dimanche 20 mai 2012

Le gouvernement américain se mue en professionnel du capital risque pour aider les jeunes entreprises innovantes - Partie 1 : une tactique risquée

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70054.htm

Après une année 2012 que l'on pourrait qualifier de très bon millésime, avec 30 milliards investis dans les jeunes entreprises innovantes, l'industrie du capital risque est revenue sur terre en ce début d'année 2012. En effet, au premier trimestre, les investissements sont en baisse de 22% par rapport au dernier trimestre 2011. Ces chiffres sont principalement le fait de l'absence de "mega transactions" qui grossissent les chiffres, comme en 2011. Ils ne peuvent donc être considéré comme le signe d'une correction du marché ou de l'éclatement d'une bulle des investissements. En revanche, un phénomène important est à observer : les fonds de capital risque accentuent leurs prises de participation dans des projets en amont de l'innovation, en phase d'amorçage ou précoces [1]. Au premier trimestre 2012, un investissement sur cinq est effectué dans ce type de société. Cela est aussi nouveau...

Un nouveau programme fédéral pour soutenir les JEI

... qu'important. Nous le savons, les jeunes entreprises innovantes (JEI) sont très fragiles financièrement à ces stades [2] et l'existence de financements extérieurs conditionne le franchissement des étapes de maturation et de preuve de concept. Le gouvernement fédéral est certes bien conscient de cette situation mais son intervention était limitée, sauf par le biais d'incitations fiscales [3] et du programme SBIC ("Small Business Investment Companies"), géré par l'agence américaine des PME (SBA, pour "Small Business Administration"). Via ce programme, la SBA investit par l'intermédiaire de fonds d'investissement labellisés SBIC plusieurs centaines de millions de dollars par an dans des JEI. Ces dernières présentent la caractéristique d'être en phase de développement. Sur l'ensemble des E.-U., la question de l'accès au financement de ces jeunes entreprises reste entière : depuis 2006, seuls 10% des fonds de capital risque sont allés aux entreprises en phase précoce, et 69% de ces derniers se sont concentrés sur 3 régions : la Californie, le Massachusetts et New York. Les autres régions souffrent donc d'un sérieux déficit quant à l'accès au capital risque.

Pour pallier ce problème de financement des jeunes entreprises en phase précoce, la SBA vient de lancer un programme d'amorçage ("initiative" en anglais) qui répond au nom de "Early Stage SBIC". Il est doté de 1 milliard de dollars sur 5 ans. Seuls les fonds de capital risque qui s'engagent à investir des moyens dans des entreprises en phase précoce ou de démarrage pourront tenter leur chance pour obtenir la labellisation du programme et prétendre à un apport financier de la SBA.

Pour s'assurer de l'engagement des fonds labélisés, la SBA n'abondera qu'à hauteur du montant investi par l'entreprise de capital risque, c'est-à-dire jusqu'à 50 millions par fonds. La SBA, par ce système, met en place un mécanisme incitatif d'investissement dans les jeunes entreprises, en abondant ("match") l'engagement des fonds privés. L'objectif est double : rendre l'investissement dans ces très jeunes entreprises plus attractif en partageant les risques, et remédier au problème d'accès au capital pour les très jeunes entreprises. Le gouvernement fédéral espère également permettre une meilleure répartition géographique des investissements privés dans les JEI tout en limitant la concentration observée jusqu'à présent.

Le dispositif est une aubaine pour les fonds de capital risque et l'industrie financière américaine. Les sociétés de capital risque, qui ont de plus en plus de mal à lever de nouveaux fonds pour investir dans l'innovation [4], sont en effet face à des bailleurs de fonds (fonds de retraite, fonds de réserve universitaires, etc.) qui dirigent désormais leurs investissements sur des produits financiers associés à des échéances moins longues et des risques inférieurs.

Le "Early Stage SBIC" démarre, patientons quelques mois pour connaître l'impact du nouveau dispositif sur l'innovation et sur l'économie de l'industrie du capital risque.

Gouvernement et capital risque : un mélange détonant

Sans verser dans un pessimisme exagéré, il est ici utile de rappeler que l'association d'autorités étatiques avec des sociétés de capital risque n'a jamais été très heureuse, aux Etats-Unis ou ailleurs. Josh Lerner, spécialiste du sujet à HBS (Harvard Business School), explique que la plupart de ces alliances sont vouées à l'échec parce que bancales : elles souffrent de précipitation dans leur montage et les objectifs à long terme sont mal identifiés. S'ajoute à cela un manque d'implication et de suivi par les gouvernements une fois les fonds distribués. Selon cet auteur, la principale difficulté des gouvernements dans leur tentative d'adopter un modèle de capital risque réside d'une part dans le calibrage de leurs investissements dans des domaines où l'accès au capital fait défaut et d'autre part dans l'adéquation des financements avec les entreprises ayant un vrai potentiel. En d'autres termes, le gouvernement devrait éviter de dupliquer des investissements déjà existants, tout en ne s'aventurant pas dans des secteurs présentant une faible visibilité.

