dimanche 20 juillet 2014

« Des pierres et du ciment » au service de l’interaction pédagogique

Crédit photo salle de co-working
Université de Marne La Vallée
Billets en rapports - les "e.learning center" au service du e.learning - Au lieu de sanctuariser l’école ... - De l’utopie de la négation du corps - La classe connectée ...

J’utiliserai dans cet article le terme d’architecture mais entendu comme l’architecture d’intérieur au sens ou le définit l’UNAID (Union Nationale des Architectes d’Intérieur, Designer) : « Participant de plain-pied à l’acte de construire, l’architecte d’intérieur exerce son art depuis l’élaboration et l’agencement des volumes d’un bâtiment jusqu’à la mise en scène des objets qui vont faire la qualité, la cohérence et le plaisir d’habiter un espace accordé au plus juste des besoins comme des goûts de ses clients »

Ma réflexion sur l’espace de formation m’a amené, lors cette année universitaire (2013-2014), à visiter plusieurs lieux de formation aménagés à titre expérimental. J’ai entendu plusieurs acceptions pour qualifier ces lieux, learning center, fablab, atelier de co-working. Je laisserais de côté ici les analyses afférentes à la terminologie pour me concentrer sur les enjeux des aménagements. Il faut entendre ici la démarche qui consiste à revisiter les lieux de formation dans leur conception architecturale au service d’une scénarisation pédagogique. L’objectif affirmé étant de favoriser les interactions sociales et de développer une meilleure posture d’enseignement et d’apprentissage.

Dans chacun des cas observés l’objectif des concepteurs a été de briser les modes de transmission de type "top down" représentés par la salle de classe dite autobus ou l’amphithéâtre.
Le dernier espace que j’ai visité à l’Université de Marne La Vallée m’a permis de lancer des pistes de réflexion. J’ai eu, au final, beaucoup de difficulté à identifier la nature de ces lieux qui se construisent ici et là. Certains parlent de learning center, d’autres de fablab, de tiers lieux, d’espace de co-working. À cet instant de ma réflexion j’ai un sentiment de confusion, de défense de pré carré conceptuel, là ou se dessine une réflexion forte sur la conception matérielle et immobilière des lieux d’apprentissage.

Afin de solder temporairement la question sémantique, je souhaite donner un début de cadrage conceptuel pour situer la diversité des concepts qui peut d’une certaine façon perdre le lecteur

Le learning center

- C’est "Un environnement flexible – L’intégration d’un ensemble de ressources, de services et d’expertise – L’anticipation et la conduite d’un changement de modèle éducatif" Graham Bullpitt (1)

Le FabLab

"Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, "intelligents" ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle…" FING (2)
"Un FabLab est un réseau de laboratoire local permettant l’accès à l’invention et la fabrication à des individus par la fourniture d’outils digitales et de fabrications. Vous pouvez utiliser le FabLab pour faire tout ce que vous souhaitez et le partager avec les autres utilisateurs. L’éducation au FabLab se déroule par le projet et la pratique. Vous êtes sollicité pour contribuer aux documentations et instructions des processus." ENSCI (3)

L’espace de co-working

« Le terme de « Coworking » est apparu pour la première fois en 1999, dans un article de Bernie DeKoven, créateur de jeux-vidéos et auteur de nombreux ouvrages sur les nouvelles formes de divertissement /…/
La notion de Coworking regroupe en réalité deux idées, proches mais distinctes. En nous appuyant sur la traduction littérale du terme, nous pouvons analyser le Coworking comme un « centre de travail partagé ». Cependant, la notion recouvre aussi l’idée d’un réseau de travailleurs indépendants ou en freelance, particulièrement sensibles à l’échange, à la coopération et à l’ouverture. L’accent est donc mis sur une communauté de travailleurs autonomes et indépendants, partageant un ensemble de valeurs et de besoins. Cette communauté est très intéressée par les synergies pouvant naitre de la collaboration de ses membres. Les espaces de Coworking se vivent ainsi comme des espaces différents du domicile ou de l’entreprise. Il s’agit d’une troisième voie, à mi-chemin entre les deux lieux de travail précédemment cités, mêlant le confort du travail à domicile et la richesse sociale du travail en entreprise (4) . »

Ce lieu que je tente d’analyser, objet de tant de tentatives de définitions est complexe. Je suis invité, à cet instant de ma réflexion, à orienter mes analyses vers un nécessaire brassage des différentes définitions. Ce choix du mélange ne résulte pas d’une volonté velléitaire mais bien du sentiment fort que les espaces matériels de formation fusionnent dans les usages alors que les spécialistes restent sur des querelles de chapelles liées aux définitions. Mes propos, qui pourront en heurter plus d’un, reposent sur mes observations, constats de la présence d’éléments épars empruntés à chacune des définitions :

• La présence d’outils de prototypage, notamment l’imprimante 3D, des robots
• La redéfinition de l’agencement de la salle. La conception de lieux prend en compte la posture du corps dans l’organisation du dialogue, la pose du corps est imaginée. Le corps n’est plus seulement pensé dans un rapport contraint du tryptique bureau / humain / chaise. J’ai noté la présence quasi systématique de canapés, de fauteuils, de chaises à l’assise confortable pour la conception de l’espace de dialogue. Jusqu’à présent j’avais isolé ces dispositifs seulement dans des lieux symboliques du pouvoir ou l’on dialogue entre pairs (Le bureau du Doyen de ma faculté par exemple). ;
• La présence d’outils de partage comme les moniteurs muraux pour partager l’information ;
• L’accès aux ressources documentaires via les interfaces numériques ;

Ces lieux sont des cadres d’observations privilégiés pour imaginer les interactions qui peuvent (pourront, pourraient) s’établir entre les acteurs des dispositifs de formation grâce aux intentions des concepteurs (5) de l’architecture intérieure scolaire.

