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mardi 1 octobre 2013

Le numérique en France : les usage(r)s, clé de l'innovation

Selon Claudy Lebreton, président PS du conseil général des Côtes d'Armor, « chaque territoire doit inventer son propre avenir » numérique, en tenant compte des usages et des usagers, jusqu'ici oubliés par le pouvoirs publics. / Reuters











 
Le président des Côtes d'Armor a rendu à Cécile Duflot un rapport sur l'économie numérique dans les territoires, centré sur les usages. Claudy Lebreton propose notamment de nommer un « coach numérique » par bassin de vie pour mutualiser les dispositifs et dynamiser l'innovation.

Ce n'est pas parce que les problèmes sont complexes et les caisses publiques vides qu'il n'existe pas quelques solutions simples, efficaces et peu coûteuses. Ce présupposé à la réflexion nécessite, certes, un peu de lucidité politique et un zeste de bon sens. Ce dont semble avoir fait preuve Claudy Lebreton en concoctant son rapport sur « Les territoires numériques de la France de demain ».

En tout cas, il tranche nettement sur la production pléthorique et souvent absconse sur le sujet. Cécile Duflot, ministre de l'Égalité des territoires, lui avait confié une telle mission car les stratégies publiques et privées lui semblaient de moins en moins susceptibles de résorber la fracture numérique.

Claudy Lebreton est un élu. Il est président (PS) du conseil général des Côtes d'Armor, connaît les problèmes de l'intérieur et sait parfaitement à quel point la conjonction de la technocratie du numérique et d'élus débordés par les questions techniques peut s'avérer contre-productive.

Il se définit lui-même comme un « généraliste du territoire » et il s'est rendu compte à quel point la décentralisation à la française a, de droit ou de fait, abouti depuis longtemps « à une cogestion entre les collectivités et les services déconcentrés de l'État », sur la question du numérique.

Malheureusement, l'alliance n'est pas toujours probante. D'ailleurs, après que l'inspection des finances a passé au lance-flammes les politiques publiques en matière de numérique il y a un an, la Cour des comptes en a rajouté une couche : elle a constaté que l'organisation territoriale de l'État n'a freiné ni « l'accroissement d'inégalités territoriales de plus en plus marquées », ni « une concentration de l'activité économique dans les métropoles ».

Dans le même temps, elle n'a généré que des « mutualisations multiples mais de portée restreinte » et surtout laissé perdurer une « organisation défaillante des systèmes d'information ».

À force de laisser les questions d'infrastructures et de matériel monopoliser les débats, la question des usages a été perdue de vue depuis longtemps par la puissance publique. Or, c'est la seule question qui importe, selon Claudy Lebreton.

Le premier constat du rapport est donc que dans « le champ des services et des usages numériques, de nombreuses expérimentations ont été conduites, mais trop souvent de manière isolée, et sans qu'aient été identifiées les conditions de leur généralisation. Les initiatives des collectivités sont marquées par une très grande hétérogénéité en matière d'expertise numérique et d'ingénierie de projet ».

Les collectivités locales étant aujourd'hui les principales actrices d'un secteur déserté par l'État, faute de moyens, le territoire ressemble assez à un bazar numérique qui constitue, lui, « une véritable menace pour l'égalité des territoires ».

Le deuxième constat, assez rare dans les rapports de la République, est que « chaque territoire doit inventer son propre avenir, en gérant l'ensemble de ses ressources et contraintes (économiques, énergétiques, environnementales, agricoles, financières, démographiques, sociales, etc.), de manière intégrée ».

Claudy Lebreton a fait sienne l'idée que le numérique n'est pas un secteur économique comme les autres : son fonctionnement en réseau, à « l'horizontale », est pratiquement incompatible avec le système d'organisation pyramidale du territoire : « Pour libérer les initiatives - puisque c'est bien de cela qu'il s'agit - il importe notamment de revoir l'ensemble de notre conception de la dé centralisation des pouvoirs, ou encore d'imaginer une optimisation des moyens en croisant les ressources publiques et privées. Ce qui ne laissera évidemment pas à l'écart nos pratiques démocratiques et le rôle des élus. »

Le rapporteur qui, depuis un an et demi, négocie pied à pied en tant que président de l'Assemblée des départements de France, un acte de la décentralisation qui fait pousser des cris d'orfraie à la plupart des élus, bien qu'il ne soit guère révolutionnaire, n'est toutefois pas un enfant de chœur. Il a conscience qu'il vaut mieux ne pas attendre la prochaine hypothétique réforme pour agir. Mieux vaut contourner l'obstacle.