Il existe pourtant des contre-exemples de fonds de capital risque "publics" qui fonctionnent de manière satisfaisante. C'est le cas dans le Massachusetts. Le Département pour les énergies renouvelables du Massachusetts [5] (MCEC) a constitué, depuis 2008, un petit fonds d'investissement de 4,5 millions de dollars par an, destiné à une catégorie spécifique de très jeunes entreprises évoluant dans l'industrie des énergies propres. Afin de rendre l'utilisation de ce fonds la plus efficace possible, le MCEC observe de façon stricte 4 principes :
- Le fonds se concentre sur les secteurs faiblement couverts par les investisseurs privés, c'est-à-dire les très jeunes entreprises dans le domaine des énergies propres ayant un faible accès au capital en raison du fait que les investisseurs se concentrent principalement sur le web et la santé.
- Le fonds exige que, pour chaque investissement, un fonds privé abonde à même hauteur dans l'entreprise choisie. Le MCEC s'assure donc que ses investissements répondent aux besoins du marché et qu'ils aillent dans des entreprises potentiellement viables.
- Le MCEC s'appuie sur des spécialistes de l'investissement privé pour gérer ce fonds, en plaçant notamment à sa tête Arif Padaria, ancien directeur des investissements stratégiques chez Microsoft après avoir évolué dans le capital risque.
- Le fonds s'est engagé à ne pas effectuer de préférence géographique pour ses investissements, ce qui évite d'introduire tout biais, notamment lors de l'évaluation des sociétés candidates

Ces 4 principes ont été identifiés par Josh Lerner comme étant les clés de la réussite d'un fonds d'investissement gouvernemental. S'il est trop tôt pour juger de la performance à long terme du fonds, les 3 premières "sorties du capital" du fond MCEC ont généré un multiple de 1,4 sur l'investissement initial, ce qui est très encourageant. Le succès du fonds MCEC dépendra sans doute de sa capacité à attirer et retenir dans ses équipes les meilleurs talents de l'investissement privé. Précisons que ces derniers sont payés par le MCEC sous forme de salaire fixe, contrairement au système de rémunération classique des fonds de capital risque.

Un autre fonds lié à l'état du Mass., le MTDC (société de développement technologique du Massachusetts), a généré un taux de retour moyen sur investissement de 16,5% sur les 30 dernières années, en suivant les mêmes règles de développement que le fonds du MCEC, validant l'existence de modèles performants.

Les gouvernements locaux sont-ils mieux placés pour investir directement dans des entreprises ?

Les deux fonds évoqués présentent également la particularité d'être locaux et d'avoir adapté leurs objectifs aux caractéristiques des écosystèmes dans lesquels ils ont été créés, en identifiant des "manques" locaux. De telles initiatives sont plus délicates à mettre en oeuvre au niveau du gouvernement fédéral, la difficulté étant de prendre en compte les caractéristiques économiques locales : tissu industriel, niveau de compétitivité, de niveau de financement existant ; etc.

Le modèle du capital risque : un bon choix pour le gouvernement ?

L'initiative "Early Stage SBIC", aussi louable soit-elle, devra donc relever des défis importants pour apparaître comme un complément efficace aux investissements "traditionnels" dans les très jeunes entreprises innovantes.

En choisissant le modèle du capital risque, l'administration fédérale prend aussi un autre risque. En effet, si le modèle est une source de financement importante pour les jeunes entreprises, il est de plus en plus décrié pour son incapacité à procurer des retours sur investissement importants à ses bailleurs de fonds, c'est à dire les "Limited Partners". Ces derniers, mis à part quelques "gros coups" comme Groupon, Facebook ou Instagram, ne font pas d'excellentes affaires. D'où la très grande difficulté pour les firmes de capital risque à lever de l'argent auprès des bailleurs de fonds.

Un rapport récent de la fondation Kaufman dévoilant l'inefficacité globale du système actuel des firmes de capital risque, a d'ailleurs fait l'effet d'une bombe dans le paysage des investisseurs. C'est ce modèle de financement que nous nous proposerons d'étudier dans la seconde partie de cet article.

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[1] Appelés "seed stage" ou "early stage"

[4] Un point bas a été atteint en 2011 avec 18 milliards de dollars levés.

[5] Massachusetts Clean Energy Center

Citation du Dimanche – Fujio Choby Cecil

“We get brilliant results from average people managing brilliant systems. Our competitors get average results from brilliant people working around broken systems.”

"Nous obtenons d'excellents résultats de personnes normales gérant des systèmes géniaux. Nos concurrents obtiennent des résultats moyens de personnes excellentes utilisant des systèmes défectueux."


