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lundi 9 septembre 2013

Les objets connectés, c’est maintenant

L’édition 2013 du salon IFA de Berlin a délivré ses tendances. Outre les incontournables téléviseurs, les objets connectés font une percée significative. Voici notre sélection.

Si on a vu peu d’innovations marquantes ou « disruptives » du côté des téléviseurs, l’heure semble être à une tendance qui se confirme : les objets connectés, qui s’invitent de plus en plus dans notre quotidien.

Chez Philips par exemple, généralement, pas d’annonces fracassantes, pas de scoops, pas de rumeurs-depuis-3-mois et pas de on-va-changer-le-monde-vous-allez-voir, mais des évolutions tranquilles sur des lignes de produits déjà connues, réputées et maitrisées.

Alors que le petit monde de la high-tech s’agite autour des montres intelligentes mais non autonomes et qui ne sont compatibles avec presque rien sauf un gros smartphone (donc pas si intelligentes que ça finalement), la firme néerlandaise, forte de son expérience dans les produits qui concernent tous les consommateurs et toutes les maisons, vient de présenter quelques innovations dans le domaine des objets connectés. Des objets qui partagent quelques caractéristiques communes : ils peuvent se connecter à internet, être contrôlés par des applications sur tablette ou smartphone, et pourquoi pas, communiquer entre eux.

HomeCooker nExt, la tablette se met à table

Qui aurait cru qu’on parlerait un jour d’ustensiles de cuisine sur Presse-citron ? Il faudra vous y faire mes amis, la techno – en tout cas celle qui nous intéresse et qui est faite de connectivité, de tactile, de numérique et qui facilite la vie – s’invite partout. Y compris dans la cuisine, évidemment. Témoin ce HomeCooker Next, sorte de machine magique qui se connecte en WiFi à votre tablette, et qui fait pratiquement la cuisine toute seule. Il suffit pour cela de sélectionner une recette disponible dans l’application, de mettre les ingrédients requis dans la centrifugeuse du futur, et l’engin vous sort votre repas en quelques clics. Bon, je simplifie un peu, vous l’aurez compris, mais l’idée est là : se faire assister par une application intuitive et au design agréable pour doser et cuire ses aliments dans des conditions optimales, à la bonne température et selon la durée de cuisson idéale. Bien sûr le HomeCooker Next ne vous fera certainement pas gagner la grande finale de MasterChef, mais pourra s’avérer d’une aide précieuse en cas d’incompétence assumée dans la préparation de petits plats mitonnés. Autre point intéressant : l’application est sociale, et permet de partager trucs, astuces et recettes entre utilisateurs.





GranBarista Avanti, compositeur de café

Vous avez cuisiné comme un chef avec le HomeCooker, que diriez-vous d’un petit café maintenant (avant l’addition) ? Place à la machine à café du futur, la GranBarista Avanti, tout un programme. Le dispositif est à peu près comparable : la machine intelligente se connecte en WiFi à une application sur tablette qui permet de composer son café à la carte grâce à des tirettes de dosage des arômes qui font davantage ressembler le bidule à un equalizer qu’à un distributeur d’expresso. Mais là encore l’interface de l’app est particulièrement soignée et vous donne une envie irrémédiable de vous préparer un petit noir vite fait bien fait juste en tapotant sur votre iPad.





Smart Air Purifier, cliquez, respirez

Bon, cuisiner, prendre un café, c’est bien, mais le faire dans une atmosphère saine c’est encore mieux. Dans sa nouvelle palette de produits intelligents pour la maison, Philips propose également un purificateur d’air intérieur géré également à l’aide d’une application pour smartphone, via WiFi. La machine se charge d’analyser l’air ambiant et de détecter les éventuelles anomalies qui pourraient rendre votre intérieur irrespirable, comme par exemple un excès de pollen, de poussière ou d’autres formes de pollution. En cas de niveau trop élevé de l’un de ces éléments, une alerte s’affiche sur l’application, indiquant par exemple qu’il est temps de changer le filtre du purificateur, ou plus urgemment, d’ouvrir les fenêtres.





