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lundi 19 août 2013

Le Logement étudiant : Premier frein à l'autonomie et à la réussite universitaire

Une des résultats issu de l'enquête annuelle de l'UNEF

Source : enquête de l’INSEE. Indice des prix à la consommation juin 2013, rapport de l’OLAP 2013.
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Le logement pèse en moyenne 55% du budget annuel total d'un étudiant.

En région parisienne, il faut compter un loyer mensuel d'une moyenne de 700 euros pour un logement de petite surface (moins de 25 m2), et de 500 euros par mois en région (source : rapport de l’OLAP).

DES FRAIS HORS LOYERS EXORBITANTS.

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Au loyer mensuel s'ajoutent les frais d'accès à la location (caution, frais d’agence,...), les charges locatives (entretiens, assurance et électricité) et la taxe d'habitation qui constitue souvent un 13ème mois de loyer. A Paris, l'ensemble de ces dépense supplémentaires dépassent les 600 euros par an.

Un parc de logement public très insuffisant.

Malgré l'indécence des prix du parce locatif privé, le logement public du CROUS, dont les loyers sont à tarif sociaux, ne permet d'accueillir que 7% des étudiants (3% en Ile de France). La promesse du gouvernement de construire 40 000 logements CROUS nouveaux sur le quinquennat, nécessite une accélération importante du rythme des constructions (à hauteur de 9 000 par an).


En savoir plus 

lundi 22 juillet 2013

France : Lancement de l'Observatoire de la réussite éducative

George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la réussite éducative au sein du Ministère de l'Éducation, a dévoilé ce 19 juillet l'Observatoire de la réussite éducative, une plateforme interactive destinée à fédérer les actions en matière de pédagogie, notamment auprès des enfants défavorisés. Mutualisation, valorisation et diffusion devraient être accessibles aux différents initiateurs via ce site.

zigazou76, CC BY 2.0

Suite à la première journée nationale de la réussite éducative le 15 mai dernier, pendant laquelle l'idée avait été évoquée, le ministère délégué en charge de la Ville et l'Institut Français de l'Éducation (IFE) se sont entendus sur la création d'un Observatoire de la réussite éducative. Le site sera disponible dès décembre 2013, et totalement opérationnel en juin 2014.

La finalité de cette plateforme résidera dans une plus forte cohésion entre les acteurs pédagogiques : « les quartiers prioritaires de la politique de la ville, les projets éducatifs locaux, les projets éducatifs et pédagogiques dans les écoles et établissements scolaires et autres » seront connectés entre eux, détaille la ministre déléguée chargée de la réussite éducative George Pau-Langevin. Programmes de réussite éducative, projets éducatifs locaux ou encore projets éducatifs de territoire, accompagnés par leurs effets, seront au centre des attentions.

Ce lien entre l'école et ses différents partenaires sera confié à un conseil d'orientation composé des acteurs de la réussite éducative : représentants des ministères partenaires (ville, jeunesse et sport), institutions, associations d'éducation populaire, parents d'élèves et collectivités territoriales... La direction générale de l'enseignement scolaire prendra en charge la gestion du site, l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, le fonctionnement du site, et les autres postes seront pris en charge par l'IFE.

Sources : Éducation.gouv.fr , Collectif Cape

samedi 1 juin 2013

Une priorité, la réussite des étudiants


Une priorité, la réussite des étudiants : mesure 8
Projet de loi d'orientation pour l'enseignement supérieur et la recherche

Projet de Loi d'orientation ESR
Réussite des étudiants



Faire entrer l’Université dans l’ère du numérique, en soutenant,dans le cadre d’un plan national, la mise en ligne des enseignements, le numérique comme outil pédagogique, innovant, l’accompagnement personnalisé des étudiants et la formation aux nouveaux outils.


Descriptif de la mesure

Le projet de loi prévoit d’introduire dans les formations du service public de l’enseignement supérieur la mise à disposition de ressources numériques. Il donne ainsi un cadre juridique au développement du numérique, considéré comme un élément des formations et de la réussite de l’étudiant.

Afin de prévenir les risques de fracture numérique, un accompagnement des étudiants, des doctorants et des personnels sera mis en place dans les établissements pour l’utilisation de ces outils, l’accès aux ressources numériques et la compréhension des enjeux associés.

Ce sont les contrats pluriannuels signés entre le ministère et les établissements qui fixeront les modalités du développement de ce programme ainsi que les formations qui seront mises à disposition des étudiants au travers d’outils numériques.

Objectifs

La France est aujourd’hui en retard par rapport à d’autres pays pour sa capacité à utiliser les nouveaux supports numériques et à développer de nouvelles méthodes pédagogiques. En inscrivant le numérique dans le projet de loi, le gouvernement entendrattraper ce retard et faire du numérique un outil d’innovation et de diversification des méthodes pédagogiques au service de la réussite et de l’insertion des étudiants.

Cette mesure législative s’accompagne du lancement d’un plan d’action visant à faire entrer l’Université dans l’ère du numérique : "France Université Numérique". Ce plan ambitieux permettra la mise en place d’une structure de collaboration entre les acteurs de l’enseignement supérieur et du monde socio-économique et favorisera la création et l’utilisation de nouveaux outils, facilitée par la démocratisation d’Internet. À cet effet, un fonds dédié est en cours de montage.