Fujio Cho, Président du directoire de Toyota


Une citation tirée du livre blanc "Lean Product Management" [EN], et un principe qui est pronfondément inscrit dans la culture de développement logiciel Agile, culture où, la aussi, le culte du héros ou de l'expert qui va sauver le monde est mis à mal.

L'objectif dans les deux cas (Lean et Agile) est d'avoir un système dans lequel des personnes normales sont capables de réaliser des produits admirables de façon soutenable (c'est à dire sans se tuer au travail). Sans que cela nécessite 250 de QI mis à contribution 60h par semaine.

Encore une fois, ce peut-être vu comme une utopie de consultants noyés par la théorie. Toyota a montré que c'était tout à fait applicable dans une entreprise privée, dans un secteur extrêmement concurrentiel dans lequel les contraintes de coût, qualité, délais et de gestion des risques sont particulièrement importants.

Cecil | May 20, 2012 at 10:21 am | URL: http://wp.me/p58hh-1ms

La citation du jour



La liberté signifie la responsabilité. C'est pourquoi la plupart des hommes la craignent.

George Bernard Shaw, *26-July-1856, † 02-Nov-1950

écrivain, dramaturge & titulaire du prix Nobel irlandais

La lecture ce trésor rare !


Lire c’est faire une sorte d’exploration marine qui nous permet de trouver des choses inouïes dans la profondeur de la mer, un voyage multiforme d’un auteur à un autre, apprendre à la fois plusieurs expériences, voyager d’un continent à un autre sans prendre le moindre billet d’avion.

Chaque mois, chacun de nous doit voter un budget pour l’achat d’au moins un livre, quel que soit le genre... Au pire des cas, un seul livre par an suffirait. Ne pas croire que notre bagage scolaire est déjà suffisant pour notre expérience nous ouvre grandement la voie de ce trésor…


Nous entendons autour de nous des gens dire qu’au fur et à mesure que le monde évolue, le nombre des passionnés de la lecture diminue. Certains trouvent comme raison la cherté des livres pour expliquer une telle situation qui est beaucoup plus tangible dans les pays en voie de développement, où il est difficile pour un citoyen moyen de manger deux fois par jour, d’autres se contentant d’un repas par jour ou, au pire des cas, d’un repas pour chaque deux jours. Mais une chose est sûre notre alimentation n’est pas toujours biologique, elle est aussi psychique.

Le goût de la lecture s’acquiert forcément dans un premier temps dans le milieu familial où l’enfant naît. Dans certaines familles africaines la bibliothèque qui devait plutôt servir à recevoir des livres est utilisée pour présenter toute une variété de verres, d’assiettes et de cuillères. En dehors des romans au programme achetés par les parents, ces derniers ne songent même pas à enrichir leur bibliothèque par l’achat de plusieurs sortes de livres non seulement pour enrichir leur culture personnelle mais aussi celle de leurs enfants. Un conseil : Pour ne pas voir le moindre ustensile de cuisine dans votre bibliothèque, mettez à côté d’elle son frère cadet le buffet. Ainsi en voyant chaque jour votre bibliothèque vide, votre conscience vous interpellera quant à son ravitaillement en livres.
Si chacun de nous pouvait savoir le trésor que renferme chaque livre acheté, l’on courra, à la fin du mois, pour en acquérir de nouveau dans une librairie, qu’elle soit proche ou loin de notre domicile ou de notre lieu de travail.
La plupart des personnalités d’hier et d’aujourd’hui ayant été de grands lecteurs, l’Homme de notre ère (heureusement que cela ne touche pas la majorité de la population mondiale) doit savoir que c’est plus par ignorance que par manque d’argent qu’il ne s’aventure pas dans le monde merveilleux et précieux de la lecture.
Constant Ory
Ecrivain

20-05-2012 09:24 












Universités  : quel bilan du processus de Bologne  ?

l’Humanité | 11 mai 2012 | Table ronde
dimanche 20 mai 2012
par antonin

Christophe Charle, historien, président de l’Areser (1), et Charles Soulié, sociologue à Paris-VIII. Marion Guenot, secrétaire générale de l’Union des étudiants communistes. Yves Lichtenberger, professeur de sociologie et membre de la Fondation Terra Nova.

Rappel des faits Élaboré en juin 1999, et signé depuis par quarante-sept pays, le processus de Bologne vise à unifier les systèmes d’enseignement supérieur européen. Depuis une dizaine d’années, il a surtout, sous couvert d’harmonisation et de mobilité des étudiants, entraîné 
la mise en place de réformes à visée néolibérale, dénoncées par une bonne partie de la communauté universitaire.


En France, le processus de Bologne s’est traduit par l’instauration du système LMD (licence-master-doctorat) qui a, entre autres, cassé le cadre national des diplômes, accentué la mise en concurrence des filières et le poids des entreprises dans le contenu des formations. Loin de freiner ce mouvement, le dernier «  rapport d’exécution  » du processus de Bologne, adopté en mars dernier par le Parlement européen, poursuit dans cette même logique de libéralisation de l’enseignement supérieur. Seuls les députés du groupe GUE-GVN, regroupant communistes et progressistes, ont voté contre.

