-il vrai­ment idéal pour conci­lier vie pro­fes­sion­nelle et vie familiale ?

Eté © nadezhda1906 — Fotolia.com
D'après un son­dage Opinion Way réa­lisé au début de l'année, les parents sont 69 % à décla­rer qu'ils conseille­raient le métier d'enseignant à leurs enfants. En pre­mier lieu parce qu'il per­met de « conci­lier vie pro­fes­sion­nelle et vie pri­vée ». En revanche, selon un autre son­dage réa­lisé par le SNUipp auprès des pro­fes­seurs des écoles débu­tants en 2013, par rap­port à l'idée qu'ils se fai­saient du métier, 64% des ensei­gnants per­çoivent un déca­lage en termes d'implication dans leur vie privée.

Julie Perin-Levens, direc­trice de l'école mater­nelle Le Point du Jour à Cergy (Val d'Oise) et maman de deux enfants, estime tou­te­fois que l'avantage d'être ensei­gnant « c'est d'être en vacances en même temps que nos enfants ». Pour autant, elle ne dit pas que le métier est idéal : « J'envie les parents qui viennent cher­cher leurs enfants à l'école ou qui les accom­pagnent à des sor­ties sco­laires, cela ne m'arrive jamais. C'est d'autant plus frus­trant que je tra­vaille dans l'enseignement. Je dépose mes enfants à la gar­de­rie à 7h15 et les récu­père à 18h. Sans comp­ter qu'une fois par semaine, j'ai des réunions de direc­tion qui se ter­minent tard, le soir. C'est mon mari, pom­pier, qui grâce à ses horaires déca­lés par­vient de temps en temps à emme­ner ou cher­cher nos enfants à l'école ».

Mais, en fonc­tion des situa­tions, les avis divergent. Célia Mory, pro­fes­seur à l'école Champmesnil au Mesnil-St-Denis (Yvelines), tra­vaille non loin de l'école de ses deux enfants. Pour elle, ce métier est idéal pour conci­lier vie de famille et vie pro­fes­sion­nelle : « Mes horaires cor­res­pondent à ceux de mes enfants et me per­mettent de ne les lais­ser à la gar­de­rie que peu de temps avant et après l'école. Et sur­tout, pas besoin de trou­ver de solu­tion de garde pour le mer­credi et les vacances sco­laires. Avoir du temps pour élever ses enfants est un avan­tage très appré­ciable ! Par contre, une classe de CM2 demande beau­coup de tra­vail à la mai­son. Très sou­vent, je tra­vaille le soir quand les enfants sont cou­chés. Mes jour­nées se ter­minent tard... »

80% des ensei­gnants satis­faits de leur travail

L' Enquête inter­na­tio­nale réa­li­sée en 2013 par l'OCDE, révèle que 80 % des ensei­gnants en France sont satis­faits de leur tra­vail mais 42% d'entre eux pensent que les avan­tages d'exercer cette pro­fes­sion ne com­pensent pas ses incon­vé­nients. Charlène Landry, pro-fesseur de fran­çais au lycée Durzy à Villemandeur (Loiret) et maman d'un petit gar­çon explique que le pro­blème de la pro­fes­sion, c'est de ne jamais pou­voir décro­cher et de rame­ner du tra­vail chez soi. « Bien qu'on puisse s'organiser comme on veut, il faut tra­vailler à la mai­son. Je cor­rige des copies le week-end, pré­pare des cours le soir... On apporte du tra­vail avec soi mais aussi dans notre tête. Difficile, le soir, de ne plus pen­ser à des élèves qui ren­contrent des sou­cis. Ce métier ne nous quitte jamais ! ». Charlène Landry concède que son métier est assez flexible. « L'avantage d'enseigner dans le second degré, c'est que l'on tra­vaille 18 heures au sein de l'établissement. En fin d'année, nous rem­plis­sons une fiche de vœux : ne pas tra­vailler le mer­credi, com­men­cer les cours à 9h30 pour pou­voir dépo­ser son enfant à l'école... Le pro­vi­seur, en fonc­tion de nom­breux para­mètres, essaie de res­pec­ter un des vœux. En prin­cipe, au moins une fois par semaine, je peux dépo­ser et aller récu­pé­rer mon fils à l'école. C'est très appréciable ! ».

Diane Dussud

23.07.2014

http://www.vousnousils.fr/2014/07/23/professeur-le-metier-ideal-pour-concilier-vie-pro-et-vie-perso-554298?utm_source=feedly&utm_reader=feedly&utm_medium=rss&utm_campaign=professeur-le-metier-ideal-pour-concilier-vie-pro-et-vie-perso

mardi 17 septembre 2013

Comment la société produit des métiers «inutiles»




Selon David Graeber, anthropologue américain, l'économie contemporaine créerait une multitude de métiers «inutiles» notamment dans le secteur des services (consulting, management, RH, communication...) Il estime aussi que ces travailleurs en seraient conscients.

Notre métier sert-il réellement à quelque chose? Ressentez-vous parfois une inutilité profonde lorsque vous excécutez les tâches que vous êtes sommés d'effectuer au travail? En pleine période estivale, la tribune de l'anthroplogue américain David Graeber intitulée «Du phénomène des jobs à la con» a eu l'effet d'une bombe. Selon lui, le monde du travail actuel regorge de métiers inutiles, qui découlent directement des progrès technologiques. Le secteur de métiers visés: les services. Ressources humaines, management, consulting, finance, conseil et une grande partie des emplois de «bureau»... Des métiers qui ne sont pas indispensables mais qui sont pourtant créés en masse. La cause principale? La tertiarisation de l'économie et l'augmentation de la part prise par les postes plus qualifiés.