Il faut analyser avec attention ces processus de conception. La seule entrée par les « meubles meublants (6) » peuvent nous entraîner dans la reproduction d’erreurs passées. Je tourne ici mon regard, pour opérer un parallèle, vers la période de conception des salles d’informatique dans les établissements de formation (école, collèges, lycées, Universités). Dans les années 90 on distinguait la salle de cours et la salle informatique parce que l’on séquençait les deux actions. Il convenait de placer des ordinateurs dans une salle sans autres formes de préoccupations pédagogiques. Nous pouvons, me semble t-il, si nous n’y prenons garde sombrer dans le même type de procédé lors de la conception des espaces de formation. Nous ne devons pas recréer des salles bis, plus confortables, plus cosy mais pas si différentes que cela des autres.

Un établissement de formation est un formidable lieu de socialisation et d’interaction que le duo architecture / organisation des services s’évertue trop souvent à mon goût, à mettre sous l’éteignoir. Je ne prétends pas qu’une école est encore gérée comme le Panopticon de Bentham (Table ronde Paris 8, 2011), mais je pense que la volonté de contrôler, de surveiller, séquencer est encore très présente et qu’elle « neutralise » la nécessaire économie de la confiance, fondement me semble t-il des apprentissages.

À ce sujet on peut lire dans la revue Persée (7) :
« L’organisation du temps (l’emploi du temps) veut d’autre part « additionner et capitaliser le temps », constituer « ce temps disciplinaire qui s’impose peu à peu à la pratique pédagogique. La mise en « série » des activités à l’école élémentaire « permet » de la sorte « tout un investissement de la durée par le pouvoir », et l’horlogerie disciplinaire se révèle un dressement d’un temps de l’apprentissage des savoirs, qui assujettit l’enfant à la découpe même des savoirs, à leur division.

Dans ce complexe disciplinaire, se situe un dispositif mettant l’élève sous le regard du maître, qui contraint par le « jeu du regard ». La « surveillance hiérarchique » impose une architecture qui s’intègre « au rapport pédagogique », autorise une indiscrétion de tout instant, et donc le Panopticon imaginé par (Bentham, 1791) comme dispositif carcéral pour tenir les prisonniers sous la vue permanente des gardiens participe mutadis mutandis d’un imaginaire pédagogique. Rêve inquiétant d’une société transparente, au pouvoir d’une machine à contrôler » (Fillioux, 1992)

Il est par conséquent nécessaire de dynamiser et de renforcer la réflexion sur les architectures d’intérieur des lieux de formation, en évitant cependant de s’égarer, en sombrant dans certains biais d’analyse. Le postulat sur lequel nous nous appuierons est le lien que l’on peut établir entre les agencements spatiaux et les interactions humaines éducatives. Nous devons nous poser la question suivante pour asseoir notre réflexion : « Faut-il dédier un lieu unique et architecturé au service de l’interaction pédagogique dans les établissements de formation ? » Si je raisonne a contrario, cela signifie que les autres lieux ne seraient pas voués à l’interaction, à la collaboration, à la coopération, ou le seraient moins ? Mettre en lumière un lieu, c’est d’une certaine façon jeter un voile d’ombre sur les autres.

La première question en appelle une autre : « La mise en place d’un lieu spécifique organisé ne fait-il pas émerger un paradoxe ? » L’unicité du lieu obligera la communauté des acteurs à réserver la salle lorsque le besoin émerge. L’invitation à collaborer, obligera à réintroduire un planning rigide au service d’une réflexion agile (?). Cela remet au centre de la réflexion, le séquençage espace / temps qui est un instrument de normalisation comme dit Michel Foucault " « Le temps mesuré et payé doit être aussi un temps sans impureté ni défaut, un temps de bonne qualité, tout au long duquel le corps reste appliqué à son exercice ». "(Foucault, 1975). Le paradoxe est là, le besoin d’interagir socialement pour instiller de la souplesse, de l’agilité créé de la rigidité.

Fort de cette contradiction, on peut se risquer à faire quelques propositions :
L’émergence de lieux construits et pensés pour le travail collectif, coopératif et collaboratif (Godinet, 2007) est un marqueur des nouveaux modes de travail de ce début du 21ème siècle. Nous éviterons ici de placer la collaboration comme le seul alpha et oméga de la pédagogie moderne mais bien de replacer ce concept comme pouvant être une chance éducative ou un puissant toxique (Stiegler, 2010)

Le rapport au savoir et à la connaissance est matérialisé par l’architecture. Là où le tryptique ; tableau, estrade, bureau symbolisait la transmission du savoir acquis oralisé (Serres, 2012), l’espace poreux (Bardi – Bérard, 2002) déconstruit oblige à repenser l’apprentissage et l’enseignement dans leur dimension spatiale. Comment doit-on concevoir la collaboration dans un espace éducatif ? Ces lieux (encore largement) symboliques sont à la fois dédiés aux méthodes de travail scénarisées et sont aussi une façon institutionnelle de proclamer l’engagement à développer les méthodes agiles.

Il est à la fois lieu d’usage, de recherche et de proclamation d’intention politique de formation. Il appartient maintenant aux institutions et aux équipes pédagogiques de passer d’une méthode de recherche / action in vitro à l’action in vivo. Passons de l’expérimentation à la généralisation.
Cette réflexion s’inscrit obligatoirement dans le registre du singulier et du pluriel, faut-il un lieu ou des lieux de co-working dans les Universités ? Du tiers lieu au lieu d’inclusion les champs d’analyse sont nombreux.