Dispositions législatives concernées : Articles 6 et 16

La réussite éducative

La réussite éducative est un dispositif qui souhaite prendre en compte l'enfant dans sa globalité. Cette approche positive regroupe une multitude d'actions innovantes et n'est possible que grâce à un travail de partenariat avec l'école, mais aussi les parents, les associations et tous les acteurs inscrits dans leur territoire. Découvrez en vidéos le dispositif et des exemples d'actions innovantes.


La réussite éducative par Education_nationale

http://www.education.gouv.fr/cid71833/-videos-la-reussite-educative.html

lundi 3 octobre 2011

Qu'est-ce qu'une vie réussie ?

Réussir sa vie, chacun porte ce désir au fond de soi. Mais c'est quoi réussir sa vie ? Quatre grands témoins contemporains répondent : un alpiniste, une psychologue, un grand comédien et un philosophe. Leur réponse à travers leur témoignage, leurs écrits ou simplement leur vie.   

Lionel Daudet, alpiniste : ''c'est que je peux mourir demain''

Dod : "il me suffit de lever les yeux et de voir la skyline pour être heureux".
"C'est quoi une vie réussie ? se demande Dod… Pour moi, c'est que je peux mourir demain, j’ai le sentiment que les choses sont accomplies". ...


Bernadette Lemoine, psychologue : ''transmettre le meilleur''
 
"Quelle réussite désirons-nous ?", précise Bernadette Lemoine, psychologue et auteur du "Secret de la vraie réussite". "Nous jugeons souvent de la réussite selon des valeurs fausses. L'argent, toutes sortes de richesses, le savoir, le pouvoir, la gloire, pour ne citer que celles-là, nous éblouissent, nous séduisent ; elles paraissent intéressantes, désirables, à notre portée, mais elles sont éphémères et aussi inconsistantes que des mirages. Nous voulons les posséder mais c’est nous qui nous faisons posséder et en devenons prisonniers : notre cœur devient sourd, l’aveuglement nous rend incapable de nous intéresser aux autres (sauf s’ils peuvent nous être utiles), c’est l’enfermement… Est-ce qu’on peut appeler cela une vie réussie ?", ajoute-t-elle.

"Désirer réussir, oui bien sûr, c’est essentiel, précise-t-elle, et nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir un tel désir ! Mais si nous faisons de la réussite un but, il y a quelque chose qui ne va pas… Mais il y a un autre choix à faire pour réussir une vie, assure-t-elle, et le voici : faire ce que je peux et de mon mieux, de tout le mieux dont je suis capable, à chaque instant. J’irai ainsi d’un mieux à un autre mieux. C’est la spirale du progrès, qui n'est pas celle d'une réussite sans âme et desséchante, précise-t-elle, mais celle qui mène à la véritable réussite de notre vie".

Et d'ajouter : "quand je fais de mon mieux, j’agis dans la confiance, la détente, le respect de ma personne et de mon entourage. Et, quel que soit le résultat de l’action entreprise, je peux être en paix avec moi-même. Oui, cherchons d’abord à transmettre le meilleur de nous-mêmes et c’est alors que notre vie, même jalonnée d’échecs, sera réussie !"
 
 
Michaël Lonsdale, comédien : ''aller au bout de la joie d’être humain''
    
"Réussir ma vie", explique Michaël Lonsdale, connu pour ses nombreux rôles au cinéma, "c'est principalement trouver un certain bonheur. Et ce bonheur, pour moi, c'est aller au bout de la joie d’être un être humain et de pouvoir vivre intérieurement les choses qu’une certaine personne, qui s'appelle Jésus, nous a apporté pour guider nos vies dans l’équilibre, la beauté, le don...
 
 
Luc Ferry, philosophe : ''Réinvestir le présent''
     
Une vie réussie ? Ce serait, pour Luc Ferry, philosophe, ancien ministre de la Jeunesse, de l'Education Nationale et de la Recherche, d'arriver à ré-enchanter notre monde, de pouvoir "réinvestir l’idéal grec de l’instant éternel, explique-t-il dans son livre Qu’est-ce qu’une vie réussie ?, réinvestir ce présent qui, par sa singularité - justement parce qu'on le tient pour irremplaçable et qu’on en mesure l’épaisseur au lieu de l’annuler au nom de ce qui le précède ou le suit - s’émancipe des nostalgies comme des espérances, du passé comme de l’avenir".

Pour lui, "si l'arrachement au particulier et l’ouverture à l’universel forment une expérience particulière, si ce double processus tout à la fois singularise nos propres vies et nous donne accès à la singularité des autres, il nous offre, en même temps que le moyen d’élargir la pensée, celui de la mettre en contact avec des moments uniques, des moments de grâce, irremplaçables parce que eux-mêmes singuliers". Dans son livre, le philosophe se pose donc la question : "A quoi sert de vieillir ? A cela et rien d’autre. A élargir la vue, aimer le singulier et vivre parfois l’abolition du temps que nous donne sa présence". ...
 

Vendredi 30 Septembre 2011
 

mercredi 28 septembre 2011

L'université avance vers la réussite pour tous

Fac
 
Encore aujourd’hui dans certains esprits, l’université est une vaste usine où la connaissance est distribuée à ceux qui veulent bien l’entendre. Et du grand nombre d’inscrits, seule une poignée émergent. Mais aujourd’hui, l’université essaye de changer en mettant l’accent sur la réussite de la première année. Zoom sur quelques pistes d’améliorations.