Quel bilan dressez-vous 
du processus de Bologne  ?

Marion Guenot. Il est désastreux pour les étudiants et pour les jeunes diplômés de toute l’Europe. Avec la réforme LMD, on nous parlait d’harmonisation de nos formations. Or, force est de constater que, aujourd’hui, seules les politiques de régression sociale (augmentation des frais d’inscription, casse des services publics…) sont en harmonie. On voit bien que l’ambition de développer la mobilité étudiante est un véritable échec en l’absence totale d’encadrement structurel et financier, seuls 2 % des étudiants de France y ont accès, le plus souvent dans les grandes écoles où les moyens financiers sont les plus importants. Le mot fort du bilan de ce processus est «  déréglementation  ». Les diplômes n’obtiennent pas la même reconnaissance d’une université à une autre en France, alors d’un pays à un autre, c’est bien pire  ! En réalité, l’harmonisation des notations renforce le dumping social en Europe, en permettant de construire une lisibilité pour le patronat européen, qui peut ainsi délocaliser les entreprises là où la formation correspond le mieux à ses exigences et où la main-d’œuvre est moins chère.

Christophe Charle et Charles Soulié. Historiquement, le processus de Bologne visait déjà à faciliter la mobilité des étudiants en Europe. Sur ce plan, le bilan est mitigé. Certes, le nombre d’étudiants en mobilité a augmenté grâce notamment au programme Erasmus, mais comme le souligne le rapport Luigi Berlinguer pour le Parlement européen, les taux de mobilité demeurent relativement faibles. Ce qui s’explique par la faiblesse des financements – aller étudier à l’étranger coûte cher –, ainsi que par les obstacles linguistiques – suivre avec profit des cours en langue étrangère demande d’avoir déjà un certain niveau. Et, au final, on observe qu’en France, ce sont les étudiants des établissements les plus sélectifs – les grandes écoles notamment – qui voyagent le plus, tandis que les universités ont souvent plus de mal à faire partir leurs étudiants. Ce qui s’explique aussi par un salariat plus important chez ces étudiants d’origine sociale souvent plus populaire.

Yves Lichtenberger. Le processus de Bologne est très important du point de vue de la restructuration de notre enseignement supérieur. Son impact, notamment interne, dépasse de loin l’objectif de mobilité européenne des étudiants pour lequel il a été initié. Conçu pour établir des correspondances entre parcours de formation de différents pays, il a aussi mis l’accent sur l’illisibilité des cloisonnements français entre écoles, universités et lycées. Il a amené à s’interroger sur ce qui fait la valeur d’un diplôme et, par exemple, à préciser les conditions dans lesquelles des années de classe prépa ou de BTS pouvaient équivaloir à des années universitaires. Il a eu aussi un grand impact symbolique  : même avec de faibles flux, l’idée qu’une formation pouvait se dérouler dans plusieurs pays est une idée forte, et on ne peut que souhaiter la voir se développer.

En quoi a-t-il bouleversé l’enseignement supérieur en France  ?

Christophe Charle et Charles Soulié. C’est déjà au travers de l’instauration du système LMD (Licence-Master-Doctorat) et de l’instauration du système des ECTS (European Credit Transfer System) que le processus de Bologne a contribué à transformer l’enseignement supérieur français. En France, le Deug a disparu ainsi que la maîtrise, transformée en Master 1. Cette réforme a rendu plus comparables différents systèmes universitaires européens. Mais on peut se demander si, en passant de deux ans à trois ans le temps d’obtention du premier diplôme universitaire, cela n’a pas contribué à accentuer la sélection universitaire, sélection dont on sait qu’elle est déjà très importante. De même, la disparition de la maîtrise, qui représentait souvent le premier travail de recherche un peu personnel des étudiants, a sans doute contribué à une scolarisation accrue des cursus. Enfin, on peut s’interroger sur le fait qu’en France, la sélection soit placée entre l’année de Master 1 et celle de master 2, ce qui n’est guère cohérent tant au niveau de la logique de la recherche que de la délivrance des diplômes.

