Les réseaux sociaux sont ils à la source de nouvelles pédagogies ou ne sont ils qu’un outil ? Parviendraient-ils à trouver une place dans l’activité pédagogique ? Doivent-ils s’y adapter ? S’agit-il plutôt de pédagogies favorisant l’intégration des réseaux sociaux en milieu scolaire ? Invitent-ils à faire des choix pédagogiques ou imposent-ils certains selon les choix de technologies faits ? Peut-on déterminer les impacts de leur utilisation par les jeunes sur la conception et la conduite des cours, sur les systèmes d’encadrement et sur le système scolaire et administratif ? La littérature commence à être riche par des exemples réussis de ces utilisations.
Il est possible d’affirmer, d’ores et déjà, qu’intégrer les réseaux sociaux dans un environnement d’enseignement et d'apprentissage exige nécessairement de l'innovation pédagogique. Il y a toute une gamme d’expériences pédagogiques à développer avec ces outils dans des situations d'enseignement ou d’apprentissage telles que les tâches et les ressources pédagogiques, la pratique du tutorat, etc. Par conséquent, les enseignants sont mis au défi d’amener les élèves à un niveau supérieur de collaboration et de la créativité dans ce domaine.
Ensuite, ces médias provoquent les pratiques pédagogiques car ils ouvrent des possibles inimaginables il y a vingt ou trente années. Ils peuvent permettre d’envisager des évolutions pédagogiques. L’intégration des outils audio et vidéo peut favoriser la compréhension et la production orales chez les étudiants, si souvent oubliées ou remplacées par la pratique écrite. Ils apportent aussi une interactivité en temps réel. Dans cette configuration, le réseau social peut être perçu comme une salle des professeurs virtuels où les enseignants peuvent accéder en quelques secondes un courant de liens, des idées, des opinions et des ressources à partir d'une sélection triés sur le volet des professionnels mondiaux.
Les véritables défis sont d'être capables de créer du contenu, des discussions et des relations intéressantes avec autrui.
Quelques exemples d’intérêt pour l’éducation
Dans certains pays, les réseaux sociaux sont utilisés d’abord pour un apprentissage en réseau. Les enseignants reproduisent les fonctionnalités de ces sites qui permettent d’opérer des connexions entre les étudiants et de partager ce qu’ils peuvent créer comme produits (les vidéos, les logiciels, …). Ils peuvent aussi gérer les projets en sélectionnant le contenu et les conversations les plus intéressantes. Ainsi, si un étudiant crée une entrée, d'autres pourraient travailler en équipe pour réviser sa contribution ou pour l'incorporer dans un projet plus large. Les étudiants peuvent de la sorte être mobilisés par des activités « fédératives » s’adressant à un large public, plutôt qu’à des intérêts spécifiques. La « communauté » est ainsi nourrie d’information sur les activités et les contenus. Le contenu doit donner un bénéfice direct et rapide aux membres. Dans ce contexte, l’institution et ses professeurs sont créateurs et diffuseurs de savoir.
Les écoles en profitent pour capitaliser sur l'expertise technique de leurs étudiants. Elles leur demandent par exemple de créer des outils et des applications adaptées aux média sociaux afin de créer et partager des projets. Les projets ainsi réalisés sont ensuite mis sur le site web de l'école. Il a été possible, dans certains cas et grâce à ces pratiques, d’identifier des étudiants à potentiel (scientifique, artistique, pratique ou autre) et de les aider à le développer.
Il a été possible à certaines universités de développer « une communauté de pratique » des diplômés intéressés par un thème donné. Les diplômés y sont inscrits, de même que les professeurs. Ils peuvent ainsi avoir un contact plus fréquent parce que reliées aux intérêts des membres et s’échanger des contenus.
Dans d'autres cas, les réseaux sociaux ont même pu aider des étudiants qui avaient des problèmes de socialisation, en leur apportant de nouvelles façons de communiquer. Avec un bon encadrement, les jeunes peuvent faire évoluer leur comportement en développant une capacité à fédérer, des aptitudes au compromis, un esprit constructif, une tendance à partager ses informations ou, en abandonnant une agressivité stérile... Ils peuvent aussi être incités à être« auteur » dans leur environnement à l’aide d’outils d’expression ou collaboratifs et à concevoir des activités à réaliser en collaboration.
Une étude réalisée par des chercheurs en technologies de l’éducation à l’Université du Minnesota (1) montre que les réseaux sociaux peuvent être de formidables outils éducatifs. Ils permettent l’acquisition de compétences technologiques. Les autres motivations citées sont notamment la créativité, le fait d’être ouvert à la nouveauté et à des opinions différentes.
D’autres types d’activités pas nécessairement d’apprentissage ont été mises en œuvre pour développer l’esprit relationnel, le réseautage, le mentorat, des moyens de communication pour l’organisation, mais aussi le sens d’un intérêt commun à partager, un intérêt à faire progresser le savoir du groupe, le souhait de partager des expériences, des outils, des pratiques
Quelques expériences internationales
Facebook a commencé au début de 2004 comme un site de réseau social de l’Université de Harvard. Les réseaux sociaux sont ainsi un pur produit des universités. Pour adhérer à ce réseau, un utilisateur doit avoir une adresse e-mail harvard.edu. Le site resté relativement fermé pendant plus d’une année, ses utilisateurs l’ont considéré comme représentant une communauté intime et privé. A partir de Septembre 2005, Facebook s’est élargi pour inclure les élèves du secondaire, les professionnels de l'intérieur des réseaux d'entreprise, et, finalement, tout le monde.
Par la suite, des plateformes de réseautage social ont été développées spécifiquement pour l’éducation, notamment au Canada. Ils fournissent les fonctionnalités qui permettent de gérer son propre site de réseau social, qu'il soit publique (comme Facebook) ou en interne sur un intranet en réseau (comme Microsoft Sharepoint). Ils sont généralement des produits open source et à téléchargement gratuit. A titre d’exemple, LL4Schools (2) est un environnement social canadien d'apprentissage pour les écoles qui utilisent la plate-forme de Elgg (3) qui, lui-même, comprend une gamme d'outils Web2.0 (blogs, forums, wikis, stockage de fichiers, flux RSS, signets sociaux, galerie de photos, etc.), en plus de la possibilité de créer des communautés d'utilisateurs et, bien sûr, d’avoir des«amis». Ces plateformes constituent un environnement sûr pour explorer le potentiel pédagogique des réseaux sociaux. C’est en quelque sorte la création d’un réseau social soutenu par une infrastructure à accès contrôlé.
Références
(1) L'Atelier BNP Paribas, 23 juin 2008. http://www.atelier.fr/usages/10/23062008/reseaux-sociaux-bons-education-universite-minnesota-36730-.html
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