Réfléchir avant de s'inscrire à la fac
Selon le président de l’Université Yves Lecointe, une partie du problème de l’échec en première année vient d’un mauvais choix avant les inscriptions. Fort de ce constat, il propose à des lycéens des journées d’immersion dans des cours de leur choix afin de découvrir l’univers de la fac et la méthode de diffusion des cours. Selon lui il faudrait également trouver un dispositif pour que les futurs étudiants voient le niveau qui leur est demandé d’avoir afin qu’ils prennent conscience de leurs capacités.

Améliorer l'encadrement
Pour l’université de La Rochelle, ainsi que d’autres, l’autonomie est l’un des pièges des études. Pour éviter d’être noyé dans la masse, la taille des groupes de travaux dirigés a été réduite passant ainsi de un enseignant pour 40 étudiants à un pour 24. Cette mesure, simple de prime abord, a permis de cerner plus rapidement les étudiants en difficultés et de les aider tant qu’il est encore temps. Cette mesure porte ses fruits car le taux de poursuite en deuxième année a augmenté de six points.

Miser sur le contrôle continu
Avignon est l’une des premières villes à avoir mise en place le contrôle continu afin d’évaluer les étudiants sur toute l’année. L’objectif est double : dans un premier temps il s’agit de donner plus de chances aux étudiants en leur permettant d’avoir plus de notes par matière. Le second est d’inciter les étudiants à travailler continuellement afin de réussir plus facilement mais aussi de mieux mémoriser et maitriser les enseignements.

Faire encadrer les étudiants par d'autres étudiants
Le dispositif n’est pas nouveau et se nomme le tutorat. C’est par ce moyen que l’université de Nancy a décidé de mobiliser des étudiants pour venir en aide aux autres. L’objectif ? Faire dialoguer les étudiants entre eux car il y a moins de barrières qu’avec un enseignant.

Chaque année, un premier test est réalisé dans les premières semaines de la première année afin de déterminer les besoins de chacun. Ce tutorat a ensuite pour vocation d’apporter un soutien individualisé à ces étudiants mais aussi à tous ceux qui en font la demande. De plus les tuteurs sont rémunérés par l’établissement : un bon moyen pour se faire un peu d’argent de poche.

Conclusion :
L’université a encore de grands efforts à faire pour assurer la réussite d’un plus grand nombre et la diminution des budgets alloués ne va pas aider. Cependant, certains établissements font preuves d’originalités et réussissent à obtenir de bons résultats prouvant ainsi que si l’on se penche sur la question, des réponses existent.

Publié par Waylander, dans Vie étudiante, le 27/09/2011

http://www.mediaetudiant.fr/vie-etudiante/ameliorations-fac-6396.php

dimanche 18 septembre 2011

Le plan pour la réussite en licence

Les objectifs
Décidé en 2007 par la ministre de l’enseignement supérieur Valérie Pécresse, mis en place en 2008, ce plan avait pour objectif de réduire de 50 % le taux d’échec en première année d’université. Le dispositif, qui encourage notamment, via des incitations financières, un meilleur accueil des étudiants, un recours accru au tutorat et au parrainage ou encore un renforcement du contrôle continu, s’est vu allouer une enveloppe de 730 millions d’euros sur trois ans.

Les effets
Le ministère de l’enseignement supérieur affirme ne disposer que de peu de statistiques pour mesurer l’efficacité du dispositif. Entre 2007-2008 et 2008-2009, on note une légère amélioration.

Le taux de poursuite en deuxième année de licence est passé de 43,2 % à 44,3 %. Le pourcentage de redoublement a, lui, augmenté de 23,6 % à 25,1 %. Celui des changements d’orientation au sein de l’université est resté stable (3,1 % contre 3,5 % précédemment). Enfin, le taux de sortie de l’université (qui comprend à la fois les abandons d’études et les réorientations vers d’autres cursus de l’enseignement supérieur) a reculé, de 29,7 % à 27,4 %.

Pour l’entourage du nouveau ministre Laurent Wauquiez, même si l’objectif chiffré initial n’a pas été atteint, le plan pour la réussite en licence a « redonné l’envie d’aller à l’université ».

Un rapport de l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, dévoilé en 2010, se montre plus sévère. Il pointe « une application inégale entre les universités ». « Il est bien difficile de promouvoir un tel dispositif avec des enseignants-chercheurs peu motivés par ces aspects de la formation des étudiants en raison d’une évaluation professionnelle reposant sur la recherche », note-t-il.

L’avenir

En juillet, Laurent Wauquiez a pris un arrêté concernant la « nouvelle licence », qui prévoit une plus grande professionnalisation et une augmentation du volume d’heures de cours. Pour l’heure, les crédits octroyés au plan pour la réussite en licence n’ont pas été reconduits.

18/9/11 - 19 H 25

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Le-plan-pour-la-reussite-en-licence-_EG_-2011-09-18-712660

Les universités veulent aider les étudiants à réussir

Ces dernières années, la plupart des universités ont mis en place des dispositifs spécifiques, plus ou moins originaux, pour tenter d’enrayer l’échec et les abandons en première année. 

D’une « fac » à l’autre, d’une filière à l’autre, l’efficacité de ces mesures est variable.

     
Environ un étudiant sur deux ne passe pas en seconde année.
Environ un étudiant sur deux ne passe pas en seconde année. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
C’est une image qui lui colle à la peau. L’université serait cet univers kafkaïen dans lequel l’étudiant, simple numéro, serait livré à lui-même, esseulé dans des amphis surpeuplés, incapable de comprendre ce que le système attend de lui et qui, du coup, se laisserait vivre jusqu’à ce que tombe, impitoyable, le couperet des partiels…

Bien qu’en léger recul, le taux d’échec enregistré en début de licence tend à accréditer ce cliché, avec environ un étudiant sur deux qui ne passe pas en seconde année. Et pourtant, « la fac » bouge. Encouragés par un « plan licence » au bilan controversé, nombre d’établissements ont pris ou renforcé des mesures afin qu’université rime enfin avec succès pour le plus grand nombre.
 