Créer UNE (seule) salle de co-working dans une Université c’est faire un effort d’investissement qui peut justifier budgétairement l’unicité mais on ne peut réduire la réflexion aux seuls enjeux financiers.
Soyons audacieux en poussant le raisonnement jusqu’au bout. Si l’on estime que le mode coopératif et collaboratif sont les principes à retenir pourquoi les confiner à une spatialité réduite ?

Les travaux à engager doivent être initié dans une analyse préalable sur les besoins, les envies mais aussi les peurs et les craintes des enseignants et des étudiants. Il me semble contreproductif de concevoir la ou les salles puis de tenter de convaincre de leurs pertinences. Il s’agit bien dans mon propos de lier intimement les réflexions sur le sens d’un lieu et celles de la pédagogie.

Ce billet est le début d’une réflexion. Un peu plus qu’un billet mais pas encore un article, je souhaite pouvoir pousser plus avant cette analyse sur les espaces de formation.

***

[1] « Des pierres et du ciment » au service de l’interaction pédagogique

[2] Fing – http://fing.org/?Le-Fab-Lab-lieu-d-artisanat

[3] Définition Fab Lab par l’ENSCI – http://www.ensci.com/createur-industriel/ateliers-de-projets/j-l-frechin/projet/article/9482

[4] Définition des modalités de mise en place d’un lieu de « Coworking » à Lyon – DEPAROIS Vivien -MARY Juliette -VILLEMONTE de la CLERGERIE Cécile, Mastère Spécialisé : Marketing et Management des Services, EM Lyon Business School

http://www.espacedestemps.grandlyon.com/_Services_aux_salaries/doc/EM%20LYON%20benchmark%20Coworking.pdf

[5] Par concepteur, j’entends un champ large qui va des architectes aux équipes pédagogiques engagés dans la réflexion sur des lieux de formation.

[6] Dictionnaire de droit privé « Dans le langage de la technique juridique, les pièces de mobilier qui garnissent les habitations ou les bureaux des entreprises (tables. bibliothèques, lits, rideaux. .) »

http://www.dictionnaire-juridique.com/definition/meuble.php

[7] Revue Persee – http://www.persee.fr/web/guest/home

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Bibliographie

Bardi – Bérard. (2002). L’école et les réseaux numériques. (La documentation française, Éd.)
Bentham, J. (1791). Le Panoptique (éd. Les mille et une nuits, 2002). Les mille et une nuits.
Fillioux, J.-C. (1992). Michel Foucault et l’éducation (éd. Numéro 99). Revue française de pédagogie.
Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. (Gallimard, Éd.)
Godinet, H. (2007). Le Campus numérique FORSE : analyses et témoignages. (PURF, Éd.)
Stiegler, B. (2010). Ce qui fait que la vie vaut le peine d’être vécue. De la pharmacologie. (Flammarion, Éd.)
Table ronde Paris 8. (2011). Autour du Panoptique de Jeremy Bentham (éd. Université Paris 8).

par Jean-Paul Moiraud(son site)
samedi 19 juillet 2014

http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/des-pierres-et-du-ciment-au

samedi 19 juillet 2014

Mall of the World, le premier centre commercial à température contrôlée

La ville de Dubaï voit tout en grand. Après la tour la plus haute du monde, sa dernière folie en date consiste en la construction du premier centre commercial à température contrôlée. Un projet ambitieux qui sera également le plus grand espace commercial du monde.

Baptisé Mall of the World, le complexe urbain s’étalera sur une superficie de 74 hectares, soit l’équivalent de 102 terrains de foot. L’objectif consiste à créer une ville authentique qui abritera un centre commercial et le plus grand parc d’attraction à thème et couvert au monde. Le tout est relié à un réseau de rues climatisées dont la température sera contrôlée le long de ses 7 km. Les clients seront ainsi à l’abri de la chaleur en période estivale où la température atteint les 50°C. A cette fin, les rues seront couvertes en été tandis qu’elles seront ouvertes en hiver pour plus de fraîcheur. L’installation comprend entre autres un quartier culturel agrémenté de théâtres, des appartements de service et une centaine d’hôtels. De quoi accueillir les 180 millions de visiteurs escomptés chaque année.

Ce projet a été développé par Dubai Holding. Pour le moment, le budget et la date estimative de finition n’ont pas été révélés.





Par Anja François RANDRIAVANIAINA19 JUILLET 2014 12:00 - Source: Tom's Guide FR

http://www.tomsguide.fr/actualite/architecture-centre-commercial,44225.html#xtor=RSS-201

High Tech Innovation Leading to Smarter Aeroplanes


The SARISTU project, which is part-funded by the European Union, seeks to bring the latest innovations to the aeronautics industry in order to reduce development costs and optimise aeroplane performance.

Over 2.2 billion people travel by air every year, and the aeronautics industry faces the challenge of constantly having to innovate in order to improve flight performance, reduce energy consumption and mitigate the other impacts of the industry. The European Union is supporting a number of multi-country projects with a view to finding new solutions in aero-manufacturing and organisation. One example is the SESAR programme launched in 2004, which has set up a collaborative platform for flight simulation in order to improve air traffic by 2020. More recently, the SARISTU (Smart Intelligent Aircraft Structures) project has been focusing on ‘intelligent’ design techniques which aim to reduce development time and costs in aerospace manufacturing. SARISTU, which was launched in September 2011, has so far received €32 million in funding under the EU 7th Framework Programme for Research and Technological Development. The project uses new concepts in aerodynamics to reduce aircraft weight and operational costs, plus making improvements in flight profile-specific aerodynamic performance.