L'anthropologue cite l'économiste anglais John Maynard Keynes , qui avait prédit dans une fiction - dès 1930 - que l'on pourrait se contenter de travailler 15 heures par semaine un siècle plus tard et que l'on s'ennuierait tellement que le principal problème collectif serait de répartir le travail.

«Un métier est d'autant moins payé qu'il est utile à la société»David Graeber, anthropologue.

David Graeber, qui se définit comme anarchiste, critique en fait le principe même de la division du travail. En substance, on pourrait donc penser que sa perception du travail et de l'emploi est manichéenne, avec d'un côté les métiers indispensables, qui «servent» véritablement à quelque chose (tous les métiers manuels ou pragmatiques; les boulangers, les médecins, les éboueurs...) et de l'autre les métiers non indispensables qui ne sont que des postures et qui servent uniquement à nous «occuper». Mais tout en affirmant ses propos, David Graeber indique qu'il n'a - comme tout le monde - aucune légitimité pour qualifier certains boulots d'utiles et d'autres d'inutiles.

Créer du sens dans son travail

David Graeber estime également que les personnes concernées sont conscientes de l'inutilité de leurs tâches. «La plupart des gens qui font ces métiers en sont en fin de compte conscients. Il y a une classe entière de salariés qui, quand vous les rencontrez à des soirées et leur expliquez que vous faites quelque chose qui peut être considéré comme intéressant, éviteront de discuter de leur métier. Mais donnez-leur quelques verres et ils se lanceront dans des tirades expliquant à quel point leur métier est stupide et inutile» a-t-il déclaré.

Pour la sociologue du travail Danièle Linhart, le point de vue de Graeber est trop radical et ne reflète pas la réalité de l'état d'esprit qui anime les personnes travaillant dans les métiers concernés. Pour elle, ces employés ne sont pas conscients de faire un métier «inutile», et ne se résigneront en aucun cas à l'admettre. «Déjà, il est déplacé de qualifier d'utile ou inutile des métiers qui composent la société. Ensuite, cette vision du travail est très pessimiste et n'est pas en adéquation avec ce que pensent les salariés, et les cadres, plus particulièrement.»

S' il est effectivement fréquent que les cadres aient le sentiment d'être intellectuellement insatisfaits de leur travail, et d'avoir fait le tour de leur secteur d'activité, leur état d'esprit ne passe pas pour autant aux extrêmes des lamentations et de la résignation. Au contraire. «En cas cas d'ennui profond ou d'insatisfaction, ils chercheront alors soit à faire autre chose et à changer d'air, soit à trouver une utilité symbolique, du sens à leur travail. Il me semble peu pertinent de dire qu'aujourd'hui, les cadres se sentent inutiles. Je pense au contraire qu'ils ont de grosses capacités pour trouver et retrouver du sens à leur travail» analyse Danièle Linhart.

Par Quentin Périnel
Mis à jour le 11/09/2013 à 10:04
Publié le 11/09/2013 à 09:10

dimanche 11 août 2013

Open Source : des métiers pleins d'avenir

L'Open Source est un créneau porteur qui affiche une croissance annuelle de 30% et qui s'annonce incontournable dans les années à venir. C'est en tout cas l'avis du Président de l'Open World Forum, Pierre Queinnec.



L’utilisation de logiciels "libres" ou "Open Source" augmente chaque jour et le secteur est devenu depuis plusieurs années un véritable vivier d’emplois. Aujourd'hui, 300 PME et ETI sont spécialisées dans ce domaine et le logiciel libre emploie plus de 30 000 personnes. "Le Logiciel Libre est devenu une industrie à part entière qu’il ne faut plus considérer comme une fonction support mais plutôt comme un fer de lance pour l’innovation et la création d’emplois" insiste Pierre Queinnec.

Il est d'ailleurs l’un des rares secteurs à connaître le plein emploi. "La demande est telle aujourd’hui qu’elle a la capacité de faire travailler toutes les sociétés et toutes les personnes compétentes dans le métier" ajoute le Président de l'Open World. Une demande qui vient essentiellement des services et de l’édition. Cela dit, les secteurs du Web (les outils et produits autour d'HTML5 ou de JavaScript, de façon générale une grande partie des serveurs HTTP), de la mobilité (Android, Tizen, FirefoxOS, Ubuntu Phone, etc.) et du Cloud (OpenStack, CloudStack, SlapOS, etc.) sont par ailleurs tous les trois en forte croissance et seront pourvoyeurs d’emplois à l’avenir.

Oui, mais voilà, la formation et le recrutement sont clairement les points faibles de ce secteur qui souffre d’un manque de visibilité évident auprès des étudiants. C'est là où les pouvoirs publics peuvent agir afin de renforcer l'attractivité du secteur. "Car les attraits professionnels du Logiciel Libre sont pourtant bien réels, indique Pierre Queinnec qui évoque des problématiques stimulantes intellectuellement, des conditions de travail sans commune mesure avec le reste de l’industrie du développement, des collègues souvent brillants, un salaire attractif (15 à 20% de plus en moyenne que dans le reste du secteur) et des opportunités de carrière en France et à l’étranger particulièrement alléchantes.

