Dessin de l'émission Mise au Point du dimanche 04/09/2011.
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Mise au point
Acteurs du monde de l'enseignement et décideurs politiques se sont retrouvés ce dimanche midi sur le plateau de Mise au Point. En cette période de rentrée scolaire, ils ont évoqué la délicate question du redoublement. Et discuté des différentes mesures alternatives, comme la remédiation immédiate et personnalisée.
En cette semaine de rentrée, la ministre de l’Enseignement obligatoire a lancé un pavé dans la mare en posant la question de l’utilité et du coût du redoublement.
"Parce que le redoublement, ça ne marche pas", résume Marie-Dominique Simonet (cdH). "Interdire le redoublement, ça n’a aucun sens. C’est à la racine qu’il faut s’attaquer à la problématique. Les enseignants n’ont pas de plaisir à faire en sorte qu’un élève redouble. Mais après avoir essayé différentes choses, il n’y a pas d’autres solutions. Mais on voit, et toutes les études le mettent en évidence, que les élèves que l’on fait recommencer ne sont pas plus intéressés, pas plus présents et pas mieux motivés."
"L'ultime étape d'un long processus"
La question ne manque pas de faire réagir le milieu enseignant. "Le redoublement est l’étape ultime d’un processus pédagogique long et lent, en accompagnement avec les parents, en accompagnement avec les élèves", réagit Laurent Hanquet, directeur de l’Institut Saint-Louis (Namur). "Mais si en juin, on constate qu’un élève, malgré toute cette mise en place stratégique et pédagogique, n’a pas les acquis suffisants en compétences et en connaissances pour accéder à l’année ultérieure, il est illusoire de l’y envoyer. Le redoublement, c’est la moins mauvaise des solutions."
Thierry De Cuyper, président de l’association de parents luttant contre l’échec scolaire, ne l'entend pas forcément de cette oreille : "Des centaines d’études démontrent que cette méthode pédagogique est inefficace et mauvaise. Il existe d’autres méthodes pédagogiques bien plus efficaces. Nous avons les preuves qu’il existe des pays où il n’y a pas de redoublement et où ça fonctionne très bien, où nous avons des niveaux, des qualités d’enseignement qui sont bien plus élevés que chez nous. Allons vers cette méthode pédagogique : nos enfants s’y trouveront beaucoup plus heureux, beaucoup mieux pris en charge."
Vers une remédiation personnalisée: "Oui, mais quand?"
Abandonner le redoublement ou tenter, dans la mesure du possible, de l'éviter signifierait donc que d'autres alternatives seraient prises pour accompagner et aider les étudiants en difficulté. La question est simple: quelle piste privilégier?
"S’il n’y avait qu’une seule piste de solution, les enseignants l’auraient trouvée depuis belle lurette parce que sur le terrain, ils essaient toute une série de propositions", glisse Marie-Dominique Simonet, qui évoque le cas de ces écoles qui proposent aux élèves en difficulté de passer en classe supérieure avec un plan individuel d’accompagnement.
Plusieurs invités présents sur le plateau de Mise au Point vantent les bienfaits de la remédiation immédiate et personnalisée, qui porte notamment ses fruits dans les pays scandinaves.
"Mais les élèves sont à l’école de 8h du matin à 15h25, voire 16h15", réplique Laurent Hanquet. "Quand voulez-vous qu’on place la remédiation ? On ne sait mettre la remédiation qu’après sept heures de cours, le lundi, le mardi et le jeudi." "Le jour et la nuit"
La présidente du parlement wallon Emilie Hoyos plaide, quant à elle, pour des solutions adaptées aux besoins de chaque école. L'élue Ecolo insiste également sur le fait que cette question doit être débattue avec les enseignants. "Ce sont eux qui savent comment on lutte contre l’échec scolaire, c’est leur métier. Notre boulot, c’est de les soutenir."
Jeune étudiante de 17 ans qui doit recommencer sa 5ème année, Céline explique avoir constaté une nette différence entre les systèmes flamand et francophone. "En Flandre, sur le temps de midi, les profs me prenaient à part, ils mangeaient avec moi", explique-t-elle. Mais du côté francophone, rien de tout cela. "C'est le jour et la nuit", soupire cette jeune fille, désespérée à l'idée de devoir suivre à nouveau les mêmes cours. ...
http://www.rtbf.be/info/emissions/article_mise-au-point-le-redoublement-est-la-moins-mauvaise-des-solutions?id=6696183
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