Nanotechnology enabling improvements in aerodynamic performance

The SARISTU consortium comprises 65 partners, research centres and companies in the aircraft industry from all over Europe. Many different activities are taking place in parallel under the overall project heading, one of them being focusing on the design of manoeuvrable aircraft wingtips. Being able to change the form of the wing during flight boosts air resistance. To make this possible, researchers have developed a new material composed of resin reinforced by carbon nanotubes for use in connecting the mobile part of the wing to the fixed part. The special feature of these nanotubes is that they preserve their elasticity even at low temperatures and very high wind speed. In addition, compared to the traditional fixed wing approach, using nanotubes can reduce the total weight of the aircraft by up to 3%.

Exploiting the vast potential of nanotechnology

The SARISTU project is due for completion in 2015 and results to date have been promising. The project demonstrates clearly the value of integrating smart concepts into aircraft design. Nanotechnologies clearly have enormous potential to improve efficiency and performance in the aeronautics industry in several respects. The consortium has shown that making use of a range of new materials could lead to a 6% reduction in aircraft fuel consumption and one of the additional benefits of incorporating these new technologies could be a reduction of 15% in the cost of installing electrical networks. Smart planes would therefore appear to be just around the corner. Meanwhile, nanotechnologies are making a contribution to development in the medicaland satellite sectors. The European Union is also providing support to EuroTraining, an online training platform whose purpose is to improve EU industrial competitiveness by offering group courses on nanotechnologies for company personnel.

By Eliane HONG July 17, 2014 

http://www.atelier.net/en/trends/articles/high-tech-innovation-leading-smarter-aeroplanes_430492?utm_source=atelier&utm_medium=rss&utm_campaign=atelier&utm_reader=feedly

Les réseaux sociaux : une nouvelle arme de guerre ?

« L’avancée d’une armée était auparavant rythmée par le son des tambours. Aujourd’hui, elle est marquée par des salves de tweets »,expliquait le chroniqueur spécialisé JM Berger dans l’un des premiers articles consacrés à la communication de l’Etat Islamique (EI,anciennement EIIL). Car le groupe armé djihadiste à l’origine de violents affrontements en Irak se livre depuis quelques mois à une stratégie de communication tout aussi offensive sur Internet. Quand une milice s’empare des codes des réseaux sociaux et suit les recommandations d’agences de communication, parvient-elle à faire du web une véritable menace ?

Créé en 2004 en Irak, l’« Etat Islamique en Irak » a un temps été sous la houlette d’Al Qaida en Mésopotamie. Mais en 2010, l’EI trouve un nouveau souffle à la faveur du conflit syrien et de son nouveau chef djihadisteAbou Bakr al-Baghdadi, dont les prises de positions vont éloigner l’organisation du giron d’Al Qaida. C’est en 2013 que celui-ci renomme l’organisation « Etat Islamique en Irak et au Levant » et affirme son ambition d’établir un « califat » s’étendant d’Irak au Liban, en passant par la Jordanie et la Palestine, explique Le Point.

Essentiellement composé de combattants djihadistes étrangers, l’EILL se livre depuis ces derniers mois à une fulgurante offensive en Irak : affrontements avec les troupes au service de Nouri al-Maliki (le premier ministre irakien) et instauration du califat dans certaines zones menacent la stabilité du pays. Mais c’est aussi à travers le relais de contenus violents visant à instaurer la terreur en même temps qu’une propagande pour rallier les populations que l’EILL (rebaptisée EI le mois dernier) se démarque des autres groupes rebelles, puisque c’est la première fois que les réseaux sociaux sont à ce point mobilisés pour faire la guerre.

Diffusion de masse

Comptes Twitter et Instagram par centaines, chaînes Youtube, sites et forums pour héberger ses contenus et échanger avec sa communauté comme les internautes du monde entier… L’EI n’a, en apparence, rien à envier à une star mondiale ou à une puissante institution en matière de présence et d’influence sur le web. Le « groupe terroriste le plus riche du monde » a même fait développer une application, The Dawn Of Glad Tidings (l’Aube de la Bonne Nouvelle), devenue clé de voûte de sa stratégie de communication.

Une fois téléchargée par des utilisateurs peu frileux de laisser à disposition du groupe armé leurs informations personnelles ainsi que leurs comptes Twitter, la surnommée « The Dawn » est en mesure de tweeter les contenus qu’elle entend sur des milliers de comptes différents. Lors de la prise de Mossoul le 10 juin dernier, l’application a ainsi posté plus de 40 000 tweets en une journée. Et cela, nous explique un article de Diplomatie Digitale, a permis à l'organisation de répondre à des objectifs tactiques : accroître sa visibilité sur Twitter, maîtriser l’actualité (ses propres images couvrant celles des chaînes d’informations sur le réseau social) et valoriser ses hashtags auprès des sympathisants.

Engagement des foules

Et les membres de l’EI savent utiliser les codes de Twitter comme rarement des membres d’organisation terroriste en ont été capables : à travers des jeux de mots, des formules proches du slogan ou encore des memes et des hashtagsdédiés, ces derniers deviennent des community managers de plus en plus performants.

Durant la coupe du monde, certains surfaient même sur le sujet tendance (trending topic) #WorldCup afin de diffuser des vidéos extrêmement violentes auprès d’une plus large audience.

Une pratique que semble encourager l’EI puisque sur Facebook, Twitter et ses forums, la « communauté » est souvent sollicitée pour diffuser des contenus comme pour discuter des choix stratégiques à adopter. Ce faisant, explique Mashable, les « têtes pensantes » simulent des débats qui seraient en fait totalement scénarisés pour fédérer les rebelles.

Car la maestria avec laquelle l’EI assure sa présence sur la toile ne doit pas tout au hasard : derrière des spots de propagande avec vues aériennes et explosions au ralenti se cachent en fait des agences de communication comme Al-Furqan Media Production, explique au Monde le spécialiste de l’Islam politique Dominique Thomas.