Tous ces produits sont pour le moment des prototypes avancés qui devraient être commercialisés dans les prochains mois (début 2014 en Chine pour le Air Purifier) , mais démontrent que les objets « intelligents » connectés ne sont plus un concept fumeux, et que ceux-ci vont s’installer naturellement et tranquillement dans notre vie quotidienne dans un futur très proche.

Cloud TV et Smart TV

Une autre démo , sur un secteur que connait parfaitement le géant néerlandais, celui de la télévision. Si on ne parle presque plus de TV 3D cette année sur l’IFA (le gros flop de ces dernières années en matière de high-tech, trop tôt, trop cher, pas assez user-friendly), les applications concrètes et réellement utiles de la TV connectée sont en train d’apparaitre, permettant enfin de faire ce que l’on aurait toujours dû pouvoir faire, mais qui était encore impossible à ce jour, notamment à cause de la frilosité des opérateurs, tellement soucieux de ne pas trop faciliter la diffusion de leurs programmes en dehors de l’écran familial unique qui trône dans le salon de presque tous les foyers.

Vous vouliez connecter un deuxième téléviseur au décodeur Canal+ pour pouvoir regarder la télé dans votre chambre ? Pas possible (alors que vous payez un abonnement et que vous êtes censé être libre de disposer de l’utilisation que vous en faites dans un cadre privé). Vous vouliez commencer à regarder un programme dans votre salon puis enregistrer la fin pour la regarder sur votre mobile ? Pas possible. Vous vouliez regarder et enregistrer un programme en même temps sur votre tablette ? Pas possible.



Mais ça c’était avant : avec le service Cloud TV, la firme néerlandaise entend redistribuer les cartes et changer encore un peu plus la façon dont nous regardons la télé, et faisant tomber les dernières barrières imposées par les chaines elles-mêmes. Même s’il faut se méfier des effets d’annonce, et même si nous savons que les perpétuelles problématiques de droits – qui réinventent les frontières qu’internet avait abolies – continueront longtemps à pourrir la vie des télénautes, Philips promet l’accès à des centaines de chaines, dont une grande partie gratuites, via son service Cloud Explorer, qui va permettre d’accéder à ses photos, vidéos et autres contenus stockés dans le cloud. L’application permettra en outre de se connecter à son espace Dropbox ( ou d’en créer un). Le service est d’ores et déjà disponible sur les téléviseurs Philips compatibles avec la plateforme Smart TV 3.0 en Europe et en Russie.

Flower Power de Parrot, le capteur qui vous aide à soigner vos plantes

Chez Parrot, le touche-à-tout français qui fait déjà voler des drones et qui a initié parmi les premiers la notion de voiture connectée avec son excellent Asteroïd, on se préoccupe aussi de la santé de vos plantes, car ici aussi, la technologie mobile a son mot à dire. Déjà présenté (et déjà primé) il y a quelques mois lors du CES de Las Vegas, Flower Power est un capteur sans fil assorti d’une application pour tablette et smartphone qui permet de surveiller en temps réel la bonne santé de ses plantes. Discret, le capteur se plante dans la terre accueillant vos massifs et envoie à l’application plusieurs indications sur le degré d’hygrométrie, les sels minéraux, la lumière ou encore la température.



L’app, dont une partie est gérée dans le cloud, se charge d’analyser ce flux de données pour vous délivrer des informations simples et concrètes sur le suivi de vos plantes et vous rappeler qu’elles ont besoin par exemple d’être arrosées ou de plus de lumière. L’application utilise une base de données de 6000 plantes. Le seul travail requis de votre part par le dispositif est d’indiquer la plante concernée, car le capteur ne reconnait pas cette donnée. Flower Power devrait être commercialisé d’ici fin 2014 à un prix juste inférieur à 100 euros, application comprise.



L’IFA, qui est avant tout un salon d’électronique grand public, et non pas une caverne d’Ali Baba pour geeks comme peut l’être un CES par exemple, le montre : la banalisation des objets connectés est en cours, et les constructeurs qui négligeront cette nouvelle donne, y compris dans les gammes les plus courantes d’appareils domestiques, risquent de rater gros. Le smartphone et la tablette sortent encore grands vainqueurs de cette évolution, car ils restent le point central, le point de convergence de toute cette connectivité, dont les autres éléments – y compris montres et lunettes ‘smart » ne sont finalement que des périphériques de captage de données dans grande « intelligence ».