Encadrement pédagogique
 
À Nantes, cette préoccupation est présente bien en amont des inscriptions. « Partant du constat que nombre d’échecs sont ceux de personnes qui se sont trompées d’orientation, nous proposons chaque année à des centaines de lycéens de suivre, dans la matière de leur choix, une journée de cours ou de travaux dirigés, aux côtés des étudiants, pendant leurs vacances d’hiver ou de printemps », raconte son président, Yves Lecointe.

Pour lui, il faudrait aller encore plus loin – sans toutefois lever le tabou de la sélection à l’entrée de la première année – en proposant aux étudiants, avant qu’ils n’arrêtent définitivement leurs choix, des tests leur permettant de prendre conscience de leur niveau par rapport aux exigences de chaque filière.

Pour des jeunes que le lycée a mal préparés à l’autonomie, la question de l’encadrement pédagogique est également cruciale. L’université de La Rochelle, parmi bien d’autres, l’a bien compris. « Nous avons notamment renforcé l’enseignement de la méthodologie et ramené de 40 à 24 étudiants les effectifs en travaux dirigés, ce qui permet un accompagnement plus personnalisé et un repérage rapide des difficultés », souligne Anne Aubert, vice-présidente en charge de la réussite et de l’insertion professionnelle des étudiants.

Des mesures qui ont contribué à améliorer de six points le taux de poursuite en deuxième année, tandis que le taux de sortie de l’université à l’issue de la première année a baissé de deux points.

Initiatives
Si, dans leur tentative de combattre l’échec en début de licence, la plupart des facs conjuguent plusieurs recettes, certaines s’illustrent par leur inventivité ou leur audace. C’est le cas, par exemple, de l’université d’Avignon, la première, il y a deux ans, à évaluer l’ensemble de ses élèves sur la base du seul contrôle continu.

Cette pratique incite les étudiants à travailler plus régulièrement, en prenant notamment appui sur la correction des tests précédents. Conséquence : dans certaines filières, le taux de réussite a grimpé de 5 %. L’université Panthéon-Assas (Paris II), elle aussi, a innové, en créant trois parcours différents au cœur de la première année de licence : un « collège du droit » réservé aux meilleurs, un cursus traditionnel et un « parcours réussite » pour les étudiants identifiés comme étant les plus faibles.

Ceux qui le suivent bénéficient d’un tutorat et sont dispensés de trois modules de droit (rattrapés l’année suivante) pour pouvoir effectuer une remise à niveau en français oral et écrit, ainsi qu’en culture générale.

Autres initiatives : celles de l’université de Picardie, à Amiens, qui prête des ordinateurs portables à 400 étudiants issus de milieux modestes et qui, par ailleurs, a mis en place un livret nominatif pour consigner le suivi qu’assurent professeurs référents et étudiants tuteurs.

Accompagnement ciblé

Dans certains établissements, ce type d’accompagnement s’adresse à tous les étudiants de première année. Dans d’autres, comme à Nancy et Metz, il est beaucoup plus ciblé. « Nous avons d’abord mené une étude auprès de 2 000 personnes pour identifier les facteurs d’échec : être titulaire d’un baccalauréat professionnel ou technologique, obtenir son bac avec une année – ou plus – de retard, ne pas avoir sélectionné comme premier choix, au moment de l’orientation, la filière dans laquelle on s’est finalement inscrit et, enfin, exercer un emploi salarié parallèlement aux études », énumère Véronique Chloup, coresponsable du Bureau d’aide à l’insertion professionnelle des universités de Lorraine.

« L’année d’après, forts de ce constat, nous avons identifié 600 étudiants susceptibles de décrocher. Nous leur avons proposé de bénéficier d’un dispositif spécifique, comprenant un tutorat assuré par des étudiants aguerris et des rendez-vous réguliers avec un professeur référent, afin de cerner et de mieux combattre leurs difficultés. Même dans les cas où l’aide n’a pas été suffisante, j’estime le bilan positif : beaucoup nous ont confié que cet accompagnement leur avait permis de s’accrocher, de ne pas se sentir dévalorisés », assure-t-elle.

Pour certains, une réorientation rapide a été nécessaire. Vers une autre filière de l’université ou, plus fréquemment, vers d’autres établissements d’enseignement supérieur, qui proposent des rentrées décalées. « Certains BTS proposent d’effectuer un cursus normal en dix-huit mois, au lieu de vingt-quatre, en sacrifiant une bonne partie des périodes de vacances. De même, des instituts universitaires technologiques offrent désormais la possibilité de commencer les cours en janvier ou février, pour les terminer deux ans plus tard », explique Véronique Chloup.

Ce qui, paradoxalement, peut parfois permettre une meilleure insertion professionnelle puisque les étudiants obtiennent leur diplôme à un moment de l’année où le marché du travail compte généralement moins de candidats.
DENIS PEIRON

18/9/11 - 19 H 29

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Les-universites-veulent-aider-les-etudiants-a-reussir-_EG_-2011-09-18-712662

mercredi 14 septembre 2011

En éducation, le statut socioéconomique ne détermine pas tout

Qui vit dans la pauvreté aura moins de chance de réussir à l'école, prouve la littérature scientifique. Or, la faiblesse de cette corrélation pour le Canada, où la performance en lecture des élèves peut être élevée dans un milieu défavorisé et faible dans une famille riche, semble vouloir faire mentir ce constat.