Reste donc à créer de vrais cursus de formation pour attirer les étudiants. En attendant, l’auto-formation reste un bon moyen d'accéder aux métiers de l’Open Source. "Les fondations Apache, Eclipse ou encore les réseaux sociaux de développement type GitHub ont rendu beaucoup plus accessible la contribution au Logiciel Libre, ajoute Pierre Queinnec. Malgré tout, l’enjeu reste de migrer de cette historique d'auto-formation vers un modèle mettant en avant des cursus et des unités d’enseignement spécifiques au Logiciel Libre".

lundi 15 juillet 2013

Les métiers susceptibles d’être occupés par les jeunes diplômés de… 2030

Le cabinet Wagepoint vient de réaliser une infographie originale et relativement saisissante : deux-tiers des écoliers de maternelle devraient occuper des métiers… qui n'existent pas encore ! Le point sur ces professions du futur.

Avec les avancées technologiques et les évolutions sociétales notamment, les professions actuelles sont en constante évolution. Les formations doivent d'ailleurs régulièrement se mettre au goût du jour. Wagepoint vient ainsi de réaliser une infographie étonnante, qui révèle que près de deux élèves de maternelle sur trois occuperont des emplois qui n'existent pas pour l'heure ! Le cabinet a en effet imaginé les métiers qui émergeraient d'ici à 2030.

Pour appuyer ses dires, Wagepoint avance que, parmi le top 10 des métiers les plus en vogue en 2010, aucun n'existait en 2004. En effet, développeur d’applications mobiles, technicien dans le cloud computing, data miner ou encore community manager étaient très peu rependus voire inexistants au début du millénaire. Certains n'ont d'ailleurs pas encore leur traduction française !

Les 10 métiers de 2030 selon Wagepoint

Les métiers "tendance 2030" proposés par le cabinet Wagepoint ne relèvent pas de la science fiction. Environnement, vieillissement de la population, ou encore techniques médicales de pointes ne sont en effet que des évolutions "naturelles" de ce qui se fait déjà.
  1. Architecte du numérique
  2. Consultant spécialiste du bien-être du 3e âge
  3. Ingénieur du corps pour les transplantations
  4. Spécialiste de la nano-médecine
  5. Agriculteur vertical
  6. Gestionnaire de données inutilisées
  7. Contrôleur du climat
  8. Manager d’avatar
  9. Chirurgien de la mémoire
  10. Designer pour enfants
Orientations

lundi 24 juin 2013

Ces métiers qui vont devoir évoluer ou mourir

Vendeur dans un petit commerce, secrétaire, caissier de supermarché, voire même facteur... Le magazine Business Insider a dressé une liste des métiers qui doivent absolument se renouveler s'ils ne veulent pas disparaître pour cause de changements des habitudes de consommation.

Atlantico : Alors que le monde du travail est en train de connaître une modification profonde de son organisation, la question des métiers de demain se pose naturellement. Quels sont aujourd'hui les métiers qui sont forcés de s'adapter à cette nouvelle donne ?

Damien Brochier : Il faut être prudent quand on utilise l’expression des métiers "de demain", car cela semble sous-entendre que ces métiers sont totalement nouveaux, alors qu’il s’agit le plus souvent de métiers existants qui se transforment du fait de la manipulation de nouveaux outils, de l’évolution des organisations, de nouveaux modes de relations aux clients, etc. Si l’on prend en compte ces facteurs, on voit que les métiers qui traitent des flux d’information ont déjà connu de fortes évolutions depuis plusieurs décennies du fait du développement des nouvelles technologies informatisées. Le cas des secrétaires est typique d’un tel mouvement.

Mais cette dynamique est encore loin d’avoir produit tous ses effets, notamment avec les conséquences du développement d’Internet qui sont loin d’être encore tous connues. Si les métiers de l’informatique et du web sont directement impactés, d’autres métiers situés dans de multiples secteurs seront également concernés, que ce soit dans le commerce, la gestion, l’enseignement ou la communication.

Un autre champ d’activités commence également à être porteur d’évolution forte des métiers. Il s’agit des activités liées au développement durable, qui portent notamment sur la gestion des énergies (classiques ou « nouvelles ») des transports ou des déchets.

En parallèle, un récent rapport de l'APEC annonce que "les métiers en émergence" se trouveront principalement dans les emplois de la communication et du numérique, ainsi que dans les secteurs des ressources humaines. Quels enseignements tirer de cette évolution ?

L’APEC fait œuvre utile en identifiant, pour les principales fonctions qui définissent la gestion des entreprises, un certain nombre de métiers relevant d’appellations nouvelles, parfois à consonance anglo-saxonne (community manager, digital planner…). Ces métiers sont attirants, mais leurs contours ne sont pas suffisamment définis, d’où l’intérêt de chercher à mieux en préciser le contenu et le positionnement sur le marché du travail. Il ne faut cependant pas en tirer la conclusion que les métiers en émergence se situent prioritairement dans les catégories des ingénieurs et cadres. De nombreux métiers, qui concerneront notamment le monde des employés et des professions intermédiaires, vont se développer dans le secteur des services, et notamment des services aux personnes, en lien avec le vieillissement de la population.