Le smartphone n’a finalement jamais aussi bien porté son nom…

vendredi 6 septembre 2013

La télévision du futur prend forme à Berlin

Qualité d’écran, définition de l’image, design… La télévision se réinvente à l’IFA, le salon européen de la high-tech à Berlin.

La TV incurvée proposée par Samsung. - DR
La TV incurvée proposée par Samsung. - DR


Finie la mode des écrans plats. La nouvelle tendance dans l’industrie de la télévision, ce sont les écrans incurvés. A l’IFA, le salon européen de la high-tech qui se déroule en ce moment à Berlin, les principaux constructeurs comme Samsung, LG et Sony mettent à l’honneur ces téléviseurs dernier cri, dont la taille varie de 55 à 65 pouces.

Cette nouvelle forme de téléviseurs est censée offrir au téléspectateur une immersion totale dans l’image, similaire à ce que l’on peut avoir au cinéma. « Chaque pixel, chaque point de l’écran se retrouve à équidistance des yeux. Ainsi, on ne rate aucun détail », explique un porte-parole de Sony. La particularité de ces écrans est qu’ils sont aussi très fins : 4,3 mm pour le modèle de LG. Ces téléviseurs embarquent la technologie OLED, qui offrent une brillance des couleurs et un contraste de grande qualité, tout en consommant moins d’énergie. Disponibles en Corée depuis le printemps, les modèles de Samsung et de LG seront commercialisés en Europe dans les semaines à venir pour un prix compris entre 8000 et 9000 euros.

L’Ultra HD s’impose

Outre le design de l’écran, la bataille entre les constructeurs se joue aussi au niveau de la définition de l’image. A l’IFA, l’Ultra HD semble ainsi s’imposer comme la nouvelle norme pour les téléviseurs de demain. Cette technologie permet d’offrir une définition de l’image quatre fois plus importante que les modèles en full HD (1080 pixels). Les nouveaux modèles trônent en maîtres sur les stands. Chez Samsung, toutes les tailles d’écrans ou presque sont exposées : 55, 65, mais aussi 85, 98 et même 110 pouces (soit une diagonale d’écran de plus de 2 mètres de long !). Là aussi, les premiers modèles arrivent progressivement sur le marché – les deux plus grandes tailles sont prévues pour l’an prochain – avec un prix de départ chez le leader coréen, à 4000 euros (55 pouces). Des TV mariant les technologies Ultra HD et OLED sont également présentées à Berlin sur différents stands. Mais elles ne sont pas encore prévues à la vente pour le moment.

Si ces produits s’inscrivent clairement dans le haut de la gamme des téléviseurs et ne devraient par conséquent séduire qu’une petite partie de la population, ils symbolisent toutefois le vrai retour de l’innovation dans le secteur et représentent un vrai espoir pour les fabricants après le succès très relatif de la 3D. En Europe, compte tenu du taux d’équipement important des ménages et du contexte économique, le marché demeure morose. En France, au deuxième trimestre, les ventes ont encore reculé de 19 % selon le cabinet d’études GfK. Les constructeurs veulent néanmoins croire qu’un point bas a été atteint, et que les nouveautés redonneront l’envie aux consommateurs d’investir à nouveau. L’approche de la Coupe du Monde de football (2014), un évènement traditionnellement porteur pour les ventes de téléviseurs, pourrait être l’élément déclencheur.

Écrit par Romain GUEUGNEAU
Journaliste
rgueugneau@lesechos.fr

06/09 | 06:42

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0202990049829-la-television-du-futur-prend-forme-a-berlin-602228.php?xtor=RSS-2059

vendredi 23 août 2013

Les américains prefèrent désormais leurs plateformes numériques à leurs téléviseurs




Les tablettes et téléphones portables deviennent la première source de médias aux Etats-Unis, détrônant le poste de télévision et menaçant également la place des ordinateurs.