Selon les données de Regards sur l'éducation 2011 de l'OCDE, qui sont parues hier dans leur forme plus détaillée par province sur le site de Statistique Canada, la relation qui existe entre les statuts socioéconomiques et le rendement en lecture est peu marquée (8,6 %) comparativement à la moyenne des pays de l'OCDE (14 %). C'est au Nouveau-Brunswick que la corrélation est la plus forte (9,5 %) tandis que le Québec est dans la moyenne.

La Finlande et la Corée sont les deux autres pays de l'OCDE qui, tout comme le Canada, ne démontrent qu'un faible lien entre le niveau socioéconomique et la réussite. «Leur exemple montre qu'il est possible d'afficher le plus haut niveau de performance tout en offrant une répartition équitable des possibilités d'apprentissage», laisse entendre le rapport de l'OCDE.

Pour Andrew Parkin, directeur général du Conseil des ministres de l'Éducation du Canada, cela signifie qu'il y a de l'espoir. «Ça veut dire qu'on réussit à compenser l'effet négatif qu'a un revenu familial plus faible sur la réussite», a-t-il soutenu. «Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de problèmes chez les élèves moins avantagés, mais si on met le Canada en comparaison avec d'autres pays comme c'est fait dans le rapport, on voit que nos systèmes scolaires performent assez bien.»

Très grande scolarité
M. Parkin souligne d'ailleurs la très grande scolarité du Canada, «qu'on a trop tendance à oublier», croit-il. «Ça fait tellement longtemps que le Canada est parmi les pays qui ont les plus hauts taux de diplomation qu'on ne le remarque plus. Mais il faut pourtant souligner ça», a-t-il insisté. En 2009, 88 % des Canadiens âgés de 25 à 64 ans possédaient un diplôme égal ou supérieur au diplôme d'études secondaires (DES), ce qui classe le pays au 5e rang parmi ceux de l'OCDE ex aequo avec la Pologne, derrière la République tchèque et la Slovaquie (91 %) et l'Estonie et les États-Unis (89 %). Le Québec se situe en deçà de la moyenne canadienne, avec 84 % des personnes de 25 à 64 possédant un DES.

M. Parkin fait toutefois remarquer que le Canada a fort à faire encore pour que davantage d'étudiants au 2e cycle universitaire soient diplômés. «On se fait dépasser par les autres et dans la recherche, on ne mène pas. On peut faire mieux», a-t-il noté.

 
14 septembre 2011
 

La nouvelle licence : un diplôme de référence, pour la réussite et l'emploi

Le nouvel arrêté fixe les principes régissant la licence et en définit les modalités
Augmentation de la durée minimale d’enseignement pour garantir la qualité académique de la licence.
Faire de la licence un diplôme davantage orienté vers la vie professionnelle. Des stages validés dans le cursus deviennent possibles et des référentiels de compétence sont prévus.
Prise en compte de la diversité des profils des étudiants avec la généralisation :
  • des passerelles entre formations
  • des parcours de soutien ou d’excellence
  • des semestres rebonds qui permettent aux étudiants ayant des difficultés en première année de préparer leur réorientation
  • des systèmes de tutorat seront généralisés
Consulter l'extrait du Conseil des ministres du 13 juillet 2011 sur le portail du gouvernement :

mardi 13 septembre 2011

Réussir sa rentrée universitaire en 10 bons et 10 mauvais plans !

Fin des vacances = bonjour l’université et les angoisses de la rentrée ! Fini l’apprentissage par cœur, faites place à la réflexion et à l’autonomie. L’univers de l’enseignement supérieur vous ouvre ses portes mais comment se repérer et réussir avec une méthode complètement différente de celle du lycée ? Déstressez ! Studyramag vous livre ses secrets en 10 bons et 10 mauvais plans pour réussir son année universitaire. Prenez-en bonnes notes !


À faire
 
Organisation : l’université demande une grande autonomie de la part de ses étudiants qui doivent fournir un travail personnel important tous les jours. L’une des meilleures façons d’appréhender cette rentrée est de s’organiser dès le début des cours. Faites-vous votre propre emploi du temps de révisions afin d’éviter le stress et d’effectuer un travail sur le long terme, régulier et efficace.

Nouvelle méthodologie : plus la peine de passer des heures à apprendre les cours sur le bout des doigts. À l’université, il faut effectuer un véritable travail de fond, réfléchir par soi-même et anticiper les prochains cours. Il faut très vite apprendre à être autonome car plus personne ne sera derrière vous pour vous responsabiliser.

Fiches de révisions : facilitez-vous la vie en révisant intelligemment ! Adoptez les fiches bristol et les surligneurs. Ces fiches vous seront d’un grand secours pour les révisions de dernières minutes et elles vous permettront d’apprendre efficacement tout en suivant le programme au jour le jour. Vous serez tout de suite plus sûr de vous !

Activité sportive : pour rester zen en cours, le mieux est de se trouver une activité sportive à pratiquer à l’extérieur ou au sein même de l’université. Cette coupure permet de se vider la tête. Pour obtenir une licence sportive, renseignez-vous, selon votre université, cela vous coûtera entre 20 et 50 €.

