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vendredi 2 août 2013

Vive la République de Phénicie !

L'île de Malte devrait revendiquer plus vigoureusement son patrimoine punique, affirmait le Times of Malta en octobre 2011.

Le port de Marsaxlokk, à Malte, fondé par les Phéniciens au IXe siècle avant JC
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Mirari Erdoiza/CC

Parfois, des nations disparaissent ; emportées par l'Histoire, elles finissent divisées ou se mêlent à d'autres.

Comme les Romains de l'Antiquité, par exemple. Mais leur langue et leur culture n'ont pas disparu, elles. Plusieurs peuples d'Europe, comme les Italiens, les Espagnols et les Français, parlent des langues nées du latin. Sous une forme plus proche de ses origines, le latin a également été préservé dans les sciences et la religion.

Les Phéniciens n'ont pas eu cette chance. Ils ont presque été totalement engloutis par le temps. Commençons par revenir brièvement sur leur histoire. Peuple sémite, ils ont fondé des villes comme Tyr et Sidon sur la côte du Liban moderne. Plus tard, leurs cités-Etats se sont étendues sur les rivages de la Méditerranée. Citons entre autres Cadix en Espagne et Carthage en Afrique du Nord. Les Phéniciens se développaient non par la conquête, mais par l'expansion commerciale, en multipliant les échanges avec les nations voisines et en entretenant de bonnes relations avec elles.

Plus tard, la majorité de leurs villes a été conquise par les Perses, puis les Grecs et, au Moyen-Age, par les Arabes. Carthage a été celle qui a défendu son indépendance avec le plus d'acharnement, tenant longtemps la dragée haute à Rome, entre autres sous le commandement d'Hannibal. Pendant un temps, la cité a contrôlé les îles de Sicile, de Sardaigne et de Corse, ainsi que de vastes territoires dans le sud de l'Espagne.

Mais que nous ont laissé les Phéniciens ?

Tout d'abord, il y a quatre mille ans, ils ont développé un alphabet qui n'était pas basé sur des hiéroglyphes, mais sur des lettres distinctes associées à des sons distincts, dont découlent les alphabets grecs et romains, aujourd'hui utilisés par plus de la moitié du monde civilisé. Ils étaient aussi de courageux navigateurs. Ils ont atteint les rivages de l'Afrique longtemps avant le Portugais Vasco de Gama, et grâce à leur marine efficace, ils avaient établi des liens commerciaux dans l'ensemble du monde méditerranéen. Ils étaient également passés maîtres dans l'art de polir les métaux et de produire diverses teintures.

Où sont-ils passés ? Ont-ils été détruits, ou se sont-ils mélangés à d'autres peuples ? Certaines nations, non sans raison, disent avoir du sang phénicien. Et peut-être trouve-t-on encore des villes phéniciennes sur certaines îles de la Méditerranée ? Fort heureusement, c'est bien le cas.

Située en Méditerranée, Malte a une superficie totale de 316 kilomètres carrés et une population de 416 000 habitants qui sont les héritiers directs des antiques Phéniciens. Le mot "Malte" lui-même a des origines phéniciennes, signifiant "port", même si bien peu de Maltais le savent. Toutefois, les Arabes et les peuples d'Afrique ont eu une énorme influence sur les Maltais.

Prenant tous ces faits en considération, voici ce que je suggère :

La République de Malte devrait être rebaptisée République de Phénicie, le nom de Malte étant conservé pour l'une des îles ou la capitale.
Nous devrions élever des statues au grand navigateur Hannon, au chef militaire Hannibal et à d'autres Phéniciens de renom dans la capitale.
Si l'on suit ces recommandations, la République de Malte sera alors présentée au monde comme la République de Phénicie, le but étant de développer le tourisme, qui est aujourd'hui l'une des principales sources de revenus du pays.

Mais ce ne sont là que des recommandations, c'est aux habitants de Malte de décider comment ils veulent baptiser leur patrie.

THE TIMES OF MALTA
RUSTAM VAFOEV

1 AOÛT 2013

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