Alors que son déclin est annoncé régulièrement depuis quelques années, il semblerait que la télévision ait bel et bien été détrônée par les autres canaux de diffusion numériques selon une enquête publiée par le cabinet d'études eMarketer. Alors que 20% des Américains n'ont toujours pas accès à internet, l’audience télévisuelle vient d’être dépassée par la consommation de contenu en ligne La méthode utilisée élargit le champs de définition du temps de consommation global en valorisant l’utilisation multitâches. Par exemple, l’utilisation simultanée d’un appareil mobile et d’un poste de télévision pendant une heure sera comptabilisée comme deux heures de consommation médias. Ce changement de méthodologie aide à percevoir la manière dont le mobile s'insère dans les habitudes de consommation comme un flux continu de contenu.

Une croissance tirée par le mobile et l'usage multitâche

Ce déclassement de la télévision s’explique en premier lieu par la multiplication des plateformes mobiles alternatives favorisant une consommation fragmentée et multitâche. Un adulte américain passe en moyenne 5 heures par jour en ligne sur un appareil digital (tablette, téléphone, ordinateurs etc.) contre 4 heures et 30minutes devant un écran de télévision. Ce constat correspond à une tendance de fond, le temps passé devant la télévision enregistrant une baisse régulière depuis 2012 alors que la consommation de médias digitaux est en augmentation de près de 16% cette année. La part de croissance la plus soutenue provient de l’ensemble des plateformes mobiles avec une moyenne de 2 heures et 20 minutes passées sur des tablette, téléphones portables(en excluant le temps de communication vocale) alors que cette consommation représentait à peine 20 minutes par jour en 2010.

Une reconfiguration des contenus télévisuels vers un usage connecté

Le rapport ne conclut pas sur le déclin assuré des contenus télévisuels. Ce changement dans les modes de consommation s’explique par une disponibilité croissante d’autres plateformes concurrentes permettant un usage plus fragmenté des médias. Le contenu produit pour la télévision trouve un usage en ligne, exemple de CBS qui développe activement sa plateforme en ligne et continue de voir ses revenus augmenter avec plus de 11% d'augmentation le semestre dernier. Une première réponse de ces producteurs est la stratégie de TV Everywhere, rendant accessible le contenu télévisuel à tout moment sur une multitude de plateformes mobiles. Par ailleurs la consommation multitâches devrait encourager le développement de la télévision connectée, mutualisation ainsi les fonctions traditionnelle du petit écran et la connectivité des appareils mobiles. Avec le développement d’accessoires adaptés comme la clé wifi de Google,Chromecast, on peut envisager une reconversion rapide des postes en écrans connectés.

Par Tomas Meyer 

mardi 23 juillet 2013

La TV gratuite a-t-elle un avenir?


Copyright Reuters

La télévision gratuite peut-elle durer à l'heure de la Social TV? Alors que les internautes sont de plus en plus "engagés" dans les programmes qu'ils suivent, les annonceurs ont de nouvelles exigences...

A chaque crise, la question de l’avenir de la télévision gratuite est posée. A chaque fois, la reprise économique voit l’amour des annonceurs renouvelé pour ce support de masse diablement efficace. Mais avec les évolutions récentes dans le domaine des médias, avec internet, l’avènement des smartphones et tablettes tactiles, de nouveaux changements bouleversent le système publicitaire en lui-même (voir “le nouveau paradigme publicitaire” à ce sujet). Ces changements pourraient bien avoir raison de la télévision gratuite telle que nous l’avons connue jusqu’ici.

Internet, avec les taux de pénétration que nous connaissons, s’impose comme un nouveau support. Mais pour le monde de la publicité, Internet a, avant tout, fait évoluer les méthodes d’investissement des annonceurs: peu à peu les grands industriels ont appris à ne plus accepter de ne pas savoir “quelle moitié de leur investissement publicitaire est gaché” pour reprendre la célèbre phrase de John Wanamaker. En effet, sur internet l’espace publicitaire s’achète de moins en moins au volume (compté en milliers de visiteurs), et de plus en plus “au clic”. Les annonceurs ont appris à ne payer que lorsque la publicité a généré l’action qui matérialise une mise en relation effective.