Yves Lichtenberger. Faciliter la mobilité des étudiants posait, d’entrée, la question des niveaux de diplômes  : comment accueillir en France, pays qui à l’époque avait quasiment un diplôme par année (deug, licence, maîtrise, DEA-Dess), un étudiant venu d’Italie ou d’Allemagne, où n’existaient que le bac et le master  ? Le premier réflexe conduisait à mesurer les formations par la quantité de savoir accumulé et donc la durée d’études (le 3-5-8, précurseur du LMD), tout en se rendant compte que ce qui comptait était le niveau de compétence qu’une formation permettait d’exercer et non la durée d’accumulation. La difficulté a été résolue par une modularisation des formations qui les rendait plus lisibles et par l’instauration des niveaux LMD communs à l’ensemble des pays. Le LMD est ainsi à la source d’un retournement de grande ampleur conduisant à voir la formation du point de vue de sa finalité eLe processus de Bologne a surtout instauré la marchandisation des savoirs. t non comme une fin en soi. C’est une revalorisation de ce qui s’apprend autrement qu’en cours, du travail personnel aussi bien que de l’expérience professionnelle. Le LMD poussant à la définition des diplômes en compétence est aussi ce qui permet de le valider en faisant preuve de son expérience acquise (VAE).

Marion Guenot. Le processus de Bologne a surtout instauré la marchandisation des savoirs. Il n’est plus question de service public de la formation, ni de qualifications et de leur reconnaissance dans les conventions collectives. Les nouveaux mots d’ordre sont «  rentabilité pour les entreprises  » et «  compétitivité  »… On a demandé aux universités françaises et italiennes, par exemple, de créer de nouvelles formations pour être plus compétitives et pour attirer les financements des entreprises, mais cela, sans aucun moyen financier supplémentaire, ce qui a accru les inégalités territoriales et créé une carte de la formation totalement anarchique. Les programmes européens d’évaluation, tels que Pisa, ont donné comme feuille de route de «  faire mieux avec moins de moyens  » et moins d’enseignants. En lien avec le dogme de la réduction des dépenses publiques, c’est aux individus, et non à l’État, d’assurer le coût de leur formation, et cela représente 5 000 à 10 000 euros pour les étudiants, qui sont poussés à s’endetter. Au Royaume-Uni, ce sont 80 % des étudiants qui s’endettent auprès de la Student Loans Company…

À quelles conditions pourrait-on créer une véritable harmonisation de l’enseignement supérieur européen  ?

Christophe Charle et Charles Soulié. On pourrait déjà s’interroger sur l’intérêt d’une telle harmonisation… Car, comme le souligne le rapport Berlinguer, le processus de Bologne a été impulsé «  d’en haut  », par les gouvernements des États membres. Le projet reposait sur l’idée que l’harmonisation permettrait une meilleure circulation des étudiants et, au-delà des diplômés, entre les différents marchés du travail. Vous connaissez la situation de l’emploi en Europe, en ce moment… Les diplômés des pays en crise essaient de se placer sur les marchés du travail moins déprimés de certains pays du Nord, mais cela ne peut être qu’une solution temporaire et marginale au problème du sous-emploi des jeunes, s’il n’y a pas une politique économique et sociale à l’échelle européenne. On ne peut tout attendre d’une simple mesure technique comme celle-là. Surtout, il faudrait d’autres réformes, en interne, des systèmes universitaires, qui ont le plus de mal à former et placer leurs diplômés.

Marion Guenot. Ce qu’il y a d’essentiel aujourd’hui, c’est de sortir nos formations des griffes de la si capricieuse économie de marché, menée par un patronat qui n’a jamais eu pour intérêt le plein-emploi, mais l’enracinement de la précarité et du chômage de masse. Au cœur d’une véritable harmonisation, nous voyons ainsi la construction d’un véritable service public de l’enseignement supérieur, l’harmonisation des droits des étudiants tels que la gratuité des frais d’inscription, l’accès aux logements sociaux étudiants et la reconnaissance des qualifications dans les conventions pour lutter contre la mise en concurrence des jeunes diplômés et le dumping social.

Yves Lichtenberger. Cette réorganisation des cursus est loin d’être achevée, non pas tant par résistance que par besoin d’améliorer les pratiques. C’est, quel que soit le pays, un sacré changement pour les universitaires que d’avoir à assurer non plus seulement la diffusion des savoirs, mais d’être aussi attentifs à la façon dont ils sont appropriés par des populations d’étudiants de plus en plus hétérogènes. Il faut l’accepter, car sinon, nous laisserons au bord de la route tous ceux qui ne nous correspondent pas. En même temps, il faut souhaiter que les lignes de force partagées deviennent de plus en plus lisibles. Et d’abord, le fait que les savoirs valent comme outils d’évolution et de transformation du monde, et non pas le rang social que conférerait un grade. Qu’on ne s’y méprenne pas, cela tourne le dos à une spécialisation trop utilitaire des formations et incite au contraire, dans un monde où comptent l’autonomie et l’innovation, à développer la distance, le goût du risque et l’ouverture d’esprit.

Quelles réformes préconiseriez-vous  ?