Le coordinateur ? C'est le plus motivé

L'une des certitudes de Claudy Lebreton est ainsi que « l'État, en même temps que les territoires, doit se mettre en capacité d'agir en réseau, de jouer un rôle de "passeur" et de "médiateur" entre les territoires », charge à ces derniers et aux individus de « dessiner ensemble et de développer des projets numériques ». Un État simple, qui ne se mêle pas de ce pour quoi il n'a ni les affinités intellectuelles, ni les finances.

Venant d'un élu socialiste proche depuis longtemps de François Hollande encore plus qu'il le fut de Lionel Jospin, la remarque devrait avoir des chances de porter.

Son souhait est de sortir d'un système où « les politiques territoriales se mobilisent sur les réseaux et se technicisent » et où « la politique de l'État se recentre sur ce qui coûte le moins cher à produire pour exister : les lois et la régulation ».

Donc, un seul mot d'ordre : faire simple et efficace. Et le meilleur moyen, c'est de raisonner dans un autre cadre, d'éviter de rajouter une lasagne au millefeuille territorial. La notion du bassin de vie, développée par la Commission européenne ou l'Insee depuis une dizaine d'années, est certainement la meilleure puisqu'elle regroupe les territoires autour de « paniers » d'équipements et de services indispensables, quelle que soit la commune qui les offre.

Il y a 1 666 « paniers » en France - dont 1 287 sont ruraux - où la fracture numérique est la plus vive et où la population augmente 50 % plus vite que dans les zones urbaines.

Dans chacun de ces bassins de vie, au moins dans ceux qui en ont le plus besoin, on peut nommer un coordinateur territorial à l'innovation et à la culture numérique. Sa mission : mutualiser et gérer les moyens de tous les échelons des collectivités sur son bassin, de la commune à la région. Et on peut lui adjoindre un conseil local du numérique sur le modèle du conseil national totalement indépendant, mais travaillant en réseau avec tous les autres conseils locaux.

La plupart des niveaux de collectivités se battant sur la question de la responsabilité numérique, la proposition réglerait quelques problèmes... Pour l'instant, la seule structure à avoir pensé à ce «coach numérique » du territoire, c'est Orange, l'opérateur historique télécoms : avec (en plus des tuyaux !) sa force de frappe en termes d'effectifs et de produits pour les collectivités, de l'éducation à l'e-santé en passant par la culture et les équipements de la ville intelligente, le groupe de Stéphane Richard se positionne de facto sur ce créneau.

« L'idée du coordinateur dans le bassin de vie est simple, explique Claudy Lebreton. Peu importe d'où il vient, du privé, du public ou de l'associatif. L'important est qu'il se mobilise et qu'il sache laisser germer l'innovation. Le numérique, c'est de la prise de responsabilité et de l'innovation, on ne peut régler les problèmes en quadrillant la France avec des bassins de vie et en mettant un fonctionnaire dans chacun, c'est voué à l'échec. Là, c'est quelqu'un du territoire capable de comprendre que dans son canton rural et dans son canton périurbain, les attentes ne sont pas les mêmes. Le coordinateur, c'est le plus motivé du bassin. Si jamais on ne trouve personne, l'État pourra toujours désigner quelqu'un. »

Pour des conventions entre collectivités

À partir de là se déroule un plan de 22 recommandations : de la convention numérique par bassin de vie entre collectivités pour mutualiser les investissements à la refonte des espaces publics numériques (EPN).

Ces derniers sont les exemples mêmes d'une bonne idée qui n'a pas su évoluer avec la demande : leur champ d'intervention est devenu trop limité (c'est d'eux que devraient germer les FabLabs, mais ils ne sont pas vraiment équipés pour), leur « clientèle » trop limitée et pas assez ouverte sur l'éducation, l'e-learning ou la formation, et ils sont, finalement, peu adaptés au télétravail.

Certaines recommandations sont d'ailleurs réalisables immédiatement, comme la création de « territoires de transition et d'innovation » pour équilibrer la métropolisation galopante de la France. C'est en effet l'avantage de ces propositions : elles ne nécessitent aucun texte de loi. Tout est déjà quelque part dans le droit, il suffit de quelques règlements.

Mieux, juridiquement, l'idée très nouvelle de la convention entre collectivités, ou entre public et privé, est applicable immédiatement et ne nécessite aucun débat. Elle est une pure question de bonne volonté. Un avantage énorme pour Cécile Duflot qui peut s'emparer de tout ou partie des recommandations et les proposer sans passer par la case débat au Parlement. Il est donc possible que les premiers « coachs numériques » des territoires voient rapidement le jour.

Jean-Pierre Gonguet | 01/10/2013, 08:44

samedi 7 septembre 2013

La sécurité de l’information en entreprise s’apprend dès l’université



Un programme de formation des utilisateurs sur différents risques rencontrés en ligne a été mis en place dans une université et réduirait considérablement les possibilités d’attaque des systèmes.