Avec la social TV, on peut mesurer l'engagement

Les usages “second écran” sont le deuxième “fil à la patte” que doit désormais gérer la télévision. Bien sûr, les professionnels de la TV savent depuis longtemps qu’il existe des usages simultanés à la télévision, mais ce qui est nouveau avec les smartphones et les tablettes c’est que pour la première fois dans l’histoire, ils peuvent désormais quantifier le volume, et la nature de ces usages simultanés. Si ce sujet déchaîne les passions, autour du thème fourre-tout de “social TV”, c’est parce qu’une nouvelle monnaie d’échange est en train de naître : la notion “d’engagement” qui vient en complément de la notion l’audience.

Qu’est que l’engagement ? La réponse dépend de l’acteur dans la chaîne de valeur à qui vous posez la question, et sa définition change avec chaque génération. Le point de vue qui nous intéresse ici c’est évidement celui de l’annonceur : et il connaît très bien les ficelles de “l’engagement” : elle existent depuis que le commerce existe. Bien que constamment mis à jour, ces ficelles sont la tarte à la crème du marketing, et pour s’en souvenir il suffit de retenir l’acronyme “A.I.D.A”:
  • A comme “Awareness” : une offre doit être portée à la connaissance d’un client,
  • I comme “Interest” : une offre doit détecter la manifestation d’intérêt et savoir y donner suite,
  • D comme “Desire” : une marque doit savoir détecter et satisfaire la manifestation du désir
  • A comme Action : une marque, bien-sûr doit savoir donner satisfaction : satisfaire l’action d’achat.

Rien de nouveau donc… Sauf que les nouvelles exigences des annonceurs s’invitent à la télévision, et cela va tout changer !

Il faut se souvenir qu’au départ de la télévision gratuite il n’était pas question d’un dialogue possible au travers de ce médium : il n’était pas possible pour une marque d'envisager capter la manifestation d'intérêt d’un téléspecteur, ni même son désir - à l'exception notable des émissions et chaînes de télé-achats. Ainsi, la télévision gratuite telle que nous la connaissons tire son “format” d’un mandat unique: agir sur “l’awareness” des téléspectateurs. C’est à dire porter à leur attention - de gré ou de force - l’existence d’offres commerciales... et cela a été extrêmement puissant pendant des années.

Les nouvelles exigences des annonceurs

Mais quel avenir pour cette vision restreinte du rôle de la TV alors qu’elle est utilisée de façon simultanée avec des terminaux reliés à internet, ou qu’elle devient elle même connectée ? Quelle avenir pour cette vision du rôle de la TV au moment où les annonceurs font pression pour exiger des opérateurs de télévision des façons d’acheter de l’espace publicitaire dans des modèles qui prennent en compte le nombre de transactions générées (sur leur site web, mobile, ou pourquoi pas, dans leur magasins directement ? ) Ils exigent déjà cela des supports internet et mobile aujourd’hui : la télévision telle que nous la connaissons ne pourra subsister si elle ne sait pas créer un lien entre son rôle de média et les nouvelles exigences des annonceurs. Les annonceurs privilègieront toujours le media le plus efficace et “prédictible”... et quelle meilleure “predictibilité” que de ne payer un espace publicitaire que lorsqu’il a créé le trafic recherché ?

Pour répondre à ce défi, la télévision gratuite devra s’adapter pour offrir les mêmes services que les supports qui la concurrencent: accompagner le cycle complet de l’engagement. Générer “l’awareness”, détecter la “manifestation d’intérêt”, savoir alimenter le “desir”, voire accompagner la transaction.