Alimentation saine : vous pouvez aussi décrocher des bons résultats dans un corps sain. Évitez les sandwichs kebab et les pizzas tous les jours et favorisez plutôt le poisson, la viande, les fruits et les légumes. Sachez que vous pouvez manger bon, bien, et pas cher en allant dans les restaurants universitaires avec le ticket RU à 3,05 €. Mangez équilibré, vous aurez tout de suite moins de mal à vous concentrer !

Groupes de travail : ne vous isolez surtout pas des autres étudiants, formez des groupes de travail ! Vous pouvez tous vous apporter aide, éclaircissement et amitié. Pratique, cette méthode vous permet d’effectuer un travail plus approfondi tout en gagnant du temps précieux pour le sommeil d’un étudiant. Et à plusieurs, c’est toujours plus intéressant !

Tutorat : se faire de l’argent de poche à l’université, c’est possible ! L’université propose aux étudiants de 4e et 5e années d’effectuer des heures de tutorat rémunérées. N’hésitez pas à vous renseigner dès la rentrée. Sachez que si vous êtes étudiant en 1re année, vous pouvez également en bénéficier. Rien de mieux que de combler vos lacunes en apprenant de camarades d’années supérieures !

Les bibliothèques universitaires : du mal à travailler efficacement chez vous ? Vous avez besoin de calme pour vous concentrer ? Les bibliothèques universitaires sont faites pour cela. Seul ou entre camarades, ces endroits sont propices au travail et à la recherche. Horaires d’ouverture : de 9h à 20h environ selon votre université. Certaines BU, appelées NoctamBU restent ouvertes jusqu’à 23h30 depuis la mesure de Valérie Pécresse.

Militez : pour votre culture et votre intérêt personnel, l’université vous offre la possibilité de diffuser des idées politiques, sociales et culturelles à travers un journal ou encore une station de radio étudiante. Investissez-vous et intéressez-vous au monde extérieur.

Engagez-vous : envie d’engagement ? De la même manière, vous pouvez vous investir dans la vie associative au sein même de l’université. Cette expérience ne peut qu’être un plus sur votre CV, mais elle vous permet également de savoir vers où vous voulez vous orienter.

À ne pas faire

Sortir tous les soirs : c’est fini les sorties jusqu’au bout de la nuit cette année ! Votre état en cours le lendemain vous ramène à la raison, ce n’est que pour votre bien. Profitez-en bien avant la rentrée et pendant les vacances. Après, c’est la détermination qui doit prendre le relais : réussir !

S’isoler au fond des amphis : rentrer à l’université, finie la rigolade ! Au travail ! Pas la peine de vous installer au fond de chaque amphi, vous n’échapperez pas à la charge de travail énorme de l’université. En plus, la méthodologie y est complètement différente alors il s’agit de bien l’apprivoiser. Pour cela, réservez-vous une place dans les premiers rangs, vous vous faciliterez la tâche !

Se reposer sur ses acquis : l’université, c’est la soif d’apprendre en toute autonomie. Et ce point est souvent la cause de 50% des échecs au premier semestre. Les étudiants ont du mal à gérer leur temps de travail seul. Ici, on ne peut pas se reposer sur ses acquis : l’université n’a rien à voir avec le lycée et donc il n’y a aucun acquis en y entrant.

Utiliser ses heures libres pour ses loisirs : dans le même esprit, autant il est facile de sécher les cours au lycée tout en rattrapant le travail en retard, autant un cours loupé à la fac peut vous être fatal et vous faire perdre complètement le fil. N’utilisez donc pas vos heures libres pour aller vagabonder ou vous divertir. L’université met en place ce type d’emploi du temps gruyère afin de vous laisser du temps pour le travail de fond et la recherche. Sans cela, sachant que le travail à la maison est équivalent en temps à celui qui est fourni en cours, vous n’auriez guère plus d’une ou deux heures de sommeil par nuit. La clé de la réussite, c’est l’organisation !

Considérer les CM comme facultatifs : tout nouveau encore, à l’université, les étudiants ont deux cours différents par matière : les CM (cours magistraux) et les TD (travaux dirigés). Les CM ne sont pas obligatoires mais ils se révèlent plus que nécessaires à la réussite du cursus universitaire. Dès lors, ne considérez pas ces cours magistraux comme facultatifs, prenez tout ce que l’université vous offre dans votre programme. Pas de gâchis !

Prendre les notes de ces camarades afin de gagner du temps : la prise de notes est importante lors des cours car elle garantit 50% de la mémorisation des informations. Et elle est personnelle. C’est pour cela qu’il est recommandé de ne pas prendre les notes de ses camarades afin de gagner du temps. On a tous sa manière de prendre des notes et donc il est difficile pour un étudiant de relire le cours d’un autre. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, alors à vos stylos !

Jouer les misanthropes pour réussir : ne tombez pas dans l’excès ! Ne restez pas enfermé toute l’année avec vos livres par peur de rater votre année. Soyez un minimum sûr de vous, cela ne peut que vous aider à vous épanouir dans ce que vous faites. Pensez à vous et accordez-vous des moments de détente.

Utilisez la bourse universitaire pour partir en vacances : à ne surtout pas faire ! Même si cela à l’air plutôt attrayant, ça ne vaut pas le coup. Il n’y a pas énormément de cours à l’université alors ne vous leurrez pas, vous repasserez votre année. Finalement, pas d’économies, perte de temps et discrédit porté sur les boursiers. La bourse universitaire existe pour aider des étudiants en manque de moyens à étudier dans de meilleures conditions et non pas pour aller faire bronzette pendant les cours. Sachez que le Dossier Social Étudiant s’effectue du 15 janvier au 30 avril.