Une communication moins officielle risquée

Mais le chercheur souligne aussi qu'en dépit d'une volonté évidente d’unifier les prises de paroles (à travers des codes précis comme l’utilisation de hashtags spécifiques et de logos de l’EI), la production de contenus médiatiques n’est pas si centralisée. Elle est même parfois déléguée à des centres régionaux voire laissée au soin individuel des combattants. Un point faible pour l’EI, qui en permettant ainsi la place aux initiatives plus personnelles, laisse certaines informations stratégiques s’échapper.

C’est ainsi que le compte Twitter @wikibaghdadi (a priori tenu par un membre de l’EI selon The Daily Beast) diffuse au détriment du groupe armé des informations capitales sur les futures attaques : plans de bataille, nom des participants ... Et malgré la diffusion massive de communiqués de presse et de magazines émis par l’EI pour assurer sa propre communication, c’est davantage à ce genre de prises de paroles « hors circuit » que s’intéressent la presse et… les services d’informations américains.

« Si les analystes savent où chercher, la seule chose à faire est de regarder »

Car pour certains membres de l’EI, l’expression de soi sur les réseaux sociaux est devenu une part constitutive de l’identité de combattants, explique JM Berger pour Atlantico : quand ils cessent de combattre, les militants tweetent et postent sans fin, au point que les experts américains en viennent à s’interroger sur leur intelligence tactique.

Peter Van Ostaeyen, expert en « intelligence » raconte ainsi à Mashablel’anecdote de deux jeunes djihadistes se donnant rendez-vous, via Twitter, dans un cyber-café en Irak. Des informations qui auraient pu servir aux Etats-Unis à envoyer des drones sur le lieu de rendez-vous et à mener une attaque, explique l’expert avec circonspection : « Ils ne semblent pas du tout effrayés (…) ou bien ils ne réalisent simplement pas ce qu’ils font ».

Clint Watts, chercheur à l’Institut de Recherche de Politique Etrangère, ironise même sur « l’amateurisme » de certains djihadistes : « Ces gars sont tellement occupés à se mettre en scène sur le web qu’on se demande s’il s’agit de Justin Bieber ». Mais si certaines photos diffusées par l’EI et relayées par l’AFP (qui met en garde contre les retouches photo) sont bien des mises en scènes, elles sont parfois totalement macabres et sans aucun rapport avec la pop star : têtes coupées, cadavres entassés… Au point que l’Irak a bloqué un temps l’accès à Internet pour endiguer la propagation de certains contenus visant à terroriser les populations locales et les internautes du monde entier.

Un acte inutile et inefficace pour les Etats-Unis qui tiennent paradoxalement à ce que les membres de l’EI continuent de tweeter, poster, communiquer... Car si les réseaux sociaux deviennent une arme de guerre, ils pourraient aussi permettre, grâce aux informations qu’ils recueillent, d’identifier et d’arrêter certains membres de l'organisation terroriste. 

Elisa Braun le 17/07/2014

http://www.rslnmag.fr/post/2014/07/17/les-reseaux-sociaux-une-nouvelle-arme-de-guerre-.aspx

L’excellence n’est pas éthique !

Le comité d’éthique du CNRS a rendu un avis courageux sur les politiques d’excellence, à retrouver chez SLR ou à télécharger ci-dessous en pdf.

Résumé :

La politique de l’excellence en recherche a été mise en avant par la Communauté Européenne dans le prolongement de son agenda de Lisbonne de 2000 affirmant le caractère stratégique d’un développement fondé sur la croissance et l’utilisation des connaissances. Si l’ambition légitime de la recherche financée sur fonds publics est de se situer au plus haut niveau, il est apparu qu’à l’usage, le recours prépondérant aux critères de l’excellence pour fonder une politique de la recherche comporte des biais et des risques. Plusieurs effets sont analysés dans cet avis :
l’affichage de priorités scientifiques peut avoir un effet négatif sur la créativité des chercheurs
La réduction, voire la disparition, de moyens récurrents au profit de financements ciblés est aussi particulièrement dommageable pour les équipes qui travaillent dans des domaines qui échappent aux appels d’offre
La recherche de pointe se fonde sur une pyramide des compétences dont il faut reconnaitre l’utilité et le caractère non programmable
Un comportement éthique est indispensable à l’« excellence », car une trop forte compétition entraîne des dérives et une perte d’efficacité. La tendance mondiale actuelle s’articule dans les communautés scientifiques autour de l’ouverture et du partage des données. Le Comets formule plusieurs recommandations aux responsables de la recherche :
Tout avantage, sélection, récompense, prime, affectation de crédits fondés sur critère d’excellence implique la mise en place de procédures d’évaluation rigoureuses et transparentes.
La politique de l’excellence et les financements qui y sont associés doivent ménager des moyens suffisants en soutien de base et en moyens humains pour les équipes de qualité qui ne répondraient pas aux critères « d’excellence » affichés.
Les chemins du haut niveau en recherche passent par une grande réactivité aux thèmes nouveaux, parfois très originaux, qui peuvent apparaître hors de chemins balisés.
La logique des appels d’offre conduit trop souvent à chercher des thématiques toujours nouvelles, qui obéissent plus à des effets de mode qu’à l’exploitation des ressources.
La perspective de l’excellence développe assez naturellement des comportements individualistes. Or les réalisations de haut niveau ne sont que rarement le fait d’un individu isolé mais généralement l’aboutissement d’un travail collectif.
La compétition engendrée par la course à l’excellence peut entrainer l’augmentation des comportements inappropriés dans les laboratoires.
Les chercheurs reconnus comme « excellents » ont une responsabilité particulière vis-à-vis de la communauté ainsi que du grand public pour la divulgation des progrès scientifiques.