Plus généralement, la question de la dématérialisation des services (commerces dits "de proximité", caissiers...) semble être une tendance lourde. Doit-on en déduire pour autant que les emplois du secteur tertiaire sont remis en cause ?

Non, il n’y a absolument pas remise en cause des emplois du secteur tertiaire. On est ici typiquement dans le cas de métiers qui se maintiendront, mais à condition de repenser profondément leurs modes d’exercice. Dans la grande distribution, le métier traditionnel du caissier est amené à diminuer, du fait du développement des systèmes d’enregistrement direct par le client. Mais la relation humaine de proximité, qui constituait une part importante de son travail, doit absolument être maintenue et valorisée autour d’un nouveau profil chargé de renseigner et d’orienter les clients. De la même façon, le profil du conducteur-livreur, notamment en zone urbaine, doit être revalorisé. A l’heure du développement du e-commerce, la qualité de la livraison à domicile va devenir un atout commercial de première importance. Elle amènera les entreprises concernées à prêter une attention accrue aux métiers qui assurent l’interface de proximité avec leurs clients.

La nette baisse des activités artisanales et du petit commerce s'est aussi clairement fait ressentir sur les cinquante dernières années. Ces secteurs peuvent-ils se réinventer à l'heure des géants mondialisés comme Apple ou Amazon ?

On peut entrevoir deux pistes à ce niveau-là. D’une part, il existera toujours des niches d’activité à côté des flux de produits ou de services gérées par des entreprises mondiales. Les multiples initiatives liées aux circuits courts de production et de distribution vont dans ce sens. De même, il existe de nombreuses activités non ou peu délocalisables (notamment dans le soin aux personnes) qui resteront des créneaux pour le petit commerce. En termes de métiers, l’enjeu sera ici celui de savoir allier service de proximité et qualité de service. D’autre part, les grandes entreprises auront toujours besoin de faire travailler d’autres sociétés de plus petite taille, notamment pour ce qui concerne le lien direct et physique avec la clientèle, comme on l’a vu par exemple pour la question des livraisons évoquée précédemment.

Propos recueillis par Théophile Sourdille

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/ces-metiers-qui-vont-devoir-evoluer-ou-mourir-765923.html#czCOGv5flIqxkLDR.99

samedi 25 mai 2013

Un rapport du Sénat sur le métier d’enseignant à (re)lire

Il y moins d’un an est sorti un rapport du Sénat sur le métier d’enseignant, ce rapport commencé en janvier 2012 a été rendu en juillet 2012[1].

Ce rapport imposant de 133 pages est le fruit du travail d’une mission d’information composée d’une quinzaine de sénateurs de toutes tendances politiques et dirigée par Mme Gonthier-Maurin, sénatrice PCF, au nom de la commission culture du sénat. Cette mission a auditionné une cinquantaine des personnes (chercheurs, chargé d’études de l’IFE, responsables de l’Education nationale, syndicalistes). L’intérêt de ce rapport est d’avoir été publié lors d’un changement de majorité politique. En plus de l’observation de la dégradation des conditions du métier d’enseignant ce rapport comportait des propositions. Il est donc intéressant de voir ce qu’il est advenu de ces propositions un an plus tard avec un nouveau ministère.

Un métier dégradé à refonder

Le rapport reprend les analyses de nombreux chercheurs dont Françoise Lantheaume (Université Lyon 2) sur la souffrance ordinaire des enseignants et le rapport insiste sur le fait que la difficulté des enseignants n’est pas un problème personnel mais qu’il faut soigner le métier pour ne pas avoir à soigner les individus. Parmi les facteurs de ce « travail empêché » les auteurs notent la multiplication des évaluations et la solitude croissante face à cette pression évaluative. Le rapport s’appuie sur les travaux du CNAM (Yves Clot et Jean-Luc Roger) qui montrent que les dilemmes professionnels sont de plus en plus nombreux pour les enseignants. Le rapport cite aussi une enquête de la MGEN de 2011 qui montre que sur 5000 agents de l’éducation nationale 24% sont en état de tension alors que ce taux est de14% chez les autres cadres. Ce malaise est accentué par le fait que l’Education nationale ne compte qu’un médecin pour 18 000 enseignants. Les enseignants manquent de reconnaissance de leur hiérarchie et du public. De même, l’appui de l’inspection, parasitée par l’objectif de faire appliquer les instructions, est trop rare. Les fins de carrières sont problématiques et les enseignants sont confrontés à l’injonction d’innover et dans le même temps ils subissent des prescriptions normatives.

Tout ceci abouti à l’exacerbation des conflits au sein des établissements et comme le montre les travaux d’Anne Barrère (Université Paris V) chaque acteur voit ses difficultés niées par les autres. Les conseils d’administration et les conseils pédagogiques ne sont pas des espaces de dialogue. Le rapport annuel du médiateur de l’Education nationale montre ainsi que les réclamations concernant des conflits entre direction et enseignants ont augmenté de 12% entre 2000 et 2010. De même la Fédération des Autonome de Solidarité enregistre une hausse des signalements, de la part des enseignants, de harcèlement.