Attention aux jobs étudiants : on profite souvent de la disponibilité accordée à la fac pour travailler afin de devenir un peu plus autonome financièrement. Mais, l’argent est parfois tellement séduisant pour des jeunes avides de découvrir le monde, qu’il prend le dessus sur les études. Les étudiants sous-estiment trop souvent la charge de travail à la fac et se retrouvent vite perdus.

Attendre une semaine avant les partiels pour réviser : vous vous sentez libre, presqu’en vacances, ce n’est qu’une illusion ! L’investissement demandé à la fac est énorme. Il ne faut surtout pas attendre les partiels pour rassembler tous ses cours et les réviser à la dernière minute. Cela ne sert strictement à rien… sauf à être déçu et à avoir la migraine à force d’ingurgiter tout le retard accumulé pendant le semestre.

Le plus important en arrivant à la fac est de bien savoir pour quelles raisons on y va et à milieu professionnel elle nous destine. L’université est déstabilisante par sa méthodologie toute nouvelle pour les lycéens et le manque d’encadrement de ses étudiants. Autonomie oblige, vous devez vous adapter à elle pour éviter de perdre votre temps, fournir un travail de fond en amont des cours pris minutieusement en notes, anticiper les prochains cours afin de ne pas perdre le fil du programme. Facilitez-vous la rentrée en suivant nos 10 bons conseils. Bonne chance !

Par Axelle Bichon

publié le 12/09/2011

vendredi 26 août 2011

Faire réussir nos étudiants, faire progresser la France : Propositions pour un sursaut vers la société de la connaissance

LES PRINCIPES AU FONDEMENT D'UNE NOUVELLE REFORME

Un système d'enseignement supérieur et une recherche efficaces sont des facteurs essentiels de croissance et de productivité. Mais le progrès de la connaissance et sa démocratisation sont des finalités dignes d'être poursuivies en elles-mêmes. Si le système d'enseignement supérieur et de recherche (ESR) permet le progrès économique et le progrès social, c'est aussi le lieu où se forgent les destins individuels et collectifs. Même si la loi du 10 août 2007 relative à la liberté et aux responsabilités des universités (LRU) a contribué à remettre au devant de la scène l'enjeu politique considérable dont il est question ici, il n'est en général pas l'objet d'un débat à la hauteur de son importance. Ce rapport se propose de revivifier le débat politique sur le sujet en avançant des pistes de réflexion et de réformes.

Au-delà des réformes de structures et de gouvernance de la LRU, l'objectif est de s'attaquer aux difficultés chroniques de l'université et de la recherche, notamment l'échec en premiers cycles, l'orientation et l'insuffisance des moyens. La tentation est grande de prôner des ruptures car certains dysfonctionnements viennent d'une organisation surannée de notre système, héritée d'une longue histoire et devenue handicapante dans le contexte actuel de la mondialisation de la connaissance.
Mais il s'agit pour le camp progressiste, sans céder ni au statu quo ni à la radicalité stérile, de faire franchir à notre système d'enseignement supérieur des obstacles importants qui brident l'expression de son potentiel. Dans cette démarche, toute l'énergie politique devrait être focalisée, à court terme, sur une priorité qui peut modifier profondément le fonctionnement du système, réconcilier les citoyens avec leur université, restaurer progressivement l'image de celle-ci, redonner confiance aux étudiants, élever significativement le niveau national d'éducation et fournir à l'économie les qualifications indispensables : la réussite du plus grand nombre des étudiants.

Si un tel objectif est d'intérêt national, le débat est légitime car il n'existe pas une vision uniforme des objectifs des politiques d'enseignement supérieur et de recherche. Le camp libéral et conservateur considère classiquement l'enseignement supérieur et la recherche avant tout comme un instrument de sélection des élites et un outil au service de l'économie et de l'entreprise. Le camp progressiste, s'il ne la formule pas explicitement, a une autre vision. Dans cette conception, l'enjeu de la connaissance transcende l'objectif économique sans le contredire : il s'agit d'un projet politique et d'un projet de société à long terme où la connaissance est valorisée pour ce qu'elle est autant que pour ce qu'elle permet.

De telles différences de conceptions ne sont évidemment pas neutres : elles ont des conséquences considérables sur la fixation des priorités, l'organisation territoriale de l'accès au service public de l'enseignement, l'attention portée à la condition sociale des étudiants et les moyens à mettre à la disposition du système et leur mode d'allocation.

MALGRE SES ATOUTS, L'ORGANISATION ACTUELLE DE NOTRE SYSTEME D'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE RECHERCHE RISQUE D'ENTRAINER LA FRANCE VERS UN DECROCHAGE CERTAIN

Les grandes écoles : un modèle à bout de souffle

Les grandes écoles ont participé à l'essor industriel de la France et il existe encore dans le pays un attachement excessif à ce modèle. Mais ce système a depuis longtemps atteint ses limites dans un contexte de mondialisation croissante des sciences et des techniques. De nombreuses critiques sont adressées depuis quelques décennies à ce système sans que des réformes réelles de fond soient mises en oeuvres : insuffisance de la recherche et formation des élèves trop axée sur la reproduction des savoirs, malthusianisme excessif de ce système, focalisation de moyens considérables sur quelques îlots très sélectifs, absence de diversité sociale et de diversité dans les parcours scolaires.