Documents joints
Excellence (PDF – 226.6 ko)

vendredi 18 juillet 2014, par Mariannick

(version du 27 mai 2014) Cet avis du COMETS résulte d’une co-saisine, suite à une demande du Président du CNRS.

À lire chez SLR ici

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article6981

Numérique : Le gouvernement veut équiper massivement écoliers et collégiens

Encore un plan numérique ? Celui-là a la particularité de se situer dans un programme gouvernemental global, "les 34 plans de la nouvelle France industrielle", et, parait-il, d'avoir le soutien de l'Elysée. Le gouvernement veut équiper 70% des écoliers et collégiens d'ici 2020 et lancer le marché de l'édition numérique éducative. Mais comment faire dans le contexte budgétaire actuel ? Comment intégrer le numérique dans les programmes scolaires ? Et pour quoi faire ?



"Je veux que la jeunesse soit toujours la priorité... Nous allons lancer un grand plan pour le numérique à l'école...Je veux que la France soit exemplaire sur le numérique à l'école. Je veux qu'on soit les meilleurs si c'est possible". Devant les caméras, le 14 juillet , François Hollande a annoncé le lancement d'un "grand plan" pour le numérique éducatif. Encore un. Parce que l'éducation nationale en a connu une quinzaine depuis le début du siècle qui, à l'exception du plan Ecole numérique rurale, n'ont pas abouti à grand chose. Mais si Arnaud Montebourg, ministre de l'économie, puis Benoît Hamon se sont exprimés sur le même sujet, pour ce plan ci c'est bien l'Elysée qui garde la main sur le projet. Autant de raisons de faire le point avec l'équipe ministérielle sur ce que sera ce plan.

A l'origine, un constat fait par Benoît Hamon le 2 juillet devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale : "97% des enseignants jugent que le numérique est un atout pour les élèves mais seulement 5% l'exploite en classe". Des chiffres qui ont pu étonner mais qui sont sortis de l'étude Profetic publiée par l'Education nationale en 2012. Neuf enseignants sur dix jugent utile l'utilisation des TIC à l'école mais seulement 5% les utilisent quotidiennement en classe. L'enquête montre aussi que les seuls usages du numérique qui progressent sont les applications administratives (les notes, le cahier de textes) et les échanges avec les parents. Utiliser les TIC pour "individualiser l'apprentissage et faire travailler les élèves en autonomie" est même en baisse. Il y a à cela des raisons, que B. Hamon n'a pas mentionnées : la taille des groupes classes arrive en premier devant les insuffisances du matériel. Qu'importe ! Le ministre a retenu la nécessité d'équiper massivement les écoles, encore trop peu dotées, et les collèges.

L'Education nationale peut d'autant mieux se lancer dans ce plan numérique qu'elle ne puise pas sur son budget. Le programme s'insère dans les "34 plans de la nouvelle France industrielle" pilotés par Bercy. Un vaste projet doté d'une vingtaine de milliards d'euros dont on attend la création de 500 000 emplois. Parmi les 34 plans, "e-Education" est crédité par Arnaud Montebourg le 10 juillet de 700 millions d'euros. Au ministère on préfère dire que le plan se situera entre 700 et 800 millions, tous les arbitrages n'ont pas été faits.

Ce qui est décidé c'est un vaste effort d'équipement. Le plan e-education se fixe comme objectif 70% des collégiens et lycéens dotés d'une tablette PC d'ici 2020. Second objectif : 60% des crédits pour ressources pédagogiques dirigé vers le numérique. "On veut créer un marché du numérique éducatif", dit-on dans l'entourage du ministre. Le budget total serait donc divisé en deux entre ces deux objectifs. 350 millions environ alimenteront un fonds d'amorçage pour l'équipement en tablettes. Autrement dit l'effort principal sera porté par les collectivités territoriales : communes pour les écoles et départements pour les collèges. Sur les 3 milliards environ que couterait ce plan d'équipement, seulement 10% sera porté par l'Etat et 90% par les collectivités territoriales. L'idée du fonds d'amorçage rappelle la réforme des rythmes scolaires. Mais, au ministère, on ne craint pas une nouvelle grogne des maires et des conseils généraux. "La plupart investisse déjà dans du matériel numérique", entend-on rue de Grenelle. "On va les aider à continuer et veiller à l'égalité entre elles". Dans les points qui restent à trancher il y a les destinataires du fonds d'amorçage. Sera-t-il destiné à toutes les communes, comme pour les rythmes ? Ou ciblera-t-il les communes pauvres ? En tous cas, le ministère attend de cet effort qu'il permette d'assurer une coordination entre l'Etat et les collectivités territoriales.

Environ 300 millions seront consacrés à l'achat de ressources numériques. La volonté de l'éducation nationale s'appuie sur un rapport de l'Inspection générale qui avait travaillé en 2013 sur le marché du numérique. L'idée c'est bien de créer un marché. Mais c'aussi d'assurer le contrôle étatique sur le numérique éducatif, comme le recommandait ce rapport. Si 60% des crédits de ressources pédagogiques devront être dirigés d'ici 2020 vers le numérique, l'accès aux ressources devra passer par des plateformes labellisées par l'Etat. On se défend au ministère de toucher à la liberté éditoriale. On avance l'argument de la protection devant la collecte d'informations sur les usages des élèves, la lutte contre le "data mining" que les entreprises pourraient faire et même le souci d'interopérabilité avec les ENT. Mais le plan permettrait aussi d'aboutir à ce que le ministère n'a jamais réussi avec les manuels papiers : orienter les choix des enseignants vers des ressources conformes aux souhaits de l'institution.