La suppression de 70 600 postes entre 2006 et 2012 a non seulement fait disparaître la scolarisation des moins de 3 ans mais aussi exacerbé la pression sur les enseignants. De plus, la gestion, par académie, des suppressions de postes a abouti à des inégalités. Les suppressions de postes ont dû être compensées par un recours démesuré et onéreux aux heures supplémentaires (plus d’un professeur sur deux fait des heures supplémentaires dans le second degré). Enfin l’accumulation de réformes et de responsabilités alourdit le travail des enseignants. Les professeurs ne sont pas forcément hostiles au changement mais leur réticence naît plutôt du sentiment que le « bout de la chaîne » éducative n’est pas pris en compte lors de la conception des réformes, comme si la réalité de leur travail et de leur expertise étaient niées. Le rapport prend l’exemple de l’évaluation par compétences qui a été plaquée et qui devient un livret à cocher chronophage. Le rapport site aussi le programme CLAIR, soi-disant expérimental qui a été étendu sans évaluation[2] ou la réforme du lycée professionnel en trois ans qui ne convient pas à la majorité des élèves. La rapporteure note que ces deux réformes négatives ont touché principalement les élèves issus de milieux populaires. La réforme de la formation des enseignants accentue le malaise. La masterisation, qui couple le master 1 et le concours, pose problème. Le budget des IUFM intégré à l’université devient la variable d’ajustement et les stages sont devenus problématiques. Les enseignants stagiaires sont souvent envoyés en éducation prioritaire.

Logiquement le rapport préconise l’arrêt de la RGPP et de la suppression de postes en annonçant un plan pluriannuel de recrutement. Il faut remettre à plat la formation des enseignants pour une refonte partagée de la masterisation. Il faut redonner sens à l’école en mettant la prévention des difficultés d’apprentissage au cœur de la formation des enseignants avec la remise en place de l’alternance lors de l’année de stage. Le rapport préconise aussi la mise en place de dispositifs de pré-recrutement pour reconstituer le vivier des professeurs et sécuriser le parcours des étudiants. Il faut redéfinir l’articulation du master et du concours en étendant l’admissibilité sur trois ans pour laisser le temps de valider le master aux étudiants. Les auteurs proposent aussi de dynamiser la formation continue tout au long de la carrière, d’aménager la fin des carrières car les recherches des ergonomes montrent que l’expérience accumulée par les professeurs ne permet pas, à elle seule, d’amortir les effets du vieillissement. Le rapport invite aussi la création de collectifs d’enseignants hors de logiques hiérarchiques comme ceux suivi par le CNAM. Cela permettrait de préparer les futures réformes dans la concertation avec des enseignants reconnus comme experts de leur métier. Concernant l’évolution du statut des enseignants, elle doit se faire par une amélioration des conditions de travail et la fixation d’un horaire hebdomadaire devant élève doit rester la norme, qui peut être aménagé en éducation prioritaire.

Un rapport toujours d’actualité

Ce rapport n’a pas été voté par le groupe UMP qui défend le bilan du gouvernement précédent. Toutefois il est à noter que la contribution de ce groupe, auquel participe Jean-Claude Carle[3], rejoint le rapport sur le fait que le double regard de l’inspecteur et du chef d’établissement est en effet la garantie d’une notation équilibrée alors que l’une des dernières décisions du gouvernement avait été de supprimer cette double notation. Cette contribution propose aussi d’empêcher l’affectation d’enseignants néo-titulaires en éducation prioritaire. La parution de ce rapport, dans l’été, n’a pas suscité beaucoup de réactions. Le groupe de recherche sur la démocratisation scolaire salue son approche globale voire anthropologique du travail enseignant[4]. Par ailleurs, quelques semaines après, est paru le rapport de l’Inspection générale sur les composantes de l’activité enseignante hors la classe qui rejoint le rapport du Sénat sur l’alourdissement du travail enseignant et la possibilité d’aménager les horaires des enseignants en éducation prioritaire[5]. Le café pédagogique souligne les apports sur la difficulté du travail enseignant mais regrette que le rapport passe vite sur l’évolution des missions des enseignants. Cet article du café pédagogique a suscité depuis quelques réactions[6]. En effet, entre temps le nouveau ministre de l’Education a annoncé le recrutement de 60 000 enseignants et la mise en place des Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education répondant ainsi au vœu du rapport du Sénat. Mais en ce qui concerne le malaise des enseignants, très bien décrit par le rapport, peu de choses ont été faites et cela explique en partie que la refondation de l’école se soit heurtée au refus de la part d’enseignants de la réforme des rythmes scolaires. Soigner le métier d’enseignant reste donc une urgence.

[1] http://www.senat.fr/notice-rapport/2011/r11-601-notice.html

[2] voir à ce sujet http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/education-prioritaire/eclair-un-rapport-critique-de-linspection-generale

[3] Auteur depuis d’un projet alternatif de refondation de l’Ecole http://www.ump-senat.fr/IMG/pdf/j-c_carle_un_projet_alternatif_de_refondation_de_l_cole_1_.pdf

[4] http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article148

[5] http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/nouvelles-professionnalites/un-rapport-prudent-des-inspections-generales-sur-le-travail-des-enseignants-hors-de-la-classe

[6]http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/06/21062012Article634758580270184867.aspx

Par Marc Jampy

mercredi 9 mai 2012

SUP’INTERNET, l’école supérieure des métiers de l’internet

PAR CAMILLE_C LE 9 MAI 2012 À 15:56

Face à l’évolution de l’outil devenu média qu’est internet, SUP’INTERNET s’engage à former les acteurs et régisseurs de la toile.