Yves Lichtenberger. Il s’agit moins de changer de modèle que d’améliorer les pratiques. Le processus de Bologne est ouvert. Initié par les États, il ne s’est mis en œuvre que parce que des universitaires se le sont appropriés. Il n’est d’ailleurs toujours pas sanctuarisé par une loi. Nous sommes dans un apprentissage collectif, où l’on apprend en faisant. Une belle ambition serait de voir mieux utilisés le cadre et les souplesses qu’il offre en matière d’individualisation des parcours et de mixité des formes d’apprentissage pour voir se développer une formation tout au long de la vie accompagnant les évolutions professionnelles et redonnant sens au travail.

Christophe Charle et Charles Soulié. Pour l’heure, les réponses proposées dans la plupart des pays aux problèmes de l’enseignement supérieur sont inspirées des modèles néolibéraux. On le voit avec la hausse des droits d’inscription, avec la hiérarchisation des filières en fonction des origines sociales, des ressources des familles et des débouchés, et avec la mise en concurrence des établissements pour obtenir des fonds supplémentaires. Toutes ces politiques sont pratiquées dans le monde entier, des États-Unis à la Grande-Bretagne, de la Chine à la Russie, etc. La France a commencé à entrer dans cette logique depuis une dizaine d’années et de manière encore plus nette sous le quinquennat Sarkozy. Nous avons toujours combattu cette orientation car nous voyons depuis longtemps ses effets aggravants dans les pays où elle domine depuis longtemps. Il est absolument nécessaire que la France préserve ce qui n’est pas encore enfermé dans cette logique et propose des alternatives à ce modèle qui n’a pas d’avenir, vu la crise de l’emploi, l’alourdissement des déficits, la stagnation du pouvoir d’achat. Bien entendu, une politique de résistance au modèle néolibéral d’université n’a de sens que si elle est harmonisée au niveau européen, sinon on aura la même tension dramatique qu’entre les pays qui ont l’euro et ceux qui ne l’ont pas, entre ceux qui gardent un idéal d’une société plus égalitaire et ceux qui privilégient les modèles individualistes et inégalitaires.

Marion Guenot. Remettons le partage des savoirs au cœur des politiques internationales pour construire une véritable solidarité entre les peuples, plutôt que la mise en concurrence. Voilà plusieurs années que nous luttons aux côtés de nos camarades grecs, italiens, belges, espagnols et portugais, pour construire une université de la solidarité, au service de notre émancipation et des besoins sociaux. Mais cette visée ne doit pas s’arrêter aux frontières de l’espace Schengen  ! L’histoire nous montre que le partage des savoirs a toute son importance, en particulier depuis que les peuples des pays du Sud, tels que ceux de l’Afrique, ont conquis leur indépendance. Nous devons leur donner les moyens d’obtenir des diplômes, et abolir cette politique de quotas. Les discours de solidarité, envers le peuple tunisien comme pour le peuple palestinien, doivent s’accompagner d’actes très concrets, c’est pourquoi nous avons lancé la bataille pour obtenir des jumelages avec ces universités. Il est temps d’offrir à tous ces peuples, qui viennent de faire leur printemps, notre solidarité la plus chaleureuse, bien loin de l’hiver rude que leur ont réservé Sarkozy et Berlusconi  !

(1) Association de réflexion sur 
les enseignements supérieurs et la recherche qu’il a fondée avec Pierre Bourdieu en 1992.

Le processus de bologne

Lors de la conférence de Bologne, en juin 1999, les 29 pays qui signent le texte commun identifient six actions à mener, parmi lesquelles  : mettre en place un système de comparaison pour faciliter la reconnaissance internationale des diplômes et qualifications  ; organiser les formations sur un premier cycle destiné au marché du travail (de trois ans au moins) et un deuxième cycle  ; valider les formations par un système d’accumulation de crédits transférables entre établissements  ; faciliter la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs  ; coopérer en matière de qualité des enseignements.

Ils ont dit

George Caffentzis, professeur à l’université 
du Maine du sud, 
à Portland (États-Unis).

«  Au moment de la réforme 
de Bologne, les pouvoirs publics n’ont pas été cohérents, 
en ne faisant pas de la licence 
un diplôme reconnu et valable 
en soi. Pour ne citer qu’un exemple, la non-adéquation 
des concours d’État à cette nouvelle structuration des études est absurde… 
Il faut admettre que, dans la plupart des pays signataires du processus de Bologne, cette adaptation des concours au LMD (licence-master-doctorat) a été un échec.  »

«  Le processus de Bologne met ouvertement l’université au service des entreprises. Il redéfinit l’éducation comme la production de travailleurs mobiles et souples, possédant les compétences exigées par les employeurs. Il centralise la création de normes pédagogiques, retire leur autorité aux acteurs locaux et dévalue le savoir comme les intérêts locaux. Dans ce contexte, il ne fait aucun doute que la crise financière internationale de 2008 met à rude épreuve la résistance du milieu universitaire, en supprimant les dernières protections, par la voie de réductions budgétaires…  »

Entretiens croisés réalisés par Laurent Mouloud

http://www.collectif-papera.org/spip.php?article1320

LA CIFRE – Entre avantages et contraintes, retour sur expérience

Master sociologie | 16 avril 2012 | par rydergillespie
dimanche 20 mai 2012
par antonin