Vous pensez sans doute que je parle ici de science fiction ? Cette logique d’accompagnement existe déjà et les champions du genre s’appellent Google et Amazon. ( Voir à ce propos le brand content de Google et son concept de ZMOT. )

Une véritable révolution s’annonce

Pour les chaînes traditionnelles, le scénario le plus populaire de nos jours est celui de la création d’une complémentarité entre la télévision gratuite telle que nous la connaissons et l’écosystème des “seconds écrans”. C’est un scénario qui a l’avantage d’être pragmatique et simple : c’est l’idée de créer pour les annonceurs une “publicité augmentée”, l’idée de fournir à des marques une dimension d’interactions en plus du spot traditionnel. C’est un scénario qui tombe sous le sens…

C’est pourtant un scénario qui choisi d’ignorer plus de 25 ans échec constant de la “télévision interactive” ! C’est un scénario qui s’appuie pour la énième fois de son histoire sur “l’amélioration des outils techniques” pour justifier des nouvelles raisons de croire cette fois-ci à la télévision interactive.

Il faut gagner la tolérance du téléspectateur

L’avenir nous le dira, mais cela semble très improbable, car la télévision gratuite telle que nous la connaissons porte dans son format un inconvénient majeur dans sa façon de construire l’audience qu’elle met à disposition des annonceurs: elle génère un engagement avec le programme audiovisuel en lui même ! Et plus l’audience est robuste, en volume, et en récurrence, plus cette audience est engagée avec le contenu, avec le programme, et non avec le message des annonceurs.

C’est une notion très simple a expliquer. Prenons une série par exemple: le principe de la télévision gratuite, c’est de construire une narration, puis de l'interrompre au moment le plus critique, au moment du “point d’orgue”, du “climax”, pour gagner “l’autorisation” - c’est à dire en pratique la “tolérance” - du téléspectateur pour l’exposer à des messages publicitaires. Il s’agit d’avoir l’assurance que le téléspectateur restera devant les messages. Ca marche depuis 50 ans (même si nous prétendons tous ne pas regarder ces réclames). Mais le prix a payer pour les annonceurs pose un gros problème aujourd’hui : les téléspectateurs restent avant tout “engagés” avec le programme et non avec les messages des annonceurs.

Retrouver l'engagement

Preuve en est notre tolérance à la répétition des messages publicitaires, à leur densité et à leur volume, qui, à la télévision, repose sur une attention “distraite”. N’avez-vous jamais perçus combien ces mêmes pub distribuées en introduction de vidéos à la demande sur internet vous semblent insupportable ? Dès leur première visualisation ? 78% des utilisateurs de Youtube ne tolèrent même pas une seule pub avant de regarder un programme à la demande.

Dans les faits, ce que veulent les téléspectateurs lorsqu’ils regardent la TV, c’est retrouver la narration avec laquelle ils sont vraiment “engagés”... et ils ne sont pas prêt à entrer dans un processus d’interaction a moins d’être sûrs, certains de ne pas rater le dénouement de la narration tant attendu qui récompense une séance de publicité et favorise l’oubli de l’extraordinaire agressivité de l’interruption de la coupure pub. Le scénario “publicité enrichie” n’aura donc qu’un temps.

Existe-t-il un autre scénario ?

Je propose un axe pour en envisager un autre : il s’agit de remettre en cause le format même de la télévision telle que nous la connaissons, le principe de construction d’une narration articulé autour d’un climax en vue d’une interruption. Cela parait fou, mais si la télévision gratuite veut continuer à satisfaire ses clients, les annonceurs, elle va devoir faire évoluer son format.

C’est un scénario où programme, annonceur, et transaction doivent être réconciliés. Ce scénario consiste à envisager un futur où les contenus des chaînes gratuites aura pour objet d’informer (Awareness), de générer et de satisfaire la curiosité (Interest), de supporter l’exploration (Desire), voire de supporter... des transactions (Action) !

De façon intéressante, la pyramide de valeur des programmes audiovisuels d’une telle télévision gratuite du futur pourrait bien être différentes de celle que nous connaissons aujourd’hui : adieu séries, cinéma, et autres évènements sportifs (sauf ceux avec une mi-temps) qui ne se prêtent pas aux contraintes d’AIDA... et bonjour documentaires, magazine et info, ou plutôt “infotainment transactionnel”. Cauchemar ou réalité ?