La multiplication des sources de navigation et l’envoi quasi systématique de données personnelles a pris un essor tel que, depuis quelques années, les sources de piratage en entreprise augmentent autant que l’utilisateur baisse sa garde. De ce fait, des programmes de sensibilisation à la sécurité de l’information commencent à se mettre en place de part le monde. L’Information Assurance and Security Research Group avec la School of Professional and Continue Education de l’Université de technologie de Malaisie ont établi un programme commun. « Jusque là considérée comme un facteur de manque de productivité, (…) la sécurité de l’information ne doit plus être sous-estimée » selon Oyelami Julius Olusegun et Norafida Binti Ithnin, auteurs du rapport.

Des formations dispensées en fonction des publics cibles

Mis en place sur le campus de ladite université, le programme s’adressait à 2 grands ensembles: les étudiants et les membres du corps professoral avec le personnel. Pour atteindre les étudiants, le programme a privilégié l’e-mailing , les annonces sur le journal de l’école ou des prises de paroles lors de la présentation des associations. Afin de toucher la seconde audience, des programmes de formations obligatoires ou facultatifs selon les directeurs de programmes ont été mis en place. Bénéficiant potentiellement de moins de compétences liées à l’utilisation d’internet, ce public a bénéficié prioritairement des formations en face à face. Celles-ci traitent de problèmes fondamentaux et récurrents tels la sécurité des mots de passes ou la cyber-sécurité. Le programme de formation en ligne, en cours de développement, devrait traiter de sujets plus brûlants en plus de fondamentaux. A noter que le sujet semble préoccuper puisque la formation a d’ores et déjà été suivie par plus de 900 professeurs.

L’interactivité pour améliorer le dispositif

Les suggestions des participants sont grandement sollicitées pour améliorer le programme de formation. Les commentaires, questions additionnelles, exemples explicatifs ou autres annotations incrustées dans les vidéos viennent ainsi enrichir le dispositif ou éclairer ses zones d’ombre. De tels programmes semblent de plus avoir un effet positif mesurable. En effet, des menaces plus nombreuses sur les systèmes ont été détectées par l’Université. D’apparence perverse, la cause pourrait en fait être bénéfique. En effet, la question se pose de savoir si les virus sont tout simplement plus nombreux ou si le programme a conduit à l’augmentation du rapport sur les infections.

lundi 26 août 2013

Internet of Everything : principal enjeu économique pour le secteur privé




Alors que l’Internet of Everything s’apprête à réaliser plus de 14 trillions de dollars sur l’ensemble de la décennie prochaine, quelles stratégies les entreprises doivent-elles adopter pour affronter à ce changement industriel ?

L’Internet of Everything (IoE) qui consiste à connecter les personnes, les processus, les données et les objets, représenterait un enjeu économique total de 14, 4 trillions de dollars sur 10 ans (de 2013 à 2022). C’est en effet ce qui révèle un nouveau rapport d’étude de Cisco, qui repose sur une enquête menée auprès de 7500 décideurs commerciaux et informatiques du secteur privé dans 12 pays du monde. Et même si plusieurs transitions technologiques sont pour l’instant toujours en cours afin de faire émerger l’IoE, telles que l’Internet des objets, le Cloud Computing ou encore le Big Data, il reste important que les dirigeants gardent à l’esprit l’ensemble des bénéfices qu’un tel changement va pouvoir engendrer sur leurs entreprises. Ainsi, Cisco a identifié 5 secteurs où l’application de l’IoE créera des valeurs substantielles au cours de la décennie prochaine.

5 secteurs à transformer et 2 opportunités à saisir

En premier lieu, elle permettra de réduire les dépenses et les coûts liés aux ventes des produits et aux chaînes d’approvisionnement en augmentant l’efficacité du système d’administration et en optimisant les capitaux d’entreprises. Ensuite, elle améliorera la productivité des employés et offrira aux consommateurs de nouvelles expériences. Enfin, l’IoE devrait accroître le retour sur investissement des innovations et réduire les délais de commercialisation des nouveaux produits. Parallèlement, l’étude montre qu’il existe essentiellement deux manières pour les entreprises de tirer profit de l’IoE : en connectant tout ce qui est jusqu’à présent non-connectés et en prenant les parts de marchés des entreprises concurrents, moins capables de se transformer et de capitaliser sur la transition vers le marché d’IoE.