Trouver ou recevoir un financement pour réaliser sa thèse se révèle être un enjeu majeur pour assurer au doctorant de bonnes conditions de travail. De nombreuses possibilités existent cependant, parmi lesquelles, la CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la REcherche). Cette possibilité qui lie, dans un accord tripartite, étudiant, laboratoire et entreprise pour la réalisation d’une thèse en trois ans, peut présenter des avantages mais aussi des inconvénients. Il nous est donc apparu intéressant de revenir sur un certain nombre d’expériences vécues de doctorants en contrat CIFRE. L’échange ci-dessous est, nous l’espérons, le premier d’une série. (Si vous êtes intéressés pour apporter votre témoignage sur votre expérience CIFRE ou compléter ce texte, vous pouvez contacter l’équipe du site à cette adresse : redac.socioehess[at]gmail.com)

Pour toute information complémentaire sur la CIFRE : http://www.anrt.asso.fr/

Lire la suite  http://www.collectif-papera.org/spip.php?article1318

Will economy trump Islam in Egypt?

Article by: JEFFREY FLEISHMAN , Los Angeles Times
Updated: May 19, 2012 - 7:09 PM

For many voters, Egypt's landmark presidential election should focus on restoring nation's prosperity, not religion.

An Egyptian woman stands in front of a mural depicting military ruler Field Marshal Hussein Tantawi, on the left side of the face and ousted president Hosni Mubarak, right side, in Cairo, Egypt, Saturday, May 19, 2012. Egyptians are for the first time freely electing their president starting May 23-24.
Photo: Manu Brabo, Associated Press

CAIRO - Adham Bishr said Egypt's next president should give him a job, not tell him how to worship God.

Men gathered around Bishr in a scrap of shade by the Nile, arguing over inflation and politics before disappearing into the grit and anger of a neighborhood at Cairo's edge. The men, mostly unemployed drivers, mill hands and laborers, want work; their sons, college students with dim prospects, wonder whether the future will bring enough money to take a wife.

"I don't care about how much Islam is in the government," said Bishr, laid off years ago from a sugar factory. Before that, during decades when Egypt paid unlivable wages, he built roads in Iraq and welded metal in Saudi Arabia. "I want a president who will rebuild our country. We need to rise again to greatness."

Egypt is hobbled by economic turmoil, poor health care, failing social programs and lack of security. The top candidates in the presidential election that begins Wednesday have addressed these concerns, but the issues have often been eclipsed by passion over how deeply Islam should permeate a new constitution and government.

Start of a new era

The election will set the trajectory and tenor of an untested political Islam emerging from more than a year of Arab uprisings. It's a struggle between ultraconservatives and liberals over whether Egypt should lean toward the fundamentalism of Saudi Arabia or the moderate inclinations of Turkey. The discourse is driven by influential scholars and clerics who invoke piety as a political barometer.

Most Egyptians agree that Islam should guide national policy. But men like Bishr -- more than 40 percent of Egyptians live on less than $2 a day -- fear that the elite's preoccupation with religion and talk of reviving centuries-old caliphates are diversions from the country's entrenched problems. Such sentiment is shared miles away in cafes frequented by the young professionals.

"We need to get the economy on its feet," said Shady Ghoneim, an electronics importer who supports leading secular candidate Amr Moussa. "Foreign investors won't come back unless they can trust a moderate president."

The landmark vote promises to end an era of autocratic rule that began in 1952, when Gamal Abdel Nasser led a military coup that freed Egypt from colonial rule. Since then, the nation has known only military men as its presidents. The question is whether the Arab world's most populous state is prepared to deliver an Islamist to the palace.

The choices Egyptians face among the top candidates are clear and symbolize the contentiousness over how to move beyond the legacy of Hosni Mubarak, who was ousted last year. Moussa, a former foreign minister, promises to offer a secular balance against a parliament controlled by Islamists. He is challenged by Abdel Moneim Aboul Fotouh, a liberal Islamist straining to appease moderate and ultraconservative sensibilities, and Muslim Brotherhood hopeful Mohamed Morsi, who has veered toward hard-line clerics.

Prosperity denied

Morsi's place of third or fourth in the polls indicates that respondents, about 40 percent of whom say they are undecided, are suspicious of the Brotherhood and seek a candidate less driven by religious dogma than enshrining a civil state. That's true for Bishr and the men of the Tora neighborhood, which echoes with tales of prosperity denied.

Bishr took part in last year's uprising in Tahrir Square. Most of his friends did not, and Tora, like many working-class and poor neighborhoods, watched from the outskirts as history unfolded. Parents here hustle for handyman jobs and subsidized bread; they want Egypt kept out of wars and enough household money to fix broken shutters and sagging walls.