Et puis il y a l'enseignement du code. Benoît Hamon a annoncé le 13 juillet " une initiation au code informatique, de manière facultative et sur le temps périscolaire" au primaire. Un appel d'offres vers les associations a été lancé et elles devraient suivre une formation dans l'année scolaire. Ce n'est donc pas à la rentrée 2014 mais à celle de 2015 que les écoliers seront exposés à cet apprentissage. Et l'Education nationale ? Le Conseil supérieur des programmes souhaite intégrer l'enseignement du code à l'école et au collège. Le ministre chargera dans les prochains jours un inspecteur général d'une mission de propositions sur l'intégration de cet enseignement dans l'école obligatoire. A vrai dire, au ministère, on associe enseignement du code et initiation au numérique. Apprendre à envoyer un mail et comprendre qu'il passe par des serveurs fait partie des apprentissages souhaités. Cet enseignement sera-t-il spécifique ou interdisciplinaire ? La question n'est pas tranchée rue de Grenelle.

A quel calendrier les enseignants doivent-ils se préparer ? Contrairement à ce qui a été annoncé, l'enseignement du code débuterait à la rentrée 2015 dans le périscolaire au primaire. A l'école et au collège, il faudra attendre la rentrée 2016 pour que l'enseignement du code prenne forme dans les enseignements. Les dotations matérielles et l'achat de ressources seront étalés d'ici 2020. François Hollande réunira les ministres concernés fin juillet et probablement préciser le calendrier. Mais dès maintenant on espère régler avec ce programme d'équipement la question de la maintenance du matériel informatique. Depuis 2012, l'Etat promet de trouver un accord avec les collectivités territoriales sur ce point. On n'en parle plus mais on espère, avec le renouvellement du matériel que la maintenance sera assurée par les distributeurs.

Mais bien des questions demeurent. A commencer par les objectifs poursuivis par l'enseignement du code et la dotation en équipement. Pour B. Hamon, " l'école ne peut ignorer l'importance du numérique... Il s'agit de donner à tous les clés pour agir dans un monde toujours plus "connecté". Il ne s'agit pas de faire de tous les collégiens des développeurs mais de détecter des talents, de susciter des vocations pour un secteur stratégique dans la compétition mondiale".

Autrement dit, le plan se nourrit d'objectifs contradictoires qui s'appuient sur des lobbys différents. Il y a un programme économique qui inclut la formation d'ingénieurs informatique dont le pays a besoin mais dont la sélection devrait être opérée au plus tard au lycée. C'est l'idée de créer une nouvelle série S élitiste qui sélectionnerait de très bons élèves et les dirigerait vers ces métiers. Mais il y aussi l'idée de raccrocher des décrocheurs en leur proposant une formation nouvelle plus en accord avec leur culture. Le choix entre un enseignement à part et un enseignement interdisciplinaire illustre aussi ces hésitations. L'enseignement à part pourrait conduire au renforcement de l'élitisme. L'interdisciplinaire serait difficile à mettre en place. L'idée d'intégrer dans les disciplines semble peu avancée mais il est vrai qu'elle heurterait des lobbys disciplinaires. Du coup le flou gagne la formation des enseignants et seule celle des cadres est envisagée dans la circulaire de rentrée. Le plan e-education bénéficie enfin d'une volonté politique forte. Mais pour quels objectifs ?

François Jarraud

Par fjarraud , le vendredi 18 juillet 2014.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2014/07/18072014Article635412762789684282.aspx

Dix mesures pour l'éducation proposées par la "Boîte à idées" de l'UMP

Un club de réflexion affi­lié à l'UMP pro­pose que l'école pri­maire se concentre sur l'acquisition des fon­da­men­taux en fran­çais et mathé­ma­tiques, et que les pro­fes­seurs soient mieux rému­né­rés, en renon­çant aux créa­tions de postes pro­mises par François Hollande.

La "Boîte à idées" de l'UMP, club de réflexion créé en sep­tembre 2012 et qui ras­semble "la jeune garde" du parti, a trans­mis à l'AFP 10 pro­po­si­tions pour l'éducation.

Recentrer l'école sur les savoirs fondamentaux

"L'origine de nom­breux pro­blèmes de notre modèle éduca­tif se situe dans l'échec de la trans­mis­sion des outils lin­guis­tiques et mathé­ma­tiques à l'école pri­maire", estiment les membres de ce club, qui appellent à conso­li­der les acquis fon­da­men­taux avant l'entrée au collège.

Ils pro­posent donc que soit ajouté au code de l'Education un objec­tif visant à ce que "100% des élèves [maî­trisent] les com­pé­tences fon­da­men­tales en mathé­ma­tiques, en plus de la maî­trise de la langue fran­çaise, à la fin de l'école pri­maire".

Les dis­ci­plines fon­da­men­tales "fran­çais et mathé­ma­tiques" ver­raient leur volume horaire aug­men­ter, au détri­ment d'autres ensei­gne­ments tels que langue vivante, sciences expé­ri­men­tales et tech­no­lo­giques, etc.

Revaloriser les indem­ni­tés des enseignants

Une double évalua­tion, por­tant d'une part sur l'ensemble des classes au niveau natio­nal, et d'autre part sur un échan­tillon repré­sen­ta­tif d'élèves, per­met­trait de véri­fier cette acqui­si­tion des savoirs de base. Les résul­tats d'évaluation de la classe serait trans­mis au rec­to­rat, qui pour­rait déci­der d'un "accom­pa­gne­ment tem­po­raire du pro­fes­seur" si les objec­tifs de pro­gres­sion de ses élèves n'étaient pas atteints.