L’état du marché mondial de l’IoE

L’enquête révèle par ailleurs que les entreprises des marchés développés tirent la plus grande partie du profit du marché de l’IoE pour l’instant, avec l’Allemagne arrivée en premier et le Japon en deuxième position. Ceci s’explique par le fait que beaucoup de sociétés des pays développés ont investi massivement dans l’informatique et possédé une vaste expérience dans l’implémentation de différents types de technologie, telles que l’automatisation industrielle, les capteurs analytiques, etc. Néanmoins les pays émergeants croient davantage en leur capacité à tirer parti de l’IoE. Sur une échelle de 1à 10, les dirigeants des entreprises implantés dans des pays émergeants ont donné un score moyen de 7,8 contre 6,7 pour ceux des pays développés. En guise de résumé, Cisco estime que si les technologies sont essentielles, ce sont pourtant les personnes et les processus qui font la différence.

Par Ruolin Yang 26 août 2013

vendredi 23 août 2013

Les américains prefèrent désormais leurs plateformes numériques à leurs téléviseurs




Les tablettes et téléphones portables deviennent la première source de médias aux Etats-Unis, détrônant le poste de télévision et menaçant également la place des ordinateurs.

Alors que son déclin est annoncé régulièrement depuis quelques années, il semblerait que la télévision ait bel et bien été détrônée par les autres canaux de diffusion numériques selon une enquête publiée par le cabinet d'études eMarketer. Alors que 20% des Américains n'ont toujours pas accès à internet, l’audience télévisuelle vient d’être dépassée par la consommation de contenu en ligne La méthode utilisée élargit le champs de définition du temps de consommation global en valorisant l’utilisation multitâches. Par exemple, l’utilisation simultanée d’un appareil mobile et d’un poste de télévision pendant une heure sera comptabilisée comme deux heures de consommation médias. Ce changement de méthodologie aide à percevoir la manière dont le mobile s'insère dans les habitudes de consommation comme un flux continu de contenu.

Une croissance tirée par le mobile et l'usage multitâche

Ce déclassement de la télévision s’explique en premier lieu par la multiplication des plateformes mobiles alternatives favorisant une consommation fragmentée et multitâche. Un adulte américain passe en moyenne 5 heures par jour en ligne sur un appareil digital (tablette, téléphone, ordinateurs etc.) contre 4 heures et 30minutes devant un écran de télévision. Ce constat correspond à une tendance de fond, le temps passé devant la télévision enregistrant une baisse régulière depuis 2012 alors que la consommation de médias digitaux est en augmentation de près de 16% cette année. La part de croissance la plus soutenue provient de l’ensemble des plateformes mobiles avec une moyenne de 2 heures et 20 minutes passées sur des tablette, téléphones portables(en excluant le temps de communication vocale) alors que cette consommation représentait à peine 20 minutes par jour en 2010.

Une reconfiguration des contenus télévisuels vers un usage connecté

Le rapport ne conclut pas sur le déclin assuré des contenus télévisuels. Ce changement dans les modes de consommation s’explique par une disponibilité croissante d’autres plateformes concurrentes permettant un usage plus fragmenté des médias. Le contenu produit pour la télévision trouve un usage en ligne, exemple de CBS qui développe activement sa plateforme en ligne et continue de voir ses revenus augmenter avec plus de 11% d'augmentation le semestre dernier. Une première réponse de ces producteurs est la stratégie de TV Everywhere, rendant accessible le contenu télévisuel à tout moment sur une multitude de plateformes mobiles. Par ailleurs la consommation multitâches devrait encourager le développement de la télévision connectée, mutualisation ainsi les fonctions traditionnelle du petit écran et la connectivité des appareils mobiles. Avec le développement d’accessoires adaptés comme la clé wifi de Google,Chromecast, on peut envisager une reconversion rapide des postes en écrans connectés.

Par Tomas Meyer 

mardi 27 septembre 2011

Amélioration de la relation numérique à l'usager



Rapport issu des travaux du groupe "Experts Numériques" - Septembre 2011

RIESTER Franck ,
FRANCE. Ministère du budget, des comptes publics et de la réforme de l'Etat

Dans le prolongement de son premier rapport de février 2010 (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000078/index.shtml), le groupe d'experts du numérique piloté par Franck Riester a été invité par le ministère en charge de la réforme de l’Etat à réexaminer la stratégie de relation numérique entre l’administration et ses usagers. Appelant à poursuivre la mise en oeuvre des 10 propositions du premier rapport, le groupe d’experts souligne que les évolutions récentes dans le domaine des médias sociaux et de l’Internet mobile définissent de nouveaux enjeux et impératifs. Quinze nouvelles propositions pour poursuivre l’amélioration de la relation numérique à l’usager sont présentées dans ce second rapport.

Télécharger le rapport     ( 1119 Ko, PDF)


http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/114000574/