l'université affronte encore ses problèmes hérités des décennies passées Or les réformes actuelles, au-delà même du problème des grandes écoles, ne sortiront pas l'université et le système global de ses difficultés chroniques. Une difficulté majeure a été l'accueil par les universités d'un nombre croissant d'étudiants. Certes mal vécue par le système, il s'agissait en réalité d'une opportunité qui a été très mal gérée faute de moyens et de méthodes pédagogiques adaptées. C'est pour cela que le rapport rejette toute sélection à l'entrée car ce sujet polémique relève d'un faux problème : la réussite du plus grand nombre n'est pas incompatible avec un système sans sélection dès lors que l'orientation fonctionne bien et que les établissements ont les capacités d'encadrer les nouveaux publics. Cette crise démographique s'accompagne en même temps d'un contournement de l'université par les meilleurs bacheliers qui choisissent les grandes écoles ou les filières courtes, hormis bien entendu les filières de médecine et de droit pas ou peu encore concurrencées par les grandes écoles.

En matière de recherche, la création des grands organismes a externalisé une grande partie de la recherche universitaire. Même si les résultats de ces organismes en matière de recherche sont d'un excellent niveau, notre système de recherche s'est, là encore, singularisé1 par rapport aux standards internationaux qui font majoritairement des universités le pivot du système d'enseignement supérieur mais aussi de recherche. Les grands organismes mobilisent 80% des moyens budgétaires de la recherche. Il faut toutefois nuancer ce constat du fait de l'accroissement des unités mixtes de recherche (UMR) qui rapprochent organismes et universités en matière de recherche.

La loi LRU et les réformes qui l'ont accompagnée ont raté leur coeur de cible

Ce rapport dresse un bilan de la LRU et de ses tares. De nombreuses mesures issues de cette loi doivent être revues et corrigées. La loi s'est surtout axée sur la gouvernance : il semble pourtant important, comme le réclament les acteurs du système, de corriger notamment le déséquilibre actuel du système de gouvernance en introduisant une séparation claire des pouvoirs, notamment en créant un sénat académique par université.

Une autre source de déception a été l'absence de garantie des moyens de fonctionnement qui étaient censés accompagner l'évolution des universités – même si la LRU n'est pas une loi de programmation budgétaire. Terra Nova a déjà montré dans plusieurs notes, confirmées par d'autres experts et observateurs du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche, que les engagements budgétaires du quinquennat en cours n'ont finalement pas été à la hauteur des promesses. Or, pour un système dont la paupérisation est très avancée, aucune transformation n'est possible sans une injection massive et rapide de moyens.

Surtout, la loi LRU et les réformes qui l'ont accompagnée ne se sont pas suffisamment attaqué au grand scandale de l'échec en premier cycle universitaire, qui aurait dû constituer une priorité plus forte. Le Plan Licence s'est traduit par quelques initiatives dispersées, insuffisamment évaluées, dont les plus intéressantes n'ont fait l'objet d'aucune généralisation au niveau national. Si la tentation est grande de défaire la LRU pour réécrire un texte plus ambitieux, exhaustif et équilibré en termes de gouvernance, il semble pourtant inutile de désorienter les établissements en cours d'appropriation des nouvelles compétences et en cours de regroupement en introduisant trop de réformes à la fois.
En revanche, remanier et compléter certaines parties semble incontournable.

La recherche en France, d'un bon niveau mondial, subit une crise de vocation et de moyens
Il faut d'abord tordre le cou à un mythe négatif sur la recherche française. Notre recherche et nos chercheurs sont d'un très bon niveau mondial, contrairement à ce que peuvent en penser parfois les responsables politiques qui n'ont souvent qu'une connaissance limitée de la science en général et de la recherche française en particulier. On ne doit certes pas rejeter les avertissements que constituent. Il convient de relativiser cette singularité car dans de nombreux pays (Institut Max Planck en Allemagne par exemple), existent de tels organismes dédiés à une recherche spécialisée.
Certains classements internationaux, comme celui de Shanghai, le déficit en prix Nobel et en brevets et la fuite des cerveaux ; en effet, il y a certainement beaucoup de progrès à faire, en particulier sur le transfert de la recherche vers l'innovation, mais il serait erroné de considérer la situation comme catastrophique.

Les problèmes de la recherche française sont sans doute à rechercher du côté des moyens et de la crise des vocations. Entre 2000 et 2007, le nombre d'étudiants s'orientant vers les sciences fondamentales et les sciences de la vie a baissé de 19% environ. Il est connu que le nombre de chercheurs par tête d'habitant en France est faible relativement aux pays de l'OCDE : 195 000 chercheurs environ soit 0,7% de la population active contre 0,9% aux Etats Unis et 1% au Japon. La dépense intérieure de recherche et de développement était d'à peine 2% du PIB en 2007 et d'environ 2,21% du PIB en 2009 – contre 2,33% en 1990 : nous sommes loin des objectifs de Lisbonne qui visaient 3% en 2010…

Lire la suite de la synthèse et l'intégralité du rapport sur le site de Terra Nova


Point de vue | Terra Nova | 24.08.11 | 12h16 • Mis à jour le 24.08.11 | 12h16

par Yves Lichtenberger et Alexandre Aïdara, rapporteurs du groupe de travail "Enseignement supérieur et Recherche" de Terra Nova

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/24/faire-reussir-nos-etudiants-faire-progresser-la-france_1562811_3232.html

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