Créée en 2011, SUP’INTERNET comme son nom l’indique se veut être l’école des métiers du web. L’enseignement dispensé au sein de l’école se base sur une formation généraliste, et est complétée par de nombreux projets et stages pour développer le professionnalisme. L’objectif pédagogique, former des acteurs opérationnels pour travailler dans une industrie en constante évolution. Développeur,webmaster,responsable référencement, analyste web, e-marketeur, autant de métiers auxquels forme cette nouvelle école.

Pour postuler à SUP’INTERNET, le baccalauréat est nécessaire. L’école est partisane de la diversité scolaire, raison pour laquelle, les élèves postulants peuvent venir de la filière générale (Bac S,ES, L) , ou technologique. Les élèves ayant passé certains bacs professionnels peuvent également postuler, ainsi que tout élève ayant entrepris des études supérieures et désireux de se réorienter. L’essentiel, c’est la passion d’internet.

SUP’INTERNET propose 3 bachelors liés aux grandes facettes de l’internet :

Le Bachelor Développement et Technologies du Web : pour former les spécialistes qui développent les sites web, les systèmes informatiques et l’interactivité des interfaces web et mobiles

Le Bachelor Création et Design Web : pour former des graphistes,des webdesigners , et des rédacteurs en charge des contenus de sites web, de leur conception visuelle, de l’ergonomie et du multimédia

Le Bachelor Business et Marketing Internet est la formation des acteurs de la nouvelle économie dans les domaines du e-commerce, de la communication, du webmarketing et des médias Internet

Pour former ses étudiants, l’école propose un important tronc commun de matières ainsi que de nombreux projets collaboratifs. La formation est renforcée par les périodes de stages, allant de 2 à 4 mois en 1ère et 2ème année. Et complétée par un rythme en alternance durant la 3ème année, avec 3 jours en entreprise et 2 jours à l’école.

mercredi 19 octobre 2011

Formations individualisées : comment elles transforment le métier d’enseignant

« Enseignement supérieur et formation : la révolution de l’individualisation ». Tel était le thème de la conférence organisée le 18 octobre 2011 par EducPros en partenariat avec Auriga. Parmi les problématiques soulevées par les intervenants : la transformation, en profondeur, du rôle des enseignants. Retour d’expériences à Paris 8, l’École des mines de Nantes, l’Epitech, l’EM Grenoble ou encore l’ESC Toulouse.

La massification de l’enseignement supérieur a mis en exergue, depuis quelques années, la nécessité de personnaliser davantage les parcours de formation : introduction de modules à la carte, traduction des savoirs en compétences, adaptation du contenu de la formation aux besoins des entreprises pour la formation continue… Une individualisation mise en œuvre souvent de manière expérimentale qui n’est pas sans conséquences sur le rôle des enseignants.

Une nouvelle relation pédagogique
L’individualisation des parcours transforme la relation pédagogique, renforçant le lien de confiance : c’est le cas, par exemple au sein de la licence information et communication de Paris 8, qui mise sur l’autonomie des étudiants, libres de choisir dans quel ordre ils vont suivre les 41 cours à valider sur trois ans. Ce contrat incite les jeunes à « être véritablement acteurs de leur formation », souligne le responsable du premier cycle, Pascal Froissart.

La relation pédagogique est alors souvent plus personnelle. Comment faire autrement lorsque l’École des mines de Nantes, introduisant le référentiel de compétences scientifiques mais aussi personnelles, évalue la curiosité, l’éthique personnelle ou encore la manière de conduire un projet ?

De son côté, les « cadres pédagogiques », comme on les appelle à l’Epitech, où la pédagogie est entièrement fondée sur des projets, évaluent les élèves mais ont également pour mission de susciter l’émulation, en indiquant par exemple sur l’intranet que tel groupe a terminé son projet ou que tel autre a de l’avance…

Davantage de travail en équipe

L’individualisation ne transforme pas seulement la relation pédagogique : elle a des incidences sur le travail des enseignants, amenés à davantage interagir avec les autres membres de l’établissement.
Ainsi, la démarche compétences instaurée à l’École des mines de Nantes suppose « un regard croisé », insiste Bernard Pohlenz, directeur adjoint des études. Les compétences individuelles sont en effet évaluées dans diverses disciplines, à travers des exercices et des mises en situation différentes. Dès lors, « la somme des subjectivités peut devenir objective ».

Mais l’équipe avec laquelle un enseignant est amené à travailler ne se résume pas aux autres enseignants. Les programmes sur mesure pour les entreprises que développe l’ESC Toulouse font intervenir les professeurs, des assistantes pédagogiques, le directeur pédagogique qui « définit les contenus et méthodes pédagogiques et coordonne l’équipe pédagogique », ainsi qu’un chef de projet qui « joue le rôle de véritable "tour de contrôle" », d’après les mots de la directrice de la formation continue, Sylviane Fontana.

Formations et parrainage pour aider les enseignants à s’adapter
De telles évolutions peuvent déstabiliser la communauté éducative. À l’EM Grenoble, qui propose plusieurs centaines de parcours possibles à ses étudiants, les enseignants doivent organiser des sessions pour « vendre leur formation », comme le mentionne le directeur Jean-François Fiorina. De quoi surprendre au départ !