Gabriel Dabi-Schwebel, fondateur de l'agence web 1min30

vendredi 27 avril 2012

Fin des protestations devant la télévision nationale tunisienne

© reuters

Les manifestants qui campaient depuis début mars devant le siège de la télévision nationale à Tunis pour réclamer une "épuration" au sein de la chaîne ont levé mercredi leur sit-in, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Cette décision a été prise dans l'intérêt national et en réponse à la demande du gouvernement. Nous ne voulons pas être de ceux qui sèment la sédition dans le pays", a déclaré une des organisatrices du sit-in, Halima Maalej, lors d'une conférence de presse improvisée.

La situation s'était tendue au cours des dernières 48 heures entre les manifestants et les fonctionnaires de la télévision nationale, excédés par le sit-in qui a commencé le 2 mars.

Des heurts ont fait cinq blessés mardi, et le ministère de l'Intérieur avait demandé la levée du campement.

Installés dans des tentes et se relayant nuit et jour, les quelques dizaines de manifestants, proches du parti islamiste Ennahda, réclamaient une "épuration" au sein de la télévision nationale, qu'ils accusent d'être biaisée et aux mains de "gauchistes" ou d'ex-RCdistes (membres du parti dissous de Ben Ali).

"Le gouvernement nous a promis de répondre à nos demandes, notamment de régler la corruption administrative et financière et de limoger les figures qui ont fait la propagande de Ben Ali", a assuré Mme Maalej.

Dans un communiqué publié mardi soir, Ennahda a "condamné la violence devant la télévision nationale" mais insisté sur "la nécessité de réformer les médias publics".

édité par: Anthony Fino 

25/04/12 - 14h15 

Source: belga.be 

vendredi 14 octobre 2011

Le haut débit jusqu'au salon

Le salon devient de plus en plus important pour les opérateurs. D'ici 2016 en effet, on recensera par exemple dans le monde près de 900 millions de TV connectées.

Du moins selon le cabinet Informa qui a dévoilé ces chiffres dans le cadre du Broadband World Forum de Paris. L'occasion pour les opérateurs et fournisseurs de se pencher sur l'évolution du haut débit. Outre le débat classique autour des technologies – fibre contre cuivre ou coax -, le contenu a constitué un thème majeur. En l'occurrence, le salon joue un rôle toujours plus central.

Ainsi, alors que l'on estime à 82 millions environ le nombre de TV connectées (TV intégrant une connexion internet), ce chiffe devrait atteindre 891,7 millions à l'horizon 2016. Mais d'autres équipements de salon pourraient également être 'connectés', poursuit Informa. Et de songer aux consoles de jeux (aujourd'hui 179,4 millions d'appareils, pour près de 268 millions en 2016), mais aussi aux lecteurs Blu-ray: si leur nombre reste aujourd'hui modeste avec 35 millions de lecteurs connectés, il pourrait y en avoir plus de 364 millions d'ici 5 ans. De même, les "décodeurs hybrides" et les "live streamers" devraient selon Informa intégrer toujours plus d'applications à haut débit.

Kristof Van der Stadt -10:35

http://datanews.levif.be/ict/actualite/apercu/2011/10/14/le-haut-debit-jusqu-au-salon/article-1195117717767.htm

vendredi 7 octobre 2011

La télévision en 2020

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Après l'étude IDATE "Future TV 2020" dont nous avons déja parlé, c'est au tour du cabinet allemand de prospective Z-Punkt de s'intéresser à l'avenir de ce "vieux" média qu'est la télévision dans une étude "TV 2020".

Pour les auteurs, la télévision n'est pas un média mourant, il va connaitre une véritable révolution, autour de 6 axes qui en feront un "super-media":

  • La TV connectée, fusion du web et de la télévision
  • La TV sociale, réunissant virtuellement les gens dans leur salon
  • La TV immersive, avec la 3D et le jeu
  • La TV mobile, présente partout
  • et la TV personnelle, avec son programme sur mesure



http://futurenewswire.hautetfort.com/archive/2011/10/05/la-television-en-2020-par-z-punkt.html

mardi 13 septembre 2011

Vers une standardisation de la télévision connectée


Bientôt des Apps communes pour tous les fournisseurs ?
Bientôt des Apps communes pour tous les fournisseurs ?
DR
LG, Philips et Sharp vont travailler ensemble pour définir les exigences techniques communes pour leurs téléviseurs intelligents. Un pas vers standardisation.