"The poor should be the first priority," said one man. "Egyptians are merciful," said another. "We already have Islam in our hearts."

http://www.startribune.com/nation/152161475.html

Chine : 210 000 diplômés devenus fonctionnaires de village fin 2011

Copyright © Chine Nouvelle (Xinhua) - Xing Yaofeng, le 20-05-2012 09:38

Le nombre de diplômés devenusfonctionnaires de village dans les régions rurales de Chine a dépassé 210 000 fin 2011, a rapporté dimanche le Quotidien du peuple, journal phare du Parti communiste chinois.

Citant un récent rapport sur les diplômésdevenus fonctionnaires de village, le journal indique que la Chine comptera 400 000 de ces fonctionnaires fin 2015 et 600 000 fin 2020.

Avec 600 000 diplômés occupant des postes de fonctionnaires à l'échelon de base, la Chine sera capable de recruter du personnel pour chaque village du pays avec au moins un fonctionnaire diplômé de l'université, selon le rapport.

Ces dernières années, la Chine a sélectionné des diplômés d'université volontaires pour occuper les postes de fonctionnaires de village dans le but de promouvoir la réserve de talents pour les administrations de base dans les régions rurales du pays.

Cependant, le rapport note que certains jeunes fonctionnaires diplômés n'ont pas une bonne compréhension des conditions locales ni conscience des sentiments de la population.

http://www.chine-informations.com/actualite/chine-diplomes-devenus-fonctionnaires-de-village-fin_42817.html

Les réseaux sociaux misent sur l'information

Par Marie-Catherine Beuth Mis à jour le 18/05/2012 à 22:14 | publié le 18/05/2012 à 19:07

 
Twitter compte 140 millions de membres actifs.
Crédits photo : Pascal SITTLER/REA/Pascal SITTLER/REA 
 
Après LinkedIn et Facebook, Twitter adapte son service avec les recommandations d'utilisateurs.


Après le livre dont vous êtes le héros, voici le journal dont vos amis sont les rédacteurs en chef. Soucieux de capter l'attention de leurs utilisateurs, lesréseaux sociaux capitalisent sur leurs bases d'utilisateurs pour lancer des services de recommandation d'information.

Dernier en date, Twitter vient d'annoncer le lancement d'une lettre d'information hebdomadaire, inspirée de la rubrique «Découvrir» de la plate-forme de microblogging. Les 140 millions de membres actifs de Twitter vont recevoir, dans les prochaines semaines, par e-mail, une newsletter personnalisée. Elle offre des liens vers les 5 articles les plus partagés dans leur réseau, ainsi que les personnes qui les ont partagés. «Pour vous aider à décider lesquelles comptent le plus pour vous», explique l'entreprise sur son blog. Afin d'inciter les utilisateurs à découvrir aussi de nouveaux comptes, Twitter complète sa lettre hebdomadaire avec 5 tweets qui ont eu beaucoup d'écho dans la semaine.

Twitter avait signalé son intention d'entrer sur ce marché de la recommandation d'information en rachetant la start-up Summify en janvier dernier. C'est la technologie développée par cette dernière qui est aujourd'hui exploitée par la lettre Twitter Stories. Elle doit aider les utilisateurs du site à se repérer dans le flot des 340 millions de tweets, envoyés quotidiennement sur la plate-forme.

Dénicher et remonter

Mais la pépite de San Francisco n'est pas seule sur ce terrain. Son annonce intervient un mois après le lancement d'une fonction ­«articles tendance» surFacebook. Le réseau social affiche désormais une sélection d'articles dans le fil d'actualité de ses membres. La sélection est constituée à partir des articles lus par les amis des utilisateurs sur des sites d'information ou dans des applications connectés à Facebook. Et ce ne pourrait être qu'un début, le réseau social cofondé par Mark Zuckerberg ayant fait parler de lui en janvier avec le recrutement d'un journaliste au poste de «managing editor».

Mais c'est le réseau social pro­fessionnel LinkedIn qui avait, le premier, saisi le potentiel que représentait sa communauté d'utilisateurs pour dénicher et remonter les informations qui abondent sur la Toile. Il y a un an, le site créé par Reid Hoffmann lançait en effet LinkedIn Today, une newsletter quotidienne composée d'articles sélectionnés par les membres du réseau grâce au bouton de partage ­«LinkedIn Share». Avantage pour LinkedIn: en se basant sur une ­communauté de professionnels, les articles partagés sont souvent pointus et utiles pour ses membres. Après un an d'expérimentation aux États-Unis, LinkedIn Today est désormais attendu en Europe.

Par Marie-Catherine Beuth
Journaliste, Le Figaro

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/05/18/20004-20120518ARTFIG00618-les-reseaux-sociaux-misent-sur-l-information.php

La citation du jour



Je défendrai mes opinions jusqu'à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres.


Voltaire, *21-Nov-1694, † 30-May-1778