Directeur général d’Epitech, Nicolas Sadirac observe également une phase d’adaptation. « Pour les professeurs qui ne "professent" pas, c’est une situation plus inconfortable que celle du porteur de connaissance », explique-t-il. D’où l’importance d’adhérer au projet pédagogique. Ici, les plus anciens accompagnent les nouveaux et c’est ce contact entre pairs qui permet l’adaptation.

Il faut aussi « casser les schémas et former les équipes à conseiller des parcours déstructurés », avance Jean-Michel Delaplagne, directeur général de la pédagogie, de la recherche et du développement d’Eduservices, qui a mis en place des formations notamment dans le cadre de la validation des acquis de l’expérience.

Reste, enfin, à fédérer ses enseignants. Une question cruciale quand on fait appel, comme Sciences po, à 3.400 intervenants extérieurs. Pour développer le sentiment d’appartenance chez ses « maîtres de conférences », l’institut les implique, tout d’abord, « au cœur du fonctionnement décisionnel avec des élus au conseil d’administration et à la commission paritaire », souligne le directeur de la vie universitaire, Nicolas Péjout. Outre des réunions pédagogiques, l’évaluation obligatoire des enseignements par les étudiants permet de dresser un bilan. Enfin, Sciences po a développé différents services aux enseignants, à commencer par une lettre d’information mensuelle sur la vie de l’établissement. Individualiser les parcours de formation ne veut pas dire isoler les enseignants.


Sophie Blitman

18.10.11

http://www.educpros.fr/detail-article/h/ffb2b42787/a/formations-individualisees-comment-elles-transforment-le-metier-denseignant.html

mardi 4 octobre 2011

L’alternance, un nouveau mode d’apprentissage dans l’enseignement supérieur

Dès cette rentrée académique, la Haute Ecole de la Province de Liège (HEPL - Belgique) propose deux nouvelles formations : un Master en Gestion des services généraux (Facility Management) et un Master en Gestion de production.

Organisées selon le principe de l’alternance (chaque semaine de cours théoriques est complétée par une semaine de formation en entreprise) et d’une durée de 2 ans, ces formations répondent à une attente du monde professionnel.

Le Gestionnaire de production est le cadre en charge des unités de production, machines et installations techniques. Maîtrisant aussi les outils de gestion et de communication notamment, il se profile comme une personne clé dans la conduite stratégique de toute entreprise.

Quant à l’enseignement du Facility Management, celui-ci rencontre un succès croissant (citons par exemple la formation organisée à l’Université de Paris-Est - Marne-la-Vallée). Cet intérêt répond aux besoins en augmentation qui s’expriment dans les entreprises pour des professionnels de haut niveau de la gestion des services généraux. Aujourd’hui, le Facility Management ne se limite plus à l’exécution mais participe à la stratégie de l’entreprise et contribue à la résolution de problématiques organisationnelles complexes.

Constituant une nouvelle approche pédagogique dans l’enseignement supérieur en Belgique francophone, l’alternance offre la possibilité de suivre une semaine les cours théoriques en Haute Ecole et, la semaine suivante, de compléter la formation en entreprise, avec acquisition de compétences spécifiques et perception d’une rémunération conformément au contrat de travail signé.

Les avantages sont divers et nombreux : une application immédiate de l’enseignement, l’acquisition d’une expérience professionnelle de terrain, une réelle intégration dans l’entreprise, des missions à déployer sur le long terme qui permettent d’évoluer et d’exercer des responsabilités, une excellente image auprès des recruteurs, un salaire, etc.

L’ouverture de ces sections prouve, si besoin en était encore, la vocation professionnalisante des formations de la HEPL.

par Enseignement de la Province de Liège(son site) jeudi 29 septembre 2011

http://www.educavox.fr/L-alternance-un-nouveau-mode-d
 

lundi 5 septembre 2011

« Enseigner est un métier »

Inégalité scolaire croissante, enseignants moins formés : le sociologue bordelais François Dubet décrit une école française dépassée


François Dubet : « L'école élémentaire et le collège sont les deux parents pauvres d'un système qui a tendance à ne mettre d'argent que dans les filières d'excellence et dans les lycées ». Arch. « SO »

Et si, au fil des ans et de la transformation de la société, l'école était devenue un système à fabriquer de l'exclusion ? Professeur à l'université de Bordeaux 2 et directeur à l'École des hautes études en sciences sociales, le sociologue François Dubet (1) dénonce l'absence de réflexion globale sur le système scolaire et plaide pour la mise en place d'une vraie formation des enseignants. Verbatim.

1 Les suppressions de postes

C'est incontestablement un problème, mais focaliser le débat sur le nombre de postes d'enseignants supprimés est un piège. C'est faire croire que tous les problèmes de l'école viennent de là et qu'il suffirait d'en recréer pour que l'école marche bien. Nous devrions plutôt réfléchir à la question suivante : « Remettre des moyens dans l'école, oui, mais pour quoi faire ? » Si c'est pour continuer dans la même voie que ces trente dernières années, cela sera vain.

Il y a cinq ou six ans, quand le nombre d'enseignants était largement supérieur à aujourd'hui, le bilan n'était pas bon non plus. Les inégalités scolaires scandaleusement excessives, le taux d'élèves en échec, idem. Tout cela ne date pas des années Sarkozy… qui, je le concède, n'ont rien arrangé à l'affaire.