La Boîte à idées pro­pose par ailleurs de "reva­lo­ri­ser le métier d'enseignant" en tri­plant l'"indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves", qui pas­se­rait de 400 euros à 1.200 euros, une hausse dont le finan­ce­ment serait assuré en "reve­nant sur tout ou par­tie des 35.000 postes qui res­tent à créer sur les 60.000 annoncés".

18.07.2014

http://www.vousnousils.fr/2014/07/18/mesures-education-boite-a-idees-ump-554236?utm_source=feedly&utm_reader=feedly&utm_medium=rss&utm_campaign=mesures-education-boite-a-idees-ump

Royaume-Uni : débat sur le coût des cadeaux faits aux enseignants par les élèves

Au Royaume-Uni, la pres­sion sociale conduit les parents d'élèves à redou­bler d'efforts pour offrir de magni­fiques cadeaux de fin d'année aux ensei­gnants. Certains pro­fes­seurs s'en inquiètent.

© Africa Studio — Fotolia.com
L'Association of Teachers and Lecturers (ATL), syn­di­cat bri­tan­nique d'enseignants, a exprimé des inquié­tudes sur le coût crois­sant des cadeaux faits en fin d'année par les élèves à leurs professeurs.

Les petits cadeaux font le plus plaisir

Le syn­di­cat déplore que la pra­tique de don­ner des cadeaux soit deve­nue "concur­ren­tielle et com­mer­ciale", alors que "bien sou­vent ce sont les petits cadeaux per­son­nels qui comptent vrai­ment pour les membres du per­son­nel concer­nés", com­mente Philip Dixon de l'ATL.

Les parents d'élèves ne devraient pas être sou­mis à une "pres­sion" condui­sant à faire des cadeaux col­lec­tifs somp­tuaires. Par exemple, un pro­fes­seur d'une école de la ville de Cardiff s'est vu offrir un séjour en pen­sion com­plète dans un hotel-spa cinq étoiles par une de ses classes.

Difficile de refu­ser de participer

Certains pro­fes­seurs expé­ri­men­tés regrettent ces pra­tiques. "Vous ne pou­vez pas l'empêcher, et tout le cré­dit va à l'enseignant concerné — mais est-ce que tous les parents contri­buent vrai­ment de leur plein gré ?" s'inquiète par exemple David Pedwell, pro­fes­seur à Cardiff avec 40 années d'ancienneté.

La pro­fes­seur de psy­cho­lo­gie Gabriela Jiga-Boy, de l'université de Swansea, explique pour­quoi refu­ser de par­ti­ci­per à un cadeau col­lec­tif est dif­fi­cile : "D'une part, ceux qui essaient s'isolent en ten­tant d'exercer une 'influence mino­ri­taire'. D'autre part, le refus peut être encore plus dur pour un parent à cause de ce que les autres peuvent y voir : un acte égoïste visant à ne pas par­ti­ci­per à la récom­pense d'un acteur cru­cial de la vie de l'enfant."

Quentin Duverger

18.07.2014, publié dans Z-Primaire

http://www.vousnousils.fr/2014/07/18/royaume-uni-cout-cadeaux-enseignants-554212?utm_source=feedly&utm_reader=feedly&utm_medium=rss&utm_campaign=royaume-uni-cout-cadeaux-enseignants

Journée Nelson Mandela : le combat d’un homme pour la liberté

En ce 18 juillet, Google met en lumière la Journée internationale Nelson Mandela à travers un nouveau Google Doodle. L’occasion pour Orientations de revenir sur le combat de Madiba pour la liberté et l’éducation.

Google Doodle créé pour la Journée Nelson Mandela.

Proclamée par l’ONU en 2009, la Journée internationale Nelson Mandela (Mandela Day) a été créée en l’honneur de l’ancien Président sud-africain, né le 18 juillet 1918, pour son travail en faveur de la paix et de la liberté. Mandela, mort le 5 décembre 2013, aurait eu aujourd’hui 96 ans.

Le premier Président d’une Afrique du Sud libre

Elu à la tête de l’Afrique du Sud en 1994, Nelson est le premier président noir du pays, et surtout la figure symbolique qui a mis fin à l’apartheid. Un combat qui a valu à cet avocat spécialiste des droits de l’homme 27 ans de prison, entre août 1962 et février 1990.

Le prix Nobel de la Paix lui a été attribué en 1993 pour son rôle dans la lutte contre la ségrégation raciale, reconnaissance obtenue conjointement avec Frederik de Klerk, le président sud-africain alors en fonctions.

Toute sa vie, Nelson Mandela aura notamment œuvré pour « le règlement des conflits, des relations entre les races, la promotion et la protection des droits de l’homme, de la réconciliation, de l’égalité entre les sexes, et des droits des enfants ».

Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau,
de son passé, ou de sa religion. (Nelson Mandela)

Mandela Day : 67 minutes pour aider les autres…

A l’occasion de la Journée internationale Nelson Mandela, chaque personne est incitée consacrer symboliquement 67 minutes de son temps aux autres. 67 minutes correspondant aux 67 années de militantisme de Madiba.

Des actes qui auront notamment lieu en Afrique du Sud où une journée grand nettoyage est prévue. "Nous devons montrer notre amour pour notre beau pays en nettoyant notre environnement, ensemble. De cette façon, nous travaillerons ensemble pour bâtir notre beau pays, comme nous l'a enseigné Madiba", a déclaré le président sud-africain Jacob Zuma.

Orientations
Mis en ligne le Vendredi 18 Juillet 2014
http://www.e-orientations.com/actualites/journee-nelson-mandela-le-combat-d-un-homme-pour-la-liberte-15086

Learn Faster, Learn Better: What Style Fits You Best?

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