L’offre de télévision connectée (Smart TV) se développe sur le marché, mais elle s’appuie sur des plates-formes propriétaires. L’accord conclu par LG, Sharp et Philips est peut-être l’amorce d’un mouvement profond de standardisation. Les trois constructeurs vont travailler ensemble pour définir des exigences techniques communes basées sur des standards ouverts tels que HTML 5, CE-HTML et HbbTV (le standard européen de télédiffusion des services pour la télé connectée). Leur objectif est ambitieux : susciter la création d’un marché d’applis aussi fourni et dynamique que celui des Apps pour Smatphones.

La télévision connectée promet une multitude de services fournis via Internet : télévision de rattrapage ; location de films en ligne ; interactivité en live avec des émissions ; informations météo…etc. L’offre de services est encore balbutiante. Elle doit être aujourd’hui adaptée à chaque marque de téléviseurs.

La standardisation devrait favoriser le développement d’applications, puisque le développeur n’a plus à décliner son offre pour chaque marque de téléviseur. LG, Philips et Sharp vont introduire la première version bêta d'un kit de développement logiciel commun (SDK) d'ici fin octobre. Les services développés avec cet outil seront immédiatement applicables aux téléviseurs des trois marques.

Cette initiative est un bon début. Mais pour qu’elle débouche sur une véritable standardisation, elle devra obtenir l’adhésion de Samsung, Sony et Panasonic, trois autres fabricants majeurs de téléviseurs

Le 12 septembre 2011 par Ridha Loukil

http://www.industrie.com/it/electronique-grand-public/vers-une-standardisation-de-la-television-connectee.11864

lundi 12 septembre 2011

La télévision 3D sans lunettes s’étend aux grandes tailles


Une TV 3D sans lunettes de 55"de résolution 4k2k
Une TV 3D sans lunettes de 55"de résolution 4k2k
DR
Toshiba se prépare à introduire cette année un téléviseur LCD de 55 pouces offrant la vision en relief sans lunettes. Une première mondiale.

La vision en relief sans lunettes est-elle l’avenir de la télévision 3D ? En tout cas, Toshiba y croit dur comme fer. Un an après avoir commercialisé au Japon des petites télés LCD de 15 et 20 pouces offrant cette fonctionnalité, le groupe nippon se prépare à étendre cette technologie aux grandes tailles, en introduisant en Europe, dès la fin de cette année, un poste de 55 pouces.

Ce grand téléviseur 3D sans lunettes a été exhibé à l’IFA, la grande messe de l’électronique grand public, qui vient de se tenir à Berlin du 02 au 07 septembre 2011. La technologie mise en œuvre combine l’effet parallaxe d’un écran lenticulaire et l’affichage de neuf points de vue. L’écran est couvert d’un réseau de micro-lentilles qui décompose le flux vidéo 3D en deux images, l’une pour l’œil gauche, l’autre pour l’œil droit. Et c’est cet effet de stéréoscopie qui donne l’illusion du relief. Pas besoin de rester dans l’axe de l’écran. Grâce à neuf points de vue et une caméra qui suit en temps réel ses yeux, le spectateur peut changer de position sans perdre l’effet 3D. Les huit points de vue supplémentaires sont calculés par le moteur de traitement Cevo spécialement développé par Toshiba pour ce téléviseur.

Le groupe japonais ne se contente pas de supprimer les lunettes. Il gonfle aussi la définition d’image en utilisant un écran LCD de résolution 4k2k (3840 x 2160 pixels), quatre fois celle des écrans à haute définition actuels. Un progrès bienvenu car la 3D sans lunettes réduit d’autant plus la résolution visible qu’il y a de points de vue. Sharp, le principal fournisseur de Toshiba en écrans LCD, a de son côté présenté un écran de 60 pouces offrant la résolution 4k2k.

Toshiba vise le segment haut de gamme, avec un prix d'environ 8 000 euros.

Le 08 septembre 2011 par Ridha Loukil

http://www.industrie.com/it/electronique-grand-public/la-television-3d-sans-lunettes-s-etend-aux-grandes-tailles.11848