2 La formation des enseignants
On ne peut pas laisser en jachère la formation des professeurs, car la qualité de l'école y est naturellement liée. La formation des maîtres par les IUFM, qui n'était peut-être pas aussi bonne qu'on l'aurait souhaité, a été supprimée pour n'être remplacée par… rien. Il faudra bien qu'un jour la classe politique affirme haut et fort qu'enseigner est un métier. Après tout, tout le monde admet qu'une infirmière doit passer trois ans à se former avant d'exercer. On ne peut continuer à prétendre que, dès lors que l'on possède un bon niveau de culture dans une matière ou une discipline, on est compétent pour l'enseigner. Ce n'est pas vrai. Et cela conduit à un déclin extrêmement prononcé des vocations d'enseignant ; ce qui est mauvais signe.

Par ailleurs, il est urgent de procéder à un rééquilibrage des moyens entre les différents segments du système scolaire : l'école élémentaire et le collège sont les deux parents pauvres d'un système qui a tendance à ne mettre d'argent que dans les filières d'excellence et dans les lycées.

3 L'inégalité scolaire progresse
Nous savons de notre système scolaire qu'il ne fonctionne bien que pour la moitié des élèves. Pour les autres, on parle d'aide personnalisée, de stages de remise à niveau… En définitive, on ne fait que leur rajouter du travail, les garder entre midi et deux pour leur faire refaire l'exercice de maths auquel ils n'ont rien compris…

C'est un système un peu fou : on ne peut pas continuer avec l'idée que la classe que l'on fait n'est valable que pour la moitié des élèves et qu'on donnera des béquilles aux autres en espérant que cela leur permettra de courir aussi vite. On devrait plutôt s'interroger sur la pédagogie et la manière de faire classe.

Cela ressemble à la situation d'une usine qui fabriquerait des produits dont la moitié ne sont pas aux normes et qui, au lieu de repenser sa chaîne de fabrication, construirait une seconde usine pour réparer les défauts de fabrication de la première… La France s'accroche à un modèle ancien, puis cherche des façons de compenser. Ce qui ne fonctionne pas. Cela coûte très cher et ne peut durer éternellement. Doit-on continuer ainsi à combler les lacunes du système avec des cours de soutien ou à envoyer les élèves chercher dans des officines privées les moyens de s'en sortir ?

La pédagogie doit être individualisée, mais elle doit l'être d'emblée. Chez nombre de nos voisins européens (qui ne dépensent pas plus d'argent que nous dans l'éducation), la diversité des cultures et des capacités des élèves est intégrée à la base de la pédagogie.

4 L'école au cœur de la société
La France entretient avec son école un rapport dans la tradition de la IIIe République, mais aussi des Lumières et de Condorcet, et qui fait d'elle l'institution centrale de notre société : elle doit fabriquer des citoyens, des individus autonomes, un haut niveau de culture, de l'intégration sociale, de la justice sociale… La pauvre bête est un peu écrasée sous un tas de demandes. Toute tentative de transformation de l'école équivaut à une remise en cause de la totalité de la vie sociale, ce qui la rend difficile. Nous gagnerions à être plus pragmatiques et à réfléchir à la façon de transformer le système tout entier, à expérimenter des méthodes pour s'en sortir mieux.

(1) Derniers ouvrages parus : « Le niveau baisse-t-il vraiment ? » (avec Fanny Capel, éd. Magnard), « Les Sociétés et leur école » (HC Essais).

Par Stéphane C. Jonathan

Dimanche 4 septembre 2011 à 06h00 | Mis à jour le 4 septembre 2011 à 07h47

http://www.sudouest.fr/2011/09/04/enseigner-est-un-metier-489974-4688.php

vendredi 2 septembre 2011

Rentrée scolaire : EducOOo rapproche les enseignants des TICE

L’association EducOOo souhaite que les utilisateurs s’approprient les TICE. Elle met aujourd’hui en place une liste de diffusion dédiée au personnel enseignant. Le début d’un mouvement collaboratif ?


EducOOo est une association à but non lucratif dont l’objectif est de créer des ponts entre la suite bureautique open source OpenOffice.org et le monde de l’éducation. À cet effet, elle développe plusieurs projets : OOo4Kids, un logiciel de bureautique dédié aux 7-12 ans, et OOoLight, un dérivé allégé d’OpenOffice.org.

L’association propose également une plate-forme de diffusion de contenu pédagogique libre (le Campus Libre) et elle met en place des correspondants locaux dans les différentes Académies françaises. Elle souhaite aujourd’hui compléter son action en aidant le personnel éducatif à s’approprier les TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement). Une initiative intéressante qui permettra à tout un chacun de partager son expérience dans ce domaine.

« Nous souhaitons maintenant accompagner les enseignants ou éducateurs dans leurs usages pédagogiques et offrir la possibilité aux personnes intéressées par les questions pédagogiques concernant l’utilisation des TICE de poser des questions, d’apporter des informations utiles au monde éducatif dans et hors de l’école », précise Stéphane Fontaine sur le blogue de l’association.

Cette liste publique et non modérée est accessible depuis cette page web.

Par : David Feugey

le 2 septembre 2011 à 11:45

http://www.silicon.fr/rentree-scolaire-educooo-rapproche-les-enseignants-des-tice-59669.html